VIVENT LES AVENTURISQUES !, par Annie Le Brun

Billet invité. Les trois pages qui suivent sont extraites du premier volume des Mémoires de Jean-Jacques Pauvert parus sous le titre La traversée du livre (Viviane Hamy 2004). Le texte cité in extenso dans ces trois pages a été rédigé par Annie Le Brun. Il a paru en juin 1968 dans le N° 4 de la revue surréaliste L’Archibras, publié clandestinement. Bien qu’aucun des articles de la revue n’était signé, les auteurs n’en ont pas moins été convoqués collectivement par la police pour répondre des chefs d’inculpation d’incitation au crime, atteinte au moral des armées et injures envers la personne du Chef de l’État ; ils bénéficièrent ensuite de la loi d’amnistie.

 

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105 réflexions sur « VIVENT LES AVENTURISQUES !, par Annie Le Brun »

  1. C’est un peu facile de critiquer la prudence des communistes dans le contexte général de 68…

    Apres tout, c’est grâce au préfet Grimaud, et à d’autres haut fonctionnaires moins connus mais tout aussi courageux que les ordres de de Gaulle de tirer sur les étudiants n’ont pas été appliqué et que 68 a fait bien peu de victimes chez les étudiants (et nettement plus chez les policiers)…

    Les communistes savaient très bien comment cela pouvaient tourner. Il était difficile d’envisager que les ordres de Gaulle ne soit pas soient pas respectés. Ils avaient l’habitude des coups durs: combien d’entre eux, à tout les niveaux, avaient subi la répression des différents gouvernement de droite mais aussi sociaux démocratique? Ne se souvient on pas de Léon Blum allant échanger l’assistance du FMI contre le départ des communistes, il est vraiment fortement sous l’influence soviétique à l’époque, dès la Libération?

    Quand de Gaulle est parti en Allemagne, qui pouvait savoir comment il reviendrait et avec quelle force?

    On fait un peu facilement du PCF la courroie de transmission de Moscou, pourtant l’histoire du PCF montre que ce fut bien plus compliqué que cela, comme le montre la formation des maquis communistes.

    On oublie facilement aussi que lorsque l’on a subi des dizaines d’années de luttes dures, on devient prudent pour soi et ses partisans et l’on applaudit rarement aux têtes brulés qui vous force la main dans un combat que vous ne comprenez pas.

    1. Vous mélangez tout, vous vous sentez visé ?

      Que le mouvement de l’Histoire ne fût pas favorable aux communistes, notamment parce qu’ils étaient les conservateurs d’un monde qu’ils avaient contribué à modifier et dont ils faisaient donc partie, n’est pas une honte. C’est un fait. C’est tout. Ca ne change rien à leur mérite.

      De l’autre bord, vous aviez les confits qui flétrissaient de peur et qui se rengorgeaient de la reprise en main.

      1. Euh…

        J’aime bien les littérateurs qui prennent la pose et envoie leur petit camarade aux casses pipes (et qui parfois, il faut le reconnaître y participe aussi).

        Et qui après viennent tirer quelques menus profits en écrivant leur mémoire.

        Heureusement qu’il y avait le préfet Grimaud et les communistes pour éviter le bain de sang…

        Cela étant dit, je n’ira pas cracher sur 68, parce que malgré tout, cela a été bien utile à la société française.

        Il fallait sans doute en passer par là et c’est tout l’honneur des autres, c’est à dire du vieil ordre de ne pas avoir céder à la facilité du massacre.

    2. Soit, mais ce n’est pas la question centrale du texte ; la question centrale du texte c’est l’individu muré dans lui-même et la brèche que représente 68.
      Si les organisations sont envisagées dans ce texte pour y être vilipendées, c’est dans ce qu’elles ont de commun : la discipline qu’elles imposent à leurs membres. En somme ce que soulève l’auteure, c’est la question de la conscience de l’invididu face à la discipline qu’il accepte – ou non ; cela, je crois, s’est posé de façon épineuse aux communistes en de multiples occasions tout comme aux fonctionnaires – civils ou militaires – dont vous rappelez le rôle dans le cadre d’une issue moins malheureuse que ce qui se dessinait à l’occasion de mai 68 – je me demande simplement si c’est un exemple significatif.
      La question centrale demeure : jusqu’où accepter la discipline de son organisation ? Car les organisations n’ont pas disparu (puisque nous sommes sur le blog de P. JORION : le doigt sur la couture exigé des salariés d’IBM des années 50-60 se retrouve dans l’organisation contemporaine d’Apple, Google ou Microsoft).

      La vraie question serait selon moi : pourquoi des questions aussi intimistes que celles posées par la conscience ont-elle été exposées en place publique ? Probablement parce qu’elles devenaient trop aigües pour rester cantonnées dans un tête à tête avec soi-même selon que l’individu veuille revendiquer sa place dans le groupe, ou que le groupe devienne plus pressant – ce qui n’a finalement que peu d’importance.

      Je concluerai sur un jugement : ce qui différencie mai 68 des jours que nous vivons.
      A l’époque c’était des individualités qui voulaient vivre ; aujourd’hui nous avons le spectacle d’egos démesurés (nos petites lucarnes en sont un concentré, par exemple). Pour autant le besoin de se poser des questions intimistes n’a pas disparu ; certains pensent même qu’il n’en devient que plus pressant. En ce sens ce texte de Mme Le Brun est tout à fait d’actualité.

    3. Tous les historiens s’accordent à dire que les maquisards n’ont joué qu’un lointain second rôle dans les événements auxquels vous faites allusion. Un rôle qu’il fallait jouer, certes, mais absolument pas décisif.

      1. En effet, leur rôle fut tout relatif vis à vis de celui de l’armée rouge qui monopolisa tant de troupes nazies sur le front est rendant ainsi possible la progression des alliés à l’ouest.
        En revanche il fut prépondérant par rapport à celui joué par la Milice française.
        Bien entendu ces précisions sur l’évaluation du rôle des maquisards sont valables uniquement si l’on se place du point de vue de celui qui juge que la libération du territoire était une bonne chose.

      2. …les maquisards n’ont joué qu’un lointain second rôle…

        Ahhhhh Pignolle ! Pignolle ! Entre ici Pignolle ! du fond du coeur, merci, merci, mille fois merci ! Pour ce « lointain second rôle », pour tes soins miraculeux apportés au visage de Moulin, il te sera beaucoup pardonné.

        Aujourd’hui, jeunesse, puisses-tu penser à ce hallebardier comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n’avaient pas parlé. Ce jour-là, elle était le visage de la France »

        Chevalier à la triste figure, Pignolle, triste.
        http://fr.m.wikisource.org/wiki/Discours_du_transfert_des_cendres_de_Jean_Moulin_au_Panth%C3%A9on

      3. Bien entendu ces précisions sur l’évaluation du rôle des maquisards sont valables uniquement si l’on se place du point de vue de celui qui juge que la ibération du territoire était une bonne chose.

        A la bonne heure ! Voilà un détail qui devait être éclairci, Sud Sud Sudiste. Attention oh ! !e cherche pas la p’tite bête hein ? Juste qu’y a des grosses bêtes dans les « détails ».

      4. « Un rôle qu’il fallait jouer, certes,  »
        Une connerie qu’il fallait oser écrire, hélas !

        On dirait du Verges au procès de Barbie

        Ah donc ! Au mont Valérien, ou ailleurs, une jeunesse de 20 ans jouait un role en attendant le peloton, en ce temps la, l’honneur avait un prix…………12 balles , pour jouer son role jusqu’au bout , tous les historiens vous le diront .

    4. En fait, les soixantehuitards et les communistes ne se comprenaient tout simplement pas
      Les rêveurs et les planificateurs, ça ne faisait pas bon ménage.
      Encore un beau gâchis
      De Gaulle a raflé la mise. On connait la suite.

      1. Merlinll: je ne suis même pas sur. Comme toujours les têtes des appareils avaient d’autres enjeux que ceux des militants et sympathisants.

        Quand vous rencontrez des communistes de base, cette opposition entre gauchistes et communistes n’était pas aussi claire et tranchée.

      2. à blob
        Et bien blob, ce n’est jamais simple
        En 68, il n’y a pas eu que le mois de mai. Il y a eu le mois d’août… et les chars soviétiques à Prague.
        Et là, je peux te dire que parmi les militants « cocos » (les trois quarts de ma famille, je veux dire les encartés), ça penchait fermement du coté de la justification (il doit bien y avoir une raison, bla, bla, bla…)
        C’est à cette époque (j’avais 19 ans) que j’ai été définitivement vacciné contre l’Appareil.
        Et même encore aujourd’hui, j’écoutais Jean Luc ce matin sur France Inter (Mélenchon)
        Je l’aime bien Jean-Luc. Il est franc, droit courageux, intelligent, excellent tribun…n’en jetez plus.
        Mais…dans sa logique, il défendait les ouvriers de Fralib, et dans la foulée le thé Éléphant, produit à 80% en France. Logique productiviste. logique nationaliste. En est-on réduit à se battre pour des sachets de thé de m….
        Les enjeux sont d’une autre dimension non ?
        D’où… retour à mai 68 et les questions posées alors (et avant eux par le mouvement hippie).
        Quelle société voulons-nous ? Pour l’instant, on veut pouvoir continuer à déguster son petit thé pépère at five O’clock. (On = 95 % de la populace).

      3. Vous prétendez que Jean-Luc Mélenchon est ceci ou cela : franc honnête courageux, par exemple;
        et alors ?
        D’abord, vous n’en savez rien, si vous ne le connaissez et le connaissant, diriez-vous il est faux, malhonnête, etc.? Ensuite peu me chau de connaître le profil psychologique du personnage, que vous dites tribun.
        JLM est un politicien, basta.

      4. Bonsoir
        De deux maux, choisir le moindre n’est pas facile. Et, pourtant, après coup, ceci coûte cher, de choisir le plus !
        Oui De Gaulle a raflé la mise, et on connait la suite …
        De gaulle éjecté un an plus tard.
        Et en janvier 73 la loi Pompidou-Girard !
        et la suite ….
        Les « aventurisques » ont mis la France en faillite.

        Mais, il y avait beaucoup de sincérité chez un grand nombre d’étudiants, pas facile de ne pas être un idiot utile !

    5.  » des communistes »= précisément : des staliniens, et membres du PCF/CGT, ce n’est pas du tout pareil.
      Pour le reste le PCF contre-révolutionnaire est stalinien, voir la Révolution espagnole…
      La seule chose vrai de votre commentaire c’est : »un combat que vous ne comprenez pas.« . Et ça ne s’est pas arrangé par le suite…

      1. blabla bla: comme si le PCF de 1920 était le PCF de 1942 et comme si celui de 1947 était celui de 1968 ou celui de 2012.

        Prose de curée trosko ou anar ou situa, bref, prose de curés…

        C’est un peu pénible ces commentaires où il n’y a jamais d’historicité: on dirait que ni les gens ni les organisations ne changent. C’est presque du calvinisme: il n’y a que quelques élus sur qui la Vérité tombe un jour et qui sont sauvés par elle quoiqu’ils fassent.

        Je ne suis pas du PCF, ni même du Parti de Gauche: j’essaie juste de nuancer ce qui me semble des discours un peu convenu (le coup de la spontanéité rétive à l’ordre des organisations, c’est devenu un cliché lourdingue…) qui flottent à dix milles mètres au dessus de notre pauvre terre.

      2. Blabla Blob.
        Donc des curés situs ? Amusant et incongru.
        Le PCF n’était bien entendu pas stalinien avant Staline, vous ne m’apprenez pas grand chose. En 1942 et jusqu’à la déstalinisation chez les soviétiques du temps de l’archi-évêque Kroutchov, c’est à dire dans les années 50 (février 1956), le PCF est stalinien. Le PCF a ensuite condamné l’insurrection hongroise, et le printemps tchécoslovaque (respectivement octobre 1956 et 1968), et applaudi à l’intervention du Grand Frère Soviétique. Stalinien, ou néo-stalinien ? Fausse querelle. Bureaucratique, partisan du centralisme et de sa propre hégémonie, le parti prétendument « communiste » n’existe plus en 2012, ou si peu qu’il est inutile d’en rajouter.
        L’histoire l’a condamné.

      3. Blob

        Et cela c’est l’expression d’un immense patriotisme, mais aussi d’une forme d’humanisme classique.

        Le Parti Communiste est censé être prolétarien, internationaliste et révolutionnaire, non patriotique et humaniste classique( c’est quoi ?).
        C’est un gros problème d’être à la fois patriote et internationaliste, humaniste et à la fois prolétarien, etc… En fait le gros problème, ou contradiction interne à tout le mouvement ouvrier passé est : affirmer le travail, ou la classe du travail et en même temps vouloir dépasser le capitalisme, dans l’affirmation du travail il y a l’affirmation de l’antagonisme : du capital. C’est de cette contradiction primaire -centrale et dynamique- que sortent les contradictions secondaires, telles celles évoquées, ou bien la position du mouvement ouvrier sur la colonisation ( il y a des exceptions, mais l’idéologie du progrès est prépondérante dans le mouvement ouvrier, et pas seulement chez les marxistes), la question du genre, c’est-à-dire de l’appropriation collective par les hommes des femmes et des assignations qui en découlent, etc.

      4. Le Parti Communiste est censé être prolétarien, internationaliste et révolutionnaire, non patriotique et humaniste classique( c’est quoi ?).
        C’est un gros problème d’être à la fois patriote et internationaliste, humaniste et à la fois prolétarien, etc…

        Le problème mon cher trADitore, c’est que la théorie ne suit pas les faits.

        Et dans mon domaine, la physique, quand la théorie ne colle pas, ce n’est pas la réalité que l’on change…

    6. merci à Blob, certains critiquent ses commentaires : pourraient-ils me décrire le parcours suivi par la très grande majorité des « animateurs » de mai 68 : les Cohn-Bendit, l’ancien patron de Libé, ceux qui hier était pour les guerres en Irak et Afghanistan, ceux vendus au patronat sans vergogne…
      donner des leçons au « parti des fusillés » est un peu facile, effaçons aussi la Résistance après la Commune de Paris…
      quand aux « coco » près de 20 MILLIONS ont laissé leur peaux à Stalingrad et ailleurs, au minimum un peu de respect….

      et aujourd’hui : les donneurs de leçons sont pour une intervention « musclée » en Syrie, laquais des USA !!
      aller Blob, des vieux militants comme moi te salue

      1. Au risque de vous doucher morvandiaux, l’expression « parti des fusillés » m’agace, parce qu’on sait qu’elle est en grande partie de la propagande…

        Elle fait oublier le rôle des autres composantes de la Résistance française mais surtout elle fait oublier l’essentiel.

        L’important ce n’est pas le nombre de morts qu’à eu le PCF, mais surtout que sa base a finalement entraîner le Parti dans une guerre que les dirigeants de Moscou ne voulaient pas. Ce sont les simples militants, eux même rodés à la clandestinité par l’interdiction du PCF dans les années 20 qui ont constitués les premiers groupes de resistance solides et ce sont eux qui ont fait plier leur direction. Et c’est sa direction qui a su plaider la cause de la résistance communiste auprès de Moscou qui a permis à la Résistance Française d’avoir un noyau solide en France. Et cela c’est l’expression d’un immense patriotisme, mais aussi d’une forme d’humanisme classique.

        Bref, il est inutile de vouloir tirer plus que de raison la couverture de la Résistance vers le PCF: ce qui a été fait est déjà simplement digne de considération.

        Et puis n’oubliez pas que les 20 millions de morts soviétiques l’ont été par la débilité des stratéges russes et par la haine xénophobe des nazis. L’effort est considérable certes, essentiel évidemment à la victoire des Alliés, mais il n’est pas que l’expression de l’héroïsme du peuple Russe…

        Quand aux soixantehuitards, ceux que nous pouvons voir ou lire dans les médias, ce ne sont que quelques arbres qui cachent une immense foret: celles des simples militants, ouvriers ou intellectuels qui ont transmis la graine de la colère sociale à de nouvelles générations.

        Je ne pense pas qu’un DCB par exemple, quelque soit sa surface médiatique et l’étendue de son hypocrisie, puisse éternellement cacher la réalité de la plus grande grève ouvrière de l’histoire française et de sa convergence avec les mouvements intellectuels d’avant-garde. Il en a résulté certainement bien des frictions, mais quoi qu’on en pense, ces simples militants n’ont la plupart jamais cessé leur travail de fourmis, partout où ils l’ont pu, transmettant leur savoir-faire et ce qu’ils avaient compris du monde là où ils vivaient et travaillaient…

      2. d’accord avec Blob sur ces commentaires suite à mon intervention : j’ai deux cousins fusillés en Morvan, ils étaient communistes et résistants bien avant l’heure….lire AUJOURD’HUI la dernière page de l’HUMA sur Gabriel Péri

      3. la Résistance après la Commune de Paris…

        En 1870 le parti communiste n’existe pas.
        Vous vous emmêlez les pinceaux, je suppose.

      4. il ne s’agit pas de dire que le PCF existait sous la « Commune de Paris » !! mais que des pages entières d’Histoire sont progressivement effacées des mémoires !! ceux qui s’emmméle les pinceaux ce sont les mêmes qui PAR PRINCIPE tirent à vue sur les communistes !!

      5. Mon grand père avait un peu plus de 16 ans quand il plastiquait sa ville, qui lui doit quelque couvre-feux… avant qu’il ne parvienne à rejoindre (difficilement) les commandos. J’ai ses mémoires de guerre auprès de moi. Il n’appréciait pas tellement les pseudo « résistants » communistes, qui ne sont intervenus qu’en 41… Et pourtant une grande partie de sa famille, du côté de son père, était communiste.

        C’est que, pour lui, les résistants communistes de 41 ne sont pas, à proprement parler, des résistants. Plutôt des compagnons d’armes momentanés et bienvenus, à la solde d’une autre puissance étrangère, venus aider par accident (comprendre: sans la rupture du pacte germano-soviétique on en aurait pas vu beaucoup risquer leur peau). La résistance, de 39 à 41, c’était majoritairement des gars d’extrême-droite (pas mal de monarchistes, d’anti-sémites), des juifs qui avaient pris les armes, et des gars comme lui. Il y avait quelques religieux aussi. Une pincée de communistes, évidemment, mais très marginaux par rapport à l’écrasante majorité des communistes qui « attendait » sagement 1941 (sic). Il semble ici que les engagements personnels aient pesé plus lourd que les engagements partisans, quels qu’ils fussent (et il devrait toujours en être ainsi).

        Ce qui l’agaçait de la part des communistes: avoir déclaré a posteriori « communistes » beaucoup de résistants qui ne l’étaient absolument pas, pour servir de symboles à la propagande du Parti (et donc, ultime manque de respect, de manipuler la mémoire de ceux qui avaient donné ou risqué leur vie, mais il est vrai que les communistes d’alors n’ont jamais reculé devant rien pour parvenir à leurs fins). Evidemment ils montèrent aussi de toutes pièces des résistants fantômes… mais c’était moralement plus « acceptable ». C’est qu’il fallait se montrer plus résistant que les résistants de la première heure… surtout qu’on avait pas été particulièrement présent… Des résistants communistes avant 41, il y en a certes eu quelques uns, mais ils résistaient non parce qu’ils étaient des communistes, mais parce qu’ils étaient d’abord des patriotes, ce qui est bien différent, et leurs actes de bravoure n’auraient pas dû non plus être récupérés comme autant de faits d’arme par un parti qui aurait du, comme les autres partis de l’époque d’ailleurs, faire profil bas…

        Les « petites mains » communistes françaises ne sont pas davantage responsables de la rupture du pacte germano-soviétique et de l’entrée en guerre de l’URSS (lol).

      6. >AntoineY

        Je suis en grande partie d’accord avec ce que vous dites, sauf sur un point. La plupart des premiers mouvements de résistances sont liquidés par les nazi car ils sont très mal organisés: les seuls qui restent rapidement sont ceux organisés par les nationalistes français, quelques groupes sociaux démocrates et des réseaux, peu nombreux comme vous le faites remarquer organisé par des communistes.

        Les premiers coup de mains de ces derniers sont combattus par la direction du PCF, mais cela provoque un tollé chez les militants, et rapidement le PCF doit avaliser et encadrer cette situation: la direction du PCF va plaider sa cause auprès de l’URSS comme le montre les archives soviétiques et réussi à s’organiser en attendant 1941.

        Il y a bien eu une période d’attentisme en partie à cause de la politique du Kominterm, en partie du fait de la réorganisation sous la forme d’une structure clandestine du PCF.

        Mais indépendamment de cela le PCF s’est fait forcer la main par sa base qui ne tolère pas par exemple les contacts avec l’occupant Nazi pour autoriser la reparution de l’Humanité, interdit par Daladier en 1940, et doit avaliser quelques actions symboliques et des sabotages contre l’infrastructure Nazi.

        En 1941 quand Hitler attaque l’URSS, tout revient « à la normale »: Le PCF n’est plus en porte à faux par rapport à sa base et peut désormais participer à la Résistance sans risquer son unité.

      7. « Et dans mon domaine, la physique, ».

        ..Blob
        A vous la physique (atomique?), à moi les psaumes théoriques, oui da.
        Bien sûr vous ne savez pas ce que sont ces évangiles théoriques; vous, vous pensez : la théorie/la pratique. Mai(s) ce n’est pas ça.
        Donc vous dites : le P »C »F s’est rendu compte que sa « théorie » ne collait pas, et donc en a changé. Il était internationaliste, il est devenu patriotiste, il était prolétarien, devenu inter-classiste, etc. Très bien : il a été communiste-léniniste puis stalinien, ce faisant il est passé de la révolution à la contre-révolution (où, bien sûr il est resté), c’est cela l’affaire. Le parti »communiste » est un parti socialiste de gestion des rapports de classes, et non le parti de l’abolition des classes, par quoi sa théorie stalino-léniniste, puis social démocrate est parfaitement conforme à sa pratique et à son double jeu et langage. De fait, il ne s’agit pas d’une déviance stalinienne (comme les staliniens disent des gauchistes, etc.) mais bien de l’expression de la limite du contenu d’une période historique de la lutte des classes : le Programme ouvrier, c’est-à-dire l’impossibilité d’une révolution communiste comme montée en puissance de la classe prolétarienne( =dictature du prolétariat, auto-gestion, soviets…etc.). La révolution du Programme ouvrier devenue impossible dans ses propres termes. Les anarchistes se sont heurté aux mêmes contradictions, et les situationnistes aussi, mais ces derniers représentent le point d’explosion des contradictions issues du programme. Ainsi la critique du travail (Ne travaillez jamais) côtoie chez eux la positivation du pouvoir ouvrier (Tout le pouvoir aux Conseils).
        Pour votre gouverne, et pour que vous vous sentiez moins seul, sachez que les théories et les pratiques prolétariennes ne se sont pas arrêtés avec la fin de l’identité ouvrière et la faillite des socialismes et du Programme comme dynamique et contenu, des communistes continuent à tenter une critique des rapports de domination, d’exploitation et de genre. Ceci pour vous retourner l’argument du physicien, depuis les situationnistes, qui semblent être pour vous l’unique référence moderne, nous avons accompli de grandes choses. Vous devriez suivre sinon abstenez-vous.
        AMEN

      8. >trADitore

        Ceci pour vous retourner l’argument du physicien, depuis les situationnistes, qui semblent être pour vous l’unique référence moderne, nous avons accompli de grandes choses. Vous devriez suivre sinon abstenez-vous.

        Oui. Je vois à l’horizon Wall Street trembler sur ses bases.

        Fin de trollage pour moi.

      9. Antoine Y,

        C’est que, pour mon grand-père, les résistants communistes de 41 ne sont pas, à proprement parler, des résistants.

        On s’en tape des opinions de votre grand-père. Espagnols, italiens, juifs, allemands même, agents anglais, antisémites, prosémites, vichysso-résistants, cagoulards, croix de feu, cathos, athées, socialos, gaullistes, giraudistes, payés par l’OSS, par Moscou ou par personne, FFI ou FTP, communistes ou pas, etc, on s’en branle, laissez au moins ça à de Gaulle qui en a décidé ainsi et réglé ce problème.

    7. Il y eut des morts en France en Mai 1968, en Province des ouvriers sont morts au cours d’affrontements contre la police. Cessez vos balourdises sur le préfet, et pourquoi pas Barrot ? et sur le rôle pondérateur du PCF, etc.
      Pour le PCF et la CGT le début Mai les a surpris, et ils ont écrit sur leur torchon Humanité qu’il s’agissait de voyous et de marginaux, ils n’y comprenaient rien de rien, comme la police et l’état plus général-ment, là aussi, encore ils( le PCF) ne comprenaient pas ce qui s’est passé. Vous non plus, qui écrivez que cela

      n’a pas été un mal pour la société française

      , sauf qu’il ne s’agit pas d’un truc français, mais d’une période au cours de laquelle de nombreux pays ont connu des mouvements révolutionnaires, c’est l’échec de ce mouvement qui a été « un mal » et qui a abouti à la restructuration des années 80, cette dernière actuellement connaît une grave crise, crise du mode de production capitaliste, et non crise financière ou des dettes.

      1. Je vois que le curé en vous se réveille…

        Et qu’il aime bien déformer ce qu’il croit lire: où ais je écris qu’il n’y avait pas eu de morts, dites moi?

        Et en quoi ce que j’ai écrit est contradictoire avec ce que vous écrivez?

        Allez, allez retourner à la lecture de vos psaumes. Ça vaut mieux pour vous

  2. Annie Le Brun était Une  » Pussy Riot  » de l’époque!
    Qu’est ce qui a empéché De Gaulle d’être un Poutine?

    1. @Garorock : Il fut un Poutine à la française. Ne me demandez pas ce qui l’a empêché d’être un Poutine à la russe.

      1. @ Moi
        Dommage, j’aurais aimé savoir de quelle loi d’amnistie parle Paul.
        Celle de juillet 68 qui concernait la guerre d’Algérie ou cela n’a rien à voir?
        Parce que sans cette loi, De Gaulle aurait été un Poutine à la russe…
        Non?

    2. @ blob
      Ben tu vois , mon p’tit curé Blob , le genre de conversation que tu as ici ( conflit avec trADitore par exemple) , c’est-à-dire qu’un ordinateur parle à un autre ordinateur , et bien , en mai 68 , ces conversations , elles avaient lieu dans la rue , EN VRAI …
      Et c’est p’têt ça que A. Lebrun essaie de transmettre .
      Quant à ce que dit trADitore , c’est pile dans le mille !

      1. >Taratata

        Et qui te dit que ce genre de discussion n’a pas lieu aussi EN VRAI?

        Et un cliché de plus, un!

        Pas beaucoup d’imagination ces curés situa, trosko ou je ne sais quoi…

  3. Je vais être volontairement polémiste et provocateur.
    Quel historien sérieux peut encore croire, en 2012, que les révolutions naissent spontanément?
    Elles sont téléguidées par le pouvoir suivant, qui étouffe de ne pas arriver à ses fins de manière classique, et qui utilise donc d’autres moyens.
    Une révolution réussie utilise judicieusement une période clé, coïncidant avec des rêves et des revendications, plus ou moins justifiées, d’une population ayant besoin de changement. Le monde en 68 était mûr, la jeunesse s’encroutait dans l’ennui et le carcan moral des années 50. Il n’y avait plus qu’à pousser un pantin pour faire sauter le bouchon : DCB a fait un « fucking good job » selon ses marionnettistes.

    Après 68, la France est rentrée dans le rang : plus de politique indépendante, et un fondé de pouvoir aux manettes. Le business pouvait continuer. 😉

    1. De Gaule s’est fait foutre dehors par les capitalistes, Pompidou, ancien DG de la banque Rothschild) et Giscard dont la femme était l’héritière de la famille de Brandt. Le « vieux » gênait les sangsues du capitalisme car il connaissait très bien leurs accointances avec Vichy et les nazis et savait le leur rappeler dès qu’ils montraient trop leurs crocs ce charognards. Pourtant il était de droite et je n’ai aucune espèce d’admiration pour lui. Quant aux petits valets de la finance qui criaient forts en mai 68 ( Cohn-Bendit, Fienkelkraut, July, …) lire à leur sujet l’excellent ouvrage de Guy Hocquenghem : Lettre ouverte à ceux qui sont passées du col Mao au Rotary.
      http://atheles.org/agone/contrefeux/lettreouverteaceuxquisontpassesducolmaoaurotary/index.html

      il n’empêche, qu’en dehors des bouffons précités, beaucoup de choses formidables se sont passées en mai 68 et qui ne demandent qu’à ressurgir sous d’autres formes, mais qui commenceront toujours par le nécessaire « pas de côté ».

    2. Es-ce à dire qu’il faut renoncer à toute parcipation à une révolution de peur d’être « téléguidé par le pouvoir suivant » ?

      Et dans la cas présent qui a remplacé De Gaulle sinon De Gaulle ? As-t-il donc poussé les « jeunes » dans la rue et DCB a leur tête (pour autant que cela veuille dire quelque chose)à la seule fin se remplacer lui-même ?

      Sans être ni polémiste ni provocateur, je ne suis pas bien le raisonemment exposé ici.

      Ar C’hazh du.

    3. Quel historien sérieux peut encore croire, en 2012, que les révolutions naissent spontanément?

      Les historien-nes de Tunisie doivent sérieusement se poser la question en tous cas !!

  4. Ca donne envie d avoir 20 ans et de tout faire sauter !!
    La vieillesse est un naufrage, chaque jour qui passe me le crie un peu plus fort…..
    Je veut être réincarné en femme militante et profondement athée !!!

    1. Non la vieillesse n’est pas forcément un naufrage, sauf si t’as été con toute ta vie.
      (Le temps ne fait rien à l’affaire…)

      Écoutes plutôt Brigitte Fontaine:

      J’exhibai ma carte senior
      Sous les yeux goguenards des porcs
      Qui partirent d’un rire obscène
      Vers ma silhouette de sirène

      {Refrain:}
      Je suis vieille et je vous encule
      Avec mon look de libellule
      Je suis vieille et je vais crever
      Un petit détail oublié

      Passez votre chemin, bâtards
      Et filez vite au wagon-bar
      Je fumerai ma cigarette
      Tranquillement dans les toilettes

      Partout, c’est la prohibition
      Alcool à la télévision
      Papiers, clopes, manque de fric
      Et vieillir dans les lieux publics

      Partout, c’est la prohibition
      Parole, écrit, fornication
      Foutre interdit à soixante ans
      Ou scandale et ricanements

      Les malades sont prohibés
      On les jette dans les fossés
      À moins qu’ils n’apportent du blé
      De la thune aux plus fortunés

      Les vieux sont jetés aux orties
      À l’asile, aux châteaux d’oubli
      Voici ce qui m’attend demain
      Si jamais je perds mon chemin

      J’ai d’autres projets, vous voyez
      Je vais baiser, boire et fumer
      Je vais m’inventer d’autres cieux
      Toujours plus vastes et précieux

      Je suis vieille et je vous encule
      Avec mon look de libellule
      Je suis vieille, sans foi ni loi
      Si je meurs, ce sera de joie

      1. Franchement, lire ça ça rajeunit, je veux dire ça redonne de l’élan, ça donne envie de se plaindre moins des douleurs, des déceptions, des cons qui nous cernent mais c’est pas grave puisque ce n’est pas avec eux qu’on baise boit ou pétune. Vivement demain et merci Brigitte.

  5. Il y des cons devant, derrière, à gauche, à droite, dessus, dessous … Heureusement que je suis là, au milieu !

    Blague à part (très mauvaise) , il n’a y a pas mille Villon, ou Rimbaud par siècle. On peut regretter cette réalité.

  6. Comme disait le plus grand philosophe de ma génération, ce n’était qu’un combat, il fallait juste continuer le début.

  7. C’est un des esprits les plus aigus de ce temps, alors dans la fleur de l’âge.

    Cela me fait penser à quelqu’un qui affirmait que, dans cette vie, nous étions soit complices soit ennemis.

  8. Spontanéité on a dit hein ! Ça fait plusieurs jours que je suis sur ce texte, alors j’arrête de le retoucher et voici:

    Cité obèse

    – Qui ça ? Qui est gros ?
    – Pas « gros », GROSSE on t’a dit !
    – Obèse quoi !
    – Il est sourd celui-là !
    – Oui c’est exact, il est sourd.
    – Ce qui n’est pas exact, c’est de dire qu’être gros c’est être obèse.
    – Oh oh oh !
    – Moi je dis : IL est sourd et ELLE est obèse.
    – Exact, exact, c’est exact.
    – L’obèse mange trop! C’est pour ça qu’elle grossit.
    – Moi je dis que tout est dans les proportions.
    – Non! C’est inexact. L’obèse ne mange pas trop ! Elle mange mal !
    – Moi je dis que tout est dans la substance.
    – Si ! L’obèse mange trop !
    – Non, elle mange mal.
    – Quel mâle ?
    – Elle mange des produits tout préparés qui contiennent des saloperies industrielles qui font grossir.
    – Ah oui !
    – Alors si l’obèse veut maigrir, elle doit changer son alimentation. Voilà.
    – Non non non! Tout ça c’est psychologique ! Ma belle-sœur est boulimique et…
    – Mais on peut être boulimique sans être obèse !
    – On appelle ça des désordres alimentaires.
    – Ça quoi ?
    – Ben la boulimie. Et l’anorexie !
    – Des ordres alimentaires ?
    – Mangez cinq fruits et légumes par jours !
    – Travail famille brocolis !
    – Mais qu’est-ce qu’il dit ?!
    – Mangez des corn flasques !
    – « Flakes », corn « flakes » !
    – Laissez, c’est un fou, il délire.
    – Il ferait bien d’aller voir un psychiatre.
    – Et un orthophoniste !
    – Un psychiatre ?! Mais je ne suis pas fou !
    – Mais si t’es fou!! La preuve ! Tu dis n’importe quoi !
    Alli m’enterre.
    – Et qu’est-ce qu’elle dit celle-là ?
    – Elle dit qu’ Ali l’enterre.
    – Mais qui c’est cet Ali ?!
    – Ama, crache le morceau et je te fais les
    papiers !
    – Tu connais pas Alli ?
    – Ali Baba et les quarante éclairs au chocolat.
    – Pfff.
    – Fais aaah !
    – Aaaaah…
    – Parfais, avale et maintenant tais-toi !
    – Mmmmh, aliment…taire ! Mon cher Watson.
    – Moi je dis que l’obésité c’est génétique.
    – C’est l’ADN alors ?
    – Mange et t’es toi!
    – Eh mate-là !
    – Qui de l’œuf ou du fromage blanc a fait la poule ?
    – Cot cot!
    – Je mange donc je suis !
    – Quelqu’un veut des chips ?
    – Hips !
    – Ceci est mon corps.
    – Moi j’ai mangé du fromage blanc pendant trois semaines !
    Les produits laitiers sont vos amis pour la vie !
    – Et alors ?
    – Comment ça : « et alors? »
    – Et alors tu vois bien ?
    – Non ?
    – Bah si !
    – Bah non !
    – Ben j’ai maigri.
    – Ah.
    – Sourd ET aveugle IL est.
    – Mais si j’ai vu, mais j’vois par l’rapport.
    – Du fromage blanc maigre !
    – Ah d’accord ! Trois semaines ?! Beuh…
    – J’ai besoin de chocolat là, quelqu’un aurait du chocolat ?
    – La la la…
    – Merchi !
    – C’est quoi comme marque de chocolat?
    – Oh la la la !
    – Haaan , mais c’est dégueulasse ce truc, mais comment tu peux manger ça ?
    – Mpffff…
    – C’est plein de…
    – Volupté !
    – Magnésium !
    – Cacao !
    – Sucre !
    – Non, non, c’est plein d’huile de palme.
    – Palmipède !
    – Il faut manger moins gras.
    – Il faut manger moins sucré.
    – Surtout, il faut manger du bon chocolat.
    – Moi je dis, tout est dans les sens.
    – Au fioul !
    – Il faut arrêter de manger de la viande.
    – Moi je dis, ‘il faut manger équitable !
    – Moi je dis, ‘il faut manger bio.
    – Moi je dis, ‘il faut manger.
    – La santé c’est dans l’assiette !
    – Ah non ! La santé, c’est le travail !
    – Moi je dis, on verra si ça me dit encore dimanche…
    – Moi je dis, j’ai envie d’un câlin.
    – Il faut arrêter avec toutes ces conneries !
    – Cochonneries !
    – Quelles conneries ?
    – Il faut, il faut, il faut !
    – Mais non !
    – Mais si !
    – Alors là, sur la tête de ma mère !
    – Ama, jure pas sur la tête de ta mère.
    – Je jure si je veux!
    – Cheveux !
    – Arrrrgh ! Comment peut-on faire taire ce fou ?
    – Tourner sept fois nos langues dans sa bouche.
    – Mais n’importe quoi !
    – Allons, soyons sérieux.
    Un silence
    – Regardez, elle pleure.
    – Qu’y a-t-il ?
    – C’est son mec.
    – Elle est embarrassée.
    – Il est parti.
    – Hips! J’ai le hoquet.
    – Il l’a laissée, enceinte, avec les gosses.
    – Hips! Pardon.
    – Il reste un peu de chocolat ?
    – Obèse et enceinte ?
    – Rendez-vous, vous êtes cernés !
    – Quand on est obèse, on devrait pas faire d’enfants.
    – Heu là ! Mais t’es un nazi toi!
    – Point Godwin !!
    – Qu’est-ce que j’ai dit ?
    – Hips !
    – Non, quand on est obèse, on se tait, un point, oui, un point c’est tout.
    – Il est fou lui !
    – Hips !
    – Ou chauve ?
    – Alors ?
    – Alors, qu’est-ce qu’elle va faire ?
    – Un régime ! Pour trouver un autre Jules !
    – Pas enceinte quand même !
    – Un chauve ?
    – Moi je préfère les formes, Hamdoulah !
    – T’as vu son nirvana !
    – Elle va contacter un avocat.
    – Pour quoi faire ?
    – Il ‘paye pas la pension alimentaire.
    – Mais il est au chômage !
    – Oui mais quand même, il est parti !
    – Chez sa mère ?
    – Pour une autre.
    – Qui aime les chauves ?
    – C’est triste.
    – C’est pas son avis à lui.
    – C’est son droit !
    – Le cœur a ses raisons.
    – Le cœur a ses droits.
    – Et pour les gosses ?
    – C’est lui le père au moins ?
    – Couci-couça.
    – Un sur deux.
    – La pauvre, elle souffre le martyre !
    – Moi je dis, ‘elle devrait aller voir un psy.
    – Pour les ordres alimentaires ?
    – Non non.
    – Pour les ordres alimentaires, ‘vaut mieux aller voir un diététicien.
    – Non non les..
    – Quelqu’un veut une date fourrée ?
    – Da ! Da !
    – Non merci, je..
    – Ou un nutritionniste !
    – Non non, arrgh…
    – Ô Lamartine ! Comme elle souffre !
    – Martine, elle souffre là !
    – C’est toi Martine?
    – Mais non je…
    – Ou un coach !?
    – Non non non, les DESordres ! Les DESordres alimentaires ! Soyons précis.
    – Oui, soyons précis, allons au cœur du problème.
    – Le problème, c’est le coeur ?
    – Non c’est les artères, le cœur du problème.
    – N’importe quoi.
    – Au cœur du problème, tous les chemins mènent.
    – Moi je dis, il faut essayer l’hypnose.
    – J’ai arrêté de fumer grâce à l’hypnose.
    – Hips !
    – Elle ‘va pas arrêter de manger la pauvre !
    – Hips !
    – Mais ça n’a rien à voir avec le fait d’arrêter de manger !
    – Cernons le problème !
    – Oui cernons le problème.
    – Alors reprenons.
    – Reprenons, oui.
    – Oui, reprenons.
    Un deuxième silence
    – Qui est gros ?
    – Tu le fais exprès ?!
    – GROSSE on t’a dit, il faut te le dire en quelle langue ?!
    – C’est elle.
    – ELLE est GROSSE !
    – Non. Non, non, non. C’est LUI, qui est GROS.
    – N’importe quoi l’autre !
    – Il est plus fin qu’une frite MacDO !
    – Il est gros… mais dans sa tête !
    – Patate !
    – Il a la grosse tête !
    – En plus d’être chauve ?
    – Chauve-qui-peut !
    – Chauve à l’intérieur ou chauve à l’extérieur ?
    – Quelle différence ça fait ?
    – Vive les poils !
    – C’est l’homme à l’envers !
    – Au loup-garou !
    – C’est l’homme, c’est l’Homme et c’est Le Monde.
    Un troisième silence
    – Quoi : « Le Monde » ?
    – A l’envers ! C’est Le Monde, à l’envers !
    – …
    – Yallah !

    1. La spontaneite et l’ethique existentialiste voire psychalytique sont deux tentatives de retrouver l’authenticite perdue. Avant l’ethique ne se pose pas tant cette question, qui traduit sans doute la recrudescence normafive de notre temps.

    2. Sympa votre texte Muche. Quelque chose entre Prévert et les jambons modernes, qui auraient mis de la musique mais on sent que la musique n’est pas loin. Finalement les modérateurs de chez Jorion ne sont pas aussi psycho rigides, pardon, conservateurs, pour publier d’aussi longues friandises. Merci à Muche

  9. Il y avait un écho lointain, un reflet de mai 68 chez les altermondialistes, à Seattle, en 1999. Gênes 2001 y a mis un poing final particulièrement sanguinaire. 🙁

  10. ….Quand la France fut libérée, je me décidai enfin à prendre ma carte du parti, moi qui avait combattu comme FTP aux heures les plus sombres. Je montai au premier étage de cette habitation et m’avançai vers un bureau où un type me demanda des renseignements. Au fur et à mesure que je lui répondais, la mémoire me revint, cette voix.. c’est lui qui m’avait fermé sa porte au nez alors que j’étais poursuivi par la Gestapo. Je me levai, le pris par le col et le jetai par la fenêtre. J’ai eu tort car l’heure des siens était arrivée. (adaptation de mémoire de la fin du livre « ami si tu tombe.. » de Pannequin)

  11. Le PCF, c’est 1920, au Congrès de Tours.

    Questions : comment peut-on garder sa carte

    * en 1922, après Cronstadt en 1921 ?
    * en 1938, après la trahison de la Catalogne en 1937 ?
    * en 1957, après Budapest en 1956 ?
    * en 1969, après Prague en 1968 ?

    1. >Jorion

      Parce que tout le monde ne prends pas sa carte en lisant les actualités internationales et en les comprenant…

      C’est facile de prendre ce genre de pose quand on est universitaire, ça l’est moins quand on est ouvrier ou ouvrière et qu’on se fait marcher sur la gueule toute la journée.

      Des fois, quelque temps après on comprends ce que vous dite et on lâche la carte, d’autres fois on reste pour des bonnes raisons (les amis, la famille) ou des mauvaises (les avantages matériels de la micro-société communiste au bon temps du communisme municipal)

      1. @blob

        +1
        Et je parle d’expérience: famille d’ouvriers, pas intellectuels pour un sou…
        En ai vu à la maison des « communistes » … Se battaient pour leur croute en premier lieu, le manifeste l’avaient même pas lu et avaient jamais mis les pieds en URSS pour faire un pélerinage!
        Histoire de classe sociale, c’est tout. S’ils avaient eu les capacités de lire Marx, se seraient sentis encore moins seuls…
        C’était des histoires de luttes, de copains, de « camaraderie »…
        Ca reste un joli mot: camarade.
        Z’allez pas prendre leur carte au RPR quand même!

      1. De la même manière qu’on peut rendre sa carte: sur un coup de tête! (qu’elle soit vide ou qu’elle soit pleine)
        Garorock: jamais encarté nulle part. Peut être entarté bientôt…

    2. Vous posez une question qui me tarabuste depuis longtemps:
      Pourquoi maintenir l’adhésion alors que ces faits connus et semble-il assimilés devraient en détourner ?

      Il y a peut-être quelque chose en rapport. C’est le goût ou le besoin du sacrifice de soi-même, un sacrifice sourd à la raison ordinaire.
      Dans  » L’ Orchestre Rouge » de Gilles Perrault, on apprend que la cellule
      berlinoise de ce réseau est démantelée par la Gestapo. Ses membres souvent de la « haute » société berlinoise et ayant des postes de responsabilité dans la bureaucratie Nazie se sont engagés à fond dans la lutte contre Hitler, en toute conscience et par conviction politique.
      Cette cellule de l’ Orchestre Rouge a donc fait beaucoup de mal aux Nazis
      et au profit de l’Urss.

      Une femme Von quelque chose, une noble donc, est condamnée à mort
      ( trahison : par la tête tranchée, comme ses compagnes. Les hommes seront fusillés.) Invitée à dire un mot avant sa mise à mort, elle déclare : « je suis heureuse d’avoir pu faire quelques petites choses pour la patrie des travailleurs et pour Staline personnellement ».

      Même en retranchant la part de propagande orientée – Gilles Perrault ne me semble pas, à l’époque de la rédaction de ce livre, un historien « rigoureux »- je trouve le courage et l’engagement politique de cette femme et de ses amies absolument sublimes ; sublime et maintenant incompréhensible. Cette part secrète de l’ âme – courage et engagement- est très semblable à celle du soldat de 1915 qui sortait de la tranchée au coup de sifflet en ne croyant pas aux statistiques et observations personnelles qui lui garantissaient disons 90% de risque de mort dans le quart d’heure.
      D’autres noms évoquent aussi ce courage et ce sacrifice conscient par exemple, Margareth Buber Naumann.
      Un peu différent: l’aptitude à la souffrance pour survivre et en témoigner
      plus tard, les compagnons de Jean Pasqualini sont un modèle.
      ( Pasqualini, « Prisonnier de Mao »)

      Cette manifestation de courage et de besoin de sacrifice, aveugles tous les deux, a été très fréquente au 20 ième siècle. Que l’on pense par exemple au fantastique courage – et à l’ingéniosité- des guerilleros Viet-Cong pendant l’ « Offensive du Tet » en 1968 ( Alors que dans leur dos, des « amis » du même bord procédaient à des meurtres de masse sur des civils, enfants, femmes et vieillards.)

      Tout cela est devenu incompréhensible, comme d’une autre époque.

      1. Tout cela est devenu incompréhensible, comme d’une autre époque.

        Non. Ça continue, sous d’autres formes: on peut se souvenir des soldats de Tchernobyl des unités de décontamination, parfaitement conscient des risques qu’ils prenaient qui faisaient sauter leur badge dosimétrique simplement pour pouvoir continuer à travailler plus longtemps.

        Ce n’est qu’une question d' »opportunité »….

      1. C’est parce que c’est un ex-mao repenti que vous dites ça ? Les arguments ad hominem ne m’intéressent pas. Si vous avez une réfutation sur le fonds des événements qu’il rapporte, dites-le.

    3. S’encarter est soit une posture d’intellectuelle, soit une posture de dupe, et seuls les premiers comprennent l’importance de ces choses là.

      Peu importe les trahisons, la crédibilité internationale du parti, pourvu qu’il prétende apporter des améliorations des conditions de vie à sa base ouvrière.

      À l’époque, ceux qui se tirent sont de jeunes intellectuels. La base reste faute de trouver un lien avec sa situation.

  12. Vive l’aventure canicule centrale nucléaire qui pète (Fukushima),crise économique je m’excuse je m’en serait bien passé a bon entendeur salut

  13. L’ Egypte et la Tunisie ont quasi-achevé leur Révolution, ce que les français de 68 n’ont pas fait. ( Dans la mesure où les comparaisons soient fondés. Même si les situations sont différentes, il y a un schéma commun, à commencer par un ras-le-bol grandissant…)
    J’aimerais savoir ce que l’on peut en dire , pour l’instant.

    Pour ma part, en ne prenant en compte que des révélateurs précis, dont la situation pratique faite aux Femmes, je pense avec regret que ces pseudo-Révolutions sont des échecs. Et il y a une forte similitude entre les 3 événements: c’est un retour à la normalité avec aggravations de ce qui portait de grands espoirs. Idem sur le plan économique.

    1. Le printemps soit disant Arabe un échec de révolution libérale? très cher au droit soit disant humain je préférai dire au droit bourgeois..

    2. He oui le libéralisme ne fait plus recette.Le célèbre adage des années 68 il est interdit d’interdire nous mène a la catastrophe.

    3. Le seul critère commun ayant du sens est le critère démographique. Ainsi les enfants du baby-boom atteignant la majorité dans les années 60, contre une démographie jeune et nombreuse dans les pays que vous citez. Le phénomène est bien connu sous la dénomination du youth bulge.

    4. Daniel, « L’ Egypte et la Tunisie ont quasi-achevé leur Révolution ». Une révolution achevée, c’est combien de degrés accomplis ? 360 ? Moins ? Plus ? A moins qu’une révolution parfaitement achevée ne soit qu’une révolution enterrée ? uh ? Pour qu’il s’en lève une autre, nouvelle. P’têt ben… Un p’tit tour de manège Daniel ? Touche pas la queue du Mickey surtout. Tu referais un tour, le même.
      La seule révolution « achevée » depuis les révolutions communistes, la révolution islamique en Iran, c’est achevé ou faut-il se mettre dare-dare à son chevet ?

      1. une révolution achevée?
        un progrès en matière de justice entré dans les mœurs.
        et à la sombre lumière des abrutis qui nous gouvernent, ça passe par la violence.
        la révolution est une dialectique,
        de l’ordre et du désordre.

        la justice, vigneron.

  14. @ Le PCF, c’est 1920, au Congrès de Tours.

    Questions : comment peut-on garder sa carte

    * en 1922, après Cronstadt en 1921 ?
    * en 1938, après la trahison de la Catalogne en 1937 ?
    * en 1957, après Budapest en 1956 ?
    * en 1969, après Prague en 1968 ?

    Ce furent des raisons de quitter le PC , mais étais ce des raisons pour ne plus militer ??

    1. « Ce furent des raisons de quitter le PC , mais étais ce des raisons pour ne plus militer ?? »
      Oui mais pour des idées qui libèrent l’être humain, pas des idées qui l’asservissent. Les PC se retrouve dans la seconde catégorie.

    1. 68, pro ou anti (c’est du pareil au même de ce point de vue), c’est un truc de cette génération, dont tout le monde se fout éperdument aujourd’hui. Sauf eux. Un truc de vieux.

      Que cette génération qui a vécu l’âge d’or, passe son temps à parler d’elle-même, elle qui n’a pris en pleine g… ni la guerre, ni le sida, ni le chômage et la précarité, il y a là quelque chose d’indécent.
      Qui plus est, 15/20 ans en 68, ça nous donne du 59/64 ans aujourd’hui, l’âge du haut de la pyramide sociale (l’âge des décideurs), mais aussi des débuts de départ en (pré) retraite… on a du temps, souvent de l’argent, et les moyens de diffuser son message (pro ou anti, l’important c’est qu’on parle de cette génération là…).
      Ce n’est pas qu’on ne veut pas entendre parler de mai 68. C’est qu’on ne veut plus entendre parler cette génération là (fut-ce et même surtout de cela, de mai 68), quand elle s’exprime « en tant que génération », chaque fois prétexte pour se regarder le nombril, et qui de surcroît nous force à la regarder se regarder le nombril.

      Next!

      1. C’est sûr, Antoine Y, qu’on préfère nettement t’entendre causer de ton grand-père crachant sur les résistants communistes.

      2. Bravo ! Et oui, Next.

        Sauf une chose: cette génération a vécu, donc elle a une expérience de certaines pratiques. Donc elle devrait (elle doit) -modestement- communiquer cette expérience, passer le relais, transmettre… Si les jeunes l’acceptent, ce qui n’a rien d’obligatoire. Les temps ont changé, chacun est de son époque. Et puis, il est de tradition que les jeunes contestent les règles de la génération précédente.

        Mais ne croyez pas que ce fut facile, en 50 ans que de bouleversements !
        On s’est débrouillé, fallait bien, qui l’aurait fait à notre place. A votre tour maintenant…

  15. C’est bon de lire  » Vivent  » au pluriel …
    Outre ce texte que je ne connaissais pas et dont j’aime infiniment la justesse et l’emportement , l’histoire de Mai 68 reste à écrire .
    Il s’est passé tant de choses ! De Marseille à Lille et de Strasbourg à Brest !
    J’en apprends chaque jour .
    Vive Annie Lebrun !

  16. Le plus fort c’est Lefort.
    68 est une comme une « brèche », des brèches même, d’est à l’ouest, encore ouvertes. Une sape aussi. Des pans de murs sont tombés, des bastions, des forteresses entières. Décisive pour un mur qui lui survécut péniblement 20 ans. Le tout étant de ne pas laisser sur cette brèche les seuls volontaires pour son colmatage. Qu’elle reste cette brèche d’indétermination, de démocratie quoi.

  17. Si Mme Lebrun aime à se promener au bord de la falaise pour y contempler le vide, cet article est pour elle, d’une grande force poétique à bien y regarder :

    http://www.dedefensa.org/article-le_syst_me_et_ses_termites_21_08_2012.html

    Si l’on suit quelques liens proposés dans le texte, l’abîme n’est pas loin, et le point de vue est étourdissant. On peut mettre ses pieds dans la prose de l’auteur en consultant ses autres articles.

    Mais on dira qu’il ne s’agit que d’un point vue

  18. Les gens vivent pour remplir leurs maisons de mioches, leurs placards de fringues, leurs garages de bagnoles, leurs journées de travail, leurs loisirs de distractions, leurs soirées de télévision. Comme ils trouvent toujours quelque chose à remplir, ils ne disent pas : « Il n’y a rien ! », leur vie est pleine de machins importants. Ils ne disent pas : « Mais qu’est-ce que j’en ai à fiche ? », ils se sentent impliqués. Ils ne disent pas : « A quoi bon ? », ils se voient un avenir. Et enfin ils ne disent pas : « Va te faire foutre ! », ils vous trouvent très sympathique. C’est comme ça, les gens, c’est gentil et ça ne mord pas. Ça se marie, ça devient père ou mère, puis grand-père ou grand-mère, puis vieux, puis malade, puis mort, puis enterré. Ça vit quoi, parce qu’il faut bien vivre, ça souffre aussi bien sûr, car la vie n’est facile pour personne, et ça rêve de devenir riche ou célèbre ou bien ça croit en Dieu. Mais ça vit.

    Mai 2000

  19. Eh bien ! Moi qui croyais que les « acharnés » (contre « 68 »)
    avaient forclos les empoignades avec les « enragés » (de « 68 »),
    je vois qu’il y a à nouveau de l’ambiance, ici !

    Beaucoup (vraiment beaucoup) à dire sur les rapports avec le PC.
    On n’en sortira jamais, a minima, en mêlant trop vite militants de base
    (tout aussi fabuleusement généreux que, disons, butés),
    et dirigeants (où il faudrait trier, selon l’époque,
    mais là, je n’emploierais évidemment pas les mêmes termes !).
    Les vrais ont toujours été exclus ou marginalisés
    (de Tillon à Juquin, etc).
    À coup sûr, l’inventaire, souvent caricaturé des deux bords, n’est pas fini.

    Bon. Passons à ce fichu « 68 ». Reprenons inlassablement.

    1 – Oui, on peut discuter bien des aspects de “68″

    (terme générique impensé, et qui toujours déborde les analyses, car :


    a / MONDIAL (France, Europe – ex : Tchécoslovaquie -, USA, Mexique, etc)

    b / TRANS-CLASSISTE (joli néologisme :

    la MASSE du prolétariat français en grève générale avec occupation, etc)

    c / TRANS-ETHNIQUE (idem :
    voulez-vous les témoignages d’ÉMIGRÉS en grève ?
notamment maghrébins ? etc)

    d / TRANS-GÉNÉRATIONNEL (idem :
    des « VIEUX », mot à la c…, ont suivi des « d’JEUNES », etc).

    2 – Donc il serait productif de ne PLUS AMALGAMER
    (mais je sais que c’est un pieux vœu !) :

    ”GÉNÉRATION de 68″
    (terme trompeur, ni notion et encore moins concept,
et finalement an-historique),
et

    ”BABY- BOOMERS”
    (notion totalement différente et, en un sens,
même si les historiens, les sociologues, etc,
    s’en emparent, utilisée pour occulter des enjeux
    dont la doxa dominante ne veut pas entendre parler).

    À partir de cette différenciation, et au-delà de certains recoupements aléatoires,

    nous pourrons tous reposer correctement le problème (qui existe, évidemment).

    3 – Pour en revenir progressivement à aujourd’hui, NON !
    la permissivité dépensière que les « acharnés » stigmatisent (à raison)
    NE VIENT ABSOLUMENT PAS DE « 68 » :


    C’ÉTAIT L’INVERSE : “MORT À LA SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION”.

    La preuve : outre bien des slogans, articles, graffitis, affiches et déclarations,

    c’est bien ce qui fut reproché par les participants, disons, pour simplifier, du “Tiers-monde”.

    Eux, et à juste titre, voulaient pouvoir “consommer”.
    On l’a vu très vite avec l’Europe du Sud, et ailleurs (et aujourd’hui les “émergents”).

    MAI 68 N’A RIEN, RIEN À VOIR LÀ-DEDANS.

    Sa “RÉCUPÉRATION”, OUI ! TOUT !

    La nuance est de taille.
    Qui servent ceux qui veulent encore et toujours occulter ça ?

    4 – Autre pénible lieu commun d’un prêt-à-penser jamais questionné :
    « l’individualisme » forcené !
    Bien trop aisément repris de quelques slogans volontairement provocateurs,

    qui, justifiés dans l’instant, se révélèrent contre-productifs une fois RÉCUPÉRÉS,
    (répétons : ré-cu-cu-pé-rés), c’est-à-dire sciemment déformés
    pour servir de tout autres desseins. Classique !


    IL N’Y A JAMAIS EU PLUS COLLECTIF QUE 68
    (écartons quelques chapelles politiques closes, toujours débordées par le mouvement).

    En même temps,

    IL Y A EU UN FANTASTIQUE RESPECT DE L’INDIVIDU ET DES INDIVIDUS ENTRE EUX,
 JAMAIS REVU APRÈS !!!
    Insistons à nouveau : jamais revu après.
    C’est comme ça, et amplement l’inverse aujourd’hui !


    Vrai ou faux ?
 Contre-épreuve symptomatique : la façon dont bon nombre s’étripent (joyeusement ?)
    sur bien des blogs, et non des moindres (gag).


    Et cela, SENS DE L’INDIVIDU + SENS DU COLLECTIF,
    n’est contradictoire que pour, disons… les imbéciles ou les “exploiteurs”
    (dans tous les sens du mot), célèbres ou non, de tout bord, de toute chapelle, de tout parti
    (toujours la même petite poignée de noms, excités de « l’étrange lucarne », vilipendés, eux, à juste titre)
    Tout est là. 


    Donc, critiquer, oui, trois fois ! Mais un peu plus en finesse et vérité.


    ET QUE LES COUPABLES D’AUJOURD’HUI (les VRAIS)

    CESSENT D’ACCUSER LES NON-COUPABLES D’HIER 

    (qui ont leurs failles, et sérieuses, MAIS PAS CELLES-LÀ !).

    Allons voir plutôt du côté de Hayek, Friedman, les pèlerins du Mont (gag),
    ET TOUTE LA SUITE, ici et maintenant !
    Désolé : il y des moments où la coupe déborde. 


    La manœuvre, hélas peu dénoncée, même par de fins esprits,
très fins même,
    EST QUAND MEME VRAIMENT TROP GROSSE !

    De toute façon, rdv en… ?
    Serviteur.


  20. les auteurs n’en ont pas moins été convoqués collectivement par la police pour répondre des chefs d’inculpation d’incitation au crime, atteinte au moral des armées et injures envers la personne du Chef de l’État ; ils bénéficièrent ensuite de la loi d’amnistie

    Malgré le respect très fluctuant qu’a la loi française pour la liberté d’expression, on a du mal à comprendre pourquoi les auteurs auraient pu être inquiétés (et condamnés, d’après ce que je comprends) pour ces 3 pages. « incitation au crime » ???

    1. Gus, pour l’offense à de Gaulle, par exemple :

      La voix sénile qui exprime l’abdomen na­tional qui n’a pas craint de souiller ce qui, dans ce pays qu’on proclamait, qu’on voulait avachi, s’est affirmé de jeune, de généreux, d’inspiré ; elle a clairement désigné son ennemi : l’Espoir.

      Pour l’apologie du crime et diffamation envers la police :

      Le réalisme, c’est l’occupation de toute la réalité par la seule réalité policière. […] Tout ce qui est réaliste est sénile Tout ce qui est sénile est réaliste. Le 3 mai 1968, le réalisme a été condamné à mort. L’objectif de la Révolution, intacte aujourd’hui dans sa réa­lité, est de le passer par les armes.[…]
      n’obéir qu’à soi-même. Le refus de l’autorité est la condition indispen­sable de la pensée. Le refus de l’autorité est la première négation qui entraînera d’autres néga­tions et affirmations. […] Insulter, déchirer, diviser les autorités tels sont les objectifs les plus pres­sants de notre Mouvement. Faire vite  ».

  21. Il reste que l’on ne peut juger que sur ces trois pages.
    Sympathique logorrhée lyrique, qui n’est pas déplaisante selon le lieu où elle s’exprime
    (tout en donnant une prise facile aux détracteurs),
    mais qui ne casse pas trois pattes à un CRS (bridé, comme chacun sait, par l’excellent préfet Grimaud, qui. il est vrai, ne fut pas le plus va-t-en guerre, quoique…).
    Mais dans le contexte, cela pouvait largement suffire (voir aujourd’hui les punks russes).

    PAS DE RÉACTION À MON POST CI-DESSUS ?
    Parfait. Qui ne dit mot consent… Dont acte.

    Il est vrai qu’en vérité l’on est passé à autre chose, et une fois sa brève prose déposée, sans y revenir plus, chacun ne pense plus qu’à la suivante (à juste titre : le MES va être dit !).

    Ne pourrait-on avoir des « pôles » de discussion plus centrés, durant quelque peu,
    soit un peu plus qu’un « TEMPS DE CLAVIER DISPONIBLE » ?
    (sans interventions ultra-touffues, ni sans monopoliser quoi que ce soit ?).

    Les blogs vivent à la vitesse de la lumière. Sont-ils lumineux pour autant ?
    Le temps d’un éclair au mieux, sans doute.
    C’est déjà ça vient de me répondre l’écho.

  22. BJr, commentaire de celui d’Annie Lebrun
    Srirner est un grand auteur qui a inventé la lutte contre les absolus, dont la figure de Dieu. mais sa pensée, en fille des Lumières, repose sur l’individualisme comme si chacun se créait lui-même indépendamment de sa socialisation, de son environnement, des structures sociales et des autres.
    les sciences sociales et humaines modernes (sociologie, anthropologie, psychologie sociale) ont amplement démontré que ce postulat solipsiste était faux.

    avec mes amitiés

  23. @ langlois

    sa pensée […] repose sur l’individualisme comme si

    Comme si, dites-vous. Ce comme si, c’est votre interprétation.
    Annie Lebrun penserait qu’on se créerait en dehors de tout rapport aux autres ??

    Je ne peux pas répondre pour elle mais m’est avis que nous pouvons, en tant qu’individus sensibles, questionner notre rapport aux autres, le considérer, le reconsidérer, le critiquer, le refuser dans la violence qu’il nous fait, le vouloir toujours, le pétrir, le transformer, lui imaginer d’autres fondements, le considérer dans notre rapport à nous-mêmes, dans la façon d’être relié à nous-mêmes ou privé de nous-mêmes donc des autres, des autres, donc de nous-mêmes… Je penserais les choses par là…

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