Les “hold-up” et leurs trappes, par Timiota

Dans le sillage de la polémique sur le “documentaire” Hold-up, voici une analogie à deux siècles d’écart.

La partition des partisans et opposants de ce film dessinent une géographie en termes de “prise sur la réalité”.

Voir par exemple le commentaire de Macko Dragan (accents manquants)

(le 13/11/2020 à 22:49) sur ce fil d’un blog de MP dans la critique par Claude Trautmann  du “documentaire”.

Y sont listés comme personnalités du film, outre les embarqués involontaires (Pinçon-Charlot et sans doute “Double-Ecsatsy” alias Douste-Blazy), des personnalités qui ont tissé des rapports “distants” à la réalité, du fait notamment de leurs frictions avec les institutions (le Pr. Montagnier par exemple), de leur grenouillages aux limbes du système après des périodes fastes plus près de son centre, etc.

De l’autre côté, on a sans doute dans les media (“mainstream”) des gens qui vont faire le travail de “debunking” déjà fait sur la plupart des assertions fausses de ce film, mais qui ont aussi épousé très souvent les modèles d’un “monde technocratique” (dont une dérive est le “fascisme en col blanc”). Modèles dont, on le sait sur ce blog, la prise sur la réalité est elle aussi assez modeste, en économie notamment ou encore socialement via la surprise qu’a représenté “en haut” la réalité anthropologique des Gilets Jaunes (*), celle des minorités etc.

Les nouvelles technologies travaillent la société, c’est du déjà-vu lors de la Révolution Industrielle des débuts. Ma lecture récente de Karl Polanyi (La  Grande Transformation, son classique de 1945) m’a fait tilter sur sa description du “Système de Speenhamland” : de 1795 à 1832, il y eut une sorte de “salaire minimal” pour les petits gens, à l’instigation des “squires”, les notables de paroisses en Angleterre, grosso modo. La condition était que le travailleur se déclare dans la paroisse et dans un métier donné ; en échange on complétait son revenu pour assez de pain pour lui et les bouches qu’il devait nourrir à son foyer. Mais pas une once d’émancipation.

Ce système, pensé par ce qui était en gros une “droite conservatrice” (on se rappellera que Bismarck initia la sécu pour faire face aux troubles, avec un fond là-aussi paternaliste) devint une redoutable “trappe à pauvreté”. II assécha le marché du travail en local (l’entrepreneur pouvait baisser les salaires et faire venir des gens plus dans le besoin de juste à côté, d’Irlande, etc., et néanmoins les chômeurs de son bourg ne crèveraient pas de faim), et il n’empêcha pas le travail de fond de la révolution industrielle. Il put maintenir les “squires” dans leur vision étroite et paternaliste de “protecteur” (make my paroisse great again). Et il contribua à l’identification pauvreté-oisiveté-vice pour plus de cent ans. Il fut aboli sans grand encombre en peu d’année alors qu’on le prenait pour un pilier qui aurait du démultiplier la pauvreté à son abandon (rendu nécessaire par les tirages énormes sur le marché du travail). Une émancipation contrainte en quelque sorte, dans un “monde d’après” comparé à celui de 1795.

Cette “erreur de perspective” sur une chose “sociale” autour de 1820 (1795-1832 ou 1834 disions nous pour Speenhamland) peut nous amener à réfléchir en 2020.

Est-ce que la protection que le “mainstream” voudrait apporter aux “complotistes” qui font l’erreur d’aimer Hold-up n’est pas le résultat de la réduction préalable à une “trappe à savoir” ? Cette “trappe à savoir” (qui n’est pas issue d’un complot !)  est-elle malencontreusement renforcée par la polarisation complotiste / non-complotiste ?

La question se pose aussi de comment cette situation dérive d’un manque de prise sur la réalité, s’agissant de la pseudo-prise des approches bureaucratiques. Ces dernières manifestent leurs faiblesses, de façon pas si surprenante, au moment de montée de deux “ondes” du soliton : (i) la complexité et ses mille-feuilles administratifs (**) et (ii) les crises éco-systémiques, dont la covid et la dérive climatique sont deux facettes (impacts anthropiques sur la biodiversité, pas que via les GES …).

Sans doute ces idées en recoupent-elles d’autres, émises sur les commentaires et billets du présent blog. La seule originalité serait sans doute cette idée d’une “trappe à savoir”, qui appelle à éplucher les perspectives historiques qui ont permis de sortir “par le haut” de ces trappes… mais à coup d’énergie si l’on pense aux Trente Glorieuses ou déjà au New Deal (les barrages de la Tennessee Valley Authority, etc.).

Le savoir de la frugalité et de la résilience (pas du tout trivial, nécessitant une profonde intégration de la notion de système et de réseau) serait-il une façon de sortir par le haut du monde de trappes à bêtises  dont le complotisme ambiant montre qu’il s’étend ?

Sortir du hold-up (je veux dire sortir des trappes à savoir dont le film manifesterait à sa façon la réalité), cela pourrait aussi se faire en changeant le lieu métaphorique du hold-up : ce qu’est … une banque, me dit-on dans mon oreillette : une banque de dépôt à usage capitalistique ou une banque de savoir.

Chiche.

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(*) lire Ceux qui restent de Benoit Coquard  sur ce point, Ed. La Découverte

(**) mille-feuille et complexité dont je vois les coups et les contre-coups parcourir la recherche avec la version actuelle, misérable, de la LPR en discussion notamment, voir le coup de gueule de Patrick Lemaire sur sciences2 le blog de Sylvestre Huet ici.

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103 réflexions sur « Les “hold-up” et leurs trappes, par Timiota »

  1. Regardant le web autour de “trappes à xxx”, je m’aperçois que “trappe à ignorance” aurait été plus direct.
    Mais plus méprisant aussi, les adhérents au complotisme ne sont pas des “ignorants en général”, ils ont opté consciemment ou non pour une réaction face à un certain “secteur d’ignorance” de ce qui leur était présenté dans le système d’information mis à leur portée, et qui n’est pas brillant.

    Un peu comme un ouvrier de 1795 possède des savoir-faire mais pas ceux qui assurent du revenu à sa famille.
    Ils pouvaient alors opter “consciemment ou non” pour rester auprès d’une structure protectrice, ou aller très loin pour profiter d’une émancipation (dans le comté entier et pas mal au-delà, ils auraient été dénoncé).

    1. Où est la place de l’intention. ?
      Car si ce documentaire est complotiste, il faudrait déjà connaître l’intention du créateur.

      Une ordalie se joue et J’ai bien senti cette nuit les gouttes de sang , ploc ploc, perlé de mon Atlas à ma colonne vertébrale, comme un sablier, dans les éclaboussures résonnent les noms d’Attali et Sarkozy.
      Si je fais un documentaire sur ça, où sont alors les trappes à ignorance ?,?

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      1. Il ne s’agit pas de trappes à ignorance, vous êtes descendu en vous-même et avez sans doute préféré en sortir des images, dans des trains de phrases, avec des mots qui ne résonnent en rien ou peu avec l’extériorité. Faite un film expérimental, de vos rêves et cauchemars, et vous trouverez un public. La fulgurance a un rapport étroit avec la vérité.

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    2. Bonjour Timiota,
      Ouf !! Je n’ai pas compris grand chose.
      Je pense qu’il va falloir que je relise un bon bouquin d’un certain Paul Jorion, il me fait de l’œil dans la bibliothèque.
      Depuis 10 ans, étant poisson rouge j’ai oublié, ce qu’il a écrit « Comment la vérité et la réalité furent inventées ».
      Peut-être aurais-je accès à une compréhension de ce que vous avez énoncé.
      Je me moque de ma trappe à ignorance.
      Au fait, la même année que l’apparition de ce livre vous vous rappelez du H1N1, un documentaire d’Arte de 2009 en trace le parcours.
      Personne ne s’était indigné de sa diffusion, les temps change, et travaillant à l’époque en psy cela avait fait du bruit….
      https://youtu.be/8MWTmercdEg
      Bonne journée à vous, portez-vous bien.

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    3. les adhérents au complotisme ne sont pas des « ignorants en général »

      Et donc cette notion de “trappe à savoir” n’a plus guère de sens et ce texte abscons plus lieu d’être, n’ouvrant décidément aucune trappe.
      PS : sans compter que si, selon Polanyi, le Speenhamland constitua bien un mécanisme crucial dans le progression vers la société dickenso-victorienne du tout marché, quelle serait la résolution de cette “trappe à savoir (ou ignorance)” – au-delà, alléluia, de définitivement démonétiser Monique ?

      1. “…dans la progression vers…” :
        “progression” non volue : progression parce qu’ils ne se rendaient pas compte de ce qui n’allait pas et protégaient sans émanciper donc dans une forme d’indignité et d’abaissement.

        Je veux bien avoir raté mon coup (mon ego avait assez peu de doute là-dessus), mais dans quelle direction vous parait-il intéressant de parler du complotisme tel qu’il prospère dans Hold-up sans se mouler dans la dichotomie pour l’instant stérile qu’est le duopole “complotistes/pas complotistes” ?

        Sous quel angle autre feriez vous un scan de cette situation, grave ?

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      2. @Timiota :

        une formulation sans doute imparfaite et incomplète :

        les difficultés à imaginer le monde ne sont actuellement “gérées” que par deux forces également impuissantes :

        – le capitalisme plus ou moins fou dont les paradigmes propres ne sont plus aptes à répondre au soliton ( entre autres ) , actuellement au pouvoir un peu partout ,

        – le délire imaginaire pour rendre le théâtre d’ombres sans queue ni tête où nous sommes , cohérent dans le discours , quitte à tordre le réel et en vue d’externaliser les peurs ( d’où complotisme ou plutôt conspirationnisme qui est le complotisme érigé en recours absolu ) . Voir Trump , Bolsonaro , Orban , le RN , quelques autres … pour les formes rampantes qui ont trouvé une expression politique ( ce qui est presque un moindre mal ) .

        Tomber dans le délire n’est pas marque de manque d’intelligence , et ce n’est pas notre psychiatre honoraire qui devrait le démentir . L’intelligence n’a jamais prémuni contre les psychoses .

        L’issue par une troisième force solide sur ses concepts et outils , mais :
        aux USA , rien . En France , rien ( que des divisions et esprits fermés qui ne veulent que des ralliements à leur totem ) . En Europe , de l’Atlantique à l’Oural , rien . En Chine , pas clair.

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      3. @Ecodouble
        Je pense que Juannessy fait allusion à un ancien commentateur prolifique du blog au pseudonyme de producteur de vin qu’on pensait décédé et vous avez alors répondu : non je l’ai croisé sur un autre blog (ou quelque chose d’approchant).
        @Juannessy
        Je ne pense pas. Pas son style d’écriture. Il avait une fois changé de pseudo et on l’avait démasqué très vite 😉
        Pas de nouvelles non plus de Bos taurus indicus. Ils nous manquent un peu ces deux là.

        1. Vigneron ? Il serait en effet démasqué tout de suite ! Même avec un pseudo serbo-croate, moldave, monténégrin ou azéri ! Même avec un pseudo anglo-saxon !

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      4. @ Arkao
        Bon sang, j’étais endormis complètement ! J’ai vraiment pas pensé à “la vigne” !
        En fait, c’est plutôt que je suis bête complètement. J’comprends pas vite.
        Cela fait plus d’un an et demi que je ne suis pas passé chez lui ; et pour tout dire, j’ai hâte de le revoir. Vivement mon prochain séjour dans le Sud !

        @ Dup
        Vous croyez au OVNIs ?
        Cela dit, le Maître du chai, enlevé par les occupants d’une soucoupe volante, serait un bon spécimen dans le cadre d’une étude d’ETs : Un cas parfait d’humain “hors normes” honnissant l’effet “troupeau de mouton”.

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  2. Je retiendrai que les trois composantes du soliton sont les principales génératrices de fond de la “détresse” généralisée évoquée dans le billet précèdent de Nikademus , même si ce sont les effets très multiples et d’ordres très différents , qui sont souvent pris pour la racine du mal .

    La conclusion opérationnelle que vous en tirée me parait un peu réduite et pauvre , alors que le principal des réponses est là de façon bien plus crédible et systémique :

    https://www.pauljorion.com/blog/2020/11/10/jorion-galpin-express-comment-sauver-le-genre-humain-pour-gens-presses/

      1. J’essaye plutôt d’analyser ce que les tiraillements font de nous, et je voulais aussi aborder dans ce documentaire complotiste le terrain dans lequel il agit que les détails de son contenu.

    1. Allons bon , les britishs qui avaient inventé le “smog” , inaugure le ” brain fog” .

      Finalement la Covid a l’air de faire plus de dégâts rapidement décelables dans le cerveau , que l’abus d’écrans .

  3. « Comming-out » aurait pu s’appeler ce documentaire. Je suis sidéré de voir par les débats qu’il soulève sur les réseaux sociaux la qualité de certains membre de l’équipe des convaincus. C’est un objet qui aura eu la vertu puissante de libérer la parole de certains et faire apparaitre le niveau de résistance et de retournement mental global, voir de la catalyser. Les faits alternatifs ont un bel avenir en Europe. Comme disais Paul, bientôt on aura cela au menu tous les jours.

  4. La réflexion est sans doute intéressante, mais un peu absconse et prise de tête. Je n’ai pas compris la “trappe à savoir” dans aucun des deux contextes, 1820 et 2020, ni compris le rapprochement de sens entre les deux.
    J’ai été voir Mediapart, puis Sens critique, etc. Mais cela n’a pas aidé ! Un effort, svp.

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    1. Je ne nie pas !
      Je voulais échapper au discours convenu “le complotisme c’est mal, voilà la liste des c°°nnards qui y croient et voilà la liste des demystifications”.

      La situation d’une population qui n’a plus prise sur la réalité en raison d’une évolution technologique importante est le point commun avec le début de la révolution industrielle.
      Dans les années 1790-1795, cette révolution tiraille toute l’Angleterre et le contexte de la révolution française font qu’il faut calmer les petites gens, d’où cette réaction “Speenhamland”, issue d’une droite conservatrice, et qui semble marquée d’un sceau socialiste avec son “revenu minimum”. Si elle ne disqualifie pas toutes les initiatives qui ont suivi pour éviter la misère, ( coopératives et autres mouvement classés in fine de gauche, owenisme etc.) c’est parce qu’elle a repoussé un pilier indispensable de la gauche qui est l’émancipation. Emancipation vis à vis des idéologies bourgeoises, colonialistes, et aujourd’hui des avatars du capitalisme énergivore, consumériste, ignorant que notre émancipation nécessite une reconnexion à la biodiversité etc.

      Et le résultat a donc été une “trappe à pauvreté” . C’est un concept modélisé plus tard en économie, et qui ne recoupe pas tant que ça Speenhamland mais qui nécessite, comme Speenhamland, la faillite des hypothèses d’un marché où chacun devrait trouver “sa place” : il y a quelque chose qui ne se transmet pas à travers une barrière, des information ou des opportunités, il y a de l’économie et du social, de l’habitus bourdivin et de la rue qu’on ne traverse pas pour reprendre Roberto.

      En 1835, les Anglais eux-mêmes ne voyaient plus pourquoi on en était arrivé là (les “squires” n’avaient pas compris ce qu’était la révolution industrielle pour faire ces lois, ils avaient clôturé quelque chose) mais voyait aussi assez mal comment en sortir sans dégâts.

      Bobinage rapide (fast-forward) en 2020, et je crois retrouver le fait qu’une barrière s’est créée, et qu’elle est là aussi liée à une appréhension trop partielle d’une réalité profondément travaillé par les nouvelles technologies. Le monde de la consommation en particulier, qui était “le” centre de la vie petit-bourgeois des trente glorieuses, est lui-même laminé. Les hypermarchés avaient certes préparé un terrain mité, mais la vente internet et l’ubérisation, pour prendre des cas emblématiques, ont porté le système au cran où le sens d’une vie dans les 60% provinciaux de la France fait question. Et où le sens d’une vie dans des métropoles polarisées entre centres hyper chers et périphéries type 9-3 n’est pas assez sympa pour faire un contre-modèle, loin de là.
      Le monde du “savoir” est aussi en jeu dans cet affaiblissement de plein de façon différentes qu’on peut voir chacun à sa porte : l’éducation, la gestion technocratique (les mémoires de juannessy..), la gestion de la santé, de l’agriculture. Solitonesque, tout cela, si on va au total.

      Dire pourquoi une frontière s’est établi n’est pas évident puisqu’on ne la pas vu venir. C’est un peu comme en météo entre l’air chaud et l’air froid, le front “se forme” parce que ça pousse un peu par derrière des deux côtés, il n’y a rien de spécial à l’endroit du front, en réalité, c’est juste la zone la plus localement robuste aux flux chaud et froids combinés qui est choisie pour concentrer le gradient de température.

      Donc dire quelle est la frontière du complotisme avec exactitude n’est pas mon but, on aurait eu du mal à prétendre être capable de deviner qu’un effet type Speenhamland devait forcément se passer à l’échelle des paroisses et pas des comtés ou des manoirs.
      L’idée est qu’il y a le même côté “trappe” que pour Speenhamland, qu’une fois que le savoir est partagé par une sorte de clôture invisible, cette clôture va se renforcer et la population à l’intérieur peut bien s’y multiplier (on y rentre soit à 20 ans, soit, comme je le suggère, quand on se sent en manque de reconnaissance professionnelle : Montagnier, Wonner, le suisse, typiquement après la cinquantaine.
      On trouvera certes quelques trentenaires opportunistes : l’exception qui confirme cette règle (Benalla va bientôt avoir 30 ans je crois) ).
      Et une fois dans la trappe, on est dans une des figures de la “bêtise systémique” de Stiegler (il y a aussi celle de Greenspan, dit Stiegler, cette bêtise a plusieurs volets).

      Ce que j’essayais de dire aussi (et que Roberto a repris à sa façon je crois) c’est que la poussée qui a crée le “front” entre masse d’air chaud et d’air froid vient des deux côtés. Du côté complotiste et aussi du côté “mainstream”, mais pas à cause des tentatives de debunking (ex post, bienvenues d’un point de vue “local” évidemment), mais parce que ce “mainstream” là argumente depuis 15 ou 20 ans comme le Coyote ou le Bugs Bunny de Tex Avery courant dans le vide sans se rendre compte.
      Leurs argumentaire n’a pas de prise sur la réalité, leur vraies mesures non plus (au hasard dans mon domaine : le Crédit Impôt Recherche, cadeau créé par aveuglement, et dont la remise en cause malgré l’inanité amplement prouvée, semble impossible).

      C’est à ce niveau que se créerait, dans mon image, les forces qui vont produire une clôture, laquelle ne demande qu’à se renforcer (l’air froid passe sous l’air chaud au lieu de faire une couche tiède entre les deux, la dépression s’accroit par le reste de la dynamique de cet air humide et froid) .

      Ma pirouette finale sur le savoir et les institutions bancaires est à peine plus qu’une pirouette, je l’admets. Faire comprendre que le savoir est de l’énergie et qu’un savoir spécifique de la résilience et de la frugalité va beaucoup plus loin comme modification du savoir que ce que nous avons fait jusqu’ici, cela nécessiterait 2 ou 3 pages de plus. C’était donc un ballon d’essai sur ce point.

      Merci de votre lecture et de votre insistance à essayer d’y trouver quelque chose, Chabian !

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      1. Décidément ! J’ai lu attentivement (ce qui signifie refaire chaque pas), mais les sauts sont encore trop rapides, avec des gestes intellectualisants (la terreur des ‘références’ supposées connues) pour faire décrocher le lecteur.

        Et puis, je n’aime pas (bref je vais exprimer du ressentiment sans compréhension, je le reconnais) c’est l’évocation d’une ignorance “majoritaire”. A la révolution française, la bourgeoisie se remue, elle rédige des “cahiers de doléance” qui comprend aussi des attentes de la paysannerie et de masses urbaines). C’est un savoir qui répond à l’éloignement supposé des élites, et qui est au départ respectueux du pouvoir social. Il va mobiliser les foules, qui réagissent aussi à la faim et l’arbitraire, et qui sont travaillées par les rumeurs (la Grande Peur, et les rumeurs urbaines). Il y a donc un mouvement qui part d’en bas et qui a un savoir utile qui va trouver cohérence et légitimité (par exemple la charte des droits de l’homme et du citoyen). Il y a quelque chose de cela dans le mouvement des soviets ou dans la Longue Marche chinoise, dans les indépendances anti-coloniales, etc. Rien de cela dans votre récit : les masses sont égarées par la technique, elles ne peuvent plus rien savoir… Et votre formule gratuite sur l’ignorance sur la biodiversité…
        Je ne nie pas qu’il se passe un phénomène social important. Un intervenant à Fr. Culture ce matin parlait d’un paysage de “fracturation de la société”. Obama ne dit pas autre chose à la BBC : les fractures sont antérieures à Trump et ne s’estomperont pas par un seul mandat. Je ressens un énorme désarroi dans la population (non intellectuelle) de mon village, désarroi qui est le mien aussi. Il y a une chaîne qui relie le doute (doute scientifique, puis suspicion politique), la peur (incertitude, menace de mourir, précarité économique, incertitude climatique et liée à la biodiversité), le désir de savoir, de croire à des réponses et des réassurances mais aussi l’émotion, la colère et la désobéissance.
        Dans un contexte de perte de légitimité des appareils structurant les “mondes” de la société. Et les politiques ne veulent aucunement prendre le temps de la réponse, de l’aveu, de la compassion : ils sont dans la gestion pure et dure et de plus en plus répressive. Ils ressentent leur illégitimité avec les Gilets Jaunes, avec les Jeunes pour le climat, avec les ZAD et, en matière de santé, l’échec du H5N1 en 2009, etc. (Les deux discours de Macron doivent être interprétés comme un spectacle recouvrant un déni et une dérive symptomatique — que je rapprocherais de Dieudonné qui est évoqué par Cloclo).
        En ce sens “Hold UP” est une focalisation qui dit quelque chose du moment. Vous avez raison qu’il ne faut pas “rectifier” mais interroger. C’est pour cela que je vous lis… A la limite il faut se refonder sur le savoir des gens, et orienter vers autre chose que les gourous (les Raspoutine) d’aujourd’hui.

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  5. Taratata Timiota,

    Hold up est un excellent sujet de conversation. Je suis amusé du tire de barrage devant ce genre de vidéo.

    Il y a clairement une surmortalité réelle du au COVID 19, il suffit de prendre les chiffres de l’INSEE pour la période. Le reste est conception métaphysique.

    Mais à la vérité là n’est pas du tout le problème. Ce genre de film à mon avis, comme certains humoristes honni plus politique d’ailleurs qu’artiste, mettent en exergue la lente mais avérée dérive du système vers un monolithisme de la pensée, dont il ne sortira rien de bon.

    On pourrait en faire un film géniale de tout ça. Mais est-on certain que les chinois n’ont pas armé la détente de la balle qui est entrain de dévaster l’Occident ? J’ai un scénario du tonnerre de dieu à ce sujet, que m’a glissé un ponte du parti mais chuuuut. Et comme souvent le réel dépasse la fiction, un paquet de gens pourrait en tomber de leur chaise.

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    1. La vidéo est très intéressante. On y voit des masques distribués, des vaccins produits en urgence et stockés, des incertitudes sur les données de la pandémie. Toutes choses que nous n’avons pas mémorisées. Le documentaire est axé sur le poids des lobbys pharmaceutiques et l’influence des conflits d’intérêt. On se rappelle que ces thèmes ont amené à la réforme de l’OMS (coupable d’avoir alimenté la peur et cet immense échec de santé publique qui explique les graves manques de réaction de janvier 2020 en tests, traçage et accessoirement masques et matériel de protection) et de bien des comités scientifiques en Europe et ailleurs, avec une surveillance accrue des déclarations d’intérêt et des conflits. Le message de la vidéo parait donc obsolète, mais la répétition du passé dans notre présent est instructive !

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    2. @ Cloclo :
      Tout compte fait, les grands bouleversements dans l’histoire peuvent-ils être initiés par des complots ? Ou bien est-ce les crises fondamentales qui ouvrent la porte à des opérations clandestines de prise de pouvoir ? Cette idée d’un complot initial (comme la sortie d’un virus, ici par les chinois) me paraît du grand guignol, comme on en trouve dans les James Bond, romans d’un spécialiste de l’espionnage, et dans un tas de films. C’est le mythe du Grand Satan (notre vision de la “Cité interdite” chinoise continuée permet l’amalgame facilement) qui n’existe pas dans la réalité des humains.
      Deux prédicateurs, Luther et Calvin, réagissent à la corruption de l’Eglise et en reviennent au texte sacré pour diffuser une religion clandestine par nécessité et qui se fera violente. Mais elle satisfera bien des marchands bourgeois ponctionnés par l’aristocratie locale et la royauté. Le protestantisme n’est pas un “complot initial”. On peut en dire la même chose pour la clandestinité des soviets et des mouvements ‘communistes’ face à la domination tsariste autocrate. Et il n’y a aucun complot précédant la révolution française. Et Khomeyni est produit par le régime corrupteur du Shah.
      “la lente mais avérée dérive du système vers un monolithisme de la pensée” : en fait, il y a un jeu à deux de construction de pensées monolithiques sectaires et la disparition d’une vérité commune (sur laquelle se fondaient et se résolvaient les conflits sociaux et politiques) et des appareils (Science, partis, Eglises, Syndicats) qui structurent la vie sociale.

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  6. Les mensonges se propagent six fois plus vite que la vérité.
    https://science.sciencemag.org/content/359/6380/1146.full

    Nos têtes gavées de médias sont-elles conçues pour déjouer la peur, le dégoût et la surprise, ces moteurs de captation de l’attention ?
    Johann Chapoutot, dans “Libres d’obéir : le management, du nazisme à la RFA”, démontre que l’entreprise n’a fait que reprendre le topos des méthodes et techniques d’organisation du régime nazi. La Novlangue du consentement emprisonne la pensée dans des patterns que les vélléités critiques accélèrent. Peut-être que le cheval de trois a rebooté de lui-même le système…

    1. L’un d’entre vous m’envoie un article de Julia Cagé :

      Je lui réponds ceci :

      Nous avons cela en commun, elle et moi, de faire des propositions concrètes. Mais si on ne nous écoute pas c’est pour deux raisons : les rapports de force globaux et les hiérarchies de type militaire dans l’entreprise, dans l’administration et au sein-même des partis.

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      1. Quels types de hiérarchies leur substituer et selon quel fil rouge tant de “sens” que d’organisation globale ?

      2. Le rapport de force, oui, qui donne au pouvoir en perdition et aux révolutionnaires à la manque un volume d’expression gigantesque.

        Tandis que des messages qui respectent une déontologie comme ce blog , ou Mediapart sont confinés dans des espaces marginaux, noyés dans le brouhaha du reste.

    2. @toutvabien
      Et la plupart du temps, les méthodes, les termes utilisés sont ‘positifs’ et donc difficiles à contrer quand on baigne là-dedans…
      Genre: qualité, projets novateurs, efficacité, satisfaction, progrès… “Mais vous n’êtes pas contre le progrès quand même” ?
      Le truc imparable…
      Les Envahisseurs sont parmi nous, des aliens aux aliénés. 🙂

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    3. Il faudrait dire que c’est un intellectuel nazi Reinhard Hohn (1904-2000) (juriste) qui fut un des généraux d’Hitler et vécu sans être inquiété en Allemagne puisqu’il y pu y créer cette école de management où 600 000 cadres furent formés après guerre à ses méthodes qui furent utilisées si efficacement pour affamer les populations des pays de l’Est et exterminer celles d’origine juive.

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      1. “Ce n’est pas la Règle qui nous garde, ma fille, c’est nous qui gardons la Règle.”
        Bernanos, Dialogues des Carmélites.

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  7. N’ayant pas pu assisté à ce “Hold up” en raison d’une bande passante affreusement défaillante, je ne commenterai pas.
    Un soucis de moins.
    Le bonheur reste à portée.

  8. Merci Timiota, c’est toujours un plaisir de te lire et de te voir jouer avec les concepts tirés de tes lectures savantes.

    Essayons donc d’améliorer le schmilblick en partant de deux constations (farpaitement incontestables) :

    – Le concept de trappe est trop mécanique en ce qu’il écarte les soubassements idéologiques qui sont le moteur de toute politique.
    – Il passe trop rapidement sur les « élites » dont le discours économique dominant – et parfaitement mensonger – monopolise les médias mainstream. Appelons cela le « principe d’Ésope » pour faire chic (sa fable du garçon qui criait au loup) et tirons-en un principe évident : les mensonges des « élites » (le ruissèlement de la richesse, il n’y a pas de violences policières, il suffit de traverser la rue pour trouver un travail, etc), aggravés par leur peur/haine/mépris des pauvres qu’ils peinent tant à dissimuler, ne peuvent qu’approfondir la trappe et rendre ses abords particulièrement glissants. Bref, quand les bergers Macron ou Tartempion crient au loup devant le covid, leurs mensonges antérieurs répétés – martelés devrait-on dire – font que de moins en moins de personnes prêtent foi à leur parole.

    Le documentaire (appelons-le comme ça) Hold-up, est totalement délirant et je reste particulièrement peiné par l’intervention de Monique Pinçon-Charlot qui ruine en 30 secondes, 30 ans d’un extraordinaire travail de recherche (ils n’en demandaient pas tant à Neuilly s/Seine). Le pire étant que les parasites qui contrôlent les transnationales et leurs chiens de garde, vont en profiter pour rejeter comme complotiste toute critique à leur égard. Appeler ces individus des parasites n’est pas leur prêter le dessin de faire s’effondrer les sociétés, eux veulent simplement s’enrichir au-delà de toute limite… tout comme des termites n’ont pas l’intention de faire s’effondrer une charpente (dont elles n’imaginent d’ailleurs pas le concept).

    Bref, pendant que nous aboyons sur Hold-up la caravane BigPharma passe.

    Pénuries de médicaments – Devant la responsabilité criante des laboratoires, les pouvoirs publics doivent sortir de leur complaisance

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    1. Voilà, boucle bouclée, Hold-up est en fait un attentat complotiste sous false flag initié par Big Pharma et le Deep State – et Neuilly-sur-Seine.

      1. Voyons voir, j’écris :
        « Le pire étant que les parasites qui contrôlent les transnationales et leurs chiens de garde, vont en profiter pour rejeter comme complotiste toute critique à leur égard ».

        Que vous falsifiez allégrement par :
        « Hold-up est en fait un attentat complotiste sous false flag initié par Big Pharma et le Deep State – et Neuilly-sur-Seine ».

        Même si ça n’est pas très aimable de prendre les lecteurs de ce blog pour des demeurés ne sachant pas lire, je vous remercie néanmoins d’illustrer par un exemple concret la technique des chiens de garde.

        PS : dans la série plus c’est gros, plus ça passe, une regrettable omission : vous avait bien rajouté le « deep state » à mes propos mais vous avait oublié de citer Moscou.

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      2. Ouaf ouaf, je passe. Bise à Monique.

        Bref, pendant que nous aboyons sur Hold-up la caravane BigPharma passe.

      3. Vous avez oublié le lien de l’UFC Que-Choisir sur la responsabilité de BigPharma concernant la pénurie de médicaments.
        Je le remets donc pour que vous ayez la possibilité de contre-argumenter leur enquête autrement que par des onomatopées.

        https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-penuries-de-medicaments-devant-la-responsabilite-criante-des-laboratoires-les-pouvoirs-publics-doivent-sortir-de-leur-complaisance-n84943/?utm_medium=email&utm_source=ldm&utm_campaign=ldm201114

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      4. Le lien de Que Choisir Roberto ?

        Hmmm, tu te laisses emberlificoter par KDD je pense.

        Ce que je note moi en revanche, en tout cas pour le bon peuple français, c’est que nos cotisations et prélèvements parmi les plus hauts du monde, même carrément les plus hauts toutes choses étant égales par ailleurs et lycée de Versailles, sont payées dans les tonneaux des danaïdes et toutes ces engeances essayent péniblement de masquer que l’intégralité permet juste de financer une coquille de noix en terme de santé public. Si je vous dis que le réveil va être très violent, à la hauteur de la déception et de l’escroquerie menée devant tout un peuple qui se pense à l’avant garde de la santé mondial, et qui se retrouve dans la position d’un pays du tiers monde, à appliquer des mesures du moyen âge, je vous fiche mon billet que les choses ne vont pas se passer en douceur. Les gilets jaunes en comparaison c’était un amuse bouche.

        Réfléchissez bien à cela, la sécurité sociale, la protection santé, les mutuelles, l’hôpital public, les soins la société à la française quoi, le meilleur pays du monde, l’alpha et l’omega de la socialisation, tout ça c’est du vent mes amis. Vous allez tranquillement expliquer tout cela aux gens qui cotisent, et je vous souhaite bonne chance. Ils sont encore dans la période de sidération, mais ça ne va pas durer.

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    2. J’ai été choqué aussi de voir figurer Monique Pincon Charlot; mais elle parle seulement 2 minutes et le sujet qu’elle aborde est “ce que l’on vit aujourd’hui”. Elle a été coupée au montage, trompée sur le sujet du documentaire n’a pas eu le droit de relecture des passages qui avaient été choisis sur 1 heure d’interview, ce qui pourtant qui lui avait été annoncé. Sur son compte Twitter elle explique qu’elle s’est faite piéger : https://twitter.com/PINCON_CHARL0T?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Eauthor

      En réalité MPC évoquait le réchauffement climatique, la montée des eaux, l’effondrement de la biodiversité, la destruction des terres arables et tous les fléaux qui nous menacent y compris les crises sanitaires :https://www.pauljorion.com/blog/2020/02/11/monique-pincon-charlot-lholocauste-ecologique/

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      1. Merci beaucoup Olivier pour ces indispensables éclaircissements !
        Je fais suivre votre lien à l’ensemble de mon carnet d’adresse 🙂

      2. Je la crois volontiers d’autant que j’ai vécu ce genre de mésaventure. Des heures de tournage et puis au final quelques phrases sorties de leur contexte. Pas le droit de relecture/revisionnage. La deuxième fois j’ai refusé de signer les droits à l’image avant visionnage du produit fini mais ça n’a rien changé. Maintenant c’est non quand on me sollicite pour de la vidéo.

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      3. @Paul Jorion
        “Sans coupures ni montage” peut-être effectivement aussi dangereux que l’inverse dans ce cadre d’interview très particulier.

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  9. @Timiota

    merci de ce texte et quelques réactions :

    1-“..Est-ce que la protection que le « mainstream » voudrait apporter aux « complotistes »
    qui font l’erreur d’aimer Hold-up n’est pas le résultat de la réduction préalable
    à une « trappe à savoir » ? Cette « trappe à savoir » (qui n’est pas issue d’un complot !)
    est-elle malencontreusement renforcée par la polarisation complotiste / non-complotiste ?..”

    une “trappe a savoir” renforcée par la polarisation complotiste / non-complotiste elle-même issue
    “résultat de la réduction préalable à une « trappe à savoir »

    interressant cette formulation “circulaire” , qui peut vouloir dire magnifiquement l’aporie dans laquelle nous sommes enfermés et dont nous ne savons pas sortir.

    2-“..La question se pose aussi de comment cette situation dérive d’un manque de prise
    sur la réalité : …”
    l’invention de la réalité , que nous faisons au fur et à mesure du temps et
    des situations que nous rencontrons , nous empèche de l’évaluer(la réalité) compte tenu du fait
    que nous ne disposons plus des concepts des necessaires du fait de la complexification de la connaissance du réel ……

    (je rappele ce que je disais sur le fil précedent concernant “hold-up” , sur le fait que nous traversons une situation
    “révolutionnaire”
    (au sens Copernicien du terme) mettant à bas les paradygmes issus de la perlaboration pendant 2500 ans
    des concepts Helleno-Latins , sur lesquels reposent l’infrastructure idéologique de nos sociétés)

    …. propres à permettrent une approche ayant une prise sur le reel (dans le quel nous vivons et dont nous faissons parti).

    juste un exemple : le concept de justice (et du droit , introduit par Rome) :
    comme gérer la notion d’équilibre social (la métaphore de la balance de la justice) , les différentes dispositifs dits “régaliens”,
    quand dans toute délibération , les dimensions “inconscientes” du facteur psychologique
    sont toujours écartés ( je peux temoigner de mes discussions avec différents magistrats des
    considérations liées à leur demande concernant la “réalité d’une responsabilité” concernant
    une expertise psychiatrique liée à une affaire criminelle) dans une quette d’une rationalité
    de l’irrationel .
    les monothéismes permettaient de gérer ce genre de difficultés.
    logiquement , leur invalidation crée un vide intellectuel , dans lequel les “complotismes” se précipitent ?.

    mais qui dit complotisme dit contre-complotisme , tout cela devient “viral” , dans une fuite en avant
    morale …. jusqu’où ?

    il y aurait bien d’autres sujets soulevés dans ce texte de Timiota….

    en tout cas , merci de tous ces questionnements.
    mais , il va falloir se desinhiber sérieusement des oeillères qu’on se (pas besoin de complot pour ce faire +++)
    met devant les yeux , avec une violence de plus en plus palpable , si l’on veux parer ce soliton qui nous menace.

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  10. Le billet de Timiota met le doigt sur quelque chose d’important, le fait que le savoir et le faire sont découplés comme jamais dans l’histoire humaine, avec comme troisième élément l’information dans la triade savoir/information/faire.
    Quand les humains n’ont plus la maîtrise sur ce qu’ils font, fabriquent, aussi bien au niveau individuel que collectif le savoir tout aussi bien se cloisonne, et se segmente, reste le bruit de l’information qui circule à grande vitesse dans l’ensemble d’un système numérisé. C’est là que réside la « trappe à savoirs ».
    Stiegler nomme ce phénomène prolétarisation : des savoirs dont le faire est automatisé. « L’esprit mort » pour Marx.
    Chez Jorion c’est la composante complexité du soliton. L’approche de Jorion me semble-t-il se distingue de celle de Stiegler en ce qu’elle aborde les choses d’emblée par le versant institutionnel et politique. Stiegler fait le chemin inverse, il commence par l’analyse des propriétés des objets techniques pour les rapporter ensuite à de l’institutionnel.

    La solution est politique : assurer la circulation d’une information via des organismes controlés démocratiquement, et instaurer la gratuité des savoirs accessibles aujourd’hui monopolisés par des intérêts privés. IL serait opportun également de prendre les choses par l’autre bout, plus stieglérien, consistant à promouvoir la conception et la fabrication d’objets techniques résilients.

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    1. “gratuité des savoirs accessibles aujourd’hui monopolisés par des intérêts privés. ”
      = GOOGLE !

      Il ne semble pas que nos organismes contrôlés démocratiquement aient initié, voire même réussi à copier, concurrencer, se réapproprier une telle fonction.

      1. @Ruiz :
        Un savoir n’est pas que sa donnée dans un bout de silicium éventuellement retranscrit sur un écran ou un haut-parleur.

        Un cerveau qui infuse un savoir, a minima c’est de l’énergie, de l’énergie toute bête pour que, comme Montaigne s’en rendait compte, le cerveau en question soit au chaud et en bon flux métabolique, au moment de s’incorporer ledit savoir, puis de le processer et le “rendre” un peu pour l’engraver correctement (processus métacognitif).
        Sans rajouter d’autre coûts, l’aphorisme du Diplo “s’informer fatigue” reste fondamental.
        Ce qui est monopolisé, c’est sans doute davantage l’articulation entre “savoir” et “faire”, mais un savoir abstrait sans avoir jamais connu de confrontation expérimentale est-il un savoir ? Sans l’ostraciser, je pense qu’un savoir hors d’une “dynamique” (celle qui “déprolétarise” aurait dit Stiegler) n’est qu’un tout petit bout de savoir.
        Il s’agirait d’une dynamique distincte de la “dynamique d’affect” d’un certain Jorion, Paul. J’ai présenté ici et là mes analyses sur le blog sur l’aéronautique civile comme “monde technique vertueux” (même du point de vue énergétique modulo le service rendu), ce qui tient, dit suivant cette perspective à sa riche dynamique, couvrant les échelles “petites” et “grandes” avec bonne continuité ;
        (@juannessy, dans l’archive de 2011 que vous avez exhumée avec 530 posts, j’ai retrouvé mes fumettes sur les lois d’échelle la et la distribution de la responsabilité).

        1
    2. La triade des philosophies , c’est plutôt “Désirer , Parler , Agir” , mais la ” Connaissance” est évidemment une quatrième roue nécessaire .

      Et c’est bien là qu’il faut choisir entre :

      Heidegger – Husserl- (Merleau Ponty ? Sartre? Nietzsche ? )

      Ou

      Aristote , Platon , Marx , Kant , Hegel .

      1. Je n’ai pas mis Paul Jorion dans le deuxième groupe , mais c’est uniquement pour qu’il ne prenne pas la grosse tête …

  11. Intéressante analyse et proposition… Timiota. Merci.

    N’est-ce pas essayer de sortir de cette “trappe à savoir”, du moins de la privatisation et privation des savoirs, et de la prise sur la réalité quoi… que de présenter l’actu du jour, comme suit (?)…:

    “”Sagesse” et “vérité”.

    Voilà que le président du Sénat est fière d’afficher, dans les médias mainstream, n’en attendant pas moins de lui… une majorité de vote pour reculer l’âge de départ à la retraite, et l’allongement de la durée de cotisation aux régimes vieillesse.

    Le camouflé de débat public, sur l’éclaircissement à faire sur le “quoi qu’il en coûte”, confine le dialogue social, à la culpabilité de l’explosion de déficits et dettes publiques, en commençant par confirmer que le “retour des jours heureux”, comme dans le monde d’avant, ne devra pas bouleverser le “maintien de l’ordre social et “sociétal””, tel qu’il est inégalitaire, injuste… brutal…

    Arguant pour la défense de ce vote, incongru dans pareil contexte de grave crise sanitaire… et de sévère crise sociale, « sociétale »…que c’est pas lui qu’à commencé, lorsque la macronie, voulu profiter des le début, du choc de la naissance de la propagation de l’épidémie de la covid-19, pour passer en force sa « réforme structurelle » néolibérale des régimes des retraites… à coup de 49.3…il n’est pas sûr que cette stratégie d’un niveau de cour de récréation élève le débat public au niveau démocratique, que ce président de la haute chambre prétend vouloir préserver.

    La « stratégie du choc » théorise entre autre, que l’arrogance de l’indécence, de décision choquante, ne s’encombre pas de « repentir » de honte, de coulpe à battre, derrière pareille attitude… et proposition de loi. Il lui suffit de s’autoriser avoir la légitimé de prétendre répondre ainsi au « besoin d’autorité » semblant manquer là ou elle doit se trouver. Mais là encore des distinctions sont à faire entre le besoin d’autorité face aux carnages “sociétaux” délitant les démocraties… qu’occasionnent la légalisation de l’optimisation de l’immoralité fiscale qu’incarnent les GAFAM et autres “fleurons nationaux”, par exemple… l’impunité, voir le blanchiment des fraudes fiscales des propriétaires privés d’entreprises… malgré leur assistanat sans contrepartie derrière les baisses d’impôts, suppression de cotisations sociales patronales, et de l’ISF… ce tout provoquant une insécurité économique croissante, dans un contexte d’austérité, de “réformes structurelles” néolibérales… en plus de tensions géopolitiques… et le besoin d’autorité face à la “peur d’avoir peur” d’une crise “sociétale” (genre Black lives Matter, etc) au terrorisme, etc…

    Seulement le second de nos institutions, dans la hiérarchie des valeurs d’incarnation du pouvoir… ne peut pas non plus prétendre ne pas chercher à rendre confuse la notion de besoin… avec celle d’envie de plus d’autoritarisme (marché de « l’offre et de la demande »), lorsqu’il se veut « rassuriste » en s’adressant qu’à « l’immunité de la horde » des « temps de cerveaux disponibles », qu’à vouer un « culte féroce », à la seule « DICTATURE des émotions », ne sondant que les doutes incertitudes » de leurs « ras le bol fiscal », « poujadisme », « bas instincts »…

    Comme si ce genre de stratégie politicarde avait besoin de rajouter du malheur au monde…le politicien connivent des « donneurs de leçons de morales », eux, se content de ne pas nommer les conséquences d’un alignement du départ de l’âge à la retraite, au recul inexorablement, injuste, inégalitaire, de l’espérance de la vivre en bonne santé, pour les plus précaires, pauvres…

    Pire encore… en pareille circonstance d’incertitudes sur ce qu’est la « vérité »… de doutes quand au choc successif que produisent « les États d’urgence… » confisquant la démocratique…et de souffrances (plus d’1million de plus de personnes vivant sous le seuil de pauvreté) …cet acharnement à vouloir en profiter pour aligner l’âge de départ à la retraite, au taux de mortalité due à ce coronavirus, constaté dans des services hospitaliers publics, saturés, sans considérer que les plus précaires, pauvres, en « première ligne », sont les plus exposés, du moins vulnérables…subissant déjà tant d’inégalités territoriales, de « destin »… et cumulent, non pas des mandats, eux…mais tous les risques (entre autres “discriminations systémiques” selon le défenseur des droits – discriminations impunies dans les brutalités commises lors de contrôles aux faciès, « manifestations interdites », par plus de 50 % du personnel du « monopole de la légitime violence de l’Etat », votant pour l’extrême droite, discriminations impunies à l’embauche, dans l’accès aux logements, et à la solidarité redistributrice)… ; des facteurs multiples de comorbidité… ; à d’autres pathologies chroniques, suspendues à l’inconnu, en terme de soins, actuellement…cet acharnement donc n’honore pas plus le dialogue social étouffé, que la noblesse du rôle de la politique…

    En réalité, qu’arrivera t-il aux personnes à risques (comme les cas de NON RECOURS, se multipliant avec le chantage à l’emploi, ces « inégalités de destin » impactant plus de 50 % des « bénéficiaires du RSA, ne touchant aucun « pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent »), les plus exposées en « première, et/ou seconde ligne”, qui ayant développé la covid-19, constatant le recul de l’âge légal de départ à la retraite, n’auront pas plus la capacité de travailler pour finir de cotiser… alors qu’elles devront subir les séquelles et traumatismes encore inconnus, d’une maladie longue durée et à peine reconnue dans certaines circonstances, comme pathologie professionnelle, “en même temps” que les problèmes de gestions néolibérales – Hôpitaux… et État… gérés comme une vulgaire entreprise – des services publics… et toujours les même problèmes de “non représentativité”…?

    En “vérité”… ce ne sera pas un vaccin public/privé qui sauvera à temps… celles personnes fragiles, déjà infectées… ayant échappé à la mort en ayant pris tous les risques, mais qui devront vivre avec encore plus de doutes, incertitudes, inconnues… et souffrances…”en même temps” que ce qu’occasionne la gestion néolibérale des crises… et les conséquences de plus d’inégalités, pauvretés… Est-ce qu’elles sont en plus, à les culpabiliser, à suspecter d’être adeptes des “théories conspirationnistes”, lorsqu’elles pensent légitimement, que les réjouissances des “marchés financiers” et des politiques, concernant “l’espoir d’un vaccin” pour bientôt, leurs annoncent des “fausses nouvelles”, puisque ce vaccin ne les concernera pas, en tant que soins pour les soulager…?

    Mais comme il paraît, à en croire les « chiens de garde »…« il y a du bon dans le coté obscure de la force » d’une forme de « sagesse » relativiste à avoir en pareille circonstance… celle d’une « patience », à faire preuve vis à vis du Trumpisme (prétendu serein dans le vote décisif des « Grands électeurs », selon la “post-vérité” de Trump), et par rapport à la progression « respectable » du poids de son électorat – et à ce qu’il représente dans le rapport de force du« monde à voir » (propos de « Jupiter » concernant, celui « d’après » quoi) … Peu importe alors que le « mythe de la sagesse » de la chambre sénatoriale du pays de la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen… décline… soit aligné au moins disant moral, social, etc…. pourvu qu’y trouvent leurs comptes ; autant les « vertus » macronniennes du fascisme en col blanc (de la TINA), les futurs « grands électeurs » élisant les sénateurs-trices, dont le scrutin est reporté lui (après que soit connu le positionnement des “grands électeurs” américains et le rapport de force dans le jeu des pouvoirs et contre-pouvoirs des USA)… ; que celles « vertus » d’un repli sur soi, fascisme en col bleu… s’opposant dans un duel électoraliste « bas de gamme/front »… ?

    En tout cas, il semble qu’il y est une “vérité” commune aux deux antagonismes du fascisme en col blanc, et/ou bleu… En réalité, aucun des deux ne neutralisera l’autre, en s’en prenant au nerf de la guerre, à la gestion « capitalistique » des crises sanitaires, sociales, « sociétales » présentes et à venir… Elle peut se caractériser dans ce qu’ils seront toujours enclin à se prétendre “légitimes” à se prévaloir d’une forme de “sagesse” à attendre pour se positionner, selon l’évolution du rapport de force des dominants des guerres commerciales, monétaires… et de « civilisations »…

    Et eux… n’interdiront jamais, que pile : continuent de faire gagner toujours plus les paris sur la hausse ou baisse des stocks gérés en flux tendu, et des prix, de la rentabilité des privatisations/ubérisations de services publics, de casses des droits sociaux et du code du travail… des prix et pénuries organisées de biens essentiels à une subsistance alimentaire… des prix et problèmes d’approvisionnement de biens de premières nécessités sanitaires (masques, réactifs de tests, gants sur-blouses, médicaments de réa, respirateurs), comme des médicaments/traitements pouvant soulager les séquelles et traumatismes des victimes citées plus haut… quand face : toujours plus de vies de plus en plus démuni.e.s, fragilisées… ne pourront pas être sauvées, en “vivant avec la mort” occasionnée par des pandémies allant se succéder (dérèglement climatique, perte de la biodiversité etc), ou en y ayant échappé à la mort, non sans injustices, inégalités, “chocs” profonds…”

  12. @timiota Si une Banque de savoir fonctionne comme une banque,
    Alors c’est l’usage d’un savoir inexistant qui crée ce savoir !
    comme les prêts créent les dépôts.

  13. “Cette « trappe à savoir » (qui n’est pas issue d’un complot !) est-elle malencontreusement renforcée par la polarisation complotiste / non-complotiste ?”

    Non Timiota, cette polarisation n’a strictement rien à voir là dedans… Ce qui renforce cette “trappe à savoir”, c’est le temps insoutenable que prennent lesdits non-complotistes pour établir/rétablir les faits observables au sein de la réalité vécue (RV), et rien d’autre ! Et c’est même ce temps insoutenable qui accentue hélas ! cette polarisation in fine !

    Par exemple. Rien que la partie consacrée au soi-disant brevet COVID-19 datant de 2015 au sein de ce documentaire intitulé Hold-Up, suffit amplement à elle seule pour discréditer intégralement l’ensemble de ses auteurs et intervenants, alors qu’il ne s’agit en réalité, que d’une “simple” modification du titre dans le cadre d’une demande de brevet pour une seconde invention dite “simplement” dépendante :

    Déposé en avril 2017, pour un brevet officiellement obtenu courant 2019 (B2) :
    https://worldwide.espacenet.com/publicationDetails/biblio?II=2&ND=4&adjacent=true&locale=en_EP&FT=D&date=20191024&CC=US&NR=2019325914A1&KC=A1
    https://worldwide.espacenet.com/publicationDetails/originalDocument?FT=D&date=20190326&DB=&locale=en_EP&CC=US&NR=10242713B2&KC=B2&ND=5

    Qui devient donc en mai 2020 le brevet dit dominant dans le cadre de la nouvelle demande suivante (A1) :
    https://worldwide.espacenet.com/publicationDetails/originalDocument?CC=US&NR=2020279585A1&KC=A1&FT=D&ND=4&date=20200903&DB=&locale=en_EP

    La vraie question serait donc plutôt celle-ci : pourquoi autant de bruit autour d’un tel documentaire, alors qu’il pourrait faire l’objet d’un “simple” droit de réponse étayé de la part de toute la communauté scientifique, voire du demandeur concerné, sachant que tout demandeur de brevet est parfaitement en droit de formuler ses demandes auprès de la division recherche dont il dépend, division qui reste alors totalement libre de statuer, voire d’accepter ou de refuser ?

    Et en l’état actuel, cette nouvelle demande datant donc de mai 2020, est toujours en cours d’étude…

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    1. “le temps insoutenable que prennent lesdits non-complotistes pour établir/rétablir les faits” ?
      Nous sommes dans de l’incertitude, et des sachants ont déclaré savoir. Petite grippe, masque inutile, pas de contagion par aérosols etc. Nous sommes encore dans l’incertitude et on rencontre encore des revirements. Mais qui le dit ? Qui l’avoue ?
      Qui mesure et décrit la faiblesse des modèles ? Juanessy le rappelle ci-dessous : pas de data, parce que pas de déclaration ou pas d’encodage ; et tout foire. Et d’abord pas de tests…
      D’un côté les controverses éclatent dans les médias, ce qui n’est pas une mauvaise chose, mais hélas le débat contradictoire éducatif est remplacé par des monologues. D’un autre côté, les gens sont dans la panique, l’émotion, la colère et la perte de légitimité de presque tous les discours pouvant répondre, rassurer, corriger.
      Donc le temps ne fait pas tout à l’affaire. Il est bien d’éteindre le départ de feu. Il est mieux d’éviter l’herbe sèche sous les chênes verts…

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  14. Quitte à user d’un terme trappiste, j’aurais usé de trappe à foi, trappe à croyance, trappe à crédit, bref toutes ces expressions posant qu’il existe un savoir sur lequel chacun transfère, une foi, une croyance, un crédit, sur un savoir établi, dominant, reconnu, et il faut bien que chacun tienne et soi tenu par quelque chose pour exister, vivre, trouver un sens quand la religion au moins ici en France n’offre plus le prêt à penser sécurisant. Les savoirs sont là, supposables et le transfert aux savoirs est un pas, un acte, qui peut faire défaut.

    Le refrain à la Dutronc, « on nous cache tout on nous dit rien », n’est pas nouveau, fabrique de vérité et de réalité non plus.

    Avec la Covid éclatent pour le grand public les dissensions dans la communauté médicale, et c’est un point localisé de savoir où les gens demandent une garantie (certes illusoire puisqu’il n’existe pas de garantie de garantie même s’il existe un marché de réassurance des assurances). Et ne plus « savoir » si un pacte de confiance (transfert positif) est praticable avec ces représentants de la santé consultables au moindre bobo, ouvre les vannes de l’angoisse présentifiant la mort. Celle-ci est déjà là à bas bruit depuis la bombe, et concerne le réchauffement, la pollution, les disparitions des espèces (dont nous sommes) ces choses complexes aux mains des scientifiques, auxquels on a formé à l’école laïque des générations à s’y fier.
    Cette conviction instruite comme éprouvée de la bonté du progrès se fissure : à qui se fier ? Pas aux gouvernants qui mentent, c’est établi, alors qui est coupable du malaise ?
    Les gens se tournent vers ce que le marché propose comme « explications »…
    Barbara Cassin a dit « Heidegger est un très grand philosophe en même temps qu’un nazi ordinaire : la philosophie doit se débrouiller avec ça ».
    Ça continue !

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    1. Post Sscriptum :
      j’apprends que « Les religions ne sont en rien un phénomène universel, seulement une invention occidentale plaquée sur le reste du monde. Voilà le cœur du propos stimulant de Daniel Dubuisson dans L’Invention des religions » me dit Le Monde.

      Certes on est embarrassé depuis longtemps chez nous par le bouddhisme aux relents philosophiques comme religieux, puisque nous pensons dans nos langues occidentales après latin et grec, avec ces catégories. Bien sûr dans le christianisme est présente une dimension philosophique, bien sûr le marxisme a eu une dérive religieuse, et les passages translangues sont pleins de récifs.

      Puisque Le Monde m’informe que Dubuisson opère « à partir des religious studies (« études religieuses ») américaines, et cherche à introduire ce courant méconnu en France pour déconstruire les présupposés dominants dans l’analyse des religions » soit la pente de la déconstruction chère à la fabrique du genre, j’attends impatiemment le produit d’un universitaire (un juriste-philosophe ?) qui déconstruira, la liberté, l’égalité, la fraternité, toutes choses fabriquées aussi.

      On accommodera et s’accommodera des restes.

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      1. Vous verrez dans le volume sous ma direction à paraître chez Palgrave : Humanism and its Discontents, Stefan Lorenz Sorgner, promoteur du “métahumanisme”, déconstruire le concept “totalitaire” (sic) de vérité, et dire que ceux qui invoquent la vérité sont probablement, entre autres, … hétérosexuels. Je n’invente rien, je ne sors pas cela de son contexte : c’est l’état dans lequel se trouve une partie de la philosophie contemporaine.

        P.S. Cela dit, je suis très fier du volume dans son ensemble, et de mon débat avec Sorgner en particulier : Jorion is back in town !, la ville en question étant la philo 😀 .

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      2. Vous n’inventez rien, Ah bon on en est déjà là, vous avez du vous amuser. Partagez svp l’extrait même avec deepl, le sel passera.

      3. Je viens d’apprendre que dans la première édition de “De la Grammatologie”, Derrida aurait parlé de “destruction” (traduction directe du Destruktion de Heidegger) plutôt que de déconstruction.
        À vérifier.

    2. Barbara Cassin a dit « Heidegger est un très grand philosophe en même temps qu’un nazi ordinaire : la philosophie doit se débrouiller avec ça ».

      “La philosophie” p’têt, en partie, pas l’Histoire, en partie en tout cas.
      “J’ai un scoop, Heidegger n’est pas nazi, (…), pasqu’un nazi qui a une relation amoureuse avec une juive ça n’existe pas, en fait.” (Chapoutot, pour qui le management moderne serait d’origine nazie – on ne nous dit pas avec qui couchent les managers).

      1. Mon cheval vous répond et c’est la dernière fois tellement votre masque m’insupporte.

        1/ Répondre à l’écrit de Cassin en faisant publicité de Chapoutot énonçant qu’ « Heidegger n’est pas nazi parce qu’il baisait Arendt » est du même niveau que conclure qu’un maître blanc baisant son esclave noire fait preuve qu’il n’est pas raciste.
        2/ On ne s’en est pas privé : Cf. la préface de Paulhan à Histoire d’O. rapportant une histoire fausse, pour la rendre exemplaire.
        3/ Ajouter « on ne nous dit pas avec qui couchent les managers », après Weinstein et consorts dit soit la mauvaise foi, soit la méconnaissance, soit l’ignorance, soit la manipulation : au choix.
        4/ P.J. pratique une liberté d’expression terrible, à ne pas confondre avec l’autre P.J.

      2. L’adjonction de petits 1) 2) 3) 4) ne change rien à l’histoire, réponse terriblement dispensable.

    1. Bah non ça me paraît totalement attendu au contraire. La grippe est sensiblement moins contagieuse et (moins mortelle) que la Covid 19. Avec le gel hydroalcoolique, les masques, les mesures de distanciation, elle n’a plus aucune chance.

      1. Dans la vidéo d’Arte sur la grippe H5N1 en 2009, il est frappant de voir que des masques sont immédiatement distribués, les poignées de main sont abandonnées, des confinements sont décidés, une course au vaccin est lancée…
        A contrario on fait bien chaque hiver le choix de laisser courir le virus de la grippe, de vacciner et d’enregistrer une croissance “sans gravité” des décès hivernaux. Pour cet hiver on pousse à la vaccination anti-grippale encore, alors qu’une application des “gestes barrières” pourrait suffire… Qui le fait exprès ? Pas les décédés ! Dans notre enfance, on nous faisait beaucoup laver nos mains, mais c’était pour la saleté et pour plaire à la grand’mère, selon mon souvenir, pas pour les virus. (Depuis 2009, on voit les médecins se passer le gel hydroalcoolique à chaque consultation).

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      2. A noter aussi que cette année on a presque une pénurie de vaccin donc je suppose qu’on va avoir un record de personnes vaccinées contre la grippe.

    2. – Celui qui devait alimenter la base est mort de la Covid 19 le 15 avril .

      – le port du masque a fait le reste .

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      1. Du système D au système hic, “comment j’ai grippé le siècle”. (allusion à un des bouquins de Flore Vasseur)

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    3. Ce que je ne comprends pas c’est que des gens instruits que se revendiquent même comme des intellos ne percutent pas en apprenant ce genre d’information

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      1. En apprenant quoi ? Que l’incidence des grippes saisonnières est très faible dans le réseau de surveillance OMS depuis le printemps ?

  15. La privatisation du savoir, sa capitalisation est l’un des moteurs les plus puissants à la création des mastodontes trans-multi-Nationals occidentaux.
    Dans sa course folle au profit, le capitalisme se retourne contre ses créateurs, pour les tuer de l’intérieur, à savoir la source du “progrès”.
    Les nations asiatiques sont majoritairement propriétaire de leur méga-entreprise et historiquement, ils ont adopté la protection intellectuelle pour commercer avec l’Occident. Mais leur fonds culturel reste le partage, la transmission et la diffusion du savoir.

  16. Bonjour

    Pour info

    https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/161120/le-complotisme-pour-les-nuls-l-occasion-d-un-recent-documentaire

    “Il est aujourd’hui essentiel de tenir à distance à la fois la doxa et le complotisme. Ces deux écueils menacent en effet la compréhension libre et désintéressée de la “crise sanitaire” en cours et ils fonctionnent en miroirs. Le complotisme est illustré ici par le récent film “Hold-Up” dont on démontre qu’il s’agit d’une fiction complotiste dissimulée sous les habits du documentaire.”

    « Il n’est pas étonnant que la plèbe n’ait ni vérité ni jugement, puisque les affaires de l’Etat sont traitées à son insu, et qu’elle ne se forge un avis qu’à partir du peu qu’il est impossible de lui dissimuler. La suspension du jugement est en effet une vertu rare. Donc pouvoir tout traiter en cachette des citoyens, et vouloir qu’à partir de là ils ne portent pas de jugement, c’est le comble de la stupidité. Si la plèbe en effet pouvait se tempérer, suspendre son jugement sur ce qu’elle connaît mal, et juger correctement à partir du peu d’éléments dont elle dispose, elle serait plus digne de gouverner que d’être gouvernée »
    (Spinoza, Traité politique, VII, 27)

    et de conclure:

    Ce n’est que dans l’organisation de réels débats contradictoires, respectant l’éthique de la discussion, excluant tout argument d’autorité des processus d’administration de la preuve et ne préjugeant jamais de la « vérité », que l’on pourrait réduire la fracture dangereuse entre les élites dominantes et une partie croissante du peuple.

    Bonne lecture

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      1. Il pose le problème .

        De là à choisir son camp ???

        https://www.pauljorion.com/blog/2020/11/15/les-hold-up-et-leurs-trappes-par-timiota/comment-page-1/#comment-825404

        “L’issue par une troisième force solide sur ses concepts et outils , mais :
        aux USA , rien . En France , rien ( que des divisions et esprits fermés qui ne veulent que des ralliements à leur totem ) . En Europe , de l’Atlantique à l’Oural , rien . En Chine , pas clair. (Juannessy)

        Tout est à faire .
        Qui doit faire le premier pas vers l’autre ?
        – le pouvoir ,les élites”, le capital , et se sauvegarder à minima par un juste équilibre ,mais qui risque d’être provisoire dès qu’il aura la possibilité de reprendre la main
        – le peuple , la “plèbe” avec parfois toutes ses dérives

        ou une troisième voie à construire.

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    1. merci de ce lien.
      à ne pas essayer de prendre un peu de distance et en ne gardant pas quelque lucidité , on risque de plonger dans une dynamique récursive de complotisme en anti-complotisme …. etc ….qui finalement nous interdit toute possiblité d’élaborer un début de solution.
      que ne veut-on pas voir en tombant de suite dans un tel manicheïsme ?
      @timiota
      dommage de personnaliser les choses
      au delà de ca , il pose une question juste : ne nous trompons pas de sujet !

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      1. @ Dans le bouillon PACA/Marseille où trempe Mucchielli, la personnalisation me semble un travers inévitable (de son côté, et du coup du mien pour en parler).

        En plus on est en fin de discussion, je crois m’être tenu assez loin du ad hominem jusqu’ici.
        Je vais m’acheter des lunettes PACA et je reviens :;).

    2. A noter que cet article de médiapart a une conclusion … mais aussi un résumé :

      « En résumé, il semble évident que ce film servira surtout à la doxa pour asseoir mieux encore sa domination intellectuelle en se posant en rempart contre le complotisme« .

      L’opposition entre doxa et complotisme reflète t’elle l’opposition entre puissants qui ont la capacité de contrôle , et les autres , privés de contrôle sur leurs existences ?
      http://www.slate.fr/life/76496/pouvoir-empathie-science

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  17. Je ne suis pas sûr que Polanyi ait grand chose à voir dans l’histoire (1944 et pas 1945 pour la publication de “La Grande transformation”). Je ne suis pas sûr non plus que la notion de “trappe”, beaucoup utilisée par les économistes depuis Keynes puisse nous être d’une grande utilité. En revanche, je considère effectivement que, au-delà des figures complotistes, la question cognitive a une grande importance dans l’affaire.

    On a beaucoup discuté sur ce blog de la compréhension du concept d’exponentielle. Mais il y a une autre catégorie encore plus fondamentale qui échappe à l’entendement commun : celle de probabilité. C’est bien compréhensible. Pour l’individu ordinaire, la probabilité n’existe pas ; on est à zéro ou à un, on a attrapé le covid ou ne l’a pas attrapé, on a été hospitalisé ou pas, on est mort, ou pas. La probabilité ne peut être, en pratique, pensée que par les gestionnaires, ceux qui opèrent sur les grands nombres, qui vous donnent des taux de contamination, d’hospitalisation, de mortalité…

    On comprend donc pourquoi la probabilité résiste au sens commun, même celui de bons esprits. Auguste Comte, fin mathématicien, ne l’a jamais admise. On comprend aussi pourquoi le probabilisme est compris comme une conception d’en-haut, de ceux qui nous gouvernent, qui ne voient pas les choses in concreto. Que répondre à celui qui a fumé toute sa vie et est aujourd’hui centenaire, à celui qui a fait la fête tout l’été et n’a pas attrapé la Covid. Aucun chiffre au monde ne lui fera entendre raison. Les chiffres fréquentiels sont des “réalités”, mais des réalités abstraites, comme la distance de la terre à la lune. Ce ne sont pas des réalités de l’expérience ordinaire. Pour calmer les chauffards, on ne leur montre pas des courbes, mais des images d’accidents … des réalités de premier degré. Or les épidémies sont, typiquement, des réalités qui ne peuvent se décrire que probalistiquement. On pourra à loisir envisager les mêmes chiffres comme “peu” ou “beaucoup”. La litanie des morts qui effrayait au printemps laisse aujourd’hui indifférent. C’est le mort près de soi qui a du sens.

    Les sociétés modernes exigent une gestion probabiliste. Mais l’esprit commun n’a toujours pas incorporé cette représentation du monde. Le pourra-t-elle jamais ? Je n’en sais rien. Le problème est que cet état de fait, qui n’est pas récent, est venu se télescoper avec un autre phénomène : celui de l’horizontalisation de la transmission d’information qu’a rendue possible internet.

    On peut se féliciter de cette démocratisation du savoir qui a réduit les capacités de propagande d’en haut, notamment de propagande étatique. Le nuage de Tchernobyl ne s’arrêterait plus aux frontières de la France. Mais cela a généré de nouveaux pouvoirs désinformationnels disséminés. C’est alimenté par une détestation de “l’élite”, qui s’alimente d’une confusion entre élitisme et expertise. L’expertise ne partage pas le monde entre “ceux qui savent” et “ceux qui ignorent”, car elle est partagée, même si c’est inégalitairement, dans le monde social. Le garagiste serait bien avisé de faire confiance (a priori) à son médecin en matière de santé, mais, réciproquement, le médecin serait bien avisé d’en faire autant avec son garagiste dès lors qu’il s’agit de sa voiture.

    Si nous n’arrivons pas à restaurer ce que Everett Hughes appelait une “division morale du travail”, théorie qu’il résume joliment par le principe qui consiste à “payer les gens pour faire les erreurs à notre place”, nous ne pourrons nous sortir de cette “trappe à ignorance”. La société du savoir ne peut être totalement horizontale. En matière électorale, chaque voix en vaut une autre, pas en matière de connaissance, et cela, segment du savoir par segment du savoir. Il faut donc des “cliquets”, des titres, des dispositifs de reconnaissance, des “licences” professionnelles dit Hughes et des dispositifs de régulation collective au sein de ces professions.

    Nul doute que ces dispositifs de protection ont donné et donneront lieu à des abus. Il faut en limiter les pouvoirs, ce qui nécessitent d’autres pouvoirs, car, comme le soulignait Montesquieu, il n’y a que le pouvoir qui peut limiter le pouvoir. Mais arrêtons de penser que l’anarchie de la connaissance est possible. Cela n’interdit pas sa démocratisation. Après tout, nous en avons une expérience grandeur nature avec wikipedia, qui, bon an, mal an, ne fonctionne pas si mal que cela. Ses concepteurs ont eu l’intelligence de penser que sa grande ouverture exigeait en contrepartie des règles procédurales très strictes.

    Une belle mission éducative serait de faire comprendre les probabilités dès le plus jeune âge. Mais il est tellement plus facile d’expliquer aux enfants qu’il y a le vrai et le faux, le bon et le mal et que les chats ne peuvent être vivants et morts à la fois comme celui de Schrödinger. Car tout cela n’est pas qu’une question de perception, mais induit un rapport moral au monde.

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    1. Remarquez d’ailleurs comme certain complotiste binaire et pressé, tentant de monter en grade dans le grand Monopoly Conspi, a tôt fait de tenter le passage de rue Lecourbe “réalité binaire” à rue d’la Paix “réalité quantique” sans passer par la case “prison probabiliste”.

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  18. Oh Oh, il semblerait que le Grand Manu-manitou associé de CovidieLandistan s’apprête à nous annoncer en CovidieFrance un déconfinement progressif à partir du 1er décembre prochain. Ben vi, le virus n’aime pas quand la grogne monte, ça l’empêche de se reproduire, et mais c’est qu’il n’etait pas si coconeau ce covidé qui obéit à son maître, assis couché, en sommeil, ressuscite Marcel et remet nous une troisième vague qu’on rigole comme à Luna park, Stop an Go, le train-fantôme . Un grand parc d’attraction en mode déglingué et la lumière en moins. Pour les chants et la zik, fermez là, le Sars n’aime pas ça.
    Un vrai pisse froid ce covid là !

    En parlant de grand huit et d’infini éternel, Mike Pompéo n’a pas attendu Noël pour faire la tournée des petits ducs.
    Quand un AlphaMike Pompéo se déplace, question lumière c’est Noël avant l’heure, il remet les petits ducs… à leur place ?
    Still standing ! 🙂

    Welcome, revient quand tu veux Mike, ça détend le grand Manu manitou de covidieFrance, on a peut-être bientôt droit à une nouvelle récréation.

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