Réchauffement climatique : Les individus isolément n’y peuvent rien, par Vincent Burnand-Galpin

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Face à la question climatique, il n’est pas rare que la responsabilité soit renvoyée au consommateur. Dans le discours médiatique, on entend souvent que les ménages et individus devraient adopter sans tarder des « éco-gestes » qui pourraient permettre le changement nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques. Mais une étude du cabinet de conseil, Carbone 4, spécialisé dans la stratégie bas carbone, datant de juin 2019, (« Faire sa part ? Pouvoir et responsabilité des individus, des entreprises et de l’État face à l’urgence climatique ») montre que les gestes individuels, même « héroïques », sont loin d’être suffisants pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

En 2017, l’empreinte carbone moyenne des Français s’élevait à 10,8 tonnes de CO2 par an. Pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, elle devrait ne pas dépasser 2 tonnes de C02 d’ici 2050, sinon plus tôt.

Les auteurs commencent par faire la liste des éco-gestes ne demandant aucun investissement préalable, des « petits gestes du quotidien » (acheter une gourde, équiper son logement d’ampoules LED…) à des « changements de comportement plus ambitieux » (manger végétarien, ne plus prendre l’avion, réaliser ses trajets courts avec des moyens de transport alternatifs à la voiture,…). Il en ressort qu’un Français réalisant conjointement tous ces gestes baisserait son empreinte carbone de 25%.

Ces gestes étant loin d’être tous réalisés par l’ensemble de la population, les auteurs estiment l’impact global des éco-gestes individuels à une baisse de 5% à 10% de l’empreinte carbone nationale. Si l’on ajoute à cela des investissements individuels tels que la rénovation thermique ou l’achat d’une voiture électrique par une partie de la population, ils estiment l’impact global des ménages à une baisse de 20% des émissions carbone.

Ces efforts individuels s’avèrent non-négligeables mais largement insuffisants. Ils ne représentent qu’un quart de l’effort nécessaire pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. La raison ? Nous dépendons tous d’un cadre « socio-technique », qui nous dépasse, fondé sur la consommation massive d’énergie. Les auteurs développent en particulier l’exemple de la mobilité :

Utiliser davantage les transports en commun et avoir systématiquement recours au covoiturage sont des pratiques qui ont un impact indiscutable sur le total des émissions liées à nos déplacements (environ -1/3 sur le poste mobilité). Mais ces gestes ne supprimeront pas notre dépendance à un système de transports fonctionnant, que nous le voulions ou non, sur la base d’énergies toujours carbonées comme le diesel, l’essence, le kérosène ou le GNV. Et dans de très nombreux pays (mais pas en France), l’électrification du parc ne fait que déplacer le problème, puisque l’on a indirectement recours au charbon et au gaz des centrales électriques au lieu d’une utilisation directe de pétrole. Sans une mutation profonde des équipements que nous utilisons, aucune baisse significative de l’empreinte ne pourra être atteinte.

La sobriété à laquelle incitent les éco-gestes est nécessaire, mais elle ne peut être la seule réponse au problème. Il faut la doubler la réponse individuelle d’une réponse collective aux enjeux climatiques pour changer la structure même du cadre « socio-technique » car si les gestes individuels apportent un quart de la solution, le collectif doit apporter les trois quarts manquants. Seule une transformation en profondeur du système énergétique, des modes de transport, des processus agricoles et industriels pourra permettre d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

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65 réflexions sur « Réchauffement climatique : Les individus isolément n’y peuvent rien, par Vincent Burnand-Galpin »

  1. Pour ce qui est de la mobilité la solution se trouve plus dans la non-mobilité, or celle-ci est imposée par notre travail (refus du télétravail un manager doit encadré directement les employés, distance habitat travail imposé lui par le cout de l’immobilier) et là on touche d’une part la volonté des entreprises et d’autre part celle du capital. Près de 40% des personnes pourraient travailler de chez elles mais non personne ne veut prendre cette direction car elle remet en cause le fait de contraindre dans un temps et un lieu l’employé. Pour le reste une fois que l’on a mis 1 litre d’essence dans sa voiture cela implique que l’on a raffiné 4 litres de pétrole et donc tous les 3 litres restants vous seront « fourgués » que ce soit par la porte ou par la fenêtre en avion, croisière, goudron de parking, vêtements en plastique mais ce n’est que la conséquence d’avoir mis 1 litre d’essence dans sa voiture ! Ne pas prendre l’avion ou des choses de cet ordre sont complètement en aval du problème et ne change rien à la consommation globale de pétrole !

    1. Auxietre note que la réticence au télétravail vient de ce que celui-ci heurte la traditionnelle volonté d’un travail autant que possible « encadré », « contraint » à « un temps et un lieu donné », selon la volonté des entreprises comme celle du capital. Cette remarque appelle des réserves sérieuses :
      A.les travailleurs eux aussi trouvaient leur intérêt dans les groupes que constituait ce modèle d’entreprise, pour une défense plus collective du niveau des salaires , par exemple!
      B. C’est bien plutôt la globalisation des moyens productions qui doit être réprouvée, laquelle a détruit en moins d’un demi siècle les rapports sociaux tels qu’ils se manifestaient dans nos sociétés, traditionnelles ou à forts investissements technologiques .
      Un exemple : La ville où j’ai commencé mon activité professionnelle après 1960 était fortement industrialisée, avec la possibilité d’accès facile à un emploi. Une des dernières entreprises non délocalisée comme la plupart des autres il y a une dizaine d’années produisaient des couches culottes. Le choix des investisseurs, purs financiers à l’échelle internationale , a été de délocaliser cette production en Pologne, tout en prévoyant un vaste central logistique pour la commercialisation des couches culottes dans la région Rhône -Alpes – Auvergne. Cette logistique de la diffusion de plus en plus globalisée , c’est elle qui appelle le développement d’algorithmes permettant de gérer la consommation pourquoi pas par ce travail au moins partiel à domicile permettant des économies en frais de déplacements( grâce au télétravail. Voilà expliqué en quoi je récuse l’idée énoncée par le commentaire d’Auxietre de favoriser autant que possible la non- mobilité de l’employé. Pour vivre mieux les risques de « fin de monde » comme de « fin de mois » problématiques , il conviendrait plutôt de relocaliser et resocialiser au plus prés des lieux de vie la production et la consommation, autour de bassins de vies , constitutifs de lieux sociaux concrets , de « milieux éco- techno- symboliques » c’est-à-dire accessibles aux sens ( récréer un monde de phénomènes visibles, audibles, d’échanges vivants – sans en continu les portables à la place des mains et du cerveau) !

      1. Je comprends tout à fait le fait qu’une entreprise devrait être un collectif et qu’il doit y avoir du lien social, mais je pense qu’il a aussi beaucoup disparu, les salaires ne sont plus gérés collectivement en tout cas moi je l’ai jamais vu et j’ai près de 25 ans de carrière, cela doit être d’un autre temps ou d’un d’autre lieux en tout cas pour moi , j’ai toujours vu une négociation de salaire individuelle dans mon métier avec des inégalités terribles, quand au collectif l’encadrement vous demande d’être concurrentiel et plus productif individuellement bien avant le collectif même si celui ci est encore le seul qui permette réellement le résultat. Enfin le relationnel et le social existait aussi quand les gens habitaient proche les uns des autres et proche de leur travail ce qui n’est plus le cas.

  2. Sur France 2 télé, une récente soirée promouvant les écogestes m’a pas mal énervé. On y proposait 10 gestes « sympas » pour « sauver la planète » (ou plus justement lutter contre le basculement climatique) allant du « hors propos » (mettre un pot de fleurs sur le rebord de sa fenêtre) jusqu’à du plus signifiant. Mais par exemple, lorsque l’on suppliait les consommateurs de ne plus acheter des objets jetables en plastique, pas une seconde les hilares animateurs (allons à l’abattoir en chantant?) n’ont osé demander pourquoi 90% des récipients de liquides alimentaires dans les rayons des supermarchés sont en plastique. Entre les pousse-au-crime du système marchand et les pauvres consommateurs contraints, la faute est toujours mise sur les seconds…

      1. Oui! Il faut mettre un terme à cette pure technique de diffusion du consommable en petits paquets sous plastique, responsable de la désertification des centre-villes de taille moyenne. Oui je porte le drapeau des nostalgiques du petit et moyen commerce de centre-ville: Le commerce était une affaire de compétence chacun selon son métier ( sa spécialité). Le commerçant était quelqu’un de confiance, qui pouvait nous conseiller, son art en savait plus que la technique de rangement de petits paquets proprets et nets me laissant le soin de gérer à la déchetterie la logistique des emballages! Ce monde n’est pas celui auquel jeune homme j’avais espéré qu’on parviendrait

      2. marche arrière ou marche en avant ? il me semble souhaitable de supprimer le supermarché, avaleur de plastiques ou en meme temps alimenteur de dépendances à la consommation

    1. Allez, je vous en donne un petit geste simple, pas cher du tout, écologique, et qui supprime pas mal d’émission de CO² ou autre gaz à effet de serre :
      aucun parfum ou autre produit chimique odorant sur soi, juste un déodorant tout ce qui a de plus simple : une pincée de bicarbonate de soude sous les aisselles après la douche (sur une peau légèrement humide), ça tient deux jours. Et hop !
      Avantage supplémentaire : plus de perturbateur endocrinien.
      La vie peut être bien plus simple que ce que l’on s’embête à faire quotidiennement.

      1. Ces petits gestes sont à mon avis de petites gouttes d’eau qui permettent de se donner bonne conscience mais ne règlent en rien le problème. Cette logique du colibri est à mon avis, non seulement inutile, mais à terme dangereuse, car elle cache le vrai problème.
        Un tube de dentifrice ou de déodorant par mois, ou par trimestre, c’est combien de grammes de plastique et de produits chimiques d’économisés ? A comparer aux kilos de plastique, aux litres d’eau, gaspillés dans le même temps par un parisien, un français, un humain qui consomment quotidiennement deux litres d’eau ou de coca-cola.
        « Les individus isolément n’y peuvent rien » …. car individuellement, qui va rendre potable l’eau du robinet dans les pays du tiers-monde ? Ou pire, qui va convaincre les parisiens de cesser de boire de l’eau en bouteille, alors que l’eau du robinet est meilleure pour la santé ? Et malheureusement, les états n’y peuvent pas grand chose non plus ! Vont-ils arrêter les pubs pour le coca et les SUV ?
        Plutôt que de dépenser toute votre énergie à trouver des déodorants écolos (pourquoi pas, mais bon …) vous pouvez dépenser la même énergie à convaincre vos voisins de cesser de boire de l’eau en bouteille ! Un seul voisin ou collègue convaincu, ça fera des dizaines de kilos de plastique en moins.
        Ma formule est « je bois de l’eau du robinet parce que c’est meilleur pour la santé ET meilleur pour la planète ». Idem pour « je ne mange de la viande qu’une fois par semaine, parce que … etc. » …. formules à répéter des dizaines et des dizaines de fois dans la journée.
        Oui, c’est plus difficile que de remplacer le déodorant par du bicarbonate. Mais faites le calcul, et vous verrez que l’efficacité est d’un autre ordre de grandeur.

  3. Bonjour,
    Mon commentaire est hors-sujet. Y aurait-il parmi vous un comique ? Peut-être dans votre entourage ? C’est pour un mission très importante, le pouvoir craignant un scénario Coluche aux élections de 2022.
    https://www.franceinter.fr/emissions/histoires-politiques/histoires-politiques-09-octobre-2019

    Vous compreniez bien que l’on ne peut pas continuer avec quelqu’un qui est « hors sujet » (merci les suisses) :
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=766&v=SW4qp6OvnVU

    Donc, si vous êtes comique, n’hésitez pas à vous faire connaitre. Le temps presse, surtout lorsque l’on lit ceci :

    « Nicole Belloubet souhaiterait conditionner la suppression de certains postes de juges d’instruction aux résultats électoraux de LREM »
    https://twitter.com/anticor_org/status/1187422653688233985
    https://www.mediapart.fr/journal/france/231019/belloubet-confond-l-interet-de-l-etat-et-celui-de-lrem-les-magistrats-s-insurgent?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67
    https://www.lepoint.fr/justice/la-carte-judiciaire-sera-t-elle-dessinee-par-les-resultats-electoraux-23-10-2019-2343201_2386.php#xtor=CS2-239

    Tout se met en place pour que La République A Reculons conserve ses députés
    http://www.leparisien.fr/politique/assemblee-nationale-les-frais-d-hebergement-des-deputes-a-paris-vont-etre-davantage-rembourses-15-10-2019-8173329.php?utm_campaign=twitter_partage&utm_medium=social
    alors que les salaires stagnent. Pas d’augmentation de salaires pour le personnel des hôpitaux en 2020 !
    https://www.publicsenat.fr/article/politique/hopital-pas-de-hausse-generale-des-salaires-previent-agnes-buzyn-146522
    N’est-il pas préférable de se laisser mourir chez soi, plutôt que d’être dans un local de l’hôpital d’une ville riche (Nice), local situé lui-même près d’un local poubelles, avec de l’eau qui tombe du plafond ?
    https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/complement-d-enquete/complement-d-enquete-du-jeudi-24-octobre-2019_3644019.html

    Pas une seule minute je me suis posée la question de voter pour ce type, et je me rends compte que j’avais raison. Ce n’est plus les feuilles mortes que l’on va ramasser à la pelle, mais les cadavres !!

  4. « Pour ce qui est de la mobilité la solution se trouve plus dans la non-mobilité ».

    Les muscles nous ont déjà permis d’aller assez loin.
    Un muscle ça bouge et ça fait bouger. Musclons nous 😀
    On ira plus plus loin en Chabal qu’en Zemmour. Physiquement Z’veu dire.

  5. La solution « hydrogène » via les piles à combustibles me semble la plus efficace à très court terme (10-15 ans max.) si on se donne la peine d’investir dans les outils nécessaires. La solution la plus simple consiste à produire du carburant à partir de l’air environnant. La source d’énergie peut être apportée par du solaire thermique. La technologie existe, elles est prouvée comme fiable à une échelle largement supérieure au prototype et ne demande pas de révolutionner les moteurs thermiques ou les turbines déjà en fonctionnement dans les centrales nucléaires.
    L’intérêt est que même si on continue à produire du carbone via ce procédé, on ne fait que réutiliser celui qui est déjà présent. Il n’y a donc pas de dégagement de carbone excédentaire donc pas d’accroissement du CO2.
    Les spécialistes du domaine estiment que cette technologie serait rentable pour un prix du baril au-dessus de 120 US$. Autrement dit si on accepte de payer un peu plus cher le baril ou si on accepte de baisser un peu les taxes sur le pétrole, la transition vers un mode de consommation décarboné en circuit fermé est plus qu’accessible.

    1. L’hydrogène produit actuellement l’est par craquage du méthane et pas du tout par électrolyse de l’eau beaucoup trop chère pour être une solution industrielle. De plus un véhicule qui exploserais raserais la moitié d’une rue ! Comme solution j’ai des doutes…

      1. Je ne parle pas de cet « hydrogène » là. Les piles à combustibles peuvent fonctionner de deux façons. Soit en électrolyse inverse en combinant H2 + O2 pour faire de l’eau soit en utilisant de l’électricité pour produire de l’hydrogène. En fait, lorsqu’on utilise les piles à combustible de cette façon on peut produire autre chose que de l’hydrogène tel que du formaldéhyde, du méthane etc… Ces composés peuvent rentrer comme précurseurs dans un procédé Fischer–Tropsch pour produire des carburants et donc une grande partie des produits synthétiques déjà utilisés dans l’industrie chimique. Ce procédé fonctionne, il a été développé au minimum par une grande entreprise française dont je ne peux pas dire le nom. Et je peux aussi vous dire que des centaines de millions d’euros ont été investis en France sur cette technologie par une autre grande société française. Pour développer une filière rentable je pense qu’il faudrait de l’ordre de quelques dizaines de milliards d’euros. Cela ne me semble pas inaccessible vue l’argent investi chaque année dans la filière pétrole.

  6. D’où vient le chiffre de 10,8Tm CO²/hab (2017)?
    La dernière statistique (Banque Mondiale 2014), indique 4,6Tm CO²/hab pour la France, plus d’un doublement en 3 ans, ce qui induirait que l’activité économique a largement progressé, ce n’est manifestement pas le cas.
    La France pourrait faire mieux, certes, mais comme exposé, les actions individuelles n’auront pas le plus gros impact, quant à l’action publique, elle est prise dans le carcan de l’impératif du respect du déficit et du taux d’endettement maximal imposé par les traités européens !
    Pour illustrer, il suffit d’examiner la situation de l’île de la Réunion où il existent de très bonnes possibilités en matière d’exploitation de l’énergie géothermique, voir le rapport du BRGM :https://www.brgm.fr/publication-presse/reunion-ile-t-potentiel-geothermique
    Mais l’on préfère ne pas contrarier des intérêts privés…, le fioul et le charbon, importés assument plus de 60% de la production énergétique dans l’île :
    https://reunion.edf.fr/edf-a-la-reunion/les-engagements-d-edf-a-la-reunion/nos-energies/les-activites-d-edf-a-la-reunion
    Tout cela dans une ambiance de ‘concurrence’ bizarre:
    http://www.autoritedelaconcurrence.fr/pdf/avis/19d16.pdf

      1. L’on se tâte, l’on tergiverse, au niveau de la France et de l’Europe, l’on reste obstinément ancrés dans le ‘dogme’ des 3% de déficit et des 60% d’endettement des états composant l’U.E
        L’argent est pratiquement gratuit (taux d’intérêts négatifs), pourquoi ne pas surmonter cela et créer l’Airbus de la géothermie, car de manière évidente, les ressources existent ?
        Les investisseurs internationaux n’ont pas ces états d’âme et profitent à fond des possibilités offertes par le système financier actuel, pour investir dans une production énergétique renouvelable, ne nous-y trompons pas,ce n’est pas par altruisme qu’ils réalisent cela, c’est pour leurs revenus futurs !
        https://www.ormat.com/en/projects/all/main/
        Ormat a d’ailleurs déjà racheté le site de Bouillante en Guadeloupe !
        Géothermie, un excellent document qui date un peu :
        http://archives-fig-st-die.cndp.fr/actes/actes_2007/genter/Geothermie_FIG07.pdf

  7. Bonjour,

    Il faut manger local et si possible bio (le cas d’une grande partie de mes légumes de l’année, grâce à mon potager) ; et plus généralement limiter ses achats au minimum nécessaire (pas besoin d’avoir une flopée de pantalons, chemises, t-shirts, chaussures, …) ; bref arrêter de suivre la mode…
    Ce sont sur les actes réguliers voire quotidiens que l’on gagne du CO2 en moins, plus que sur le trajet annuel en avion pour les vacances (que je ne fais pas non plus).
    Un exemple tout bête : pas de boulangerie dans mon village, il faut faire quelques kms pour en trouver une. Donc soit je prends ma voiture pour y aller chaque jour (si possible commande groupée avec les voisins, mais là, combien de gens le font ???) soit je fais moi-même mon pain chez moi ! C’est cette dernière solution que j’ai choisie.
    Produire sa propre énergie (en plus de l’économiser) permet aussi de réduire son empreinte carbone : 10 m² de panneau solaire thermique (ils ont plus de 15ans et sont encore très productifs), et une grande partie de l’eau chaude / chauffage chauffée gratos (ou presque, juste faire tourner les circulateurs). Du coup, à 940 m d’altitude dans le massif du Jura, pour une maison de 130m² habitable environ, je ne consomme que 1.000 l de fuel sur l’année (c’est plutôt 3 à 4 fois plus autour de chez moi).
    Prochaine étape : photovoltaïque en autoconsommation (sur le toit orientée sud-est, ou tracker biface (avec la couverture neigeuse en hiver), couplé plus tard avec une éolienne à axe vertical et un accumulateur d’énergie à inertie type volant VOSS.
    Donc des actes c’est possible ; faut cependant être capable d’investir, et donc faire les bons choix dans ses achats : une belle voiture ou petite voiture et panneaux solaires ? des vacances ou un potager et un volant à inertie ? des vêtements et chaussures de marques ou des fenêtres isolantes ? etc

    Il faut se dire que tout ce qui permet de réduire son empreinte carbone permet de faire des économies (d’argent), et donc finit souvent par dégager un pouvoir d’achat pour … investir pour une nouvelle réduction de son empreinte carbone !

    1. A l’opposé de ce qu’énonce Vincent ( à savoir que la sobriété individuelle est souhaitable mais peu efficace, et que la réponse efficace se doit d’être collective) Vous développez, François , toute une liturgie de vos choix individuels. Je prie pour qu’au
      Jugement Dernier un Trèfle Vert vous soit attribué . Moi aussi je chausse, par exemple, la marque Méphisto : la paire, produite en Alsace, d’expérience est tout à fait mettable après 35 ans d’usage!

    2. @François. Hélas, hélas, le scénario que vous décrivez n’est appliqué que par les 5 à 10% de conscientisés/responsables que l’on retrouve souvent sur ce blog. Hélas, les observation dans le monde réel montrent que les économies (d’énergie notamment) permises par des améliorations techniques sont suivie d’un effet rebond: le paradoxe mis en évidence par Javons dès le XIXe siècle fait que pour la majorité les économies d’argent sont transformées en consommations nouvelles émettrices de toujours plus de pollutions et des gaz à effet de serre. C’est pourquoi le découplage absolu entre augmentation du PIB et consommations énergétique est un mythe depuis longtemps démenti par des économistes non au service du capitalisme spéculatif. Kuznets ne convainc que les nigauds qui veulent croire aux miracles proposés par les technocrates.

  8. D’un côté il faut un changement de comportement social, d’un autre côté il faut un changement économique (industriel et agricole) et politique. Pour le changement social, il faut que les motivés commencent, comme pionniers, et leur expérimentation et leur conviction grandissante est une anticipation utile ; d’un autre côté, il faudra une forte émotion (effondrement) ou une forte répression pour faire changer les consommateurs (le faire avant vous fait perdre les élections). Pour l’industriel et l’agricole, il faut surmonter les lobbys, imposer un nouveau cadre économique (y compris aux syndicats de travailleurs et milieux boursiers) : le rapport de force est nul de ce point de vue. Il y a beaucoup d’initiatives alternatives sympas, mais cela ne fait pas un rapport de forces. Il a été nul face à la crise de 2008: on n’a rien régulé, on a fait semblant d’être plus prudent. Malgré le dégout populaire. Le changement politique est le moins important : même un gouvernement « ecolo » majoritaire n’oserait pas aller frontalement contre le peuple non décidé à changer. Mais cela aide.
    Un exemple concret ? On parlait de supprimer les sacs de caisse il y a 20 ans. L’île de Corse l’a fait la première, pour sa beauté principalement. 10 ans plus tard, les grandes surfaces l’ont commencé. Irrégulièrement, avec les sacs durables. Aujourd’hui, on l’annonce toujours pour acquise cette suppression, mais.. je reçois encore le sac plastique chez le boucher. L’émotion sociale sur les fines particules de plastic un peu partout sera-t-elle suffisante pour faire basculer les comportements sociaux ? Bof… Il est trop tôt pour promettre « du sang et des larmes » (Churchill). Cela surgira tout d’un coup.

  9. On a tué le sentiment collectif. Tout n’est plus que individualité. Chacun de nous serait maître de son destin et donc responsable d’une partie de la gouvernance du monde….. Je mets cette suprématie idéologique au crédit du capitalisme. Son imaginaire a été dévastateur. En promouvant l’individu « roi », il a légitimée des inégalités injustifiables mais surtout il a isolé l’Homme. Il sera dur maintenant de coloniser les esprits avec une nouvelle vision de l’humain. Pourtant, le défi écologique ne pourra être abordé que sur le terrain de l’entraide, de la coopération, de l’altruisme autant de valeurs qui rentrent en conflit avec notre modèle de pensée actuel.

  10. Bonsoir. Pour compléter un peu, j’ai vu récemment des chiffres sur la variation mondiale de la consommation d’énergie (nécessaire pour alimenter la croissance de la population et du PIB) entre 2000 et 2018 en moyenne par année. Ces chiffres sont ceux de Jean Marc Jancovici : charbon +1400 MTEP, gaz +1200 MTEP, pétrole +980 MTEP, hydraulique +350 MTEP, éolien +270 MTEP, solaire +140 MTEP, nucléaire +30 MTEP. Il en conclut qu’on est pas en train de résoudre le problème du réchauffement climatique mais qu’on est en train de l’aggraver! Bref il faut absolument inverser cela et il nous reste très peu de temps.

  11. Selon Romaric Godin, le pouvoir en place pense que la crise écologique sera réglée par le marché !
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/la-fin-du-modele-social-francais

    Personnellement, j’ai un petit problème avec le réchauffement climatique, 2 personnes parlant de la glaciation que la réchauffement va provoquer :
    – Pascal Picq, en début de vidéo https://www.youtube.com/watch?v=CtOA38-LbTY
    – Dominique Dupagne (médecin) pour qui l’extinction de masse se fera à la prochaine glaciation
    «  »On est à l’aube d’une extinction de masse ». Ben non, l’extinction de masse, ce sera la prochaine glaciation. Le réchauffement, c’est nettement moins méchant, même si ça fera très mal. »
    https://twitter.com/DDupagne/status/1176518432474521601

    Quelqu’un peut-il me renseigner à se sujet SVP ?

    1. Les craintes de  » petite glaciation » ont ete récemment ravivees par la perspective d’un conflit nucléaire indo -pakistanais. Pas faux mais n’agirait que pendant 5 ou 7 ans…pas plus. La T du globe remonte après quoi qu on
      fasse ….

    2. une proposition de lecture, les vidéos du cours de Jean-Marc Jancovici à l’école des Mines de cette année 2019
      1 l’énergie : https://www.youtube.com/watch?v=xgy0rW0oaFI
      2 les énergies fossiles : https://www.youtube.com/watch?v=1NHPgrH5lcQ
      3 le changement climatique (1) : https://www.youtube.com/watch?v=l8pdSClyRds
      4 le changement climatique (2) : https://www.youtube.com/watch?v=JKoRsO5fkAQ
      5 les économies d’énergie : https://www.youtube.com/watch?v=PEY6LmscKc4
      6 le nucléaire : https://www.youtube.com/watch?v=t0Xp6CCte0U
      7 les énergies renouvelables : https://www.youtube.com/watch?v=Z4teA8ciuRU
      8 la comptabilité carbone : https://www.youtube.com/watch?v=lgoUns8Cu0w
      les diaporamas des conférences : https://cloud.mines-paristech.fr/index.php/s/nCzdipz0uhIlTlw

  12. We can do it! Ce n’est que vers les années 80 que je pris conscience des enjeux environnementaux. J’avais 18 ans, et pourtant tous ces problèmes qui existaient de longue date, ne furent pas évoqués au collège pour autant que je me souvienne…Ce fut une génération perdue de ce point de vue-là! Ce n’est plus le cas actuellement, fort heureusement. Actuellement les jeunes sont dans la rue pour le climat mais savent-ils pour autant depuis quand l’homme a mis réellement en danger la planète? Y-a-t-il seulement une étude qui peut le dire avec précision (éclairez-moi)?
    Sachant que le temps est compté, les aînés ont un devoir de mémoire à défaut d’avoir une autre solution: Lorsque j’écoutais les récits de mes grands parents qui virent le jour en 1900, il me semble que jusque les années 1950/60 il n’y avait pratiquement pas de pollution, et il n’était évidemment pas question de capacité de charge environnementale: tout le monde vivait sans doute bien modestement dans nos contrées, mais chacun vivait sans crainte de l’avenir…est-ce à ce moment-là où tout bascula?Je l’ignore mais je suis convaincu que pour ces deux seules raisons, j’aurais aimé vivre en début de 20ème siècle (à l’exception des 2 guerres) : si cela était possible, je « remonterais le temps » , sans pour autant devenir euh disons « Amisch », et accepterais volontiers de vivre la vie telle qu’elle existait à cette époque (en d’autres termes: renoncer à un certain confort pour une vie plus saine): croyez-vous que les jeunes ne seraient pas preneurs pour vivre la vie de leurs arrière grands parents? Personnellement, je suis convaincu qu’ils n »hésiteraient pas à faire le pas en toute connaissance de cause. A la seule condition …que nous la leur contions.

    1. Réponse à Christian Brasseur
      J »ai l’âge de répondre à vos questions: mon arrière grand-père à servi sous Napoléon 3, en Crimée. Il a émigré ensuite du limousin comme  » limousineur » à Lyon pour participer ensuite comme artisan à la modernisation du Val de Saône: Je ne donnerai jamais comme modèle la vie de ses propres parents près de Peyrat le Château! Une vie primaire! Quant à vous documenter sur l’histoire du mouvement dit  » moderne », de nombreux ouvrages ont été écrit à ce sujet. L’invention de l’extractivisme en Amérique du Sud date du début du 16eme siècle. Il ne s’agit pas, jeunes, de prendre pour modèle la vie de vos grands-parents , mais de fermer les livres officiels et les programmes scolaires dits  » politiquement neutres » pour voir comment le progrès technologique , dont nous a avions fait une nouvelle religion, a méprisé les femmes, les « primitifs » d’Amérique et d’Afrique, et les animaux. Il m’a fallu du temps pour découvrir qu’au Moyen-Age , la vie politique étant distribuée selon non pas des  » classes » mais des « fonctions » ( Dumézil) , qu’il y avait dans les villages ( paroisses) des  » communaux » gérés en assemblée locale. Ce que notre Grande Révolution de 1789 a commencé à contester, mettant en exergue la propriété privée des moyens de production et d’échange, avec naissance de la théorie économique et la survalorisation de l’individu et du Marché, le constructivisme , etc.. . Lire Paul Jorion, pour commencer? Ce blog m’a beaucoup remodelé!

      1. Pierre C69, Je ne parle pas de ce que je ne connais pas, mais je confirme que la vie de mes grand-parents n’était pas du tout primaire , et pourrait être un modèle car non anxiogène, et à mille lieues du productivisme et de la compétition effrénée. Mes grands-parents vivaient à la campagne. Mon grand-père, issu d’une famille de 12 enfants, a travaillé tantôt à l’usine, tantôt à la ferme. Ma grand-mère était couturière. Ils ont vécu une vie simple,…sans voiture, sans chauffage central, (mais tout de même vers 1946, avec une machine à laver électrique « à bras ») oh combien enrichissante sur le plan humain. Je me souviens qu’en 1966 ils ont acheté leur première télé.
        Ils avaient leur potager et mangeaient sainement. Le dimanche, ils tuaient un poulet qu’ils élevaient dans le pré. Les soirées ils les passaient entre voisins, en été sur l’éternel banc de chêne dehors, l’hiver, au coin du feu…Je pense que l’époque n’est pas si éloignée pour que l’on s’en souvienne. C’est tout.

    2. Sans machine à laver ? Vous plaisantez monsieur je pense.

      J’ai lu la plus part des commentaires. Réduire sont empreinte carbone, planter ses légumes, faire son pain, porter un seul tee-shirt, quelques panneaux solaires, se mettre du bicarbonate sous les bras, travailler de la maison (avec internet ?), sortir moins, supprimer les sacs plastics et pour finir vive la vie des années du début du XX ième siècle, et roule ma poule ? Le tout contre le peuple en chantant gaiement !

      Selon vous les êtres humains qui vivaient auparavant, c’étaient des demeurés qui ont pris les avancées techniques et le progrès des conditions de vie pour sortir de leurs conditions de paysans et plus généralement des contingences de leurs précaires conditions parce qu’ils n’avaient rien d’autres à faire ?

      Bon sang mais pourquoi ont-ils laissés derrière eux tous leurs Eco-geste individuels… collectifs ? Hein oui, pourquoi ? Personne n’a la moindre idée à ce sujet ?

      « Seule une transformation en profondeur du système énergétique, des modes de transport, des processus agricoles et industriels pourra permettre d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. » Nous dit Vincent BG.

      On n’ose penser à quelle transformation il pense, vu ce qui a été déroulé dans les commentaires. Une petite précision quant aux grandes lignes de cette méthode pour atteindre l’Accord de Paris serait bien venu non ?

    3. J’ai commencé à être appelé dans les classes secondaires en Belgique à la fin des années 1990 pour parler des métiers de l’environnement. Depuis 1983, mon association parlait surtout de protection du voisinage contre les pollutions industrielles. Vers 1990 surgit le métier de « conseiller en environnement ». Mais quel « environnement » ?
      Quelques repères : Le Club de Rome est fondé en 1967, son Rapport Meadows « Les limites de la croissance » font sensation… et discussion. (Auparavant, après 1945; les Ong appelaient à protéger l’océan (Greenpeace) les animaux (WWF) et l’agriculture (Amis de la Terre). Elles vont évoluer dans les années ’80. En 1987, l’ONU établit le rapport Brundlandt qui prépare le Sommet de la Terre de Rio 1992. Le concept de développement durable (forte édulcoration du rapport) est lancé. Il faut préparer des « agendas XXI » de changement à appliquer en 2000, avec de grands objectifs humanitaires (dont la « fin de la pauvreté » !). Le Giec a été créé en 1987, et on dit que c’était pour empêcher une orientation plus militante d’une Agence de l »ONU. C’est le début du thème « réchauffement climatique » surtout avec le 2e rapport en 1995 qui influe un peu le Sommet de Kioto 1997. Celui-ci va délayer tout (réforme néolibérale des droits de polluer, des compensations et du marché du carbone), principalement du fait des USA et de ses appuis.
      On ne peut dire « une génération perdue ». Tous nous évoluons avec l’actualité, mais nous nous excusons de notre inertie en disant « on ne peut changer que les enfants ».
      Depuis quand l’homme a-t-il mis en danger la planète ? Pas de réponse précise à cette question ! Depuis quand la prédation humaine est elle insupportable pour le milieu ? Quel inconfort est acceptable ? Le charbon nous a protégé de la déforestation fin XIXe siècle. Il sera épuisé en mille ans d’exploitation (1500-2500). Le pétrole sera épuisé en moins de 200 ans. De sorte que la surpopulation peut être finalement aussi incriminée. Or elle a commencé avec l’agriculture, disent certains. Notre intelligence à créer des « artifices » (outils, etc, produits n’étant pas dans la nature : verre, fonte, bronze, acier…) est le début du problème !

  13. La pollution a commencé avec l’avènement de la Révolution industrielle. En France milieu du 19è (Napoléon le 3è ou le Petit) en GB fin du 17ème, puis se sont étagées les autres en premier la Tchécoslovaquie, la Russie seulement avec l’avènement de Staline, En Chine après 1949 avec Mao.
    Donc Nous sommes tous nés ici au moins après que le mal était déjà bien engagé.
    Et la délocalisation par la désindustrialisation de la France n’a fait que déplacer le problème vers d’autres contrées.
    Le CO2 s’est donc répandu à travers la planète, on ne peut revenir en arrière.
    Alors culpabiliser les gens parce qu’il continue d’acheter leur tube de dentifrice en plastique plutôt que le fabriquer soi même n’y change rien.
    Ou encore comme je lis souvent ici la condamnation de tous les très vilains qui prennent l’avion à qui j’avais posé la question, restée sans réponse : faut-il quitter son emploi s’il nécessite des transports en avion ?

    Alors qu’eux-mêmes naviguent sur le net le cœur joyeux sans penser aux data centers ! Armés le plus souvent de toute la quincaillerie des écrans tactiles de toutes sortes qu’ils changent tous les ans… que bientôt ils ne pourront plus trouver faute de métaux rares épuisés !

    Je confirme donc le plaidoyer de l’auteur du billet Vincent Burnand-Galpin, et confirme les arguments de AUXIETRE

    bien que dans mon quotidien je fasse tout ce qui est possible et raisonnable de faire : moins de plastiques, des serviettes en coton et sans polyester, essayer d’en trouver qui ne soient pas importées, coton « propre » si possible.
    un petit potager bio, etc. moins de viande, mais à nos âges il faut en manger pour ne pas voir ses muscles fondre et rajouter en à la perte de force naturelle du vieillissement. Les Humains ont besoin de manger dans les 100 gr de protéines animales /jour.

    Deux mots sur les paysans qui manifestent ces jours-ci. Là il y aurait de quoi éclater de rire (jaune) : ils revendiquent de continuer à polluer et nous empoisonner, et sont révoltés qu’on ne veuille plus de leurs produits ! vive la FNSEA qui les y poussent !

  14. En ce moment, je contacte des commerçants et des producteurs pour monter une cantine avec de la récup alimentaire.
    Tel enseigne peut nous donner 5 palettes de produits fraits par semaine, tel producteur détruit 10 tonnes de tomates semaine et nous donnera ce que nous voulons, tel groupement volaille tue 30 000 poulets par jour ( 1 toutes les 3 secondes ) et nous donnera également, tel agriculteur produit des carottes sur 700 hectares, nous contactera pour glaner ( les tas de refus des trieuses font des centaines de tonnes ) et ces produits sont souvent bios, label rouge, et compagnie.

    Notre système de production est dementiel, nous avons de quoi nourrir à vue de nez 2 fois plus de monde, et il n’y a personne sur le spot du réemploi.

    Autre chose, le matos. Aujourd’hui quand une grosse boite ( cuisine collective, bureaux, ateliers, hopital etc ) se débarrasse de ses meubles ou appareils de production, c’est une grosse entreprise qui est contactée, pose des bennes, et traite le flux de ferraille, de bois et d’appareils elec que cela représente avec moins de 3% de reemploi. !!!

    C’est à dire que des centaines de lits médicalisés à 3000 euros pièce, des milliers de matos cuisine inox hors de prix, des milliers de machines outil irremplaçables, des centaines de tonnes d’ordi, de meuble dont la planète ici ou la , manque cruellement, partent chez nous à la casse, broyés dans ce que nous appelons la  » valorisation matière « , cad incinération, fonte, traitement, enfouissement, au secours.

    La encore, personne sur le job.

    C’est juste dingo.

    1. La question « que faut il faire »:

      En général, notre société crée des besoins qui s’emballent, et cours ensuite après pour, comme on dit, répondre à la demande.

      Cette demande est sacrée et ne peut être remise en cause.

      Le marché veut, des lotissements ( ingérables à long terme en terme de transport ) des rayons en permanence garnis ( générateurs automatiques de gachis colossaux ) du tourisme de masse ( destructeur systématiquement des lieux visités ) aucune contrainte sur l’énergie ( entraine une croissance de conso dans les pays censés ralentir )

      C’est comment qu’on freine ?

      A part le cyclone qui vient tout casser, qui , quelle autorité peut dire stop, un peu plus gentiment, à des comportements sans avenir ?

  15. Petite histoire , pas retrouvé la vidéo.

    Un type de 70 ans environ raconte sa vie :

    Africain blanc du sud, bonnes études environnementales, se retrouve à 24 ans responsable d’une immense réserve naturelle.

    Problème de désertification, après 2 ans d’étude de la question, les éléphants sont identifiés comme responsables, la décision d’en abattre 30 000 !! est prise.

    Immédiatement après, le gars commence à penser qu’il vient de faire une bêtise, et effectivement, la désertification redouble.

    Le jeune naturaliste va passer ensuite sa vie à essayer de comprendre ce qu’il s’est passé.

    La réponse finale est contre intuitive.

    En fait, les troupeaux primitifs ( avant l’homme ) étaient souvent immenses , de plusieurs millions de têtes d’herbivores ( bisons dans la plaine), souvent densément tassés lors des déplacements, ou en mode defensif contre des prédateurs alentours. Cela produit un travail du sol bien particulier, avec une herbe + des excréments tassés prêts à accueillir la pluie et étendre la zone herbeuse.

    La chasse des prédateurs, la diminution de taille des troupeaux à mis fin à ce mode travail du sol.

    Mais le gars, durant toute sa vie, a mis en place des expérimentations avec des rotations d’enclos, de surpaturages en zones semi désertiques qui ont été couronnées de succès.

    Conclusions :

    Les grands changements opérés par l’homme sur des surfaces colossales de territoires datent plutôt de 5000 ans que de 300.

    Les bonnes idées sont finalement pas toujours celles que l’on croit…

    1. Allan Savory: Comment transformer nos déserts en prairies et inverser le changement climatique
      https://www.youtube.com/watch?v=vpTHi7O66pI
      http://myzap.info/blog/2015/12/15/lettre-a-une-nation-vegetarienne

      Chez mes grands parents, il y avait une fosse septique, et à un moment de l’année ces excréments étaient mis sur la terre du jardin. Idem chez mes parents.
      Cela a disparu, sauf peut-être dans de très vieilles fermes. Il faut acheter des engrais, alors que c’était chose impensée avant. Les hygiénistes sont passés par là, et les animaux sont dans des « usines. »
      Même quelqu’un surpris à faire ses besoins dans la nature à droit à une amende.

      Ferme des Vialars
      https://www.youtube.com/watch?v=6D_xwRcPZEg
      Il faut reconnaitre que l’herbe est verte. Je me demande comment ces bêtes ont passé l’été, s’il y avait autant d’herbe. Les bêtes sont bichonnées mais c’est une usine qu’il y a derrière. Tous les éleveurs ne pourraient se le permettre.
      A qui est destiné cette viande ? Exportation, grand restaurant, Elysée ? Certainement pas à Mr et Mme ToutleMonde.

      Pourquoi personne ne parle de l’abattage à la ferme, même pas L214 qui ne parle que caméras ?
      https://abattagealternatives.wordpress.com/

      C’est sûr que mettre une grande ferme au centre de Paris, plutôt qu’un stade, avec les odeurs, les mouches, ça risque de déplaire fortement aux touristes et autres personnes des quartiers chics.

  16. Oui Thomas ! Coluche, entre autres, avait fait le même constat et c’est ce qui l’a motivé à créer les restos du coeur. Vous allez plus loin il me semble en faisant les mêmes constats mais aussi en remettant en cause notre système de production qui, s’il est ingénieux dans la forme et dans le fond, aurait pu perdurer aussi en étant plus démocratique dans sa gestion et en sortant du productivisme effréné et devenu totalement délirant. L’abondance de la nature peut se « gérer » et ce, en accord avec ses rythmes et ses lois, voire créer et agir en synergie avec la nature, donc parfois, effectivement a minimum, en tout cas avec un peu plus d’amour et d’humilité, car le vivant est relié par des lois physiques et biologiques très profondes et très fines, que nous sommes SEULEMENT en train de « découvrir ». Forts de ces « redécouvertes » certains les ont déjà mises en application, et ce sans un forçage devenu extrême et toxique pour la totalité du vivant. Il y a en ce moment, des prises de conscience fortes, et des évolutions, dans le monde entier, relatives à notre rôle en tant qu’acteur est participant, en intelligence, à cette merveilleuse, si ingénieuse et si créative chaîne de la VIE et du VIVANT.
    Qui voulons-nous être ? Forts de ces prises de conscience, que voulons-nous faire . Non pas ériger une dictature verte ou pas, les collectivismes sont voués à l’échec, mais bel et bien agir en liberté et avec respect, en favorisant des comportements participatifs créatifs et constructifs, en particulier et en général et pour le particulier et l’intérêt général. Rajendra Singh fait partie de ces acteurs !

    Par exemple, Monsieur Waterman en Inde : Rajendra Singh.

    Rajendra Singh remporte le Stockholm Water Prize 2015
    STOCKHOLM, March 20, 2015 /PRNewswire/ —

    « Rajendra Singh, originaire de l’Inde, a été nommé à Stockholm lauréat du Prix de l’eau 2015 pour
    ses efforts innovants en matière de réhabilitation de l’eau et d’amélioration de la fiabilité de l’eau
    dans l’Inde rurale, et pour avoir fait preuve d’un courage et d’une détermination extraordinaires
    dans sa quête d’amélioration des conditions de vie des plus nécessiteux.
    M. Singh, né en 1959, vit et travaille dans l’État indien du Rajasthan. Les résultats de son travail sont sans
    égal. En coopérant étroitement avec les locaux, lui et son organisation ont revitalisé plusieurs rivières,
    ramené l’eau et la vie dans un millier de villages et donné espoir à un nombre incalculable de personnes.
    Lorsqu’il a été informé de l’attribution du Prix, M. Singh a déclaré qu’il s’agissait de « nouvelles très
    encourageantes et stimulantes. Grâce au savoir-faire indien en matière de récupération des eaux de pluie,
    nous avons rendu prospérité et bien-être à des villages impuissants, abandonnés, démunis et pauvres. »
    Le Comité du Prix de l’eau de Stockholm a déclaré que les problèmes d’eau que nous connaissons
    aujourd’hui ne pouvaient être résolus seulement par la science ou la technologie. Le travail de Rajendra
    Singh consiste à édifier la capacité sociale de résoudre les problèmes d’eau locaux via des actions
    participatives, l’autonomisation des femmes, et en reliant le savoir-faire traditionnel aux approches
    modernes scientifique et technique. »
    « M. Singh représente un rayon d’espoir », a déclaré Torgny Holmgren, directeur exécutif du SIWI. « Il a
    littéralement redonné vie à des villages. Nous devons nous inspirer des leçons et des actes de M. Singh si
    nous voulons parvenir à une utilisation durable de l’eau lors de notre vivant. »
    Les méthodes utilisées par M. Singh constituent une modernisation des façons indiennes traditionnelles de
    collecter et conserver l’eau de pluie. Ces méthodes devinrent désuètes lors de la domination coloniale
    britannique mais elles ont à présent ramené l’eau dans l’État le plus sec de l’Inde.
    Le changement climatique transforme les conditions météorologiques dans le monde entier et entraîne des
    sécheresses et des inondations plus fréquentes et plus intenses. Apprendre à recueillir l’eau de pluie va
    devenir une compétence cruciale dans la plupart des régions du monde. »
    https://www.siwi.org/wp-content/uploads/2015/03/2015_SWP_press_relesase_French.pdf

    https://www.theguardian.com/environment/2008/jan/05/activists.ethicalliving

    PS : Pagnol « L’eau des collines » : Jean de Florette, Manon des sources. 😉

    1. Faut-il considérer l’activité de « l’homme qui plantait des arbres » comme individuelle ?

      A force de lire et d’entendre la nécessité de l’action collective, j’en viens à me demander s’il n’y a pas un piège -qui serait d’une perversité inouïe- visant à détruire l’Humanité dans son ensemble(*), par une stratégie de dé-diversification…

      Il est courant que l’on associe/identifie intelligence et malignité !

      (*) ensemble, plus vaste que juxtaposition de collectifs

  17. En Inde, cela s’appelle des johads et cela a permis à des paysans de ne plus fuir leurs villages et leurs terres par manque d’eau, entre autres.
    Johad : un barrage communautaire comme solution à la sécheresse
    CRÉÉ LE 15.04.2016 PAR FABRICE JONCKHEERE

    « En Inde, la sécheresse progresse et les réponses de l’État – grands barrages, déplacements de population – semblent inadaptées. Rajendra Singh milite depuis des décennies pour une gestion locale et communautaire de l’eau. Sa solution: la johad, barrage rudimentaire, collectif… et millénaire. »

    « Il est lauréat 2015 du Prix de l’Eau de Stockholm. Mais l’Indien Rajendra Singh n’est pas né de la dernière pluie : celui que l’on surnomme « Jal Purush », l’homme de l’eau, arpente depuis des lustres la planète pour alerter la communauté internationale. Selon cet ancien médecin, le stress hydrique en Inde n’est pas une fatalité. Cette conviction se fonde sur les travaux qu’il mène depuis trente-cinq ans au Rajasthan, grand État du nord-ouest de l’Inde qui connaît une pénurie d’eau dans les trois quarts de ses districts. Mais c’est aussi là que se trouve la réponse à ces sécheresses, toujours plus violentes : une solution locale, communautaire et surtout à la portée de tous. Son nom : la johad, une « innovation » surgie du passé. »

    Gestion locale et concertée de l’eau
    « Connu au Rajasthan depuis 1 500 ans, mais abandonné sous la domination britannique, ce barrage rudimentaire de pierre ou de glaise collecte les eaux de pluie ruisselantes. Ce bassin de rétention permet de recharger les nappes phréatiques et de reconstituer peu à peu les rivières. Le dispositif est rapide et facile à mettre en œuvre. Selon Patrick McCully, directeur de campagne de l’association International Rivers Network, « les johads ne coûtent à construire que 100 roupies par habitant (environ 1,3 euro, le salaire moyen en Inde étant de 2 300 roupies). Une somme modique à comparer au projet de barrage Sardar Sarovar Dam, dont l’enveloppe globale de 300 milliards de roupies impose 100 fois plus chaque citoyen. » Autre avantage : la johad est construite et gérée de façon communautaire par les habitants. Elle permet dès lors une gestion locale et concertée de l’eau. »

    Faire essaimer ce succès local
    « Il y a aujourd’hui plus de 11 000 johads dans la région, sur une superficie de 8 600 km²», se félicite fin 2015 Rajendra Singh. « Elles apportent l’eau à plus de 1 000 villages de la région », précise l’association de développement Tarun Bharat Sangh. Le succès est donc au rendez-vous. Et parce que les solutions techniques similaires peuvent émerger partout dans le monde, Singh apporte son conseil à qui le lui demande : particuliers, communautés, associations… Mais il ne relâche pas la pression sur les institutions. En 2017, il se rendra aux Nations unies à Genève pour faire reconnaître le droit à l’eau et l’accès à la nature pour tous.  »
    https://www.solidarum.org/besoins-essentiels/johad-barrage-communautaire-comme-solution-secheresse

    https://en.wikipedia.org/wiki/Johad
    https://en.m.wikipedia.org/wiki/Rajendra_Singh

    Liberté, égalité, fraternité étendue au vivant !

    1. Trop de commentaires mettent l’accent sur le bon comportement « écolo-perso » sans remise en cause les finalités plus ou moins démentielles fixées par les minorités dirigeantes aux collectifs humains. Enfin un lecteur ( Dundee) décrit un excellent modèle de ses comportements anciens dont les ethnologues peuvent dresser l’inventaire, et dont nous devrions nous inspirer : les œuvres monumentales humaines qui imposent notre respect ne valent pas par une grandiloquence lettrée qui les aurait inspirées . Ce n’est pas une ambition extraordinaire qui fit jamais leur réussite, mais le travail collectif pour étudier tel milieu géographique de vie, pour en connaître les règles locales et en résoudre les contraintes, en prenant acte des caractéristiques du milieu. Ainsi par exemple les églises romanes ou les temples grecs, ou les dolmens, ou les canaux d’irrigation, qui sont des œuvres manifestant avec les matériaux locaux un être- là existentiel, celui d’un groupe . Ils fondent au cours des siècles ces signes symboliques qui manifestent en faveur d’une dignité dûe au Vivant, et pas à « a Planète » : On s’en fout de la planète, elle se sauvera toute seule et elle se fout tout à fait de nous !

      1. Merci PierreC 69. Lectrice je suis :-).
        Loin de moi l’idée d’idéaliser une époque en particulier. Les sources d’enrichissements se trouvent, amha, aussi bien dans certaines « re-découvertes »de techniques et d’observations anciennes, que dans l’innovation, fruit d’une époque et d’un contexte contemporain. La créativité humaine est a-temporelle. Même si la recherche sur les matériaux a beaucoup fait évoluer les techniques de construction, ces anciens modèles, leur génie, que vous évoquez à raison, sont à remettre dans leur contexte. Les machines et autres machines-outils et les techniques ancestrales ne permettaient pas l’édification d’ouvrages massifs aussi rapidement qu’à l’heure actuelle. Cela dit, les contraintes ont suscité le génie qui a permis de s’affranchir des obstacles et des multiples contraintes, mais non sans peine et sans pertes…humaines et matérielles, plus conséquentes, notamment, car les règles de sécurité étaient quasi inexistantes… En outre, les forêts et les territoires, telle que la Provence, par exemple, sont des créations humaines liées à l’activité collective et celle-ci n’a pas toujours fait preuve de « bon sens » et encore moins de clairvoyance pour la préservation de l’environnement. L’agriculture , l’élevage, la construction, le défrichage intensif et la croissance démographique, ont totalement façonné ce que l’on croit être « typiquement » le paysage aride provençal qui est pourtant la résultante de l’activité humaine. Ce qui n’enlève rien au charme et à la beauté de ces paysages provençaux et à leurs richesses, mais qui restent très fragiles et doivent être préservés et protégés, notamment en période de sécheresse prolongée (cours d’eaux asséchés résultant du défrichage intensif « passé »).

        Aux origines de la forêt de Provence : la métamorphose
        « Au sortir de la dernière période glaciaire, la forêt de Provence a éclos en un foisonnement d’espèces qui n’auront connu qu’une brève prospérité, car le succès des espèces dominantes de la forêt moderne et le recul des espèces originelles relèvent d’un même facteur incontournable : Homo sapiens. »
        https://lesmoutonsenrages.fr/2019/10/27/aux-origines-de-la-foret-de-provence-la-metamorphose/comment-page-1/

  18. Rajendra Singh : « Grâce à la johad, l’eau revient à sa source »

    Redécouverte d’une technique ancestrale
    « Ce sont deux habitants du village qui font découvrir à Rajendra Singh la johad, un barrage rudimentaire fait de boue et pierres permettant de collecter les eaux de pluie pendant la saison des mousson et de les faire filtrer dans le sous-sol durant la période sèche. Simple à construire, elle nécessite des terrains stables en pente et d’une saison des pluies régulière pour que le bassin puisse se remplir. Cette technique, connue depuis 1 500 av. J-C, a longtemps permis de maintenir le cycle de l’eau dans des régions arides de l’Inde. »

    « Mais quand le gouvernement britannique a colonisé l’Inde, il a imposé un système de gestion de l’eau basé sur les grands barrages, les égouts et les canaux d’irrigation… Non entretenues, les johad existantes sont tombées à l’abandon et ont arrêté de rendre leur service. Il a fallu plus d’un an pour que Rajendra Singh, seul, parvienne à en reconstruire une à Kishori. Mais face au succès de cette première expérience, les villageois ont accepté de mettre la main à la pâte. Et les habitants des villages voisins de leur emboîter le pas, accompagnés par Tarun Bharat Sangh, l’association de Rajendra Singh. »

    « En un an, nous avons construit 36 johad. L’année d’après, plus de 200. Et je peux dire aujourd’hui qu’il y en a plus de 11 000 dans la région, sur une superficie de 8 600 km² »

    « Pour Rajendra Singh, la johad est une infrastructure pour le peuple, qui appartient au peuple. Son processus de construction et son entretien, pourtant simples, nécessitent la participation de tout un village, ce qui contribue à renforcer les liens au sein des communautés. »
    https://lesmoutonsenrages.fr/2016/01/18/rajendra-singh-grace-a-la-johad-leau-revient-a-sa-source/

    1. Bonsoir Dundee, vous avez entièrement raison, c’est ce genre de « scénario » qui contribue à renforcer les liens des communautés. Non seulement il faut agir comme vous dites, mais il faut aussi et surtout se raconter des histoires telles que celle-là. Car après tout, avant de décider de reconstruire ce qui a été détruit, n’a-t-on pas parlé d’histoire??
      Des histoires faisant appel au sentiment collectif, c’est prouvé, est essentiel. C’est pourquoi, lorsque je dis qu’il nous faut développer un devoir de mémoire, c’est justement dans ce but-là. Cela peut faire sourire a priori et pourtant. Je ne suis pas du tout spécialiste mais je suis convaincu que se « ressourcer » dans des récits évoquant une époque agréable à vivre (telle que vécurent mes grands-parents) selon moi peut être inspirant.
      En connaissons-nous? Dans ce cas, j’invite tout un chacun à nous la conter. Merci aux volontaires!

  19. Je n’en suis pas coutumier, mais voici une (très) petite éclaircie:
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/ces-francais-veulent-moins-denfants-pour-sauver-la-planete_fr_5db024ade4b0422422ce706f?utm_hp_ref=fr-homepage

    Comme quoi, une petite partie des gens, malgré la propagande nataliste des politiques, économistes, religieux, journalistes, « intellectuels » commence à utiliser sa cervelle.
    Voir le tableau des gestes climatiques et de leur impact :
    https://twitter.com/afpfr/status/1049282260707540992?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1049282260707540992&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.huffingtonpost.fr%2Fentry%2Fces-francais-veulent-moins-denfants-pour-sauver-la-planete_fr_5db024ade4b0422422ce706f

    1. Ne pas confondre la population aisée / éduquée qui commence à se dire que les gosses vivent au dépends de la taille de la bagnole et du luxe des vacances.

      Une fois plongé dans une véritable crise sociale et économique, tout ce petit monde fera à nouveau des petits, comme n’importe quelle espèce animale.

    2. C’est ce que les Chinois avaient décidé. Il en résulta des problèmes du à leur culture traditionnelle confucéenne millénaire : honorer les parents disparus ne peuvent être fait que par un garçon. Si bien que les filles naquirent en trop petit nombre par des actes volontaires.
      Pour d’autres raisons et sans obligations les filles naissent en trop petit nombre en Inde, là encore par acte volontaire.
      Dans ces deux pays les garçons devenus adultes se retrouvent dans un célibat obligé.

      En Chine il vient d’être prise la décision de re-permettre 2 enfants par couple.
      Je trouve que leurs décisions se sont faites à l’envers. Ce qu’il eut fallu faire c’est expliquer que les filles sont égales aux garçons pour honorer leurs parents, et que Confucius était un peu démodé en cette matière. Alors qu’un des bienfaits que su faire la Chine fut de rendre égaux fille/garçon, ce qui était impensable durant des millénaires. Ça c’est un succès extraordinaire et exceptionnel sur la planète.

      La décision d’un enfant par famille fut très critiquée par le monde entier parce que prise par Mao ! Alors qu’elle sauva la Chine d’un nombre croissant mortel pour le pays du nombre de Chinois. Et maintenant on apprend que c’est un bienfait pour la planète, et donc un bienfait pour le genre humain dans son entier.

      1.  » Si bien que les filles naquirent en trop petit nombre par des actes volontaires. »

        Les filles n’ont pas de chance, c’est bien connu.
        On pourrait même imaginer que le bébé-fille désirerait ne pas naître.

        C’est une façon « élégante » pour parler d’un véritable féminicide. En Inde aussi.

        La question est le point principal d’un petit roman, génial et tout:
        Amin Maalouf, Le premier siècle après Béatrice;

        Quant à naître mort-né, celle-ci s’impose:
        « But some time I wish I’d a been born dead »
        https://www.youtube.com/watch?v=2aFElmLtyX0

  20. Pas sérieux s’abstenir !

    La sobriété individuelle* est très peu efficace: même appliquées par 7 milliards d’individus, les actions réellement possibles à cet échelon auraient un résultat global largement insuffisant parce que très inférieur à l’ordre de grandeur des problèmes à résoudre (les gaz à effet de serre, les pollutions et autres dégradations de l’environnement, l’épuisements des ressources, etc.)

    Cette sobriété une fois appliquée aux milliards d’humains qui ne vivent pas en autarcie aurait des effets tellement importants que la production et les échanges qui permettent actuellement à la majeure partie de l’humanité de vivre seraient complètement désorganisés: la plupart des humains disparaitraient bien avant que les capitalistes et leurs marché libre et non faussé ait eu le temps de s’adapter…

    Les efforts tels que se passer de voiture, ne pas manger de viande et aller faire ses courses en emportant un panier sont utiles: ça nous permet de constater qu’on peut vivre heureux en vivant differemment.

    Pour le reste même Trump, qui s’est empressé de dénoncer les accords internationaux signés par ses prédécesseurs, a compris qu’il ne s’agit pas de choses qui peuvent se décider au niveau individuel !
    ___
    *: En réalité presque toujours au niveau familial plutôt qu’au niveau individuel.

    1. « Les efforts tels que se passer de voiture, ne pas manger de viande et aller faire ses courses en emportant un panier sont utiles: ça nous permet de constater qu’on peut vivre heureux en vivant differemment. »
      je suppose que vous ne pensez qu’aux urbains de plus ayant des transports en commun… les autres qu’ils aillent se faire F…
      et aux gens pourvus d’une excellente santé et surtout jeunes qui peuvent se passer de protéines animales sans compromettre leurs muscles et leurs moyens corporelles de se mouvoir.

    2. Complément d’info dans « ConsoGlobe » magazine bio comme son non l’indique :
      « Les protéines animales ont la caractéristique d’être très digestibles et d’avoir surtout une teneur en acides aminés indispensables élevée. Elles sont donc d’une grande efficacité pour satisfaire les besoins en protéiques du corps.

      Elles sont aussi bien adaptées à des situations qui demandent des apports protéiques supplémentaires : la croissance, la grossesse, l’effort, une agression bactérienne ou virale. » https://www.consoglobe.com/faut-preferer-proteines-animales-vegetales-4614-cg et je rajouterai la vieillesse, toujours la grande oubliée, alors qu’ils ont besoin de ne pas faire fondre leur masse musculaire qui se fait déjà naturellement.

      En effet tout le monde ne peut digérer les protéines végétales, encore faut-il que l’intestin soit en parfait santé pour le faire ce qui n’est pas le cas pour tout le monde.

      de plus il faut associer 2 végétaux pour obtenir des protéines végétales équivalentes aux animales, ce qui renforce le problème digestif, et productif. Car on voit le plus souvent recommandé le soja… qui est cultivé plus particulièrement en Amazonie. Alors vive le déboisage pour satisfaire cette nouvelle mode ?

      Ne voit-on pas les images des enfants dénutris d’Afrique (pas que) le ventre gonflé faute de protéines animales ?

      1. merci chantal
        et où la trouve-t-on (je n’ai pu lire dans son entier votre lien par ailleurs très intéressant) ?
        d’après wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Riboflavine
        principalement dans les produits issus des animaux : fromages, viandes rouges, oeufs, poissons !

        quant aux suppléments en gélules : c’est très cher (bien plus que la viande déjà assez cher comme ça), et vraiment réservé aux favorisés. On ne va pas se nourrir maintenant avec des poudres plutôt que les aliments !

  21. Un petit témoignage confirmant à 100% cette analyse.

    L’an passé j’ai fait le bilan énergétique complet de ma famille. Nous constituons un foyer assez normal — si ce terme peut avoir un sens — 4 personnes, dont deux petites, exilés mais pas trop à une quinzaine de kilomètres de nos lieux de travail, vivant en maison individuelle, se déplaçant quasi exclusivement en véhicule automobile à moteur thermique.

    Je vous donne le chiffre final avant le détail des calculs. Nous avons produit l’équivalent de 1500 kg de CO₂ par personne. Ce chiffre incluant toute la consommation électrique (chauffage, éclairage…) et les transports de notre ménage. Pour être large, et pour tenir compte du fait que nous vivons très largement hors de notre foyer (école, bureau), ainsi que de notre consommation alimentaire peut-être pourrait-on doubler ce chiffre et arriver à 3 tonnes par personne. On est très loin de 10 tonnes moyennes.

    Sachant que nos efforts de réduction ne sauraient de toutes façons porter que sur les 1,5 t de notre consommation directe. Il semble que même en n’ayant plus AUCUNE consommation d’énergie directe (uniquement du vélo pour le transport, plus de chauffage ni de lumière, autonomie alimentaire) il nous soit impossible d’atteindre la contribution de 25% de baisse qu’indique le billet ci-dessus.

    Détail des calculs :
    * ~12 MWh = 41 GJ d’énergie électrique (dont presque précisément 50% pour le chauffage) soit l’équivalent énergétique de 1 m³ de gazole (à raison de 40MJ par litre, soit aussi 48 MJ/kg).
    * ~20.000km/an de transport (dont seulement 1/2 représentant les trajets domicile travail) automobile qui consomment directement ~850 l ~ 1m³ de carburant diesel (la plupart de mes calculs sont généreusement arrondis par excès).
    * Donc une consommation annuelle par tête d’environ 0,5 m³ de gazole 20 GJ.
    * La densité du gazole d’après wikipedia est 0,84 (~40/48). Donc 420 kg de gazole.
    * La formule chimique du gazole est C₁₂H₂₄ donc sa masse molaire est ~ 168g/mol. En brûlant il produit 12 molécule deCO₂ de masse molaire 48g/mol. Nous produisons donc 420 x (12 x48) / 168 ~ 1,5 tonnes de CO₂ par tête de pipe.

    1. Je pense que vous oubliez votre consommation indirecte. Par exemple, la construction de votre maison, la fabrication de votre auto et autres objets…Vous oubliez aussi votre consommation collective: armée, hôpitaux, écoles..

      1. Bien vu Hadrien: pour l’énergie comme pour l’eau on ne prend en compte que ce que l’on consomme personnellement et pas l’eau virtuelle ou l’énergie grise dépensées pour la fabrication des objets et services que nous acquérons. ce qui explique que la nécessaire sobriété est d’abord celle des objets inutiles que nous accumulons.. .

      2. Toutes mes excuses. C’est sans doute l’expression liminaire et inappropriée « bilan énergétique complet » qui vous a induit en erreur. J’aurais a minima dû préciser directe. Le cœur de mon propos est justement d’envisager cette part indirecte qui semble nettement majoritaire.
        Ceci dit, l’idée d’y inclure l’armée me semble assez choquante. Par ailleurs il est question de consommation réelle sur un an et non de consommation moyenne sur une période (beaucoup) plus large.

  22. Bonjour,
    Tout ça c’est du baratin !!
    Compte tenu qu’il y a sur terre 6 milliards d’individus qui tendent à obtenir le même standing de vie que nous ( qui sommes environ 1 milliard) il ne faut pas espérer que le réchauffement climatique de réduise.
    Au contraire il ne peut que s’accroitre.

    Deux méthodes possibles seulement :

    l’arrivée de sources d’énergies de remplacement et non polluantes, comme la fusion nucléaire. (Mais on n’y est pas.)

    Ou alors la décroissance générale. Et là je vous laisse imaginer les conséquences. ( révoltes, guerres …) de toutes façons personne ne l’acceptera.

    Moralité : ce n’est pas possible.

  23. Je partage entièrement la vision de Vincent B-G. Le bon levier, c’est le collectif.
    D’où mon interrogation : quel bon levier utiliser pour activer cette grande entreprise collective ?
    On dit que l’intérêt est le grand levier de l’activité humaine. Mais, dorénavant, comment formuler « l’intérêt commun » si nous savons plus quel regard porté sur « condition humaine » ?

  24. Déshumaniser, «désanimaliser», de l’abattoir à la viande in vitro
    http://www.canalc2.tv/video/12409

    Ce colloque a eu lieu sur 2 jours, 5 et 6 décembre 2013. Il y est question du rapport de l’homme avec ses animaux, et de l’abattage à la ferme où les animaux ne souffrent pas. Il faut descendre en bas de page et cliquer sur les titres.
    Le son n’est pas très bon.

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