Archives par mot-clé : Standard & Poor’s

SYRIZA NE SE LAISSE PAS DÉMONTER ET RELANCE, par François Leclerc

Billet invité.

Dans l’adversité, le gouvernement grec ne se laisse pas démonter et refuse de demander l’extension du plan de sauvetage en cours pour ne pas avoir à en accepter les conditions. Il continue vendredi soir de réclamer un financement-relais – une notion réfutée par Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe – afin de négocier un plan d’ensemble et rappelle à la BCE qu’elle doit à la Grèce 1,9 milliards d’euros, qu’il lui réclame, ce montant correspondant aux profit sur les titres de la dette grecque qu’elle détient. La banque centrale s’était engagée à les reverser dans le cadre des accords précédents, qui n’ont pas été dénoncés. Standard & Poor’s dégradait la note de la dette grecque au cours de la soirée avec peu de conséquence vu que les émissions grecques sont à court terme.

Sommé par les autorités allemandes de préciser ses intentions avant la réunion extraordinaire de l’Eurogroupe de mercredi prochain, le gouvernement grec n’a pas tardé à préciser que son propos était de travailler dans les semaines à venir à un programme sur quatre ans incluant des réformes dans un « nouveau cadre budgétaire ». Celles-ci viseront notamment à lutter contre l’évasion fiscale, a-t-il été précisé. Dimanche soir, le premier ministre grec présentera au Parlement son programme et ne semble pas avoir l’intention de mettre son drapeau dans sa poche. De son côté, le FMI s’est manifesté et Gerry Rice, son porte-parole, a espéré être bientôt informé de ses projets, sans faire plus de commentaires.

Adossé à un risque de défaut, le gouvernement grec réplique au chantage par le chantage. En Grèce, sa popularité déborde son électorat.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 7 FÉVRIER 2013

Février 2007 – février 2013 – Six ans après. Où en est-on de la réglementation financière ? La finance est-elle plus sûre aujourd’hui ?

Sur YouTube, c’est ici.

TARP : Troubled Asset Relief Program
Neil Barofsky, Geithner doctrine lives on in Libor scandal, Financial Times, 7 février 2013
Standard & Poor’s et la question des agences de notation
Solvabilité II
La finitude du collatéral

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L’actualité de demain : FRAGILES MARGES DE MANOEUVRE, par François Leclerc

Billet invité.

Faisons le point : tandis que Barack Obama propose un nouveau plan temporaire de réduction du déficit, afin d’éviter le couperet des coupes automatiques du 1er mars prochain, Shinzo Abe, le premier ministre japonais, tente une nouvelle fois de sortir son pays de la trappe à liquidité en faisant déverser par la Banque du Japon dans celle-ci… de nouvelles liquidités. De son côté, François Hollande voudrait obtenir de la BCE, sans pouvoir ni le dire ni l’obtenir, une action favorisant la baisse d’un euro fort subissant les effets de la guerre des monnaies et faisant obstacle aux exportations françaises, tandis que Mario Monti tente de sauver les maigres crédits européens d’une hypothétique relance dans le cadre d’une épineuse négociation budgétaire européenne. Tous recherchent des marges de manœuvre et tentent comme à l’accoutumée de gagner du temps. On a la stratégie des objectifs que l’on se donne, avec les résultats que l’on peut.

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Flash – 23h : OUCH ! ÇA VA MAL ! par François Leclerc

Billet invité

Fatalitas ! Les bourses mondiales ont finalement salement dévissé, en dépit de l’agitation frénétique de ce week-end et de la mobilisation générale.

L’once d’or, baromètre du malheur, a dépassé les 1.700 dollars. Barack Obama a toutefois annoncé comme bonne nouvelle qu’il ferait des recommandations « dans les prochaines semaines », précisant dès maintenant, à propos des problèmes économiques américains : « nous savons ce que nous devons faire pour les résoudre ».

Pour une fois d’accord, les analystes convergent vers une même idée : on peut tout imaginer ! L’un d’entre eux aura le mot de la fin pour ce soir, constatant que « la décision de la BCE n’est pas une arme fatale », triste épitaphe pour une banque de dernier ressort (Gilles Moëc de Deutsche Bank, cité par l’AFP).

« Les marchés sont sourds », s’inquiètent les autorités qui n’arrêtent pas de tenter de s’adresser à eux. Une situation justifiant, selon Jean-Claude Trichet, les mesures exceptionnelles prises par la BCE, car « les marchés sont si secoués que notre politique monétaire ne peut pas sinon avoir d’impact ». On ne saurait mieux reconnaître son impuissance.

Une nouvelle décision de Standard & Poor’s va par contre en avoir – de l’impact ! -, abaissant la notation de Fannie Mae et de Freddie Mac aux États-Unis. Début d’une longue série. Cinq assureurs sont dans le même cas, la note de cinq autres passant de perspective « stable » à « négative ». 73 fonds d’investissement voient leur note baisser de un à deux crans, dont BlackRock et Goldman Sachs Asset management, les stars du métier. Trois chambres de compensation, pivots du système, sont dans le même cas.

En Europe, un institut de conjoncture allemand, DIW, envisage une baisse de la note de la dette française, qui déstabiliserait selon lui le Fonds de stabilité (FESF) et provoquerait l’éclatement de la zone euro.

Il n’est pas nécessaire de prédire l’écroulement du système, aujourd’hui ils s’en chargent eux-mêmes ! Rivalisant, en Italie et en Espagne, de mesures destinées à réduire encore plus rapidement le déficit pour mieux précipiter l’avènement de l’effondrement.

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FLASH SPÉCIAL Crise de la dette publique US – Dégradation de la note de crédit des Etats-Unis à AA+ par Standard & Poor’s

La montée des extrémismes aux Etats-Unis
Le climat économique des Etats-Unis
Les taux d’intérêt
Les falaises de crédit (et de notation)
« Investing in a Post-Enron World » (2003), pages 181-195.

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Les agences de notation et la liberté d’expression, par Alain Gauvin

Billet invité

Une agence de notation a pour activité de noter la qualité de crédit d’une entreprise (ou d’un Etat) lorsque cette entreprise emprunte sur les marchés. L’agence de notation peut se livrer à cet exercice d’évaluation, de sa propre initiative, ou à la demande d’investisseurs susceptibles de souscrire à l’emprunt émis par l’entreprise. En notant cette dernière, l’agence se limite à donner sa propre opinion sur la capacité de ladite entreprise à rembourser la dette concernée.

Il est remarquable de constater que si les agences de notation (dont les principales sont Standard & Poors, Moody’s et Fitch) sont abondamment critiquées par voie de presse, elles ne sont, en revanche, jamais attaquées en justice. Contrairement aux banquiers, commissaires aux comptes, auditeurs et même avocats, les agences de notation font rarement face à des actions en responsabilité. Pourquoi les agences de notation bénéficient-elles d’une telle « immunité de fait » ? Doit-on en conclure que la responsabilité d’une agence de notation ne peut être mise en cause lorsque l’évaluation qu’elle fait d’une entreprise et la notation qu’elle lui donne sont erronées, voire trompeuses ?

La réponse à cette question de l’impunité des agences de notation se trouve dans un argument imparable, à ce jour, dont les agences se prévalent : leur notation ne constitue qu’une libre opinion protégée par le célèbre « 1er Amendement » de la Constitution américaine. Ce 1er Amendement est d’une force juridique et politique considérable puisqu’il interdit au Congrès de prendre une loi de nature à porter atteinte à la liberté d’expression¹.

Cependant, si le contentieux en matière de responsabilité des agences de notation est plus que rare, les choses pourraient bien changer avec la crise que nous traversons actuellement.

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