Archives de catégorie : La vie de tous les jours

L’odieuse méchanceté du monde

Ce matin, dans le car qui me menait de Peyruis à Aix-en-Provence, une jeune fille est montée qui a lancé à la cantonade, et nous avons compris qu’elle parlait du car précédent (qui sont peu nombreux) : « Le chauffeur m’a dit : ‘Allez faire la monnaie !’ Et quand je suis revenue, il était parti ! »

Elle est allée s’asseoir pas loin et est restée là, le visage fermé, abattue, pendant toute la suite du trajet.

Mais je m’étais promis quelque chose, sachant qu’elle passerait près de moi en sortant. Je lui ai alors dit : « La méchanceté de ce chauffeur m’a fort attristé ! ».

Je lui ai par ces quelques mots, rendu la vie, et son sourire radieux a illuminé la mienne.

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Un train n’est pas nécessairement un autre

À peine assis dans le Paris-Marseille en gare de Lyon, moi qui suis un habitué du Paris-Quimper, me faisais la réflexion que si mon train familier pouvait être appelé « le rendez-vous des rond-de-cuir » tant il ne s’y passe jamais rien et tout le monde s’y ennuie, celui qui me conduit occasionnellement dans le Midi me frappe toujours par son atmosphère de désastre en attente. À chaque fois il ne s’agit pas d’un voyage en train mais d’un véritable exode : une foule bruyante, au bord de l’affolement, fuyant un danger apparemment pressant dont la source me demeure à jamais mystérieuse.

J’en étais  à me demander s’il ne s’agissait pas là chez moi d’un fantasme, alors que les minutes s’égrenaient dans le train toujours immobilisé malgré le dépassement de l’heure du départ, quand le « chef de train », comme il décrivit lui-même sa fonction sur l’interphone, annonça que si nous démarrions avec quinze minutes de retard, c’était à cause de « voyageurs récalcitrants ayant passé l’accueil embarquement avec force ». Non, je ne rêvais donc pas : le drame, sinon la tragédie, était bien ici dans le Paris-Marseille, toujours au détour d’un corridor, ou nous guettant peut-être au coin d’une station.

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Consentement ou pas consentement ?

Ouvert aux commentaires.

Une nouvelle question agite nos temps troublés : « Comment diable reconnaître d’une autre, une relation consensuelle ? »

Je me suis demandé pourquoi la question était nouvelle : pourquoi en effet ne se posait-elle pas autrefois ?

En y réfléchissant, je me suis souvenu d’une ancienne pratique connue sous le nom de « flirter » [de l’anglais « to flirt », elle-même du français « conter fleurette »].

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Un endroit féerique pour les petits et les grands (qui se souviennent d’avoir été petits)

J’ai donc passé la journée à Paris, à refonder la finance, sous le patronage du RIODD, le Réseau International de Recherche sur les Organisations et le Développement Durable et dans le cadre (c’est pas fini !) de la Semaine du management.

Et hier soir, nous avons été invités à manger au Musée des arts forains. Vous n’étiez pas là, je sais, mais je peux quand même vous faire un peu participer – dans la mesure de mes moyens limités !

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Un bon placement ! Mieux que le bitcoin !

Voilà : je vous avais offert le moyen de devenir millionnaire et vous n’avez pas voulu m’écouter! Je suppose que la médaille a été retirée de la vente aussitôt que l’on a su que la rencontre était annulée. Il faut dire que c’était mal embouché depuis que le conseiller John Bolton avait recommandé pour le Leader Suprême, la « solution libyenne », à savoir lynchage par la foule. Ambiance !

Ce qui me rend le plus triste pour Trump, c’est qu’il n’aura pas tout de suite un Prix Nobel. Enfin, vous me direz, Philip Roth n’en a pas eu non plus. C’est un peu une question de chance ou de malchance si vous voulez mon avis.

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« Nice chap! »

Le Monde : Mariage du prince Harry et de Meghan Markle.

… en l’absence de son père […] « Mlle Meghan Markle a demandé à Son Altesse royale le prince Charles de la conduire à l’autel » de la chapelle Saint-George au château de Windsor, a indiqué un communiqué. « Le prince de Galles est ravi de pouvoir accueillir Mlle Markle de cette façon dans la famille royale.

Mon mentor à Cambridge, et directeur de thèse à une époque, Sir Edmund Leach, était par ailleurs provost de King’s College, un poste prestigieux qui lui valut d’être le « professeur d’anthropologie » du prince Charles. Il m’expliqua un jour qu’être « le professeur » de quelqu’un d’aussi haut placé dans la succession au trône consistait essentiellement en quelques conversations en tête-à-tête et à bâtons rompus.

Malgré la très haute estime en laquelle le tenait l’establishment britannique, Leach était essentiellement un iconoclaste qui n’avait pas, en particulier, une très haute opinion de l’aristocratie et, me rapportant un jour les conversations qu’il avait eues avec le prince Charles, il me dit, comme s’il s’agissait là de quelque chose d’assez surprenant : « Il fait preuve d’un très grand bon sens ! « , et de conclure : « Nice chap! », un brave type !

Ce dont nous aurons donc, une fois de plus, la preuve demain.

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« Toutes affaires cessantes »

J’ai vu se profiler une crise financière et économique gigantesque, et j’ai dit : « Il faut s’occuper de cela, toutes affaires cessantes ! » J’ai regardé autour de moi, et je n’ai vu que des yeux ronds. À une exception près, qui est aussi celui qui m’a dit un jour il y a dix ans à propos d’une personne dont j’entendais le nom prononcé pour la première fois : « Attention, il est présidentiable ! »

J’ai vu se profiler l’extinction de l’humanité. J’ai dit : « Il faut s’occuper de cela, toutes affaires cessantes ! » Là aussi, je n’ai vu que des yeux ronds, sauf dans un pays très lointain mais qui se sait au milieu.

J’ai vu la Bête de l’Apocalypse, et son nom était Trump, et j’ai dit : « Il faut s’occuper de cela, toutes affaires cessantes ! » Je le répète ici tous les jours, mais j’entends dire : « Ça n’intéresse pas grand-monde, ce n’est pas vendeur ! Vous n’avez pas plutôt écrit quelque chose d’optimiste ? »

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Si je voulais avoir des millions de viewers sur mon blog, je ne parlerais que de comment perdre du poids

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Mon médecin m’a dit il y a un an ou deux : « Vous devriez perdre 5 kilos : à votre âge (aujourd’hui 71 ans… et demi !), du poids en excès pèse énormément sur le coeur ».

Comme la raison alléguée paraissait raisonnable, j’ai fait comme il m’a dit, mais comme je suis comme Trump par ailleurs (vous êtes surpris ?) j’ai aussitôt fait de la surenchère : j’ai perdu dix kilos, en un mois ou deux.

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« Toutes directions », ah oui, vraiment ?

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Ce soir, ce n’est pas le consumérisme sous l’un de ses avatars qui me fait m’interroger, ce sont les panneaux « Toutes directions ».

Je me suis rendu tout à l’heure chez mon comptable, pour mettre dans sa boîte à lettres mes paperasses pour avril. Je passe une douzaine de ronds-points pour y arriver, et à chacun, l’une des voies indique « Toutes directions ». Dans la majorité des cas, je pourrais me soumettre distraitement à l’injonction, mais il y a bien sûr trois ou quatre occasions où je dois soigneusement ignorer le chant des sirènes du « Toutes directions », sans quoi je me retrouverais tout à fait ailleurs que ma destination.

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