Archives par mot-clé : banques centrales

THÉRAPIE COLLECTIVE À WASHINGTON, par François Leclerc

Billet invité.

« Il est exact qu’il règne ici une certaine anxiété à propos de l’état de l’économie mondiale », a déclaré le chancelier de l’échiquier George Osborne en maniant la litote. À Washington, où le gratin de la finance s’est retrouvé, les raisons d’inquiétude n’ont pas manqué, selon une routine désormais installée : faible croissance et déflation, accès soudains de volatilité financière, guerre des monnaies larvées… Et rien ne va en s’arrangeant.

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LA BLOCKCHAIN POUR LA FINANCE, CHICHE ! par François Leclerc

Billet invité.

Une frénésie d’innovations s’est emparée d’un monde financier connu pour être plus compassé. On ne reviendra pas sur l’Helicopter Money, dont le succès éditorial ne tarit pas à défaut d’avoir encore décollé, ni sur ces taux négatifs hier impensables qui paraissent promis à un avenir durable. Car il y a plus prometteur à venir !

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PEUT-ON ATTENDRE UN SALUT DES BANQUES CENTRALES, UNE FOIS LEUR STRATÉGIE RÉORIENTÉE ? par François Leclerc

Billet invité.

L’actualité continue d’accorder une place importante aux décisions – ou parfois à l’indécision – des banques centrales alors que grandit le sentiment qu’elles sont arrivées au bout de leur rouleau. De manière symptomatique, Mario Draghi a d’ailleurs prétendu faire avec ses annonces de la semaine dernière la démonstration contraire, sans nécessairement convaincre malgré l’ampleur du dispositif.

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Pour un service public de paiement électronique, par Mathieu Van Vyve

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La banque centrale, en fournissant les pièces et les billets aux acteurs économiques, leur fournit un service de paiement. Ce service est fourni gratuitement, ou de manière équivalente est financé sur fonds publics.

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TAUX NÉGATIFS : LES BANQUES CENTRALES JOUENT AVEC LE FEU, par François Leclerc

Billet invité.

« Nous entrons en territoire inconnu », cette expression digne d’un explorateur est de plus en plus rencontrée dans les médias financiers. Son utilisation s’est imposée suite à l’adoption par les banques centrales de taux négatifs pour les facilités de dépôts accordées aux banques, dont on ignore les effets mais dont le phénomène prend de l’ampleur.

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COMMENT SORTIR DU TUNNEL DE LA STAGNATION SÉCULAIRE ? par François Leclerc

Billet invité.

Aucune danse de la pluie n’ayant déclenché le retour de la croissance aux niveaux d’avant la crise, la prophétie d’une stagnation séculaire semble bien partie pour se réaliser. Que se cache-t-il derrière cette formule ? Elle correspond au triptyque d’une baisse des revenus et de la consommation, combattue par une hausse de l’endettement, et de la montée des inégalités de répartition des revenus et des patrimoines. Un système qui atteint nécessairement ses limites un jour ou l’autre mais peut faire en attendant beaucoup de dégâts.

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LE CLUB DES TAUX NÉGATIFS S’ÉLARGIT AU JAPON, par François Leclerc

Billet invité.

Sans crier gare, la Banque du Japon (BoJ) vient de rejoindre un club qui ne cesse de s’agrandir, celui des taux négatifs, où elle se trouve désormais en compagnie de la BCE et des banques centrales suisse, danoise et suédoise. En désespoir de cause, face à l’appréciation du yen et ne parvenant toujours à faire décoller l’inflation, la BoJ s’est résolue à faire ce qu’elle se refusait catégoriquement à envisager tout précédemment. Même si c’est encore à titre symbolique en ne frappant que les nouvelles réserves excédentaires des banques qui lui seront déposées, les 2.500 milliards de dollars de réserve des banques n’étant pas frappées.

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LE PRIX DE LA STABILISATION PROVISOIRE DU SYSTÈME FINANCIER, par François Leclerc

Billet invité.

La Fed n’en finit pas de décider ce qu’elle va faire, tandis que la BCE annonce qu’elle va « réexaminer » en décembre sa politique monétaire. Les deux plus importantes banques centrales du monde ne donnent pas l’impression d’avoir les idées bien arrêtées et divergent sur la conduite à suivre, la première ayant l’intention d’augmenter son principal taux, la seconde de le baisser.

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IL NE MANQUERAIT PLUS QUE LES BANQUES CENTRALES PERDENT LA MAIN ! par François Leclerc

Billet invité.

Reconnaitre son impuissance est pour une banque centrale un art difficile, car l’exercice écorne sa toute puissance présumée. C’est la situation dans laquelle se trouve la Banque du Japon, qu’elle essaye de masquer. Son programme de création monétaire de l’équivalent de 620 milliards d’euros n’est pas parvenu en deux ans a faire croitre l’inflation que de 0,2%, une fois soustraite l’augmentation de la TVA de 2%. En dépit d’un taux de chômage orienté à la baisse de 3,4% en mars, ainsi que des promesses d’augmentation des grandes entreprises en réponse aux injonctions gouvernementales – en attendant leur confirmation – la demande intérieure continue à reculer de mois en mois. Un mystère de même nature que celui qui aux États-Unis dépasse Jack Lew, le secrétaire au Trésor. Pour justifier la léthargie des prix, la Banque du Japon invoque la baisse de celui du pétrole et revoit à la baisse ses prévisions de relance de l’inflation. Mais, devant le risque d’une rechute, elle évoque la possibilité « d’ajustements », c’est à dire d’une extension de son programme de création monétaire.

La main de la Fed n’est pas plus assurée lorsqu’en direction opposée elle en vient au resserrement de sa politique monétaire. Avec une croissance de 0,2%, les performances de l’économie américaine sont inférieures aux attentes. La rigueur de l’hiver est mise à contribution pour l’expliquer, ainsi qu’une grève prolongée des dockers et à nouveau la baisse du prix du pétrole (mais cette fois en raison de la chute de l’extraction), mais la prudence est de rigueur pour la suite, et l’inflation est toujours très en dessous de sa cible d’objectif. Le début de normalisation de sa politique, que représenterait une hausse des taux, suscite également des craintes en raison des pertes que les investisseurs pourraient encourir suite à la baisse qui en résulterait de la valeur des obligations dont leurs portefeuilles sont abondamment garnis. Les fonds d’investissement et les ETF (Exchange Traded Funds), qui sont si prisés, seraient particulièrement vulnérables à des sorties massives de capitaux, désormais considérés à eux deux comme les points faibles du système financier. Car, afin de respecter leurs obligations de fonds propres, les banques ne sont plus en mesure de se porter acquéreuses des obligations que les fonds et les gestionnaires d’ETF devraient massivement vendre pour rembourser les investisseurs, ce qui pourrait entraîner un écroulement du marché assorti de pertes en conséquence. Il n’est pas besoin de se pencher beaucoup pour décrire des scénarios catastrophes pouvant survenir.

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DÉFLATION, QUAND TU NOUS SERRES DANS TES BRAS… par François Leclerc

Billet invité.

L’économie mondiale subit une forte pression déflationniste, posant à cette échelle globale une question qui persiste à rester localement sans réponse au Japon : comment en sortir quand on y fait face ? Ce qui n’est pas sans notables incidences, car non seulement une telle pression fait obstacle à la croissance de l’économie, mais elle renchérit le coût du désendettement et en vient à s’y opposer.

Tant que ce phénomène n’était observé qu’au Japon – ou en Europe où il fait son chemin – il restait encore inachevé. Mais, atteignant désormais de plein fouet la Chine, la pression déflationniste se propage, s’accentue et s’auto-entretient. Aux États-Unis mêmes, l’inflation persiste à stagner en-dessous de son taux objectif de 2%, n’incitant pas la Fed à hausser ces taux comme elle le voudrait.

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UN INSTINCT DE PRÉSERVATION FORT PEU DÉVELOPPÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Non sans inconséquence, la main droite des grands dirigeants mondiaux ignore ce que fait leur main gauche. De l’une, ils jettent de l’huile sur le feu, de l’autre ils prétendent calmer le jeu.

Wall Street a salué vendredi une salve de bonnes nouvelles en provenance des banques centrales : la Banque du Japon va accroître davantage encore une injection monétaire déjà massive, celle de Chine a annoncé une baisse de ses taux d’intérêts en vue d’accroître le crédit, et la BCE a laissé présager le lancement d’un programme d’assouplissement monétaire d’ampleur (ce qui a été traduit par son imminence). Les marchés financiers sont à la fête, mais est-ce bien raisonnable ? Quel prix devra-t-il être payé – et aux frais de qui – en contrepartie de ces tentatives de relancer l’économie avec des moyens monétaires qui alimentent la bulle financière ?

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CROISSANCE ET ENDETTEMENT, UN COUPLE INFERNAL, par François Leclerc

Billet invité.

Coller le nez à la fenêtre afin de ne pas perdre une miette des lancinantes péripéties de la crise européenne en ferait presque oublier l’essentiel : de 2008 à 2011, le ratio de la dette publique et privée des pays avancés est passé de 208% à 236% de leur PIB. Conduisant les auteurs du dernier Rapport de Genève à titrer celui-ci : « Le désendettement, quel désendettement ? ».

Ce n’est cependant pas cette impressionnante progression qui doit prioritairement retenir l’attention, mais son point de départ. Celui-ci illustre ce que la croissance des pays avancés doit à leur endettement. Avec comme corollaire que cette dernière s’affaiblit fortement lorsqu’il est contenu comme actuellement, perturbant sa résorption. Le mystère d’une croissance introuvable n’est pas à chercher ailleurs : croissance et dette font un couple infernal.

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Jackson Hole : ATTENTION, CHAUSSÉE GLISSANTE ! par François Leclerc

Billet invité.

Le rendez-vous d’été des dirigeants des banques centrales dans la station de sport d’hiver de Jackson Hole n’est plus ce qu’il était. D’enceinte dévolue à des débats académiques, il est devenu le lieu d’enjeux politiques ; rencontre instituée entre banquiers centraux et représentants des mégabanques, il a renoué avec sa liste d’invités d’origine en excluant ces derniers.

Il s’y manifeste cette année comme un soupçon de nostalgie vis à vis de ces temps heureux, pas si anciens, où munis de la seule arme de leurs taux, les banques centrales faisaient la pluie et le beau temps. Suscitant la tentation de revenir dès que possible sur leurs mesures accommodantes pour retrouver la normalité, exprimant ainsi un conformisme avec lequel il serait bon de renouer, et dont il serait injuste que seuls les dirigeants politiques en bénéficient.

Hélas, il ne semble pas y avoir de marche arrière de disponible, impliquant de se résoudre à l’évidence : piloter un système financier de plus en plus complexe réclame des instruments de plus en plus sophistiqués pour le mesurer, et des leviers de plus en plus introuvables pour le diriger. Mettre tout en équations mathématiques n’est plus la panacée, après qu’il se soit avéré que cela ne permettait même pas d’évaluer sérieusement le risque !

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Le symposium de Jackson Hole : LES BANQUIERS CENTRAUX AUX CHAMPS, par François Leclerc

Billet invité.

Demain va s’ouvrir le symposium annuel des banques centrales de Jackson Hole (Wyoming), permettant de faire le point sur leurs visions de la situation, la diversité de leurs approches et l’évolution de leurs politiques. Car ce qui ressort en premier lieu des compte-rendus de leurs dernières réunions, ce sont les interrogations persistantes de leurs dirigeants, les banquiers centraux, et des divisions quand elles sont reconnues.

Toutes sont confrontées, de manière plus ou moins prononcée, au même phénomène déflationniste généralisé. Le Japon ne parvient toujours pas à sortir de deux décennies de déflation, la zone euro subit sa forte pression et pourrait prendre le même chemin, tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni ne retrouvent pas un taux d’inflation considéré comme normal. Le retour à la normalité, c’est la grande question posée, sans qu’il puisse y être apporté une réponse.

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L’explication du prix par le rapport de force (VII) Les opérations des banques centrales sur les taux longs

(I) Quand plusieurs mécanismes se greffent les uns sur les autres
(II) Keynes et le double mécanisme de détermination du prix
(III) L’intervention du temps dans la détermination du prix
(IV) Le « prix » d’un emprunt ou d’une obligation (première partie)
(V) Le « prix » d’un emprunt ou d’une obligation (deuxième partie)
(VI) En quoi mon approche du prix diffère de celle des économistes

Quand j’écrivais dans Le « prix » d’un emprunt ou d’une obligation (deuxième partie) que « la part ‘universelle’ du taux d’intérêt de l’emprunt [qu’est] le rendement marginal du capital, […] reste influençable par le rapport de force instantané entre ceux qui cherchent à acheter et ceux qui cherchent à revendre un tel emprunt sur son marché secondaire », il existe de cela d’excellents exemples sur le marché de la dette souveraine.

La banque centrale d’une nation cherchera ainsi à faire baisser les taux de sa propre dette souveraine en achetant en quantité sur le marché secondaire des emprunts de la maturité dont elle cherche à obtenir une baisse du taux. En allant se placer au rang des acheteurs pour des volumes importants, elle amplifie la concurrence entre eux, ce qui conduit chacun de ceux-ci à brider ses prétentions en termes de coupon (taux d’intérêt) pour améliorer ses chances d’acquérir l’obligation visée dans la quantité souhaitée.

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