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Réflexions pour un mouvement néodémocratique (XVI) – Quelle évolution du monde politique pour le mouvement néodémocratique ?, par Francis Arness

Billet invité.

Au regard de notre présente réflexion, il apparaît que nous sommes à un moment de réorganisation générale, y compris politique. Le mouvement néodémocratique à venir pourra s’appuyer sur la société civile. Mais il devra aussi s’appuyer sur le monde politique considéré plus largement que les simples partis, et qui connaîtra des transformations.

La structure  même des partis (y compris ceux faisant preuve de la meilleure volonté) ne leur permet pas de mener une réflexion de fond sur ce que nous devons véritablement faire pour le grand tournant. Leurs modes de décision, de financement, vont à l’encontre de cela. Leur obsession de la performance narrative, ou plus généralement des élections, ne promeut souvent qu’une fausse « activité » des électeurs et ne valorise dans les faits que l’« adhésion » passive des électeurs. Cela est opposé à la venue d’un mouvement néodémocratique généralisé. De plus, à la parole compassée et formatée s’ajoute, complémentaire sur l’échiquier politique général, l’agressivité qui s’appuie sur les passions les plus basses du corps électoral, et essaie de compenser le manque de réflexion et d’inventivité. C’est aussi leur ancrage uniquement national et local qui empêche les partis de pouvoir réfléchir à des solutions en amont.

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Réflexions pour un mouvement néodémocratique (VI) – Les cinq réactions fondamentales face au tournant politique actuel, par Francis Arness

Billet invité.

Dans la situation actuelle de découplage toujours croissant entre, d’un côté, le système et ses appuis, et, de l’autre, la majorité de la population et des classes dirigeantes et responsables de bonne volonté, nous rencontrons – et rencontrerons toujours plus – cinq réactions fondamentales :

1. Une partie importante de la population et des classes dirigeantes et responsables, qui se prêtait au néolibéralisme ou plus largement à la logique de concentration des richesses et du pouvoir, se réfugie maintenant dans la perpétuation de cette occultation.

2. Une autre partie minoritaire et lucide, de la population, des classes dirigeantes et responsables, et des institutions sociales, fait face à la révélation du réel, et à la nécessité de prendre celui-ci en compte pour construire un avenir qui ne soit pas un grand effondrement, mais bien un grand tournant. Ce sont ces forces sociales qui constituent le noyau du tournant néodémocratique à venir. Elles peuvent s’appuyer sur les réflexions de ceux qui, précocement lucides, avaient compris voire prévu de quoi il en retournait bien avant la crise de 2008.

3. Une partie importante et de la population et des classes dirigeantes et responsables de bonne volonté est dans une situation d‘indécision, parfois quasiment de désorientation et de tétanie mentale. Celle-ci est provoquée par le discours médiatique néolibéral qui désarçonne – et vise à ce désarçonnement. Elle est aussi provoquée par le fait que le réel révélé est en soi désorientant, difficile à assimiler, du fait de sa complexité, mais aussi parce que c’est bien de destruction des individus, des sociétés et de l’environnement, d’effondrement civilisationnel, voire de fin de l’espèce humaine, dont il est ici question, et qu’il s’agit d’accepter dans leur possibilité même. Cette partie importante de la population commence à souffrir d’une grande désorientation – sachant que nous sommes tous désorientés par ce qui arrive.

4. Une partie minoritaire de la population et des classes dirigeantes et responsables est opposée au système néolibéral mais n’arrive pas à prendre en compte la révélation du réel. Cela est lié à l’attachement à une identité politique a priori et tournée vers le passé, qui permet de ne pas être bouleversé par le réel qui advient. Une identité politique véritablement efficace est toujours tournée vers l’avenir.

5. Il ne faut pas oublier la partie non négligeable de la population qui est massivement frappée par l’inertie existentielle radicale qu’implique la soumission la plus passive à l’ensemble des pressions sur les conditions d’existence liées aux tendances les plus inquiétantes de notre système social, médiatique et culturel et de sa sous-culture de masse (B. Stiegler [1], C. Salmon [2]). Cette partie de la population, si elle en reste à cette attitude, se tournera petit à petit vers le néoautoritarisme, ou le laissera agir.

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