BOUTS DE FICELLE EUROPÉENS, par François Leclerc

Billet invité.

Emmanuel Macron essaye de se faufiler dans les négociations allemandes portant sur la formation d’une coalition « jamaïcaine », dont la première étape préliminaire a été franchie. Envoyé en ambassade à Berlin, le ministre français des finances Bruno Le Maire a été sans attendre exposer ses propositions.

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LES POINTS GAGNANTS DES BANQUES, par François Leclerc

Billet invité.

Profitant qu’elles ne sont plus au centre de l’attention, les banques européennes n’arrêtent pas de marquer des points gagnants en stoppant la poursuite de la régulation. Et tous les moyens sont bons pour y parvenir.

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LES BANQUES MÈNENT PAR DEUX À ZÉRO, par François Leclerc

Billet invité.

Même épaulés par la BCE, Jean-Claude Juncker et la Commission auront tout essayé, mais en pure perte : l’Union bancaire va continuer de reposer sur deux de ses trois piliers. La garantie européenne des dépôts bancaires n’est pas pour demain, le ministère allemand des finances ayant hier fait savoir que « rien n’a changé » et que Berlin n’était pas prêt à engager des négociations tant qu’une « réduction sensible des risques » portés par les banques européennes n’était pas intervenue.

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LE BUNKER BANCAIRE ALLEMAND, par François Leclerc

Billet invité.

Le système bancaire européen continue de traîner le boulet de ses prêts non-performants (NPL), dont le montant est estimé à 865 milliards d’euros. Ils sont en premier lieu disséminés en Italie, en Grèce, à Chypre et au Portugal, mais on les trouve également dissimulés dans les Sparkassen (caisses d’épargne) et les banques mutualistes allemandes. Et cela ne passe pas !

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Avant-première : LES NÉGOCIATIONS EUROPÉENNES REPARTENT, par François Leclerc

Billet invité.

L’avenir auquel l’Europe peut prétendre n’attend pas la tenue des élections allemandes et les propositions françaises pour être l’objet d’intenses et discrètes négociations. À une condition : ne pas franchir une ligne rouge en touchant aux traités et aux dispositions régissant les déficits publics. Ce qui par avance limite singulièrement la portée des négociations ardues qui s’annoncent.

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UN GRAND BANQUIER ITALIEN SE RÉVOLTE, par François Leclerc

Billet invité.

Le sauvetage à épisodes de la banque Monte dei Paschi di Siena finalement résolu, la crise du système bancaire italien est toujours sur le feu. Comment faire coïncider les modalités de sauvetage des banques les plus atteintes par les NPL (les prêts non performants) qu’elles détiennent tout en respectant la réglementation communautaire ? Là est toute la question, qui se focalise sur le sort de deux banques, cette fois-ci vénitiennes, dont le déficit en capital a été estimé à 6,4 milliards d’euros.

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LEUR EUROPE SE DÉLITE, par François Leclerc

Billet invité.

De natures différentes, les crises européennes se suivent et ont en commun de ne pas trouver de solution, menaçant une construction qui chancelle. Piliers de l’Europe, la zone euro a été menacée et l’espace Schengen est désormais en cause. La Commission marginalisée, le Conseil européen se révèle toujours aussi inopérant au fil de crises qu’il affronte sans parvenir à les résoudre, et qui s’accumulent. Mais cela ne se résume pas à un problème présenté comme étant de gouvernance et renvoie aux mesures à prendre pour sortir de la crise, ainsi qu’à la conception de l’Europe qui reste à construire.

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Espirito Santo : ENCORE UN PETIT EFFORT POUR ÊTRE PRÉSENTABLE ! par François Leclerc

Billet invité.

Il reste à faire pour que le sauvetage de la Banque Espirito Santo (BES) soit accompli ! La liste des points à clarifier en suspens s’allonge, et la concrétisation d’une vente rapide de la good bank Novo Banco s’éloigne, celle-ci restant dans les mains de ceux qui voulaient s’en débarrasser comme une patate brûlante.

Un jour, le premier ministre confirme qu’elle doit intervenir dans l’urgence, appuyé un peu vite par Bruxelles, et le lendemain que ce n’est finalement pas si pressé ! Un autre jour, son tout nouveau patron nommé par la Banque du Portugal démissionne – arguant que son mandat initial était de faire vivre la banque et non pas de la brader – le lendemain son remplaçant dont c’est devenu la mission explique qu’il faut arrêter de parler de calendrier et de modèle de vente (par appartement ou non), mais retrousser ses manches pour créer de la valeur, récupérer des dépôts et amasser de bons crédits. Une chatte n’y retrouverait pas ses jeunes.

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LES BANQUES EUROPÉENNES ONT DE QUOI POUSSER UN GRAND OUF ! par François Leclerc

Billet invité.

C’est la rentrée, donnant l’occasion à l’OCDE de délivrer de sinistres prévisions, modifiant les précédentes datant de mai dernier. Montrant que même à court terme, elles ne tiennent pas longtemps la route ! L’accent est mis sur le risque d’une récession si rien n’est fait. Il en sort que l’Italie sera particulièrement touchée par le mal, son ratio dette/PIB appelé à dépasser 145% et sa dette à devenir insoutenable. Et que l’Allemagne voit sa croissance continuer à décliner. À contretemps des dernières décisions des autorités européennes, l’OCDE préconise d’ailleurs que la BCE s’engage de manière décidée dans l’assouplissement quantitatif et remarque que « la reprise mondiale a besoin d’une poursuite du soutien à la demande ». Comme le FMI, l’OCDE s’inquiète de l’euphorie qui règne sur les marchés financiers, « déconnectée » de l’économie réelle et exposée au risque d’une « correction brutale ».

Pour le monde financier aussi, c’est la rentrée ! En Europe, elle suscite de profonds soupirs de soulagement. Non seulement la montée d’un nouveau risque – le risque réglementaire – a pu être stoppée, mais les banques caressent l’espoir que les nouvelles autorités européennes vont assouplir plusieurs dangereux projets, au vu de la nomination aux postes clés de la Commission du Français Pierre Moscovici (dont les prouesses à propos de la séparation des activités des banques à la françaises demeurent dans toutes les mémoires) à l’économie, et du Britannique Jonathan Hill à la régulation financière.
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Espirito Santo : TEST DE VÉRITÉ POUR L’UNION BANCAIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Le calme est revenu sur les marchés européens, mais la partie n’est pas finie. Les interrogations sur la santé réelle du groupe Espirito Santo restent sans réponse, alimentées par de premières découvertes qui en appellent d’autres. Les agences de notation poursuivent leurs dégradations de la note des différentes structures du groupe, sanctionnant des faiblesses avérées et anticipant la révélation de nouvelles. Les liens consanguins qui unissent le groupe justifient toutes les inquiétudes, d’autant qu’il contrôle des secteurs significatifs de l’économie portugaise. L’hypothèse d’une sortie prématurée de la logique des plans de sauvetage s’en trouverait confortée, infirmant les déclarations des dirigeants européens qui l’ont présentée comme une illustration de la justesse de leur politique.

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LE BIEN MAIGRE BILAN DE L’UNION BANCAIRE, par François Leclerc

Billet invité : paru dans Atlantico

C’est in extremis, en toute fin de mandature, que le Parlement européen va ce 15 avril voter l’instauration d’une Union bancaire à laquelle il est prêté bien plus qu’elle ne pourra effectivement résoudre, comme en témoigne la tonalité souvent sceptique des commentaires des analystes financiers. Dès qu’il s’agit des banques, il est conseillé d’y regarder à deux fois, et l’Union bancaire n’y déroge pas, surtout si l’on considère les superlatifs accompagnant sa naissance employés par ses pères.

C’est dans la nuit du 19 au 20 mars dernier qu’un accord de compromis a été trouvé à son sujet entre les ministres des Finances et le Parlement européen, après un an et neuf mois de conciliabules incessants au niveau ministériel, le Conseil européen ayant décidé en juin 2012 de mettre en place un mécanisme de supervision unique des banques. Celui-ci, confié à la BCE pour entrer en service à la fin de l’année, il restait à mettre laborieusement au point le second pilier de l’Union bancaire : son mécanisme de résolution. Afin de déterminer, une fois un problème constaté par la BCE, par qui et comment les décisions s’imposant seront prises, et de quels moyens financiers l’on disposera. L’intention était de mettre sur pied un mécanisme permettant de dénouer le cercle vicieux institué entre dette publique et dette bancaire, cette faiblesse intrinsèque de la crise financière européenne, mais le compte n’y est pas.

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LES ALCHIMISTES DE LA FINANCE BANCAIRE, par François Leclerc

Billet invité

Tirant la leçon qu’elles avaient pris trop de risques, les alchimistes de la finance s’ingénient à ce que les banques en soient dorénavant prémunies. Non pas en les empêchant d’en prendre, mais en le faisant supporter par d’autres.

La réanimation du marché européen des Asset-Backed Securities (ABS) en fournit l’occasion rêvée. Il est annoncé que la BCE et la Banque d’Angleterre joindront leurs forces pour venir en renfort de celles de la Commission, à l’occasion de la tenue de la réunion annuelle du FMI à Washington de cette semaine. La relance de la titrisation pourrait s’appuyer sur une évolution de la réglementation de l’IOEPA, qui regroupe les autorités de contrôle nationales du secteur des compagnies d’assurance et opère dans le cadre de Solvency II, l’équivalent pour celles-ci de Bâle III pour les banques. Toute l’argumentation repose sur le fait que la titrisation n’a pas donné lieu en Europe aux dérives constatées aux États-Unis, ce qui permettrait de l’assouplir… Les banques pourraient alors développer l’émission de titres adossés à des paquets de créances afin de les sortir de leur bilan et les compagnies d’assurance, les acheter, favorisant ainsi la relance du crédit aux entreprises, est-il espéré. Mais comment séparer la bonne de la mauvaise titrisation et donner des garanties à ce propos ? La relance de la machine à fabriquer de la dette est à opérer à ses risques et périls.

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Union bancaire et taxation des transactions financières : DE LA BÊTE POUDRE AUX YEUX ! par François Leclerc

Billet invité

Le temps des conciliabules européens aboutissant à des compromis bancals n’est jamais fini, pas plus que celui de la poudre aux yeux. À nouveau sur la table des négociation, deux dossiers présentés comme déterminants restent dans l’attente d’un compromis tardant beaucoup à venir : l’Union bancaire et la taxe sur les transactions financières.

À l’habitude, un mécanisme compliqué devrait être trouvé afin d’aboutir sur le premier d’entre eux. Quel qu’il soit, il ne répondra pas à trois critiques majeures. Premièrement, le montant maximum de 55 milliards d’euros du fonds destiné à renflouer les banques est totalement insuffisant. Deuxièmement, le lourd processus de décision choisi est inefficace. Troisièmement, la finalisation de l’Union bancaire dans dix ans (ou seulement 5, comme cela se profile) continue de faire reposer l’essentiel de la charge financière sur les États, alors que le problème est immédiat.

Telle qu’elle se dessine, l’Union bancaire continue de prioritairement protéger les banques dans l’espoir qu’elles seront ultérieurement l’instrument de la relance, lorsqu’elles seront enfin parvenues à se désendetter. Comme c’est lié à l’endettement des États, ce n’est pas pour demain ! Mais c’est la seule façon qui a été trouvée pour dénouer le nœud gordien liant dettes publiques et privées : qu’elles soient résorbées ! Il est désormais intégré que nous sommes entrés dans une longue période dont les avant-goûts sont déjà familiers.

Pour exactement les mêmes raisons, le dossier de la taxe sur les transactions financières est resté au point mort malgré que onze pays se soient ralliés à son principe. Les discussions portent notamment sur son assiette et ses taux, et derrière les déclarations du type « elle doit être ambitieuse » (Pierre Moscovici) se dissimulent d’autres calculs. Le sort réservé aux produits dérivés en particulier, quand il s’agit de protéger les intérêts des banques françaises, très actives sur ces marchés. Deux arguments sont utilisés pour minorer en général les taux – ne pas peser sur le crédit aux entreprises et éviter les distorsions de concurrence avec les banques britanniques – on reste dans le classique et l’éprouvé ! Pour mémoire, le projet de la Commission prévoit une taxe de 0,1 % sur les actions et obligations et de 0,01 % sur l’ensemble des produits dérivés. Il se confirme qu’il faut passer à autre chose au lieu de faire de cette taxe un cheval de bataille.

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La régulation trompe-l’œil : UNE PRIME ACCORDÉE AUX RÉCIDIVISTES, par François Leclerc

Billet invité.

« L’horizon bancaire se dégage », titre l’éditorial de l’AGEFI hebdo, une publication qui couvre « tous les métiers de la finance » pour ceux qui les exercent. Le journal traduit un soulagement manifeste au sein de ces honorables professions, qui vont enfin pouvoir penser à l’avenir, se consacrer à l’élaboration de leurs plans stratégiques, et dépenser moins d’énergie dans des batailles défensives contre des dangers réglementaires qui s’amenuisent. Rien qui ne soit trop étonnant, à vrai dire, au risque de se répéter.

Résumons-nous. Avec le Comité de Bâle, la situation est bien en mains. A force d’assouplissements, les ratios que les banques doivent à terme respecter sont tour à tour émoussés, et il en reste encore qui vont subir ce sort : son approche initiale s’est « apaisée », constate le journal. Du côté des taxes, dont les projets ont eu tendance à fleurir, l’élan est brisé. La perception de celle qui devrait abonder le fonds de résolution de l’Union bancaire s’étendra sur une dizaine d’année pour atteindre la mirifique somme de 55 milliards d’euros, si toutefois le projet global est entériné par le Parlement européen. Saluant favorablement ce qu’elle a qualifié « d’avancée » – ce qui incite à s’interroger – la Fédération française bancaire n’a pas manqué de demander que la taxe systémique déjà adoptée en France soit affectée à ce fonds de résolution, diminuant d’autant la nouvelle contribution. En précisant à toutes fins utiles que cette confusion est « impérative ».

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L’argent après l’Union Bancaire, par Alain Monod-Broca

Billet invité.

L'argent

Cher Monsieur,

Laissez moi tout d’abord vous présenter Tous mes vœux pour l’année 2014. Je crois, je crains et, parfois, j’espère que nous aurons particulièrement besoin dans les 12 mois qui viennent du « service public d’information et d’analyse lucide » que nous offre votre blog. Ne laissez pas la lassitude qui vous gagne interrompre votre effort en une telle année. En effet une crise systémique est probable cette année, je crains ses effets et j’espère en même temps qu’elle pourra donner le signal d’une remise en ordre, pragmatique et sans idéologie, de notre système économique et financier. Nous en parlerons le moment venu. (Ou plutôt M. Leclerc et vous nous en parlerez).

Mais je voudrais surtout dans ce courriel vous parler de l’Union Bancaire.

Depuis « La lettre volée » d’Edgar Poe on sait que la meilleur cachette est parfois la plus en vue. Les travaux en cours sur l’Union Bancaire et les textes déjà approuvés s’appuient ainsi sur une affirmation tellement évidente que nul ne pense à la souligner : les dépôts bancaires ne sont pas de l’argent comme les billets de la Banque Centrale ou les comptes ouverts dans ses livres mais des créances affectées, comme toutes les créances, du risque de signature… Voilà la thèse de votre livre L’argent, mode d’emploi totalement validée par tous nos dirigeants politiques et financiers. Je voulais vous en féliciter. Je n’ai pas trouvé ce constat sur votre blog.

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