COMMENT RESTAURER LE CAPITAL DANS LA RESPONSABILITÉ FINANCIÈRE PERSONNELLE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Résumé

L’incohérence systémique manifestée dans l’effondrement de la capitalisation des banques réside précisément dans les technologies financières de transformation du crédit en capital. La liquidité des banques est purement spéculative donc fictionnelle. Les prix financiers ne sont pas justifiés par la réalité économique objective quand personne n’assume l’incertitude des prix anticipés. Le réel disparaît sous le crédit calculé par la quantité détachée de toute loi de responsabilité effective.

Pour rétablir la finance dans la réalité, il faut que les opérateurs financiers soient responsables de la réalité du prix. Que les erreurs d’anticipation du prix d’un livrable promis par un emprunteur soient effectivement prises en charge par l’opérateur du crédit. Les opérations de transformation financière ne sont réelles sans l’existence effective d’une responsabilité professionnelle personnelle ; laquelle implique une compensation des primes d’investissement humain à l’intérieur-même du processus de production.

Le capital financier est fictif s’il ne couvre les opérations de transformation des anticipations de prix par les acteurs qui les nomment et les garantissent personnellement par leur travail. L’allocation négociable du capital nominal à une chaine de travail financière réduit l’incertitude du futur par la connaissance humaine délibérément voulue et rationnellement engagée dans le réel. Avant d’être une mesure quantifiée, le capital est un objet réel investi par la responsabilité personnelle.

La loi transformée en monnaie par le capital

Deux indices montrent qu’il n’y a plus à proprement parler de système financier : la chute de la capitalisation boursière des banques et assurances en dessous de leur actif net comptable ; l’augmentation des dépôts de liquidité bancaire dans les banques centrales.

Les règles juridiques et comptables d’évaluation des actifs financiers ont perdu leur crédibilité auprès des acteurs financiers. La garantie publique des banques centrales est la seule preuve de la liquidité que les banques puissent encore acheter pour continuer à opérer leurs règlements.

Un dépôt à la banque centrale est liquide par la Loi. Le fondement du pouvoir libératoire de la monnaie est l’interdiction légale de mettre en doute la solvabilité des banques centrales. Déposer son crédit à la banque centrale, c’est disposer de la liquidité absolue de la Loi à hauteur des sommes comptabilisées dans les livres centraux.

Pour fonder rationnellement la confiance attribuée au signe monétaire central, la réglementation financière définit des conditions d’agrément des opérateurs financiers admis à ouvrir un compte de dépôt central. Ces conditions portent sur les modalités d’opération du crédit ; c’est à dire sur les règles de vérification de la réalité sous-jacente à un contrat bancaire. La réalité financièrement réglée est la matière du crédit comptabilisé comme tel dans des livres bancaires.

Comme le crédit est une anticipation rationalisée d’un objet qui n’existe pas visiblement, le prix d’un crédit contient nécessairement une part d’incertitude. Pour que l’incertitude d’un crédit ne nuise pas à la confiance du créancier envers le débiteur, les banques sont tenues de capitaliser le risque de crédit.

Transformation du crédit en processus d’opérations

Le risque bancaire de crédit est le prix de toutes les erreurs possibles commises dans les opérations de calcul du prix effectivement remboursable à l’échéance des crédits. Une banque est rationnellement et réellement capitalisée quand il n’est pas possible de la prendre en défaut de liquidité quand bien même il est probable qu’elle ait commis des erreurs d’anticipation du prix à terme des actifs comptabilisés dans son bilan.

Une banque est liquide si elle est capable d’assumer quoi qu’il arrive ses erreurs de calcul et des événements adverses quelconques ; les événements qui affecteront les débiteurs ou la banque elle-même dans son activité opératoire. Dans les causes possibles de perte que les banques doivent couvrir par leurs fonds propres figurent ce que la réglementation professionnelle appelle « risque opérationnel ».

Le risque opérationnel est le risque de crédit de la banque sur elle-même ; le risque que les fonds propres constitués pour éponger les erreurs d’anticipation du crédit comptabilisé au bilan ne soient pas suffisants pour faire face à une conjonction d’événements adverses.

Le risque opérationnel de crédit n’est pas une malfaçon dans les produits vendus mais un dysfonctionnement de la chaine de production du prix. S’agissant matériellement de la mesure du crédit d’anticipation de la réalité future, le dysfonctionnement se manifeste dans le prix de revient anticipable des opérations : le livrable pourrait se révéler plus cher à produire que prévu voire ne serait pas livré faute de répondre à la demande de l’acheteur final.

Le risque opérationnel entraîne des coûts d’opportunité. Des pertes que seule l’esprit de prudence peut supposer : la perte de ce qu’on croyait possible ou l’inexistence de ce que l’on croyait certain. Le risque opérationnel survient dans l’exercice de la responsabilité humaine ; dans l’enchainement des tâches et décisions qui ne débouchent pas sur ce qui a été annoncé ; dans le débordement des limites d’un budget et d’une procédure formelle de production du prix.

La réduction du risque opérationnel est une démarche de qualité : elle demande l’élaboration d’une représentation partagée d’un processus de normation d’un livrable attendu. La démarche est discursive entre des parties par hypothèse engagés et solidaires sur un objectif commun. Le risque n’est pas objectivement quantifiable puisque les conditions d’existence de l’objet restent discutables tant que l’objet livrable n’a pas été matériellement produit.

Anticiper le risque opérationnel revient à mesurer la marge qui ne serait pas faite si la production ne se réalise pas au prix qui résulte du processus concerté d’anticipation. Le risque opérationnel est positivement la possibilité d’un écart de prix à terme sur le mode de production nominalement anticipé. Le mode de production effectivement adopté est reconnu objectivement distinct du mode nommé par anticipation.

Mesurer le risque opérationnel consiste bien à dessiner une répartition collective des tâches nécessaires à la production de l’objet final ; les acteurs de production vérifient par l’anticipation d’une réalité jugée possible qu’une marge finale collective les garantit d’un bénéfice sur ce qu’ils vont engager. Ils calculent ce qu’ils veulent et peuvent produire et non ce qu’ils pourraient ne pas produire pour des raisons inconnues des actes qu’ils engagent.

Illiquidité d’un non-système

Les normes bancaires internationales actuellement en vigueur ne s’inscrivent pas dans le postulat d’une responsabilité humaine positive d’engagement à connaître. La technologie financière considère l’erreur humaine d’anticipation du changement comme un fait objectif quantifiable indépendamment du sujet ; un fait humain hypothétiquement indépendant d’une capacité humaine de contrôle.

En admettant une modélisation statistique des faits humains qui ne seraient pas l’expression de décisions humaines, la réglementation de Bâle pose une hypothèse d’amoralité de l’activité financière. L’abolition de la responsabilité humaine dans le temps est inscrite dans l’esprit-même du technicisme financier.

La modélisation statistique du risque financier admise dans les contrats et dans les processus internes des banques postule que les conséquences d’une opération financière puissent être indépendantes de la conscience que l’opérateur en a. La conscience du résultat recherché ne serait pas moralement nécessaire à l’engagement d’une opération.

La nomination d’objets réalisables dans le futur est supposée disjointe de toute volonté engagée. Or le prix prêté sur l’objet du crédit du prêteur à l’emprunteur ainsi que l’intermédiation financière de l’objet reliant le prêteur à l’emprunteur sont bien des engagements volontaires. La cause première de l’incertitude du crédit est la possibilité d’un désaccord objectif invisible à l’origine entre le prêteur, l’emprunteur et l’opérateur de transformation financière.

Alors que l’incertitude du crédit vient de l’approximation du nommé sur le réel matériel, le prix de la réalité incertaine est mis sur le même plan que le prix humainement promis dans le crédit. L’intermédiaire financier se présente infaillible par un calcul formel alors que l’objet du calcul est matériellement incertain dans les mains de l’emprunteur qui va le produire effectivement.

La représentation anticipée par le prix de l’incertitude d’une chaine de causalité nominale est confondue avec l’enchainement réel des opérations qui produiront l’objet positif du prix du crédit. Le réel est confondu avec ses représentations. Le futur quantitativement probabilisé par l’abstraction est supposé aussi réellement opératoire que le présent visible d’une transformation matérielle. La quantification de l’objet réaliserait l’intégralité de ses qualités alors qu’elles ne peuvent pas être exhaustivement nommées avant d’être réellement produite.

Le prix réel de la responsabilité

Une perte opérationnelle se réduit par l’appréciation de ce qui existe et non par quantification abstraite de ce qui n’existe pas. Les expériences efficientes de réduction du risque opérationnel reposent exclusivement sur l’appréciation rétrospective du réel concret. Les démarches efficaces d’économie des fonds propres reposent sur l’argumentation préalable de la responsabilité humaine. C’est la persistance de la responsabilité qui rend plausible la suffisance du capital nominalement investi.

L’effondrement de la capitalisation boursière des banques à la suite de la crise des subprimes démontre que les causes opérationnelles du prix des crédits ont été ignorées si ce n’est dissimulées. La technologie statistique et juridique a remplacé la responsabilité personnelle normée des opérations de transformation du prix en livrable réel. Le prix comptant de l’irresponsabilité systémique se lit dans la perte de capitalisation des opérateurs financiers.

Les autorités publiques se sont cachées derrière des textes pour ne pas vérifier l’intention objective des opérateurs financiers. Des opérateurs financiers se sont cachés derrière la mesure quantitative du risque opérationnel pour faire exister par le prix ce qui ne serait pas réellement produit. Les institutions financières se sont finalement leurrées réciproquement par la titrisation des fictions réglementaires et juridiques qu’elles ont produites.

Les marchés constatent la réalité. L’application de règles sans responsabilité morale opérationnelle autorise la comptabilisation dans les bilans financiers d’actifs qui n’existent pas. Des prix ont été vendus sur des objets qui ne seront jamais produits faute d’être positivement nommés et humainement engagés.

La crise financière est entièrement construite par l’esprit humain ; la réalité qualitative est escamotée sous la réalité quantitative produite par négation de la morale. Une opération est réellement une transformation morale. Elle implique nécessairement un opérateur produisant un bien d’un objet nommé et vendu à un acheteur final. Une opération exprime la double volonté éclairée du producteur d’un objet offert et de l’acheteur du bien demandé.

Capital prudentiel de responsabilité

La quantification par le prix ne peut pas précéder la nomination et le consentement à l’objet opérable. L’existence du prix ne peut pas présumer l’absence de consentement éclairé à l’objet ; sauf à admettre que le prix de rien vaille quelque chose. La restauration de la réalité financière suppose la reconnaissance effective du bien dans les objets de prix anticipés par les opérations à produire.

La couverture du risque opérationnel n’est plus alors un calcul statistique mais un engagement humain de promesses rationnellement enchainées les unes aux autres. L’imprécision, l’incomplétude et l’incertitude des promesses demeure. Mais elle n’est pas le résultat d’un calcul béni par la loi financière. Le risque est ramené au fait réductible seulement par la vertu de prudence.

L’obligation d’engagement moral non spéculatif de la réalité implique la responsabilité financière personnelle ; donc la redéfinition du capital comme prix anticipé de la responsabilité. Le vrai capital qui mesure la réduction effectivement en cours du risque ne peut pas résulter simplement de la prolongation statistique et juridique de flux monétaires passés ; ni de la confrontation arbitrale d’une offre et d’une demande de titres sur un marché.

Le vrai capital est l’incertitude qu’une intelligence humaine normalement éclairée se sent capable d’assumer en proportion du prix d’un objet nominal dont elle engage effectivement la production. Il n’est pas alors de responsabilité financière sans l’allocation du capital à ceux-là mêmes qui réduisent le risque opérationnel par la formalisation, la transformation et la rectification des objets effectivement produits et livrés à un acheteur final.

L’allocation du capital financier aux responsables effectifs d’une qualité objectivement produite est déjà pratiquée par les entreprises honnêtes et performantes. Pour qu’elle produise pleinement ses effets de réduction du risque, il faut organiser une compensation interne de l’appréciation humaine des pertes de qualité.

Chaque centre de responsabilité reçoit une fraction du capital ; mais il dispose librement de son allocation pour acheter des primes d’assurance de sa production. La vente des primes de qualité à l’origine d’un cycle de production oblige les opérateurs internes à définir et expliquer leur propre contribution à l’objet final d’entreprise.

La vente de primes à titre personnel engage les producteurs de compétence professionnelle sur leur propre rémunération. Chaque producteur interne peut revendiquer sa part de la valeur ajoutée sur les ventes finales si la transformation du prix se déroule selon les engagements qu’il a nominalement vendu et notoirement accomplis.

Vendre une prime à un quelconque projet de production interne signifie échanger un facteur spécifique de qualité pour une certaine quantité d’unités d’œuvre à un prix nominal contractualisé. Le système d’information d’entreprise est alors le réceptacle d’une contractualisation générale de la qualité par les prix garantis en primes de crédit sur le prix final anticipé.

Avant d’être engagés, les processus de production sont nommés et calibrés par les métiers qui les réalisent. Afin que la négociation des primes soit équilibrée matériellement, logiquement, subjectivement et effectivement dans le temps, les transactions portent impérativement sur un nominal quantifié en unités d’œuvre prisées et livrables à une échéance selon une conditionalité explicite objectivement vérifiable.

Équilibre de la responsabilité par la prime du prix

Dans la négociation des processus et des budgets, aucune transaction n’est recevable hors de l’objet commun d’entreprise. La garantie d’alignement des objectifs personnels sur les fins de l’entreprise est vendue en compensation par la direction générale dépositaire du capital social juridique.

Toute prestation engagée engendre une dette interne. Toute prestation achetée engendre une créance. Tout prestataire anticipe sa rentabilité par son actif net positif de créances achetées et primes vendues supérieur aux dettes et primes achetées. Tout opérateur interne impute sur ses primes achetées puis sur son capital résiduel les unités d’œuvre promises et non livrées.

Le capital social conservé par la direction générale est bien la couverture en dernier recours des risques opérationnels. Mais la compensation budgétaire des allocations entre centres de responsabilité redistribue le capital aux compétences identifiées utiles à la réduction du risque. Le capital opératoire de chaque acteur est la mesure localisée des causes anticipées des pertes de crédit à réduire.

Les acteurs identifiés compétents à couvrir les livraisons aux normes et au prix négociés par la collectivité d’entreprise sont les plus fortement dotés en capital par les primes qu’ils vendent. Exposés à un risque identifié d’inefficacité des acteurs garantis dans des processus opérationnels rationalisés, les propriétaires internes de capital ont intérêt à livrer leur intelligence professionnelle et susciter les compétences qui leur paraissent manquer à la sûreté des opérations engagées.

La comptabilité analytique est alors une mesure permanente de l’avancement qualifié de la production et des ventes ainsi que des risques opérationnels effectivement couverts et humainement attribués. La compensation des risques opérationnels par la responsabilité nominale qualitative et quantitative des processus redéfinit le sens du capital.

L’anticipation financière est rentabilisée par la satisfaction de l’acheteur final. La qualité finale évaluée par la production prime la plus-value des actionnaires qui prime la plus-value des dirigeants. Les dirigeants sont personnellement garants de la qualité de l’objectif quantifié négocié avec l’actionnaire dans le capital.

Par la compensation interne, l’intérêt objectif d’une direction est d’allouer à la production sa propre estimation de la prime de risque opérationnel que la collectivité d’entreprise juge nécessaire de lui acheter. La négociation transparente des processus de production induit l’équilibre argumenté du nominal certain et du réel incertain à l’intérieur de l’objectif de valeur ajoutée.

L’objectivité du capital opérationnel alloué à la production des ventes n’est pas dans le calcul financier abstrait mais dans la connaissance des parties prenantes à l’objectif d’entreprise. La compensation des primes de crédit opérationnel négociées par les métiers produit la connaissance des causes du prix du capital social.

La connaissance du client final est stimulée par la production qui assure les ventes. La connaissance de la production est stimulée par les opérateurs de pilotage et de support qui assurent la production. La connaissance des acteurs humains des processus est stimulée par la direction générale qui assure les objectifs de plus-value couvrant la rentabilité des ventes.

Retournement financier de la technologie

La numérisation du réel par les technologies de l’information a renforcé l’illusion pythagoricienne d’une réalité totalement rationalisable par la quantité. Les prix sont devenus une preuve de la réalité indépendamment des personnes qui anticipent, engagent et travaillent. La réalité qui n’est plus portée par la volonté personnelle intelligente des acteurs s’effondre désormais sous les prix nominaux non crédibles.

La recapitalisation du réel sera immédiate si les systèmes informatisés enregistrent les collaborations morales à opérer la matière. Il suffit que les objets demandés soient représentés, combinés et prisés par des propriétaires opérationnels nommément identifiés. Toute opération engagée est matérialisée dans des données et des traitements opérés ou représentés dans l’informatique.

La numérisation de l’information offre de matérialiser la propriété de la relation entre le réel et le sujet qui nomme. Toute opération prisée et primée par une offre et une demande nominatives est compensée selon des règles objectives opérées dans l’informatique.

L’équilibre de l’offre et de la demande est réalisé si toutes les opérations sont enchainées à un livrable final ; si toutes les opérations requises à la livraison sont achetées par une responsabilité de transformation et vendues par un garant de la transformation ; si l’actif net de chaque opérateur est positif ; et si le prix du capital compensé de couverture opérationnelle reste inférieur au prix du capital social.

Le système financier actuel se révèle comme non-système par l’impossibilité d’établir le prix cohérent du capital entre la règle comptable et l’estimation de marché. Les primes de crédit ne sont pas compensées par des opérations de transformation du prix anticipé en livrable réel. Si le capital est ré-alloué au travail à l’intérieur des entreprises, alors la responsabilité humaine personnelle du prix se remet à opérer le réel par le nominal.

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64 réflexions sur « COMMENT RESTAURER LE CAPITAL DANS LA RESPONSABILITÉ FINANCIÈRE PERSONNELLE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. C’est simple, il y a des structures pour cela :
    COOP
    SCOP
    Loi 1901
    etc…
    bref, partout ou on peut mettre du capital sans passer par les banques …
    mais alors il faut réfléchir, devenir responsable, prendre des risques, faire confiance …
    tout ce qu’on a délégué aux banques.
    Relocaliser l’économie a son échelle locale de compréhension du monde.

  2. Merci. Grâce à vous, on peut enfin se représenter les mille étapes intermédiaires entre le fonctionnement du crédit bancaire et la garantie des Etats qui pèse, en dernière instance, sur nous tous. A la fois, vous ne m’apprenez rien et je peux enfin avoir une représentation cohérente et détaillée du processus.

  3. C’est un texte bien compliqué pour dire une chose assez simple:
    L’effondrement du prix des actifs résulte de la volonté « du marché » de se positionner le plus possible sur des positions liquides. Les résultat est que les capitalisations s’effondrent justement parce qu’une majorité des acteurs joue l’effondrement.
    La « morale » n’a pas grande chose à y voir.
    Même sans « bêtise » aucune, un actif peut être massacré.
    De plus, il faut savoir que les dettes ne peuvent reculer dans aucun scénario sauf quand on pratique des décotes conséquentes. Or, les décotes conséquences ont précisément des conséquences, à savoir que la plupart des banques deviennent insolvables et ne tiendront (peut-être) que moyennant des garanties illimitées de la part des banques centrales: avec une promesse de liquidité illimitées inscrite dans les comptes courant centraux des banques auprès des banques centrales.
    Est-ce que cela permet d’arrêter le massacre en attendant des jours meilleurs?
    Rien n’est moins sûr.
    En clair, le retrait liquide, la trappe aux liquidité reste pour les acteurs les plus engagés une option de sécurité assez prisée.
    Autrement dit, toutes les liquidités injectées en haut restent tout simplement gelées soit dans les banques centrales elles-mêmes (part de la garantie de solvabilité des banques), soit dans les coffres de ceux qui opèrent des retraits liquides plus ou moins massifs.
    Dois-je rappeler une fois de plus que 90% de la monnaie liquide réellement émise et remise par les banques au public est hors circuit économique et n’opère aucune transaction d’aucune sorte?
    Dans ces conditions, une pression déflationniste s’exerce fortement que les banques centrales doivent essayer de combattre en émettant encore des liquidités, encore mises à la trappe…
    Tant qu’une monnaie est émise, infoutue de circuler correctement, nous aurons de tels dysfonctionnements.
    Cela ne changera que quand on aura compris ça et trouvé le remède possible: une monnaie impossible à mettre dans la trappe.

    1. La mise en place d’une telle monnaie serait en effet efficace, mais elle se heurte à sa gestion pratique, et notamment la gestion informatique, complexe et coûteuse. Par ailleurs elle induirait des problèmes juridiques également complexes, liés à des reports inévitables d’investissements, par exemple, pour des raisons industrielles (non financière donc) …bref, c’est quand même un vaste chantier très technique.

      1. Ce que vous écrivez-là n’est absolument pas convaincant et dénote votre méconnaissance.
        il n’y aura aucune « gestion informatique complexe et coûteuse » supplémentaire au moment de la mise en place d’une telle monnaie!
        Pour la simple raison que le marquage du temps ne concerne que la monnaie liquide, évidemment.
        Pour le reste, les techniques de gestion des banques et des entreprises sont celles de maintenant, évidemment!
        Et, au contraire, les investissements ne seront pas du reportés, au contraire, plutôt animés, car tout retard et toute détention de monnaie génère des coûts au point que l’investissement sera toujours préféré.
        Décidément, on entend de tout et de n’importe quoi quand on veut objecter pour objecter.
        Et pourquoi, selon vous, serait-elle « efficace », ce que vous admettez, pour ensuite inventer des objections imaginaires?

    2. C’est un texte bien compliqué pour dire une chose assez simple

      De mémoire, je n’ai trouvé chez Monsieur Sarton du Jonchay que des textes de ce style. Je ne discute pas ici la pertinence du propos, je m’avoue parfaitement incapable de démêler l’écheveau de sa pensée… contrairement à d’autres, que je remercie pour leurs « traductions » de ses différents textes (car le mot « traduction » me paraît parfaitement adéquat). Pour ma part, j’ai renoncé pour le moment à essayer de lire ses textes, et j’ai l’impression que je ne suis pas le seul, j’en prends pour signe le petit nombre de commentaires que ce genre de textes suscite.

      Je me rappelle un vibrant appel de Paul Jorion, que je cite ici de mémoire : « Messieurs les grands hommes, simplifiez ! » Je sais, c’était dans un autre contexte, et pour dire autre chose, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser.

      1. Bonsoir,

        Je partage en effet votre constat concernant la difficulté de comprendre clairement la pensée de Pierre Sarton du Jonchay. Celle-ci me semble s’adresser à des initiés alors que ce Blog justement grâce à ses nombreux intervenants m’apparait comme un outil d’information capable de faire comprendre au plus grand nombre les tenants et aboutissants relatifs à une période délicate de notre histoire.
        Si j’osais je demanderais à son auteur de soumettre ses textes non pas à un Modérateur mais à un Vulgarisateur !

      2. @Olivier B,

        C’est un texte bien compliqué pour dire une chose assez simple

        Ce jugement reflète une certaine vérité. Se peut-il que ce qui soit simple soit la pensée de celui qui remplace le réel par sa vérité qu’il n’imagine pas pouvoir discuter ?

    3. @ johannes finckh : Merci pour la traduction car le thème du billet est intéressant, ce que je n’aurais pas su en dire sans votre intervention… 😉

    4. Conclusion au sujet de la monnaie liquide, il faudrait donc qu’elle ait une date de péremption qui annulerait automatiquement sa valeur à terme…
      Ça ferait sortir le pognon des coffres, ça non ?

    5. @Johannes,

      D’accord avec vous jusqu’à la conclusion. Mais précisément qu’est-ce qu’une monnaie impossible à mettre à la trappe ? Vous prôner à la suite de Gesell un intérêt négatif qui sanctionne les thésauriseurs accumulant du capital nominal sans intention d’économie réelle. Excellente suggestion mais qui déplace le problème tant que vous ne dites pas comment on dépense l’impôt anti-accaparement. La liquidité de la monnaie à produire des transactions productrices de richesses réelles est autant une question d’anticipation des prix, que de transformation économique de la liquidité au présent que de définition des objets réellement en production sous les prix.

      La monnaie qui doit fondre avec le temps est celle que des « capitalistes » accumulent sans intention de dépenser ; c’est à dire sans intention de consommer immédiatement la contrepartie réelle ou de l’investir ou de la laisser investir dans des productions réelles pour l’avenir. Ce que la monnaie fondante doit sanctionner, c’est les faux crédits qui n’ont pas pour contrepartie une production réelle mais un pur pari sur des fluctuations de prix détachées de l’anticipation du réel possible et voulu. Le problème de la thésaurisation ou de la trappe à liquidité, c’est la désinformation intentionnellement produite pour faire varier les prix hors du réel voulu possible.

      Pour rester dans l’intentionnalité de la transformation réelle du possible, il faut que l’intérêt négatif soit payé par l’intermédiaire financier qui transforme l’épargne. Cet intérêt négatif existe déjà mais n’est pas systématiquement réglé : c’est la prime de crédit. Tantôt elle est facturée à l’emprunteur, tantôt elle est compensée avec la plus-value de l’emprunteur qui est justement financé pour spéculer au bénéfice de l’intermédiaire de crédit. Pour forcer le paiement de la prime de crédit et interdire la spéculation, l’intermédiaire du crédit doit être distinct de l’intermédiaire d’investissement qui garantit le crédit comme acheteur de la prime.

      Le paiement obligatoire de la prime de crédit crée un intérêt objectif à accorder de vrais crédits à de vraies productions moyennant une compensation des transactions financières indépendantes du crédit et de l’investissement. La compensation sert précisément à vérifier que la prime de crédit achetée par l’investisseur sert à garantir la production sous-jacente au crédit ; c’est à dire à garantir une production effective suffisante pour que le crédit soit remboursé. Si la production est insuffisante, la prime de crédit de l’investisseur comble la perte de crédit. Si la production réelle est suffisante pour rembourser le crédit, l’investisseur conserve la prime comme rémunération de son investissement à transformer un emprunt en production réelle de prix au moins équivalent.

      La séparation des activités financières de crédit, d’investissement et de compensation vérifiant le paiement et le calcul de la prime de crédit réglée sur l’intérêt de l’épargne supprime le motif de la spéculation ; en l’occurrence le non paiement de l’intérêt négatif par un créancier investisseur dissimulant ses intentions spéculatives. L’intérêt négatif prélevé par un État ou une banque centrale ne peut pas produire le résultat de la prime de crédit obligeant l’investisseur à vérifier la réalité de la production sous-jacente au crédit et donc à l’épargne.

      Si l’intermédiaire de transformation de l’épargne en crédit se dédie à cette seule fonction, alors il contribue à l’équilibre de l’épargne avec les besoins d’emprunt solvables par le prix de la liquidité. Si l’épargne est trop abondante pour un certain prix de la liquidité, l’intermédiaire du crédit abaisse la rémunération des épargnants et le coût du crédit pour rendre davantage de projets solvables en contrepartie de la demande de dépense différée. La trappe à liquidité est impossible car les épargnants, les investisseurs et les emprunteurs qui produisent sont adossés les uns aux autres par le prix compensé de la liquidité et du crédit.

      La séparation des fonctions financière de liquidité des prix, de financement de la production et de garantie du crédit crée un traçage transparent des plus-values et de la production effectivement livrée en accomplissement des promesses d’achat et de vente. La puissance publique est en mesure de mettre en œuvre une fiscalité rationnelle en fonction des besoins effectifs d’investissement et de production de service publics. La fiscalité de redistribution des revenus en fonction de la demande publique de justice est calculée sur la production objective et non sur la production de crédits fictifs sans contreparties.

      Il faudrait que dans un avenir pas trop lointain nous nous décidions à revenir dans la réalité telle que nous l’expérimentons et non telle qu’il nous plait de la faire entrer dans nos conceptions toutes faites. La science économique et financière s’est construite comme une idéologie au service des intellectuels et des spéculateurs et pas pour économiser la peine humaine à transformer le réel. Sylvio Gesell s’en était bien rendu compte mais est resté prisonnier d’une hypothèse implicite de l’idéologie économiste : la capacité de la raison à embrasser la totalité du réel avant même qu’il ne se soit accompli dans la vie concrète des gens.

      L’effondrement systémique que nous découvrons actuellement est l’échec du scientisme qui refuse de considérer les limites de l’intelligence humaine à concevoir toute la richesse du réel, la diversité des perceptions subjectives à l’intérieur d’une même humanité et l’indétermination du futur. L’explosion en vol de toutes nos représentations du réel provoquée par la mondialisation et la numérisation du savoir humain est d’abord une pulvérisation de notre rationalité politique. Nous découvrons que le discours politique sur le bien commun est fantasmatique ; il n’a aucune prise sur ce que nous produisons effectivement mais uniquement sur ce que nous croyons avoir le droit d’attendre.

      Nous ne pouvons pas espérer reprendre notre pouvoir politique sur le réel si nous ne rétablissons pas notre responsabilité de citoyen à parler de ce que nous vivons et non d’abstractions spéculatives. Tout discours sur l’économie, la finance et le bien-être des gens est vide de sens qui n’est pas engagé par la responsabilité financière personnelle. Tout a été promis en politique y compris des systèmes magiques d’émission de la monnaie qui va toute seule là où elle est nécessaire. Comme vous dites, la monnaie c’est simple à condition de dire la vérité : vouloir ce qui est dit, dire ce qui est fait, faire ce qui est promis, promettre ce qui est voulu.

  4. Quelqu’un peut-il traduire?
    J’avoue que cette suite d’aphorismes me rend difficile la compréhension du texte!
    dommage…

    1. je traduis :

      tout coûte , l’argent modélise les échanges et c’est la seule chose qui ai une valeur ici bas :

      le coût de l’humain n’a jamais été aussi exhorbitant pour C e système .

      il convient de réévaluer la valeur du travail à cette aune car on ne pourra pas changer radicalement l’etre humain .

      juste un ptit ajustement sociètal .

      1. @johannes

        encore plus concis :

        La supériorité des occidentaux tient, en dernière analyse, au capitalisme, c’est-à-dire à la longue accumulation de l’épargne. C’est l’absence de capitaux qui rend les peuples sujets.

        [Jacques Bainville]

        Extrait de La fortune de la France

      2. @Pseudo cyclique (et à l’occasion à Vigneron…)

        https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Jacques_Bainville
        « Jacques Bainville est un journaliste, chroniqueur de politique étrangère, historien et académicien français, né le 9 février 1879 à Vincennes (Seine), mort le 9 février 1936 à Paris. Jacques Bainville fut un proche de Charles Maurras. »

        Vigneron, quand je sous-entendais dans un autre post que Maurras (Action Française: nationaliste/monarchiste), en France, « n’était pas mort », en disant que l’on en trouvait des traces par ci, par là…

      3. Merci de la précision. Je saisis mieux.
        Ceci dit, je reste acquis au fait que le développement économique et la prospérité participe à notre bien-être.
        Mais je ne partage pas l’idée que le capitalisme et l’épargne qui l’accompagne en soit les principal facteur.
        Car, tout bien considéré, ce qui est l’épargne de l’un est bien la dette de l’autre, la somme des deux est à tout moment nul.
        Autrement dit, il n’y a pas d’épargne macroéconomique.
        Un pays peut bien accumuler des excédents, comme la Chine, mais cela ne profite Un pays peut bien accumuler des excédents, comme la Chine, mais cela ne profite pas à tous, et, surtout, cela implique des déficits d’épargne dans d’autres pays, les USA par exemple.
        Aussi, nous observons souvent que l’accroissement d’épargne se traduit par une consommation moindre. Cela tient au fait que ceux qui épargnent grossissent leurs avoirs par le biais des intérêts composés et que les débiteurs consomment d’autant moins qu’il paient ces intérêts, ce qui réduit leur capacité à consommer.
        Plus généralement, l’épargne de l’un nourrit la dette de l’autre, et le débiteur consomme à crédit en plus ce que l’épargnant consomme en moins en épargnant. résultat pour la conjoncture: nul.

    2. @francis,

      Seriez-vous mieux éclairé par la comparaison des entreprises humaines à la rédaction d’un dictionnaire professionnel. Des gens de culture et de formation distinctes se retrouvent sur la possibilité d’un projet commun dont les opérations de réalisation ne sont pas toutes définies ni coordonnées dans le même objet de fabrication commune. Ces gens se retrouvent sur un même réseau social d’entreprise et se mettent à attribuer des prix aux mots, propositions et discours permettant de définir leur projet commun.

      Chacun met en vente les mots, propositions et discours qu’il s’estime capable de transformer en opération de réalisation partielle de ce qu’il croit être l’objectif commun. Chacun achète les opérations sous les mots, propositions et discours de ses collègues qu’il estime utile pour transformer ses propres opérations. Chacun enfin vend l’assurance que ses propres opérations apporte aux opérations que les autres vendent.

      Vendre une assurance professionnelle consiste à s’engager à produire ses propres opérations si celui qui est assuré ne parvient pas à livrer à ses propres clients au prix et à la date convenus. La contrepartie d’une vente d’assurance est pour l’assuré un pourcentage du prix de ses propres ventes d’opération. Ainsi la compensation des opérations de production à l’intérieur d’un réseau d’entreprise crée-t-elle une monnaie qui donne un prix à chaque opération jugée nécessaire à la fabrication du produit commun.

      La discussion organisée par un objectif commun à préciser est la rédaction d’un dictionnaire collectif. La rédaction du dictionnaire collectif se réalise par le réseau social informatisé. Chacun fait un effort de confiance en lui-même, dans ses collègues et dans la possibilité d’une transformation collective d’un objet commun. Chacun part de ce qu’il sait faire ou croit pouvoir faire pour proposer la définition des opérations qu’il accomplira.

      Si chacun parvient à vendre ses opérations et à les assurer par un équilibre général de prix ; si l’équilibre est garanti par les commerciaux quant au volume minimal à un prix minimal de vente finale ; et si l’équilibre est également garanti par tous les opérateurs support quant à la possibilité de combler tout excès d’optimisme, alors une entreprise collective est vraiment formée dotée du capital suffisant pour affronter toute incertitude de la réalité future.

      L’engagement personnel dans une vraie communauté professionnelle engage la connaissance de soi par les autres. Le dictionnaire des mots mis en commun a engendré la représentation collective des engagements individuels. Les mots sont transformables en production concrète. Les transformations sont quantifiées pour vérification collective d’une production nette positive au fil du temps.

      Les prix vendus des opérations indiquent le prix de revient de la production pour la collectivité après rémunération juste du travail personnel. L’ensemble des primes d’assurance compensées calculent la plus-value d’entreprise possible et le capital dont dispose la collectivité pour remplir ses engagements vis-à-vis du client commun.

      L’invention d’un langage commun dans une entreprise transforme la réalité matérielle. Cette transformation du réel par le verbe requiert la reconnaissance de l’humain personnel et social au-dessus des limites du monde physique. Ce n’est alors pas l’argent qui transforme les hommes mais bien les hommes qui transforment la réalité par la quantification de leurs engagements interpersonnels.

      Ce langage vous est-il plus transparent ?

  5. Bien entendu que l’argent ne vaut rien si il n’est pas responsabilisé , si toute la chaine de responsabilité est coupée.
    La spéculation immo en France à doublé les prix qui vont d’ailleurs redescendre d’autant mais aucun préteur n’à refusé cette hausse , allons y on prête.
    C’est n’importe quoi à l’echelle de pays et pour un tiers de la vie du pays.
    Il faut d’urgence responsabiliser les prix , les valeurs.

    1. Tu m’étonnes ! Sont vraiment niais d’chez niais les zéros d’hedge !
      Fut un temps où la France c’était l’pays de Descartes, pour l’hémisphère gauche du cerveau de « l’esprit français », des fromages qui puent des pieds pour le droit. Aujourd’hui c’est la fRance unifiée, celle des cartes biseautées et des matheux qui puent des deux hémisphères et sur les deux hémisphères.
      Le monde entier s’agenouille toujours devant la Raison mathématique française, devant les quants de Nicole Elkaroui et ses copines, devant les Super-camemberts AOC ENS, X, Paris X, Centrale, Mines, etc, etc, etc.
      Pauvre Biaise, pauvre Descartes, pauvre Lanquetot…

      1. Et ENSAE pour le boss David Faucon apparemment, mais bon c’est sur que les maths ça aide, même si elles n’ont aucune valeur mis à part dans le contexte de la machine en place, ce qui suffit la plupart du temps dans ce cas …
        Un peu comme pour la technique en général d’ailleurs, qui est un peu de la science à l’envers, dans le contexte d’une machine, le « ça marche ou pas » ou « c’est vrai que si on appuie sur ça alors ça », c’est aussi d’une certaine manière des maths ou de la science, à propos d’artefacts certes, mais néanmoins.

  6. Le « choc extérieur » que les économistes, y compris les nouveaux prix Nobel d’économie, n’arrivent pas à prendre en compte, et qui est décisif, c’est le fait que la monnaie elle-même peut aller à la trappe et peut faire défaut de sa fonction principale qui est celle de circuler sans entraves?
    Ce ce fait qui fait que les prix varient à ce point et que la spéculation peut avoir ses effets ravageants en bourse, dans l’immobilier et dans l’économie réelle. Donnez à la monnaie la capacité à remplir son travail (celui de circuler, et les autres problèmes deviennent faciles à résoudre!

    1. Les problèmes fondamentaux aujourd’hui sont plus qu’économiques, financier ou de « règles du jeu », ou disons plutôt ils sont -vraiment économiques-, c’est à dire le problème des ressources, de leur utilisation et allocation, et du fait que beaucoup se raréfient (typiquement hydrocarbures et en particulier pétrole, mais pas uniquement, eaux, minerais, terres cultivables, etc). Croire qu’il y a des « solutions » à tout cela à travers changement des « règles du jeu » dans un mode de vie plus ou moins actuel est tout simplement se voiler la face, ou ne jamais avoir été y regarder d’un peu plus près …

      1. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que quand on ne change pas les « règles du jeu », on va dans le mur. Que changer d’autre que les « règles du jeu »?
        Pour ma part, je suis partisan du renchérissement de l’énergie fossile, en premier lieu celui kérosène, le seul seule carburant non taxé et celui qui génère le plus de pollution par CO2 et autres gaz d’échappement.

      2. Oui dans ce sens je suis d’accord, par « règles du jeu » je faisais référence au système financier, mais clairement les tops priorités aujourd’hui sont dans les règles qui poussent à moindres consommation et en particulier des carburants fossiles, et taxes au volume sans doute meilleur instrument pour cela. Avec en parallèle maintien d’un bon niveau de redistribution.
        Ou des choses du genre : limitation à 70km/h dans un rayon 20 ou 30 km des villes, pour permettre à des « voiturettes » de devenir majorité des véhicules. De fait c’est aussi cela les vrais questions aujourd’hui.

      3. Pour l’heure ce sont les règles qui font défaut ce qui empêche d’allouer des ressources notamment dans le domaines que vous citez. On ne réduit pas la consommation énergétique seulement par décret car dans ce cas on ne traite que le symptôme. La surconsommation énergétique est d’abord liée à la nature prédatrice du système. C’est donc le système qui faut faire muter, pour amorcer un changement de civilisation, et donc des modes de vie.

      4. @Pierre-Yves

        Oui, mais enfin la consommation énergétique c’est la vie aussi, est un décret du type « augmenter la TIPP de 10% par an » de fait cela pousserait à diminuer la conso énergétique. Rouler dans 1500 ou 2000kg de ferraille pour transporter 70 ou 80kg , c’est dans tous les cas prédateur, ou autrement dit ça n’est pas uniquement dans les règles du « vivre ensemble » et « système financier » que se situe la prédation …

  7. dégraisser le mamout , c’est à dire délester de leur poids tous ceux qui sont encombrés d’objets qui les encombrent , et leur nuisent : comptes bancaires impossibles à gérer , masses de logements , et de trousseaux de clefs, yachts et parcs autos, meubles en stock, bref , rien ne manque , sauf la circulation qui bouchonne .
    le capitaliste de base a peur de manquer , il cumule les mandats , ça complique sa vie , vous savez . parce que le capitaliste, non, n’est pas qu’au sommet , il est aussi à la base .
    il met des housses sur ses sièges pour ne pas les user, il n’utilise même pas ses sièges… et empêche les autres de s’en servir …
    il n’y a pas de petit capitaliste, il n’y a qu’un gros vice bien partagé . de possession , ou de frustration , ce qui est pareil . Un vice qui vient d’où , là est le problème .

    il faut leur rendre ce ser-vice

    1. L’esprit capitaliste confond richesse et prospérité. La première c’est de l’accumulation (du capital, du temps, des biens, de la terre, de l’appropriation sans fin voire sans finalité autre que celle de posséder). La prospérité, c’est la distribution. Elle vise à répartir les énergies-informations (la monnaie est en une) tel le sang dans l’organisme, dans chaque institution de manière pérenne, suffisante, politiquement donc moralement acceptable.

      L’esprit capitaliste est nourri et entretenu par un Ennemi de taille, le Satan. Il le demeure tel tant qu’il est perçu comme la Bête immonde. Il le devient tant que nous ne l’aurons pas reconnu et nommé en chacun et collectivement. La responsabilité personnelle et collective est engagée au plus haut point, en clair la capacité de réponse ! Demeurant l’ennemi, Satan est prêt à tout faire sauter ! Qui le retiendra ? Sinon, chacun d’entre nous. Que faut-il donc faire ?

      D’Ennemi à Adversaire, c’est déjà mieux ! L’affrontement est loyal et d’égal à égal. L’Adversaire, c’est celui qui est de l’autre côté. Il nous ressemble, dispose de mêmes compétences pour gagner. L’autre côté de nous est en fait la part inconsciente, d’inaccompli. La « dette » que chacun d’entre nous avons envers notre Créateur et des biens de la Terre qu’IL nous a confié. Cette « dette » est la part intériorisée présente dans notre sang et moëlle osseuse. C’est une part faillible, celle dont témoigne notre crise financière. La part humaine, évidemment de l’improbable.

      L’informatique gère pour nous sans états d’âme. Les milliers d’ordinateurs reliés entre eux et auxquels nous avons délégué la gestion poursuivent leur course folle. Notre crise attend une décision humaine, un état d’âme précisément. La crise attend un Sentiment, une adhésion consciente à un projet collectif.

      Le « chacun pour soi » se retourne sinon … contre soi en nos existences : maladie, accident, chômage, dépression, pertes financières, manque de motivation …. les faits divers illustrent ce naufrage.

      Reconnaître ses erreurs, c’est naître à nouveau. Revenir voir ce qui n’avait pas été perçu. Entendre la sagesse de ceux qui ont depuis des années décelés la faillite du système et avertis.

    1. Pas mal …
      Après quelque minutes
      – Après la Grèce, il y eu l’Espagne, l’Italie, la Belgique, etc (1) …
      – Il y a déjà un mort (Dexia), et ça va continuer …

      Note
      1 – j’adore le « ETC », je me demande quel est ce pays … qui est très souvent cité

    2. Et l’on comprend aussi que Lordon n’est pas seulement indigné, ni atterré, mais profondément révolté. Et ce n’est pas fini.

    3. Sur vidéo interventions du 10 Octobre des  » Econmistes atterés  » organisée par Medipart.fr je fais partager l’information de l’intervenant Pascal Maillard ( professeur Université de Strasbourg) pour la signature d’UN APPEL EUROPEEN CONTRE LA DICTATURE FINANCIERE  » :
      http://blogs.mediapart.fr/blog/les-invites-de-mediapart/180811/appel-europeen-contre-la-dictature-financiere
      ( traduit en plusieurs langues).

      J’avoue en tant que citoyenne, je me demande comment les citoyens pouvons reconquérir la souveraineté des peuples et reprendre en mains nos destins pour lutter contre la dictature financière puisque par les urnes, les gouvernements prennent le peuple  » en otage « !!

      Comment les citoyens pouvons faire une pression efficace dans la non-violence?
      Est-ce réalisable de faire pression au système financier  » rapaces  » et aux Etats démocratiiques actuels par la non-violence ?
      Je sais que je pose des questions dont tous les citoyens nous cherchons une réponse pour notre intervention efficace. C’est sûrement beaucoup demander à cet excellent blog de Paul Jorion mais je veux continuer à croire dans la force de l’échange et partage de créativité de l’humain.

      1. Merci pour le lien cependant, il serait bon qu’un jour on puisse réunir toutes les initiatives de ce genre en une pétition unique…
        J’en ai signé des dizaines et visiblement, chacun fait son petit truc de son côté mais ça ne fait pas trop bouger les choses….
        Quant à s’opposer sans violence, il faut juste arrêter de payer ses impôts, taxes, redevances tant que nous n’aurions pas la garantie de le denier public soit utilisé pour le bien commun, en lieu de continuer à gaver les spéculateurs…

      2. @ Philippe MEONI
        Une pétition au niveau mondial affichée en direct OWS (à Occupy Wall Street à New York)
        http://www.avaaz.org/fr/the_world_vs_wall_st_fr/?tta
         »
        Signez la pétition
        Aux citoyens qui occupent Wall Street et à tous les gens qui protestent dans le monde entier:

        Nous vous soutenons dans cette lutte pour une réelle démocratie. Ensemble, nous pouvons mettre fin à la corruption et à l’emprise qu’exercent de riches élites et entreprises sur nos gouvernements, et contraindre nos responsables politiques à servir l’intérêt général. Nous sommes unis, le temps du changement est venu!
         »
        Espérons que l’élan de démocratie citoyenne actuel arrive à s’organiser pour plus d’efficacité dans des pays  » locomotives  » pour une organisation – réseau mondial afin de faire pression ( pas seulement avec des pétitions et manifestations ) sur les gouvernements et banquiers, multinationales avec des exigences précises pour combttre la dictature du capital comme de fortes pénalités financières ou autres mesures opportunes sur les sociétes, individus avec des comptes dans les paradis fiscaux.

      3. Bonsoir Marie.

        « Comment les citoyens pouvons faire une pression efficace dans la non-violence?
        Est-ce réalisable de faire pression au système financier » rapaces » et aux Etats démocratiques actuels par la non-violence ? »

        LE PERE NOEL C’EST LE 25 DECEMBRE. Manque de chance, ce n’est pas une échéance électorale.

      4. Oui, Marie, j’avais déjà apporté ma contribution sur ce site, alors qu’il n’y avait qu’à peine 200 000 signatures…

  8. Le véritable mérite n’est pas d’avoir raison mais d’en convaincre un grand nombre pour que l’action prolonge la réflexion.

    En résumé (cf wikipédia):
    La responsabilité est le devoir de répondre de ses actes, toutes circonstances et conséquences comprises, c’est-à-dire d’en assumer l’énonciation, l’effectuation, et par suite la réparation voire la sanction lorsque l’obtenu n’est pas l’attendu.

    Les grandes idées étouffent dans les petits salons.

  9. Je me suis arrêtée à ce paragraphe La loi transformée en monnaie par le capital !!!
    Pour une personne qui est très ignare sur la financiarisation de l’économie, c’est très difficile à lire et surtout à comprendre, il faudrait un exemple concret, même très concret !

    Dans ce paragraphe, la seule chose que je comprend c’est qu’on a permis aux banques de créer une monnaie fictive, qui n’existe pas…alors il me semble que la première des choses à faire c’est de leur interdire cette création…elle ne travaille qu’avec ce qu’elle possède ou avec l’apport réel des clients qui veulent lui prêter.

    Ça fait 2 ans que je lis ce blog qui m’aide à combler le gouffre de mon inculture de la finance, je vous en remercie parce que c’est toujours bien écrit, bien expliqué mais ça reste difficile pour les incultes de la finance.
    Je vais mettre 2 jours pour lire votre billet paragraphe par paragraphe pour comprendre l’idée générale de chacun….

    1. @La Zelie,
      « La loi transformee en monnaie par le capital » signifie que la loi d’une société fonde la confiance dans des promesses de prix. Mais ces promesses n’ont de réalité que si des entrepreneurs engagent un capital a produire la contrepartie réelle des promesses de prix. Le rôle de l’intermédiaire financier est normalement d’adosser des promesses de prix en monnaie a des reconnaissances de dette couvertes par un investissement réel en capital. Évidente ou non cette loi morale n’est pas appliquée dans le régime de spéculation libre que nous connaissons. C’est ce qui permet l’émission de monnaie sur des crédits fictifs sans capital sous-jacent. La contradiction systémique est radicale. Le capital n’existe que si la loi est universellement respecter. Or la loi n’empêche pas la spéculation qui accumule du capital sur du credit fictif matérialisé en monnaie sans contrepartie réelle.

      1. Monsieur Sarton du Jonchay,

        Rassurez-moi. Vous vouliez « expliciter », là ? S’il vous plaît, essayez de descendre jusqu’au niveau des pauvres manants que nous sommes (ou que nous sommes nombreux à être…). Le pouvez-vous ? Je vous donne juste un exemple :

        La contradiction systémique est radicale.

        Contradiction entre quoi et quoi ? Entre « la contrepartie réelle des promesses de prix » et « l’émission de monnaie sur des crédits fictifs sans capital sous-jacent » ? Que vient faire alors ici « l’intermédiaire financier » ? Et en quoi cette contradiction est-elle « systémique » ?

        Ce que j’essaye de vous faire comprendre, c’est que je ne suis pas en ce moment en train de me balader dans les synapses de votre cerveau pour y suivre votre influx nerveux…

        Je vous le dis sans ambages : je n’aurai pas le courage de La Zélie.

      2. Je vous traduis en langage de gueux: « il y a une tonne de papier qui circule en bourse et entre banques, on appelle ça des titres financiers et on les dit toxiques quand on découvre qu’ils valent rien. Celui qui en a quand on dit qu’ils sont toxiques, il a perdu ». C’est comme le jeu de la chaise musicale, fastoche à comprendre.

    2. La Zélie ! je veux te rassurer un enfant de 4 ans comprend tout de suite l’économie surtout les gosses d’aujourd’hui ! Fais une partie de Monopoly et tu auras tout compris ! Tu me rediras après je te donnerai d’autres matières à réflexion…. va falloir s’accrocher tout de même car les choses simples cachent des réalités complexes ! Sache d’ores et déjà qu’ils ont sciemment complexifié la finance afin de la réserver à des initiés et parmi les initiés d’autres initiés triés sur le volet. Tout cela fonctionne comme des poupées russes ou mieux des pyramides qui s’emboîtent ! ça dure depuis plus de 4000 ans au moins !

    3. @Olivier B

      Cela concerne la phrase précédente: « C’est ce qui permet l’émission de monnaie sur des crédits fictifs sans capital sous-jacent. »

      « La contradiction systémique est radicale. »? Entre 1. l’émission de monnaie, et 2. des crédits fictifs (sans capital sous-jacent)

      Autrement dit, dans le cas de figure décrit, la création de monnaie ne correspond à rien, à aucune richesse « palpable », et/ou créée (=puisque sans capital sous-jacent…).

      ===> Ce système est parfaitement contradictoire: le crédit est basé sur du vent, alors que par définition un crédit devrait être basé sur une contre-partie.

      C’est comme cela que je l’ai compris.

      1. Magnifique !

        Merci beaucoup Bruno pour l’effort de traduction. C’est limpide !

        Message à Monsieur SdJ : vous voyez, ce n’est pas si compliqué d’être simple…

      2. Oui, merci à Bruno de son aide. 😉
        Je donne dans l’analyse. La sûreté financière requiert que je ne fasse pas la synthèse. C’est pour cela qu’il existe une intermédiation financière qui fait système. Le passage de l’analyse à la synthèse est une opération humaine dont la valeur de certitude dépend de la séparation morale entre celui qui explique, celui constate la relation de l’explication au réel objectif et celui qui en tire la conclusion pour lui-même.
        La contradiction systémique actuelle est dans l’impossibilité financière de différencier le réel objectif de sa représentation subjective. Le même opérateur financier dit le prix de quelque chose et ce que la chose est. Le calcul du risque financier par lequel se réalise la plus-value financière est totalement arbitraire et non vérifiable par une quelconque réalité objective.
        Est-il clair pour vous que la contradiction systémique radicale est dans la confusion systémiquement entretenue entre le réel et sa représentation par le prix ? Un vrai système financier interpose un intermédiaire entre la description du réel et sa représentation par le prix ; un intermédiaire qui se porte garant des erreurs de représentation.

  10. J’aime beaucoup lire du Pierre Sarton, car il me met dans la même situation que mes élèves de sixième qui ont de grosses difficultés à comprendre un texte . Un vocabulaire hyper compliqué , une dose d’implicite telle que j’ai beaucoup de mal à me représenter l’idée générale exposée , tant je peine à déchiffrer le texte ;
    Merci à monsieur Finckh pour sa petite synthèse .

  11. Puis je croire que Mr PSDJ veut nous montrer le capital aussi transparent qu’une charogne barbotant dans les eaux claires de notre petit ruisseau a écrevisses.En route vers l’universel qu’on
    crée ?

  12. Questions:

    Combien y a t’il d’endettés dans le monde et quel est leur patrimoine moyen ?
    Combien y a t’il de créanciers des dettes dans le monde et quel est leur patrimoine moyen ?
    Merci pour vos estimations !!

  13. Propos probablement intéressant, si on arrive au bout. A refaire. je serai très heureux de le lire en français intelligible.
    Quelques idées intéressantes, déjà énoncées par bcp : pour obliger les banques à mieux valoriser les actifs, il suffit de les obliger à en garder une partie et les empêcher de tout refiler à d’autres après titrisation.

  14. @Pierre SdJ:
    Je vous suis bien quand vous dites que la finance aujourd’hui a défini à la fois la chose et son prix. C’est une grande victoire de son point de vue, une tentative d’échapper à la sanction extérieure comme les élus voulant échapper à la sanction de l’élection. (On en revient à l’externalisation non seulement comptable mais aussi, sinon surtout, conceptuelle, comme axe du paradigme des pratiques marchandes.) Cette grande victoire s’est faite bien sûr dans un cadre d’estompement de la norme, une culture d’impunité, une intoxication de l’opinion qui est aussi une auto-intoxication…

    Mais pour votre phrase: « Un vrai système financier interpose un intermédiaire entre la description du réel et sa représentation par le prix ; un intermédiaire qui se porte garant des erreurs de représentation » , voulez-vous donner un exemple ?

    1. @Leboutte,
      Exemple. Une dette publique rationnellement remboursable représente l’anticipation de la croissance des recettes fiscales liées aux dépenses d’investissement financées par un déficit budgétaire. Un emprunt public se justifie par un investissement public qui n’est pas nécessairement financé par l’impôt puisqu’il entraîne par lui-même une augmentation de la production de bien et services publics ou privés et donc des recettes fiscales qui rembourseront l’emprunt.

      Un budget public décrit la réalité des missions publiques dans ce qu’elles rapportent en fiscalité et ce qu’elles coûtent en dépenses. La finalité du budget est de représenter l’exécution des obligations publiques afin de vérifier leur réalité effective. Le prix d’un budget public est le solde de réalisation ; il indique le degré de réalisme de la gestion publique représentée par le budget.

      Il y a deux causes fondamentales d’écart de réalisation d’un budget par rapport à sa forme primitive : les prévisions des dépenses nécessaires et des recettes probables sont erronées ou l’exécution du budget est peu fiable. La première cause est inhérente à l’incertitude de toute anticipation et la deuxième cause manifeste un défaut de rigueur morale. La même problématique se retrouve pour l’exécution d’un budget dans une entreprise privée.

      Pour faire le départ entre l’incertitude de l’anticipation et l’honnêteté de l’exécution, il faut que le solde budgétaire proposé à l’approbation de l’organe délibérant soit garanti par un tiers de confiance dans la réalité objective. Cet intermédiaire financier achète les erreurs d’anticipation de l’exécutif en se faisant verser une prime de crédit sur la fiabilité qu’il lui reconnaît. Si l’exécutif dépasse l’autorisation budgétaire de déficit, c’est l’intermédiaire financier qui le prend à sa charge. La prime de crédit demandée à l’origine du budget informe l’organe délibérant de la fiabilité accordée au pouvoir exécutif proposant le budget.

      Le rachat du risque de crédit budgétaire par un investisseur garant de la responsabilité financière politique oblige à une représentation réaliste des obligations délibérées dans le budget. Le crédit accordé sur la base du budget est un prix sûr. L’incertitude de la prévision est évaluée et prise en charge hors du budget délibéré sur une hypothèse garantie de sincérité.

      Un tel mécanisme de garantie n’existant pas dans la zone euro, les parlements ne savent pas ce qu’ils votent et les gouvernements annoncent ce qu’ils veulent aux électeurs. Les dettes publiques croissent inexorablement puisque personne n’est intéressé à la fiabilité des prévisions budgétaires ni à un équilibre à long terme des finances publiques. Les banques se désintéressent des équilibres publics puisque les titres de dette sont le moyen d’obtenir des liquidités auprès de la banque centrale.

  15. Hors-sujet (encore que?): http://larevue.ssd.com/L-arrivee-du-Bribery-Act-2010-au-Royaume-Uni-beaucoup-de-bruit-pour-rien_a1534.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+larevue+%28La+Revue+%7C+Squire+Sanders+%7C+Avocats%29

    Extrait: « L’arrivée du Bribery Act 2010 au Royaume-Uni : beaucoup de bruit pour rien ?

    Présentée comme « la législation anti-corruption la plus sévère au monde », « extraordinairement ambitieuse » selon les avocats anglais, la nouvelle loi britannique de lutte contre la corruption, The Bribery Act 2010 (« UKBA ») est entrée en vigueur le 1er juillet 2011, remplaçant la réglementation préexistante qui était un mélange de règles remontant à 1906. L’Angleterre s’est affolée; les entreprises ont été prises de panique et la presse s’est déchaînée. Beaucoup de bruit pour rien ou est-ce que ces craintes sont justifiées ? Et par ailleurs, y-aura-t-il un impact sur l’Hexagone ?

    Les principales modifications apportées par l’UKBA concernent l’extraterritorialité et les pots de vin.  »

    … Et, en conclusion:

    « Les contraintes sont nombreuses et vont plus loin qu’un exercice de style : il faut démontrer la mise en place de véritables initiatives pour lutter contre la corruption. Les entreprises françaises ont tout intérêt à se sensibiliser à cette réglementation et à se doter de procédures efficaces au plus tôt. « 

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