L’actualité de demain : À CHYPRE, LA FINANCE DE L’OMBRE PREND SES AISES, par François Leclerc

Billet invité.

Contrairement à l’adage, il peut-être indiqué de revenir sur les lieux du crime. Chypre a disparu des écrans radars et c’est bien dommage, car on pourrait y contempler un nouvel échec de la succession des plans de sauvetage des apprentis sorciers en charge du destin de l’Europe.

Ce qu’il va advenir de la Banque de Chypre, la principale banque commerciale de l’île, est en jeu après qu’elle a été forcée d’absorber Laiki, l’autre grande banque, et qu’un bail-in (sauvetage par ses actionnaires, créanciers et déposants) a été mis en œuvre de façon inédite, non sans fausses manœuvres auparavant.

Depuis, la banque est portée à bout de bras par la banque centrale chypriote, car son effondrement entraînerait celui de l’ensemble de l’économie du pays; le nouveau président Nicos Anastasiades a appelé les dirigeants européens à l’aide en juin dernier, sans succès. Toutefois, son sauvetage initial aura eu une conséquence inattendue : au terme d’une conversion en actions à hauteur de 47,5% des dépôts supérieurs à 100.000 euros (au lieu des 37,5% initialement prévus), des oligarques russes en sont devenus sur le papier les actionnaires majoritaires.. Ils avaient été à l’origine de tout le processus, dénoncés par les services allemands de renseignement (BND) comme recyclant de l’argent sale…

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LE MONDE, Taux d’intérêt et survie de la zone euro, lundi 22 – mardi 23 juillet 2013

Taux d’intérêt et survie de la zone euro

L’originalité de l’euro réside dans le fait qu’à la zone économique dont il est la devise ne correspond pas une zone fiscale unifiée. Dès lors, les dettes souveraines des différents pays membres, libellées en euros, se voient imposer des taux d’intérêt intégrant notamment des primes reflétant la santé économique et financière spécifique de chacun des pays.

La première, la prime de crédit, couvre le risque que le versement des intérêts ou le remboursement du principal n’ait pas lieu. La seconde, la prime de convertibilité, tient compte de l’éventualité que le pays émetteur de dette ne quitte la zone euro et, du coup, rembourse sa dette dans son ancienne devise.

Cette particularité, source de tensions susceptibles de faire éclater la zone, a été ignorée par les architectes de l’euro. Ils imaginaient que l’unification fiscale se réaliserait d’elle-même et que les dettes des pays de la zone tendraient toutes vers un taux d’intérêt unique, dépendant seulement de leur maturité, les primes de crédit et de convertibilité étant de facto nulles. A l’origine d’une telle candeur, l’optimisme qui présida à la création de la monnaie commune.

Lorsque, en 2010, le défaut sur leur dette souveraine de certains pays de la zone euro cessa d’apparaître comme une hypothèse fantaisiste, le montant de ces primes de crédit et de convertibilité décolla de zéro et une dynamique centrifuge s’initia pour ces pays. Cette éventualité n’ayant pas été envisagée, un risque de désintégration de la zone euro apparut.

Ces pays se trouvent aujourd’hui dans une situation financière telle que le taux d’intérêt qui leur est réclamé lorsqu’ils empruntent sur le marché des capitaux dépasse leurs capacités financières en raison d’un double effet pervers.

D’une part, le doute qui s’est installé quant à leur capacité à remplir leurs obligations financières fait grimper le montant de la prime de crédit. D’autre part, ce doute en entraîne un second, portant sur la solidarité que les autres pays leur manifesteront ou non, l’absence d’une telle solidarité les obligeant à quitter la zone euro. Le montant de la prime de convertibilité vient alors s’ajouter à celui de la prime de crédit, aggravant le risque d’insolvabilité de ces pays, et forçant les autres à venir à leur aide en garantissant leur dette.

Il est difficile d’imaginer aujourd’hui que la présence de ce mécanisme pervers n’ait pas été prise en compte au moment de la constitution de la zone euro, et n’ait pas retenu ses dirigeants quand ils fermèrent les yeux sur les supercheries dont se rendirent coupables des pays comme la Grèce ou l’Italie (avec la complicité de grandes banques d’investissement) pour cacher l’état de leur dette souveraine afin de pouvoir souscrire aux conditions d’entrée dans la zone en matière d’endettement. C’est pourtant le cas.

Un risque élevé de non-remboursement

La Grèce, l’Irlande, le Portugal et Chypre sont aujourd’hui dans l’incapacité de se présenter sans soutien sur le marché international des capitaux. Celui-ci considére, en effet, comme trop important le risque que les sommes empruntées par ces pays ne soient pas remboursées et/ou que les intérêts promis ne soient pas versés, d’où l’exigence d’une prime de crédit élevée. Et que le risque est également trop grand que le pays en question n’en vienne à quitter à échéance la zone euro, d’où l’exigence d’une prime de convertibilité élevée.

La question se pose maintenant de savoir si les treize pays encore capables d’émettre de la dette sur le marché des capitaux disposent de la capacité de soutenir financièrement les quatre pays assistés ayant, eux, perdu cet accès. Ils clament haut et fort qu’ils en sont capables, mais les difficultés considérables qu’ils ont d’en apporter la preuve inquiètent.

L’alternative est celle-ci : soit la garantie des pays solidaires autorise effectivement la solvabilité de l’ensemble de la zone euro, soit cela a cessé d’être le cas.

Dans le premier cas de figure, le plus favorable, tout va bien, du moins tant que la hausse des primes de crédit et/ou de convertibilité pour un pays additionnel ne fait pas basculer celui-ci de la catégorie des pays en sécurité à la catégorie de ceux en péril. Auquel cas, le calcul de la solvabilité de l’ensemble de la zone doit être refait dans un cadre moins favorable.

La situation de la zone euro est donc instable et fragile, même dans ce cas de figure favorable.

Dans le second cas, défavorable, où les pays solidaires ne peuvent plus apporter de garanties suffisantes aux pays assistés sans mettre automatiquement en danger leur propre solvabilité, il existe deux options :

1. recréer une zone de solvabilité restreinte, au prix du départ des pays insolvables, ceux-ci recourant alors au défaut, à la restructuration de leur dette et au retour à leur ancienne devise, qui se verra dévaluée par rapport à l’euro à hauteur de la restructuration nécessaire pour assainir leur situation budgétaire et prendre un nouveau départ ;

2. décréter le défaut généralisé de l’ensemble de la zone euro, restructurant l’ensemble de la dette, l’euro se dévaluant par rapport aux autres devises. De son coté, la dette de l’ensemble des nations souveraines de la zone se trouverait de facto mutualisée et l’unification financière, fiscale et bancaire devrait alors être immédiatement réalisée.

Au point où nous en sommes, cette seconde approche semble être la seule susceptible de faire disparaître de la zone l’instabilité et la fragilité constatées aujourd’hui.

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L’actualité de demain : SI VOUS N’ÊTES PAS ENCORE TOTALEMENT LASSÉS D’EUX… par François Leclerc

Billet invité.

Va-t-il falloir revenir sur le dernier en date des plans de sauvetage, celui qui a été conclu dans des conditions fort mouvementées à Chypre ? Cela semble tout à la fois inévitable mais peu probable dans l’immédiat, bien que ce soit ce que vient de demander son président, Nicos Anastasiades.

Il constate que l’économie de son pays « est précipitée dans une profonde dépression, annonçant une nouvelle progression du chômage et rendant la consolidation fiscale encore plus difficile ». En conséquence, il demande l’assouplissement des mesures déjà décidées, le principal établissement financier – la Banque de Chypre (BoC) – étant en particulier durement atteint, non sans conséquences sur l’activité économique. Sans explicitement demander une rallonge financière, le président chypriote souhaite qu’une partie des aides d’urgence de 9 milliards d’euros de l’Eurosystème (Emergency Liquidity Assistance – ELA), initialement reçues par la banque Laïki et depuis sa fermeture au bilan de la BoC, soit convertie en obligations à long terme. Il met en cause ce soutien (« abusif » est le terme juridique, car il est intervenu alors qu’il était déjà clair que Laïki n’était pas solvable). Le point est sensible, car il rejoint la critique faite par le FMI à propos de l’insolvabilité de la Grèce, dont la reconnaissance a selon ce dernier trop tardé.

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L’actualité de demain : LA MACHINE EST DEVENUE FOLLE, par François Leclerc

Billet invité.

Décidément, du haut de son PIB qui avoisine les 0,2% de celui de la zone euro, Chypre fera date dans les annales. Pas encore adopté, son plan de sauvetage s’annonce comme le plus invraisemblable de toute la série, qui compte déjà quelques spécimens. Il a néanmoins été entériné à Dublin par les ministres des finances, alors qu’il est clairement injouable. C’est pire que dans les cas du Portugal, de la Grèce et de l’Irlande, dont les sauvetages reposaient sur des projections financières qui se sont révélées ensuite hautement fantaisistes. Là, c’est d’entrée de jeu et cela montre à quel point les dirigeants politiques européens sont totalement dépassés par les événements.

Six milliards d’euros de besoins de financement supplémentaires à la charge de Chypre sont soudainement apparus dans les documents officiels, suscitant quelques légitimes interrogations. 7 milliards devaient être trouvés qui sont devenus 13 milliards, ce n’est pas de la menue monnaie. Le commissaire Olli Rehn a été commis d’office pour apporter aux comptes ses incontestables lumières. Ces milliards correspondent, a-t-il expliqué, « aux besoins bruts du pays, auxquels s’ajoute un matelas financier pour faire face à des évolutions budgétaires inattendues et aux besoins du secteur bancaire », car il est difficile de faire des prévisions a-t-il fait valoir, ce que l’on ne saurait pour une fois lui reprocher.

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L’actualité de demain : LES PETITS COMPTES FONT…, par François Leclerc

Billet-minute invité.

La chasse aux milliards est ouverte à Chypre après la soudaine découverte d’un trou de 6 milliards d’euros que personne ne sait comment combler. D’où peut-il donc venir, dans la grande confusion qui a précédé la décision finale du sauvetage ? Est-ce qu’il ne résulterait pas d’une discrète sortie de capitaux russes et assimilés, car on ne plaisante pas avec ses détenteurs ?

Il y a déjà un cadavre, au figuré, après la démission surprise et inexpliquée du ministre des finances, et Draghi vient de s’illustrer comme protecteur du gouverneur de la BC chypriote, qui était menacé. On attend les conclusions de la commission d’enquête chypriote avec beaucoup d’intérêt.

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L’actualité de demain : LE BROUILLARD S’ÉPAISSIT, par François Leclerc

Billet invité.

Au moment où des fenêtres s’entrouvrent sur la finance de l’ombre, l’Europe continue de s’enfoncer dans le brouillard. Les ministres des finances réunis à Dublin cette fin de semaine devraient se prononcer sur l’allongement du calendrier de remboursement des prêts accordés à l’Irlande et au Portugal, dont le gouvernement cherche fébrilement à réunir des garanties de sa bonne conduite, après l’invalidation de plusieurs mesures budgétaires par le Conseil constitutionnel.

Simultanément, le gouvernement chypriote annonce que ses besoins de financement sont plus élevés que prévus, passant de 17,5 à 23 milliards d’euros, la différence à sa charge augurant mal de la suite. La Slovénie semble prête à prendre sa succession, ne parvenant pas à financer sur le marché le renflouement de ses banques minées par des créances irrécouvrables, l’Institute of International Finance préconisant de lui accorder sans plus attendre « une aide de précaution ».

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L’actualité de demain : QUAND LA PETITE NOTE EST PRÉSENTÉE… par François Leclerc

Billet invité.

On ne va pas jouer les étonnés, les autorités européennes continuent d’arpenter sans succès les chemins de traverse du désendettement. Jacob Lew, le nouveau secrétaire d’État américain au Trésor, vient aux nouvelles et préconise à contretemps la croissance à l’occasion d’une tournée européenne. Après Chypre, le Portugal focalise l’attention. Le Conseil constitutionnel y a repoussé les coupes dans les retraites et les salaires inscrites au budget 2013, exprimant à sa manière le sentiment qui se répand que les sacrifices demandés ont atteint la côte d’alerte, comme c’est le cas en Espagne et en Grèce. Dramatisant la situation, Pedro Passos Coelho, le premier ministre, a, comme si de rien n’était, immédiatement annoncé d’autres coupes budgétaires dans les domaines de la santé, de la sécurité sociale et de l’éducation, afin de respecter ses prévisions initiales de réduction du déficit et d’obtenir, comme l’Irlande, prochaine confirmation d’un allongement du calendrier de remboursement des emprunts qui de toute manière s’impose de fait.

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L’actualité de demain : TOUT EST NIÉ ET TOUT SE DÉTÉRIORE…, par François Leclerc

Billet invité.

Les leçons du sauvetage de Chypre n’arrêtent pas d’être tirées. L’irréalisme des objectifs fixés au gouvernement par la Troïka par le MOU (memorandum of understanding) dont les grandes lignes sont connues est la dernière en date : un nouveau plan est tiré sur la comète qui n’a pas d’autre avenir que d’être revu lorsqu’il ne pourra plus être évité. On connait la chanson.

Est-ce à dire que leurs auteurs sont particulièrement aveugles ? Non, la raison est qu’ils n’ont pas le choix, n’ayant pas de politique de rechange. Il leur faut affirmer envers et contre tous que la politique qu’ils préconisent fonctionne. On voit également l’illustration régulière de la même attitude lorsque paraissent les énièmes prévisions économiques pour l’Europe de l’OCDE, de la Commission ou du FMI, qui toutes, invariablement, reconnaissent une mauvaise année et prédisent un mieux pour l’année d’après, puis recommencent selon le même schéma.

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N’AVOIR PEUR QUE DE LA PEUR ELLE-MÊME, par zébu

Billet invité.

Le ‘précédent’ chypriote a eu l’avantage de procurer à l’économie libérale le salut que lui procurait son statut de paradis fiscal : une argumentation toute trouvée.

Entre la faible fiscalité dudit pays (mais non la seule en UE et même en zone euro), la présence pour le moins massive des dépôts russes et massivement utilisée dans le schéma présenté par la Troïka sous le nom ‘d’eurogroupe’ et le rôle de pompe à fluides de Chypre dans les IDE (Investissements Directs Étrangers) en Russie, on avait l’embarras du choix pour justifier le passage d’un ‘bail-out’ à un ‘bail-in’.

Car, de ‘bail-out’, il n’était plus question, pour l’Allemagne, le FMI comme pour la BCE, le PSI réalisé en Grèce prouvant s’il en était que ce type de solution avait atteint ses limites, celles de la solidarité européenne, des déficits publics en Europe mais aussi des effets collatéraux sur le système bancaire. Pour la première fois donc, la Troïka prit la décision de tester un schéma de ‘bail-in’ dans le cas de Chypre, cas qui perdurait depuis plusieurs mois déjà, à savoir ‘faire payer’ les banques et en premier lieu leurs contreparties, afin d’éponger les créances douteuses (i.e., les recettes estimées comme perdues du fait des défauts des clients emprunteurs) : actionnaires, créanciers des banques mais aussi déposants.

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L’actualité de demain : VERS UNE JURISPRUDENCE CHYPRIOTE, par François Leclerc


Billet invité.

À bien y regarder, Chypre est-elle un cas unique en Europe ? Certainement pas si l’on considère les facilités offertes aux entreprises afin qu’elles optimisent leur fiscalité ! Il suffit pour s’en convaincre de pointer du doigt l’Irlande et les Pays-Bas. Et quant à son statut de paradis fiscal, l’île le partage avec d’autres pays au sein même de la zone euro, à commencer par le Luxembourg qui a été dans le groupe des pays fondateurs.

C’est néanmoins cet argument qui est utilisé pour affirmer que les modalités de son sauvetage ne seront pas répétées. On peut pourtant croire qu’il n’en est rien et que la mise à contribution des actionnaires et créanciers des banques va se poursuivre afin de renflouer des systèmes bancaires cassés, les États n’en ayant plus les moyens.

Cela a déjà commencé en Espagne, où seules Santander et BBVA sont épargnées du naufrage, les injections de capitaux en cours n’ayant pas remis à flot toutes les autres banques, comme la chronique quotidienne de leur sauvetage raté le met en évidence. Le cas des banques italiennes est plus masqué, mais, signe qui ne trompe pas, elles continuent d’être tenues à bout de bras par la BCE, comme leurs consœurs espagnoles. Dans le cas de la Grèce, enfin, où elles sont renflouées via l’État, on sait qu’un nouveau plan de sauvetage de ce dernier est inévitable, comme Wolfgang Schäuble l’a tout dernièrement admis.

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L’actualité de demain : CES PRINCIPES QU’ILS JETTENT AUX ORTIES… par François Leclerc

Billet invité.

L’addition va être salée pour les déposants au dessus de 100.000 euros de Cyprus Bank et de Laiki. Les premiers perdront 60% de leurs dépôts (dont 37,5% convertis en actions) et les seconds la quasi-totalité. Le rôle de base-arrière que Chypre jouait pour les capitaux russes est terminé, en dépit de tous les efforts du président chypriote pour le préserver.

On ne connaîtra probablement jamais les filières qu’ont emprunté les fonds évaporés au dernier moment, mais l’on a une petite idée sur les places qui peuvent les avoir accueillis : le Luxembourg, les Pays-Bas, la Lettonie, l’Autriche et la Suisse, car seule une petite partie des fonds serait revenue en Russie. A noter que les Pays-Bas, qui disposent d’accords fiscaux avantageux avec la Russie, sont au deuxième rang derrière Chypre pour les échanges d’investissements avec Moscou. Peut-être aura-t-on par contre confirmation des noms des hommes politiques chypriotes qui auraient bénéficié de prêts bancaires jamais remboursés car jamais réclamés, dont la liste a été publiée par le journaliste grec Kostas Vajevanis qui avait déjà dévoilé la liste Lagarde impliquant des politiciens grecs.

Pratiquant un mélange des genres qui n’est pas rare, les banques chypriotes rendaient un double service, à la fois voie de transit pour le blanchiment de l’argent sale et lieu d’accueil, via leurs filiales chypriotes, des bénéfices des entreprises russes en mal d’optimisation fiscale (l’impôt sur les sociétés étant la moitié de celui de la Russie). Cela aussi est fini, le régime fiscal très favorable de l’île allant être modifié à la demande des autorités européennes.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 28 MARS 2013

LA DISCUSSION SUR CE BILLET EST MAINTENANT TERMINÉE. VOUS POUVEZ LIRE L’ENSEMBLE DES COMMENTAIRES SUR LA PAGE « LES DÉBATS DU BLOG DE PAUL JORION ».

Audition à l’Assemblée nationale sur les paradis fiscaux
Un pas vers le bancor ?

Sur YouTube, c’est ici.

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CHYPRE, LA GUERRE DÉCLARÉE DE L’ÉTHIQUE CONTRE LA MORALE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Pour raconter ce qui se joue actuellement dans l’euro et dans le système financier globalisé, il faut poser des définitions et prendre position. Posons que l’éthique est d’origine grecque : cette discipline concerne les individus citoyens dans le régime de la démocratie. La démocratie grecque est la délibération des lois et de leur application dans la cité.

La délibération des lois applicables par l’éthique distingue le citoyen du barbare. Le citoyen est capable de dire ce qu’il fait, de se soumettre à la critique de ses concitoyens et de poser des conclusions collectives sur ce qui est bien ou mal pour l’individu solidaire de la cité. Le barbare est mu par sa cupidité : inconscient de ce qu’il fait, il ne domine pas sa nature et vit dans la misère de ne pas répondre de ce qu’il est.

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VUB, Chaire « Stewardship of Finance », treizième leçon, le 21 mars 2013

Cette treizième leçon, consacrée aux aspects éthiques de la redistribution de la nouvelle richesse créée, a été centrée sur le cas de Chypre, qui faisait alors la une de l’actualité.

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Audition de Paul Jorion sur les paradis fiscaux, centres off-shore et juridictions non coopératives – Assemblée nationale, mardi 26 mars

« La commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale a créé une mission d’information sur la lutte contre les paradis fiscaux, centres off-shore et juridictions non coopératives, dont les rapporteurs sont MM. Alain Bocquet et Nicolas Dupont-Aignan, députés. »

J’ai été entendu hier. Le texte que j’avais préparé se trouve ci-dessous. Les points sur lesquels des précisions supplémentaires m’ont été demandés sont : Chypre, le fonctionnement des « trusts », le « scandale du LIBOR », l’amende payée par HSBC pour blanchiment d’argent sale, la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’autoriser le financement illimité des campagnes électorales par les personnes morales, le projet de chambre de compensation multilatérale internationale de John Maynard Keynes.

Intervention de Paul Jorion sur les paradis fiscaux – Assemblée nationale, mardi 26 mars

Disons tout de suite que la question des moyens pratiques de l’élimination des havres fiscaux, une fois prise la décision de mettre hors d’état de nuire les nations ou subdivisions de nations jugées coupables, est aisément résolue : recourant à la même méthode que celle utilisée pour mettre en place un embargo financier contre l’Iran, par exemple. Instruction est donnée aux chambres de compensation internationales (telle Clearstream) et messageries de transfert interbancaire (telle SWIFT) de cesser toute communication avec les destinations mentionnées sur la liste communiquée.

Mais la volonté de fermer les havres fiscaux existe-t-elle ? Leur existence est en effet tolérée depuis l’origine de l’Union européenne : le Luxembourg, qui se trouve au 2e rang mondial de ceux-ci, fait partie des États fondateurs de l’Union (membres de la CECA), au même titre que la Belgique qui se situe au 9e rang. Quatre pays européens se trouvent aujourd’hui parmi les dix premiers havres fiscaux. La zone financière quasi-autonome de la « City de Londres » constitue le foyer d’un réseau réglant environ 70% de la circulation des flux financiers entre havres fiscaux.

Pour comprendre la question des havres fiscaux et pouvoir déboucher ensuite sur des solutions, elle doit être située pour commencer dans un plus vaste contexte où leur fonctionnalité est mise en lumière.

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L’actualité de demain : ON NE VOIT PAS LA FIN DU VIRAGE, par François Leclerc

Billet invité

Alors que les banques chypriotes qui devaient rouvrir aujourd’hui sont restées portes closes, de peur d’une déstabilisation fatale de la Bank of Cyprus (très vulnérable aux retraits des fonds des entreprises russes férues d’optimisation fiscale), l’interview accordée au Financial Times et à Reuters par Jeroen Dijsselbloem, le nouveau chef de file de l’Eurogroupe, n’e finit pas de faire des vagues. Décidément, quand tout part en crabe, qu’il est difficile de redresser la barre ! Après avoir décidé de taxer sans restriction tous les dépôts bancaires, un nouveau chiffon rouge a été agité : les banques ne doivent plus être secourues sur fonds publics, a-t-il en substance assené. Avant de revenir précipitamment sur sa déclaration, au vu de la réaction des marchés, en expliquant que Chypre était « un cas spécifique ».

Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, l’a ouvertement contredit, parmi d’autres, en faisant valoir que Chypre est « une place financière offshore qui n’existe pas ailleurs dans la zone euro » et que ce sauvetage était donc « un cas unique »… L’argumentation vaut ce qu’elle vaut mais ne pouvait empêcher que le mal soit fait, pour la seconde fois… Interrogé le soir même par la télévision néerlandaise pour savoir s’il était prêt à tenir à nouveau les mêmes propos, Jeroen Dijsselbloem répondait d’ailleurs « oui » !

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L’actualité de demain : Oups ! par François Leclerc

Billet invité

Il est choses que l’on peut penser mais qui ne sont pas bonnes à dire tout haut (et encore moins au Financial Times). Jeroen Dijsselbloem, qui fait ses armes à la tête de l’Eurogroupe, s’est vite fendu d’un communiqué réaffirmant que Chypre était un cas spécifique qui ne saurait faire école, les bourses s’étant retournées après ses déclarations initiales. Au moins, on sait maintenant ce qu’il pense.

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L’actualité de demain : LE NOUVEAU MODÈLE DES SAUVETAGES, par François Leclerc

Billet invité.

La roue serait-elle en train de tourner ? « Retirer le risque du secteur financier et le reporter sur les épaules du public n’est pas la bonne approche », a déclaré le ministre des finances néerlandais, Jeroen Dijsselbloem, le successeur de Jean-Claude Juncker à la tête de l’Eurogroupe, ajoutant que l’objectif devrait être de ne pas utiliser les fonds du mécanisme européen de stabilité (MES) pour recapitaliser les banques, une position que partagent les dirigeants allemands. Comme le titre le Financial Times, qui publie ces propos : « Chypre va être le modèle des prochains sauvetages bancaires ».

Le sauvetage de Chypre a été l’occasion de le mettre en évidence, mais le mouvement avait commencé en Espagne. Les actionnaires et les créanciers des banques du pays pris dans la tourmente – tout le secteur des caixas – vont également être mis à contribution dans le cadre de la restructuration du secteur bancaire qui est engagée. Décidément, nous entrons dans une nouvelle période : il n’est plus possible d’épargner les investisseurs car les États sont à fond de cale et la solidarité financière européenne est a minima. L’union bancaire qui devait en être l’une des expressions est bloquée, faisant des sauvetages des banques de véritables casse-têtes, conduisant à se retourner vers leurs actionnaires et créanciers, y compris les déposants.

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A CIPRO, “CITTADINI – NON-RESIDENTI: 1-0”

(di Paul Jorion – l’originale in francese del 25 marzo 2013 è qui)

Sono dunque i cittadini ciprioti a cavarsela non troppo male, mentre i non residenti sono battuti.

Emergerà allora una vera nazione da un paradiso fiscale sconfitto? Come una fenice rinascente dalle proprie ceneri?

Si estenderà la gangrena agli altri paradisi fiscali, come l’annunciavo ieri?
Se sì, allacciate le cinture! In dirittura d’arrivo staremo molto meglio di prima, ma da qui a lì ci saranno scosse molto forti!

(tradotto dal francese da Alessio Moretti)

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L’actualité de demain : CALMER LE JEU DE TOUS LES CÔTÉS, par François Leclerc

Billet invité

On ne s’étonnera pas du silence de François (le pape), car Chypre est orthodoxe, mais que penser de celui de Hollande ou de Mario (Draghi) ? Tout se passe comme si la convergence de point de vue du FMI et du gouvernement allemand avait laissé sans voix les autres dirigeants européens. Que Chypre soit coulé, passe encore ! Mais qu’une nouvelle dynamique destructrice de la zone euro soit engagée, il y aurait tout de même de quoi s’alarmer.

Qu’est ce qui peut fonder un tel pronostic, direz-vous ? La résistance farouche mais largement vaincue du président chypriote à défendre les intérêts des usagers des facilités bancaires douteuses de son pays ? L’amateurisme avec lequel la question a été traitée par les dirigeants européens ? Ou bien tout simplement les conséquences des décisions qu’ils ont successivement prises, en faisant comprendre à tous les détenteurs européens de comptes bancaires que leur argent n’était pas nécessairement à l’abri, puis en faisant de même avec les riches non-résidents, ce qui ne donne pas davantage un signal réjouissant à ces derniers ?

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