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BALISES DU MOUVEMENT TOUT AUTRE CHOSE

Le texte subira peut-être encore quelques modifications sur des points de détail. Le site du mouvement Tout autre Chose se trouve ici. Le mouvement s’appelait initialement ici sur mon blog Le coeur, pas la rigueur, une traduction quasi-littérale de Hart boven Hard, le mouvement flamand sur lequel Tout autre Chose a embrayé comme son pendant francophone. Ouvert aux commentaires.

 
BALISES DU MOUVEMENT TOUT AUTRE CHOSE

Tout Autre Chose est un mouvement qui regroupe des personnes et des associations d’horizons très divers, au sein duquel le débat est valorisé. Nous ne sommes pas d’accord sur tout. Mais toutes et tous, nous partageons dix grands principes qui définissent les valeurs de notre mouvement commun et servent de balises à nos débats, à nos luttes, à nos innovations.

Toutes et tous, nous voulons une société :

Démocratique. Une société qui n’accorde pas seulement le droit de vote mais donne, dans tous les domaines et à chacun-e, le pouvoir de participer aux débats et d’être entendu-e. Une société dont le cap est davantage fixé par les décisions collectives démocratiquement élaborées que par les décisions unilatérales d’acteurs puissants et par l’addition imprévisible de décisions individuelles.

Solidaire. Une société où la juste répartition des richesses est la première des solidarités. Où les garde-fous complémentaires contre les aléas de la vie sont fondés sur des droits sociaux plutôt que sur l’assistance ou la charité. Une société dont le bien-être solidaire ne se construit pas au détriment de celles et ceux qui vivent ailleurs ou vivront demain.

Coopérative. Une société où la coopération prévaut sur la compétition, l’égoïsme et la monétarisation des échanges. Une société qui mise sur l’intelligence collective et l’altruisme, et qui refuse l’accaparement par quelques-uns des bénéfices tirés d’efforts collectifs.

Ecologique. Une société qui respecte la planète, les autres formes de vie et les équilibres écologiques, s’engage dans la transition écologique et prend au sérieux les changements climatiques. Une société tournant le dos au productivisme qui épuise les ressources naturelles et à la marchandisation qui privatise les biens publics.

Juste. Une société qui recherche le juste équilibre entre les droits individuels et collectifs, et qui vise à étendre les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. Une société qui met en avant la justice sociale ; où la justice est libre, dispose de moyens et est accessible à tous.

Egalitaire. Une société qui n’égalise pas seulement les chances d’accès aux places prestigieuses mais réduit les différences de reconnaissance, de rémunération et de pouvoir entre les personnes occupant des positions distinctes.

Emancipatrice. Une société qui ne se satisfait pas de la liberté d’expression et de choix, mais veut donner à chacun-e une réelle liberté. Celle de pouvoir déterminer son projet de vie, de lutter contre les dominations, de résister aux aliénations et addictions et de ne pas se soumettre à ceux qui tentent de conditionner ses choix.

Créative. Une société qui soutient la créativité sous toutes ses formes et encourage ses membres à prendre des initiatives. Non pas seulement pour « trouver des solutions » mais de manière plus fondamentale pour sans cesse questionner les évidences, renouveler le regard critique sur le monde, poser de nouvelles questions, ouvrir de nouvelles perspectives et initier de nouveaux débats face à une pensée dominante qui, toujours, veut laisser croire que nombre de débats ont déjà été tranchés et qu’il n’y a pas d’alternatives.

Apaisée. Une société où ne règne pas la peur de la diversité, où les « autres différents » ne sont pas stigmatisés, discriminés ou perçus comme un risque. Une société où la diversité est au contraire vécue comme un ferment de créativité, une occasion de réflexivité, un antidote au dogmatisme et une opportunité d’enrichissement.

Réjouissante. Une société où nous puissions nous réjouir de la richesse des liens sociaux et du sens profond que nous parvenons à donner à ce que nous vivons. Une société où le bonheur ne se cherche plus dans une consommation manipulée.

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Il n’est d’autres voies que l’action politique, par Michel Leis

Billet invité.

La multiplication des manifestations ces dernières semaines dans plusieurs pays européens illustre à l’envie l’autisme des gouvernements que j’évoquais dans un précédent billet. La réaction du premier ministre italien aux grandes manifestations du 12 décembre est symptomatique : « La grève générale est un moment de protestation d’une grande importance. Nous avons beaucoup de respect à son égard, même si je ne partage pas ses motivations. Bon travail à qui travaillera et bonne chance à qui fera la grève ».  La forme est dans la droite ligne du cynisme qui se pratique volontiers chez certains hommes politiques de droite qui se sont fait élire sous une étiquette de gauche. La droite a des réactions plus variées. La condamnation sans appel de la grève générale en Belgique par un Bart de Wever est assez classique, elle invoque un argument habituel de la propagande, la désinformation par la partie adverse, ce qui ne manque pas d’ironie quand on voit la place prise par le « TINA » dans les médias. Autre classique des politiques, ces réactions hypocrites qui appellent à la responsabilité de chacun et au dialogue social, mais reste-t-il encore quelque chose à discuter face à la conviction des élites ? L’autisme des gouvernements européens questionne aussi les modes d’actions et de protestation.

Que les syndicats soient à la tête de la lutte contre des mesures qui auront un impact sur le pouvoir d’achat, la protection sociale et le droit du travail, quoi de plus normal ? Les mobilisations importantes rendent visible le mécontentement d’une fraction importante de la population, c’est leur grand mérite et une nécessité. Pourtant, au fils des ans, on voit bien que si recul des gouvernements il y a, celui-ci n’est que temporaire. Ce qui n’est pas fait par la loi du jour sera mis en place par la loi du lendemain. Le refus du traité européen par la population française et sa ratification sans autre forme de procès après quelques changements cosmétiques en fut l’exemple le plus flagrant. Les batailles qui se succèdent en Europe ressemblent à ces combats d’arrière-garde, on résiste sur quelques points, mais les petites réformes qui passent au détour d’un amendement rendent bientôt intenables les positions défensives. Cette situation est le résultat d’un enchevêtrement de rapports de forces et de situations particulières.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 12 DÉCEMBRE 2014 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 12 décembre 2014. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 12 décembre 2014. Et si vous êtes encore éveillés à 22h30 aujourd’hui, vous pourrez me voir passer à « Ce soir (ou jamais !) » sur France 2, l’émission de Frédéric Taddéï, il n’y aura que des économistes, on ne parlera que d’économie. Voilà.

Ce dont je voulais vous parler, c’est le lancement hier de « Tout Autre Chose ». Alors, vous vous souvenez, il y a quelques semaines, l’initiative venait de Sabine Bourgeois, de faire l’équivalent du côté francophone en Belgique du mouvement qui était bien parti sur des chapeaux de roues, qui s’appelle : « Hart Boven Hard », ce qui se traduit par : « Le cœur plutôt que la dureté ». Alors, nous on avait traduit ça par « Le cœur, pas la rigueur », et puis on s’est aperçus qu’il ne fallait certainement pas faire ça parce qu’il y a des gens de gauche en Belgique qui emploient le mot « rigueur » comme un très très beau mot, par opposition à l’austérité – l’austérité ce serait abominable, mais la rigueur ce serait formidable – et donc ils nous ont vraiment emmerdé pour que le mot rigueur n’apparaisse pas là, parce que ça fait partie de leur, comment dire, de leur fonds de commerce, de leur vocabulaire de préférence. Voilà. La rigueur, ça c’est beau, c’est formidable, etc. Le problème, c’est qu’on appelle austérité et rigueur exactement la même chose. Apparemment, ce n’est pas un problème de leur côté parce que l’austérité, on ne peut pas la vendre au public, mais la rigueur, on peut la vendre. Voilà. Mais le problème ne s’était pas posé du côté flamand, puisqu’ils n’avaient pas employé un mot qui évoquait directement ni l’austérité ni la rigueur, sauf de manière métaphorique, en parlant de la dureté, de la méchanceté, etc.

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