Archives par mot-clé : Union bancaire

LE TEMPS QU’IL FAIT LE 19 DÉCEMBRE 2013

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Sauver la zone euro… malgré le gâchis actuel !

Single Resolution Mechanism
Union bancaire

Les moyens de la sauver… parce qu’on n’a pas le choix… pour autant qu’on puisse réinstaurer la démocratie !

Au grand casino de la finance, par Paul Jorion, Télérama, le 18 décembre 2013

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Le Conseil européen : DERRIÈRE LE DÉCOR EN CARTON-PÂTE, par François Leclerc


Billet invité.

« Avancée majeure », « fait décisif » : les superlatifs ne manquent pas pour présenter le Conseil européen qui s’ouvre. Pourtant, il n’y a pas besoin d’entrer dans les détails de l’union bancaire adoptée in extremis pour y rencontrer le diable. Ni de beaucoup gratter pour constater que le renforcement de l’intégration européenne chanté sur tous les tons se résume à créer un mécanisme contraignant de contrôle de réformes structurelles, assorti de mesures de « solidarité » qui baignent dans un grand flou. Le coup d’envoi va être lancé pour adoption en juin prochain.

A défaut de présenter un accord parfait, les violons du couple franco-allemand jouent leur partition sous la direction d’Angela Merkel, symboliquement venue rendre une visite parisienne pour « faire avancer l’Europe ». On est en plein story telling à l’annonce d’une nouvelle saison du Conseil européen, à nous de jouer les dupes et aux gouvernements de négocier serré leur futur contrat pour ne pas se retrouver trop contraints, leurs modalités devant être avalisés – raffinement suprême – par la représentation nationale afin que les institutions européennes ne soient pas en première ligne.

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L’actualité de demain : UNION BANCAIRE, EN ARRIÈRE, TOUTE ! par François Leclerc

Billet invité

Union bancaire, vous avez dit union bancaire ? Cela n’en prend pas le chemin, car pierre après pierre le projet initial de cette construction est dénaturé pour reposer sur des bases nationales.

La partie se joue actuellement en Allemagne, dans le cadre des négociations préalables à la constitution de la grande coalition CDU/CSU-SPD : un compromis serait intervenu qui place toute décision relative à un renflouement ou une liquidation sous la houlette des régulateurs nationaux (et de l’Ecofin en dernière instance, une structure intergouvernementale), excluant par ailleurs tout apport financier direct du Mécanisme européen de stabilité (MES). Si cette approche devait être finalement retenue au niveau européen, le renflouement ou la liquidation de banques se ferait dans un cadre national, renforçant la probabilité d’une intervention sur fonds publics, confirmant que le nœud gordien liant dette publique et privée ne sera pas tranché comme initialement revendiqué.

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L’actualité de demain : BRAVO, ILS TRAVAILLENT DÉJÀ À LA CRISE SUIVANTE ! par François Leclerc

Billet invité.

Pour y revenir, que penser du dispositif de renflouement des banques adopté par les 27 ministres des finances de l’Ecofin, qui doit encore être adopté par le Parlement européen ?

Ce dispositif n’est pas fait pour la crise financière actuelle des banques, mais au mieux pour la suivante ! Il est prévu qu’il n’entrera en service qu’en 2018 et il suppose que soit entre temps réglé le délicat problème de l’autorité de résolution (à ne pas confondre avec l’échafaudage de la supervision chapeauté par la BCE). Recul après recul, aux dernières nouvelles, celle-ci devrait être mise en place fin 2014, mais ce calendrier peut encore changer.

Il est ensuite abusif d’en faire stricto sensu un élément de l’union bancaire, ce deuxième pilier présumé avec le programme OMT de la BCE de la stabilisation de la crise, car les sauvetages qu’il décrit s’inscriront dans un cadre national, comme le gouvernement allemand le souhaitait. L’éventualité même d’une intervention du Mécanise européen de stabilité (MES) n’est même pas mentionnée dans le communiqué final. Les désaccords entre ministres portaient sur le degré de flexibilité national des règles qui allaient être adoptées, et ce dernier maintient un grand flou à cet égard : le mécanisme qui en ressort est largement à la carte.

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L’actualité de demain : IL FAUT Y REGARDER À DEUX FOIS, par François Leclerc

Billet invité

La description par la presse de l’accord intervenu hier soir, en ouverture du sommet d’aujourd’hui, entre les ministres des finances européens de l’Ecofin à propos des modalités de renflouement des banques en détresse, n’est pas sans créer une certaine confusion en raison de sa complexité. Mais celle)ci est-elle seule en cause ?

En attendant 2018, date à laquelle ces mesures prendront effet, les banques sont priées de bien se tenir (c’est à dire de cacher leurs pertes), ou bien il faudra improviser. Mais, par la suite, leur application distendra-t-elle ou non le lien pernicieux entre la dette des banques et celles des États, objectif initialement recherché ? Il est affiché que les contribuables ne seront plus désormais mis à contribution, il était certes temps de revenir sur le choix de prémunir les banques des effets de leurs turpitudes, car ils y ont déjà contribué sous une forme ou sous une autre pour 1.600 milliards d’euros depuis 2008, selon le Financial Times ! Mais cela demande pour être confirmé une solide explication de texte sur le communiqué de l’Ecofin. Même si l’on tient compte que l’implication du MES, souhaitée notamment par le gouvernement français, est dans les faits potentiellement très amoindrie.

Jusqu’à concurrence d’un niveau de pertes égal à 8% du passif d’une banque en détresse, les actionnaires et porteurs de titres non sécurisés devront les éponger, c’est clair. Au-delà, le dispositif est plus alambiqué, puisqu’il permet sous conditions certaines « flexibilités » dans le choix des contributeurs au renflouement, sachant que l’apport du fond de résolution national financé par les banques est plafonné à 5% de ce même passif. Certes, il est bien prévu que si « d’autres sources alternatives de financement » non identifiées pourront être recherchées « dans des circonstances exceptionnelles », cela ne pourra intervenir que lorsque toutes les créances non sécurisées et non préférentielles autre que les dépôts garantis auront été épuisées pour éponger les pertes. La combinaison de ces deux mécanismes n’apparaît cependant pas dans toute sa clarté, expliquant sans doute une certaine confusion chez les commentateurs.

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L’actualité de demain : 1.000 MILLIARDS D’EUROS AU FRAIS DANS LES BAD BANKS, par François Leclerc

Billet invité

Les négociations se poursuivent aujourd’hui entre ministres des finances à propos de l’union bancaire et des méthodes possibles de renflouement des banques : sans surprise, la question de savoir qui payera la note est au centre des discussions entre les États, le MES, les créanciers des banques et les déposants. Le côté surprenant de ces débats est qu’ils se déroulent en aveugle, c’est-à-dire sans référence à l’ampleur des pertes auxquelles le dispositif retenu en fin de compte permettra de faire face ! On n’est plus à un non-dit près.

Certes, l’Asset Quality Review (l’examen de la qualité des actifs) est annoncé par l’Autorité bancaire européenne (EBA) comme allant être une nouvelle opération vérité destinée à voir ce que le système bancaire européen a dans le ventre, dissimulé par des valorisations suspectées d’être accommodantes et trompeuses. D’où la défiance que les banques continuent de manifester entre elles, conduisant la BCE à continuer à suppléer aux défaillances du marché interbancaire. Mais si un de ces consensus chers aux économistes était établi à ce propos, il prédirait que cette nouvelle version des précédents stress tests, rebaptisés pour la circonstance vu la faillite des précédents, n’annoncera comme besoins de financement que ce qui sera décemment à portée, sans faire toute la lumière souhaitée. Le taux de créances douteuses des banques ne cessant d’augmenter en raison de la récession économique, il représente en Espagne 10,87 % du total des crédits bancaires, soit 162 milliards d’euros, en dépit des transferts précédents d’actifs douteux à la Sareb, la bad bank espagnole.

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L’actualité de demain : ILS BALAYENT À NOUVEAU LES MIETTES SOUS LE TAPIS… par François Leclerc

Billet invité.

En abandonnant leur projet d’union bancaire pour une pâle copie, à l’instigation du gouvernement allemand, les dirigeants européens confirment leur choix du début de la crise : ils préfèrent ignorer que le système bancaire européen a besoin d’être recapitalisé entre 500 et 1.000 milliards d’euros, selon les estimations qui circulent, plutôt que de mettre en place un dispositif permettant d’y faire face, ne sachant pas où cela les entrainerait. Car c’est bien de cela qu’il s’agit et non pas d’un hypothétique accident de parcours.

Les faits entre-temps ont tranché : les banques ne parviennent pas plus que les États à se désendetter comme prévu. Ce qui devait durer quelques années va maintenant prendre une décennie, est-il prédit. La situation alarmante du crédit, notamment dans les pays du Sud de l’Europe, résulte d’arbitrages en faveur de la consolidation bancaire au détriment de la distribution d’un crédit devenu trop risqué, sont pourtant porteurs de la désagrégation de la zone euro. Les États n’ont plus les moyens d’intervenir, confrontés à leur propre désendettement, ne pouvant qu’assurer la liquidité en maintenant leurs garanties. La BCE ne sait pas faire mieux, une fois ses guichets restés grands ouverts.

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L’actualité de demain : AU RAYON BRICOLAGE, A DUBLIN, par François Leclerc

Billet invité.

Réunis à Dublin, les ministres des finances vont courir beaucoup de lièvres à la fois avec le risque de n’en attraper aucun. Un premier gros dossier les attend, celui de la sortie qui se voulait exemplaire du Portugal et de l’Irlande de leurs plans de sauvetage. Comme d’habitude, cela s’annonce une fois de plus bidouillage et compagnie.

A la manière des banquiers qui traitent ainsi leurs débiteurs insolvables, les deux pays devraient bénéficier d’un très substantiel allongement de leurs délais de remboursement, on parle même de sept ans supplémentaires. L’objectif est de diminuer leurs besoins de financement annuels et de faciliter leur retour sur le marché. Mais il est craint que cela ne suffise pas. Même bénéficiant d’un tel assouplissement, le Portugal devrait faire face à des besoins de financement très élevés et ses timides essais en direction du marché n’ont intéressé que des hedge funds en quête de bonnes affaires. Ce n’est pas avec cette clientèle qu’ils iront loin. Un nouveau sauvetage se profile à l’horizon.

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L’actualité de demain : ON NE VOIT PAS LA FIN DU VIRAGE, par François Leclerc

Billet invité

Alors que les banques chypriotes qui devaient rouvrir aujourd’hui sont restées portes closes, de peur d’une déstabilisation fatale de la Bank of Cyprus (très vulnérable aux retraits des fonds des entreprises russes férues d’optimisation fiscale), l’interview accordée au Financial Times et à Reuters par Jeroen Dijsselbloem, le nouveau chef de file de l’Eurogroupe, n’e finit pas de faire des vagues. Décidément, quand tout part en crabe, qu’il est difficile de redresser la barre ! Après avoir décidé de taxer sans restriction tous les dépôts bancaires, un nouveau chiffon rouge a été agité : les banques ne doivent plus être secourues sur fonds publics, a-t-il en substance assené. Avant de revenir précipitamment sur sa déclaration, au vu de la réaction des marchés, en expliquant que Chypre était « un cas spécifique ».

Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, l’a ouvertement contredit, parmi d’autres, en faisant valoir que Chypre est « une place financière offshore qui n’existe pas ailleurs dans la zone euro » et que ce sauvetage était donc « un cas unique »… L’argumentation vaut ce qu’elle vaut mais ne pouvait empêcher que le mal soit fait, pour la seconde fois… Interrogé le soir même par la télévision néerlandaise pour savoir s’il était prêt à tenir à nouveau les mêmes propos, Jeroen Dijsselbloem répondait d’ailleurs « oui » !

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L’actualité de demain : L’ART CONSOMMÉ DE FERMER LES PORTES, par François Leclerc

Billet invité.

À la recherche d’une ouverture favorisant une relance salvatrice, les dirigeants européens se trouvent devant porte close. L’adoption du budget européen va se solder par un manifeste manque de moyens à cet effet, et le G20 finances de cette fin de semaine va déboucher sur la réaffirmation qu’il faut laisser faire le marché pour que s’établisse la parité des monnaies, tout le contraire de ce qui est en train de se passer.

Un communiqué du G7 où participaient les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales ferme dès aujourd’hui le débat avant qu’il ne soit ouvert. Soulignant le risque d’une « volatilité excessive et de mouvements désordonnés dans les taux de change », il préconise des consultations « étroites » et une coopération « appropriée », réaffirmant toutefois que « nos politiques budgétaires ont été et resteront orientées vers nos objectifs nationaux respectifs en utilisant des instruments nationaux »…

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L’actualité de demain : LES ARTISTES TRAVAILLENT AVEC UN FILET, par François Leclerc

Billet invité.

Le coup de grâce au projet européen Liikanen de séparation des activités bancaires – destiné à protéger les dépôts des activités à risque – vient d’être donné par le gouvernement allemand. Faisant suite au projet de loi français qui a ouvert le chemin, et dans la même lignée, celui-ci exonère dans la pratique la quasi-totalité des banques allemandes de toute réforme, à l’exception de la Deutsche Bank, de Commerzbank et de LBBW, la principale banque régionale (Landesbank).

Il repose sur le principe d’une séparation illusoire des activités de trading pour compte propre lorsque celles-ci représentent au moins 100 milliards d’actifs au bilan des banques ou 20% de celui-ci. À ce titre, il ignore superbement la difficulté – insurmontable du dire des connaisseurs, dont Errki Liikanen – qu’il y a à identifier séparément ces activités de celles que la banque opère pour le compte de ses clients, notamment celles de « teneur de marché » – la garantie donnée par une banque à un client que tel titre qu’il possède va rester liquide, c’est à dire qu’il pourra s’en défaire – qui est toute aussi risquée pour la banque.

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L’EUROPE S’APPRÊTE À « PROTÉGER LES INVESTISSEURS CONTRE LES CONSÉQUENCES DE LEURS MAUVAISES DÉCISIONS »

L’économiste allemand Hans-Werner Sinn et l’économiste suisse Harald Hau ont signé avant-hier une tribune libre dans le Financial Times, intitulée : « L’union bancaire de la zone euro est profondément viciée ». Elle traite un thème qui m’est cher et sur lequel il est toujours bon de revenir : que le mécanisme du prêt et de l’emprunt est aujourd’hui faussé du fait que le défaut, soupape nécessaire d’une économie fondée sur une répartition très inégale de la richesse, a été mis hors-jeu. Tout défaut, toute somme qui n’est pas remboursée par un emprunteur à un prêteur, est depuis 2007 prise à charge par l’État, c’est-à-dire par le contribuable, le cas princeps étant celui de la faillite de l’assureur américain AIG en septembre 2008 : le contribuable américain a (à son corps défendant bien entendu) réglé l’entièreté des 182,5 milliards de dollars nécessaires à rembourser rubis sur l’ongle l’ensemble des créanciers.

Dans ce domaine, l’Europe met en ce moment les bouchées doubles. Sinn et Hau écrivent très justement à propos du projet d’union bancaire européenne qu’il « pourrait constituer une nouvelle étape dans le transfert de dettes privées douteuses au bilan des États – ce qui réjouit le marché des capitaux et explique sans doute sa confiance retrouvée ».

Les principales composantes du taux d’intérêt sont la prime de liquidité (le prix à payer pour le temps qui s’écoulera avant le remboursement), l’expression du rapport de force entre prêteurs et emprunteurs dans une conjoncture particulière de l’économie, et la prime de risque faite pour absorber statistiquement le défaut s’il a lieu. Or maintenant que le risque a cessé d’exister, la prime de risque incluse dans le taux d’intérêt exigé constitue une simple aubaine. À propos du Mécanisme européen de stabilité (MES) Sinn et Hau font observer qu’il « met en avant des mesures protégeant les investisseurs contre les conséquences de leurs mauvaises décisions ».

Pour justifier son profit, le prêteur invoque – et le plus souvent à hauts cris – le risque auquel il est exposé. Mais le risque de non-remboursement a aujourd’hui disparu : le versement des sommes dues a été verrouillé, aux frais de la communauté. Si celle-ci proteste : dit qu’elle a du mal à payer, il lui est répondu sans vergogne – venant d’en haut – que ses difficultés actuelles proviennent du fait qu’« elle a vécu autrefois au-dessus de ses moyens ! ».

Les exilés et autres optimiseurs fiscaux expliquent à qui veut les entendre que leur attitude se justifie par le fait que la solidarité fiscale s’exerce systématiquement à leurs dépens. Certains d’entre eux – peut-être même de bonne foi – continuent de l’affirmer. Ils peuvent cependant être rassurés : depuis 2007, et dans l’ensemble des pays occidentaux en tout cas, c’est désormais à eux que la solidarité fiscale bénéficie essentiellement.

Il faut que les États cessent immédiatement de prendre à leur charge la totalité des défauts qui se manifestent dans l’économie : le défaut est une soupape assurant le désendettement sans que l’économie ne s’effondre pour autant. L’assurance contre le défaut existe d’ores et déjà : c’est la prime de risque incluse dans le taux, faite précisément pour absorber statistiquement un non-remboursement éventuel. Si le défaut d’une firme spécifique devait constituer par sa nature-même un risque systémique, cette firme doit être immédiatement démantelée en unités non-systémiques.

Les mesures assurant la disparition du risque pour le prêteur ont été mises au point conjointement par les entreprises transnationales et les grandes firmes d’audit avant d’être proposées clé-en-main aux États par leurs lobbyistes. J’ai rappelé cela lundi lors de la première réunion du « Groupe de réflexion sur l’économie positive », la fureur d’un participant au cœur de ce mécanisme en réponse à mon affirmation, m’a confirmé que j’avais visé juste.

 

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L’actualité de demain : UN ENTERREMENT DE DERNIÈRE CLASSE, par François Leclerc

Billet invité.

Ouf ! les dirigeants allemands et français se sont mis d’accord et l’Europe est sauvée. L’Europe des banques, s’entend. Michel Barnier, le commissaire chargé de la régulation financière, en a tiré la leçon. L’application du rapport Liikanen sur la séparation des activités des banques doit selon lui « préserver leur diversité ». L’étude de l’impact des mesures proposées se poursuit et le commissaire présentera ses conclusions dès cet été, sans tarder. « Je ne veux pas pénaliser le travail des banques quand elles travaillent au bénéfice de l’économie et de l’industrie », a-t-il déclaré à Davos devant un auditoire réceptif.

Quelques mauvais esprits n’ont pas manqué de remarquer que l’application des mesures du rapport aurait permis d’éviter le scandale de la Monte Paschi di Siena (MPS), qui enflamme la campagne électorale italienne et dont nul ne sait jusqu’où il va aller. D’autres que la Deutsche Bank, qui se trouve décidément impliquée dans toutes les plus belles affaires (*), dont celle-ci, ne sera pas avec d’autres mécontente du coup d’arrêt que Michel Barnier annonce. Le gouvernement français y avait contribué en adoptant un projet de loi – présenté aujourd’hui devant l’Assemblée nationale – ne tenant pas compte de ses préconisations, soutenu en cela par le gouvernement allemand.

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L’actualité de demain : ON A GA-GNÉ ! par François Leclerc

Billet invité.

Après l’enterrement sans grandes pompes de l’union bancaire, c’est le rapport Liikanen qui est descendu dans la fosse. La banque universelle est une chose trop sérieuse pour être mise en cause, surtout lorsqu’il s’agit de Deutsche Bank, la première banque allemande, qu’il faut protéger de tout démantèlement. Le gouvernement français, une fois n’est pas coutume, a montré l’exemple en adoptant une réforme qui préserve l’essentiel de la banque universelle et le gouvernement allemand le soutient. Richtig !

Cette décision intervient simultanément avec une nouvelle déclaration d’un des dirigeants de la Fed, Richard Fisher, qui mène solitairement et en pure perte campagne en son sein pour la restructuration des banques, en rappelant que les 12 principales banques américaines détenaient à elles seules 69% des actifs bancaires du pays.

N’abusons pas des réformes structurelles !

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L’actualité de la crise : CEUX QUI FONT BOUGER LES LIGNES, par François Leclerc

Billet invité.

Sujet du moment, la séparation des activités des banques afin de protéger les déposants et les contribuables de leurs activités spéculatives a deux logiques possibles. Soit de brouiller les cartes afin de préserver la banque universelle, dont la définition est précisément de tout faire dans une seule entité, soit d’imposer des entités rigoureusement distinctes : d’un côté l’intermédiation classique, de l’autre le casino.

Faisant contraste avec le projet de loi gouvernemental français, fraîchement accueilli en attendant le débat parlementaire de février, une commission du Parlement britannique vient de rendre ses conclusions : elle préconise de renforcer les mesures de la commission Vickers, avalisées par le gouvernement britannique, qui a repoussé à une date indéterminée leur application. Après avoir passé sur le grill des responsables de banques, les honorables parlementaires préconisent d’« électrifier » la clôture séparant les activités bancaires et de donner le pouvoir aux autorités de les séparer en deux entités totalement distinctes, si nécessaire. Le Financial Times, qui rend compte de ses travaux, s’empare de la question dans l’un de ses éditoriaux et remarque que, tant qu’à faire, pourquoi ne pas réaliser cette séparation dès le départ – solution qui a ses faveurs – plutôt qu’à l’arrivée ?

Encore un petit effort ! Quel sens cela a-t-il, une fois reconnu que des activités financières peuvent être nuisibles, de les autoriser ? Les casinos peuvent être fermés quand les règles ne sont pas respectées dans leurs salles de jeu, ce que les manipulations du Libor (en attendant l’Euribor) viennent de magistralement mettre en évidence, pour s’en tenir à ce seul épisode.

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