Archives par mot-clé : Vladimir Nabokov

Le modèle que je propose pour la conscience avait déjà été décrit par…

Il y a un mois et demi j’ai fait une vidéo où j’ai exposé plus systématiquement que d’habitude un modèle de la conscience que j’évoque souvent incidemment et toujours sous une forme seulement partielle depuis que je l’ai ébauché dans un article publié dans la revue L’Homme en 1999,  intitulé « Le secret de la chambre chinoise ».

Or il y a quelque jours, j’ai découvert certains éléments me permettant d’étoffer mon modèle dans un texte publié en 1948, expliquant un texte de 1913, et citant un autre texte datant de 1940 commentant lui aussi celui de 1913. 

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Nous tombons du toit, et voyons que le monde est bon

Je tire mon chapeau au héros qui se précipite dans une maison en flammes pour sauver l’enfant de son voisin ; mais je lui serre la main s’il a pris le risque de perdre cinq précieuses secondes pour sauver, en même temps que l’enfant, son jouet favori. Je me souviens d’un dessin où l’on voyait un ramoneur, qui tombait du toit d’un haut immeuble, remarquer en passant une faute d’orthographe sur une enseigne et se demander, tout en poursuivant sa chute, pourquoi personne n’avait songé à la corriger. En un sens, nous faisons tous le même plongeon mortel, du haut de l’étage supérieur de notre naissance jusqu’aux dalles plates du cimetière, et en compagnie d’une immortelle Alice au pays des merveilles, nous nous étonnons de ce que nous voyons défiler sur les murs. Cette capacité de s’étonner devant des petites choses en dépit du péril imminent, ces à-côtés de l’esprit, ces notes au bas des pages du livre de la vie, constituent les formes le plus hautes de la conscience, et c’est dans cet état d’esprit naïvement spéculatif, si différent du bon sens et de sa logique, que nous savons que le monde est bon.

Vladimir Nabokov, « L’art de la littérature et le bon sens », in Littératures / 1 [1948], Paris : Fayard, 1983

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