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À L’Anjuere (Mayenne), À la recherche l’arche perdue, les 7 et 8 août

Ces 7 et 8 août, nous avons l’honneur de vous présenter notre spectacle “À la Recherche de l’Arche Perdue”. *

“Un mystère de famille, et un endroit extraordinaire, qui avait disparu de la surface de la terre ! C’est le programme de cette rencontre intitulée « À la recherche de l’arche perdue ». Un jour, par hasard, Charlotte Mertens, historienne, tombe sur une photo datant de 1929. Sur la photo figure son arrière-grand-mère, Jane Davis. Désireuse de savoir quelle fut la vie de son aïeule, elle part sur ses traces en compagnie de sa collègue, Louise Vanderstraeten. Les deux femmes sillonnent l’Angleterre et font une découverte inattendue. C’est ce passé retrouvé qu’elles viennent partager avec nous aujourd’hui.”
Ecriture et mise en scène – Enora Sbille
Interprétation – Blanche Delhausse, Maëlle de Quirini, Thibault Sforza et Tara Veyrunes
Remerciements : La ligue des cyclistes de Forest
 
Les réservations ne sont pas obligatoires mais conseillées, vous ne pouvez pas réserver pour une seule forme, mais bien pour l’accès au festival pendant toute l’après-midi, de 13h30 à 20h. (+ concert à 21h30 le samedi 7/08)
Le festival propose des formes allant de 20 à 45 min qui se joueront sur 4 scènes en plein air, pour vous permettre de faire votre petit mezze théâtral (expression que mon oncle a employée et que j’ai trouvée très à propos!). Il y aura du théâtre, du cirque, une balade contée et un concert!
RÉSERVATIONS : larbrebavard@gmail.com – indiquez vos nom, prénom et numéro de téléphone.
ADRESSEL’Anjuere, 53240 Andouillé, France.

* Dans notre série “Petit coup de pouce familial”.

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Verfremdungseffekt

Sur une période de près de dix ans, j’ai habité divers quartiers de Los Angeles. J’ai acheté à cette époque un livre qui venait de paraître « L.A. Exiles » (1), les exilés de Los Angeles, à propos des écrivains qui se sont à un moment de leur vie retrouvés exilés à Los Angeles. Pour chacun d’entre eux, il y a la photo de la maison qu’ils habitaient alors, ainsi que quelques textes qu’ils ont écrits sur L.A. On trouve là les noms de Jean Renoir, Theodor Adorno ou Thomas Mann.

J’ai découvert au moment où j’ai acheté le livre que j’habitais à 200 mètres de la petite maison que John Steinbeck occupait en 1930, au pied de la montagne, dans le quartier d’Eagle Rock. La maison était toujours là. J’ai marché jusque-là un soir. Faire mon petit pèlerinage.

Plus tard, j’ai habité cinq ans à Santa Monica. J’habitais dans la 17ème rue. Bertolt Brecht habita de 1941 à 1947 dans la 26ème rue, dans une petite maison dessinée manifestement par le même architecte.

Brecht écrivait à propos de L.A. :

Au-dessus des quatre cités, les chasseurs
Du Département de la Défense tournent en cercle très haut
Afin que la puanteur de la cupidité et de la pauvreté
Ne puisse les atteindre.

Quand je suis rentré en France en 2009, j’ai voulu compléter ma culture filmique. En bouchant les trous pour les metteurs en scène dont je n’avais pas tout vu. Mission accomplie maintenant pour Truffaut, Rohmer et Woody Allen. Pour Fassbinder, cela prend beaucoup plus de temps. J’avais vu une dizaine de ses films, principalement à l’occasion d’un festival qui se tenait à Paris dans trois salles de cinéma à la fin des années 1980, et il en reste une vingtaine à voir. Et je ne les trouve pas tous. Et certains (sa participation à « Deutschland im Herbst », en particulier) n’ont de sous-titres ni en français, ni en anglais. Aïe !

Pour moi, Fassbinder est l’héritier direct de Brecht, et je trouve curieux que la filiation ne soit mentionnée que très rarement. Aucune référence à Brecht par exemple dans « L’amour est plus froid que la mort. Une vie de Rainer Werner Fassbinder » de Robert Katz (2). Dans le très beau « Rainer Werner Fassbinder » (3) de Yann Lardeau, publié par les Cahiers du Cinéma, Brecht est mentionné quatre fois, mais toujours dans des remarques incidentes comme celle-ci : « Cet usage de la musique et de la chanson, venu en partie du cinéma américain, a aussi pour source la tradition du music-hall et du théâtre allemand, de Brecht à Karl Valentin, dont on peut entendre un disque dans Les dieux de la peste ».

Et pourtant, cette dissection patiente de la misère morale de la bourgeoise à tous ses étages, et le « Verfremdungseffekt » systématique dans le jeu des acteurs, la distanciation, c’est du Brecht tout pur, non ?

 

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(1) Paul Vangelisti & Evan Calbi, « L.A. Exiles. A Guide to Los Angeles Writing 1932-1998 », Marsilo, New York, 1999 (page 41)

(2) Robert Katz, « L’amour est plus froid que la mort. Une vie de Rainer Werner Fassbinder », Presses de la Renaissance, Paris, 1988

(3) Yann Lardeau, « Rainer Werner Fassbinder », les Cahiers du Cinéma, Paris, 1990 (page 217)

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