Archives par mot-clé : Bernard Madoff

Bruno Iksil : « Un régulateur, une banque, une VaR et une seule » (texte complet)

Billet invité.

Bruno Iksil est l’auteur de « Bruno Iksil, surnommé « La baleine de Londres », nous dit ce qui s’est vraiment passé », déjà publié ici en feuilleton, et sur support papier dans le N° 15 de (P)ièces (J)ointes, le magazine du blog (toujours disponible – voir colonne de gauche).

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Un régulateur, Une banque, Une VaR et une seule (VIII) JP Morgan début 2009, par Bruno Iksil

Billet invité. Bruno Iksil est l’auteur ici de « Bruno Iksil, surnommé « La baleine de Londres », nous dit ce qui s’est vraiment passé ». Il nous offre ici un nouveau feuilleton sur le contexte de ces événements.

Début 2009, la crise incite les autorités à regarder de très près le bénéfice de diversification sur la VaR chez JP Morgan

En 2007, le bilan était mitigé. Le protocole de valorisation au CIO [Chief Investment Office] pour cette protection « synthétique » [paris sur un risque encouru par d’autres] avait été adapté afin de faire une mesure de la « consommation » de VaR Value at Risk] optimale pour la firme et de faire par la suite un suivi du risque global de « corrélation » aussi rigoureux que possible. Continuer la lecture de Un régulateur, Une banque, Une VaR et une seule (VIII) JP Morgan début 2009, par Bruno Iksil

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Réalité mondiale du complot financier libertarien, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Le Wall Street Journal nous informe le 6 janvier de l’exonération pénale des dirigeants de JP Morgan dans la résolution du scandale Madoff. La banque américaine est mise en accusation par les régulateurs financiers étatsuniens pour n’avoir pas correctement conseillé et protégé ses clients sur les placements financiers confiés à Bernard Madoff. JP Morgan a agi comme intermédiaire entre ses clients et les fonds de gestion de Madoff.

La réglementation financière en vigueur aux Etats-Unis ainsi qu’en Europe, oblige le courtier bancaire à informer clairement ses clients des risques contenus dans les placements qu’il vend. Un courtier tire une rémunération de son intermédiation. La rémunération de l’intermédiaire financier représente le travail qu’il doit accomplir pour le compte de ses déposants directs ou non, à contrôler et surveiller les professionnels de la gestion qu’il fait travailler.

Un gestionnaire de fonds achète des actifs financiers sur les marchés et en garantit la liquidité conformément aux engagements contractuels vendus à l’épargnant. L’intermédiaire bancaire qui commercialise un gestionnaire spécialisé, a réglementairement une fonction d’assureur de l’exacte application aux fonds gérés du profil de risque acheté par les épargnants. Si un gestionnaire de fonds est défaillant en une quelconque manière, il incombe à l’intermédiaire assureur de courtage de dédommager son client final.

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Wall Street Journal – Les dirigeants de J.P. Morgan épargnés par les amendes dans le compromis Madoff

Traduction de l’article de Dan Fitzpatrick, « J.P. Morgan Officials Excluded from Penalties in Madoff Deal », paru le 6 janvier 2014 dans le Wall Street Journal. Merci à Timiota pour la traduction !

Les dirigeants de J.P. Morgan Chase & Co.ne seront pas frappés d’amende dans le cadre d’un compromis que la plus grosse des banque étatsunienne négocie avec le Département de la Justice sur des allégations de manquement à l’obligation d’avertir, dans la fraude massive de l’affaire Bernard Madoff, suivant des sources proches des discussions.

Le procureur de Manhattan Preet Nharara et les autorités de régulation bancaire étatsunienne ont l’intention d’annoncer un total de plus de deux milliards de $ d’amende cette semaine, disaient ces personnes informées [2,6 milliards de $ selon l’annonce faite le 7 janvier]. Mais toutes les amendes seront au frais de la compagnie, et non des individus, ajoutaient ces mêmes sources.

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BFM RADIO, LUNDI 13 DECEMBRE A 11h39 – LA MORT DE MARK MADOFF

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Mark Madoff, le fils aîné de Bernard Madoff, était l’objet ces jours-ci de pressions considérables : d’une part l’enquête en vue de savoir qui parmi les proches du Charles Ponzi moderne était dans la combine, est entrée dans sa phase finale et ce n’est qu’une question de jours apparemment avant qu’Annette Bongiorno, l’assistante personnelle du maître déchu ne se mette à table, d’autre part, Irving Picard, le liquidateur de la société de Madoff, chargé de retrouver l’argent escroqué, avait mis le fils aîné sur sa liste des gagnants d’un jour à qui il ferait rendre gorge : famille, proches, clients qui se croyaient chanceux pour avoir touché des sommes rondelettes. Picard voulait récupérer du seul Mark Madoff, 66,8 millions de dollars transformés en maisons luxueuses.

Qui savait quoi parmi les proches de Madoff et parmi les VRP du fonds ? Mark Madoff aimait paraît-il répéter : « Comment un père peut-il faire cela à ses fils ? » Bonne question sans doute, mais une autre que tout le monde se pose est « Comment un fils, peut-il ne pas voir en son père ce que tant d’autres voyaient pourtant si bien » ? « Les dieux aveuglent ceux qu’ils veulent perdre » est sans doute la réponse. Tous ne savaient pas mais tous devaient certainement se douter puisque des questions étaient posées dans la presse depuis de nombreuses années (en particulier dans un fameux article de Barron’s publié en 2001) et tous préféraient ne pas se poser trop de questions. Et cela aussi est en soi révélateur : cela trahit que dans un certain monde on se fiche de savoir exactement comment grossit l’argent : « De l’argent qui grossit, c’est de l’argent qui grossit », doit-on se dire, point à la ligne. Pourquoi s’en préoccuperait-on d’ailleurs alors que les limites sont tellement floues entre ce qui au sein de ce monde-là est honnête et ce qui ne l’est pas : où s’arrête en effet la bonne information et où commence le délit d’initié ? où s’arrête la « bonne » spéculation qui apporte aux marchés une liquidité bénéfique, où commence celle qui génère des émeutes de la faim ?

Le problème n’apparaît que le jour où l’argent cesse de grossir et que quelqu’un est chargé d’expliquer d’où il venait exactement. Bernard Madoff a pris un risque calculé, et il a dû calculer qu’il était minime pour diverses raisons. Un risque existerait-il même, qui voudrait inculper un ancien directeur du NASDAQ, avec des amis bien placés, et son propre réseau familial dans les instances de contrôle constitué d’un frère ici, d’une nièce là, de quoi offrir logiquement tout le temps nécessaire pour réagir en cas d’enquête. Une crise comme celle que nous traversons constitue le grain de sable : l’événement statistiquement impossible qui fait un jour capoter la combine. En 2008, tout est allé trop vite.

La justice n’est pas de ce monde, on le sait, mais la justice divine opère semble-t-il encore de temps à autre. Nul n’est à l’abri de la tragédie grecque. Avis aux grands de la terre qui se croient tout permis.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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