AU FMI, UN VER DANS LE FRUIT, par François Leclerc

Billet invité.

Une cinquième colonne dormante aurait-elle été réveillée au sein du FMI ? Trois de ses économistes, dont le directeur adjoint de son service d’études, viennent de poser une mine à mèche lente sur le site officiel du Fonds.

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ELSA, European Law Students’ Association, Pros and cons of austerity measures, à Strasbourg, le 1er décembre de 17h à 19h

Austerity

ELSA, « the European Law Students’ Association »

« Pros and cons of austerity measures » qui se tiendra le mardi 1er décembre 2015 de 17h à 19h au Centre Européen pour la Jeunesse de Strasbourg, 30, rue Pierre de Coubertin – 67000 Strasbourg Wacken

Je débattrai avec Thierry Burger-Helmchen, Professeur de gestion à l’Université de Strasbourg

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Effondrement versus mutation (II), par Michel Leis

Billet invité. Suite de Effondrement versus mutation (I).

Il ne faut pas imaginer les scénarios de mutation comme un complot décidé en haut lieu par une oligarchie soudain consciente des nécessités du changement. C’est juste la convergence de décisions isolées, certaines sont dictées par une culture commune, d’autres par des impératifs qui finissent par s’imposer au plus grand nombre, d’autres encore obéissent à une logique et à des objectifs qui n’ont rien à voir, mais qui contribuent néanmoins à cette mutation du système, enfin, la frange la plus avancée du capitalisme voit dans le changement une opportunité de pérenniser et d’accroître les profits. On est au cœur de cette logique du « il fallait se dépêcher de tout changer afin que rien ne change » qui était au cœur de mon premier essai[i], ces bouleversements en profondeur qui accompagnent des décisions qui ne sont pas forcément coordonnées ou concertées. La convergence de décisions isolées laisse intact le double questionnement évoqué dans la première partie de ce billet. Comment réduire la consommation des individus ? Comment obtenir le consentement de la majorité des citoyens à une réduction subie ?

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Le brûlot de Arnaud Montebourg et Matthieu Pigasse : un avertissement salutaire, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

« Hébétés, nous marchons vers le désastre ». Ainsi commence la tribune de Arnaud Montebourg et Matthieu Pigasse, publiée dans le JDD du 7 juin 2015, comme un coup de tonnerre dans le ciel orageux de la zone euro. La présence, à côté du « trublion » Arnaud Montebourg, du « banquier » Matthieu Pigasse oblige, cette fois-ci, à considérer et prendre au sérieux ce texte. Il mérite, en effet, beaucoup plus que le mépris que lui a témoigné Stéphane Le Foll, porte-parole du Gouvernement, sur France Inter le 8 juin

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La victoire de David Cameron, par Michel Leis

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La victoire de David Cameron aux élections en Grande Bretagne est un très mauvais signal adressé au monde politique. Avec la réélection de Merkel en 2013, elle tendrait à servir d’exemple à un personnel politique européen tout entier tourné vers l’accomplissement d’une carrière dans les sphères du pouvoir (je parle ici des partis traditionnels). Il suffirait d’une relative prospérité économique mesurée essentiellement par le taux de croissance (1,6 % en Allemagne et 2,6 % au Royaume-Uni pour une moyenne européenne à 0,9 %) et un taux de chômage (4,8 % en Allemagne et 5,5 % au Royaume-Uni contre 9,9 en moyenne européenne) un peu plus bas que dans le reste de l’Union Européenne pour emporter sinon l’adhésion, du moins le consentement de la majorité de la population et des classes moyennes en particulier. Dans ces conditions, on comprend l’importance de marteler ce discours sur le retour de la croissance en Europe.

Étrange illusion en vérité. Les conditions dans lesquelles ces résultats sont obtenus traduisent le renforcement d’un darwinisme social exacerbé.  Le Royaume-Uni compte près de 5.2 millions de travailleurs pauvres, c’est l’un des pays les plus inégalitaires du monde occidental, tandis que l’Allemagne compte près de 15 % de sa population en dessous du seuil de pauvreté.  Tout se passe pourtant comme si la croissance retrouvée et un chômage bas redonnaient une vigueur apparente à quelques messages pourtant démentis par les faits : cela ira mieux demain, celui qui a envie peut s’en sortir, l’ascenseur social est toujours présent. Ce message de la réussite des individus est entre parenthèses le message de toutes ces émissions de télé qui envahissent nos écrans où l’élimination progressive des candidats donne l’illusion qu’un talent quelconque permet de s’imposer aux autres.

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France 24 : La semaine de l’éco, Paul Jorion en duplex de Bruxelles, le vendredi 31 octobre de 15h15 à 16h

L’émission de Stéphanie Antoine « La semaine de l’écho » sur France 24.

J’ai un peu eu l’impression de mon côté d’entendre dans ce que disent certains autres intervenants les communications du ministère de la propagande. J’espère faire penser quant à moi au petit garçon qui voit passer l’empereur victime d’un courtisan trop flatteur.

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SORTIR DE L’IMPASSE, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

Plus les années passent, plus s’accroît la sensation que l’Europe s’enfonce dans une impasse redoutable vers laquelle la dirige l’indigence des autorités de la Zone Euro. L’on a le sentiment extrêmement pénible que l’Europe est en train de reproduire le processus des « années 30 ». En témoignent plusieurs traits de la situation actuelle.

En premier lieu, en ce qui concerne notre pays, l’obligation, à laquelle ses gouvernants se croient tenus d’obéir pour « rester dans les clous » de la voie tracée par les autorités de Bruxelles, de passer au crible toutes les composantes du Pacte résultant des accords sociaux signé après la Seconde Guerre Mondiale, qu’il s’agisse, par exemple, du régime de l’allocation-chômage dont l’actuel ministre de l’Economie a clamé haut et fort qu’il ne saurait constituer un tabou, de la remise en question du régime de l’emploi à vie des fonctionnaires, élément capital de la fonction de « service public, ou encore, de la prime à la naissance, clef de voûte de la politique familiale qui est l’une des « réussites françaises ».

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LE MONDE : « Keynes nous jugerait sévèrement », lundi 6 – mardi 7 janvier 2014

Ma chronique mensuelle : La leçon du vrai Keynes

Que dirait Keynes revenu parmi nous des politiques économique et financière qui sont les nôtres ? Je parle ici du véritable John Maynard Keynes, et non des économistes contemporains que l’on appelle par facilité de langage, « Keynésiens » et dont la pensée est très éloignée, pour la plupart, de celle du Keynes historique.

Il serait consterné, comme il le fut toujours, devant les politiques d’austérité et rejetterait avec horreur notre invocation sentencieuse d’un impératif de « compétitivité », l’aimable euphémisme auquel nous recourons pour désigner la politique cynique du « moins-disant salarial ».

Le niveau atteint par les salaires était jugé par Keynes non révisable à la baisse et ceci pour deux raisons, l’une purement économique, l’autre « d’ordre moral » selon ses termes, mais nous pourrions dire tout aussi bien d’ordre « sociologique » ou « politique ».

La raison d’ordre économique est que l’appel à une baisse des salaires est révélateur d’un contexte déflationniste où l’exigence d’une « réduction des coûts du travail » est l’un des symptômes du problème qui se pose. Or la déflation doit être traitée en tant que telle par une politique monétaire et fiscale et non en s’attaquant à l’un de ses symptômes, stratégie vouée à l’échec car se contentant d’effleurer la surface des choses en ignorant leurs causes profondes.

Les salaires ne baissent jamais parce que les salariés y consentent, souligne Keynes, ils baissent parce que la déflation cause du chômage, lequel modifie le rapport de force entre employeurs et employés, forçant ces derniers à consentir à une baisse des salaires contraints et forcés. Cette situation est intolérable du fait que dans le partage de la nouvelle richesse créée entre ce que Keynes appelle la « classe des investisseurs », la « classe des affaires » et la « classe de ceux qui gagnent leur vie » (Earning Class), le rapport de force est, même dans un contexte économique optimal, défavorable à ces derniers : les salariés.

Le niveau des salaires est, dans les terme de Keynes : « poisseux » (sticky). Pareil en cela au niveau des profits ou des loyers, il réagit aux pressions économiques dont il est l’objet : il résiste à la baisse – résultat bien entendu de la résistance collective des intéressés, travailleurs, commerçants ou propriétaires d’immeubles.

Pour Keynes, les salaires ne peuvent constituer une variable d’ajustement : ce sont les autres variables, en particulier le taux de change et le niveau des prix qui doivent s’adapter au niveau des salaires et non l’inverse. La raison de cela, il l’expliqua dans un pamphlet publié en 1925, The Economic Consequences of Mr Churchill :

Nous nous situons à mi-chemin entre deux théories du tissu économique. Selon l’une d’elles, le niveau des salaires devrait se fixer en fonction de ce qui est « juste » et « raisonnable » dans le rapport entre les classes. Selon l’autre théorie – la théorie du rouleau compresseur (juggernaut) économique – le niveau des salaires sera déterminé par la pression économique, encore appelée la « dure réalité », et notre grosse machine devrait progresser imperturbablement, sans autre considération que son équilibre comme un tout, et sans accorder une attention quelconque aux conséquences hasardeuses du voyage pour l’un ou l’autre groupe de la population.

La contrainte « sociologique » selon Keynes est le maintien d’un consensus sociétal : si des équilibres économiques peuvent apparaître dans différents types de configuration, le critère pour en viser l’un plutôt qu’un autre c’est ce que cet équilibre signifie en termes de consensus global. L’objectif est une minimisation du dissensus produit par le ressentiment accumulé entre classes sociales. Aussi hétérogène que puisse être l’ordre social existant, il est impératif qu’aucune composante de la société n’en vienne à juger la situation comme désormais intolérable – une considération devenue étrangère à nos dirigeants, obnubilés qu’ils sont aujourd’hui par les caprices du marché des capitaux.

Keynes s’irritait du fait que quand une conjoncture économique difficile oblige de se tourner vers la nation pour lui réclamer des sacrifices, seule « la classe de ceux qui gagnent leur vie » soit mise à contribution, la « classe des investisseurs » et celle « des affaires » étant épargnées comme une chose allant de soi. Cette constatation l’avait conduit en 1925, dans son pamphlet visant Churchill alors Chancelier de l’Échiquier, ministre des finances, à proposer malicieusement – sachant pertinemment qui dans l’édifice social pousserait aussitôt des cris d’orfraie – une baisse des salaires, à condition que la mesure s’accompagne d’« un impôt additionnel de 1 shilling par livre [soit 5 %] sur l’ensemble des revenus autres que les salaires, impôt à maintenir jusqu’à ce que les salaires effectifs aient retrouvé leur niveau antérieur ».

Par cette provocation à l’égard des nantis, Keynes attirait l’attention sur le fait que dans notre représentation des processus économiques, les revenus de la « classe de ceux qui gagnent leur vie » sont considérés comme compressibles et à tout moment négociables, alors que ceux de la « classe des investisseurs » et de la « classe des affaires » sont spontanément jugés eux comme non-négociables et non-compressibles : si le « moins-disant salarial » s’est vu conférer, sous le nom pompeux de « compétitivité », le statut de dogme, les dividendes et le profit sont eux protégés d’un tabou (décrété autrefois, on le suppose, par le fameux Veau d’Or !). Le moment est venu de remettre en question ce postulat inique.

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LA COTE D’ALERTE EST DÉPASSÉE, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

Cela a retenti comme un coup de tonnerre ! un sondage concernant les élections européennes, le Front National devancerait l’UMP et le Parti Socialiste arriverait en troisième position.

Et ce phénomène n’est pas spécifique à la France. L’hypothèse selon laquelle le regroupement des partis « populistes » dans l’Union européenne obtiendrait la majorité relative au Parlement européen l’an prochain ne saurait être écartée.

Voilà à quoi ont mené bientôt quatre ans de politiques suicidaires en Europe. Et ceci ne peut pas être imputé uniquement à l’aveuglement néo-libéral des eurocrates de Bruxelles, mais résulte de la décision des chefs d’Etats et de Gouvernements réunis en Conseil.

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L’actualité de demain : APRÈS LA GRÈCE, LE PORTUGAL ? par François Leclerc

Billet invité.

En attendant le tour de la Grèce, retardé le plus possible parce qu’encore plus dérangeant, le Portugal est de retour sur la sellette, n’ayant comme perspective que de suivre la même pente après avoir été longtemps présenté comme le bon élève de la classe. La Troïka a entamé sur place un nouvel examen des résultats du programme de rigueur, reporté étant donné la crise politique, tandis que le vice-premier ministre en charge du dossier, Paulo Portas, réclame un assouplissement de 4% à 4,5% des objectifs de réduction du déficit fin 2014, déjà demandé mais pas obtenu après deux assouplissements successifs, en septembre de l’année passée et mars dernier. « Il faudra qu’on nous explique comment on va pouvoir passer d’un déficit de 5,5% en 2013 à un déficit de 4% en 2014 » s’est interrogé Antonio Saraiva, le patron des patrons portugais. Tenir l’objectif de fin d’année de 5,5% n’est même pas garanti.

Anibal Cavaco Silva, le président, est intervenu de manière inaccoutumée pour demander à la Troïka de « faire preuve de bon sens ». A la clé, le déblocage d’une tranche de crédit de 5,5 milliards d’euros. Le retour sur le marché du pays, prévu pour juin 2014, apparaît de plus en plus compromis, le taux à 10 ans de la dette du pays atteignant un insoutenable 7,4%, se rapprochant de son niveau de juillet dernier au plus fort de la crise politique. Comment, dans ces conditions, se présenter sur le marché pour emprunter afin de commencer à rembourser les 78 milliards d’euros d’aide au total accordées par l’Union européenne et le FMI, les banquiers publics du pays ? Afin d’éviter l’affichage politique désastreux que représenterait un nouveau plan de sauvetage, un habillage pourrait être trouvé sous la forme d’une ligne de crédit.

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L’AFFAIRE REINHART ET ROGOFF OU LA « SCIENCE ÉCONOMIQUE ORDINAIRE »

François Leclerc y a fait allusion dans un billet vendredi : l’une des nouvelles de la semaine dernière, c’est l’échec d’une tentative faite par une équipe d’économistes de l’université du Massachusetts à Amherst de reproduire les conclusions d’un article de Reinhart et Rogoff affirmant qu’une fois que la dette souveraine des États dépasse les 90% de Produit Intérieur Brut, une récession est inéluctable. Données manquantes, formules erronées dans le tableur Excel, conclusion extrapolant de beaucoup ce que révèlent les chiffres, toute la panoplie s’y trouve des vices de la « science » économique, dans son emploi comme ici de « science économique ordinaire »

Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff sont les auteurs de This Time is Different. Eight Centuries of Financial Fallacy, une analyse historique fameuse des défauts sur dette souveraine au fil des siècles. L’ouvrage, publié par Princeton University Press en 2009, s’est à ce point imposé rapidement comme un monument, que Reinhart et Rogoff sont apparus un moment comme favoris au « Nobel d’économie » 2012 (les lauréats furent Alvin Roth et Lloyd Shapley).

Il se fait que cette proposition des 90% a abondamment servi de justification aux politiques d’austérité mises en application en Europe depuis quelques années.

Vendredi soir, dans le cadre de son émission Ce soir (ou jamais !), Frédéric Taddéi s’est fait expliquer l’incident par Philippe Askénazy, économiste atterré et chroniqueur comme moi au Monde-Économie, sur quoi, Alain de Benoist, philosophe de l’ex-« Nouvelle droite », a commenté : « Ce qui est formidable, c’est que cet incident est une confirmation extraordinaire de ce qu’écrit Paul Jorion dans son livre sur la science économique paru chez Fayard » (pour les puristes : à 14m02s).

La fausseté globale des modèles économiques et l’usage de la « science » économique comme simple discours de justification des financiers quand ils s’adressent à la classe politique, est en effet la thèse principale de Misère de la pensée économique, paru en octobre dernier chez Fayard. Le fait est qu’à mon sens, la quasi-totalité des tentatives de reproduire les résultats d’une étude économique ou financière, déboucheraient de la même manière sur un échec : les libertés prises par rapport aux données sont en effet massives, quand il ne s’agit pas tout simplement de ce que j’appelle l’« imperméabilité aux faits » caractérisant de façon générale la « science » économique.

Paraît dans l’édition papier du Financial Times aujourd’hui, une tribune de Wolfgang Münchau intitulée : Perils of placing faith in a thin theory, ou « du danger d’accorder foi à une théorie mince ». Le sous-titre affirme : « Reinhart et Rogoff ont raconté aux politiques ce que ceux-ci voulaient entendre », une manière de situer le rapport de force un peu plus en faveur de ces derniers que je ne le fais moi d’habitude, mais à part ça, une thèse très proche de la mienne.

Münchau termine son billet en écrivant : « La règle des 90% est […] incroyablement inconsistante. Mais bien qu’ayant été réfutée, elle continuera de déterminer les politiques pendant un certain temps », là aussi, à quelques nuances près, une autre manière d’exprimer l’« imperméabilité aux faits » de la « science » économique.

 

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VENIR VOIR LA VIE À ATHÈNES, par Pierre Bousquet

Billet invité.

– « Viens à Athènes, viens voir la vie ici, c’est important de pouvoir témoigner… ».

C’est ainsi, que répondant à l’invitation d’une amie pharmacienne à Athènes je suis arrivé en Grèce alors que les yeux de la communauté internationale était plutôt tournés vers Chypre.

Que signifie concrètement une baisse de 25 % du P.I.B. en quelques années ? quelles sont les conséquences sanitaires d’un chômage de plus de 25 % (et de 60 % chez les moins de 25 ans), comment agir face à la pénurie de médicaments ?

Et bien, j’ai été édifié.

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LE TONNEAU DES DANAÏDES (II), par Michel Leis

Billet invité

L’image du tonneau des danaïdes de mon précédent billet renvoie à cette impossibilité apparente de combler les fuites du système. Le discours dominant de la classe politique insiste sur la nécessité de réformes structurelles dans l’économie réelle et se focalise sur deux sources de fuite : le déficit chronique de la balance commerciale, synonyme de sortie permanente de capitaux dans certains pays, et le déficit public des États nécessitant un recours constant à l’emprunt. Ce même discours dominant insiste sur deux remèdes présentés comme incontournables : la compétitivité et l’austérité.

Dans le précédent billet, j’ai tenté de montrer en quoi la spécialisation relative des pays fondateurs de l’espace européen s’est opérée en fonction de deux modèles dominants, marques et enseignes. Une spécialisation relative sur le mode enseigne s’accompagne le plus souvent d’un déficit commercial structurel lié entre autres aux caractéristiques inhérentes à ce modèle. Tout d’abord, l’investissement est plus atomisé, ce qui ne favorise pas la remontée des capitaux dans les maisons mères, ensuite la politique d’achat est déterminante et se fait souvent au détriment des producteurs nationaux. Avec l’élargissement de l’Europe, la spécialisation s’est faite bien plus sur les avantages comparatifs, bien que des considérations de marché n’étaient pas absentes pour les pays du sud. Dans cette nouvelle donne, les nouveaux entrants de l’ex-bloc de l’Est siphonnent petit à petit une partie de la production des pays fondateurs et des pays du sud rentrés plus tardivement en Europe.

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CHRONIQUES D’UN HIVER EUROPÉEN – 3ème ÉPISODE, par Étienne Haug

Billet invité. Voici le troisième épisode radiophonique du périple initié par Étienne Haug pour raconter l’Europe de l’austérité. Le sujet est toujours la Grèce, ce qui coïncide avec les enjeux des élections qui se tiennent aujourd’hui même.

Le site d’Étienne Haug, pour suivre son parcours.

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CHRONIQUES D’UN HIVER EUROPÉEN – 2ème ÉPISODE, par Étienne Haug

Billet invité. Voici le deuxième épisode radiophonique du périple initié par Étienne Haug pour raconter l’Europe de l’austérité

Le site d’Étienne Haug, pour suivre son parcours.

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L’actualité de la crise : LE REJET ET LA COLÈRE, par François Leclerc

Billet invité

Les manifestations d’Athènes de ce week-end ne doivent pas occulter celles qui viennent de se dérouler au Portugal et en Espagne, où la tension sociale continue de monter. Partout, rien ne garantit que la résignation l’emportera sur une révolte de moins en moins contenue, alors que la situation de l’emploi et le niveau de vie continuent de se détériorer, précipitant dans la pauvreté des couches entières de la société. Parmi les paris qui sont tenus, celui-ci n’est pas le moindre.

Venant par cars entiers de tout le pays, des dizaines de milliers de manifestants – 300.000, selon la CGTP, la plus grande centrale syndicale – sont venus protester dans les rues de Lisbonne, afin de « pouvoir respirer, vivre et travailler », selon Armenio Alves Carlos, son secrétaire général. Une nouvelle journée d’action est prévue pour le 29 février prochain, alors qu’est annoncée la venue des représentants de la Troïka pour effectuer un bilan des mesures de rigueur prises par le gouvernement Passos Coelho : hausses d’impôts, baisse de prestations sociales, augmentation du tarif des transports et révision du code du travail.

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30 JANVIER 2012 : UN ACCORD MAL CONÇU, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité

Des économistes de plus en plus nombreux démontrent, jour après jour, l’inanité d’une politique exclusivement fondée sur l’austérité. Pourtant, à l’exception de deux trublions, la Grande Bretagne et la République tchèque, les dirigeants des « 27 » viennent d’adopter un Traité impliquant, comme disposition essentielle, une « règle d’or » contraignant tous les pays-membres à inscrire dans leur constitution l’obligation de revenir à l’équilibre budgétaire. Tel est, en effet, le principal élément de cet accord, celui que l’on retient.

Ce n’est pas le principe de la recherche de l’équilibre budgétaire qui est ici en question, mais la manière dont il est formulé. Car, en effet, l’économie ne fonctionne pas comme l’entendent les concepteurs de la règle d’or, surtout dans un cadre pluriel. Comme le rappellent, là encore, plusieurs économistes, le bon équilibre peut exiger de certains pays, à certaines époques, que leurs budgets soient déficitaires en fonction de leur situation économique. Formuler ceci n’est pas faire preuve de keynésianisme sommaire. Peut-on concevoir une union de 27 pays dont tous les budgets seraient en équilibre en même temps ? De même, peut-on imaginer que toutes les entreprises d’un pays puissent présenter à un même moment des situations d’endettement nul ? Certaines d’entre elles sont endettées en vue de financer les investissements nécessaires à leur progression future, quand d’autres sont excédentaires en raison de résultats exceptionnels du passé. En outre, faut-il rappeler que, dans le « Flash Economie » publié par Natixis le 6 janvier 2012, Patrick Artus démontre que, au delà d’un certain stade, des politiques budgétaires trop restrictives, en raison de la réaction des économies considérées à ces politiques, déclenchent un processus pervers selon lequel l’activité économique s’affaiblit dangereusement et le résultat recherché n’est plus obtenu, les politiques budgétaires ne réduisant plus les déficits publics. Ceci est manifeste dans le cas de la Grèce, mais la même évolution de dessine en Espagne et pourrait survenir plus tard dans d’autres pays (Portugal, par exemple).

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COURTES IMPRESSIONS DU SÉJOUR À ATHÈNES, par Étienne

Billet invité. Il y a quelques semaines, le blog de Paul Jorion s’est associé à l’initiative d’Étienne d’un webdocumentaire radiophonique sur l’austérité en Europe. Étienne livre ici (ainsi que sur son blog) ses premières impressions depuis son arrivée en Grèce

Me voici depuis presque une semaine à Athènes, découvrant la réalité de la situation. Au premier regard, et sans avoir de connaissances antérieures de la ville, rien ne semble bien différent d’une autre grande métropole, mis à part de petites affichettes jaune et rouge. Et ce n’est pas une surprise, la vie continue ici, bien entendu. Mais avec un arrière-goût amer. C’est en discutant avec les gens, rencontrés au hasard, qu’on se rend compte de l’incroyable de la situation. Apparemment, c’est depuis l’été dernier que tout s’accélère : c’est ma plus grosse surprise, moi qui croyais que la crise progressait constamment depuis deux ans.

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CE QUE VEULENT LES MARCHÉS ET CE QUE VEULENT LES AUTRES

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

La différence entre ce que veulent les marchés et ce que veulent les autres fut particulièrement visible dans les rues d’Athènes hier, après que le parlement grec vota les mesures d’austérité réclamées par les premiers.

On entendit dire hier en Grèce ce qu’on avait entendu dire en Belgique il y a quelques mois : que ce que les marchés désirent est plus essentiel que ce qu’expriment les citoyens par leur vote. Ce n’est pas neuf : on a pu lire dans le Salammbô de Flaubert que le désir du dieu Moloch de dévorer les enfants de Carthage était plus important que le souci de leurs parents de les maintenir en vie.

Les « marchés », ce sont les investisseurs : ceux qui disposent du capital. Autrement dit, un sous-ensemble des citoyens. Faire passer leurs désirs avant ceux des autres revient à remplacer la démocratie du suffrage universel par celle du système censitaire. Cela doit être dit.

Pour ceux qui n’auraient pas lu le roman de Flaubert : c’est une histoire brutale qui finit très mal.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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