La victoire de David Cameron, par Michel Leis

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La victoire de David Cameron aux élections en Grande Bretagne est un très mauvais signal adressé au monde politique. Avec la réélection de Merkel en 2013, elle tendrait à servir d’exemple à un personnel politique européen tout entier tourné vers l’accomplissement d’une carrière dans les sphères du pouvoir (je parle ici des partis traditionnels). Il suffirait d’une relative prospérité économique mesurée essentiellement par le taux de croissance (1,6 % en Allemagne et 2,6 % au Royaume-Uni pour une moyenne européenne à 0,9 %) et un taux de chômage (4,8 % en Allemagne et 5,5 % au Royaume-Uni contre 9,9 en moyenne européenne) un peu plus bas que dans le reste de l’Union Européenne pour emporter sinon l’adhésion, du moins le consentement de la majorité de la population et des classes moyennes en particulier. Dans ces conditions, on comprend l’importance de marteler ce discours sur le retour de la croissance en Europe.

Étrange illusion en vérité. Les conditions dans lesquelles ces résultats sont obtenus traduisent le renforcement d’un darwinisme social exacerbé.  Le Royaume-Uni compte près de 5.2 millions de travailleurs pauvres, c’est l’un des pays les plus inégalitaires du monde occidental, tandis que l’Allemagne compte près de 15 % de sa population en dessous du seuil de pauvreté.  Tout se passe pourtant comme si la croissance retrouvée et un chômage bas redonnaient une vigueur apparente à quelques messages pourtant démentis par les faits : cela ira mieux demain, celui qui a envie peut s’en sortir, l’ascenseur social est toujours présent. Ce message de la réussite des individus est entre parenthèses le message de toutes ces émissions de télé qui envahissent nos écrans où l’élimination progressive des candidats donne l’illusion qu’un talent quelconque permet de s’imposer aux autres.

Voilà deux pays érigés sinon en modèle, du moins en exemple. Peu importe au fond la manière dont la richesse se répartit. Les syndicats sont laminés en Grande Bretagne, seuls des mouvements ponctuels ou localisés traduisent les craquements du système : mouvement étudiant de 2010 contre l’augmentation des frais de scolarité, émeutes dans les quartiers défavorisés (et même au centre de Londres après la réélection des conservateurs), percée du nationalisme écossais résolument de Gauche. En Allemagne, les mouvements de grèves se sont multipliés dans des entreprises où les syndicats sont encore bien implantés : Lufthansa, Deutsche Bahn, traduisant le malaise d’employés qui voient les fruits de cette croissance leur échapper.

Au-delà des conditions qui entourent ce soi-disant miracle économique, il est un autre facteur volontairement ignoré par le monde politique, celui de la prédation exercée par ces pays sur le reste de l’Europe. Au Royaume-Uni, la City est l’une des toutes premières places financières mondiales, elle capte un nombre important des transactions financières dans l’Union européenne, on n’est pas seulement dans un modèle de paradis fiscal façon luxembourgeoise, c’est la financiarisation de l’économie qui se construit au Royaume-Uni. La City représente plus de 6 % des emplois directs en Grande Bretagne auquel il faut probablement ajouter de nombreux emplois indirects. Dans un autre domaine, celui du marketing, de la communication et des nouveaux concepts commerciaux, la Grande-Bretagne occupe aussi une place de choix au détriment de la plupart des autres pays européens : c’est elle qui donne le la en matière de concept de vente et de marketing. En Allemagne, la spécialisation dans le haut de gamme permet de capter des profits et des excédents commerciaux. Le créneau du haut de gamme est beaucoup moins touché par la crise, expliquant pour partie la bonne santé économique de l’Allemagne.

C’est une prédation, car ces « réussites » sont uniques et ne sont pas reproductibles. S’imposer comme place financière mondiale ou comme symbole d’une qualité haut de gamme a pris des décennies, voire des siècles à ces pays. Quels que soient les discours sur la compétitivité (au sens large), sur les compétences ou la taille des banques françaises, on ne peut effacer d’un trait de plume des décennies. La position de ces deux pays dans certains secteurs n’offrent aucune perspective de se faire une place au soleil pour les autres, au moins à court et à moyen terme.

C’est une prédation, car cette captation des revenus et des services se fait en imposant une politique au reste de l’Europe : l’austérité et le libéralisme. Le Royaume-Uni va se retrouver au même niveau de dépenses publiques (en %) que dans l’après-guerre, triste record en vérité. L’austérité imposée n’impacte absolument pas la prospérité de ces pays (on ne peut pas en dire autant pour 99% de leurs citoyens), mais appauvrit le reste de l’Europe, la transformant peu à peu en une forme de colonie dont on extrait les ressources et où l’on puise les richesses en fonction des besoins. Il me semble d’ailleurs que la position européenne de ces pays est guidée par cette double approche économique et électoraliste : volonté marquée d’en sortir au Royaume-Uni, la City n’a pas vraiment besoin de l’UE pour continuer son activité, beaucoup plus « européaniste » pour l’Allemagne dont les riches européens restent les premiers clients.

Il se construit ainsi une hiérarchie de pays dominants, fondés sur des avantages particuliers qui sont difficile à remettre en cause. Au Darwinisme social exacerbé de nos sociétés, celui des 1%, s’ajoute cette hiérarchie de plus en plus forte des pays. L’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis sont en mesure d’exercer des rapports de forces, voire une prédation sur l’ensemble de l’Occident. Il existe en face des pays qui entendent aussi maintenir leur capacité d’exercer des rapports de forces et agir en fonction de leurs propres intérêts (ou du moins de ceux de leurs dirigeants). La Russie accumule les moyens militaires tandis que la Chine a deux fers au feu, entre puissance économique et renforcement de l’armée.

Cette coexistence de hiérarchies sociales fortes en interne, d’une volonté à peine masquée d’imposer des règles au reste du monde de la part d’un petit nombre de pays ressemble à la situation qui a précédé la Première Guerre mondiale: Une double prédation, celle de pays au service d’une petite oligarchie financière et politique, et celle d’une poignée d’individus eux-mêmes qui ne connaissent plus de limites dans leur envie d’accaparer toujours plus. On sait ce qu’il en est advenu.

 

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33 réflexions sur « La victoire de David Cameron, par Michel Leis »

  1. Quid d’un schéma global de cette prédation ? Au fur et à mesure qu’on peut assurer la subsistance de survie des X% les plus pauvres (ceux au taquet du bas, si tant est qu’il existe) pour une part de plus en plus petite du PIB européen, –écran plat et Nike compris quand ils tombent du camion s’ils le faut,– cette prédation se nourrit sur l’écart entre ce taquet du bas et au-dessus, un niveau de classe moyenne.
    Et ce sur la tranche de population correspondante, qui va croissante au fur et à mesure du processus.

    La limite de ce processus qui fait empiéter des marges de plus en plus grandes dans le terrain de la pauvreté sociale se situe alors quelque part entre le Brésil et le Bangladesh, en effet.

  2. La mutation de la République romaine, déjà impériale de fait depuis longtemps de par sa domination militaire, en régime impérial au sens politique, ne s’est pas effectuée dans la joie des peuples dominés, ni d’ailleurs du peuple romain lui-même…

    Observer l’histoire, toujours.

    1. « déjà impériale » « régime impérial »

      Leis: « une volonté à peine masquée d’imposer des règles au reste du monde de la part d’un petit nombre de pays »

      Impérialisme.

      La montée des nationalismes un peu partout dans le monde s’oppose à cet impérialisme de moins en moins masqué et de plus en plus agressif (pour nous Washington et Bruxelles).

      Les zélites de l’UE nous vendent comme fédéralisme ce qui n’est qu’un impérialisme (et encouragent les régionalismes pour prendre les nationalismes en tenaille?).

      Qu’est-ce que le véritable fédéralisme? Un mixte de symétrie et d’antisymétrie?

  3. @ timiota

    « Quid d’un schéma global de cette prédation? »

    Mon petit radotage thomien habituel.

    1. L’évolution des sociétés est lamarckienne. Cf. à partir de 39’40 (lapsus compris!):
    https://www.youtube.com/watch?v=B1t_o_CMA_E

    2. La prédation est à la base de l’embryologie animale. Thom lui associe la catastrophe de fronce qui est à 2 paramètres de commande.

    3. L’essence du capitalisme est la prédation (darwinisme social) et le pouvoir exercé par l’élite capitaliste est réel. Pour le lacanien Charles Melman (L’homme sans gravité) « La barbarie consiste en une relation sociale organisée par un pouvoir non plus symbolique mais réel ». Le système capitaliste nous contraint donc à vivre en pleine barbarie, comme des animaux.

    4. Une société ne peut fonctionner que s’il y a réciprocité dans les échanges (cf. ce que dit Dominique Temple à ce sujet). Cela peut se faire de manière « soft », par don et contre-don, ou « hard », par prédation et contre-prédation. Nos sociétés « modernes » ont (et s’apprêtent à?) choisi(r?) la deuxième forme.

    5. Mon dada est que l’échange par don et contre-don est associé à la catastrophe de double fronce, obtenue par couplage de deux catastrophes fronces, le « miracle » étant qu’il y a synergie, que le tout est plus que l’ensemble des parties, parce que le nombre de paramètres de commande est 8 (ce serait 4 s’il n’y avait pas synergie).
    Cette catastrophe ne fait pas partie des 7 catastrophes élémentaires qui sont toutes à au plus 4 paramètres de commande.
    Thom (lettre à Benoît Virole): « La typologie des catastrophes élémentaires peut être utile au début, mais il ne faudrait pas s’y attacher rigidement. Après tout l’échange commercial don + contre-don est socialement assez fondamental, mais il n’existe aucune singularité de codimension < 4 qui le réalise …"
    Selon Thom une relation sociale par don et contre-don est donc nécessairement organisée par un pouvoir symbolique, non réel, non barbare, par un centre organisateur qui est "ailleurs" (pour moi dans un espace de dimension 8).

    6: S'esquisse ainsi, pour moi, une théologie athée, une religion laïque (dont les grands prêtres seraient mathématiciens! 🙂 ) candidate à être un tronc commun à toutes les religions du monde*.
    Tout ceci exige d'être platonicien ++, ce à quoi PJ s'oppose assez violemment…

    * Jean Petitot associe la formule canonique du mythe de Lévi-Strauss à cette catastrophe de double fronce:
    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article /hom_0439-4216_1988_num_28_106_368968

    1. Juste une correction : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hom_0439-4216_1988_num_28_106_368968 (sans hiatus entre article et /hom)

      et deux références (je n’ose écrire « infos ») :

      La regrettée L.ynn Margiulis, qui s’inscrit dans une longue tradition en partie française, a formulé la théorie de l’Evolution par acquisition de génomes : elle a identifié les bactéries dont descendraient les chloroplastes (capture et utilisation des photons dans les plantes), les micro-tubules (division des cellules) les mitochondries (stockage et libération d’énergie) et les neurones (pas seuls impliqués dans le travail du cerveau du reste, mais bon … ça calme un peu l’hubris…).

      Longtemps rejetée, sa théorie devient peu à peu l’orthodoxie.
      Voir par exemple, l’excellent « La symbiose » de Marc André Selosse publié en 2000 chez Vuibert

      Cette théorie est d’ailleurs aussi signée de, son mari, pourtant journaliste, Carl Sagan; dont une autre notion celle d’ « hiver nucléaire », établie par une recherche sur les éruptions volcanique, dans le but d’arrêter la folie d’une guerre nucléaire dite « limitée », sous Raegan, est aujourd’hui commune en climatologie.

      D’un autre génie féminin assez méconnu : la réhabilitation de Lamarck, de la physicienne et biologiste moléculaire Mae-Wan Ho.
      Les plantes transgéniques constituent la preuve éclatante de l’hérédité de caractères acquis, ce qui lui a donné à réfléchir, dès 1990. .
      D’abord pressentie pour étudier les dossiers d’autorisation d’ogm par la couronne anglaise (comme en France Séralini fut de la Commission du Génie Biomoléculaire) elle fut virée de son université (pas lui), pour en avoir tiré les conséquences, et publie sur le site de l’ Institute of science in society
      Quelles conséquences ? Recensement des erreurs de dossier, qui ont fait perdre tant de temps et d ‘argent à l’industrie biotech, mais surtout, et plus impardonnable : démonstration de transfert d’ADN dits horizontaux, par exemple du maïs aux bactéries du sol ou de l’intestin, à la suite de l’imposition artificielle de nouveaux « gènes » (terme indéfini sauf en marketing).

      La rejoignent enfin quelques esprits libres en France, comme Eric Bapteste, auteur du « les gènes voyageurs » paru en 2013 chez l’éditeur courageux Belin :

      1. @ Nougaret

        C’est la première fois que je vois quelqu’un d’autre que moi parler de Lamarck sur ce blog. Qui plus est quelqu’un qui a des connaissances en bio alors que je n’en ai aucune (comme le fait justement remarquer Piotr ci-dessus je ne suis qu’une pie voleuse des temps modernes, un copieur-colleur).

        Mae-Wan Ho, Edith Heard, René Thom¹ et bien d’autres: les petits ruisseaux finiront, j’en suis convaincu, par faire les grands fleuves.

        http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/04/13/l-epigenetique-une-heredite-sans-adn_1684720_1650684.html

        « Le dernier défi de l’épigénétique, et non des moindres, renvoie aux théories de l’évolution. « Alors que le génome est très figé, l’épigénome est bien plus dynamique », estime Jonathan Weitzman, directeur du Centre épigénétique et destin cellulaire (université Paris-Diderot-CNRS). « L’épigénome pourrait permettre aux individus d’explorer rapidement une adaptation à une modification de l’environnement, sans pour autant graver ce changement adaptatif dans le génome », postule le chercheur. L’environnement jouerait-il un rôle dans la genèse de ces variations adaptatives, comme le croyait Lamarck ? Reste à le démontrer. Epigénétique ou non, le destin est espiègle : le laboratoire qu’anime Jonathan Weitzman n’a-t-il pas été aléatoirement implanté… dans le bâtiment Lamarck ?

        Le destin serait encore plus espiègle si Weitzman faisait sauter la barrière de Weismann! 🙂

        1: pas Waddington si j’en juge par sa préface de la deuxième édition de « Stabilité structurelle et morphogénèse » (il n’y a, à ma connaissance, aucune référence explicite à Lamarck dans la première édition)!

      2. Lapino, un conseil d’ami: si tu ne veux pas voir l’ami Google associer trop aisément ton idole René avec le trio catastrophique Margiulis/Mae-Wan Ho/Séralini, évite de le citer près de cette triste troïka….
        Ps: Google’s your friend si tu veux en savoir plus…

  4. L’analyse est forte et implacable et évidemment terrifiante dans ses implications. Pour essayer de ne pas désespérer (complètement), peut-on penser aux contradictions qui pourraient porter en germe des surprises positives dans ce processus ressemblant à celui de 1914 — et en modifier le déroulement ? Pour dire autrement : un peu de yin dans le yang ou de yang dans le yin (Pierre-Yves me pardonnera 🙂 )… Dans ce cas il faut bien sûr considérer ce qui c’est passé en Écosse : pas seulement une victoire « nationaliste » mais une victoire d’une gauche classique, celle qui défend les intérêts du peuple. Et qui pourrait poser bien des problèmes à Londres vu comme centre de pouvoir.
    Une trop forte victoire est parfois un pas en avant vers la chute finale si l’on ne maîtrise pas son hybris potentielle…

    1. Une trop forte victoire est parfois un pas en avant vers la chute finale si l’on ne maîtrise pas son hybris potentielle…
      Bien vu. Si le referendum promis par Cameron débouche sur une sortie de l’UE, cela aura pour conséquence probable l’indépendance d’une Écosse très majoritairement favorable à son maintien dans l’UE. Tout comme l’Irlande du Nord ou le pays de Galles d’ailleurs…

    2. Tourne pas autour du pot Seignan. Milliband a fait une campagne un peu trop à gauche, il a pris une branlée. Point. On se fout du folklore écossais. Le blairisme est l’extrême de la gauche acceptable en Grande-Bretagne depuis les nullards Wilson/Callaghan.

      1. A la lecture quotidienne du Guardian, pourtant très loin d’être un repère de gauchistes, c’est l’analyse contraire qui prévaut.
        C’est bien parce que le Labour a fait une campagne calquée sur les thèmes de Cameron, et a notamment refusé de se prononcer contre les politques austéritaires, que le Guardian estime qu’ils ont pris une branlée. Considérant l’implantation traditionnelle de ce parti en Ecosse et au vu des résultats du SNP, ce point de vue ne semble pas totalement dénué de fondement.

        Les blairistes affirment bien sûr le contraire, ce qui est logique pour eux dans l’optique de reprendre la direction du parti suite à la démission de Miliband.

      2. C’est ça c’est ça. Ça doit être pour ça que le labour n’a rien rogné sur l’électorat des lib-dems

  5. Que pense le cœur du réacteur belge de la victoire de Cameron et de la City ?

    PS : Si la City confie ses prévisions aux instituts de sondages britanniques, on comprend pourquoi a maîtrise des produits dérivés est aléatoire .

  6. Il faut relativiser :
    les conservateurs gagnent les élections et le max de sièges avec 37 % des voix de 66 % de votants .
    Drôle de démocratie !
    La RUSSIE et la CHINE ne font pas qu’accumuler les moyens militaires.
    Les BRICS, après avoir mis en place une banque mondiale commune , viennent de décider de créer un fonds commun de réserves de monnaie.
    Une alternative à la banque mondiale et au FMI ?!
    http://www.lepoint.fr/monde/poutine-ratifie-un-accord-dotant-les-brics-d-un-fonds-de-100-milliards-de-dollars-02-05-2015-1925789_24.php

    1. les conservateurs gagnent les élections et le max de sièges avec 37 % des voix de 66 % de votants .
      Drôle de démocratie !

      C’est le modèle grec non ? Syriza avait fait 36% pour 64% de votes exprimés…

      1. Exact Piotr. Rien à voir avec la proportionnelle « renforcée » des Grecs mais le résultat est le même ici: avec 35 à 40% des votes t’es le roi carotte.

  7. Excellent constat, mais encore une fois hélas pas une solution….
    Comment peut-on en sortir quand on voit les difficultés du gouvernement Grec aujourd’hui.

  8. « 

    La victoire de David Cameron aux élections en Grande Bretagne est un très mauvais signal adressé au monde politique

    Les sujets de sa gracieuse Majesté,ont choisi selon un mode de scrutin qui vaut ce qu’il vaut ,de réélire les conservateurs,d’après les instituts de sondage ,c’était loin d’être gagné.
    So what? les agneaux ont choisi le loup de la City .Consternant, n’est il pas !

  9. Je précise que je n’ai pas eu le temps de lire tous les commentaires. Alors n’en veillez pas à la possible répétition du propos au cas ou les questions qui suivent ont déjà trouvé débat… Hier à la lecture de cette article je partageais partiellement son analyse. Partiellement car je ne savais pas encore identifier ce qui me manquer comme élément prospectif afin de trancher plus nettement mon opinion. Afin aussi de dépasser un sentiment légitime certes, d’énervement par rapport aux comportements « belliqueux » des oligarchies Allemandes et Anglaises visées dans le billet…

    Mais aujourd’hui c’est Fiorentino sur canal+, que je ne supporte pas par ailleurs, tellement de casserole sans suite lui colle au fesse, qui s’en faire exprès m’a éclaircie les idées…

    Il a parlé des conséquences nuisibles pour la Grande Bretagne, en terme « quantitatif » et de PIB, bien sur, des conséquences du Brexit par exemple, qui se répercuteraient automatiquement sur une hausse de l’inflation, incontrôlée, voir incontrôlable. Hors ce pays comme l’Allemagne dans une autre mesure, détiennent des records d’inégalités et de paupérisation des classes du bas (contrat zéro heure, job à 1 euro, etc) pour des pays extrêmement riches.

    Et cette hausse des prix, dans des pays favorisant à ce point de l’indécence que les classes moyennes sup et les très riches, les patrons, les actionnaires, les robots, logiciels défiscalisés, etc, favorisant la baisse des bas salaires, la croissance de la précarité dans l’emploi, la casse du reste d’Etat providence, tous ces facteurs ne pénaliseraient-ils en premier lieu et de manière plus dangereuse encore les plus pauvres, modestes, etc, victimes de tant de cupidité, de court-termiste électoral, financier, etc, victimes d’un fascisme de classe…, et d’un regain de nationalisme xénophobe… ? J’ai cru lire souvent sur ce blog ce qui y est nommé « effet cliquet ».

    Pour autant être contre ces oligarchies et dirigeants-es politiques AL et GB, etc, aux idéologies et convictions « zombies », mortifères, confisquant les pouvoirs et exercices démocratiques des catégories populaires non représentées, ne doit pas, il me semble, signifier, être contre les plus pauvres, modestes citoyens-nes de ces pays, leurs esclaves qu’ils-elles manipulent, instrumentalisent.

    Sinon, si nous ne faisons pas de distinction nette entre bourreaux et victimes, « maîtres » et esclaves, ne risquons nous pas de participer malheureusement, à l’auto-réalisation de la prophétie crainte en conclusion de ce billet, soit d’un risque de guerre mondiale sous quelques formes différentes quelles prennent… ?

    Faire cette distinction si indispensable ne peut-il pas passer par l’analyse du taux d’abstention, l’analyse sociologique et géo-démographie, l’analyse du pouvoir médiatique autant qu’intellectuel etc dans ces deux pays respectifs, pour comprendre la part réelle des dynamiques en jeux et celles des fantasmes, de la propagande que nos médias reprennent avec délectation puisque servant la TINA et nos oligarques, politiciens-nes, etc ?

  10. Article de Romaric Godin sur le site La Tribune: La victoire de David Cameron est-elle la victoire de l’austérité ?

    Le système électoral britannique – qui attribue le siège de la circonscription au candidat arrivé premier, quel que soit son score – est un miroir particulièrement déformant. Aussi les 24 sièges supplémentaires arrachés par les Conservateurs ne sont-ils le fruit que d’une augmentation de 0,8 point du score en vote de ce parti. Ce que David Cameron est parvenu à faire, c’est maintenir ses positions de 2010, pas davantage. En ce sens, les Travaillistes du Labour connaissent une progression deux fois plus élevée de leur score électoral (+1,5 point à 30,4 %).

    Les conservateurs bénéficient de l’effondrement du parti libéral démocrate:

    Dans de nombreuses circonscriptions jadis acquises à ce parti, l’effondrement de ce dernier a laissé les Conservateurs en première position, même lorsqu’ils progressaient peu.

    Au total le parti conservateur prend une majorité absolue des sièges avec un vote stagnant, tandis que la coalition sortante perd 15 pc de voix et 23 sièges.
    Et le Labour se fait prendre 40 sièges en Ecosse mais en gagne 16 ailleurs.

    il est faux de prétendre qu’il y a eu le 7 mai une «adhésion massive» à David Cameron.

    Quant à l’embellie (des chiffres) économique(s), elle n’est pas davantage un effet de la politique de Cameron, mais repose sur un déficit budgétaire, un déficit courant, tous deux de +- 5 pc du PIB, un fort endettement des ménages, et une politique facilitatrice de la Banque d’Angleterre qui n’a rien à voir avec celle de la BCE.

    Cameron a juste eu du bol.
    La conflictualité sociale et régionale au Royaume-Uni ne peut que se trouver attisée par le résultat de ces élections.

    1. Rappelons qu’une démocratie ne se défini PAS comme une dictature de la majorité mais comme le respect des minorités. A ce titre , le UK n’a guère de leçons à prendre.

    2. Merci Romaric de confirmer mon opinion: l’électorat des Lib-dems a migré vers les conservateurs plutôt que vers les travaillistes et le système électoral britannique est presque aussi déformant que le grec.
      Quant à

      l’embellie (des chiffres) économique(s), elle n’est pas davantage un effet de la politique de Cameron, mais repose sur un déficit budgétaire, un déficit courant, tous deux de +- 5 pc du PIB

      bravo pour l’absurdité du truc, Leboutte; comme si le gvt Cameron n’avait eu aucun effet sur la politique budgétaire…

      1. L’électorat libéral démocrate n’a pas migré vers les conservateurs. L’effondrement lib dém (- 15,9 pc) a donné en bien des circonscriptions la première place au parti conservateur, sans que ce dernier recueille un vrai supplément de voix, qui n’est par ailleurs que de + 0,8 pc sur l’ensemble du territoire. Les électeurs libéraux démocrates défaillants ont majoritairement voté Ukip, qui connaît un triplement des suffrages (+ 9,5 pc), et devient avec 3.000.000 de voix le troisième parti du pays, mais ne remporte qu’un seul siège.
        Les détails dans l’article, et aussi ici dans Le Monde.

        Quant aux déficits courant et budgétaire, ce n’est pas une politique volontaire typique d’un parti conservateur « attaché à l’orthodoxie financière. » Godin signale que la croissance dont Cameron a profité ne repose pas sur des bases forcément brillantes.

      2. Ah ok, et si l’on admet que des swing voters Lib-dems auraient choisi Ukip plutôt que Tories, ça signifierait donc que le programme de Milliband n’était décidément pas assez à gauche pour ces ex votants Lib-dems, i.e « pas assez de gauche »signifiant ici pas assez anti-européen… Lumineux.
        Et si Cameron programme un référendum sur l’UE c’est évidemment pour éviter de voir le Labour et les Lib-dems décimés par le vote Ukip…
        Si les déficits britishs n’étaient pas issus d’une « politique volontaire typique », à combien auraient-ils été ou dú être avec une politique de déficits « volontaire typique » ?
        Et c’est quoi des « bases brillantes » pour la croissance selon Romaric ? Sans endettement ?
        Les militants me gavent.

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