Arnaud, Benoît, Cécile et les autres, tous les autres…

Ouvert aux commentaires.

Entretien hier samedi d’Arnaud Montebourg accordé au Monde, déclaration de Benoît Hamon au Parisien aujourd’hui, sans compter la sortie du livre (*) de Cécile Duflot à paraître demain, où elle écrit tout le mal qu’elle pense des partis socialistes de droite, Cécile Duflot dont Hamon dit d’ailleurs du bien dans l’article du Parisien.

Il se passe donc des choses ces jours-ci au gouvernement, au Parti Socialiste et dans l’aile gauche d’EELV. L’une des lignes de force apparaît très clairement, car elle est martelée dans cet effort probablement concerté : pourquoi des gouvernements dits de gauche en France se sentent-ils obligés d’appliquer à la lettre et le doigt sur la couture, la politique conservatrice crasse définie par un parti de droite en Allemagne ? Question que ce trio n’est pas le seul à se poser et dont je ne serais pas surpris que 80% ou 90% des Français se la posent aussi.

On en saura davantage dans la journée, puisqu’il y aura des discours prononcés à la Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse par les deux premiers susdits et par d’autres, ceux que l’on appelle désormais les Frondeurs du P.S.

La France se réveillera-t-elle différente lundi matin ? Il est trop tôt pour le dire, mais le PS se réveillera sans doute différent puisqu’il y aura très certainement une voix de gauche à nouveau audible au sein de ce parti. Le fait que le Front National s’en affole à l’avance est en soi rassurant, lui qui trônait depuis quelques années sur son OPA réussie bien qu’illégitime, sur les idées de gauche. Prudence quand même : on reparlera de tout ça lundi matin, pour dire si le soufflé est déjà retombé ou s’il se passe vraiment quelque chose au sein de la gauche en France.

====================================================
(*) De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion (Fayard)

Partager :

51 réflexions sur « Arnaud, Benoît, Cécile et les autres, tous les autres… »

  1. Il ne se passera rien au PS, car seule une scission, que personne ne veut, permettra de s’affranchir d’une vulgate sociale démocrate mortifère.
    Or François Hollande tient en joue tout le politique grâce aux armes que les institutions de la Vème lui fournit. Le gouvernement n’est qu’un cabinet fantôme, tout le pouvoir est concentré à l’Élysée.
    Alors ? François Hollande va devoir affronter une crise de légitimité, qui remettra en cause la légalité de son action. A quel horizon ? Incapable de répondre, mais c’est une hypothèse qui ira se renforçant de jour en jour.
    Les seules perspectives d’espoir viendront de l’éclatement de la zone euro, cette échéance est inéluctable, la tectonique des tensions sociales, politiques, économiques sera implacable.

  2. Quoi? Le cadavre bougerait encore ?

    Le PS est devenu un parti de droite à partir de 1982.
    Le « programme commun » (1979-1981) était extrémiste et follement irréaliste.
    Après son abandon, tout se passe comme si le PS larguait en même temps
    tout travail de réflexions politiques sur la longue durée.
    Il ne reste que des coups médiatiques -beaucoup de flops- et des affolements pré-électoraux.

  3. C’est au Parisien que Hamon a fait son « sourire exécutif » aux frondeurs, pas au JDD.
    Attendons les universités d’été du PS pour la suite du feuilleton…

  4. « … politique conservatrice crasse définie par un parti de droite en Allemagne… »

    L’union monétaire et l’Euro tel qu’il existe a été initié et amplement définie par le Parti Socialiste Français : ses cadres, ministres, premiers ministres et Présidents de la République. Dire que leur bébé ne leur plait plus, pourquoi pas; mais nier la paternité, c’est un peu pathétique.

  5. Dans un temps reculé j’y aurais cru, mais trop d’effets de manches et de rodomontades ont terni leurs discours. FH déjà délégitimisé par le % d’adhésion des Français se sent libre de poursuivre sa « stratégie » économique et politique. rien à attendre.

  6. Ne pas oublier « l’appel à des primaires de l’autre gauche » « l’appel à des primaires de l’autre gauche » dans Libé, ainsi que les débats de l’Université d’été du parti de gauche.

    La recomposition politique à gauche entre dans une phase active. Mais par quel bout devrait-elle être menée ? En recherchant à formuler un Manifeste qui serait ensuite soumis à tous ceux qui se reconnaissent en lui, afin qu’ils en discutent et l’amendent si nécessaire.
    Un tel processus trouverait ainsi toute sa dimension.

    Qui en prendra l’initiative ?

    1. Personne, François, et c’est tant mieux.
      Car il est bien trop tôt pour sortir en pleine décomposition politique, sous prétexte qu’un coq vient de chanter le lever du soleil : le coq, emblème national, seul animal à chanter sur un tas de fumier, lequel n’est politiquement pas encore suffisamment alimenté pour que l’animal politique puisse voir poindre l’aube au bout de son bec.
      Par ailleurs, ‘l’autre appel’ apparaît surtout comme l’autre chance pour 2017 de tous ceux qui ne se sont pas résignés à ne pas être élus : tous ceux-là, les frondeurs du PS qui nous en rabattent déjà depuis long, les multiples candidats spontanés à l’UMP-pré/post-sarkozy, les centristes-oeildecyclone, les multiples et divers en qui le désir de servir et l’illumination jeanne-d’arcquienne taraude, tous ceux là devront se fader, pour leur plus grand bien (et le nôtre par conséquent) la voie du samouraï que nous promettent Hollande et qu’onsort, et ce jusqu’à non pas ce que mort s’ensuive (quoique, la politique est aussi mortelle : comme quoi, il y a un espoir, si celle-ci peut crever) mais sinon jusqu’aux prochaines élections en décembre 2015.
      Car, pour les sénatoriales, c’est déjà mort. Après …
      Après, c’est autre chose. MLP aura suffisamment capitalisée sur l’échec patent du ‘choc de l’offre’ et tous ces guignols se retrouveront alors, juste avant la dinde de Noël, à se rendre compte qu’ils sont tous déjà farcis, un an avant l’élection présidentielle.
      Montebourg n’a donc aucun intérêt à ‘partir maintenant’, Hamon encore moins, d’autant que tous deux agissent d’un commun accord avec Hollande et Valls (enfin, surtout avec ce dernier), histoire de contrer d’éventuelles véritables révoltes politiques internes au PS car on ne sait jamais. Chacun prend date pour plus tard, chacun fait ses petites alliances, chacun s’occupe à ses petites stratégies pour identifier qui bouge et qui ne bouge pas.
      A ce petit jeu là, les pôvres, ils ne se rendent pas compte qu’ils se feront tous avoir par Hollande. Lequel se fera bouffer par MLP.
      Vas-y François (Hollande), nique les tous !!
      Snif …
      Un seul m’a à moitié surpris (je m’y attendais mais pas si rapidement), c’est Méluche.
      Les autres, tous les autres, seraient bien inspirés de s’en, inspirer.

      Ps : les propositions de Montebourg sont affligeantes, entre parenthèses.
      Ni remise en cause du Pacte, ni des politiques d’austérité liées à la dette, seulement du rythme. Décidément, que ce soit Hamon Ministre scolaire ou Montebourg Ministre écomimiques, ces gens ont le rythme (politique) dans la peau …

  7. Bonjour. Que des politiciens professionnels, ministres du gouvernement français, fassent mine de quitter un navire en perdition doit-il faire naître un quelconque espoir qu’enfin la gauche, ses idées etc… (la gauche et ses idées, vaste sujet!)? En quoi doit-on considérer que des membres essentiels de ce gouvernement sont plus fiables en dénonçant qu’en appliquant, ce qu’ils font sans honte ni scrupule d’un même pas? Comme disait le « ché », quand on est ministre (etc…). Tout ceci s’apparente à une nouvelle manoeuvre qui ne trompera que ceux qui croient au Père Noël ou à la disparition de la lutte des classes. Seule utilité de ces palinodies (nom d’un voilier ayant appartenu à M. Gaston Defferre), dévoiler aux yeux de ceux qui l’ignoreraient encore qu’une autre politique est possible (hors de l’Union européenne, cela va de soi). Ne serait-il pas judicieux, au terme de deux ans de social-libéralisme, d’appeler enfin un chat un chat? Sans aller jusqu’à prétendre que le règne de M. Hollande est pire que celui de M. Sarkozy comme le fait M. Mélanchon, convenons qu’il y a une grande bassesse et un cynisme sans limite pour siéger dans cette équipe gouvernementale en faisant mine de s’opposer à ce qui est décidé « en haut lieu ». Ces gens mènent une politique de droite très dure, et ne valent pas mieux que leurs adversaires. Croire en un « gauchissement » du PS serait prolonger une illusion mortelle pour la démocratie, et dangereuse pour la France. Je crois que Mme Le Pen peut dormir tranquille, elle a des alliés précieux à la tête de l’Etat. Cordialement.

    1. ceux qui croient au Père Noël ou à la disparition de la lutte des classes

      Et, pire, que dire de ceux qui croient encore que cette lutte des classes ait jamais existé…

  8. La « fronde » de quelques uns est-elle réelle ou un artifice pour produire une illusion?
    Il faudra laisser le temps nous indiquer le sens de la pente du sentier qui semble vouloir s’ouvrir à un moment où tout semble bloqué, où la politique de l’ensemble des gouvernement de la zone euro, et même autour, semble emmener la société dans le mur de la déliquescence, amenant une pauvreté sans cesse accrue pour le plus grand nombre.
    Nous sommes en droit à nous demander si ceux qui manifestent leur désaccord n’auraient pas dû le faire plus tôt et empêcher, par simple esprit de justice et de respect des engagements pris auprès de leurs électeurs, les lois scélérates organisant la destruction du système social bâti au lendemain de la dernière guerre, « les jours heureux » du CNR.
    Il faut dire que l’ensemble des acteurs de « gauche » et les syndicats se sont habitués, depuis 1983 à avaler les couleuvres du libéralisme triomphant, à adopter le vocabulaire et la novlangue qui dit le contraire exact de ce qu’un mot semble dire. Ne serait que le mot transparence qui à chaque fois qu’il est utilisé recouvre des actions inaccessibles au citoyen.
    Sans toutefois vouloir mettre en doute la volonté des « frondeurs » à revenir en arrière sur les destructions du corps social organisé par le gouvernement mené par F. Hollande, on est en droit légitime de prendre ce revirement avec les pincettes de la prudence.
    C’est bien connu, les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Donc attendons comment le PS et ses alliés vont digérer cette fronde.

    1. Le rejet, la rancœur et la dénonciation ne font pas une politique ! Le doute est toujours permis, mais il n’y a rien de mieux que l’épreuve du feu pour le confirmer ou le dépasser.

      1. Le rejet, la rancœur et la dénonciation ne font pas une politique !

        Non mais ça fait une place assurée au second tour dans une éjection provinciale européenne dans 33 mois…

      2. Tout à fait d’accord : il ne suffit pas de manifester son désaccord, il va bien falloir aux frondeurs faire des propositions précises pour contrer la politique actuelle du gouvernement. Mais eux-aussi semblent vouloir, à l’instar de EELV dans le gouvernement Ayrault, rester à l’intérieur pour pouvoir agir. Le doute m’envahit…

    2. Il faut dire que l’ensemble des acteurs de « gauche » et les syndicats se sont habitués, depuis 1983 à avaler les couleuvres du libéralisme triomphant, à adopter le vocabulaire et la novlangue qui dit le contraire exact de ce qu’un mot semble dire.

      Tout à fait vrai. Ces couleuvres à avaler, c’est ce qu’ils appellent la pédagogie. Souvent les politiques expliquent aux électeurs que si leur politique n’est pas approuvée, c’est uniquement par manque de pédagogie de leur part, comme si on ne comprenait pas où ils veulent en venir. A la fin de leur bla-bla nous devrions approuver la Science économique. Le TINA est la seule perspective au PS. C’est plutôt au peuple de faire preuve de pédagogie à ces élus pour se faire comprendre.

  9. Ces trois la ont bien calculé leur coup :
    Ils se font un joli coup de pub en redorant ainsi leur image de gauchistes, après avoir participé à la pire des politiques libérales, et évitent du même coup, maintenant que ça coince, de sombrer avec Hollande.
    Du grand art.

    Et, cerise sur le gâteau, Duflot va vendre un bouquin avec promotion gratuite garantie!

  10. C’est l’optimisme de Paul Jorion qui me fait aimer ce blog. Ses analyses sont cruelles et lucides et pourtant il se débrouille pour garder un peu d’espoir. Mais sur le PS je n’arrive pas à le suivre.
    Ces « rébellions » pour moi ce n’est que du théâtre et pas très bon en plus. Comment peut-on accepter , pendant des années , de faire ce qu’on réprouve ? Pourquoi aurait-on du jour au lendemain une rigueur morale dont on n’a jamais fait preuve ? Eh oui , j’ose parler de morale !!

      1. Franc soleil à Bordeaux et pour l’optimisme, m’est avis qu’il vaudrait mieux chercher des raisons à droite qu’à gauche (i.e que nulle part).

      2. @Vigneron :

        Séduit par Juppé ? C’est vrai qu’il est bordelais .

        Si par contre , il doit embarquer dans ses valises mon caïd local ( Bernard Accoyer), il faut se préparer à un gouvernement élu sans programme et qui souhaite agir par voie d’ordonnances .

        C’est en tous cas l’idée émise par le dernier nommé qui consent quand même à ce que le nouveau président élu commence par un referendum l’autorisant à gouverner par recours aux ordonnances .

        Dans l’esprit FDG ce serait rigolo que ce soit un referendum pour créer une nouvelle constituante .

      3. Que faire d’autre par une journée aussi ensoleillée ? dérouiller ses esprits animaux, écouter les « woodstock » ,qui rendent optimiste ou nostalgique ( grand merci PJ) , rigoler en regardant la photo de Cécile Duflot -dans le Monde papier,figure de proue naviguant vers un avenir radieux et Pythie clairvoyante ?? de quoi ? ce n’est certainement pas le programme de La Rochelle qui va nous faire éclater de joie : un poudingue tellement farci ou farcesque que même un pâtissier-étoilé de Top-Chef s’en étoufferait illico …..Quant aux frondeurs , qu’ont-ils dans leurs bissacs ? la satisfaction de faire la Une des Médias . Je vais avec toute la maisonnée reprendre un coup de Woodstock .

      4. Le suspense est insoutenable.

        Vigneron me fait penser que je n’ai plus de bouillie bordelaise. A force d’en mettre à droite et à gauche avec ce sale temps …

      5. j’ai oublié : pour finir en beauté cette journée ensoleillée ,on peut écouter ,de Boris Vian,
        « la java des chaussettes à clous » et « la java des bombes atomiques  » …

      6. Juan, rien à cirer de Juppé, je pensai plutôt aux initiatives et aux idées d’obédiences plus ou moins ouvertement libertaires/libertariennes qui deviennent de plus en plus consistantes, i.e dont l’écho se fait entendre partout dans le monde.
        C’est là que ça se passe désormais et ce qu’il reste de « gauche » ferait bien de très vite s’y replacer contre les multiples formes de droites et gauches ultra-réactionnaires et nationalistes de type « poutinien » autant que contre les libertariens oldschool type teabaggers.
        Ça signifie, par exemple, ne pas laisser les icônes planétaires (et libertariennes) Snowden et Assange « dans la main » de gonzes comme Poutine, Morales ou Rand Paul (et MLP ici).
        C’est les petits enfants de 68 qui vont faire bouger ce monde, pas les clones de fossiles de 17 ou même 45, définitivement bloqués sur la lutte des classes ou le CNR…

  11. Ciel gris (j’aime beaucoup le ciel gris) ou bleu, je ne parviens pas à être optimiste, même jusqu’à demain matin. Pessimiste? Réaliste? Je n’attends plus rien de ce parti dit socialiste, de ses chefs et cheffaillons passés, présents, à venir, rangés, frondeurs d’université en estive, (faux) offusqués ou effarouchés de tout poil. Comme ce Montebourg, pro-gaz de schiste, pro-mines d’or de terre et d’outre-mer, pro-barrages, pro-prime « écolo » de 4000 euros aux frais du contribuable pour l’achat d’un beau 4X4 « full hybrid », j’en passe et des pires. Rien parce qu’ils n’ont et n’auront décidément jamais rien compris aux enjeux de l’heure (il est minuit moins une -quelques années tout au plus pour avoir une chance de le faire-): sauver la planète pour nous sauver. L’auraient-ils compris qu’ils sont trop isolés pour que leur voix (voie) soit audible. Ainsi d’Yves Cochet (suis-je naïf si je ne doute pas de sa sincérité?), dont j’avais déjà posté ce texte dans un précédent et récent commentaire (je ne recommencerai plus):
    http://www.institutmomentum.org/wp-content/uploads/2014/07/sur-la-transition-energetique-et-l-avenir.pdf
    Je n’attends rien du péhesse comme de quelque parti de quelque couleur que ce soit (du rose de la rose, le PS n’a gardé que les épines), ici (en France) comme en Europe, puisqu’il est écrit que nous avons décidé (?) d’un destin commun. Droite, gauche ou groupuscule d’extrême-centre dont l’illustrissime chef à vie baille-rou était l’invité d’une matinale radiophonique d’avant-rentrée: quelle différence? Eh oui, même invités attendus, mêmes questions insipides, mêmes réponses cent fois entendues, mille fois éculées. Pas l’ombre d’un début de commencement de pensée. Encéphalogramme plat.
    Heureusement il y a l’abondance -gratuite! quelle horreur!- de la fin d’été, fruits et légumes peignés ou sauvages, donnés, échangés, pour me mettre en joie.
    Une société où l’avidité, l’envie, la soumission au(x) marché(s), la prédation de tous contre tout et tous sera remplacée par le partage, l’écoute, l’entente, la collaboration au bien commun. L’amour… Je ne suis pas optimiste, je rêve.

  12. J’aimerais partager cet optimisme du dimanche.
    Mais plusieurs points me font douter au plus haut point :
    – le système des partis est en opposition avec l’esprit d’une démocratie : seuls les plus avides de pouvoir, les moins honnêtes dans leurs paroles et convictions, parviennent au sommet d’un parti qui existe depuis longtemps, et donc à se présenter pour être élu au nom de ce parti ;
    – le PS, comme l’UMP, est un parti formé de plusieurs partis, plusieurs tendances, qui sont loin d’être toutes à gauche. Et même si une nouvelle ligne de force arrivait à former une majorité en son sein, elle n’arriverait jamais à vaincre la perte d’image médiatique irrémédiable causée par tous ceux qui l’ont précédée ;
    – les revenus et patrimoines de tous, je dis bien absolument tous, ceux cités dans cet article les disqualifient pour représenter à quelque niveau que ce soit au moins 70% des français. Oui, la lutte des classes est une réalité, et oui, elle est quasiment gagnée par les plus riches.

    J’ai une amie très proche qui a travaillé directement avec Cécile Duflot, par exemple. C’est quelqu’un de très humain, qui respecte ses subordonnés, et qui connait bien les rouages de la technocratie française. Mais qui s’éloigne de plus en plus de la réalité de ce que vit une très grande majorité de gens, et ne se rend donc plus compte de l’impact réel des décisions gouvernementales, et donc de qui en tire réellement les marrons du feu. A qui profite le crime, pour le dire autrement (toujours regarder où va l’argent).

  13. D’abord c’est la rentrée, il faut bien que les uns et les autres se repositionnent pour les prochains mois. Les Frondeurs ce sont essentiellement des proches d’Aubry, laquelle rumine à Lille ses vengeances et puis son avenir n’est plus vraiment devant. Alors Hamon et Montebourg veulent exister pour ne pas laisser tous ces parlementaires s’éparpiller. Exister pour accompagner aujourd’hui et obtenir un appui demain de ceux que l’on a accompagné. Et puis parmi les frondeurs il y a aussi le clan 91, tous ceux qui se bagarrent depuis de nombreuses années contre Manuel Valls au PS 91.

    Leurs préoccupations (Montebourg Hamon) ce sera d’organiser et de structurer des compromis dans la loi de finances en septembre, la toute dernière utile du quinquena.

    Duflot, c’est aussi une très très proche d’Aubry, elle cherche à se reclasser politiquement Gauche-Gauche. Mais pourquoi faire ? Avec son bouquin elle vient de se griller politiquement. Elle cherche surtout à faire diversion, parce qu’elle ne supporte pas que l’on dise qu’elle a totalement réussi avec sa loi ALUR non pas à relancer la construction, mais à tout bloquer. La maîtrise absolue de ce qu’il ne faut pas faire en Politique : se mettre tout le monde à dos.
    Et puis, elle a refusé le job pour lequel les Ecolos militent depuis des lustres.
    Chez le EELV, il y a ceux qui portent une veste verte pour se faire élire avec les voix du PS et les autres, les écolos, eux ils ont des diplômes, ils ont passé des concours et ils sont à des postes de responsabilités dans nombre d’administrations. Et puis, autres perspectives de tensions, les Régionales c’est pour la fin de l’an prochain et les débats internes aux Verts sont promis à des luttes féroces entre ceux qui voudront participer à la gestion des régions et ceux qui voudront en découdre parce qu’ils croient qu’ils auront un avenir. Ils sont toutefois présents dans la quasi totalité des exécutifs régionaux. Ils vont assumer ??

    Le Parti de Gauche lui il implose, le PCF préférera disparaître que d’être une composante d’un groupe politique dont le dénominateur commun est d’être, contre, c’est une posture de principe, et d’autres composantes, pour et accrochés à des tas d’idées qui déplaisent fortement aux autres.

    Nouvelle Donne : Eux espèrent récupérer des militants du Front de Gauche et d’autres de EELV et puis ils croient en plus récupérer la Gauche-Gauche du PS. Ils croient que des People ça pèse plus lourd que des énarques et autres DGS. La Politique doit faire rêver disent des militants et l’ingénierie des idées politiques ça fait quoi ?

    Le problème de toutes ces personnes passionnées c’est de croire que l’on gouverne un pays avec une majorité et des lois et surtout de croire que discuter, négocier, faire des compromis c’est un mode abject d’exercice du pouvoir. Gouverner c’est convaincre et entraîner bien au delà de son camp.

    Vincent Placé l’a redit aux EELV après la sortie d’Eva Joly : si nous partons dispersés lors de la présidentielle et bien ce sera un deuxième tour Droite contre Droite. Juppé est déjà assuré du soutien de Bayrou….. Pour jouer la finale, il faut être qualifié.

    Et puis, il y a la Droite OrdoLibérale Allemande et Bruxelles. Mais, si l’on se mettait 5 minutes à regarder les choses en face. Depuis des décennies, les Français font quoi pour être présents dans la Commission et, dans les administrations de la Commission et du Conseil ? C’est une punition que d’être muté à Bruxelles ? Combien de Français prennent le Thalys pour participer aux réunions de travail qui débouchent sur des Directives ?
    L’OrdoLibéralisme Allemand il est dans leur  » Loi fondamentale » et si le SPD rechigne, il préfère que ce soit Montebourg qui le dise pour ne pas se prendre une campagne de presse de Bild et des autres médias au service de la branche la plus conservatrice de la CDU et ceci durant des semaines.

    Merkel a t-elle conscience qu’elle est dans une zone monétaire et que nous y sommes tous différents. Oui, ce n’est pas demain la veille que ces différents peuples se mettront à fonctionner de la même façon. Alors, si l’Allemagne veut garder pour elle tous ses excédents et, entre autre, ne même plus entretenir ses infrastructures, à quoi Madame Merkel est-ce utile de faire l’union Européenne et d’avoir une monnaie unique ?? Elle pèse quoi et combien l’Allemagne en ce moment face à la Russie de Poutine ??
    L’Italie, la France, l’Espagne accueillent en ce moment, toute la misère du monde pendant que le Gouvernement Allemand proteste parce que la France laisse circuler des immigrés vers l’Allemagne, ce pays qui a besoin de 400 000 pers chaque année pour faire tourner ses entreprises.

    Hollande a cherché à convaincre Merkel, en vain, Sarkosy avait signé un Traité et, il ne faut pas être seul pour le renégocier. Hollande a soutenu Juncker contre Merkel pour les Européennes, et maintenant il faut composer la Commission et changer de politique.

    Montebourg peut dire tout haut ce qu’il pense de la Droite Allemande. Hollande lui ne le peut pas.

    Oui il faut parler aux Allemands, oui nous avons tous de nombreuses relations avec des Allemands avec qui nous entretenons des relations familiales ou amicales ou professionnelles. Montebourg à raison de mettre le doigt là où est le problème : la politique budgétaire imposée par la Droite Allemande à l’Union Européenne.

    Plutôt que de se divertir comme le fait et vont continuer à le faire les médias durant 10 jours, avec les bisbilles politiciennes, il ne faut pas oublier comment fonctionne Merkel :
    [Le Monde ] Angela Merkel a répété que la compétitivité d’un pays européen ne doit pas être mesurée à l’aune de celle des autres pays européens, mais être appréciée  » à l’échelle mondiale « .

    Alors à quoi ça sert l’Union ???

    Mme Merkel a dit : « et c’est une différence essentielle avec les Américains, [et surtout les Français dans l’Union] a-t-elle noté, la situation démographique de l’Europe, notamment de l’Allemagne, lui interdit de compter sur les générations futures pour régler les dettes actuelles »

    (77,8 du PIB encore à régler avant de mourir ?).

    Enfin, à Lindau (lac de Constance), devant de Nombreux Nobel, Mme Merkel n’en a pas fait mystère : l’opinion des Allemands compte bien davantage à ses yeux que celle des Prix Nobel d’économie. [Le Monde]

    Là est le vrai dossier de la rentrée : contrer Merkel et encourager Draghi qui a déclaré à Jackson Hole : the risks of “doing too little” – i.e. that cyclical unemployment becomes structural – outweigh those of “doing too much” – that is, excessive upward wage and price pressures

    1. Tout ça me semble très bien vu. Donc la priorité c’est de parler avec les allemands – comme toujours. Chose pour laquelle Maître Corbeau Montebourg est désormais moins que jamais qualifié, cqfd. Qui aura récupéré le fromage de Maître Montebourg ?

      1. Vigneron
        Parler avec les Allemands c’est bien, mais sera inutile. Le gouvernement francais acutellement en place et en particulier Monsieur Hollande n’ont pas une presse favorable auprès des Allemands qui estiment qu’il suffirait accoucher des réformes telles qu’elles sont mijotées par Fillon, pour que la France aie mieux. C’est une posture autoritaire bien-sûr et fantasque. L’Allemagne n’est pas un modèle, il suffit de se renseigner sur la précarité/paupérisation galopante dans ce pays. Merkel est chancelière, mais le régent véritable de l’Alemagne c’est Wall Street, la City, la BCE, le patronat……….Merkel n’est que leur domestique.

  14. Je voudrais poser une petite question presque hors sujet (je profite de l’ouverture des commentaires) : si les décisions prises par M. F. Hollande résultent (si j’ai bien suivi) de la dynamique de ses affects (tout comme d’ailleurs le frémissement des frondeurs suivrait également le gradient du potentiel de leurs affects) est-il possible d’agir collectivement (il faut, je pense, se méfier des situations où un marionnettiste tirerait les ficelles en coulisse) pour mieux orienter ces décisions ?

    Plus exactement :
    * jusqu’à quand faut-il remonter dans le passé pour trouver les ressorts de la dynamique qui affecte (pardon) la décision à prendre demain et d’ailleurs est-il nécessaire de remonter aux origines des affects pour espérer infléchir cette décision ?
    * quel est l’impact des proches, des conseillers, de l’assemblée, du sénat, des opposants, des lobbyistes, des conjoints ou conjointes, des amants ou maîtresses, de l’Histoire, de la géopolitique … sur la dynamique d’affects d’un décideur ?
    * la vie depuis la naissance, l’éducation, le parcours politique, l’ensemble des positions prise dans le temps sur différents sujets ou différents projets de lois peuvent-ils nous donner, à nous électeur, des informations utiles concernant la dynamique d’affects de ceux qui sollicitent notre suffrage ?
    * d’autres questions que trouverons les fins esprits qui fréquentent ce blog…

    Il est difficile de savoir si la réponse à ces questions ne serviraient pas en premier lieu les intérêts des marionnettistes (à commencer par les publicistes) mais pour, disons l’intérêt de la science, ne serait-il pas opportun de créer sans plus tarder quelque chose comme un « Institut d’études théoriques et expérimentales de la prise de décision chez les humain » ?

      1. Il me semble que PJ s’est donné et se donne encore beaucoup de mal pour nous faire voir où nous a conduit la rationalité occidentale et pour nous montrer d’autres types de rationalité (« comment la vérité et la réalité furent inventées », « principes des systèmes intelligents », etc.). Aussi j’ose croire que votre propre commentaire est ironique.
        Perso j’interviens sur ce blog pour tenter de diffuser la pensée de René Thom. Sur ce point précis de la rationalité, à la mesure de ce que je crois avoir compris des deux, RT a avec PJ beaucoup plus de points de convergence que de points de divergence. Thom insiste beaucoup sur le mode de pensée analogique (et sa théorie des catastrophes est une théorie hors substrat -platonicienne?- de l’analogie). Jorion insiste, lui, sur le mode de pensée symétrique (pour moi pas très éloigné du mode de pensée analogique). Tous les deux se rejoignent, je crois, pour reconnaître que le mode de pensée catalogique utilisé par les sophistes grecs et codifié par Aristote induit une rationalité trop étriquée pour convenablement rendre compte du « réel ».

    1. @Jenesauraisvoir Ironie ou pas, c’est une figure intéressante.
      C’est le système couplé du « tourniquet mnésique », qui fait que les mots au lieu d’êtres des « chréodes » qui nous permettent d’aller plus loin, de nous dépasser (un peu de Stiegler…) fait autour de l’attracteur un tourbillon qui fait faire du sur-place, au fond.
      Quand les mots quittent les choses pour lesquelles ils ont été forgés, dans le domaine politique en tout cas, on approche d’anomies ou de tyrannies diverses et variées, le plus fort étant qu’on ne lit pas pour autant dans le discours politique un porridge d’apories, mais un long patinage généralisé, la « langue de bois » pure étant un cas presque minoritaire aujourd’hui.
      Vous pouvez réécouter sur France-Culture l’émission de « Concordance des temps du 9 novembre 2013 ou l’excellentissime historien Patrick Boucheron parle de Sienne (son bouquin « Conjurer la peur » au Seuil) et de sa lecture des fresques de Lorenzetti de 1338 au Palais Communal, à une époque ou Sienne avait décidé de se doter de statut en iltalien (et non latin) et qu’ils soient bien clairs et lisibles de tous (au RdC du même palais communal), et où de nombreux cartouches de la fresque sont en effet en italien (~toscan).
      http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-les-cites-italiennes-laboratoires-d-une-republique-2013-11-09.
      D’où la vanité de se référer en effet à un mécanisme décisionnel cherchant à sonder la bifurcation où ils ont commencé à renoncer et à délier le dire et le faire. Vous me copierez cent lignes de « ceci est systémique », on a forgé quelque chose comme l’injonction contradictoire (« sois spontané, s’il te plait ! ») à grande échelle. Le soin est aussi à un niveau systémique, PJ étant de ceux qui voient le système « d’assez en haut » pour parler de soins utiles (comme l’interdiction de la spéculation).

  15. …..pourquoi des gouvernements dits de gauche en France se sentent-ils obligés d’appliquer à la lettre et le doigt sur la couture, la politique conservatrice crasse définie par un parti de droite en Allemagne ?

    Il s’agit peut-être d’abord de se demander si la solution à nos problèmes récurrents de déséquilibre budgétaire, doit être étiquetée de droite ou de gauche quand il suffit seulement de décider de cesser de reporter l’effort à plus tard. La fuite en avant depuis 40 ans, en France, peut être autant estampillée de droite que de gauche.

    Alors pourquoi le retour à un comportement de saint équilibre de gestion, devrait-il être qualifié plus de gauche que de droite ? L’essentiel n’est-il pas d’y arriver en réduisant notre consommation au regard de notre production afin de pouvoir procéder aux investissements indispensables à notre maintien dans la course ?

    D’ailleurs, n’est-ce pas sous l’impulsion d’un homme de gauche, G. Schröder, que l’Allemagne à fournit les efforts nécessaires au début des années 2000, pour se mettre en situation d’y parvenir ?

    Il faudrait être d’une insoutenable mauvaise foi, pour qu’une démarche semblable menée sous l’impulsion d’un gouvernement socialiste en France, soit déclarée, elle, relever d’une politique de droite.

    1. On dirait un scénar pour film de série B, déjà tourné 50 fois, mais je les verrais mieux dans un péplum.

      Moi je regarde du côté de Nouvelle donne, mais ne sais pas trop quoi en penser. On se remonte le moral comme on peut.

      1. En fait, c’est ça la question.
        Se sont ils engagés en politique pour n’y faire que du cinéma ou, dans une époque lointaine, y ont ils cru (dans la politique) ?
        Sont ils tous comme ça ?

        Si oui, ça veut peut être dire qu’ils sont plus malins qu’ils en ont l’air, nos politiques du PS. (l’UMP on savait déjà) Ils ont choisi un job qui paye bien sans trop se fatiguer, une bonne retraite encore jeune, possibilité de rebondir dans un autre domaine par la suite… Y’a peut être que Bayrou qui y croit!, le pôvre,

      2. Il faut y aller voir pour comprendre que c’est pis encore que tout le reste.

        Vous pensez à qui en écrivant ça ? Le PS ou nouvelle donne ? :/

  16. Le PS en deux ans a vu sa base se rétrécir progressivement, pas seulement en quantité mais en hétérogénéité. Le changement par l’intérieur ne peut qu’y rencontrer ses limites. La diversité s’est vue réduite de ceux qui principalement ne sont pas otages du PS par leurs ambitions, travail, voir affectivement. Ceux-là s’en sont aller (j’en fait parti), parceque à un moment il faut choisir entre son environnement familial, social, et une coquille qui se vide et se fait chaque jour plus sectaire voir « bushiste-« , avec moi ou contre moi. C’est dommage, mais c’est mécanique quand une direction nationale, gouvernementale prend en otage tout un parti. Que faut il attendre de cette nouvelle fronde? sans doute let malheureusement pas grand chose, vu les résultats de l’antérieure, celle des députés.
    De toutes façons on est vraiment fatigué de voir tout ce monde jouer avec nos espoirs, nos angoisses, on est vraiment près à les rejeter en bloc, sans discerner.
    Sont’-ils l’alibi du système PS ? Et s’ils ne le sont pas les Leguen, Leroux interviendront après les Caresch et autres … pour les faire taire ou discréditer.

  17. Lang juge l’attitude de Montebourg «suicidaire»

    Bon, faut tout de même pas exagérer. Montebourg s’est contenté d’animer la Fête de la Rose, l’emblème, me semble-t-il, du PS.

  18. En nommant Manuel Valls à la Primature, François Hollande pensait sans doute que ce dernier, surfant sur une relative popularité, pourrait inverser la tendance. Hélas, il s’est copieusement trompé. L’intelligence et le courage devraient donc commander son esprit et nous mettre en retraite cet homme qui est celui qui mine sa gouvernance. Mais, qui nommer à la place ?

Les commentaires sont fermés.