CAPITALISME, SCIENCE ET HUMANITÉ, Jacques Testart – Paul Jorion, à Morlaix, le 9 avril 2013 à 20h30

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SLOW SCIENCE – LA DÉSEXCELLENCE, par Olivier P. Gosselain*

Billet invité

Ça a commencé comme ça. Une poignée de collègues issus de disciplines différentes, l’envie de travailler ensemble, un financement de cinq ans, des séminaires réguliers où le plaisir d’échanger se mêlait à un sentiment grisant de progression et, au final, des objets d’étude, des rencontres et des résultats qui dépassaient de loin nos attentes initiales.1 Une belle histoire de recherche, en somme, pour une petite communauté regroupant des académiques, des doctorants et des étudiants.

Le groupe n’avait pas en commun que des objectifs scientifiques. Il partageait aussi une conception de la recherche et des relations entre chercheurs centrée sur la convivialité, l’intelligibilité, l’échange et la volonté de bien faire son travail. Rien de révolutionnaire à première vue. Mais le décalage avec les politiques de recherche développées par nos institutions nationales et internationales était pourtant flagrant. Il y avait loin, en effet, entre ces valeurs et les injonctions de productivité, de rentabilité et d’immédiateté inlassablement ressassées par nos managers académiques.

Frappés par ce décalage et convaincus que notre façon de procéder était humainement et scientifiquement plus satisfaisante, nous avons esquissé l’idée d’un mouvement Slow Science – sorte de doigt d’honneur académique à ce Nouvel Ordre de la recherche. La filiation avec Slow Food était d’autant plus évidente que deux des valeurs qui nous tenaient à cœur étaient le plaisir et la créativité. Ici encore, rien de révolutionnaire. Retirez ça de la recherche : que reste-t-il ?

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Peur, incertitude, entropie et information, par Paul Tréhin

Billet invité

Une analyse approfondie des causes de peur chez les organismes vivants doués de conscience nous conduit à repenser au second principe de la thermodynamique selon lequel tout système fermé tend au cours du temps vers le niveau maximal de désorganisation.

Cette tendance à l’accroissement du désordre est également appelée accroissement de l’entropie en thermodynamique.

Cependant, tous les systèmes vivants arrivent à préserver un certain niveau d’organisation locale assurant au minimum l’intégrité physique de leur propre organisme. Mais cela est réalisé au dépend d’un accroissement de l’entropie de l’environnement dans lequel ils puisent l’énergie nécessaire au maintien de leur propre organisation au cours du temps.

Il s’agit d’un équilibre instable, qui cesse de se maintenir quand l’organisme n’arrive plus à puiser assez d’énergie dans son environnement, soit par sa propre faiblesse, soit par épuisement de l’environnement auquel il a accès. Dans les deux cas, l’organisme atteint alors un état stable de désordre maximal par la dispersion de ses propres molécules au travers du processus de mort. Comme de nombreuses situations peuvent conduire les organismes à cet état final d’entropie maximale, leur principale peur (dans le cas d’organismes conscients) est de ne pas arriver à se protéger contre l’apparition de situations où ils n’arriveraient plus à assurer le maintien de leur propre organisation. Toute situation d’incertitude, quelle qu’en soit la cause – manifestations géocentriques, éruptions volcaniques, tremblements de terre, ou atmosphériques orages et tempêtes, présence de prédateurs de tout ordre – accroit l’incertitude de l’organisme face à sa capacité à assurer sa survie et le maintien de son organisation.

Ces situations d’incertitude sont les causes primordiales, au sens vital, de la peur chez les organismes vivants douée de conscience.

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