Archives par mot-clé : Benjamin Libet

The Chinese Room’s Secret, L’Homme 150, 1999 : 177-202

Paul Jorion, Le secret de la chambre chinoise, L’Homme 150, 1999 : 177-202

Désormais également en anglais ici.

À partir d’une observation de Jean Pouillon, il est montré, à la fois de manière déductive et en se fondant sur des données expérimentales, que la conscience ne dispose pas d’un pouvoir décisionnel. Son rôle se cantonne à transmettre des instructions au corps en fonction de l’affect qu’engendre et qu’évoque la perception. L’existence du langage permet aux sujets humains de produire un discours d’auto-justification de leurs faits et gestes. Celui-ci ne reflète cependant en aucune manière les mécanismes psychiques effectivement à l’oeuvre, son seul impact consiste à influencer l’affect de celui qui le tient (en tant que parole ou que « parole intérieure »), comme celui de ceux qui l’écoutent. Le couple « corps » et « âme » se trouve ainsi validé, mais les responsabilités qui leur sont traditionnellement reconnues doivent être réattribuées entre un corps qui décide et agit et une âme qui rétro-agit sur le mode de l’affect simplement.

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Le Monde / L’Écho – Keynes vs. von Hayek

Le Monde : Saint Paul, saint Augustin, Hayek et Keynes

L’Écho : Keynes vs. von Hayek

Ce que nous appelons notre « volonté » opère, nous le savons maintenant, selon deux modes : le premier est celui de l’intention délibérée, consciente, de poser un acte à un moment du futur, cette intention constituant alors un « souci » dont nous nous efforcerons de nous libérer, et le second, celui de poser un acte ici et maintenant, en réalité inconscient dans son mécanisme. On doit au psychologue américain Benjamin Libet (1916-2017) la découverte que la réalisation d’un acte précède – parfois de plusieurs secondes – ce que nous ressentons comme notre intention de le poser.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 10 FÉVRIER 2017 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 10 février 2017. Merci à Marianne Oppitz !

Bonjour, nous sommes le vendredi 10 février 2017 et, hier soir, avant de m’endormir, j’ai eu une pensée, je me suis dit « Tiens c’est curieux, quand même, il y a 9 ans que je fais ces vidéos, 52 fois par an, une fois par semaine et, heureusement je n’ai jamais été empêché de le faire par le fait d’être malade. » Continuer la lecture de LE TEMPS QU’IL FAIT LE 10 FÉVRIER 2017 – Retranscription

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Le temps qu’il fait le 21 août 2014

Sur DailyMotion, c’est ici.

Paul Jorion & Bruno Colmant : Penser l’économie autrement (2014)

Paul Jorion : Principes des systèmes intelligents (1989 ; 2012)

Des décisions cornéliennes à l’intérieur d’un destin

Benjamin Libet (1916 – 2007)

« Être honteux » : c’est toujours après coup, jamais au moment-même où on pose l’acte

Pourquoi j’écris un livre sur Keynes ?

Skidelsky,Robert, John Maynard Keynes. Hopes Betrayed 1883-1920, London : Macmillan, 1983

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Piqûre de rappel : NOTRE CERVEAU : CONSCIENCE ET VOLONTÉ, le 7 avril 2012

Le biologiste François Jacob a utilisé à propos de notre cerveau, une image admirable : le cerveau humain est conçu, dit-il, comme une brouette sur laquelle aurait été greffé un moteur à réaction. Par cette image frappante, il attirait notre attention sur le fait que notre cerveau n’est pas constitué comme une machine d’une seule pièce. Il y a en son centre, le cerveau reptilien, appelé ainsi parce qu’il possède déjà la même structure chez le reptile, et le cerveau des mammifères s’est construit comme une couche additionnelle, absolument distincte : le cortex est d’une autre nature que le cerveau reptilien. Lequel est celui des sens, de la réaction immédiate, celui du réflexe, de l’affect, comme s’expriment les psychologues.

Le cortex s’est spécialisé dans le raisonnement, dans la réflexion rationnelle, l’enchaînement des arguments, le calcul mathématique, tout ce qui est de l’ordre des symboles, et il est greffé sur ce cerveau reptilien qui est lui d’une nature purement instinctive, ce qui fait que nous réagirons par l’enthousiasme ou par la peur devant ce que notre cerveau-cortex aura déterminé de faire. Les plus beaux exemples dans ce domaine, ce sont bien sûrs les traders qui nous les proposent. Ceux d’entre mes lecteurs qui connaissent des traders savent que le jour où ils ont gagné beaucoup d’argent ils sont dans les restaurants et les bars des beaux quartiers, ils fument de gros cigares et boivent beaucoup, alors que les jours où ils ont perdu des sommes impressionnantes, on les voit beaucoup moins : ils sont à la maison, ils essaient de dormir et ont pris des cachets pour tenter d’y parvenir.

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Pour le chantier « Se passer de la volonté et de l’intention », par Jeanne Favret-Saada

Billet invité.

Dans sa vidéo « A nouveau au seuil d’une guerre mondiale », Paul Jorion a lié l’urgence de la situation géopolitique (un paquet de conflits distincts dont le nouement pourrait produire une guerre mondiale) avec celle d’un changement dans notre manière de penser la décision politique. Il s’agirait d’opérer un déplacement du même type que celui qu’il a apporté en économie : ayant montré le profit qu’on peut tirer de l’élimination de la notion de valeur, il propose que nous nous entraînions ensemble, dans ce blog, à nous passer de la conscience — de ses ressorts, la volonté et l’intention — pour penser la prise de décision politique. Grâce à quoi nous pourrions comprendre autrement les événements produits par les supposés acteurs de la scène mondiale, et penser de façon nouvelle notre propre participation à l’histoire.

Waouh. Excitant. Terrifiant. Comme il se référait aux travaux de Libet mais qu’il avait aussi en tête, je suppose, tous ceux qui ont suivi dans les neurosciences sur des sujets aussi divers que la conscience, l’intention, le libre arbitre, la volonté — ainsi que leur abord par les neurosciences sous l’angle de la motricité, par exemple –, je me suis retrouvée embarquée dans un tourbillon de souvenirs de lectures savantes. Lesquelles ne m’avaient pas permis de conclure à quoi que ce soit de solide dans aucun domaine — d’autant que ces disciplines sont en perpétuel renouvellement –, mais avaient assis définitivement la conception que j’avais pu me faire de l’agir humain à partir d’une expérience ethnographique de terrain. Je voudrais donc contribuer à ce chantier en réfléchissant à mon propre parcours intellectuel, mais en essayant de le faire aboutir à la crise géopolitique dans laquelle nous sommes pris.

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L’ILLUSION DU CONCEPT DE DESSEIN, par Fabien Villard

Billet invité. À propos de : LE PROCESSUS « CULTUREL » DE REPRODUCTION / SÉLECTION « NATURELLE » par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion.

Ah le joli texte que voilà ! Enfin révélée, l’illusion du concept de dessein, aussi illusoire que celui de dieu. Tout concourt aujourd’hui à nous en convaincre : les expériences de Libet (1), bien sûr, mais aussi les explications de Pascal Boyer (2) sur la structure logique du cerveau, la meilleure compréhension de ses fonctionnements et de leurs origines évolutionnaires, les analogies de Hofstadter et Sander (entre autres) (3), l’hypothèse mémétique (Blackmore (4), Dennett…), les réflexions sur l’émergence et sa capacité à expliquer des comportements complexes par une collection de comportements simples (5), et surtout notre capacité structurelle et évolutive à raconter des histoires, à créer l’histoire « a posteriori ».

Vous posez les deux questions qui découlent et commencez à y répondre par la voie politique, ce qui est naturel évidemment. Il y a un complément indispensable à cette réflexion : la conception. Elle permet de fabriquer, comme un sous-produit, les éléments de communication nécessaires. Elle y apporte la cohérence, la clarté des messages, et les moyens de filtrer les contenus en fonction des intentions de communication. Elle permettrait sans doute aussi de sélectionner différemment les choses, pas sur ce qui marche, mais sur ce qui nous intéresse en vertu de principes (par exemple démocratiques ?).

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NOTRE CERVEAU : CONSCIENCE ET VOLONTÉ

Le biologiste François Jacob a utilisé à propos de notre cerveau, une image admirable : le cerveau humain est conçu, dit-il, comme une brouette sur laquelle aurait été greffé un moteur à réaction. Par cette image frappante, il attirait notre attention sur le fait que notre cerveau n’est pas constitué comme une machine d’une seule pièce. Il y a en son centre, le cerveau reptilien, appelé ainsi parce qu’il possède déjà la même structure chez le reptile, et le cerveau des mammifères s’est construit comme une couche additionnelle, absolument distincte : le cortex est d’une autre nature que le cerveau reptilien. Lequel est celui de la réaction immédiate, celui du réflexe, de l’affect, comme s’expriment les psychologues.

Le cortex s’est spécialisé dans le raisonnement, dans la réflexion rationnelle, l’enchaînement des arguments, le calcul mathématique, et il est greffé sur ce cerveau reptilien qui est lui d’une nature purement instinctive, ce qui fait que nous réagirons par l’enthousiasme ou par la peur devant ce que notre cerveau-cortex aura déterminé de faire. Les plus beaux exemples dans ce domaine, ce sont bien sûrs les traders qui nous les proposent. Ceux d’entre mes lecteurs qui connaissent des traders savent que le jour où ils ont gagné beaucoup d’argent ils sont dans les restaurants et les bars des beaux quartiers, ils fument de gros cigares et boivent beaucoup, alors que les jours où ils ont perdu des sommes impressionnantes, on les voit beaucoup moins : ils sont à la maison, ils essaient de dormir et ont pris des cachets pour tenter d’y parvenir.

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