Il n’est d’autres voies que l’action politique, par Michel Leis

Billet invité.

La multiplication des manifestations ces dernières semaines dans plusieurs pays européens illustre à l’envie l’autisme des gouvernements que j’évoquais dans un précédent billet. La réaction du premier ministre italien aux grandes manifestations du 12 décembre est symptomatique : « La grève générale est un moment de protestation d’une grande importance. Nous avons beaucoup de respect à son égard, même si je ne partage pas ses motivations. Bon travail à qui travaillera et bonne chance à qui fera la grève ».  La forme est dans la droite ligne du cynisme qui se pratique volontiers chez certains hommes politiques de droite qui se sont fait élire sous une étiquette de gauche. La droite a des réactions plus variées. La condamnation sans appel de la grève générale en Belgique par un Bart de Wever est assez classique, elle invoque un argument habituel de la propagande, la désinformation par la partie adverse, ce qui ne manque pas d’ironie quand on voit la place prise par le « TINA » dans les médias. Autre classique des politiques, ces réactions hypocrites qui appellent à la responsabilité de chacun et au dialogue social, mais reste-t-il encore quelque chose à discuter face à la conviction des élites ? L’autisme des gouvernements européens questionne aussi les modes d’actions et de protestation.

Que les syndicats soient à la tête de la lutte contre des mesures qui auront un impact sur le pouvoir d’achat, la protection sociale et le droit du travail, quoi de plus normal ? Les mobilisations importantes rendent visible le mécontentement d’une fraction importante de la population, c’est leur grand mérite et une nécessité. Pourtant, au fils des ans, on voit bien que si recul des gouvernements il y a, celui-ci n’est que temporaire. Ce qui n’est pas fait par la loi du jour sera mis en place par la loi du lendemain. Le refus du traité européen par la population française et sa ratification sans autre forme de procès après quelques changements cosmétiques en fut l’exemple le plus flagrant. Les batailles qui se succèdent en Europe ressemblent à ces combats d’arrière-garde, on résiste sur quelques points, mais les petites réformes qui passent au détour d’un amendement rendent bientôt intenables les positions défensives. Cette situation est le résultat d’un enchevêtrement de rapports de forces et de situations particulières.

Les partis de gouvernement, indépendamment de la couleur politique affichée,  ne défendent plus que le point de vue gestionnaire et libéral. Les rapports de forces entre le monde politique et l’oligarchie financière,  la croyance partagée par les élites en une même « religion féroce », la focalisation sur une prétendue-vérité opérationnelle indépassable, tous les prétextes sont bons pour imposer un discours de nature totalitaire : aucune alternative n’est possible, aucune déviation par rapport au dogme.

Dans ce contexte, il est de plus en plus difficile pour des formes d’actions qui reposent sur la mobilisation et l’occupation du terrain de créer un rapport de force favorable. Le nombre de salariés en mesure de s’impliquer dans de tels mouvements se réduit comme peau de chagrin : quelques salariés qui restent relativement protégés (je n’ai pas dit privilégiés !), soit par leur statut (encore que cette situation tende à se raréfier), soit par leur qualification qui les rend difficilement remplaçables, soit par une capacité à perturber fortement un pays. On peut y ajouter les salariés qui travaillent dans des entreprises où le métier reste tangible, soit parce qu’une majorité de salariés font un travail de nature similaire, soit parce que l’organisation en atelier ou en ligne de production crée une solidarité de fait entre les postes de travail. C’est dans ce type d’entreprise que les syndicats restent très présents. Mais pour un nombre croissant d’individus, le travail est atomisé. Il n’y a plus de continuité ou d’interactions évidentes entre les fonctions. Les postes, les qualifications et les salariés sont interchangeables, y compris au niveau de l’encadrement. La machine ou une possible délocalisation sont des menaces constantes. C’est évidemment des conditions peu favorables à l’implication dans une action collective, le risque est grand de se trouver dans le collimateur d’un management intermédiaire qui n’a pas encore compris qu’il est en voie de prolétarisation, sans compter l’impact financier. Les plus lucides de ces salariés soutiennent le mouvement sans pouvoir le rejoindre : la grève se fait par procuration, étrange ressenti en vérité. La réaction d’un grand nombre de salariés est bien plus ambiguë. S’ils désapprouvent les politiques menées, ils vivent la grève comme une menace : sur leur rémunération, sur leur emploi… Les rapports de forces vécus par les individus prennent le pas sur l’intérêt collectif.

L’oligarchie économique est parfaitement consciente de toutes ces réalités qui s’entrecroisent. Elle accentue la pression sur les salariés pour rendre toute implication dans les grèves impossible, multipliant les notes sur le non-paiement en cas d’absence injustifiée, stigmatisant implicitement toute participation aux mouvements de protestation. La propagande officielle ne se prive pas non plus de jouer sur cet aspect des choses, elle nous ressert à l’envie le couplet sur « la population du pays et les salariés pris en otage », renforçant encore cette rancœur vis-à-vis de soi-disant « privilégiés ». Alors que la grève qui s’achève en Belgique aurait dû recueillir plus de 80% d’adhésion, des sondages fleurissent qui montrent que c’est loin d’être le cas. Même si les questions sont biaisées, c’est le message qui sera repris par les journaux du soir et les grands quotidiens, forgeant l’opinion publique. De toute façon, il n’y a pas d’alternative martèlent les médias.

C’est bien de cette absence d’alternative dont il est question. Elle est au cœur de cette sensation décourageante que ressentent ceux qui sont à la pointe du combat, celle de ne pas être compris, de mener une bataille contre des murs malgré une mobilisation importante. Les partis politiques qui conduisent aujourd’hui ces politiques ne craignent plus non plus la sanction par les urnes. En l’absence de réelle opposition, les alternances se répètent comme une contrainte liée à l’exercice du pouvoir. Le discours unique libéral entraîne la défaite aux prochaines élections auquel succède une victoire à l’élection suivante. Pour le citoyen de base, plus rien ne change, le TINA n’est pas seulement un discours, c’est une réalité vécue individuellement.

Il n’est d’autres voies que l’action politique. D’une part, les mesures proposées par les gouvernements sont censées répondre à des problèmes qui se jouent à différents niveaux : dette des États, survie des systèmes de protection sociale, compétitivité des entreprises. La réponse à un tel amalgame est bien la remise en cause des dogmes qui sont au cœur de ces politiques. On le voit bien avec un discours syndical qui parle de plus en plus de la politique comme un tout, dépassant largement leur champ d’action traditionnel. D’autre part, si l’on ne peut plus négocier avec un personnel politique imprégné par le libéralisme, alors, il devient nécessaire d’envoyer au pouvoir une nouvelle majorité portant des projets crédibles et alternatifs. La multiplication d’initiatives citoyennes est un signe encourageant : « Tout Autre Chose » en Wallonie et « Hart boven Hard » en Flandre sont des plateformes qui peuvent faire émerger un débat, être des lieux de passage d’idées. Cette phase est probablement nécessaire, en Belgique comme en France, pour changer la nature du débat politique.

Le renouvellement des formes d’actions est lui aussi indispensable. On ne peut laisser de côté les citoyens qui ont perdu toute possibilité de s’impliquer dans ces mouvements de protestation ou qui restent sur l’idée désespérante du TINA. Sur la forme, on peut imaginer des actions dont les horaires (le soir, le week-end) permettent à tout un chacun de participer, les lieux doivent être ceux du pouvoir politique comme économique. Sur le fond, les plateformes citoyennes pourraient être des formes de propositions, transposant les manifestations « contre » en rassemblement « pour ».

Enfin, il faudra à un moment ou à un autre un relais politique à ces mouvements. La percée rapide de Podemos en Espagne ou Syriza en Grèce montre qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une longue période d’incubation pour faire émerger des forces politiques qui ont des réelles chances de succès aux élections. L’émergence de leaders charismatiques montre aussi qu’il faut rester vigilant pour échapper à deux écueils habituels s’agissant de partis politiques. Le premier, ce sont les ambitions personnelles ou l’incarnation d’un parti par une personnalité forte qui peut tout aussi bien rendre visible ce parti rapidement comme le renvoyer demain dans les limbes. Le deuxième, c’est le risque de s’aligner sur des positions maximalistes plutôt que de chercher le plus grand dénominateur commun, au risque de se couper des voies d’accès démocratiques au pouvoir.

Les formes du changement peuvent en être multiples. On peut aller vers une transition démocratique, l’élection d’une nouvelle majorité porteuse d’une autre vision de la société. Ce qui émerge dans les pays du Sud pourrait bien en être la matrice. Cela peut être la captation du ras-le-bol général par des partis d’extrême droite qui jouent intelligemment d’un discours revendicatif, alors que le darwinisme et la hiérarchie sociale sont au cœur de leur idéologie. Il reste enfin l’hypothèse où les rapports de forces sont tellement déséquilibrés que l’on est à l’instant exact qui précède la rupture, celui où la hiérarchie est sur le point d’être remise en cause de manière violente. Un autre pouvoir émergera alors, sans que l’on puisse prédire ce qu’il sera. Politique. Le changement sera forcément politique.

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68 réflexions sur « Il n’est d’autres voies que l’action politique, par Michel Leis »

  1. Je suis bien d’accord avec vous. Politique. Le changement sera politique. Et les formes qui porteront cet élan de liberté Post-TINA doivent être rapidement pensées.

    Oui, il y a urgence, car l’oligarchie avance ses pions un à un . Sous le masque bonhomme du faux consensus ou de la fausse bannière, les idéologues Pro-TINA pullulent sur les ondes, les journaux, les magazines, les blogs, à la télévision. Partout. Il n’ y en a que pour eux. Ils envahissent toute la réalité. Le projet est bien d’essence totalitaire. Ils le savent et usent de leurs pouvoirs multiples. Leur puissance de frappe n’a pas d’équivalence. Ils enfoncent 24h/24 leur clou dans nos têtes. Aucun répit.

    La domination des 1% des plus riches de la planète sur le commun des mortels, ne leur suffisent pas, non content de détruire le présent, ils veulent forclore le futur. Il n’y a qu’ à entendre le dernier idéologue en date, M.Jean Peyrelevade qui appelle à verrouiller le système et à obturer toute possibilité d’inventer l’avenir. Confondant sa propre névrose avec celle supposée de la France [ d’où le titre maladroit de son dernier livre ] , il en appelle à constitutionnaliser l’ économie de marché. Rien que ça !

    N’ayant rien appris du vote des Françaises et des Français qui ont refusé majoritairement ce verrouillage des consciences en 2005; lorsque de mêmes idéologues que M.Peyrelevade voulaient empêcher toute autre politique en Europe, celui-ci veut empêcher tout prochain gouvernement de changer de politique. Il souhaite faire de TINA l’alpha et l’oméga de la constitution française. Nous devons suivre ce dossier de façon très vigilante. Il faudra contrer l’argumentaire fallacieux du personnage.

    Le 1% des privilégiés mène en ce moment une guerre psychologique de haute intensité. Non content de détruire l’Etat démocratique, non content demain de permettre à des entreprises privées d’attaquer les Etats dans des cours d’arbitrage privées, M.Peyrelevade veut en finir avec la démocratie en général et l’invention d’un futur démocratiquement décidé en particulier. M.Peyrelevade enclenche un dangereux stratagème. Normaliser le présent pour mieux tuer le futur et garantir jusqu’à la fin des temps – à lui et à tous ses semblables qui se paient quotidiennement grassement sur la bête – de confortables rentes.

    M.Peyrelevade déclare la guerre totale au peuple Français et à travers lui, à tous les peuples libres de la Terre. Nous devons bien comprendre l’enjeu en cours pour inventer des ripostes à la hauteur du danger qui nous broie. Notre liberté est en jeu. A bon entendeur.

    1. @ Hervé

      Je tente ici une réponse à votre billet plus haut .

      Il n’y a rien à comprendre. Un dominant domine, point.
      Ce qui est essentiel pour un dominant, c’est de dominer.
      C’est sa raison d’être, il ne peut pas, ne sait pas, vivre autrement. C’est quelque part un jeu pour lui, mais un jeu dans lequel il risque tout, quelqu’en soit le cout pour les autres ou pour lui-même.

      Par définition, il y a peu de dominant, beaucoup de dominés. S’ils veulent survivre, les dominés doivent impérativement se protéger des coups portés par les dominants.
      Nous avons, un peu par malchance (pétrole abondant), beaucoup par paresse (du pain et des jeux), oublié ce point crucial ces derniers temps, nous en payons le prix aujourd’hui.

      Lisez Henri Laborit, ou dans un genre bien plus léger Dan Simmons (Carrion Comfort)…

      1. Les dominants ont besoin des dominés, l’inverse n’est pas vrai. Passons-nous d’eux, point.

        Le parallèle peut être fait avec l’homme et l’environnement. L’homme a besoin de son environnement (que pourtant il détruit), l’environnement n’a pas besoin de l’homme.

      2. @ Olivier Brouwer

        J’adorais pouvoir me passer d’eux, mais tiens, c’est marrant, y sont pas d’accord. Et y zont des gros gros batons.
        Pis, quant on se débarrasse (ou tente de se passer) de quelque uns, ben y’en a tout plein d’autres (rhooo, d’anciens dominés en plus !!) qui apparaissent comme par magie, pour prendre les places laissées vacantes.

        Le problème n’a rien à voir avec le « qui », mais avec le « comment ». Comment tenter de maitriser cette dynamique fondamentale à la vie sociale des grands primates…

  2. Bonsoir M. Leis
    Ci joint un autre mode de fonctionnement, ni alternatif ni conforme à la ligne lib dure:
    http://lexpansion.lexpress.fr/entreprises/la-biscuiterie-poult-met-le-paquet-pour-faire-phosphorer-ses-collaborateurs_1393154.html

    En france, le rapport de force a toujours été quasiment divinisé comme seule forme de dialogue possible et légitime…..
    Je ne connais aucune proposition syndicale pensant autrement le travail qui ne soit entachée de l’idéologie patron contre travailleur! Aucun syndicat n’a jamais remis en cause l’escroquerie intellectuelle nommée « charges patronales  » fiction que tous agitent encore tels les sorciers leurs amulettes!

    On imagine bien un match de foot conforme à la vulgate:
    une équipe marque un but; un quart d’heure après l’autre équipe égalise; immédiatement la première équipe se met en grève: le capitaine délégué syndical prend le micro et se met à crier « avantage acquis! avantage acquis! les travailleurs ont longuement lutté pour obtenir cet avantage d’un but, il est hors de question de le remettre en cause! nous exigeons le retrait immédiat de ce but qui ne vise qu’à écraser les luttes populaires De plus nous exigeons que notre temps de grève soit comptabilisé dans le temps de jeu!

    Après quoi tous de s’indigner que le stade se vide…..

    Cordialement.

    !

    1. >Steve

      C’est mignon tout plein ce que vous dites sur les syndicats et leur mauvaise volonté évidente à faire des bisous au Patronat.

      Sauf que dans la réalité, quand vous êtes syndiqué à la CGT (ça marche aussi avec SUD ou même avec la CFDT si vous êtes à la base…) et que vous commettez l’ erreur fatale de ne pas vous limiter à juste payer votre cotisation et fermer votre gueule, mais à simplement faire votre boulot de syndicaliste, ben vous n’avez pas de carrière.

      Alors oui, les syndicalistes Français sont méchants avec le Patronat. Mais, malheureusement, ils ont de vieilles raisons de ne pas vouloir leur tendre l’autre joue…

      D’ailleurs, ça me ferait bien plaisir que vous expliquiez à fiston Gattaz qu’il doit AUSSI faire un effort: dans une négociation, on doit être deux à céder des choses.

    2.  » en france le rapport de force a toujours été divinisé comme seule forme de dialogue possible et légitime  »

      allez demander aux syndicats allemands, dont on nous a rabattu les oreilles sur leur capacité de négocier avec le patronat, ce qu’ils en pensent
      allez demander aux travailleurs dont les salaires ressemblent à un pourboire ( de l’eau )
      malgré la promesse faite à l’époque des lois hartz d’une renégociation quand l’amélioration arriverait

      comparer les luttes sociales à un match de foot me semble un peu court
      dans un match de foot ( qui reste un jeu ) il y a un arbitre qui fait respecter équitablement les règles par les 2 parties
      et je n’en n’ai encore vu aucun appeler la troupe pour protéger la soi disant propriété privée d’une des 2 équipes et cantonner l’autre aux vestiaire

  3. Comment gager d’une espérance de sortie par le haut (selon des idées et visions proposées ici) de ce mécontentement qui s’exprime de manière brouillonne, à la base, en dissidence des partis constitués, refusant les offres politiques tel qu’elles sont et tel qu’elles se manifestent chaque jour par leur gouvernance ?
    Que va-t-il émergé d’un tel désordre pourtant salutaire?
    Quelle serait l’échéance politique d’une nouvelle majorité constituée permettant un renversement des orientations politiques ici ou là? Et de quel ordre serait cet impact en Europe sur les autres pays de l’union ?
    Des questions.
    Mais surtout une inquiétude : Attention aux manipulations politiques, plus nombreuses et variées que les voies du même nom.

  4. Un autre pouvoir émergera alors, sans que l’on puisse prédire ce qu’il sera. Politique. Le changement sera forcément politique.

    De petits signes avant coureur me laissent penser que nous sommes à la veille de quelque chose.
    Ce soir à 20h, sur France inter émission sur le film de Marie Monique Robin « sacrée croissance », ou l’on parle de changement de paradigme sur un ton inhabituel, comme si ce n’était pas pour dans 3 siècles, mais pour demain matin. Du moins c’est ce que j’ai ressenti.
    Le ton de BFM, la radio de l’économie triomphante, n’est plus le même. Bien sur on y est toujours optimiste, c’est leur métier, mais c’est plus ce que c’était.
    Il suffirait d’une petite étincelle sous une forme ou une autre pour que les médias ne puissent plus camoufler, et hop, ça s’embrase.

  5. Sur la forme, on peut imaginer des actions dont les horaires (le soir, le week-end) permettent à tout un chacun de participer, les lieux doivent être ceux du pouvoir politique comme économique.

    Entièrement d’accord. L’institutrice de ma petite fille est venue à l’école aujourd’hui « parce qu’il n’y avait pas de manifestation organisée. Je ne me voyais pas tenir un piquet de grève à tel ou tel carrefour. S’il y avait eu une manifestation, j’y serais certainement allée. Et rester chez moi, ça sert à quoi? ».

    J’aimerais une manifestation nationale organisée à Bruxelles le dimanche à 14h. On pourrait alors se compter. Avec 500.000 personnes (cela ne me semble pas impossible) dans les rues, le gouvernement pourrait difficilement regarder de l’autre côté.

    Finalement: la réflexion d’Olivier Chastel, président du MR, parti francophone de droite au pouvoir, ce week-end sur les plateaux télé était très très étrange. Il répétait « cette grève est politique! ». Sous-entendu: cela ne devrait pas être comme ça. Et il ajoutait: « le but des syndicats, c’est de faire tomber le gouvernement. » J’étais ahuri: comment une grève pourrait-elle ne *pas* être politique? Et si vous êtes fondamentalement opposé aux décisions prises par le gouvernement, pourquoi ne désireriez-vous pas vouloir sa démission? Cela me fait peur: on dirait que ces politiciens ne comprennent absolument rien à ce qui est en train de se passer. Cela peut facilement mener au désastre.

    1. « Avec 500.000 personnes (cela ne me semble pas impossible) dans les rues, le gouvernement pourrait difficilement regarder de l’autre côté. »
      Des millions dans la rue en France au moment de le réforme des retraites …
      Sarko siffle la fin de partie et hop ! tout le monde devant la télé !

  6. C’est étrange, vous nous expliquez on ne peut plus clairement que les hommes politiques ont une attitude condescendante et n’ont que faire des grèves et autre mouvements sociaux, et ensuite vous écrivez que la solution viendrait de l’action politique.
    Vous notez pourtant que les élus passent par dessus les référendums et autres actions en promulguant leur propres règles et lois, voir :
    http://www.euractiv.fr/sections/euro-finances/la-coalition-pro-juncker-tente-deviter-une-commission-denquete-sur-les
    Si je ne me trompe pas, les réflexions très justes de Paul Jorion, vendredi dernier sur le plateau de Nulle part ailleurs, font référence à une dictature de la finance, qui semble n’avoir que faire de la politique ou de la raison.

  7. « Le changement sera forcément politique. »

    Plus précisément c’est le mode de fonctionnement du politique qui en changeant inaugurera le changement.
    Le libéralisme capitaliste réduit le politique à la gestion (folle) d’un monde (seulement) économique . La « démocratie libérale » passe donc par le vote pour désigner nos gestionnaires.
    L’ensemble des acteurs diversifiés que nous sommes , nos gestionnaires y compris , n’ont donc plus accès au sens ,c’est à dire aux orientations générales souhaitables pour parvenir et maintenir l’intérêt commun ; il n’y a pas en système de gestion possibilité de penser global et de faire émerger un projet pour nos sociétés. C’est sur cela que le TINA se constitue .

    Ce ne sont pas les manifs qui vont ouvrir l’alternative ; ou seulement temporairement comme un pétard , un feu d’artifice.
    L’alternative ne peut prendre forme que dans un régime démocratique , c’est à dire organisé (structurellement: loi règles , pratiques , moyens etc) pour que les acteurs divers et variés , aux intérêts contradictoires, puissent définir et décider ensemble le projet de société .
    On a sans doute jamais connu cela dans l’histoire .
    La barre est aujourd’hui placée très haut ! …..Il faudrait bien ,disons , un bon gros réchauffement climatique , pour qu’on passe en démocratie , qu’on réfléchisse, qu’on parle , qu’on débatte , qu’on délibère , qu’on décide (par référendum) .
    Bref le chemin est étroit, sinueux, poussiéreux , peu engageant , au tracé à peine visible …… Mais de ce côté ci , de la même manière, TINA .

  8. Je m’emballerai pas trop, moi…

    Pour avoir en France les dégats qu’il a fallu pour que Podemos et Syriza emergent, il y a du chemin…

  9. Il ne semblerait y avoir hélas (en France) plus d’autres solutions que l’embrasement. Dans ce pays ou la corruption est devenue une banalité, ou les syndicats ne représentent plus grand chose (avec de plus aussi des gens corrompus en leur sein), ou les seules voix que l’on écoute sont celles des forces conservatrices, car dans ce pays il n’y a pas encore Syriza ou Podemos. Sachant que la gauche n’est pas encore parvenue à s’entendre sur une démarche commune, et que de plus ce terme de gauche comme celui de droite n’a plus aucun sens. C’est quoi être de gauche? Normalement c’est tout faire pour que chaque être humain soit heureux. Mais le bonheur est tout relatif, et seule une longue explication philosophique pourrait en dresser l’idée. Être de gauche c’est respecter son prochain, lui accorder autant d’importance qu’à soit même, c’est donc partager, répartir équitablement la richesse de façon à ce que chaque être humain puisse en bénéficier. C’est prendre en compte la planète et tout ce qui y vit… mais le sujet n’est pas là, et pourtant il faudrait que tous nous puissions en débattre avant que la grande déflagration ne se produise. Car lorsque celle-ci aura surgit il n’y aura au tout début plus place aux grands débats, seule l’action comptera. Et ensuite certaines grandes gueules prendront les commandes, parlant si fort que le débat citoyen en sera étouffé. Il faut que nous puissions parler, sur internet, sur le blog de Paul Jorion, mais aussi dans la rue, dans les cafés, sur les parvis, dans les gares, partout ou la parole publique est possible. Il faut débattre, et proposer comme le suggère Michel Leis, avant qu’il ne soit trop tard, des idées et des solutions, alternatives citoyennes, avant l’embrasement. La solution est politique, sans doute, mais pas idéologique, les idéologies sont les tombeaux de la liberté. La solution, nous le savons n’est plus dans les urnes (pour le moment). Mais il est tard, il faut que je rentre chez moi.

  10. NON VIOLENCE —– Et s i! Y avait d autres facteurs qui contribuent aussi a réduire l implication dans les « manifestations » !? Et notamment une aspiration a une nouvelle forme de protestation qui serait non violente, et qui reste a trouver :
    — parce que il y a historiquement une forme de violence dans la manifestation
    — souvent des débordements
    — et une répression de plus en plus disproportionnée de la part de force de polices sur-equipees, comme une armée intérieure et cela fait peur!
    — et EN PLUS une vraie aspiration a une forme de résistance DOUCE NON VIOLENTE.

    Y a t il dans l histoire des exemples de résistance non violentes!?? Historiens a vos plumes! Merci..
    — il faut que je le remette en mémoire le mode de résistance de Gandhi
    — j ai entendu parle de la révolution des oeillets!? What is that!?

    Les manifestation non grévistes, rassemblements du dimanche semblent être effectivement plus apte a rassembler, plus librement et de manière plus ludique les foules.

    ——————————————————————————————–
    Ce qui serait encore mieux serait d’à arriver a synchroniser des multiples rassemblements pacifiques symboliques du dimanche, impliquant moins de logisitisue, moins d authjorisations, et pouvant donner lieu a encore plus de couverture médiatique par l accumulation des lieux et le choix symbolique en vue de photos et vidéos de manière a bien coordonner
    1. la simplicité de la réunion physique
    2. L efficacité de la diffusion médiatique
    ——_———————————————————-_

    Et ensuite il y’a les résistance de fond….
    Concrètement il y a aussi l émergence des banques « éthiques » mais qui semblent toujours devoir s addosser a de vraies banques? Ce serait une piste i intéressante si il y avait un mouvement a grande échelle de citoyens qui quitteraient LS grandes banques pour rejoindre une banque coopérative qui s interdirait la spéculation…
    (Je radote j’ai deja mentionne cette idée la ici plusieurs fois!)

    Enfin il me semble au il faut affronter la réalité et reconnaitre le besoin impératif sinon de « leaders » de speakers cas de gens capable de bien communiquer et d animer des réunions pour lesquelles il devrait être possible de recueillir des soutiens financiers.
    Il me semble que rien ne vaut l enesignemlent, la vulgarisation, la communication de l’enthousiasme, des indignztioins et de l NRJ pour se relever..LIVE en VRAI, même si internet est un formidable soutien logistique de fond. Hugh

    Et donc
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    D’associer REUNIONS DU DIMANCHE + de vraies CONFERENCES dans un format ad hoc de courtes séquences mais « pro » je veux dire, préparées, réfléchies, d un autre niveau sue les harangues et et les slogans z la « — » qui caractérisent les manifestations traditionnelles. Perso il me faut autre chose pour aller a une majif : se rassembler oui, mais pas de manière aussi.. Debilitante!! (Je m emporte..)

    Exemple :: une vraie tea pzrty avec du vrai thé, des gâteaux, des coussins, de la convivialité et des conférenciers de bon niveaux, dans un endroit qui peut être révèle a la dernièreminute par les réseaux, comme cela se passe pour le DINER EN BLANC annuel a Paris qui regouoe des centaines de participants…pour RIEN! que le fin de dîner en blanc dans un lieu public prestigieux.. La dernière fois c était devant !sa pyramide du Louvre.. Annonce au dernier moment par SMS…
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    …ah.. Toute mes condoléances pour notre communicateur zèle, résistant, courageux.. J’ai cite Paul J. (J comme zorro!) pour sa belle tentative sur ce soir ou..? JAMAIS! Tant il fut évident que le JAMAIS avait largement gagne ce soir la, et notamment grâce aux interventions quelques peu brouillons de l avocat ivre de ses paroles… Quand bien même ce dernier sur le fond la foi apportait un message très intéressant. Mais il était… Tellement agressif dans son verbe, et peut être un peu ego-gonfle, ou tout simplement trop heureux d etre ON TV pour une fois, qu il a flingue tout espoir de dialogue! Malheureux! Bref… Vive la NON VIOLENCE!!

    1. Réponse à roberto man à propos de la prétendue « non-violence  » de Gandhi :
      http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3070
      Quant à celle , prétendue également , de Mandela , penser au jour où , du haut d’une tribune devant des centaines de milliers de noirs , il s’est tourné vers le paquet de flics qui attendaient de cogner et , d’un doigt accusateur , a crié à la foule : » Nos ennemis ? Ils sont là ! « 

  11. A la rencontre de Tout Autre Chose ce soir à Liège les organisateurs ont été pris de court par une affluence incroyable qu’ils n’avaient pas espérée. Après une présentation académique (un peu barbante et trop longue car on peut imaginer que les participants étaient déjà bien informés) ils se sont contentés de nous renvoyer à discuter entre nous. Dans une salle bondée, sans avoir présenté les associations signataires: dur dur pour les personnes non encore engagées.

    Il est urgent de mieux organiser la prochaine rencontre, de répertorier toutes ces associations et les initiatives déjà existantes. Comment fédérer tous ces micro-mouvements locaux si ce n’est en les identifiant sur le site de ce mouvement fédérateur et en mettant en évidence leurs actions ponctuelles? Sous peine de perdre le bénéfice de l’enthousiasme qui s’est manifesté ce soir. Sans cela chacun risque de repartir très vite dans son petit monde personnel, à titre individuel ou à titre de mini-association.

    Ce n’était qu’un début très encourageant mais il est absolument urgent d’organiser les échanges et les synergies de manière plus efficace. Cela échouera si chacun ne discute qu’avec ses potes. Il faudrait que chaque organisation prenne la parole et que ce soit complété par des conférences-débats avec des orateurs qui replacent les problèmes dans un cadre plus général.

    1. La peur des leaders — nous avons peurs des leaders, plus personne de valeur ne veut s y orendre les pieds! — solution!?? de l intérêt de dissocier le leadership
      Et de distinguer
      — les organes de décision
      — les organes de communication, motivation
      — les organes de contrôles

      Jusqu’à a maintenant on a eu tendance a concevoir des constitutions qui séparent les pouvoirs en 3 Pôles :
      — parlement pouvoir de légiférer
      — exécutif pouvoir de mettre en oeuvre
      — judiciaire pouvoir de contrôler et appliquer et interpréter les lois et actes

      Et cela se retrouve ancre dans la plupart de nos organisations.

      Depuis que nous sommes entres dans l ère de la communication, et dans l ère de la science systémique, on comprend mieux le rôle essentiel que l information joue dans la société a tous les étages, dans tous les temps. Il convient donc d organiser politiquement ces flux.

      Traditionnellement, lla fonction de communication est devolue a la personnalité dirigeante, la figure du père, du chef, a la fois leader charismatique et décisionnaire.
      Or ce sont finalement des compétence trop lourdes et surtout contradictoires, au il semblerait bon de dissocier, dans nos esprit, dans notre mémoire, dans notre culture.

      Ainsi il semblerait efficace, positif de développer s organisations configurées de la manière suivante:
      — étendre ouvrir la fonction législative, a travers un organe de communication charge de recueillir synthétiser l information, et recueillir les décisions vote élargis, en partie a la votation directe correctement élaborée /nouveaux outils nécessaires.
      — ajouter créé un organe de think tank et de communicateurs, pédagogues, charismatiques, charges de transmettre les synthés, expliciter les problèmes :: de la vulgarisation au sens le plus noble.
      — restreindre la fonction exécutive z la stricte exécution
      — ajouter iun organe de contrôle de l exécutif, notamment charge de rendre compte des problèmes imprévus qu il faut resoudre, alimentant en féed back la fonction législative qui donne le la.
      — maintenir le rôle du judiciaire indépendant bien sur. Mais en l améliorant : lui donner un bien plus grande capacité d interprétation et de création de jurisprudences au contact des faits, comme dans les pays angos saxon, mais améliore avec les outils d information modernes, de manière a pouvoir simplifier considérablement les textes de lois pour revenir a l’essentiel et au compréhensible

      Bon.. J ai un peu déborde le cadre du billet… Et c est une ébauche,

      L idée principale étant que on z besoin de communicateurs, qui n’aient pas peurs d être pris pour des leaders. Et qui aient la capacité de collaborer avec des organes de décision, plutôt collégiaux d mon point dfe vue. Bref… Une manière de ne plus avoir peur du leadership! Et POUVOIR AVZNCER!! Hue!!

  12. 1/ Il n’y a pas de voie unique. Il faut des crises graves et des besoins forts pour faire émerger une alternative (Grèce, Espagne) et rien ne dit qu’elle ne soit décevante. Des mouvements de grève ont toujours été dénigrés sur le moment tout en donnant un coup de frein au recul social.
    2/ Les médias ne donnent pas une vision réelle de l’opinion sur la grève. Un rédacteur de LA LIBRE tweete aujourd’hui comme un briseur de grève : Faites vos courses dans le Wolu Shopping désert, on circule sans problème à Wavre, etc. Les questions sont biaisées dans les sondages.
    3/ Les intervenants politiques et économiques sont dans le calcul, dans la séduction de leurs troupes et dans la provocation plutôt que dans l’information. Nous sommes aujourd’hui (à chaud) dans le faux plus que dans le vrai. Aucune interview d’un travailleur (seuls quelques rares patrons) ayant une réflexion autonome, pondérée.
    4/ Globalement, votre réflexion décrit bien l’installation d’un TINA dans les faits. Elle ne dit pas assez que la seule voie politique alternative immédiate (et je la réprouve), c’est l’extrême droite qui promet tout et qui fera finalement une politique capitaliste violente.
    Il faut réfléchir, il faut anticiper, mais il faut aussi bloquer cette alternative populiste qui n’annonce rien de bon.

  13. La solution pour sortir de la barbarie qui approche, êst bien sur « politique », au sens où il faut changer de pouvoir. Il doit passer de la bourgeoisie (1%) aux citoyens (99%). Merci à Michel de le rappeler.

    Alors aidons-le à aller jusqu’au bout.

    JAMAIS, nulle part, aucune classe dominante n’a cedé le plancher face à des bulletins de vote. Même pour un enjeu moindre, comme le TCE, elle est capable de les piétiner, comme le rappelle d’ailleurs Michel. Mais si l’enjeu concerne sa domination, elle est prête à tout, cad au coup de force fasciste, à la dictature, et aux pires crimes, dont les exemples se comptent par dizaines dans l’histoire moderne.

    La seule alternative, c’est de renforcer les rapports de force, au fil des luttes, annoncer et préparer les affrontements inévitables pour limiter les violences de l’appareil d’Etat. Le degré de la violence sera inversement proportionnel au degré d’organisation, et à la détermination des peuples insurgés. Ce n’est qu’à ce prix qu’il est encore possible d’assurer la « survie de l’espèce ».

    Ignorer que les affrontements de classe sont inévitables, c’est ignorer toute l’histoire de l’humanité. C’est surtout contribuer involontairement, mais sûrement, et par candeur idéaliste, aux pires défaites.

    Maintenant, concernant le tour de chauffe en Belgique:
    http://www.lcr-lagauche.org/il-faut-gagner-on-continue-on-lache-rien/

    1. Les bulletins de vote font partie du rapport de force. La preuve, c’est qu’il a fallu longtemps pour en disposer. Et qu’une partie de la planète n’en n’a toujours pas.
      Même si c’est une petite partie, c’est une partie.
      Les électeurs votent pour des projets « centristes » d’un point de vue économique. Ils craignent qu’à un bouleversement ils auraient plus à perdre qu’à gagner. Le jour où ils penseront le contraire, ils voteront le contraire. C’est les votes qui font les partis, et pas l’inverse.
      (Mais qui fait les votes?) 🙂

  14. Bonjour
    Il n’y a pas plus de  » ya qu’à  » que de  » faut qu’on  » ( encore que…) mais une revendication très
    importante est volontairement oubliée et systématiquement écartée dans le débat, c’est le comptage effectif du vote blanc, (dans le calcul du pourcentage final) dernier moyen véritable pour
    essayer d’enrayer l’abstention, peut-être un bon outil (non violent) pour (re)tisser du rapport de
    force, de la politique quoi !!!

    1. Oui, le VOTE BLANC a été une revendication importante des dernières élections en France. Cela a été un bon début, et j ai failli voter blanc dans ce sens pour finalement me résoudre a un vote plus efficace, mais c est un élément important a renforcer.

      Et pour le renforcer, il faut trouver l moyen d en tenu compte :
      — apparition dans les statistiques
      — et peut être un jour effet de seuil ::
      Soit prise en compte dans le calcul de la majorité
      Soit effet de seuil : invalidation du vote au delà d un certain seuil.

      Merci d avoir rappeler cette avancée récente.

      1. Quelle avancée concernant le vote blanc ? L’apparition dans les statistique, juste un peu de grain à
        moudre pour « les ronds de serviette » de C dans l’air, aucun effet sur le résultat final,
        donc inutile, CQFD.

  15. L’avenir ?

    Vous crèverez au boulot, lorsque vous en aurez un…

    http://www.20minutes.fr/economie/1501439-20141215-retraites-complementaires-bord-faillite

    Sinon, vous crèverez sous les ponts !

    Voilà le résultat de TINA !!!

    Quant aux fameux 1% ils crèveront de s’être trop gavés, à moins que les NBICs ne leur permettent de vivre 1000 ans, comme le rêve Madelin. Mais de vivre dans la vacuité de l’âme la plus totale, car ils n’auront plus grand chose d’humain.

    Ce monde dit « de progrès » vous fait-il envie ???

  16. M Leis, et les autres :

    Au delà des imprécations, quelles alternatives CONCRETES proposez vous à la ‘religion féroce’ pratiquée par la droite Merkeliste et la gauche Hollandesque ?

    (Je commence à lire ‘penser l’économie autrement’ dans l’espoir d’en trouver).

      1. A M Leis
        Je vous remercie pour cette prompte réponse ;).
        Si je comprends et résume correctement, vous proposez de :
        – Transférer l’impôt sur le travail vers un impôt sur l’activité économique (transport inclus);
        – Simplifier les systèmes fiscaux (suppression des niches).
        – Diminuer le temps de travail.
        Je note que si on ne finance plus la sécurité sociale par le travail, il n’y a plus de justification aux multiples régimes différents (fonctionnaires, salariés, indépendants). Je pense que la gauche y sera très réticente, ce qui explique en partie son acceptation de TINA.
        En outre vous n’abordez pas du tout la vague ‘épuisement des ressources naturelles’ qui, à mon avis menace encore plus notre civilisation. Il faudrait oser une vraie taxation environnementale.
        Enfin, je vous cite « J’ai proposé dans le dernier billet de cette série une vision possible de cette refonte, il y en a sûrement d’autres et différents arbitrages possibles… Il existe donc bien des alternatives, mais reste-t-il une voix à gauche pour les porter ? ». Il n’y a plus de programme politique, la gauche, comme la droite, vit de ses clientèles. Leur problème : les contenter ou, en crise, les mécontenter le moins possible. Les rhinocéros, comme les hommes d’état disparaissent.

      2. Leis Hadrien

        Dès que vous parlez de financement  »traditionnel » de n’importe quoi, vous ne sortez pas du cadre économique actuel vous vous y enfoncez .

    1. Puisque le Travail disparaît, seule la rente du Capital permettrait de financer les retraites (et la protection sociale en général)
      Or, dans ce système, les propriétaires détiennent tous les pouvoirs et ne veulent rien partager. Les plus gros cachent d’ailleurs leur fortune dans les paradis fiscaux, avec la bienveillance des gouvernements.
      C’est donc sans solution, à moins de changer de système économique et politique…

      1. « C’est donc sans solution, à moins de changer de système économique et politique… »
        Sauf erreur de ma part, la « liberté des mouvements de capitaux » figure dans la ‘charte des droits fondamentaux’ de l’UE…Un ‘droit de l’Homme’…!

      2. la « liberté des mouvements de capitaux » figure dans la ‘charte des droits fondamentaux’ de l’UE…Un ‘droit de l’Homme’…!

        Et si tu la lisais la charte en question ? Histoire de te confirmer à toi-même combien on peut vraiment lire et, pour toi, écrire n’importe quoi sur le blog Jorion…

      3. Entendu F. Lordon avoir dit ceci, aurais-je eu tort de le croire sur ce coup là…?
        Faut que je retrouve cette vidéo/audio…

      4. Lordon aura sûrement fait et dit de telle sorte que vous puissiez aussi l’entendre ainsi mais c’est juste absurde et il le sait très bien.

      5. Vigneron, comment interpréter ceci dans le préambule de la charte ?
        L’Union contribue à la préservation et au développement de ces valeurs communes dans le respect de la diversité des cultures et des traditions des peuples de l’Europe, ainsi que de l’identité nationale des États membres et de l’organisation de leurs pouvoirs publics au niveau national, régional et local; elle cherche à promouvoir un développement équilibré et durable et assure la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux, ainsi que la liberté d’établissement. À cette fin, il est nécessaire, en les rendant plus visibles dans une Charte, de renforcer la protection des droits fondamentaux à la lumière de l’évolution de la société, du progrès social et des développements scientifiques et technologiques.

      6. Toi comprendre que toi confondre principes du marché commun (traité de Rome, 1957…) et droits fondamentaux ?

    2. L’alternative: non pas déplacer Merkel ou Hollande pour un autre politicien complice et/ou impuissant, mais vaincre, par tous les moyens qui seront nécessaires, la dictature du capital, et pouvoir mettre ainsi la production et les institutions au service des besoins, pas des profits.
      Cela s’appelle une révolution sociale.
      En voici une proposition, fruit des leçons de l’histoire:
      http://npa2009.org/node/38455

  17. Si l’on compare la société à un moteur dont le carburant source d’énergie serait les individus, et que le moteur déconne , on peut imaginer :

    – refaire un moteur en fonction du carburant ( c’est la méthode FN avec un carburant merdique . Ce pourrait être la méthode normalement démocratique si le carburant savait vraiment où il en est et de quoi il retourne))
    – faire un moteur ou adapter l’ancien , qui ne fonctionne qu’avec un nouveau carburant moins pénible et gourmand (méthodes en cours en économie capitaliste libérale)
    – conseiller au carburant de se passer de moteur et carburer tout seul ( méthode Attali)
    – préparer des moteurs susceptibles de fonctionner quand le carburant saura où il en est ( méthode du blog ?)
    – attendre que le moteur pète , avec des variantes ( être prêt avec des moteurs de rechange ou s’en foutre ).

      1. Façon de dire que si voie politique européenne il y a , sa réalité et pérennité sont conditionnées à la géopolitique autant qu’au système financier .

      2. à quelle société s’intéresse-t-on ? Occidentale ?

        Ce qui fait la force du TINA c’est qu’à des questions globales (économie, finances, ressources, climat et autres) on n’envisage que des solutions politiques nationales. A l’échelle nationale il me semble exact qu’il n’y ait pas d’alternative.

        Il est vrai qu’on a comme contre-exemples l’instauration des républiques bourgeoises en Europe et aux Amériques ou la fin des empires coloniaux mais (si elle avait réelle) la prétention du candidat Président Hollande de vaincre la finance à lui tout seul aurait du paraître aussi ridicule aux yeux de ceux qui y ont cru (?) que s’il l’avait proclamée en tant que candidat à la mairie de Tulle!

  18. Je m’étonne tout de même d’une chose, rien qu’une, on parle, on écrit, on refait le monde mais on oubli tous ceux qui ne pensent pas comme nous, qui sont satisfaits de cette situation, et qui pourtant n’appartiennent pas au 1%. Et puis ceux qui ne supportent pas cette situation mais qui attendent le secours de l’extrême droite. Comment fait-on? Que fait-on de cette classe moyenne, moyennement établie qui possède des petites choses qu’elle considère comme très importante (genre Porsche Cayenne) et qui suppose que seule la droite peut leur permettre de garder. Cette catégorie sociale nichée dans le commerce et l’artisanat, qui ne pense qu’à posséder plus. Ou encore cette nouvelle catégorie d’employés de la fonction publique, pour qui seule compte la progression dans leur carrière, en se basant uniquement sur les chiffres, sans un regard compassionnelle pour celui qui est un nombre négatif. Une révolution? dans ce contexte il s’agira plutôt d’une guerre civile. Ces gens là ne céderont rien, leur endoctrinement est maximum. Comment convaincre ceux qui ne pensent pas comme nous, ceux qui pensent que seule compte la loi de la nature. Ils y croient, ils sont convaincus, et ils sont souvent d’une cruauté qui n’a d’égale que leur foi en cette vision du monde. La conscience de gauche demande une évolution intérieure qui suppose une ouverture dénuée de peur, or ceux que je viens de mentionner vivent dans la peur et celle-ci engendre une grande souffrance. La solution est politique, oui, mais les intérêts des uns et des autres sont à priori divergents. Ne sommes nous pas des aiguillons qui tentons d’influencer légèrement le monde afin que celui-ci s’oriente en douceur vers des solutions plus égalitaires? Je cherche à comprendre ma place dans ce monde, en quoi je puis lui être utile, sans que le sang ne vienne à couler. Mais si jamais le sang en vient à couler, quelle sera ma position, me radicaliserai-je? Alors que je répugne à la violence. Face à un exalté quel sera ma réaction? Si la peur me gagne elle sera indéniablement violente. Je sais que tout ceci est bien confus, mais il faut dire qu’en ce moment rien n’est très clair. L’extrême droite pensante espère en une guerre civile pour établir le libéralisme sauvage, la gauche radicale pensante espère en une révolution, mais ne sait pas très bien ce que celle-ci pourrait établir. Le centre souhaite l’établissement généralisé de ce libéralisme sauvage reflet de la loi de la nature. Et puis il y a tous ces pays qui se cherchent une place au soleil, et que l’on exploite de plus en plus, en détruisant lentement leur sol, tous ces peuples qui souffrent en silence, lorsque notre regard s’élargit et regarde au delà de notre espace, notre tête se met à tourner, tourner, et on sent le sol qui se dérobe sous nos pieds, alors on tombe avec le monde qui se noie.

    1. Vous n étés pas seul! Voilà exactement le fond de ma pensée, l état ou j en suis aussi.

      Ma POSITION face à cet état etait une forme de repli, la POSITION DEFENSIVE en mode REPLI stratégique, quleuq part au vert loin, d une centrale atomique comme autour du golf du Morbihan! ET puis de tenter d influer…modestement, modestement!

      J envisage aussi l alternative de FUITE faire la fête au Brésil.. Étant musicien aussi.

      Ce soir pour la première fois, je me sens REVOLTE par l’abandon du programme anti pollution et surtout recyclage par la commission européenne. La je suis pret a marcher sur Bruxelles!!! Le symbole est révoltant, énorme, surtout au regard des sommes folles dépensées pour le soutien aux banques en 2008.

      Par curiosité jeté un oeil sur le JT France 2 : rien.

      Vu le contexte, les boulets de junker, il y a de quoi renverser la commission et déclencher une réorganisation plus démocratique en s appuyant sur le parlement.
      Allô allô?

  19. Bonjour Michel.

    Petite contribution à ta réflexion, toujours aussi bienvenue.

    En Belgique, les syndicats portent une contestation fondée sur une série de revendications-types (défense du pouvoir d’achat, refus du saut d’index, sauvegarde de l’emploi, marges de manoeuvre dans la négociation salariale, etc.). Cela est très bien.

    Mais ils ne portent aucunement la contestation des chômeurs et autres allocataires sociaux, en proie à des mesures d’économie et d’ « activation » sans précédent. Comme s’ils refusaient de voir que le travailleur d’aujourd’hui est le chômeur de demain, et que la fragilisation de l’un implique celle de l’autre.

    Le discours syndical ne remet pas non plus en cause la sacro-sainte « nécessité de faire des économies » (oublié, le déficit né du renflouement des banques; ignoré, le caractère contestable de certaines dettes).

    L’apparition en Belgique de mouvements comme « Hart boven hard », « Tout autre chose » ou encore « Acteurs des Temps Présents » participe d’une tentative de porter une parole critique (et une « action politique ») qui a été ignorée par tous les partis mais aussi largement assourdie par les syndicats.

    La situation se complique quand on sait qu’il est difficile pour de tels mouvements de ne pas avoir partie liée avec les appareils syndicaux (parfois même, comme « Acteurs des temps présents », ils en sont issus).

    Je crois qu’il y a plus d’un autisme à vaincre dans cette histoire…

    1. Un Belge,
      je ne te le fais pas dire, les chômeurs et les allocataires sociaux c’est le grand trou noir du syndicalisme, et pas qu’en Belgique, en France aussi. On évoque le chômage (pour le résorber dit-on, alors que le travail disparaît), mais qui parle des chômeurs et des allocataires ?

      Pourquoi ne pas aussi renverser la perspective habituelle et pour le coup changer résolument de cadre en faisant du chômeur, de l’allocataire, l’homme, la femme, dont l’activité quotidienne préfigure celle de tous les humains de la société de demain, une société où le travail salarié aura disparu certes, mais où il y aura encore tant de choses à faire ! Où chacun en droit et en effet, aura sa place, sans qu’il faille, mot horrible, gagner sa vie. Qui peut croire en effet que le chômeur ne fait rien, n’apporte aucune contribution à la société ? Qui peut croire que la disparition du salariat signifierait le repos éternel de l’humanité ? C’est la vie qui est passionnante et essentielle, pas le travail ! Et vivre ce n’est pas rien faire. L’humanité n’a pas attendu l’âge du capitalisme pour échanger des connaissances, des savoirs, organiser la vie matérielle et inventer de nouveaux outils. Il serait temps de nous en souvenir.

      1. @ Pierre-Yves

        En effet. C’est la piste que je suis aussi.
        Et rien que penser modéliser et tenter de vivre cela, c’est un sacré travail !
        🙂

    2. @Un Belge

      Constater que les syndicats ne font rien pour les chômeurs (et pratiquement rien pour ceux dont l’emploi est menacé ou limité dans le temps) est une constatation utile mais seulement à condition d’en expliciter les raisons. La principale me semble être que la force des syndicats est proportionnelle à la difficulté que rencontrent les entreprises à trouver et à conserver la main d’oeuvre qui leur est nécessaire.

      Quand la possibilité qu’a une entreprise de licencier à faible coût son personnel est un des éléments les plus importants pour en évaluer la valeur et quand un pays est considéré comme d’autant plus compétitif que les licenciements y sont faciles il me semble vain d’espérer une action efficace des syndicats dans ce domaine.

      Exemple: une entreprise multinationale oblige les sous-traitants qui opèrent à l’intérieur de ses établissements français à licencier leurs employés en CDI au bout de 2 ans (au besoin en bloquant les badges nécessaires pour y entrer) dans le but d’éviter les complications dues à la législation française dans ce domaine.

      1. @ G L

        Oui. Bien vu. Mais ça n’explique pas tout.

        Stratégiquement, la défense des chômeurs et allocataires sociaux pourrait élargir la base et légitimer d’autant plus la contestation menée. Il y a autre chose.

        Je fais l’hypothèse que les syndicats (ou leur base classique) jettent sur les chômeurs un regard pas si éloigné de celui du patronat : le regard méprisant de « celui qui se lève tôt » sur (soi-disant) « celui qui ne se lève pas ».

        Le mythe du « chômeur-fainéant » n’est pas exclusivement patronal. Il alimente les discours et les imaginaires des travailleurs, a fortiori lorsque leur emploi est précaire, ingrat et menacé. On peut en dire autant du mythe de « l’étranger-parasite ».

        Si je vois clair, syndicats et patronat s’opposent sur plusieurs choses, mais s’accordent sur bien d’autres, fondamentales. Un vrai couple infernal, donc, qui préfère continuer à casser la vaisselle « entre soi ».

      2. @ Un Belge: d’accord. Les syndicats défendent avant tout la valeur Travail et parlent même de compétitivité. Les exclus de toutes sortes mais aussi de nombreux travailleurs ne s’y reconnaissent plus, perçoivent les syndicats comme des gestionnaires d’austérité.

        Par ailleurs, les raisons invoquées autour de moi pour ne pas faire grève:
        – pas les moyens (la cotisation au syndicat est passée à la trappe depuis longtemps, et impossible de se passer d’un jour de paie)
        – sentiment d’impuissance (ça ne sert à rien, on sera de toute façon entubés).

        Ah, si Tout autre chose/Hart boven hard pouvaient se muer en Syriza/Podemos ! Parce qu’avec les staliniens du PTB, on n’est pas sauvés.

      3. @ Un belge

        Le mythe du « chômeur-fainéant » n’est pas exclusivement patronal. Il alimente les discours et les imaginaires des travailleurs, a fortiori lorsque leur emploi est précaire, ingrat et menacé. On peut en dire autant du mythe de « l’étranger-parasite ».

        Détrompez-vous, ce ne sont pas les emplois précaires qui sont dangereux dans cette affaire mais bien les emplois d’un certain niveau dont les protagonistes ne veulent pas perdre de les niveaux de vie et cherche des boucs-émissaires pour la circonstance.
        Expliquez leur « thermodynamiquement » que leur emploi détruit l’avenir de leurs enfants et ils « changeront de couleur »

      4. @ Manuela
        Argumentairement parlant, le PTB ne fait pas le poids vis à vis des décroissants sauf si ces derniers n’évoquent pas ce que dit Paul Jorion, je veux dire le fait qu’il faut de la croissance pour payer les intérêts.

  20. C’est une réaction à votre billet de ce matin : « Des similitudes qui font froid dans le dos ».

    Oui, les conditions d’une catastrophe sont peu à peu réunies,

    Oui, la Russie a tout ces défauts : nationalisme, xénophobe à l’occasion, gachette facile, armée

    puissante.

    Mais la situation d’aujourd’hui est « dans les tuyaux » depuis des mois, non ?

    Alors pourquoi un tel potentiel a-t-il été amené méthodiquement

    par les diplomaties US/Europe dans cette situation explosive ???

    1. Et t’aurais fait quoi, toi Thomas, « depuis des mois » à la place des « diplomaties US/Europe » pour contenir Poutine, ses mafias et ses idéologues eurasistes type Douguine ?

      1. La solution c’est le dialogue, mais personne n’en veut : J’ai l’impression d’assister à une folie contre une autre, une volonté partagée et déterminée que ça finisse mal (c’est pour ça que je me demande pourquoi) et je ne me sens pas plus « du coté des bons » en étant français, que si j’étais russe.

        Il y a eu un tel déferlement de propagande de part et d’autre, que si tu y vois clair aujourd’hui, et ben bravo…

        Mais bon, je lis peut être trop les articles de l’actuaire….

      2. U.S./Europe/Russie, nous sommes entre le marteau et l’enclume, qui va en prendre plein la g…..
        quand le marteau va frapper?
        En matière d’idéologues, les U.S. sont assez bien pourvus également?

      3. Le dialogue ? Pourquoi, on dialogue plus ? On a renvoyé les ambassadeurs ? Merkel a plus Put-in au bout du fil tous les jours ou quasiment ?
        Té, l’idéal aujourd’hui serait d’annoncer avec maxi barouf médiatique la levée de toutes les sanctions contre les intérêts poutiniens en signe de solidarité avec le peuple russe déjà suffisamment éprouvé par l’incurie des dirigeants de la Poutinie. Put-in serait humilié et sa rhétorique défensive anti-occidentale passablement compliquée. Évidemment la propagande officielle prétendrait que l’ouest ment et que les sanctions perdurent, ou que l’occident a peur pour lui-même des conséquences de ces sanctions, etc, mais bon, les couleuvres, quand elles sont de plus en plus grosses et surtout quand y’a plus que ça à mettre dans le biberon…

      4. C’est clair, il faut et il suffit que l’un des deux arrête d’être débile pour que l’histoire avance, c’est ce que je dis tout les jours à mes enfants d’ailleurs….

  21. Joyeux Noël à tous et spécialement aux cubains, même si on peut trouver toutes sortes d’arrière-pensées au geste d’Obama.

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