LE PIRE N’EST PAS TOUJOURS SÛR, par François Leclerc

Billet invité.

Dans son rapport annuel, le FMI persiste et signe à propos de la Grèce : « Les objectifs actuels des autorités restent irréalistes, en conservant l’hypothèse que la Grèce atteindra et maintiendra des excédents primaires de 3,5% du PIB pendant plusieurs décennies malgré des taux de chômage à deux chiffres ». Pour ensuite réaffirmer que « un nouvel allègement de la dette est nécessaire pour qu’elle soit viable. »

Le FMI n’a toujours pas décidé s’il participait ou non au troisième plan de sauvetage de la Grèce. Seul résultat notable de la politique imposée par les dirigeants européens, Nouvelle Démocratie est en tête dans les sondages, devançant Syriza, mais en quoi cela apportera-t-il une solution au problème soulevé par le Fonds ?

Le Parti Populaire de Mariano Rajoy ressort vainqueur des élections régionales de Galice et du Pays basque, si l’on en croit les titres de la presse sans lire les articles, mais cela va-t-il comme espéré permettre la venue au pouvoir d’un gouvernement minoritaire sous sa direction ? Le PSOE et Ciudadanos sont les perdants de cette consultation, Podemos et la plate-forme En Marea réussissant à devancer les socialistes dans les deux régions. Ceux-ci s’enfoncent dans la crise, sous la pression d’un côté de Podemos qui appelle à la constitution d’un gouvernement avec eux, et de l’autre de son aile droite qui plaide pour une abstention aux Cortes favorable à l’investiture de Mariano Rajoy. Si cette hypothèse se concrétisait, il lui faudra ensuite gouverner et s’opposer à Bruxelles faute de remplir ses obligations, s’il ne veut pas revenir sur ses promesses électorales et jouer un jeu peu recommandé dans le contexte espagnol actuel.

Mario Draghi va s’exprimer mercredi devant les commissions des Finances et du Budget de la chambre basse du Parlement allemand. Wolfgang Schäuble aurait demandé qu’il n’y soit pas ménagé, selon le quotidien Bild qui jette de l’huile sur le feu. Les taux, bas quand ils ne sont pas négatifs, pèsent sur l’épargne des Allemands, ainsi que sur les marges de banques qui ne sont déjà pas au meilleur de leur forme. Ce sera un prêté pour un rendu, la BCE soulignant les effets négatifs de l’excédent courant allemand, qui selon l’institut allemand IFO pourrait dépasser en fin d’année celui de la Chine et atteindre 278 milliards d’euros. Un résultat que Wolfgang Schäuble attribue à une politique qui, faisant baisser l’euro, favorise les exportations allemandes… Il se confirme que la BCE est indépendante – et non critiquable – quand elle mène la politique souhaitée par le gouvernement allemand.

Du Royaume-Uni est venu la nouvelle attendue de la réélection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste, faisant mieux que la fois précédente avec 61,8% des voix. Hargneux, ses opposants internes clament que cela annonce la défaite aux prochaines élections. Ils ne peuvent accepter d’avoir perdu le contrôle du parti, que Jeremy Corbyn entend donner aux militants. Ce ne sont plus 100.000 adhésions qui auraient été constatées ces deux dernières années, mais le double, les travaillistes revendiquant désormais 500.000 adhérents. Annoncée comme étant une nouvelle Dame de fer par des politologues en mal d’inspiration, Theresa May semble adopter une approche plus prudente que les mauvaises intentions qui lui étaient prêtées, dans ce contexte de profonde incertitude. Pourquoi prendre tous les risques à la fois ?

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