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« Dix-sept portraits de femmes » XIV. Les femmes pour qui j’ai le coup de foudre

Dans mes premiers jours à la banque, il y avait eu deux coups de foudre. Des petits, des « Tiens ! Voilà qui est très intéressant ! » Comme ce qu’on lit maintenant de la relation très vache qu’entretiennent les avions et les radars des batteries anti-aériennes. La presse affirme que cela se passe de la manière suivante. Un radar (c’est en réalité les yeux d’une batterie de DCA) envoie à tout hasard des rayons vers le ciel. Un avion passe par là, le radar voit (sent) revenir vers lui les ondes qui ont heurté l’intrus : le regard qui balayait à tout hasard s’est posé sur un objet. Alors il « verrouille » l’avion, c’est-à-dire que les canons auquel il est couplé se tournent vers lui, prêts à tirer. Mais l’avion lui, pendant ce temps-là, qui a senti les rayons du radar dardés sur lui (pareils à ce que j’ai dit du regard qu’on sent posé sur soi, même s’il vient de l’arrière), verrouille à son tour ces yeux noirs qui le fixent, et sa roquette avec sa tête chercheuse est là, toute chaude, dans les starting-blocks, et, ironie du sort, c’est le regard du radar posé sur lui qui va servir au projectile d’un rail conduisant vers sa cible (semblable au regard insistant de l’amoureux transi). Ce qui justifie pourquoi la DCA et sa proie, dont elle est elle-même la proie potentielle, procurent aux prémices de la vie amoureuse, une splendide métaphore.

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