Archives par mot-clé : banque

DEXIA OU LE CONSENTEMENT DE LA DETTE, par zébu

Billet invité

Ce qu’il y a de très intéressant avec une Commission d’enquête sur les produits financiers à risque souscrits par les acteurs locaux, c’est que non seulement elle aborde les différentes questions du problème à travers différentes tables rondes (petites et grandes collectivités, TPG et préfets, OPHLM, Cours Régionales des Comptes, etc. ), qu’elle implique une grande diversité d’acteurs de tous bords politiques mais qu’elle est aussi retransmise en vidéos, lesquelles sont accessibles sur internet, que ce soit sur LCP ou sur assemblee-nationale.tv.

Sur cette dernière, on peut notamment y visionner la session du 6 juillet[1] de la table ronde concernant les « grosses » collectivités locales et où les DG (Directeur Généraux) de celles-ci décrivent par le menu leurs relations avec Dexia mais aussi avec toutes les autres concernées par ce sujet. En passant, on y apprend [2] la confirmation que si les relations des collectivités locales ayant souscrits à ces emprunts sont plus que compliquées avec Dexia, c’est, entre autres, que les marges de manœuvre de la banque sont plus que réduites pour la bonne et simple raison que celle-ci a vendu ces emprunts à d’autres banques, notamment et surtout étrangères (Goldman Sachs, UBS, etc.) !

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COMMENT RESTAURER LE CAPITAL DANS LA RESPONSABILITÉ FINANCIÈRE PERSONNELLE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Résumé

L’incohérence systémique manifestée dans l’effondrement de la capitalisation des banques réside précisément dans les technologies financières de transformation du crédit en capital. La liquidité des banques est purement spéculative donc fictionnelle. Les prix financiers ne sont pas justifiés par la réalité économique objective quand personne n’assume l’incertitude des prix anticipés. Le réel disparaît sous le crédit calculé par la quantité détachée de toute loi de responsabilité effective.

Pour rétablir la finance dans la réalité, il faut que les opérateurs financiers soient responsables de la réalité du prix. Que les erreurs d’anticipation du prix d’un livrable promis par un emprunteur soient effectivement prises en charge par l’opérateur du crédit. Les opérations de transformation financière ne sont réelles sans l’existence effective d’une responsabilité professionnelle personnelle ; laquelle implique une compensation des primes d’investissement humain à l’intérieur-même du processus de production.

Le capital financier est fictif s’il ne couvre les opérations de transformation des anticipations de prix par les acteurs qui les nomment et les garantissent personnellement par leur travail. L’allocation négociable du capital nominal à une chaine de travail financière réduit l’incertitude du futur par la connaissance humaine délibérément voulue et rationnellement engagée dans le réel. Avant d’être une mesure quantifiée, le capital est un objet réel investi par la responsabilité personnelle.

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Une histoire à dormir debout (suite), par Jean-Pierre Voyer

Billet invité

Réponse tardive sur une question importante à :

Brieuc Le Fèvre
(…)
Enfin, concernant l’échange de banque à banque, comme vous le dites, la banque qui voit une dette arriver chez elle n’en est pas contente, et demande une contrepartie en monnaie centrale. Seulement voilà, si cette transaction devait se faire au coup par coup, à chaque transfert de compte chez A vers compte chez B, les banques commerciales devraient en effet avoir en réserve BC la totalité des montants inscrits en DAV et épargne immédiatement disponible. Ce qui serait pile poil dans la vision de Shiva et Julien Alexandre. Par contre, cela interdirait la création de plus de dette bancaire que ce qui existe de monnaie centrale, et donc ralentir les banques commerciales devraient en effet avoir en réserve BC la totalité des montants inscrits en DAV et épargne immédiatement disponible ait l’octroi du crédit (et par suite, la rentrée des intérêts, bling bling!). Donc, ça ne se passe pas comme cela. Au contraire, la compensation à lieu une fois par jour, ce qui permet de prendre ce risque que vous évoquez: se retrouver les fesses à l’air, côté pile, mais augmenter le gain potentiel, côté face. Culture de la possession oblige, l’appât du gain est toujours le plus fort, le risque est pris, les avoirs en BC inférieurs au encours en DAV, et la création monétaire du système bancaire dans son ensemble une réalité.

« Seulement voilà, si cette transaction devait se faire au coup par coup, à chaque transfert de compte chez A vers compte chez B, les banques commerciales devraient en effet avoir en réserve BC la totalité des montants inscrits en DAV et épargne immédiatement disponible. » : non ! pas du tout : les banques commerciales ne devraient pas avoir en réserve BC la totalité des montants inscrits en DAV et épargne immédiatement disponible, mais à la fin de la journée, exactement le même montant dans les deux cas (temps réel ou compensation en chambre), car, lors d’un échange en temps réel, au coup par coup, les banques ne verraient pas seulement arriver des ordres de paiement à une consœur, ce qui les mettrait de mauvaise humeur ce que je comprends, elles verraient aussi arriver des paiements en leur faveur en monnaie centrale, ce qui les réjouirait il me semble. Et ces paiements en leur faveur compenseraient les paiements qu’elles ont effectué au bénéfice d’une consœur exactement comme les ordres de paiements se compensent dans une chambre de compensation.

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