Archives par mot-clé : action citoyenne

Réchauffement climatique : Les individus isolément n’y peuvent rien, par Vincent Burnand-Galpin

Ouvert aux commentaires.

Face à la question climatique, il n’est pas rare que la responsabilité soit renvoyée au consommateur. Dans le discours médiatique, on entend souvent que les ménages et individus devraient adopter sans tarder des « éco-gestes » qui pourraient permettre le changement nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques. Mais une étude du cabinet de conseil, Carbone 4, spécialisé dans la stratégie bas carbone, datant de juin 2019, (« Faire sa part ? Pouvoir et responsabilité des individus, des entreprises et de l’État face à l’urgence climatique ») montre que les gestes individuels, même « héroïques », sont loin d’être suffisants pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

En 2017, l’empreinte carbone moyenne des Français s’élevait à 10,8 tonnes de CO2 par an. Pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, elle devrait ne pas dépasser 2 tonnes de C02 d’ici 2050, sinon plus tôt.

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Croître et Déconsommer en Europe / RepairCafé : « Et non consumimur igni » ?, par Timiota

Billet invité.

AncestraL vit avec intensité et tiraillement l’obligation de consommer pour se sentir inclus (voir son billet du jour : Le devoir de consommer).

Me revient le palindrome de Guy Debord, « In girum imus nocte et consumimur igni« .

La consommation comme fanal (le foyer autour duquel être) et comme feu (n’être que le jouet du système commercial).

Moins consommer est souvent hâtivement assimilé à de la décroissance. Croître, c’est cumuler les possibilités de maîtrise de son environnement. Qu’on arrête de penser comme des brutes : le PIB, produit « intérieur » brut, logique brutale, non merci.

Maîtriser, c’est aussi réparer.

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BFM RADIO, LUNDI 20 DECEMBRE A 11h39 – LE CONSOMMATEUR DESARME

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Les crises ont cet effet que des choses jusque-là invisibles apparaissent soudain en surface. Il en va ainsi du déséquilibre qui devient désormais très palpable entre les droits du consommateur et ceux du prestataire de service. Ainsi, dans un cas très récent, le fait que l’organisation d’initiative citoyenne WikiLeaks, s’est vue refuser les services de Visa, Mastercard et Paypal, sans autre justification que le fait d’avoir « peut-être » agi illégalement en publiant des informations communiquées par des « whistleblowers », des employés dénonçant les pratiques scandaleuses de leur employeur, qu’il s’agisse d’une firme ou d’un gouvernement.

Hier, alors que la presse avait signalé il y a quelques jours que Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, s’apprêtait à divulguer des informations relatives à Bank of America révélant « des manquements à l’éthique » au niveau de sa direction, la banque a décidé de refuser de traiter les dons faits à WikiLeaks. Comment imaginer que ce refus de service soit sans rapport avec l’annonce faite dans la presse ?

Or, même si des personnalités politiques américaines appellent à l’assassinat d’Assange et de ses collaborateurs, et si le Vice-Président Joe Biden le qualifie de « terroriste high-tech » et laisse entendre que l’on s’active en ce moment à fabriquer les preuves qui permettront de l’inculper de « complot » (on doit s’étonner que les personnalités politiques d’autres pays s’abstiennent de commenter une telle agitation hystérique), son statut se limite à l’heure actuelle à ce qu’une cour suédoise veuille l’entendre sur des faits qui relèvent de la vie privée et qui impliquent la validité du témoignage d’une personne endormie au moment des faits. L’existence d’un tissu de lois tatillonnes permet semble-t-il aux autorités d’exercer désormais des représailles contre tout individu dont le comportement les irrite.

Une justice privée de mauvais aloi est en train de se mettre en place, fondée sur l’intimidation et qui ne juge pas même nécessaire de se justifier. Les firmes qui refusent leurs services à WikiLeaks se contentent de dire que son fondateur a « peut-être » commis des actes illégaux ou, de manière plus nébuleuse encore, qu’une infraction à été commise à l’un de leurs règlements – qu’elles s’abstiennent de préciser. On pense à Kafka : « Vous serez probablement convoqué prochainement pour que nous évoquions ensemble une affaire dont nous vous ferons connaître l’objet en temps utile… »

Or des firmes comme Visa ou Mastercard, Paypal, vu la nature des services qu’elles offrent, se trouvent en position de monopole ou d’oligopole. La loi dans certains pays oblige les sommes importantes, comme les salaires, à transiter par les banques. Que se passerait-il si les banques refusaient de vous ouvrir un compte parce qu’elles n’aiment pas vos opinions ou vos agissements – bien qu’ils soient légaux ? Une compagnie téléphonique pourrait-elle résilier votre abonnement parce qu’elle n’aime pas ce que vous dites publiquement – et qu’elle soupçonne que vous pourriez éventuellement le répéter au téléphone ? À l’inverse, le particulier s’est vu refuser dans de nombreux pays la possibilité d’appeler au boycott des compagnies qui se conduiraient de manière arbitraire envers lui, le boycott ayant été interdit par la loi.

Aux États-Unis en particulier, où les représentants du peuple sont toujours élus mais sont indirectement rémunérés par des compagnies privées et où le droit pour ces dernières d’injecter des sommes d’un montant illimité dans les campagnes électorales leur permet de fait d’exercer un véto contre les candidats qui n’ont pas l’heur de leur plaire, une réponse commence à apparaître au sein de réseaux de vigilance citoyenne qui traquent l’asymétrie entre consommateur et prestataire de service. Ces réseaux sont ainsi parvenus récemment aux États-Unis à bloquer une proposition de loi (le Président Obama a opposé son véto à HR-3808) qui, en accordant statut légal aux documents produits par une association d’établissements financiers accordant des prêts hypothécaires, aurait encore aggravé l’asymétrie de traitement entre eux et leurs clients. Et ils attirent en ce moment-même l’attention sur une manœuvre de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, qui s’apprête, à la demande de ces établissements de crédit, à éliminer la procédure de recours pour invalidité contre la saisie d’un logement, dite « rescision », pour couper l’herbe sous le pied du Consumer Financial Protection Bureau qui sera mis en place en juillet de l’année prochaine. D’autres initiatives citoyennes agissent dans le même esprit à l’échelle mondiale, ainsi, l’organisation canadienne Avaaz.org, créée en 2007, et qui affirme compter déjà plus de six millions de membres.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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APPEL POUR FAIRE PASSER LES CITOYENS AVANT LES CREANCIERS DES BANQUES, PAR DENIS DUPRÉ

Billet invité. Banc d’essai pour une éventuelle pétition. Qu’en pensez-vous ?

La tragédie est décrite chaque jour par Paul Jorion et d’autres analystes qui nous donnent par avance les photos de l’accident à venir. Film noir, tragique. Inéluctable ?

Que faire ? Le découragement gagne.

Sonne l’heure de choisir : qui épongera les pertes ? Les citoyens ou les investisseurs ?

Nous proposons la signature d’un appel aux citoyens, un appel qui acte un certain nombre de réalités et demande à notre gouvernement de voter les décisions qui suivent.

Nous actons que :

1. Les pays d’Europe, l’Allemagne refusant de faire marcher la planche à billet, vont l’un après l’autre vers un endettement insupportable conduisant inéluctablement à une faillite ou une insurrection.

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À propos de « Pour une initiative citoyenne dans le domaine financier », par Corinne Lepage

Billet invité.

Tout d’abord, je voudrais dire que mon initiative est totalement désintéressée et que ce papier est né d’une discussion avec Paul Jorion. Je suis très à cheval sur ces questions et je trouve infâmante à mon égard la contestation que « l’objectif de Mme Lepage n’est pas désintéressé ». Je n’ai jamais administré la banque La Nef comme de mauvais esprits le laissent supposer mais participé au comité d’orientation des investissements dont j’ai démissionné en juillet quand j’ai été élue, par déontologie car rien ne m’y obligeait. En plus, je n’ai évidemment rien touché; ces fonctions étaient totalement bénévoles.

J’ai lancé ce débat parce que je le crois essentiel et n’en déplaise à certains qui se sont exprimés, je n’ai pas l’intention de me limiter à l’écologie parce que tout simplement tout est lié.

Je ne dis pas qu’il faut quitter nos banques demain matin, mais simplement réfléchir à ce qui se passe et au moyen de changer le rapport de force très défavorable à la société civile. Dans ce cadre, l’exemple islandais et les impasses qu’il génère devraient agir comme un révélateur pour faire autrement.

Par ailleurs, je pense que les citoyens que nous sommes doivent agir car je vois l’extrême limite de l’action politique au moins comme elle est exercée aujourd’hui. Ce débat devrait se poursuivre sur les avantages et inconvénients d’une action citoyenne et le seul fait de poser la question pourrait faire bouger les rapports de force, comme certains l’ont indiqué, pour l’avoir fait à une échelle individuelle.

Merci en tous cas pour ces échanges.

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