Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 8, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

VIII – Idée et Affectivité

Comment peut-on espérer que la raison l’emporte sur les passions ? Spinoza répond : parce que l’idée l’emporte sur l’affect. On pourrait préciser, parce que la connaissance de la connaissance (que Spinoza appelle la connaissance du troisième genre) consume toute joie en sa réalisation.

Mais que faut-il donc entendre de ces propositions apparemment contradictoires de Spinoza ? Continuer la lecture de Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 8, par Dominique Temple

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 7, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

VII – Liberté et Pouvoir

Peut-on aller plus loin avec Frédéric Lordon ? Spinoza dit :

« “Absolument parlant, agir par vertu, n’est en nous rien d’autre qu’agir, vivre, conserver son être (trois façons de dire la même chose) sous la conduite de la raison, et sur le fondement de l’utile propre” (Éth., IV, 24) ».

Et Frédéric Lordon : Continuer la lecture de Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 7, par Dominique Temple

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 6, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

VI – Vengeance et Réciprocité négative

Pour relier la situation actuelle de l’humanité débordée par les passions et emportée dans le torrent de conflits inépuisables, et l’avènement d’une humanité heureuse grâce à la raison qui lui permettrait d’associer ses passions de façon complémentaire au bénéfice de tous, Frédéric Lordon et Baruch Spinoza en appellent à la réciprocité négative, dont ils accordent la puissance à la société, de sorte à pouvoir en faire un moyen décisif pour donner l’avantage à la raison sur les passions. Mais la vengeance n’est-elle qu’un instrument ? Nous voudrions ici préciser en quoi elle contribue directement à la genèse du Tiers, c’est-à-dire de l’imperium, car elle est en réalité une forme de réciprocité.

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 5, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

V – la Raison et le Tiers

Frédéric Lordon semble ignorer jusqu’ici que lorsqu’un système évolue dans une direction donnée sous l’emprise d’une passion particulière, il échappe progressivement à l’emprise du Tiers, c’est-à-dire à l’emprise de l’antagonisme qui le retenait à son contraire. Continuer la lecture de Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 5, par Dominique Temple

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 4, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

IV – Détresse et Révélation

On a compris que l’imperium de la multitude manifeste un affect collectif dont le caractère absolu s’impose à tous et détermine une unité de comportement qui s’institutionnalise dans les corps constitués de la famille, de la commune, de la nation, et qui s’exprime sous forme de valeurs de référence emmagasinées dans la mémoire que l’intelligence peut à tout instant mobiliser lorsque les conditions deviennent propices à leur usage. Et l’on peut même dire que le sentiment familial ou le sentiment communal ou le sentiment national peut osciller entre deux extrêmes, dits métaphoriquement l’amour et la haine, l’un lié à l’autre puisque selon ce schéma si l’on aime les siens on est sensé détester les autres.

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 3, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

III – Ambivalence et Antagonisme

Résumons notre réserve : l’affect est Un, et s’il émergeait de la multitude par effet d’accumulation des affects individuels de peur, d’envie, de désir ou d’amour… pourquoi n’émergerait-il que de leur similitude et pourquoi pas de leur différenciation, plus précisément de la corrélation des différences (qui est une autre expression pour dire la divergence[1]) ou encore d’un juste milieu entre la divergence et la convergence, “Tiers” qui soit le produit de leur relativisation mutuelle au sein de la réciprocité ?

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 2, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

II – Binarisme affectif et Ambivalence

Lorsque l’on dit que “les hommes en réunion offrent un rassemblement de puissance collective qui aura tout pouvoir morphogénétique sur l’ensemble qu’ils forment”, à moins de définir la puissance comme excluant l’intérêt propre des uns ou des autres, ou encore de préciser que la puissance en question est la raison qui appartiendrait à tous a priori et dont la mise en commun érigerait la liberté commune, on peut et doit craindre que selon son organisation, comme on disait autrefois, la multitude donne naissance à des puissances de nature différente…[1].

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 1, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

La thèse de Frédéric Lordon bouleverse les données traditionnelles parce qu’elle étaye l’intuition des nouvelles générations, qu’au-delà des rapports de force auxquels les révolutionnaires des générations précédentes ont accordé le plus grand prix, l’affectivité témoigne au sein de son hermétisme d’une puissance supérieure.

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Allez voir le film de Ken Loach : « I, Daniel Blake » ! par Jacques Seignan

Billet invité.

Un grand film et un manifeste. Ken Loach ne voulait plus faire de films. La semaine dernière, passait sur Arte « Sweet Sixteen » (2002) et chaque fois nous voyons avec le même plaisir et la même admiration ces films pleins d’humanité et souvent pleins d’espoir (« La part des anges », 2012). Ce film est différent : on en ressort secoué.

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Frédéric Lordon, Marx et Spinoza, par Dominique Temple

Billet invité.

Dans son essai sur Marx et Spinoza (Capitalisme et servitude), Frédéric Lordon part du principe que tout être tend vers sa perfection, et que cet essor (conatus) est doué d’affects joyeux qui se transforment en affects tristes lorsqu’il est réduit à l’impuissance. Cette alternative est exploitée, constate-t-il, par ceux dont le conatus particulier est le plus fort. Mais puisque la raison forme des idées adéquates qui s’accompagnent d’affects joyeux, la multitude peut choisir la raison pour se libérer du pouvoir des minorités qui entendent faire prévaloir leurs passions prédatrices.

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Une manœuvre grossière mais habilement menée, par Zébu

Billet invité. P.J. : C’est bien volontiers que je publie ici le reproche que m’adresse Zébu d’avoir signé l’appel Brexit : vingt intellectuels eurocritiques lancent un appel pour un nouveau traité.

Quand on signe le texte d’un appel pour un nouveau traité européen après un Brexit, on est sans doute moins regardant quant à la teneur dudit texte quand on sait la présence parmi ses signataires de personnes proches de votre positionnement. Mais quand on reçoit un appel téléphonique d’une chaîne de télévision financée par l’État russe, qui diffuse en français, deux jours après avoir signé cet appel, on peut commencer à se poser des questions.

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Nuit debout et votre rôle à vous, Paul Jorion, dans la convergence des luttes, par Isabelle Joly

Billet invité.

Une des forces du mouvement Nuit debout, c’est le sourire avec lequel il lutte.

Partout les gens sourient de se bouger enfin le c.., d’aller l’asseoir sur des places, d’y faire un dessin, et cela seul provoque un soupçon d’espoir.

Si le monde doit sauter, que ce soit dans un éclat de rire, autant que d’obus.

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Le temps qu’il fait le 18 février 2016

Dernier_JorionColloque Emploi – « Multiplier les emplois de qualité au 21ème siècle ? C’est possible ! », à Bruxelles, le samedi 20 février 2016 à 9h30

Nouveau rapport sur la robotisation : Technology at work v2.0, janvier 2016

Avis aux Bruxellois : les ABPJ se réunissent au café Le Vicomte le samedi 20 février 2016 à 18h

DiEM25

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Corcuff contre Lordon. So what ?, par Cédric Chevalier

Billet invité. P. J. : Je publie volontiers ce billet bien que le lecteur perspicace notera que je sois moi-même égratigné par une critique aussi acerbe de l’intellectualisme. Ouvert aux commentaires.

Récemment, Philippe Corcuff a publié un billet critique, principalement négatif, à l’encontre de Frédéric Lordon et de sa production intellectuelle : S’émanciper du « Lordon-roi » ?.

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Après le 13 novembre : comprendre pour cicatriser et régénérer, par Franck Janura

Billet invité.

Pourquoi essayer de comprendre les attaques terroristes du 13 novembre dernier à Paris et prendre le risque de rendre intelligible un tel acte de violence meurtrière aveugle ?

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La paille grecque et la poutre allemande, par Cédric Chevalier

Billet invité

Dans la crise grecque et européenne de la dette publique, le retour du phénomène politique est saisissant. Non pas qu’il ait jamais déserté la réalité, comme le souligne avec raison Frédéric Lordon (1), mais bien qu’il fasse un retour fracassant dans la conscience des élites dirigeantes, horrifiées par le référendum de Tsipras.

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Games of ThOrMones, ou la réciprocité depuis Shakespeare, par Timiota

Billet invité.

Lectrice/lecteur, voici pour t’appâter un grand classique, le sexisme. Succombe donc, car la suite est bien différente !

1) Hormones

Parmi les réactions recueillies de ci de là au débat Piketty/Lordon le 17 avril dernier sur CSOJ, celle-ci : « mais il y a que des mecs », suivie de « et dans des réunions de femmes sur des sujets un peu moins éthérés, l’ambiance est autrement plus pratique ». Oui-da!

Je prends le risque de m’aventurer sur le grand débat du sexisme, en mettant en scène les hormones. Ajoutant immédiatement qu’elles sont partagées entre les sexes !

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Thomas Piketty, Frédéric Lordon et Guy Sorman à Ce soir (ou jamais !), le 17 avril 2015, par Cédric Chevalier

Billet invité à propos de Ce soir (ou jamais !), le 17 avril 2015.

Il y aurait mille choses à dire. Florilège :

–          Dans le style, le ton verbal et l’attitude corporelle, nous avons :
un Guy Sorman souriant, presque béat en sympathique grand-père « Tout n’est pas si terrible », avec une voix mielleuse, en dépense d’énergie minimale ;
un Piketty calme mais déterminé, vainement en recherche de consensus vis-à-vis de Lordon « nous ne sommes pas ennemis », à la voix et à l’attitude urbaine, diplomate, en dépense d’énergie maîtrisée ;
un Lordon survolté sous une façade contenue, toute sa force intellectuelle et sa révolte de philosophe prêtes à faire craquer sa chemise, à la voix éraillée et à l’attitude déchirée, tranchante, sans concession, probablement en dépense d’énergie maximale.

–          Chacun a une ambition différente, un projet d’ampleur nettement différenciée :
Sorman accepte et approuve le système tel qu’il est, n’est pas porté par caractère à la critique radicale, mais admet les errements et souhaite qu’ils soient corrigés (aménagements du capitalisme – utilise les bataillons existants et accepte le champ de bataille et les forces en présence) ;
Piketty critique le système en lui-même et propose des modifications fondamentales concrètes qui pourraient modifier la nature de ses effets (transformation du capitalisme – veut de nouveaux bataillons sur le champ de bataille) ;
Lordon s’attaque aux racines philosophiques, anthropologiques du capitalisme pour le mettre à nu et le dépasser complètement (abandon et remplacement du capitalisme – veut déplacer le champ de bataille).

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Le temps qu’il fait le 30 janvier 2015

Sur Dailymotion, c’est ici.

La guerre qui déchire les économistes français

L’Obs : Portrait de l’économiste en nettoyeur, par Jean-Pierre Dupuy et Frédéric Lordon, le 30 janvier 2015

Donald Mackenzie, An Engine Not a Camera, MIT PRess, 2006

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