Guy Debord ou le portrait de la révolte, par Jacques-Ėmile Miriel

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Dans son propre Panégyrique de 1989, Guy Debord affirmait que sa si « mauvaise réputation » ne lui venait pas, en réalité, de son rôle pendant les événements de Mai 1968 : « Je crois plutôt, écrivait-il, que ce qui, chez moi, a déplu d’une manière très durable, c’est ce que j’ai fait en 1952. » Allusion directe à sa première manifestation artistique, un film de long métrage intitulé Hurlements en faveur de Sade, dont la projection à Paris le 30 juin 1952 devait entraîner un scandale retentissant. Debord évoquait ainsi cette œuvre dans un texte de 1993 : « L’écran était blanc sur les paroles, noir avec le silence, qui allait grandissant ; l’ultime plan-séquence noir durait à lui seul vingt-quatre minutes. »

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Le temps qu’il fait le 27 mars 2015

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Le geste d’Andreas Lubitz, co-pilote de l’A320 de Germanwings.

La mémoire personnelle : Principes des systèmes intelligents (1989 ; 2012)

Friedrich Nietzsche, La naissance de la tragédie (1872)

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Académie Royale de Belgique, « Comment la vérité fut inventée par les philosophes grecs », à Namur le jeudi 12 mars à 17h

Je commenterai le passage suivant de La naissance de la tragédie (1872) de Nietzsche :

« Un phénomène merveilleux, qu’il appelle son « démon », nous permet de voir plus au fond de la nature de Socrate. Dans des circonstances exceptionnelles, lorsque l’extraordinaire lucidité de son intelligence paraissait l’abandonner, une voix divine se faisait entendre, et lui prêtait une assurance nouvelle. Lorsqu’elle parle, toujours cette voix dissuade. Dans cette nature tout anormale, la sagesse instinctive n’intervient que pour entraver ici et là le progrès de l’entendement conscient. Tandis que chez tous les hommes productifs, c’est l’instinct qui est la force positive, créatrice, et la raison consciente une fonction critique, dissuasive, chez Socrate, l’instinct se révèle critique, et la raison est créatrice, — véritable monstruosité per defectum ! Et, en effet, nous constatons ici un monstrueux défaut de toute disposition naturelle au mysticisme, de sorte que Socrate pourrait être considéré comme le non-mystique par excellence, chez qui, par une superfétation particulière, l’esprit logique eût été développé d’une façon aussi démesurée que l’est, chez le mystique, la sagesse instinctive. »

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UNE LIBERTÉ TRÈS CONDITIONNELLE, par François Leclerc

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

« Les Grecs vont avoir des difficultés à expliquer l’accord à leurs électeurs », a commenté Wolfgang Schäuble », qui n’en semble pas mécontent, tandis que Yanis Varoufakis se félicite des « degrés de liberté » supplémentaires qu’il accorde. Dans les faits, le gouvernement grec reste coincé dans un étau financier et a obtenu comme principale concession la promesse d’une flexibilité sur les objectifs précédents d’excédent budgétaire de cette année.

Il va lui falloir attendre pour bénéficier du versement de la dernière tranche de l’aide financière qui était en suspens, sans filet de sécurité. La principale préoccupation étant de contenir les retraits des banques grecques, la BCE ayant fait savoir que des mesures de contrôle de capitaux étaient désormais hors de question. La reprise des facilités de prêt de la BCE aux banques précédemment supprimées – qui permettront aux banques de financer le gouvernement en achetant des bons du Trésor – n’allant pas nécessairement être immédiate et pouvant être plafonnée.

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Réponse à Pierre Sarton du Jonchay, par Dominique Temple

Billet invité, en réponse au dernier billet de Pierre Sarton du Jonchay

Vous écrivez dans un texte synthétique et d’une grande clarté : « Pour élaborer une solution au problème logique qui se pose à l’humain d’aujourd’hui, je retourne à la disposition causaliste de la réalité synthétisée par Aristote depuis 23 siècles. La causalité aristotélicienne décompose la formulation de toute explication du réel en matière, forme, fin et effet…

Je suis votre raisonnement parce qu’Aristote en effet envisage la perspective d’un être vivant et que le vivant connaît que ce qui s’oppose à sa vie et qui est donc de nature physique de sorte que la connaissance est naturellement arrimée à la logique de la physique : telle est la causalité avec laquelle etc.

(Mais Aristote n’ignore pas que si l’homme était mourant, il aurait d’autres pensées qui obéiraient à une autre logique, non plus celle de la physique mais celle de la… vie !)

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La route sera longue

Le temps où sera établie la primauté de l’intelligence est sans doute encore immensément éloigné de nous, mais la distance qui nous en sépare n’est sans doute pas infinie. Et comme la primauté de l’intelligence poursuivra vraisemblablement les mêmes buts que ceux que votre Dieu doit vous faire atteindre : la fraternité humaine et la diminution de la souffrance, nous sommes en droit de dire que notre antagonisme n’est que temporaire et nullement irréductible. Bien entendu, nous les poursuivrons dans les limites humaines et autant que la réalité extérieure, l’Aναγχη le permettra. Ainsi nous espérons une même chose, mais vous êtes plus impatients, plus exigeants, et – pourquoi ne pas le dire ? – plus égoïstes que moi et mes pareils. Vous voulez que la félicité commence aussitôt après la mort, vous lui demandez de réaliser l’impossible et vous ne voulez pas renoncer aux prétentions qu’élève l’individu. De ces désirs, notre Dieu Λογοσ réalisera ce que la nature extérieure permettra, mais seulement peu à peu, dans un avenir imprévisible et pour d’autres enfants des hommes. À nous, qui souffrons gravement de la vie, il ne promet aucun dédommagement.

Sigmund Freud, L’avenir d’une illusion, 1927

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Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (V) Tour de passe-passe involontaire ou délibéré ?

Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (I) Une trouvaille
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (II) Keynes pressé par son agenda politique ?
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (III) « Le taux d’intérêt tend à être égal au rendement marginal du capital »
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (IV) Le rendement du capital provient du travail appliqué aux ressources naturelles

La révolution, Keynes l’écarte, et la raison qu’il donne, c’est le lourd prix humain à payer, dont on sait qu’il sera très élevé alors que le résultat est par nature incertain. L’un de ses étudiants écrit dans les notes qu’il prend lors d’un de ses cours en 1933 : « La tentation existe pour nous de guérir les maux qui découlent de notre incompréhension en recourant à une destruction encore plus massive sous la forme d’une révolution » (Skidelsky 1992 : 502).

Keynes restera attaché toute sa vie à la position qu’il exprime déjà dans l’essai qu’il consacre à Edmund Burke (1729-1797), alors qu’il n’est encore qu’un étudiant de 21 ans, passage que j’ai déjà eu l’occasion de citer :

Notre capacité à prédire est si faible qu’il est rarement avisé de sacrifier un mal actuel pour un hypothétique avantage futur […] il ne suffit pas que l’état de fait que nous cherchons à promouvoir soit meilleur que celui qui le précède, il faut encore qu’il soit à ce point préférable qu’il compense aussi les tragédies qui accompagnent la transition (Skidelsky 1983 : 155-156).

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 8 AOÛT 2014

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La vidéo de la semaine dernière : Le temps qu’il fait le 1er août 2014

… et sa transcription

Annie Le Brun : Soudain un bloc d’abîme, Sade (Jean-Jacques Pauvert 1986 ; Folio)

Principes des systèmes intelligents (1989 : 2012)

« Le secret de la chambre chinoise »L’Homme, 150, 1999 : 177-202.

Le surmoi

Sigmund Freud : Malaise dans la civilisation (1929)

Les « esprits animaux » de Keynes

« Le temps qu’il fait » le 22 février 2013 au Théâtre du Rond-Point

Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009)

Le prix (2010)

 

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 18 AVRIL 2014

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Être optimiste (= Croire ?) et être pessimiste (= Savoir ?)

Jean Pouillon, Remarques sur le verbe ‘croire’, 1979

PJ : Principes des systèmes intelligents, Masson 1989 / Le Croquant 2012, pp. 222-228

Refoulement, dénégation, déni, scotomisation, forclusion, les mille et une façons de refuser de voir la réalité en face

Octave Mannoni, « Je sais bien, mais quand même » dans Clefs pour l’imaginaire ou l’Autre Scène, Le Seuil : 1969

Blog de PJ : Demain… est si vite arrivé !, par Steve

PJ : Misère de la pensée économique, Fayard 2012

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LE RÔLE DE LA VERTU DANS LE CHANGEMENT, par Pierre-Yves Dambrine

Billet invité, en réaction au billet d’Un Belge

Il me semble qu’il n’est pas inutile ici d’introduire une notion très ancienne, et quelque peu galvaudée, celle de l’exemplarité. Aristote évoquait la vertu sans laquelle aucune politique digne de ce nom n’aboutit. Il notait d’ailleurs à propos de la philia que la personne dont le statut social est élevé pouvait avoir pour ami un homme de condition inférieure, mais à la condition que le premier ait une vertu supérieure au second. On reconnaît là bien sûr le principe de proportionnalité présent dans toute l’oeuvre du stagyrite (Ethique à Nicomaque, VIII,15). Il faut préciser que la vertu pour Aristote s’incarne au plus haut point chez celui qui est capable de raisonner, c’est-à-dire d’atteindre l’universel, j’ajouterais, de proposer un nouvel odre des raisons dans ce cadre de l’universalité, si bien que l’amitié « des hommes vertueux et qui sont semblables en vertu » est plus parfaite que celle fondée sur le plaisir ou l’utilité (Ethique à Nicomaque, VIII, 4, 8).

La transmissibilité de la compréhension de nos actions à un niveau supérieur, à d’autres, au plus grand nombre, autrement dit le travail sur les représentations indispensable pour changer de cadre, trouve une sérieuse limite lorsque ceux qui prônent le changement, surtout ceux qui ont un statut social supérieur, ne mettent pas leur comportements au jour le jour et visibles de tous, en adéquation. Nous avons tous en tête des exemples d’hommes politiques et d’intellectuels qui prônent de nouvelles pratiques et agissent en contradiction avec celles-ci, compromettant alors sérieusement leur crédibilité.

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Le supposé « fourvoiement fondateur » de Foucault, par Jeanne Favret-Saada

Billet invité.

Selon Paul Jorion,

« Chez Michel Foucault, le fourvoiement fondateur n’est pas marxiste : c’est le soutien qu’il apporte au projet de théocratie iranien. Engagement ‘ fondateur’ bien que tardif – parce qu’il éclaire rétrospectivement le parcours intellectuel antérieur. Il intervient si tard dans le cours de sa vie que le temps lui manquera pour entamer son autocritique – au cas où tel aurait été son désir. »

Pardonnez-moi, mais on ne peut pas écrire cela. La première « cause » défendue par Foucault a été celle de ses étudiants tunisiens de 1966 à 1968. Foucault arrive à Tunis en 1966 : peu après, les étudiants se mettent en grève et manifestent pour protester contre le prix du transport à l’Université. Leur professeur les admire : « Il n’y a probablement qu’au Brésil et en Tunisie que j’ai rencontré chez les étudiants tant de sérieux et tant de passion, des passions sérieuses et ce qui m’enchante plus que tout, l’avidité absolue de savoir. » confie-t-il au journal La Presse le 12 avril 1967. De mars à juin 1968, l’agitation étudiante reprend, cette fois contre la visite du Secrétaire d’Etat US : manifestations violentes, attaques des ambassades américaine et britannique, boycott des cours, arrestations en nombre. Foucault est indigné par l’invasion constante des policiers dans les salles de cours ou par les arrestations pour la détention d’un tract, qui radicalisent les étudiants et leur professeur lui-même (il se fait casser la figure par un policier au cours d’une manifestation). Par comparaison, il déteste le mouvement français de 1968 : de petits branleurs qui ne risquent rien. A l’époque, Foucault n’est pas « de gauche » : il coopère avec le ministre français de la Recherche et enseigne à l’ENA, je le dirais plutôt gaulliste ou centriste, mais c’est une ex-gauchiste qui parle. 

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La liberté se réduit à une idéologie mise au service d’une classe privilégiée, par Nadir (Nadj Popi)

Billet invité.

J’ai établi une dichotomie assez claire entre l’hystérèse, c’est à dire le « sublime » ou l’« apriorisme » de Kant (théorie pure), le « réel » de Marx (à partir de Hegel) et Lacan (le « Néant » de Sartre et de Hegel, le « sujet qui fâche » de Žižek, etc.), et le processus aliénant de l’ontologie.

L’épistémologie ou la philosophie des sciences consiste à partir de la théorie pure (apriorisme) pour en faire un processus ontologique aliénant universel et nécessaire. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’épistémologie « marxienne » de Popper, von Mises et Hayek.

Popper propose de prendre la théorie pure (métaphysique) ce qu’il appelle « réalisme », qui n’est ni démontrable, ni vérifiable puisque par définition il échappe à tout processus ontologique (de symbolisation), c’est ce que l’on peut appeler « idéologie », et faire de cette théorie pure un processus ontologique qui conférera à la théorie un caractère scientifique.

C’est la raison pour laquelle ce qui traduit le passage de la métaphysique à la science est ce processus d’ontologisation ou de « falsification » ou infirmation. C’est là la logique de la science ou le caractère formel ou ontologisant de la science. Popper ne reprend-il pas dans La connaissance objective (1972), une formule de Marx quand il dit que la théorie est le produit de l’activité humaine (apriorisme) qui transcende et aliène ensuite son propre créateur (processus ontologique).

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LA BOUCLE RÉTROACTIVE DU TEMPS, par Nadir (Nadj Popi)

Billet invité

Je voudrais souligner la sagacité de l’analyse que Bernard Stiegler livre au journal L’Humanité datée du 26 avril dans laquelle il lit Marx en termes de causalité inverse. Je souscris pleinement à son propos en utilisant le système théorique d’Alfred Schütz qu’il est important de mobiliser pour comprendre la causalité circulaire de la dialectique matérialiste de Marx : sa logique extractive et déformatrice en forme de boucle.

Alfred Schütz (1899-1959) est un sociologue phénoménologue autrichien (qui a influencé des sociologues américains comme Goffman ou encore Garfinkel) qui, avec la publication de son opus magnum de 1932 : « The phenomenology of the social world » a tranché le conflit des méthodes entre les idéalistes et les historicistes qui a resurgi dans les années 1930 avec la critique de l’empirisme historiciste wébérien formulée par Von Mises défenseur de la position idéaliste (apriorisme).

Alfred Schütz trancha le débat en proposant, grâce à un appareillage théorique composé du processus de Constitution emprunté à Husserl et de la conception rétroactive du temps de Bergson, une véritable théorie de la dialectique matérialiste hégélienne et donc marxienne mais beaucoup plus précise que celle de Hegel et de Marx en cela qu’il introduit la temporalité rétroactive de Bergson qui confère à cette dialectique matérialiste le caractère de boucle soustractive.

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GUY DEBORD (1931 – 1994), Bibliothèque Nationale de France, du 27 mars au 13 juillet 2013

Un hommage à Guy Debord débute dans les jours qui viennent à la Bibliothèque Nationale de France et j’en découvre l’existence grâce aux articles publiés dans la presse. En lisant ceux-ci j’ai l’impression d’entendre parler d’une exposition consacrée aux fossiles du mésozoïque, probablement parce que les auteurs de ces comptes rendus sont jeunes ou en tout cas beaucoup plus jeunes que moi et que le nom « Guy Debord » leur semble enfoui dans la nuit des temps.

Ce n’est pas le cas en ce qui me concerne : plus âgé que moi sans doute Debord n’en était cependant pas moins à mes yeux, mon contemporain, à preuve que j’achetais les cahiers de l’Internationale situationniste au moment de leur parution, et non chez un bouquiniste bien des années plus tard. Je ne veux pas dire pour autant qu’il était aisé de se les procurer. Propos d’ancien combattant : seule une boutique d’art avant-gardiste dans la rue des Éperonniers les recevait à ma connaissance à Bruxelles et les volumes aux couvertures métallisées se retrouvaient dans mon sac en compagnie un jour de Julian Beck et de Jean-Jacques Lebel, un autre des Bâtisseurs d’Empire, pièce écrite par un illustre joueur de trompinette.

On nous explique aujourd’hui que Debord était ceci ou cela « par rapport à Marx ». La référence aurait paru incongrue à l’époque où il écrivait, tant il était clair que Debord était 100% hégélien. Hégélien de gauche comme Marx aussi sans doute, mais comme une branche divergente au sein de l’hégélianisme de gauche, ce qui interdit que l’un soit le disciple de l’autre, même si pour Marx par rapport à Debord, la question ne se pose pas bien entendu.

On ne sait plus rien aujourd’hui du XIXe siècle, sinon qu’on se souvient précisément de Marx et aussi de Darwin. Et ils ont du coup censément tout inventé à l’époque : on attribue ainsi à Marx en économie politique la totalité de ce qu’il a trouvé chez Adam Smith et Ricardo, et en philosophie tout ce que Hegel lui avait transmis. Les hommes sont bien avares de leur mémoire.

Quand nous ouvrons la bouche aujourd’hui, nous répétons du Debord, du Marcuse, de l’Adorno ou du Horkheimer, tout comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Aussi, à ceux qui parlent d’un de vous quatre comme d’un iguanodon de Bernissart, je vous le dis bien haut : « Vous êtes vivant ! »

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CONVERTIBILITÉ DES UNIVERSAUX (OU TRANSCENDANTAUX), par Marc Weinstein

Billet invité. À propos de « Comment la vérité et la réalité furent inventées » (Gallimard 2009).

Il y a parfois en philosophie des questions d’apparence très « technique », apparence derrière laquelle les citoyens-philosophes peuvent avoir intérêt à se glisser. Pour ma part, j’ai ressenti le besoin de préciser les enjeux quotidiens, sociaux, politiques, anthropologiques de la question de la convertibilité des universaux (ou des transcendantaux). En bref, cette question abstraite me paraît avoir, en arrière-plan, des questions concrètes et fondamentales concernant la vie commune – du type : qu’est-ce qui fait l’unité (l’universalité relative ou absolue) de telle société humaine ? Comment fait-on du commun à partir de la multiplicité diverse des êtres, des choses, des lieux ? Et dans la mesure où ontologie et gnoséologie sont inséparables, quel type de savoir contribue à l’unité de la multiplicité sociale ? Ou encore : quels sont, les attributs dont je peux prédiquer tous les sujets de telle société ou de la société mondiale ? Faire le sens (d’une société), n’est-ce pas faire son unité, c’est-à-dire définir les caractères communs, universellement prédicables, de ses « composantes » ?

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