Archives de catégorie : Environnement

Veille effondrement #87 – Le peuple de l’herbe, par Arkao

Les insectes sont en voie de raréfaction selon certaines études. Sans remettre en cause les résultats globaux, de fortes disparités régionales sont remarquables et sources d’optimisme. Si les grandes plaines vouées à l’agro-industrie tiennent le palmarès de l’effondrement de la biodiversité, il reste dans ce pays des espaces où l’équilibre entre les champs, les herbages, les forêts et les zones humides reste préservé. Les insectes « disparaissent », soit, mais encore faudrait-il s’y intéresser. Quand prend-on la peine d’y prêter attention ? Quand d’agaçants moustiques nous empêchent de dormir, quand des mouches viennent nous chatouiller la peau alors qu’on voudrait lire un livre tranquille à l’ombre d’un arbre, quand des guêpes s’invitent à table, allant du verre de bière à la tranche de melon, quand le vrombissement sourd d’un imposant frelon vient semer la panique chez les convives. Finalement, qui s’intéresse aux milliers d’autres espèces qui nous entourent ? Continuer la lecture de Veille effondrement #87 – Le peuple de l’herbe, par Arkao

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Veille effondrement #20 – Il y a 2 sortes de gens

Je suis encore furieux de ce commentaire ici sur le blog du style « Vous les boomers n’avez rien fait ! ». J’avais répondu brutalement à l’auteur que chaque génération contient son lot de gens qui se décarcassent et son lot de saboteurs. Bien sûr, s’il avait fait partie à la génération présente des gens qui se décarcassent, il aurait été au courant.

Oui, il y a deux sortes de gens : ceux qui se battent pour que ça change et en face, dans le meilleur des cas, ceux qui par le poids de leur indifférence rassemblée constituent une énorme force d’inertie, et dans le pire des cas sont soit de véritables « marchands de doute », soit les mercenaires que ceux-ci ont recrutés et qui vont tenter de nous convaincre que le réchauffement climatique n’existe pas, pas plus en tout cas que le « complot communiste » (je viens de regarder les nouvelles US) du Covid-19.

Oui, il y a deux sortes de gens, je le rappelle chaque fois qu’on me pose la question : « A-t-on tiré les leçons de la crise des subprimes ? ». Absolument ! on a tiré les leçons, on a les a mises sur papier, on les a bien expliquées, mais en face, il y avait le monde des affaires qui pensait que ces leçons étaient déplaisamment anti-business. J’ai fait partie, vous le savez, d’un « Haut comité pour l’avenir du secteur financier en Belgique ». Quand notre rapport a été publié, la presse a dit : « Le ton ‘de gauche’ du rapport est quand même tout à fait étonnant… ». J’ai dit : « Merci, Messieurs-Dames, à 1 contre 7, ce n’était pas joué d’avance ! ». Quelle différence cela a-t-il fait, ce « ton de gauche » ? Cela a fait qu’au lieu que le ministre soutienne l’une des 17 mesures que nous préconisions, la rapport soit simplement mis dans un tiroir *.

Mais voyez où nous en sommes : pendant tout le temps que j’ai écrit ce billet je me suis reproché de ne pas travailler plutôt à l’article que je rédige en ce moment : « An unconscious path to general Artificial Intelligence: a roadmap », comment donner aux robots une intelligence « universelle », comme on dit une « clé universelle », plutôt que spécialisée comme aujourd’hui. J’y retourne séance tenante : je me suis toujours soucié de l’avenir.

N.B. IPCC = GIEC.

* J’ai retrouvé ceci, qui illustre très bien ce que je dis (même Ecolo s’insurge contre un peu plus de justice sociale) :

L’Écho, La Messe est finie, par DOMINIQUE LIESSE, le 28 janvier 2016

Le rapport d’experts sur le secteur financier

Le rapport sur l’avenir du secteur financier belge a le mérite d’exister. Rédigé par un groupe d’experts de haut vol, il a le mérite de faire état d’une réalité économique. Mais ce rapport, commandé par le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA), aura-t-il le mérite de faire changer les choses? Rien n’est moins sûr.

Présenté hier en commission des Finances, le rapport s’est heurté aux réflexes politiques. Toucher à la fiscalité de l’épargne? « La population veille à ses intérêts, a lancé Peter Dedecker (N-VA). Comment concilier la théorie économique et cela? Les électeurs vont nous juger là-dessus. »

Le rapport des experts sur le secteur financier s’est heurté aux réflexes politiques.

Plafonner le montant de l’emprunt hypothécaire à environ 85% de la valeur du bien? « Mais, c’est un frein à l’accès à la propriété! », clament en chœur plusieurs députés.

Réduire la pression régulatoire nationale sur les banques pour plus de compétitivité? « C’est un paradoxe: vous voulez développer de nouveaux services financiers pour un secteur plus résilient, mais vous plaidez pour moins de gold plating (régulation nationale plus sévère que les exigences européennes NDLR) », déclare Georges Gilkinet (Ecolo).

Et pourtant, une après-midi durant, Luc Coene (ex-gouverneur de la BNB), Geert Noels (économiste) et Paul Jorion (professeur universitaire) ont expliqué la situation: une épargne avantagée fiscalement qui fuit et profite donc à l’étranger par le biais d’entités des banques étrangères. Mais des risques, qui eux, pèsent sur l’épargnant belge!

Un secteur immobilier important qui n’est pas sans risque d’emballement. « Le marché avale tout avantage fiscal et l’intègre avec des suppléments de prix. En plafonnant l’emprunt hypothécaire, nous tentons de protéger le consommateur des aléas du marché. »

Le ministre, lui-même, aurait déclaré aux experts: « Vous ne me rendez pas la vie plus facile avec ce rapport. » Il aurait même déjà ajouté que la révision de la fiscalité du carnet d’épargne n’était pas une priorité du gouvernement.

La messe semble donc être dite!

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60 ans d’échec de l’alarme scientifique : l’ethos scientifique est-il rationnel ?, par Terence

L’affaire de la fuite dans les médias du brouillon du rapport du GIEC sur le climat pourrait être l’illustration d’une des principales causes de l’échec le plus patent de l’histoire de la communauté scientifique : ne pas être parvenus à sonner une alarme écologique effective pour l’humanité, suffisamment tôt et clairement pour engendrer une prise de conscience et une mobilisation générales. Pour qu’un message passe d’un émetteur à un récepteur, il faut établir un canal de communication, coder et décoder le message en neutralisant les bruits parasites. Et quand bien même un message est correctement émis et reçu, il n’appartient qu’au récepteur d’agir en conséquence. Il serait donc injuste d’attribuer à la seule communauté scientifique l’échec des alarmes répétées depuis plus d’un demi siècle, vu l’adversité et l’autisme auxquels ils ont dû faire face. Néanmoins, tant que cet échec demeure et malgré une apparence trompeuse de « prise de conscience », il reste pertinent de proposer une critique radicale des pratiques de la communauté scientifique par rapport à l’urgence écologique. Continuer la lecture de 60 ans d’échec de l’alarme scientifique : l’ethos scientifique est-il rationnel ?, par Terence

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Moi qui pensais que Waterworld et Mad Max étaient de la science fiction…, par Terence

© Hervey

Pour les gens qui s’intéressent à la collapsologie, nous sommes passés de la théorie et de la prospective au journalisme et à la statistique. Le réel est ce qui résiste, les faits sont têtus. Il suffit de prolonger ce que nous observons pour en tirer les conclusions qui s’imposent. Après, il reste encore une foule de différents scénarios, même si les pires semblent les plus probables, vu notre historique.

En voyant les températures à Vancouver au Canada, qui connaît certes des été chauds (mais pas à Vancouver), je rebondis un peu sur la dernière vidéo de Paul sur son blog, qui se demandait :

    • – si tout ne s’était pas joué dès 1780 (Lumières volet « domination et maîtrise de la nature par la raison instrumentale », début de la révolution industrielle, début de l’exploitation des combustibles fossiles) ;

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Nous sommes très loin de penser que nous l’emporterons. Mais les banques en sont convaincues. Ne les décevons pas !

© Hervey
Je tombe sur, et vous m’envoyez aussi, de ces newsletters ou white papers que les banques ou des fintechs rédigent à l’intention de leurs clients privilégiés pour leur dépeindre un sombre avenir.

Certains de vous me communiquent tout cela pour que je m’indigne sans doute qu’elles nous désignent vous et moi comme l’ennemi. Je m’indignerais volontiers s’il était dit qu’aucun moyen ne sera épargné pour nous faire la peau. Mais ce n’est pas cela qui est écrit, c’est plus bonnement que c’est nous qui l’emporterons. Aussi ne boudons pas notre plaisir ! À un ami qui m’écrivait tout à l’heure, j’ai répondu :

Il faut que nous tenions bon : ils nous voient vainqueurs, soyons à la hauteur de leurs inquiétudes !

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Incroyable mais vrai ! – « Nous ne sommes pas sûrs de savoir ce que c’est que penser comme un glacier »

Tribune d’un collectif en première page du journal Le Monde, en date d’aujourd’hui (réservé aux abonnés) : « Penser les glaciers comme des acteurs d’un monde que nous habitons en commun ».

Rien qui me choque dans le titre, vous me connaissez : je suis l’auteur de Le dernier qui s’en va éteint la lumière (2016) ; je suis par ailleurs membre de l’assemblée statutaire de GreenPeace France et je n’ai aucune sympathie a priori, ni a posteriori pour « un domaine de ski hors-piste, privilégiant l’autonomie de pratiquants engagés dans un milieu encore sauvage, en bordure du parc national ».
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Baie de St Brieuc et de Lannion : en réalité une très vieille histoire, par Jean-François Le Bitoux

Les deux baies, de St Brieuc et de Lannion, au bassin versant Est moins industrialisé, ont rempli la fonction de super-stations d’épuration naturelle pendant des siècles en donnant satisfaction aux populations locales.

À ce titre, les sédiments en conservent une « mémoire » qui participent à la vie de l’écosystème. Mais une production d’hydrogène sulfuré (H2S) en devient un paramètre toxique limitant – plus ou moins vite selon les conditions locales. Le bilan sédimentaire historique en est donc probablement autant humain ( y compris touristique) et industriel (activités portuaires) qu’agricole. Aussi curieux que cela paraitra au touriste de passage, les marées les plus grandes de ces côtes contribuent peu au renouvellement de l’eau dans la baie qui y fait des aller-retours. Même les heures passées au soleil breton après un rinçage pluvieux à marée basse, sont peu efficaces pour digérer les excès accumulés, sédimentés !
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Le Monde : L’ONU appelle à déclarer « l’état d’urgence climatique », cinq ans après l’accord de Paris, le 12 décembre 2020

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Cédric Chevalier entre au cabinet du ministère belge du Climat, de l’Environnement, du Développement durable et du Green Deal

Cédric Chevalier, dont vous lisez les billets ici, rejoint au titre de Conseiller, le cabinet de Mme Zakia Khattabi, ministre fédérale belge du Climat, de l’Environnement, du Développement durable et du Green Deal.

Le Blog de PJ souhaite de tout coeur que Cédric s’y rende aussi utile qu’il l’a été ici, et lui prodigue tous ses voeux de succès (bien entendu si la température du globe devait dépasser au 31 décembre 2099 celle d’aujourd’hui de plus de 6 degrés, nous n’hésiterions pas à hisser Cédric au rang des responsables – « Qui aime bien, châtie bien ! »).

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Propositions de la convention citoyenne : Qu’en reste-t-il ?, par Cédric Chevalier

Les médias français font le bilan du respect de la promesse du Président Macron de donner une suite politique à l’essentiel des mesures proposées par la Convention citoyenne pour le Climat française.

De nombreuses déclarations allongent la liste des mesures qui n’auront aucune suite politique, malgré la promesse présidentielle. Ne s’agit-il pas d’une indication forte qu’une convention citoyenne doit être dotée de pouvoirs constitutionnels pour avoir le moindre poids sur les politiques menées. Une définition « en négatif » du pouvoir (il y en a d’autres) est la suivante : le pouvoir est celui de nuire à la trajectoire d’autrui, de lui retirer une adhésion dont il a besoin pour ses propres projets. C’est la théorie du château de carte : avoir du pouvoir c’est pouvoir enlever des cartes et menacer le château d’autrui, plus on peut enlever de cartes plus on a du pouvoir. Le corollaire est que pouvoir apporter ou conserver des (nouvelles) cartes au château d’autrui est aussi une forme de pouvoir (en mode constructif ou conservateur ici).

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