Archives par mot-clé : Cécile Duflot

Syriza en France, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Alexis Tsipras a donc pris donc ses responsabilités, face à l’Europe et face à ses électeurs mais en Europe, il faudra bien aussi que des responsabilités soient prises.

C’est notamment le cas en France puisque des élections cruciales arrivent bientôt, avec les cantonales en mars 2015. Cela peut ainsi paraître étrange de donner à ces élections une valeur majeure mais celles-ci sont de fait essentielles au parti au pouvoir, le Parti Socialiste, lequel est structurellement dépendant de ses élus locaux. Si comme cela pourrait se confirmer des effets d’éviction des candidats du PS par un fractionnement des alliances, notamment des Verts s’alliant dans des centaines de cantons à la gauche de la gauche, devaient se produire, un nombre important d’élus locaux PS se verraient distancés au premier tour, soit par des candidats de gauche ‘alternatifs’, soit par le FN.

La résultante serait politiquement catastrophique pour le PS et le pouvoir exécutif car les opposants au sein du PS verraient ainsi confirmer leurs propres positions lors du prochain congrès en juin 2015.

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Sexisme !

Le mot « sexisme » est un mot que j’emploie avec parcimonie, la preuve en est qu’en sept ans de blog et en 4.822 billets (je viens d’aller voir !), je ne l’ai jamais utilisé.

Il existe entre les êtres humains des rapports de force, des abus de pouvoir, des chantages, des harcèlements et des viols. Le fort les exerce sur le faible. Ma propre carrière dans la recherche scientifique (je ne dis pas dans l’enseignement supérieur, ce qui est une autre histoire) s’est interrompue parce que j’ai refusé un chantage sexuel à la titularisation de mon poste. Pourquoi je ne l’ai jamais mentionné jusqu’ici, préférant laisser un blanc bizarre dans mon curieux parcours de carrière ? Pour la même raison que toutes celles et tous ceux qui ont préféré se taire après avoir été victime d’un tel abus : parce qu’alors que l’on sort en réalité grandie ou grandi d’avoir fait prévaloir son refus d’être un objet pour un détenteur de pouvoir, on n’en sort pas moins « sale » et « crasseux » : « sale » et « crasseux », comme je l’ai dit l’autre jour, de devoir porter soi-même la honte du puissant ou de la puissante, à sa place, parce que lui ou elle, tout à sa morgue et à son ivresse, n’en a pas.

Le sexisme, c’est la justification, à ses propres yeux, d’une légitimité du rapport de force, de l’abus de pouvoir, du chantage, du harcèlement, du viol, exercé sur une autre ou sur un autre parce qu’elle ou lui est d’un autre sexe, considéré comme inférieur et à ce titre, objet naturel et légitime de l’abus.

Pourquoi parler de cela aujourd’hui ? Parce que l’on me reproche dans des courriers de parler en bien (et ce n’est pas fini, je vous l’assure !) des livres de Cécile Duflot : De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion et de Valérie Trierweiler : Merci pour ce moment et que dans les propos qui sont tenus, sous un très mince vernis de « respect pour la vie privée » et de « respect pour la fonction présidentielle », c’est en réalité le visage hideux du sexisme qui grimace.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 5 SEPTEMBRE 2014 (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 5 septembre 2014. Merci à Olivier Brouwer.

Bonjour, on est le vendredi 5 septembre 2014, et c’est l’anniversaire de mon petit-fils William, qui a un an.

Aujourd’hui je fais très vite, parce que je suis très très en retard, et si je veux que ce soit encore publié aujourd’hui, il faut que je fasse rapidement.

Qu’est-ce qu’on fait ? Quatre livres : on parle de quatre livres.

Ça c’est le premier, voilà, il est chez l’éditeur, ça s’appelle Paul Jorion et Bruno Colmant, Penser l’économie autrement (conversations avec Marc Lambrechts), et ça va démarrer comme un feu d’artifice le 10 septembre, c’est à dire la semaine prochaine. Vous verrez ça : il y a des choses dans les journaux, à la radio, beaucoup en Belgique, parce qu’en Belgique, cette rencontre sur une couverture des noms de Paul Jorion et de Bruno Colmant, ça fait jaser. Parce qu’on sait qu’en principe, ils ont des opinions assez opposées, que l’un est « un penseur de gauche », comme dit la [4ème de] couverture, et l’autre, « un économiste de droite ». Alors ça sort donc en librairie le 10 septembre, c’est à dire mercredi prochain.

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Le temps qu’il fait le 5 septembre 2014

Sur Dailymotion, c’est ici.

Paul Jorion & Bruno Colmant, Penser l’économie autrement (conversations avec Marc Lambrechts), Fayard

Michel Denisot, Brèves de vies, Fayard

Blog de PJ, Sales et crasseux, le 4 septembre 2014

Cécile Duflot, De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion, Fayard

Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment, Les arènes

Welcome to New York (2014) d’Abel Ferrara

Paul Jorion : « Le secret de la chambre chinoise »L’Homme 1999

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Sales et crasseux

Ces temps sont troublés et l’histoire s’accélère. Du coup, je lis un genre de littérature qui m’est très inhabituel : j’ai terminé de lire dans le train qui me mène vers Paris De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion, de Cécile Duflot. À la Gare Montparnasse j’ai acheté Merci pour ce moment de Valérie Trierweiler.

Dans mes efforts de comprendre « les temps qui sont les nôtres », j’ai en permanence une liste interminable de choses à lire de toute urgence, et je la recompose dix fois dans la journée. Depuis que je fais cela, des livres comme ces deux-là ne se sont jamais retrouvés là, aussi longue qu’ait pu être ma liste.

C’est très bien, le livre de Duflot : il faut le lire. On y retrouve une denrée rare : une femme qui fait de la politique en citoyenne, et qui s’accroche, malgré les tirs de bazooka en sa direction de ceux qui font eux de la politique en mafieux. « Crasseuse », c’est le terme que lui applique Cahuzac. Oui, Cahuzac, d’entre tous les hommes !

Duflot est blessée en tant que personne et on la comprend, mais c’est en citoyenne qu’elle est écœurée quand c’est sous les applaudissements de son équipe que le susdit abandonne sa fonction. Et là aussi, on la comprend car ceux qui ont applaudi sont plus que probablement encore en place : ils nous dirigent toujours.

Sommes-nous tombés si bas ? C’est sans doute pour tenter de trouver la réponse que l’envie m’est venue de lire le second ouvrage : celui qui paraît aujourd’hui. Je ne suis pas bien avancé dans la lecture de Merci pour ce moment mais ce que j’ai lu jusqu’ici m’a ému.

« Il m’est apparu comme une évidence que la seule manière de reprendre le contrôle de ma vie était de la raconter. J’ai souffert de ne pas avoir été comprise, d’avoir été trop salie ».

La salissure, encore une fois.

Ceux qui se sentent purs : purs de tout leur or ou de tout leur pouvoir accumulé, veulent que nous, nous qui avons d’autres intérêts dans la vie, nous nous sentions sales : sales de ne pas avoir compris, comme eux ont su le faire, « comment marche véritablement le monde ».

Oui, ils nous font nous sentir sales : sales de toute la honte qui devrait être la leur et que nous éprouvons à leur place, avec ou sans dents.

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« Tout seuls, tout seuls, ouais ! ouais ! », par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

« Tout seuls, tout seuls, ouais ! ouais ! [1] »

Connaissez-vous la raison qui fait que le PS est au pouvoir, et pas (encore) le FN ?

Elle tient, entre autres, dans la structure même de la détestation des partis politiques par les Français.

Ainsi, si 85% des Français pensent que les partis politiques ne sont pas proches des réalités quotidiennes, ou 82% d’entre eux qu’ils ne sont pas adaptés à la situation du pays, 75% des Français jugent avoir une mauvaise opinion du PS, quasiment à jeu égal concernant le FN (74%).

La différence provient surtout quant à l’opinion entre les deux partis politiques, de la structuration de leurs mauvaises opinions : pour le PS, les ‘très mauvaises’ représentent 27% des réponses quand pour le FN cette catégorie en représente 48%, et les ‘assez mauvaises’ 48% pour le PS et 26% pour le FN [2].

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Arnaud, Benoît, Cécile et les autres, tous les autres…

Ouvert aux commentaires.

Entretien hier samedi d’Arnaud Montebourg accordé au Monde, déclaration de Benoît Hamon au Parisien aujourd’hui, sans compter la sortie du livre (*) de Cécile Duflot à paraître demain, où elle écrit tout le mal qu’elle pense des partis socialistes de droite, Cécile Duflot dont Hamon dit d’ailleurs du bien dans l’article du Parisien.

Il se passe donc des choses ces jours-ci au gouvernement, au Parti Socialiste et dans l’aile gauche d’EELV. L’une des lignes de force apparaît très clairement, car elle est martelée dans cet effort probablement concerté : pourquoi des gouvernements dits de gauche en France se sentent-ils obligés d’appliquer à la lettre et le doigt sur la couture, la politique conservatrice crasse définie par un parti de droite en Allemagne ? Question que ce trio n’est pas le seul à se poser et dont je ne serais pas surpris que 80% ou 90% des Français se la posent aussi.

On en saura davantage dans la journée, puisqu’il y aura des discours prononcés à la Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse par les deux premiers susdits et par d’autres, ceux que l’on appelle désormais les Frondeurs du P.S.

La France se réveillera-t-elle différente lundi matin ? Il est trop tôt pour le dire, mais le PS se réveillera sans doute différent puisqu’il y aura très certainement une voix de gauche à nouveau audible au sein de ce parti. Le fait que le Front National s’en affole à l’avance est en soi rassurant, lui qui trônait depuis quelques années sur son OPA réussie bien qu’illégitime, sur les idées de gauche. Prudence quand même : on reparlera de tout ça lundi matin, pour dire si le soufflé est déjà retombé ou s’il se passe vraiment quelque chose au sein de la gauche en France.

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(*) De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion (Fayard)

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