BERLIN, L’OCCASION RATÉE DE MACRON, par François Leclerc

Billet invité.

Les commentaires fleurissent suite à la rencontre de Berlin entre Angela Merkel et Emmanuel Macron. Mais si l’on veut aller à l’essentiel et ne pas se laisser impressionner par leur cinéma, cette dernière n’a en réalité rien cédé. Le président français a donné des garanties de bonne conduite, contre lesquelles il a obtenu le principe d’une concertation bilatérale sur une longue liste de desiderata, et la chancelière a annoncé qu’il allait falloir en discuter « calmement » … Voilà le résumé fidèle qui peut en être donné, une fois les petites phrases de circonstance mises de côté…

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LES NÉBULEUSES ÉLECTORALES DE L’ANNÉE, par François Leclerc

Billet invité.

2017 s’annonce plus que jamais être une année électorale au cours de laquelle les cartes vont être bien battues, mais pour quel résultat ? Mariano Rajoy pourrait à son tour convoquer des élections anticipées. L’Espagne rejoindrait l’Allemagne, la France, et l’Italie, une fois passé le congrès du PD et le retour en première ligne de Matteo Renzi en avril prochain.

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Espagne : AU BLOCAGE SUCCÈDE L’INSTABILITÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Ces derniers temps, la comparaison s’était imposée entre la situation de Pedro Sanchez à la tête du PSOE espagnol et celle de Jeremy Corbyn à celle du Parti travailliste britannique. Elle se fondait sur l’identité de leur situation, tous les deux s’appuyant sur la base de leur parti et en conflit avec leurs appareils.

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LE PIRE N’EST PAS TOUJOURS SÛR, par François Leclerc

Billet invité.

Dans son rapport annuel, le FMI persiste et signe à propos de la Grèce : « Les objectifs actuels des autorités restent irréalistes, en conservant l’hypothèse que la Grèce atteindra et maintiendra des excédents primaires de 3,5% du PIB pendant plusieurs décennies malgré des taux de chômage à deux chiffres ». Pour ensuite réaffirmer que « un nouvel allègement de la dette est nécessaire pour qu’elle soit viable. »

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L’avenir de l’Europe : BEAUCOUP D’ENCRE POUR PAS GRAND CHOSE, par François Leclerc

Billet invité.

Sans marge de manœuvre mais voulant faire bonne figure, les dirigeants européens vont lors de leur prochain sommet de juin tenter d’imprimer leur marque en esquissant l’avenir de l’Europe. Mais, faute de révisions des Traités impliquant des consultations électorales dont ils ne veulent pas, leurs ambitions seront nécessairement limitées. C’est aussi ce qu’ils ont expliqué à David Cameron en lui demandant de modérer ses demandes pour ne pas sortir du cadre existant, tout en cherchant à passer avec lui le cap du referendum britannique sur l’Europe. A défaut de donner un nouvel élan, ils entendent s’adapter à la nouvelle période qui s’est ouverte depuis que la situation s’est à peu près stabilisée – Grèce mise à part – ayant mis le temps mais fini par enregistrer que les basses eaux actuelles étaient destinées à durer.

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Gros hoquet des marchés : PAS GLOP ! PAS GLOP ! (*) par François Leclerc

Billet invité

Tel un volcan qui donne soudainement les signes précurseur d’un réveil toujours possible, les marchés ont eu hier et poursuivent ce matin un gros hoquet, se rappelant ainsi à notre mauvais souvenir. De tous côtés, aux États-Unis, au Japon et en Europe, la situation reste précaire et les signes s’en sont dernièrement multipliés, les incertitudes sur l’atterrissage et la stabilisation de l’économie chinoise venant s’y ajouter. Aucun pays ne peut toujours se prévaloir d’avoir retrouvé une santé restant florissante.

Les marchés financiers ont hier perdu pied et Wall Street en a donné le signal à la suite de la publication de trois indicateurs indiquant une baisse des ventes au détail aux États-Unis, un fort ralentissement de la production industrielle dans la région de New York et un accroissement des stocks des entreprises. L’Allemagne venait tout juste d’envoyer de mauvais signaux. Les bourses européennes ont suivi et enregistré des baisses brutales, concédant jusqu’à plus de 6% à Athènes et de 3 à 4% en moyenne. A Tokyo, le Nikkei enchaînait ensuite à la baisse.

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L’actualité de demain : TENIR ! TOUJOURS TENIR ! par François Leclerc

Billet invité.

De « modéré », le taux de croissance de l’économie américaine est pour la Fed devenu « modeste », Mario Draghi de la BCE décelant très prudemment une « confirmation de la stabilisation » au sein de la zone euro. De nouveau, le sujet de la croissance est sur toutes les lèvres, ce qui généralement survient quand un miracle est espéré. La palme incontestée revient une fois de plus à Pierre Moscovici, le ministre français de l’économie et des finances, pour son envolée à propos de la « véritable croissance » française qu’il prévoit en 2014 : « notre objectif, c’est 0,8% puis ensuite repasser nettement au-dessus de 1%, 1,5% pourquoi pas 2% en 2015 et 2016 ». Pourquoi pas, mais pourquoi s’arrêter là ?

Si un frémissement devait intervenir, nul doute qu’il sera toutes affaires cessantes présenté comme la fin du tunnel. Avec le retour des banques sur le devant de la scène, on est décidément revenu à la case départ : celle de ces petites pousses vertes annonciatrices de futures récoltes. Encore que l’Autorité prudentielle française (ACP), fidèle en cela à une tradition que le monde entier lui envie, vient de s’appliquer à noyer le poisson à propos des banques du pays en annonçant qu’elles sont « à niveau ou pas loin » du ratio de levier « qui ne s’appliquera d’ailleurs qu’en 2018 », oubliant en cela que celui-ci n’a pas encore été fixé par le Comité de Bâle…

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L’actualité de demain : PAS BESOIN DE BOULE DE CRISTAL ! par François Leclerc

Billet invité.

Enrico Letta, le président du conseil italien, tente de se donner des marges de manœuvre nationales qui passent par un assouplissement de la politique européenne. Il a choisi le chômage des jeunes comme angle d’attaque, en vue du prochain sommet européen de juin qui l’a inscrit à son ordre du jour, et a trouvé un allié en Mariano Rajoy, le premier ministre espagnol, pour travailler de concert dans un groupe de travail chargé de mettre au point des « mesures concrètes », car il serait selon lui « impardonnable » de ne pas y parvenir et de s’en tenir à une « conclusion bureaucratique ». Il faut, au moins à titre symbolique, décrocher quelque chose au Conseil européen afin de crédibiliser l’idée qu’un tournant est en cours et va s’approfondir, car la révolte gronde constatent chez eux les nouveaux partenaires.

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L’actualité de la crise : TANT VA LA CRUCHE À L’EAU…, par François Leclerc

Billet invité

Il existe une telle attente à propos de l’intervention de la BCE que le risque d’une grande déception se renforce de jour en jour en attendant la réunion du 6 septembre. Mario Draghi, son président, se retrouve devant le Parlement européen sur la défensive en tentant de faire valoir sans convaincre que l’action de la banque centrale n’est pas assimilable à une création monétaire, ce qui n’augure pas d’une annonce répondant à l’attente des marchés qui ne voient d’issue, par défaut, que dans une intervention massive et rapide. En toute indépendance, la BCE s’enfonce dans une crise qu’elle n’a pas les moyens politiques de régler.

Les représentants des organisations internationales se désolent et le font savoir. Angel Gurría, le secrétaire général de l’OCDE, vient de déclarer que « la BCE est le bazooka, la puissance de feu, le muscle, la seule qui ait la capacité de faire comprendre aux marchés : oui nous le ferons » en parlant des achats d’obligations espagnoles et italiennes, dont il considère que, pour leur concrétisation, « le plus tôt sera le mieux ». Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, explique que « le dogmatisme n’est pas de mise » en matière d’assainissement budgétaire et appelle à juger les gouvernements sur « la qualité des mesures qu’ils prennent plus que sur l’adhésion à des objectifs de déficits prédéterminés », une condamnation sans équivoque de la stratégie d’austérité budgétaire appliquée. Il n’est que Klaus Regling, le directeur du FESF, pour se déclarer convaincu qu’une solution à la crise européenne va intervenir d’ici « un ou deux ans », à condition que « tous les pays de la zone monétaire respectent strictement leurs engagements de consolidation budgétaire et continuent à améliorer leur compétitivité… ».

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L’actualité de la crise : LE FAIT ACCOMPLI DE MARIANO RAJOY, par François Leclerc

Billet invité.

Dans la lignée de son annonce surprise d’il y a quelques semaines, selon laquelle le gouvernement espagnol n’allait pas réaliser ses objectifs de réduction de déficit de cette année – qui lui a permis d’obtenir leur révision – Mariano Rajoy vient encore de ruer dans les brancards pour tenter échapper à un sauvetage européen.

Ne pouvant battre monnaie, il se prépare à émettre de la dette souveraine pour recapitaliser Bankia; ainsi que les autres banques qui en auraient besoin laisse-t-il entendre. S’abritant derrière le fait que la décision n’est pas prise pour justifier de ne pas avoir consulté la BCE – qui doit fournir au final la liquidité dans ce montage – il prétend que cette injection de 19 milliards d’euros de reconnaissance de dette n’aura pas d’impact sur le déficit, puisque cet argent serait récupéré plus tard, Bankia ayant retrouvé sa santé.

À une question portant sur l’impact sur la dette, il a préféré répondre par une pirouette à propos d’« élucubrations » qu’il valait mieux ignorer. Pour justifier que ce montage scabreux « est valide », l’entourage de Mariano Rajoy se réfugie selon Reuters et sans plus de précisions derrière le fait que « l’Allemagne et l’Irlande l’ont déjà utilisé dans le passé ». Sans doute s’agit-il d’une insinuation, concernant l’Allemagne, relative à sa création de bad banks parquant les actifs toxiques, dont le sort futur est resté dans le vague, avant que la dette allemande n’en prenne en compte la charge.

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