Archives par mot-clé : Thomas Piketty

Medical Breakthrough: Low Dosage “Piketty” Prevents “FT” Fits (I/II), by H. Benisty (co-author with Timiota)

Billet invité. La version française se trouve ici. Un grand merci à Serge Boucher pour la traduction.

On the subject of wealth concentration and rising inequalities, Thomas Piketty tells us that there is indeed a growing rift, and that the fifties were only an exception. One can always pretend that the Gilded Age gave us several decades of only occasionally rusty capitalism, hence reviving those levels of inequality is nothing to scoff at, especially if millions of people concurrently rise out of poverty.

Entertaining that view requires that we ignore many aspects of the Great Depression, which is highly difficult to understand, having taken place between two world wars, and in a period mixing technical progress, colonisation and then decolonisation. In any case, one can conceivably believe that history as a whole is so chaotic that what we’ll get at the end of the current rise in inequality need not be exceptionally bad.

Many reasons, which one might wish to file under “our planet’s survival”, suggest that now is a horrible time for deadlocking a system already made rusty by wealth concentration and the mass poverty that it implies: even though a sizeable and growing middle-class manages to get by, a world where even in rich countries 30% of inhabitants are poor, with poor countries doing much worse, can’t be expected to make the right choices regarding our planet’s resources.

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Découverte Médicale : De petites doses de Piketty empêchent les crises de Gattaz (II/II), par Timiota

Billet invité. Un ou plusieurs volontaires pour traduire dans d’autres langues ? [Ce serait sympa si les lecteurs du Financial Times, par exemple, pouvaient lire cette série de deux billets]. 😀

Nous avons montré dans la première partie de ce billet que des acteurs effectuant des « marches aléatoires » de leur fortune, plus exactement de la part au-dessus d’un seuil de pauvreté, voyaient au bout d’un certain temps des « très riches » émerger, et cela semblait rendre comparativement les autres pauvres.

Nous passons maintenant à des modèles sur N=3600 acteurs, avec les hypothèses inchangées. Mais on va pousser l’étude jusqu’à pouvoir évaluer à quel point une faible dose de « Piketty-isation » de la situation évite le grippage.

Étudions d’abord la situation sans rien faire, pour voir ce fameux grippage :

Pour N=3600 acteurs et 35000 jours, on a un cas typique dans ce film


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Découverte Médicale : De petites doses de Piketty empêchent les crises de Gattaz (I/II), par Timiota

Billet invité. Un ou plusieurs volontaires pour traduire dans d’autres langues ? [Ce serait sympa si les lecteurs du Financial Times, par exemple, pouvaient lire cette série de deux billets]. 😀

À propos de la concentration des richesses et de l’augmentation des inégalités, Piketty nous dit à sa façon qu’il y a bel et bien une divergence en cours, et que les Trente Glorieuses n’étaient qu’une exception. On pourra toujours prétendre qu’une société comme celle de la Belle Époque (1910), venait de passer quelques décennies de capitalisme qui ne se grippait qu’assez occasionnellement, et que donc retrouver ces niveaux d’inégalités, si cela sort X millions de gens de la pauvreté vers la classe moyenne par la même occasion, on ne doit pas faire la fine bouche.

Faisant cela, on ignore bien des éléments de la Grande Dépression, logée entre deux guerres mondiales qui en compliquent la lecture, lecture à interpréter entre progrès techniques, colonisations, puis décolonisations. Et après tout, on pourrait croire qu’il y a assez de chaos de l’Histoire pour qu’on ne fasse pas pire au bout de l’actuelle augmentation des inégalités.

Plusieurs raisons, qu’on mettra sous un chapeau « survie sur la planète », disent qu’il est urgent d’éviter le blocage dans un monde très grippé par la concentration des richesses et par les masses de pauvreté qui s’ensuivent : même avec 30% de classes moyennes qui s’en tirent, un monde ou même les pays « riches » comprennent à demeure 30% de pauvres, et les pays moins riches bien plus, restera ingouvernable pour l’usage des ressources de cette planète.

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PIKETTY : LE FINANCIAL TIMES PASSE À L’OFFENSIVE !

« Les découvertes de Piketty mises en cause par des erreurs » affirme ce soir le Financial Times.

Piketty 2

Je n’ai pas pu m’empêcher bien entendu d’ajouter mon grain de sel :

Piketty 1

« Ah ! quelle surprise ! Le Financial Times a mis en évidence que contrairement aux affirmations de Piketty – en dépit du fait qu’elles n’aient jamais été contestées au cours des quinze dernières années – les riches sont en réalité pauvres, et les pauvres, en réalité riches. Les preuves, nous affirme-t-on, seront bientôt rendues publiques ! »

P.S. : J’avais initialement écrit que l’article n’apportait aucune preuve de ses allégations, ce qui est vrai, il renvoie néanmoins à un autre article où les données sont analysées. Piketty répond ensuite à ces objections.

Les critiques les plus sérieuses de Chris Giles du Financial Times sont 1) la concentration des richesses est étale, voire légèrement à la baisse entre 2000 et 2010 et non à la hausse comme l’affirme Piketty ; 2) les données manquent pour comparer l’évolution de la concentration des richesses pour les 10% les plus riches en Europe et aux États-Unis (bien que ce soit possible pour les 1%, en raison de l’absence de données aux États-Unis entre 1870 et 1960).

Il s’agit de points mineurs par rapport à la thèse globale du livre. Il est évidemment gênant que de simples erreurs de transcription des données interviennent dans les tableaux et les graphiques, même si elles sont sans impact significatif sur les tendances mises en évidence ; il est gênant aussi que des bourdes soient commises comme de créer une moyenne européenne en attribuant exactement le même poids à la Suède qu’au Royaume-Uni et à la France.

En ayant laissé passer des « fautes d’inattention » en nombre non négligeable, Piketty s’est exposé à ce que quelqu’un qui « cherche la petite bête » parce qu’il a l’intention d’écrire un article dont le titre sera : « Les découvertes de Piketty mises en cause par des erreurs », découvre suffisamment de ces erreurs pour que son texte ne soit pas ridicule et ne puisse pas être simplement ignoré.

Toutes les leçons du GIEC n’ont manifestement pas été apprises ! Mettre l’ensemble de ses données à la disposition du public est admirable car tous n’ont pas ce courage, mais il faut alors qu’elles soient irréprochables (ce qui n’exige pas un effort surhumain) sinon on tend les verges pour se faire battre.

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Désendettement : UN PLAN A’ DANS LEURS RÊVES LES PLUS FOUS, par François Leclerc

Billet invité.

Cela cogite ferme pour préparer une suite aux élections du Parlement européen et à la désignation du nouveau président de la Commission. La page qui va être tournée va donner l’occasion, espère-t-on, d’engager une nouvelle étape de la construction européenne et permettre conjointement la mise sur pied d’un plan A’ de désendettement, car il ne pourra pas être ignoré longtemps que l’actuel coince. Une chose a été de traiter avec la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne, une toute autre affaire se présente avec l’Italie et la France, dont la trajectoire ne s’inscrira pas dans le cadre prescrit.

L’heure est au bilan, et il n’est pas brillant. Le calme du marché obligataire est fragile et l’euphorie des marchés signe d’inquiétude. Les dettes publiques et privées sont toujours aussi étroitement liées entre elles et la BCE ainsi que les banques centrales nationales regroupées dans l’Eurosystème ont accueilli d’importantes quantités de créances obligataires, leur faisant supporter le risque de défauts. La politique de prêts conditionnels a eu pour effet de plonger la zone euro dans une quasi déflation et stagnation, et l’endettement public s’est accru, le désendettement restant dans ces conditions une vue de l’esprit. Enfin, si le parapluie de la BCE reste providentiel, le caractère dissuasif du programme OMT de la BCE pourrait cesser de produire ses effets, et le Mécanisme européen de stabilité (MES) s’avérer insuffisamment doté. Sans même parler du bricolage de l’Union bancaire et de la situation réelle des banques (selon Reuters, Dexia pourrait ainsi être exempté des stress tests à la demande de la BCE).

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LE VIF, « Jorion, Toussaint et d’autres appellent à imposer le capital et annuler des dettes » – 6 novembre 2013

Le texte publié ici-même, « Annuler la dette ou taxer le capital : pourquoi choisir ? », est devenu un manifeste dont l’analyse et la liste des signataires – dont Paul Jorion – sont évoqués dans cet article du journal belge Le Vif

(Belga) Plusieurs personnalités atypiques de la gauche belge, parmi lesquelles Paul Jorion, Thierry Bodson, Eric Toussaint, Vincent Decroly et Georges Henri Beauthier, plaident dans une tribune commune pour une politique combinant taxation progressive du capital et annulation de dettes jugées illégitimes.

Evoquant ces deux voies censées permettre une réduction des inégalités – incarnées respectivement par l’économiste Thomas Piketty et le sociologue David Graeber-, les signataires se demandent « pourquoi choisir ». Une partie de la dette publique est illégitime selon eux, car elle « est due en bonne part à la transformation de dettes privées, celles des banques notamment ».(…)

La suite ici.

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ANNULER LA DETTE OU TAXER LE CAPITAL : POURQUOI CHOISIR ?, par Thomas Coutrot, Patrick Saurin et Éric Toussaint *

Billet invité. * Thomas Coutrot est membre du Conseil scientifique d’Attac, Patrick Saurin est un des porte-parole de SUD BPCE et Éric Toussaint est président du CADTM Belgique

À l’occasion de la sortie de deux livres importants, Dette 5000 ans d’histoire et Le Capital au XXIème siècle, Mediapart a eu l’heureuse idée d’organiser une rencontre entre leurs auteurs respectifs, David Graeber et Thomas Piketty. Leurs échanges sont accessibles sur le site du journal en ligne[1].

Comment sortir de la dette, cette question centrale posée en préambule à ce dialogue est également au cœur des réflexions et de nos activités militantes respectives. C’est pourquoi nous avons souhaité donner un prolongement constructif à ces échanges en proposant le texte qui suit, fruit d’une réflexion collective qui explicite, commente, questionne et critique les points de vue et les arguments avancés par les deux auteurs.

Annuler la dette ou taxer le capital ?

Les échanges entre T. Piketty et D. Graeber tournent pour l’essentiel autour de la mise en regard des mérites respectifs de l’impôt sur le capital et de la répudiation de la dette publique. D. Graeber, s’appuyant sur une belle érudition historique et anthropologique, souligne que l’annulation de tout ou partie de la dette, privée ou publique, est une figure récurrente des luttes de classes depuis 5000 ans. Considérant que la dette est un mécanisme central de la domination capitaliste aujourd’hui, il ne voit aucune raison qu’il en aille autrement dans les années à venir.

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Compte-rendu de la conférence-débat de Thomas Piketty – « Vers une société de rentiers ? », par Julien Alexandre

Billet invité. Il s’agit du compte-rendu de la conférence annoncée ici et qui s’est tenue le 11 octobre à Bruxelles.

Thomas Piketty était donc à Bruxelles vendredi 11 octobre, et un économiste qui confesse préférer le terme « économie politique » à celui de « science économique » mérite assurément que l’on s’intéresse à son propos, ce qui ne surprendra personne parmi les lecteurs réguliers d’un blog qui se fait fort de mettre systématiquement entre guillemets les prétentions scientifiques de la discipline. L’interrogation dans l’intitulé « Vers une société de rentiers ? » aurait pu laisser planer un doute, mais force est de reconnaître que le suspense n’était pas de mise. La réponse devait apparaître comme une évidence dès le début de l’exposé de Thomas Piketty : la société de rentiers, nous y sommes déjà. Autant aller à l’essentiel de toute façon : impossible de résumer une somme de plus de 1.000 pages en quarante minutes… Aussi, les graphiques qui devaient se succéder adressaient davantage la question des métamorphoses du capital, au cœur de l’analyse de l’ouvrage de Piketty, « Le capitalisme au XXIème siècle ».

G3.2

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Conférence-débat à Bruxelles – « Vers une société de rentiers ? » – Thomas Piketty, vendredi 11 octobre de 14h à 16h

Une fois n’est pas coutume, aucun des protagonistes du blog ne participe à cette conférence, mais le programme est suffisamment intéressant pour le signaler à toutes celles et ceux qui auront l’opportunité de se libérer vendredi après-midi pour aller écouter Thomas Piketty, dont François Leclerc a encore eu l’occasion de parler aujourd’hui, présenter son dernier ouvrage (*) qui traite dans une perspective historique de la question de la répartition des richesses et des inégalités. La conférence, qui sera ouverte par Paul Magnette, Président du PS et ancien professeur à l’ULB, sera suivie d’un débat avec Mathias Dewatripont, professeur à l’ULB, et Bruno Colmant, professeur à l’UCL et à la Vlerick Management School.

Cela se déroule le vendredi 11 octobre de 14h à 16h, sur le Campus du Solbosch, auditoire H2215.

Plus d’informations ici.
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(*) Thomas Piketty, « Le Capital au XXIème siècle », Le Seuil

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L’actualité de demain : PIKETTY ET GRAEBER, DES ISSUES PAR LE HAUT, par François Leclerc

Billet invité

Alors que la lancinante question de la dette est une fois de plus de retour, mais cette fois-ci de l’autre côté de l’Atlantique, l’économiste Thomas Piketty et l’anthropologue David Graeber publient en France deux ouvrages (*) qui ont en commun de préconiser des solutions radicales. Le premier propose de lever un impôt mondial sur le patrimoine – occasion d’en faire l’inventaire détaillé – le second d’annuler une fois de plus la dette, en se référant à 5.000 ans d’histoire. Tous les deux s’inscrivent dans la perspective mondiale qui s’impose.

Au vu de la dimension qu’elle a progressivement atteinte, la dette est globalement insoutenable, il faudra bien un jour en convenir, même tardivement. La Grèce et le Portugal ne sont pas des cas particuliers, mais l’expression du cas général. Pour preuve, il suffit de remarquer que stopper sa progression est déjà insurmontable pour la première puissance économique mondiale, les États-Unis – seule Angela Merkel parlant de la réduire en Allemagne – et que rien aujourd’hui ne permet d’affirmer sans crainte d’être détrompé que les Européens pourront respecter les objectifs de stabilisation qu’ils se sont fixés. Mais c’est un tabou qu’il faut à tout prix respecter, car le bousculer est trop lourd de conséquences.

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L’actualité de la crise : VOUS AVEZ DIT ARISTOCRATIE ?, par François Leclerc

Billet invité

Parmi les idéologues qui, en toute indépendance d’esprit, pilotent la Banque centrale européenne (BCE), il n’est plus besoin de présenter son président, Jean-Claude Trichet, ou celui qui devait lui succéder, Axel Weber. En revanche, Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire, gagne a être lu.

Dans une interview au Monde daté de vendredi, il vient de résumer en une seule phrase la principale conclusion qu’il tire de la crise financière, caractérisée par une hypertrophie de la dette privée : « les pays doivent être moins libres d’émettre de la dette ».

Pour y parvenir, sa vision de l’avenir s’appuie sur deux piliers : l’automaticité des sanctions affectant les pays abusant de la « flexibilité d’augmenter les déficits publics », et la création d’une « agence européenne de la dette indépendante » (sur le modèle de la BCE), « qui lèverait les fonds à la place des États ». Ceux-ci perdraient donc leur indépendance fiscale au profit d’un organisme inaccessible et probablement aussi opaque que ne l’est la BCE.

Il a été rarement explicité avec autant de clarté les rêves les plus fous des néo-libéraux.

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