Archives de catégorie : « Dix-sept portraits de femmes »

« Dix sept portraits de femmes » : le making of – Retranscription, le 2 août 2021

Retranscription de « Dix sept portraits de femmes » : le making of.

Bonjour, nous sommes le lundi 2 août 2021 et je vous avais promis une série de quatre vidéos dont j’ai déjà produit les deux premières : la première, le point sur le Covid-19, la seconde sur ce que j’appelais « les deux deuils », c’est-à-dire le deuil qu’une personne qui a atteint comme moi l’âge de 75 ans doit faire dans sa représentation de la personne qu’elle est par rapport au monde parce que le sentiment s’installe que le nombre de jours devient limité même si on est en bonne santé – touchons du bois ! – et le second deuil étant celui malheureusement que nous devons faire de l’humanité – j’y repensais encore ce matin en cherchant un coton-tige, en me disant : « Mais non, ils sont bannis » [rires] alors que les magasins qui vendaient les cotons-tiges, je ne sais pas, dans chacun de ces magasins, il y a des tonnes de plastique par ailleurs. C’est un bon échantillon de ce que nous arrivons à faire ! Nous bannissons les chalumeaux pour les enfants et les cotons-tiges pour les bébés [rires] et pour le reste, voilà… c’est-à-dire que nous nous attaquons à un milliardième du problème en disant que nous faisons un effort, et les gens font ça individuellement aussi. Bon, mais je ne vais pas revenir sur celle-là. La quatrième à venir, c’est le point de ce qu’on sait maintenant sur le coup d’État manqué de M. Trump mais il me manque encore, j’attends encore au courrier des livres qui viennent de paraître et où il y a des révélations. Ces révélations, on les connaît déjà un petit peu par les résumés qu’a fait la presse mais j’aimerais bien voir le texte moi-même. 
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17 Women Portraits, Chapter one

Une personne a eu l’amabilité de passer certains de mes textes à la moulinette DeepL Pro. Je viens de regarder ce que cela donnait sur le premier chapitre de mon “Dix-sept portraits de femmes”.

Or c’est une excellente surprise : seulement deux erreurs. L’une est un contresens, l’autre, la preuve que c’est toujours un robot et pas encore une personne : alors qu’il n’est question que d’une femme, DeepL prend soudain un “lui” (“le regard que je lui adresse…”) comme la référence à un homme (sur une base purement statistique j’imagine). Au cours de la lecture rapide que je viens de faire, j’ai dû faire une vingtaine de modifications pour éliminer des lourdeurs de style et autres maladresses et j’imagine que j’en ferais encore autant lors d’une seconde lecture. Mais je répète : la traduction est d’une qualité qu’on n’aurait jamais imaginée à l’époque où circulait la blague de la machine à traduire russe qui avait traduit “La chair est faible mais l’esprit est fort” en “La viande est tendre et la vodka est formidable” (“spirit” en anglais, c’est l’esprit mais aussi l’alcool).

Très intéressant de mon point de vue (rien à voir avec DeepL) : alors qu’il me semblait qu’en français l’influence des auteurs dont je m’inspirais du style (Kerouac, Roth, Nabokov…) était invisible, dans la traduction anglaise, elle m’a sauté au visage et, pour tout dire, m’a donné la chair de poule en trois ou quatre occasions.
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« Dix-sept portraits de femmes » XXXVII. La femme qui chante et qui danse

Voilà ! C’est terminé ! Il me reste une chose à faire, recomposer tout cela pour en faire un vrai livre, parce que – certains l’auront noté – j’ai un peu bricolé le manuscrit de 2003, selon mon inspiration du jour, alors qu’il n’était déjà pas dans un ordre tout à fait logique. J’intégrerai aussi “Comment on apprend l’anglais” et “Silver Girl” billets publiés ici l’année dernière, et peut-être mon enquête sur ce qu’Antonioni pense des femmes. Bonne lecture en tout cas de cette conclusion, à l’intention de toutes et de tous.

Daisy est réapparue hier sous la forme d’une enveloppe bourrée de courrier qui m’est destiné, qu’un service postal trop zélé a décidé de détourner désormais entièrement vers sa nouvelle adresse. Elle me le fait suivre sans commentaire. Et je me réveille aujourd’hui en fredonnant un air qui me poursuit ensuite durant toute la matinée : 
« Et si je consacrais suffisamment de temps à t’écouter, 
Je trouverais le moyen de me convaincre que tout ce que tu disais était vrai, 
Mais je sais que tu mentais éhontément, pendant que je pleurais, 
Et tout ça ne m’empêcherait pas, une fois encore, 
De tenter de trouver des raisons de te croire. » 

C’est plus joli en anglais puisque-là, on peut faire beaucoup plus court et que ça rime : 

« If I listened long enough to you
I’d find a way to believe that it’s all true
Knowing that you lied
Straight-faced while I cried
Still I look to find a reason to believe. »

Et je reconnais les premiers vers d’un standard de l’immédiat avant-hippie : le Reason to Believe de Tim Hardin. 


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« Dix-sept portraits de femmes » XXXI. La femme qui, sous mes yeux, est remontée dans le temps

Jane et moi faisions partie en ce temps-là, à Cotonou, de la même bande d’expatriés : la clique de la mentalité « pas colon », par opposition à l’autre, au clan des nostalgiques du « temps des colonies ». J’avais moi trente-huit ans. Je n’ai jamais connu l’âge de Jane à cette époque, disons en tout cas que si elle en avait vingt, elle ne les faisait pas.

Jane appartenait au Peace Corps américain et elle avait d’excellentes raisons de faire partie de la mouvance « pas colon » puisqu’elle était Noire.

Le Bénin était en cette année 1984 sous régime marxiste-léniniste, si bien que les déplacements des citoyens américains sur le territoire national étaient jugés malvenus et Jane était donc, de fait, confinée dans la capitale. Nous nous connaissions à peine elle et moi, ce qui ne l’a pas empêchée de venir un jour me trouver du fait de ma réputation d’avoir visité des villages dont le nom ne figurait pas sur la carte. Jane m’a demandé s’il était possible qu’elle m’accompagne lors d’une de mes randonnées « dans la brousse » comme on dit là-bas. 

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