Étiquette : Albert Camus

  • L’homme invisible est nécessairement déprimé

    L’homme invisible est nécessairement déprimé

    À propos de Patricia De Pas, Figures littéraires de la dépression, Paris : Serge Safran éditeur 2021, 151 pages

    Le contrat social, conçu par l’Anglais Thomas Hobbes, et mis au point par le citoyen de la République de Genève qu’était Jean-Jacques Rousseau, suppose qu’un petit groupe de nos aïeux se soient un jour concertés puis mis d’accord pour sacrifier une part de la liberté dont été faite leur périlleuse vie solitaire pour gagner en sécurité dans un pacte commun qui unirait leurs efforts.

    Il s’agit d’une légende bien entendu : un tel événement n’a jamais eu lieu.… Lire la suite…

  • Kitchen Sink Realism : The Cure, par Mathieu Galey

    Cher monsieur,

    Merci beaucoup pour votre série de vidéos sur le cinéma Kitchen sink realism » (réalisme d’évier de cuisine) m’a beaucoup frappé pour la raison suivante.

    Comme beaucoup de personne de ma génération, mon adolescence collégienne et lycéenne a été bercée par la pop du groupe The Cure. Une chanson m’avait à l’époque tout particulièrement intrigué : « 10:15 Saturday Night » en raison du caractère pour le moins décalé de la situation que dépeignent les paroles de la chanson : un homme désoeuvré assis dans l’évier de sa cuisine un samedi soir à 10:15, sans nouvelle de son amour disparu, attendant désespérément que le téléphone sonne et pleurant le passé, toute la mélodie et le rythme de la chanson étant construits autour du robinet qui goutte, goutte, goutte.… Lire la suite…

  • De la médecine du défaitisme, par Cédric Chevalier

    Ouvert aux commentaires.

    Le défaitisme est humain, trop humain. Mais prolongé et diffusé, il est un poison mortel pour tout ce qui est beau dans l’Humanité, pour la Vie elle-même. A petite dose il inspire et éduque, à forte dose, il tue par défaut d’action. Il doit être dépassé, surmonté, pour ne pas devenir le cynisme et le nihilisme du dernier homme.

    La question que pose Paul Jorion ici, en passant, est d’importance existentielle, à la fois pour l’individu, pour le groupe et pour l’espèce humaine. J’ai déjà traité ici de cette question et je maintiens cette première ébauche de réponse : il y a certes un absurde indépassable dans le Cosmos (beaucoup de gens sont-ils à même d’en parler ouvertement ?),… Lire la suite…

  • Philo 2. Nous sommes des génies, profitons-en ! – Retranscription

    Retranscription de Philo 2. Nous sommes des génies, profitons-en !, le 30 décembre 2018. Merci à Cyril Touboulic !

     

    Bonjour, nous sommes le dimanche 30 décembre 2018. Et il y a trois jours, le 27, j’ai commencé un petit cours de philo accéléré en deux leçons. Et, la première, j’avais appelé ça « Dieu est mort » et je vous avais annoncé que la deuxième leçon s’appellerait « Nous avons toujours été tout seuls ». J’ai décidé de modifier le titre de la deuxième partie et je vous expliquerai pourquoi tout à l’heure. Et le titre de la seconde partie sera « Nous sommes des génies, profitons-en ! … Lire la suite…

  • PHILO EN 2 LEÇONS – 1. DIEU EST MORT – Retranscription

    Retranscription de PHILO EN 2 LEÇONS – 1. DIEU EST MORT, le 27 décembre 2018. Merci à Cyril Touboulic !

    Bonjour, nous sommes le jeudi 27 décembre 2018. Et si vous écoutez la radio, si vous regardez la télé, si vous ouvrez vos journaux, vous vous rendez compte que le monde en ce moment est complètement déboussolé. Le monde est de plus en plus constitué de pauvres d’un côté et de riches de l’autre : les pauvres se biturent et les riches se gavent, et les pauvres rêvent de cesser de se biturer pour pouvoir se gaver et ceux qui se gavent (les riches) se rendent compte que ça n’arrange absolument rien et commencent à se biturer comme les autres.… Lire la suite…

  • Philo en 2 leçons – 1. Dieu est mort

    Nous sommes déboussolés, comment arranger ça ?… Lire la suite…

  • Réflexions pour un mouvement néodémocratique (XVII) – De quoi l’avenir devrait-il être fait ?, par Francis Arness

    Billet invité.

    Esquissons les mesures assurant d’abord la stabilisation de la situation économique, puis le grand tournant. Partons des propositions développées par Paul Jorion dans Misère de la pensée économique [1] ainsi que dans l’ensemble des contributions au blog (particulièrement dans le cadre du projet d’Encyclopédie au XXIème siècle [2]).

    Pour stabiliser la situation économique et éviter tout effondrement à court ou moyen terme, il faut :

    1. Au niveau européen : régler le problème de l’euro, mutualiser les dettes à l’échelle européenne après avoir organisé un défaut généralisé. Cela ouvrira à une restructuration qui conduira à une refonte de l’architecture de la monnaie unique et à sa transformation en un espace financier, bancaire et fiscal unique (euro numérique, comme le propose Pierre Sarton du Jonchay [3]), avec tout ce que cela comporte d’« euthanasie du rentier ».… Lire la suite…

  • À Madame Batho, et aux femmes et hommes politiques de bonne volonté, par Francis Arness

    Billet invité.

    Nous sommes à un moment crucial, à un tournant politique majeur où la majorité de la population et une partie non négligeable, même si minoritaire, des classes dirigeantes et responsables de bonne volonté – y compris dans le monde politique -, prennent conscience du caractère sans retour de la crise économique si le néolibéralisme continue de faire des ravages – même sous sa forme pseudosociale, comme avec le gouvernement actuel. Face à cette révélation du réel, le système se rigidifie. Nos dirigeants politiques en font de même – à part ceux qui, de bonne volonté, font ce qu’ils peuvent, ou bien sont dans des compromis erronés qui mènent directement à la victoire de la droite dure, si ce n’est extrême, en 2017.… Lire la suite…

  • Réflexions pour un mouvement néodémocratique (XII) – L’assimilation du réel, par Francis Arness

    Billet invité.

    Le néolibéralisme consiste en un fonctionnement général, à la fois économique et financier, social et politique, médiatique et individuel [1]. Il nous mène vers une souffrance et vers une destruction toujours plus généralisée. Cela a pour absurde et tragique mérite de révéler au plus grand nombre que l’organisation globale de nos sociétés n’est pas viable, même en cas de réforme, et que notre situation demande un saut radical pour définir et mettre en place une nouvelle organisation globale. Nous en arrivons au moment-clé, pour la majorité de la population et des classes dirigeantes et responsables de bonne volonté, de la révélation du réel occulté.… Lire la suite…

  • La transition (II) – Freud et le bonheur

    Ce texte est un « article presslib’ » (*)

    Freud a réfléchi à la question du bonheur de l’homme à la lumière de ce qu’est son psychisme : celui d’un mammifère social doté de conscience de soi et de la capacité de parler. La première constatation de Freud, c’est que l’insertion de l’espèce humaine au sein du monde naturel ne la dispose pas a priori à s’y trouver heureuse. L’homme et la femme aimeraient jouir sans entraves mais le monde qui nous est offert ne s’y prête pas : « … tout l’ordre de l’univers s’y oppose ; on serait tenté de dire qu’il n’est point entré dans le plan de la « Création » que l’homme soit « heureux » », écrit-il dans Malaise dans la civilisation (Freud [1929] 1970 : 20).Lire la suite…