Archives par mot-clé : BNP Paribas

Chronique bancaire : ACCOMMODEMENTS AVEC LE CIEL, par François Leclerc

Billet invité.

L’actualité ne désemplit pas des nouvelles de malversations bancaires. Hier, le Crédit Suisse reconnaissait sa culpabilité auprès des autorités américaines et était condamné à verser 2,6 milliards de dollars d’amende, une grande première dont l’exemple pourrait être prochainement suivi par BNP Paribas, qui pourrait être en sus condamné à une colossale amende de l’ordre de 5 milliards de dollars… Ce matin, on apprenait que le Crédit Agricole, HSBC et JP Morgan étaient traînées par les autorités européennes sur le même banc d’infamie que Barclays, Deutsche Bank, Royal Bank of Scotland et la Société Générale à propos de leurs manipulations présumées du Libor (ces quatre dernières banques ayant été déjà condamnées à des amendes).

On était par la suite informé de découvertes qualifiées de « préoccupantes » par le Bafin, l’autorité allemand des marchés financiers, à propos de manipulations intervenant cette fois-ci sur le marché des changes. Afin d’en avoir une vision complète, l’enquête se poursuivra au-delà de la fin de cette année, était-il précisé, laissant entendre qu’il y avait de quoi faire. En attendant, après la Deutsche Bank, c’était aujourd’hui au tour de la seconde banque allemande, Commerzbank, de suspendre des traders selon un rituel bien installé. Pour mémoire, la Banque d’Angleterre a procédé de même début mars. Il n’est pas conseillé d’être lampiste, ces temps-ci. Devant un tel spectacle, il est réconfortant quand des règles sont respectées dans ce monde sans foi ni loi de la finance. Et que des dirigeants montrent l’exemple en prenant des mesures afin de faire respecter par les banques de leur pays les ratios de fonds propres de la réglementation Bâle III.

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CES TAPIS QU’IL N’EST PAS TROP TARD DE SOULEVER, par François Leclerc

Billet invité.

Les banques BNP Paribas et Crédit Suisse vont-elles faire les frais d’un durcissement des autorités américaines et d’une grande première ? La procédure de règlement à l’amiable permettant de mettre fin aux poursuites judiciaires en payant une forte amende sans avoir à reconnaître sa culpabilité va-t-elle cesser d’être systématiquement employée aux États-Unis ?

Après avoir été considérées comme trop grosses pour faire faillite (« too big to fail »), et à ce titre renflouées sans trop y regarder, les grandes banques bénéficiaient d’une autre protection de facto : elles étaient trop grosses pour aller en prison (« Too big to jail »). Il semblait inconcevable que les poursuites engagées puissent, sans aller jusque-là, aboutir à des condamnations en bonne et due forme, en raison du rôle prédominant joué par les banques et des conséquences économiques qui en résulteraient. Par voie de conséquence, les amendes des régulateurs pleuvaient, mais une mansuétude relative s’était installée.

Eric Holder, le ministre de la justice, a bouleversé lundi ce paysage en affirmant qu’aucune « entité n’est trop grande pour faire l’objet de poursuites ». S’il s’est refusé à identifier les banques qui pourraient faire les frais de ce changement de politique, la presse américaine a désigné le Crédit Suisse et BNP Paribas comme étant dans le collimateur. La première pour avoir permis à des milliers de citoyens américains fortunés d’échapper au fisc (pour un montant reconnu par la banque d’environ 7 milliards de dollars), la seconde pour avoir réalisé des transactions en dollars entre 2002 et 2009 avec des pays soumis à des sanctions économiques (Iran, Soudan, Libye, Cuba…).

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FRAUDE FISCALE : J’AI VRAIMENT BIEN DE LA CHANCE !

Vous savez, j’ai vraiment bien de la chance. Le soldat Bradley Manning est traduit en justice en ce moment-même, devant une cour martiale aux États-Unis ; Julian Assange est confiné à l’ambassade de l’Équateur à Londres, sachant qu’il sera arrêté s’il cherchait à en sortir ; Aaron Swartz s’est suicidé, la rumeur voulant que la raison en est son intime conviction qu’il serait inculpé de bien davantage que d’effraction d’une base de données universitaire ; quant à Edward Snowden, il est quelque part à Hong Kong, et pas près d’en sortir. Tout cela pour avoir répété des horreurs : des choses abominables que l’on chuchote sans doute mais que l’on ne dit jamais, au grand jamais, à voix haute. Et moi, je m’apprête à vous répéter des horreurs du même acabit alors que, assis confortablement dans mon fauteuil, je ne cours absolument aucun risque d’arrestation.

Pourquoi ? parce que je vais me contenter de mettre sur le papier ce que je viens d’entendre dire dans une vidéo sur un site-toile, et que je n’ai même pas à me presser à la pensée que ce matériau subversif risque de disparaître dans les secondes qui viennent pour être remplacé par un laconique : « Retiré par l’usager » puisque le site en question est celui du Sénat de la république française, et que je ne ferai rien de plus que rapporter les propos de M. Pierre Condamin-Gerbier, gestionnaire de fortune, ancien associé-gérant chez Reyl Private Office, devant la Commission d’enquête sur le rôle des banques et acteurs financiers, le 12 juin 2013, autrement dit, mercredi de la semaine dernière.

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L’actualité de la crise : TRANSPARENTES PAROLES DE BANQUIER, par François Leclerc

Billet invité.

Concours de beauté ou tour de passe-passe ? A les écouter, on ne sait plus trop quoi penser des discours que nous délivrent les banques européennes. Toutes en sourire, certaines affectent d’être prêtes à franchir l’obstacle de Bâle III, tandis que d’autres continuent d’agiter le chiffon rouge du crédit plus cher et moins abondant qui en résultera. Faut-il toutes les croire ?

Ce qui est certain, c’est qu’il leur faut être prêt sans tarder, la course allant être lancée par le G20, qui va dans les jours qui viennent poser un acte se voulant essentiel, avec l’adoption des mesures de renforcement des fonds propres adoptées par le Comité de Bâle. Avec l’intention – perdue d’avance – de reléguer autant que possible au second plan ses désaccords internes sur le sujet brûlant du moment : la guerre des monnaies. Sans s’attarder sur le chapitre suivant de la réglementation, qui vise à se prémunir contre le risque systémique en durcissant encore plus les critères de fonds propres, perspective qui déclenche un tir de barrage des mégabanques et qui est prudemment repoussée.

Ces dernières affichent qu’elles vont anticiper le calendrier réglementaire en passe d’être décidé, mais qu’il ne faudrait pas davantage charger la barque. Qu’elles vont parvenir à rentrer dans les clous en réglant les dividendes en actions, ou en affectant aux réserves les résultats qu’elles accumulent actuellement aux bons soins des banques centrales, sans avoir besoin d’augmenter leur capital en faisant appel aux actionnaires ou en l’ouvrant à d’autres. Quitte à céder des actifs ou, mieux encore, à accroître les résultats de leur activité de dépôt grâce aux frais bancaires.

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