LE TEMPS QU’IL FAIT LE 30 AOÛT 2013

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Les révélations de Snowden ont-elles une influence sur la réponse de l’Occident à la situation en Syrie ?

– Washington Post : U.S. spy network’s successes, failures and objectives detailed in ‘black budget’ summary, le 29 août 2013

– Les InRocKs : Lettre de Bradley Manning à Barack Obama, le 22 août 2013

– Blog de PJ : Les langues se délient… à très grande échelle, le 21 août 2013

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LA LOYAUTÉ, JE SAIS : C’ÉTAIT IL Y A LONGTEMPS, MAIS VOUS EN SOUVENEZ-VOUS ?

L’article de Der Spiegel révélant l’espionnage à grande échelle par les États-Unis des organes de décision des puissances européennes, leurs alliés les plus proches et les plus fidèles, rappelle étrangement l’attitude qui avait été celle de la banque d’investissement Goldman Sachs en 2008, tirant parti de la confiance que lui accordaient ses meilleurs clients pour leur vendre les produits financiers les plus avariés dont elle cherchait à se débarrasser.

La parole donnée, et la parole respectée, l’identification d’une personne – ou en l’occurrence, d’une nation – à ses engagements, la loyauté vis-à-vis de ses amis, et dans la mesure du possible vis-à-vis de chacun, sont indispensables à la vie en société : sans elles, c’est bien simple : le tissu social s’effrite, puis s’effondre sans espoir de retour.

Il est bien tard sans doute, mais il existe encore une chance ténue de restaurer la confiance trahie : interrompre immédiatement les pratiques condamnables, punir les responsables, et présenter des excuses sincères.

Lorsque Bradley Manning révéla le contenu des câbles du Département d’État expliquant aux diplomates américains que l’espionnage de la nation hôte faisait désormais partie de leurs attributions et de leurs devoirs, la traduction du soldat devant une cour martiale était loin de constituer la réponse appropriée. S’époumoner avec une véhémence allant toujours crescendo contre la traîtrise supposée du lanceur d’alerte Edward Snowden, constituerait une fois de plus une réponse parfaitement inappropriée et ferait, cette fois, désespérer de la capacité-même de cette nation à s’amender. Les pays européens trahis dans leur confiance devraient en tirer toutes les conséquences. Les justifications avancées seront bien entendu qu’il existe des ennemis pires encore que de tels amis, mais la capacité-même à vivre en société, dont la parole donnée et la loyauté sont les piliers, constitue le dernier bastion : celui qui ne peut à aucun prix tomber.

P. S. : Je me posais la question de savoir si la réponse américaine serait à la hauteur. Voici ce que nous rapportent les agences de presse aujourd’hui lundi 1er juillet à 14h47 :

« Chaque pays dans le monde engagé dans des relations internationales ayant des implication de sécurité nationale, met en oeuvre de nombreuses activités afin de protéger sa sécurité nationale et de nombreux types d’informations peuvent y contribuer. Pour autant que je sache, cela n’est pas inhabituel pour un grand nombre de pays » a déclaré John Kerry, Secrétaire d’État (ministre des affaires étrangères) américain.

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FRAUDE FISCALE : J’AI VRAIMENT BIEN DE LA CHANCE !

Vous savez, j’ai vraiment bien de la chance. Le soldat Bradley Manning est traduit en justice en ce moment-même, devant une cour martiale aux États-Unis ; Julian Assange est confiné à l’ambassade de l’Équateur à Londres, sachant qu’il sera arrêté s’il cherchait à en sortir ; Aaron Swartz s’est suicidé, la rumeur voulant que la raison en est son intime conviction qu’il serait inculpé de bien davantage que d’effraction d’une base de données universitaire ; quant à Edward Snowden, il est quelque part à Hong Kong, et pas près d’en sortir. Tout cela pour avoir répété des horreurs : des choses abominables que l’on chuchote sans doute mais que l’on ne dit jamais, au grand jamais, à voix haute. Et moi, je m’apprête à vous répéter des horreurs du même acabit alors que, assis confortablement dans mon fauteuil, je ne cours absolument aucun risque d’arrestation.

Pourquoi ? parce que je vais me contenter de mettre sur le papier ce que je viens d’entendre dire dans une vidéo sur un site-toile, et que je n’ai même pas à me presser à la pensée que ce matériau subversif risque de disparaître dans les secondes qui viennent pour être remplacé par un laconique : « Retiré par l’usager » puisque le site en question est celui du Sénat de la république française, et que je ne ferai rien de plus que rapporter les propos de M. Pierre Condamin-Gerbier, gestionnaire de fortune, ancien associé-gérant chez Reyl Private Office, devant la Commission d’enquête sur le rôle des banques et acteurs financiers, le 12 juin 2013, autrement dit, mercredi de la semaine dernière.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 13 JUIN 2013

James Jean
The Amazing Adventures of Kavalier & Clay (2000)
Dire honnêtement comment ça se passe vraiment
Edward Snowden
La guerre civile numérique (Textuel 2011)
Le ver informatique Stuxnet
LE MONDE, « Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés », le 4 avril 2013
LE MONDE, Cahuzac n’est qu’un « fusible », le 13 juin 2013
Peter Finch dans Network (1976)
* Je me trompe dans la vidéo : je dis « Albert Finney » au lieu de « Peter Finch »
Le rapport Greece: Ex Post Evaluation of Exceptional Access under the 2010 Stand-By Arrangement, IMF Country Report No. 13/156, June 2013
Les cours constitutionnelles comme contre-pouvoir

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 5 AVRIL 2013

L’affaire Cahuzac et ses retombées… qui ne font que commencer !

J’évoque ceci dans la vidéo, mon billet du 20 janvier 2010 : Top 10 du Post des blogs politiques qui montent.

J’écris à l’époque : 160.000 accès mensuels ; pour mettre en perspective, aujourd’hui : 303.000 accès mensuels.

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LE MONDE OÙ NOUS VIVONS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Révolté par la bavure du 12 juillet 2007 à Bagdad, quand neuf hommes furent abattus par deux hélicoptères, dont deux correspondants de guerre de l’agence de presse Reuters, et un père de famille qui se portait au secours d’un des journalistes qui n’était encore que blessé, et dont les deux enfants furent grièvement blessés, le soldat Bradley Manning a communiqué à WikiLeaks les enregistrements des « incidents », ainsi que 260 000 dépêches diplomatiques américaines. Il attend – dans des conditions de détention brutales – d’être jugé par une cour martiale. Il y a vingt-deux chefs d’accusation retenus contre lui, dont « collusion avec l’ennemi ».

Révolté par la bavure du 12 juillet 2007 à Bagdad, Julian Assange, en a fait circuler au nom de WikiLeaks une vidéo intitulée « Meurtre collatéral », et a rendu public une partie des 260 000 dépêches diplomatiques transmises par Manning et en particulier celle où la Secrétaire d’État Hillary Clinton enjoint aux diplomates américains de se consacrer, comme faisant désormais également partie de leur mission, à l’espionnage. Le Vice-Président des États-Unis, Joe Biden a qualifié Assange de « terroriste haute technologie ». Newt Gingrich, une personnalité du parti républicain qui envisage d’être candidat aux prochaines élections présidentielles américaines, a qualifié Assange de « combattant ennemi », le terme inventé aux États-Unis pour désigner les prisonniers qui peuvent être détenus indéfiniment sans jugement, en contravention avec les principes élémentaires du droit. Une rumeur veut qu’un grand jury s’est déjà réuni pour déterminer si Assange peut être inculpé d’espionnage.

Révolté par l’existence de l’islam, le pasteur Terry Jones a solennellement brûlé un coran le 20 mars dernier. Hier, à Mazar-I-Sharif, en Afghanistan, une foule en colère à la suite de cet acte, a tué sept membres du personnel de la représentation des Nations-Unies : quatre Népalais, un Suédois, un Roumain et une Norvégienne. Le pasteur Terry Jones va bien, merci.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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