« Tout seuls, tout seuls, ouais ! ouais ! », par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

« Tout seuls, tout seuls, ouais ! ouais ! [1] »

Connaissez-vous la raison qui fait que le PS est au pouvoir, et pas (encore) le FN ?

Elle tient, entre autres, dans la structure même de la détestation des partis politiques par les Français.

Ainsi, si 85% des Français pensent que les partis politiques ne sont pas proches des réalités quotidiennes, ou 82% d’entre eux qu’ils ne sont pas adaptés à la situation du pays, 75% des Français jugent avoir une mauvaise opinion du PS, quasiment à jeu égal concernant le FN (74%).

La différence provient surtout quant à l’opinion entre les deux partis politiques, de la structuration de leurs mauvaises opinions : pour le PS, les ‘très mauvaises’ représentent 27% des réponses quand pour le FN cette catégorie en représente 48%, et les ‘assez mauvaises’ 48% pour le PS et 26% pour le FN [2].

Que cette inversion quasi parfaite des catégories de mauvaises opinions entre le FN et le PS puisse s’inverser entre les deux partis, tout le monde a désormais conscience que ce n’est qu’une question de temps : 2 ans et demi, environ [3].

Et puisque nous tournons autour de ces fameux ‘80%‘ dont nous parle Paul Jorion, on pourrait tout aussi bien citer les 63% de Français (les 2/3, ‘seulement’) qui sont favorables à une dissolution, qui entreront eux aussi dans cette catégorie, pour peu qu’on leur en laisse le temps.

On pourrait tout aussi bien citer une étude commanditée en juin de cette année par la CGT pour abonder en ce sens, étude évidemment passée au travers du filet médiatique tendu essentiellement autour des exigences du MEDEF et des pactes que le gouvernement signe avec lui : 87% des français pensent que le coût du capital pénalise l’économie, 80% que les efforts demandés aux Français sont injustement répartis, 79% qu’il faudrait augmenter les investissements, 73% pour fixer un revenu maximum aux dirigeants d’entreprise, 70% pour améliorer les conditions de travail, 69% pour fixer un maximum pour les dividendes,  66% pour augmenter les salaires, etc. Et si certes 81% estiment que le coût du travail pénalise l’économie [4], 40% d’entre ceux-là pensent que ce coût n’y contribue qu’un peu (contre 41% fortement), quand 58% de ceux-là estiment que le coût du capital pénalise l’économie fortement.

Enfin, on pourrait citer une dernière étude d’opinion, où 39% des Français se trouvent souvent en accord avec les idées du Front National (davantage que les 34% qui ne se déclarent ‘jamais’ d’accord avec les idées du FN), avec lesquelles une majorité ou quasi est en accord sur l’insécurité, l’immigration, la laïcité ou l’Islam.

Que peut-on déduire de ces  phénomènes en apparence dissociés ?

Qu’il existe des liens de causalité entre l’analyse que tirent très majoritairement (entre 2/3 et 8/10ème) les Français de la situation actuelle, de la politique menée actuellement, des solutions potentielles et entre le rejet, massif, du système de représentation partitaire comme mode d’expression politique pour résoudre démocratiquement les problématiques qui se posent à eux.

Et qu’en l’absence d’une possibilité de transformation interne au champ politique structuré sous la forme de partis politiques, cette expression démocratique passera tôt ou tard par un vote FN, le niveau de détestation de ce parti évoluant seulement avec le temps d’une crise dont rien ne peut prédire qu’elle pourra cesser, le niveau d’accord avec les idées du FN augmentant et permettant in fine de transformer petit à petit la structure du rejet du parti FN, comme tous les autres partis. On aura ainsi assisté à l’aboutissement de la ‘normalisation’ politique chère à Marine Le Pen, son parti devenant tout autant détesté que les autres et pouvant donc accéder ‘normalement’ au pouvoir …

En quelque sorte, puisqu’il est impossible de ‘faire autrement’, voire même simplement d’évoquer les alternatives possibles, les Français finiront donc par choisir la seule alternative que le champ politique leur laisse encore démocratiquement, à savoir voter FN, seul moyen de transformer ce champ politique en interne, quand bien même cela signifierait une transformation radicale : un magma, à qui on opposerait un bouchon, finira toujours pas trouver une sortie, quitte à ce que cela revienne à détruire le volcan qui lui sert d’ordinaire d’exutoire.

Car, force est d’admettre qu’en regardant à droite comme à gauche, il n’existe actuellement aucun signe d’une telle recomposition politique, sinon vers un chaos peu ou prou organisé de telle manière à ce que le jeu entre les joueurs puisse continuer de perdurer, l’essentiel étant acquis : une seule et même politique (avec des variantes) est désormais possible.

À droite, les seules stratégies envisageables restent les combats de chefs, surnageant parmi les scandales et les procès, en cours et à venir, la triangulation sarkozienne ayant par trop désaxé vers l’extrême-droite les électeurs pour que le sens stratégique ne revienne à un axe plus stable.

Au PS, on ne peut que constater que les acteurs continuent à surjouer cette sinistre farce, entre les tenants de la ligne officielle et les ‘dissidents’, farce qui se joue depuis maintenant plusieurs décennies : aux ‘dissidents’ le rôle démocratique de l’interpellation et de la remise en cause, à ceux qui gouvernent d’exercer leur pouvoir et les moutons seront bien gardés. Eventuellement, lorsque le rapport de force ou la contingence le permet, tel ‘dissident’ pourra accéder à l’exercice du pouvoir, se confrontant ainsi aux nouveaux ‘dissidents’. Thèses, antithèses, synthèses, le mouvement brownien du PS permet ainsi de faire s’entrechoquer les particules sans qu’à aucun moment il n’y ait un quelconque déplacement, tournant autour de son point d’origine, comme une sorte de ‘bruit perpétuel’ mais inaudible.

Inaudible en effet la position des ‘frondeurs’, qui disent pis que pendre d’un gouvernement dont ils ont pour autant voté la confiance par deux fois en s’abstenant de la lui refuser.

Inaudibles aussi les ex-ministres ‘démissionnés’, qui se présentèrent à l’Université d’été du PS, l’un (Benoît Hamon) étant ‘abstinent’, c’est-à-dire muet, et l’autre (Arnaud Montebourg) toujours auréolé de sa sempiternelle camarilla médiatique dont l’effet bénéfique n’est pour le moins qu’individuel : imagine-t-on un salarié qui aurait été ‘remercié’ la semaine précédente par sa direction et qui viendrait parader au conseil d’administration devant des actionnaires de son ex-entreprise pour défendre sa position, se targuant du poids de son expérience et de son poste passé pour faire valoir ses choix, sûr de son ‘bon droit’ mais sans tenter pour autant de renverser cette même direction ?

Les ‘dissidents’ et les ‘frondeurs’, combien de strapontins pliés pour combien de tables renversées ?

Inaudible aussi Christiane Taubira, ultime scène de cette tragi-comédie, qui s’en vient parader au beau milieu de ces ‘frondeurs’ sans piper mot, comme si en politique, le fait de ‘parler’ était le seul fait réel et qu’en l’absence (‘abstinence’ aurait dit Benoît Hamon) de prononcé, il ne pouvait y avoir de jugement politique.

Inaudible enfin Cécile Duflot, qui délivre un brûlot contre le pouvoir (ses ors, ses mors et ses torts) et qui dans une interview définit dans une clarté radicale ce qu’est la rente et comment se constitue l’accumulation de la richesse dans l’immobilier en France, sur le dos des citoyens payant l’impôt, au plus grand bénéfice des plus riches : mais que ne l’a-t-elle dit plus tôt, quand justement elle était au pouvoir ?

De fait, les citoyens, bien que conscients de l’impasse de la politique proposée actuellement, taclent tout autant les promoteurs d’une telle politique que ceux qui l’attaquent, puisque la plupart de ceux-là proviennent avant tout du sein même d’une telle politique et qui ne demandent, au mieux, qu’une ‘inflexion’ d’une politique à laquelle ils ont par ailleurs contribué précédemment [5] et sur le fond de laquelle ils ne s’opposent que sur la temporalité d’application et/ou ses nuances.

Absence donc de cohérence, absence de volonté sauf pour les plus entêtés (François Hollande n’a-t-il pas déclaré à l’Île de Sein que « la volonté triomphera », sûr de son destin ?), absence aussi de courage (dont Aristote disait que c’est la première des qualités humaines qui entraîne toutes les autres) pour que tous ces ‘dissidents’ et ces ‘frondeurs’ puissent transformer ce champ politique, condition sine qua non pour permettre à l’expression citoyenne de ne pas crever l’abcès sur le mauvais versant du volcan social.

À droite comme à gauche, en haut comme en bas, les citoyens français sont donc désormais seuls.

Certes, certains, à gauche, ont déjà commencé à tirer les leçons des multiples résultats électoraux, partiels d’abord, puis aux municipales et enfin aux européennes.

Emmanuelle Cosse, Secrétaire Nationale d’EELV, en premier, qui dès le mois de juin, avait tiré la sonnette l’alarme et exhorté dans une lettre envoyée à un certain nombre de partis politiques à travailler ensemble différentes problématiques de fond, sans voir autre chose que des réponses polies ou détournées, hormis le Parti de Gauche. Parti dont le co-président, Jean-Luc Mélenchon, a pris comme décision de se retirer de sa fonction et de s’engager à créer les conditions nécessaires à l’émergence d’un mouvement citoyen qu’il appelle de ses vœux, une insurrection citoyenne qui portera une VIème République.

Pour autant, là encore, la question de confiance perdurera tant que M. Mélenchon ne répondra pas à la question de ses intentions ‘pour 2017’, obérant du même coup le capital de sympathie qu’une telle décision pouvait engendrer. De même, il ne faudrait pas confondre la cause avec l’effet en politique, ce que dénoncent d’ailleurs les citoyens, quand Jean-Luc Mélenchon énonce comme objectif une VIème République quand ceci ne saurait être, au mieux, qu’un effet structurel : on n’appelle pas de ses vœux une ‘insurrection’, fusse-t-elle ‘citoyenne’, pour que celle-ci n’ait pour objet (dont se contretapent les Français) que de se constituer.

Autant demander à un magma de sortir d’un volcan pour en créer un autre : tout ça pour ça …

À ces quelques exceptions près donc, les citoyens français sont seuls pour l’instant, ce qui n’empêche nullement ceux qui ont engagé, de bonne foi, leur aggiornamento de continuer à produire dans ou hors du champ politique, dans l’attente que leurs efforts puissent un jour rencontrer une force politique qui pourra se saisir de leur travail ou inversement.

C’est à la fois une contrainte et un atout pour les citoyens.

Une contrainte, car cela les oblige à fournir des efforts supplémentaires pour sortir du cadre imposé.

Mais du même coup, c’est aussi un atout, puisqu’ils peuvent se passer des contraintes inhérentes à ce même champ, y compris par ailleurs d’avoir recours au FN comme ‘solution’ à cette enclosure politique.

Cette solitude nécessite aussi d’être partagée.

Car ceux-là même qui alimentent le mouvement brownien politique n’ont pas conscience que les citoyens ont désormais connaissance de leur solitude.

Il serait donc en premier lieu nécessaire de les en informer : « cessez vos petits jeux, ils ne nous intéressent plus », et « Ne comptez pas non plus sur nous pour y participer tant que vous continuerez ainsi ».

De sorte que quelle que soit l’option politique choisie dont la glose n’a plus aucun intérêt, entre perpétuation de la dissidence passive et dissolution active, la réponse ne relève plus que du temps qu’il reste au mandat de ces représentants : plus ou moins long.

En second lieu, les informer aussi que les citoyens n’ont plus peur de l’infantilisation constante du ‘grand méchant loup’ (le FN) dont le chantage permanent sert d’ultime argument pour perpétuer ce jeu : les pervers sont ceux qui, par incapacité de faire face à leurs responsabilités, transfèrent leur violence vers des plus faibles. Il faudra bien qu’ils fassent face à leurs responsabilités, puisqu’ils ont d’ores et déjà abandonné leur éthique de conviction.

Et en dernier lieu, que loin de renier l’héritage constant du système représentatif de notre démocratie et en refusant d’alimenter l’antiparlementarisme classique de l’extrême-droite, les citoyens se substitueront à leurs représentants dans le travail que ceux-ci devraient mener et qu’ils ne mènent pas ou peu, à savoir définir les conditions nécessaires et suffisantes pour faire face à une crise que l’INSEE a défini récemment comme ‘exceptionnelle par son ampleur et sa durée’ [6] et à ce que Paul Jorion qualifie rien moins que ‘la survie de l’espèce‘.

Au bout du bout, il y aura donc du travail pour tous (alors qu’il disparaît, paraît-il !), y compris pour ceux qui participent encore du champ politique tel qu’il est.

Encore faudra-t-il pour cela que les dits citoyens s’emparent non pas du pouvoir politique, mais bien du pouvoir de vaincre la peur d’être seuls.

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[1]   En référence au slogan des mouvements sociaux de 1995, ‘tous ensemble’.

[2]   L’UMP quant à elle est à 67% de mauvaises opinions, mais il est vrai que ce parti n’est plus au pouvoir depuis plus de 2 ans et que si la gabegie et le chaos semblent y régner, les feux des projecteurs se focalisent pour l’instant sur la majorité. Cette (toute) relative  ‘meilleure opinion’ est donc purement conjoncturelle.

[3]   À tel point que l’ex-‘dissident’ Benoît Hamon l’exprime ouvertement comme un incontournable pour l’élection présidentielle de 2017, la question n’étant plus de savoir si Marine Le Pen sera ou non en tête lors du premier tour mais bien de savoir qui sera derrière. Comme si rien ne pouvait plus être fait politiquement pour faire en sorte que cela n’advienne pas …

[4]   Ce qui n’est pas faux en soi, dans le cadre concurrentiel qui est le nôtre, où la dévaluation salariale et fiscale reste la seule arme économique possible dans la zone euro.

[5]   Notamment avec la mise en œuvre du CICE, Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi, pour plusieurs milliards d’euros, avec des effets d’aubaine marqués … pour le secteur bancaire et financier ! Sans évidemment que l’emploi n’en bénéficie, bien au contraire.

[6]   « La récession de 2009 est exceptionnelle par son ampleur et sa durée (cf. Insee Référence « Trente ans de vie économique et sociale »). Le choc sur l’activité a fait chuter les PIB régionaux et nationaux. Alors que le PIB de la France avait retrouvé son niveau initial au bout de 6 trimestres après la crise de  1973, il avait mis 8 trimestres en 1993 pour rebondir. Il aura fallu plus de 20 trimestres sans reprise significative du PIB pour retrouver le niveau de PIB de 2008 ». Sachant que le niveau de la croissance actuelle est nul en France, on ne peut que constater qu’on est loin d’en être sorti …

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38 réflexions sur « « Tout seuls, tout seuls, ouais ! ouais ! », par Zébu »

  1. Une simple observation qui date de l’après 10 mai 1981.De façon assez naturelle,diverses
    personnes,dont j’ai fait partie,ont eu l’idée de participer à des « GSE »(Groupements Sociaux d’
    Entreprises »).En l’espèce il s’agissait du GSE des Universités de Toulouse.(sauf erreur).
    Mon étonnement a été porté à son maximum lorsque j’ai effectué ce CONSTAT.Les membres
    présents qui prenaient la parole,tous,et durablement,SE CROYAIENT ENCORE DANS
    L’OPPOSITION,alors que,sauf erreur,la « Gauche » venait de l’emporter,après une station prolongée
    dans l’opposition,disons depuis quelque 23 ans.J’ai trouvé cela vraiment très étrange.

    1. http://www.franceculture.fr/oeuvre-montaigne-de-paul-mathias.html

      « Le monde n’est qu’une branloire pérenne : Toutes choses y branlent sans cesse, la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d’Egypte : et du branle public, et du leur. La constance même n’est autre chose qu’un branle plus languissant. Je ne puis assurer mon objet : il va trouble et chancelant, d’une ivresse naturelle. Je le prends en ce point, comme il est, en l’instant que je m’amuse à lui. Je ne peins pas l’être, je peins le passage : non un passage d’âge en autre, ou comme dit le peuple, de sept en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute. Il faut accommoder mon histoire à l’heure. Je pourrai tantôt changer, non de fortune seulement, mais aussi d’intention : C’est un contrerôle de divers et muables accidents, et d’imaginations irrésolues, et quand il y échoit, contraires : soit que je sois autre moi-même, soit que je saisisse les sujets, par autres circonstances, et considérations. »

      Cette citation de Montaigne nous rappelle une pensée très ancienne, celle d’ Heraclite d’ Ephese.
      Ce qui est , c’ est le mouvement . Pas de lieu ni temps, ni même le vide, sans mouvement.
      C’ est aussi la conception du Tao..

      C’ est difficile a imaginer pour nous habitués a la conception immobile de l’ être selon Parmenide.

      Tous ces sondages : « 87% des français pensent que le coût du capital pénalise l’économie »
      qu’ y a t il comme « multiplicité sous jacente », comme « mouvement sous jasent » dans cette conception apparament bien établie et bien fixe : « coût du capital » ?
      Ce retraité qui attend un loyer pour rembourser son credit et compléter sa maigre retraite, comprend t’ il la même chose que le salarié Bac+5 avec ses 3 enfants qui gagne a peine un smic et peine a payer le loyer de son 50 m² ?

      Ces 87% , Représentent t ils quelque mouvement autre que Brownien?
      Il y aura des déçus.
      Il faut arrêter avec les mesures autoritaires censées synthétiser « le Bien », car on ne connait pas a l’ avance le chemin en zig zag qui y mène, il faut la jouer fine, il faut coller au réel en visant loin et en adaptant le cap.

  2. Alors que le PIB de la France avait retrouvé son niveau initial au bout de 6 trimestres après la crise de 1973, il avait mis 8 trimestres en 1993 pour rebondir. Il aura fallu plus de 20 trimestres sans reprise significative du PIB pour retrouver le niveau de PIB de 2008 ». Sachant que le niveau de la croissance actuelle est nul en France, on ne peut que constater qu’on est loin d’en être sorti …

    Forcément puisque la croissance du PIB est directement corrélé à l’approvisionnement énergétique, http://www.manicore.com/documentation/energie.html http://www.manicore.com/documentation/emplois_energie.html aujourd’hui l’approvisionnement énergétique de l’Europe n’est plus en croissance il est tout à fait normal que l’oligarchie financière conserve sa croissance en nous la faisant payer par l’austérité, par l’annulation des taux d’intérêt sur l’épargne citoyenne .
    Nous n’avons pas d’autre alternative que la sobriété énergétique qui est tout le contraire d’une régression, mais il y a un préalable s’agissant de l’abolition de la rente de la propriété privée qui devient de plus en plus le fil conducteur de ce blog, et je m’en réjoui.

    1. ‘manicore’ de JM Jancovici doit devenir une lecture obligée à tout qui s’intéresse à notre civilisation en général et à l’économie en particulier. On y apprend que nous suivons assez précisément le pire des scénarios étudié par le club de Rome en 1968.(http://www.manicore.com/documentation/club_rome.html).
      Je résume (beaucoup) : Le pouvoir d’achat n’est rien d’autre que le pouvoir de détruire la nature.
      Donc:
      Si, comme espéré par les personnes généreuses sur ce blog, les 100 premières fortunes de ce globe sont distribuées aux 4 milliards de pauvres humains, ceux ci doubleront leurs destructions. On voit donc que la machine à concentrer la richesse certes pas sympathique a son utilité. (oui, je sais , je ne suis pas gentil). Plus généralement les politiques keynésiennes détruisent plus rapidement notre petite planète – hélas.

      1. Vous avez parfaitement raison et je suis heureux de lire un tel commentaire, lorsque vous dites :

        Si, comme espéré par les personnes généreuses sur ce blog, les 100 premières fortunes de ce globe sont distribuées aux 4 milliards de pauvres humains, ceux ci doubleront leurs destructions.

        Les circonstances sont telles qu’une telle distribution est impossible (et je m’en réjouis) parce que la croissance énergétique n’existe plus ni par voie de conséquence la croissance du PIB.
        Il est clair que la machine à concentrer les richesses a son utilité, elle nous oblige à réfléchir sur notre devenir, n’ayant plus de croissance énergétique à se mettre sous la dent elle fourbit sa croissance par l’austérité et bientôt si cela continue par l’épargne fondante.
        Mon intuition me dit que si nous insistons un peu auprès des épargnants ils n’auront plus d’autre choix que d’investir vers la sobriété énergétique (réparer la planète comme dit Paul Jorion).
        Il nous faut entrer dans cette dynamique le plus vite possible et rassurez vous vous êtes très gentil (beaucoup plus que moi), d’autre part cette concentration de richesses n’est que du vent et ne dit on pas petite pluie abat grand vent.

      2. @ Michel Lambotte 1 septembre 2014 à 20:40

        Il est clair que la machine à concentrer les richesses a son utilité, elle nous oblige à réfléchir sur notre devenir

        Bravo Michel ! Je suis très heureux de constater l’évolution de votre compréhension de la marche du monde et du rôle qu’y joue l’économie. Depuis 5 ans que nous fréquentons le blog de Paul Jorion, c’est la première fois que je vous vois prêter une vertu à la richesse, grâce à l’observation faite par JM.Jancovici.

        Encore un petit effort d’objectivité et vous arriverez à admettre que le capitalisme, le processus de base permettant d’accéder à la richesse, est extrêmement utile. Il permet de constituer des réserves, soustraites à la surconsommation, afin d’alimenter la recherche et la réalisation de nouveaux moyens de captation énergie, par l’investissement.

        C’est ce que, bien tardivement, le nouveau gouvernement français vient de découvrir. Son problème est maintenant de convaincre les « frondeurs » de la nécessité de freiner la consommation et de consacrer l’économie ainsi faite aux investissements pour le futur. C’est un travail colossal que de convertir une grande part de la population imprégnée de croyances marxistes et d’anticapitalisme primaire.
        Voyez, il vous a fallu 5 ans pour vous rendre à l’évidence.

        Bien cordialement. Jacques

      3. @jducac
        Vous vous méprenez totalement sur ma compréhension de la machine à concentrer les richesses.
        Vous isolez une phrase hors de son contexte et vous en tirez des conclusions hâtives sur un hypothétique retournement de veste de ma part.
        Et bien non, j’espère justement que par la diminution du taux d’intérêt de l’épargne citoyenne, les citoyens vont enfin comprendre comme le l’ai compris que la rente de la propriété privée doit être abolie. J’espère également que ce soit le fait d’investir cette épargne dans la sobriété énergétique (ou autre, le champ est vaste) qui rendra caduque cette machine à concentrer la richesse et finira par la rendre inopérante.

  3. Fort intéressante réflexion, comme toujours.
    Indépendamment de ce que l’on pense de Mélenchon, je crois que sa stratégie est pertinente et procède d’une bonne analyse de la situation. Il me semble urgent de retrouver notre souveraineté pour ressusciter notre démocratie. Il me semble urgent que les français retrouvent leur dignité de citoyens. Tout ça passe par une sixième République. Pas du tout dans un esprit de repli sur soi nationaliste, mais au contraire avec cet outil opposable que serait une bonne constitution, peser à nouveau pour relancer une union européenne différente de ce qu’elle est actuellement. Et sur le plan intérieur, redynamiser les énergies dans des perspectives mobilisatrices.
    Quelques pistes en vrac : introduction au moins partielle du tirage au sort, non cumul des mandats, interdiction de renouveler un mandat, référendum révocatoire, plafonnement des ressources, salaire universel, principe d’une cotisation économique pour les investissements, interdiction de la spéculation, priorité absolue à la préservation de notre écosystème et à l’économie de nos ressources, réinstaurer chez nous le commerce équitable en particulier vis à vis de nos paysans, introduire de la démocratie dans les collectifs de production, garantir notre sécurité alimentaire par la remise en état de nos sols cultivables, boycott définitif des produits Monsanto et autres empoisonneurs planétaires, etc.

    1. Qu’est une « bonne constitution » ?

      En deux siècles, nous en sommes à 6 constitutions (la première, mort-née parce que si parfaite, n’a pas été appliquée). Nous avons essayé 11 ou 12 formes d’institutions, dont des plus baroques: consulat, empires, différentes formes de Républiques et de royautés etc…
      Toutes, sauf la dernière se sont effondrées par défaites extérieures ou révoltes ou révolutions.
      La 4.ième, qui devait être une amélioration de la 3.iéme n’a pas duré plus de 20 ans.
      Et vous croyez toujours qu’un texte va nous protéger de la folie des hommes ( hommes avec un petit « h »). ?
      Entasser des textes sur des textes de plus en plus rigoureux ne sert à rien.
      Faire confiance au papier est la dernière des niaiseries politiques.

      C’est le point faible de Mélenchon, que j’apprécie par ailleurs.
      Il va dépenser une énergie folle pour un truc hors de saison alors qu’ il y a plus urgent, plus immédiat et plus terre–à-terre. C’est le gage d’un échec : cette constitution si elle est mise sur pied ne le sera pas à partir de ses idées et en même temps rien ne pourra être fait pour les questions immédiates, alors que son rôle est précisément d’y pourvoir.
      ( Je crois qu’il a assez de poids politique pour impulser l’immédiat mais pas assez de troupe pour être un « constitutionnaliste » convaincant…)
      Travailler à la constitution de la 6.ième, la der des der, la bonne, celle que tout le monde attend, est un cul de sac diversionniste et une fuite en avant.
      La constitution de la 5.ième est assez souple pour lui donner n’importe quelle orientation.

      1. La seule chose avec laquelle je suis d’accord, c’est votre dernière phrase. Elle me semble résumer parfaitement pourquoi, précisément, la cinquième République a une très mauvaise constitution. Ecrite par et pour l’élite. Donc fort peu démocratique. Elle est en grande partie responsable de toutes les dérives dont nous souffrons aujourd’hui.
        Maintenant, rendre le pouvoir au peuple, c’est globalement rendre le pouvoir aux pauvres. Et ça, beaucoup de « démocrates » sont contre. Raison pour laquelle c’est pas gagné.

      2. VIe République ?
        Ce qui m’étonne et que personne ne semble relever, c’est que les autres pays d’Europe, y compris et surtout l’Allemagne, avec des constitutions aussi diverses, connaissent les mêmes maux : enrichissement des plus riches, appauvrissement d’une majorité de citoyens (officiellement 12 millions de pauvres en Allemagne, et une classe moyenne qui s’en sort à peine), désertion des urnes, comme dimanche dernier en Saxe (moins de 50% d’électeurs), un gouvernement qui protège avant tout les banques et les groupes financiers, salaires de misère (le SMIC à 8,50 euros n’a toujours pas été adopté).
        Alors changer de constitution en France améliorerait quelque chose ?
        Ne sommes-nous pas déjà dans un système où quelques technocrates bruxellois, avec l’aval des gouvernants, et les insistants conseils d’outre-atlantique (cf. négociations TAFTA), ont détricoté les systèmes démocratiques et prennent les décisions que les parlements nationaux n’ont plus qu’à entériner ? Même les budgets nationaux sont désormais sous contrôle du système.
        En France, nous n’avons plus la dissuasion nucléaire pour nous faire entendre. La Russie la possède encore. Heureusement ???

    2.  » Il me semble urgent que les français retrouvent leur dignité de citoyens ».
      Quand l’auraient ils perdue ? A cause de quoi ? Et surtout c’est quoi la dignité de citoyen ??

  4. @ Zébu : fines analyses, fortes synthèses. Merci !
    Citoyens et électeurs, nous pourrions faire une action pédagogique auprès de tous « nos » élus : leur expliquer gentiment que les discours de comm’ tournent à vide, ne sont plus crédibles, ni écoutés ; ridicules ils sont improductifs. Nous sommes bien plus « intelligents » qu’ils ne le pensent…
    En passant on a n’a pas assez relevé cette incroyable phrase du premier ministre PS qui dit :« j’aime les Socialistes« . Quel aveu !

    1. Ce même 1er ministre scande à l’université d’été du MEDEF : « j’aime l’entreprise! » et se fait applaudir par tout le patronat le plus nuisible à l’esprit d’entreprise (Gattaz était en face de lui, belle déclaration d’amour).

  5.  » (le FN) dont le chantage permanent sert d’ultime argument pour perpétuer ce jeu  » : juste , semble t il : si le FN n’avait pas participé aux élections européennes ( par exemple ) combien y aurait il eu d’abstentionnistes ? 70 , 80 % ?

  6. C’est pour ça que les partis doivent être dépassés, comme le clivage droite-gauche. La lutte doit rassembler tous les anticapitalistes. Je n’apprécie pas le FN mais je comprends les électeurs, et ce parti est l’aboutissement d’un système ultralibéral qui rend l’honnête citoyen lâche, inculte et mesquin, un vrai désastre pour notre civilisation.
    Comment renouer le dialogue entre citoyens de différentes cultures et religions, quelque soit le niveau de revenu, en dépassant les clichés qui nous sont versés chaque jour dans les médias, et en ayant conscience que ce qui se joue au niveau national doit être articulé autour d’une entente internationale des travailleurs?
    La désinformation constitue le point de départ de cette lutte, c’est d’ailleurs ce qui m’amène parfois à douter de la démocratie, surtout au niveau européen (le livre Circus Politicus de C. Deloire et C. Dubois illustre bien ce système de lobbying qui absorbe l’élu loin de son territoire). Chaque individu a le devoir d’envisager l’avenir d’un point de vue collectif, sinon cet avenir est compromis pour le plus grand nombre, pour le plus grand plaisir de quelques uns, et le désarroi ne fait que croître de jour en jour, rendant toute idée de révolte désuète et utopique.

    1. @ Corbeau

      Une propossition interressante par Protagoras dans le blog Attali, qui devrait rapprocher les gens entre eux et des hommes politiques.

       » Protagoras le 31 août 2014

      Démocratie à taille informatique, car les nouvelles technologie changent l’espace et le temps.

      Donc, imaginons un candidat à la députation qui mettrait en place dans sa circonscription, via un code envoyé par mail, un serveur où il placerait les textes de loi sur les quels il délibère. Ses administrés pourraient alors voter pour ou contre de chez eux, si ils le désirent. On choisis alors 4 administrés, 2 pour et 2 contre pour comptabiliser les votes.

      La personne qui vient aux législatives en disant : « c’est vous qui voterez les lois » gagne. Et les autres seront forcées de s’y mettre

      Dans cette idée le député existe encore mais il ordonne juste. Si on admet ensemble que nous sommes actuellement dans un système représentatif. Dans l’idée que je lance le député a des convictions, une idéologie, des mœurs, une vision politique qui auront fait que l’on a voté pour lui. Tt ce background fera qu’il aura une influence significative, sur un « oui » ou un « non » à une loi, par le poids qu’il a en terme d’éthos envers ses administrés. Il a donc un poids d’influence et non pas de décision.

      Plus concrètement imaginons le cas le plus complexe d’une décision, c’est-à-dire le vote du budget car en fait plusieurs questions y sont présentes. On sais que un vote est par nature manichéen. Si sur certaines questions on peut s’en accommoder pour d’autre, nous devrons agir différemment.

      1 Un gouvernement dépose un budget.
      2 Le député le place en ligne, et donne son avis.
      3 40 jours plus tard les administrés vote.
      Un Homme un vote, un vote une voix

      Si on vote oui, la démarche s’arrête là
      Si on vote non :
      A/ on « sous » vote entre entrée et sortie (il faut bien voir qu’en terme des recettes, certaines lois auront déjà été votées ; comme les taux d’impôts sur le revenu …)
      B/ on note les sorties sur ses 31 (à vérifier,mais fourchette d’erreur 2/5 d’après mes souvenirs) items qui seront par la suite pondérés.

      4 Rectification et 15 jours plus tard (re) vote

      ….

      Répondre

      Protagoras le 31 août 2014

      (5)Si au bout de 5 essais le vote est encore négatif, le gouvernement (élu) saute

      (6) Élection d’un président

      Ce qui est important selon moi dans cette « vision » c’est qu’elle peut se mettre en place sans traumatisme au changement et qu’elle s’appuie sur ce qui existe déjà, elle utilise la force de l’ « adversaire » le vote. Les représentants la gardent pour eux car elle est intimement liée au consentement. Nous la libérons.
      Je me répète mais le premier qui dit : « c’est vous qui votez » a gagné, ça déferlera comme une vrai vague, et cela peut importe le positionnement politique des votants. C’est seulement à partir de là que nous accepterons l’altérité.

      Je vais essayer de faire cela pour 2017

      Répondre

      Réponse de Noblejoué le 31 août 2014

      @ Protagoras

      Idée interresante.

      Mais que voulez-vous dire par « Je vais essayer de faire cela pour 2017 ? »

      PS :
      1 Comment sécuriser l’informatique pour éviter que des gens ne volent les voix des autres ?
      2 Que faire pour ceux qui n’ont pas Internet ? Il me semble qu’il faudrait donc distribuer ordinateur, abonnement gratuit a Internet pour les plus pauvres et formation pour les personnes peu sûres d’elles sur Internet, qu’en pensez-vous ?

      Répondre
      Réponse de Raymond75 le 1 septembre 2014

      Vos idées sont intéressantes, car elles tendent à faire vivre la démocratie plus directement, et non uniquement par délégation auprès de gens qui sont devenus des professionnels, donc soucieux de leurs carrières.
      .
      Mais elle ne met pas à l’abri des pulsions humaines irrationnelles ou délibérément simplistes.
      .
      Vos propositions de consultations directes pourraient être enrichies par l’exemple de la démocratie en Suisse, qui à mes yeux reste un modèle :
      .
      http://www.slate.fr/story/62981/suisse-meilleure-democratie-europe

      Répondre
      Réponse de Protagoras le 1 septembre 2014

      @Noblejoué

      C’est relativement simple, j’ai dans l’idée de me présenter à la députation avec ce seul objectif.

      « 1 Comment sécuriser l’informatique pour éviter que des gens ne volent les voix des autres ? »
      On envoie par courrier un code qui permet de créer un compte. Ou mieux, les administrés passent à la permanence pour retirer un code assigné à un nom. Et on s’arrange avec les maires pour qu’ils distribuent le code dans leurs communes.

      « 2 Que faire pour ceux qui n’ont pas Internet ? Il me semble qu’il faudrait donc distribuer ordinateur, abonnement gratuit a Internet pour les plus pauvres et formation pour les personnes peu sûres d’elles sur Internet, qu’en pensez-vous ? »
      Très peu de personnes n’ont pas le web. Du moins très peu qui n’ont pas le web, n’ont aussi de la famille ou amis qui ne l’ont pas ( l’adresse ip ne joue pas ici ) . Pour les sdf on peut imaginer un ordinateur disponible dans un centre médicaux social.
      Nulle maîtrise de l’informatique n’est nécessaire. C’est bien plus compliqué d’ouvrir un compte facebook, que cette procédure. Au pire famille, amis, voisins sont là, bien au contraire cela peu créer des liens, ouvrir des discutions, faire société.

      @ Raymond75
      « Mais elle ne met pas à l’abri des pulsions humaines irrationnelles ou délibérément simplistes. »
      Mais ce n’est pas un but pour moi que de rendre les « gens meilleurs ». Je n’ai de prise que sur mon intérieur et surtout un sujet n’est pas un objet que l’on sculpterait à sa guise.
      Le but est de créer les conditions extérieures pour que, celui qui le décide, puisse devenir adulte.
      Le postula est simple : lorsque le cadre est favorable à la réflexion, la réflexion naît même où on ne l’attend pas.
      Dans le cas contraire il faudra bien que je me fasse à l’idée que le monde n’est pas comme je voulais qu’il soit et je laisserai faire les générations suivantes, suivantes, suivantes.

      Répondre

      Réponse de Raymond75 le 1 septembre 2014

      Pour ce qui concerne l’informatique ‘pour tous’ et complètement sécurisée, il faut rappeler la réussite (en son temps) du minitel : un terminal gratuit, accessible à tous, et complètement sécurisé … Mais avec une norme inadaptée à l’évolution, surtout graphique, qui a abouti à l’échec commercial.
      .
      La France avait, bien longtemps avant tout le monde, démontré que l’informatique pour tous et sécurisée, était possibe !

      Répondre

      Réponse de Laogorus le 1 septembre 2014

      Oui, l’informatique sécurisée est le prémisse de la démocratie absolue ou de cette hyper démocratie selon notre hôte (qui parfois lis nos commentaires) par le fait que j’ai déjà cité ici et que j’ai repris sur mon site collectif là : http://www.gouvernancemondialeworldauthority.info/contact.html
      Réponse de Noblejoué le 1 septembre 2014

      @ Protagoras

      » Mais ce n’est pas un but pour moi que de rendre les « gens meilleurs ». Je n’ai de prise que sur mon intérieur et surtout un sujet n’est pas un objet que l’on sculpterait à sa guise.
      Le but est de créer les conditions extérieures pour que, celui qui le décide, puisse devenir adulte. »

      Parfait.
      D’habitude, les gens hommes politiques ou aspirants hommes politique ont l’air de se demander comment réduire la liberté et remodeler les gens à leur guise, ou au contraire flatter de basses passions.

      Deux attitudes aussi méprisantes l’une que l’autre, au final.

      @ Raymond 57

      » Mais elle ne met pas à l’abri des pulsions humaines irrationnelles ou délibérément simplistes. »
      Je pense que la Constitution et l’équilibre des pouvoirs sont fait pour ça. Après qu’il faille perfectioner le système, d’accord, d’autant que notre constitution me fait honte du côté équilibre des pouvoirs si je préfère ne pas en parler, c’est trop triste !

      @ Laogorus

      A propos de notre hôte, il propose une excellente mesure dans son nouveau message. »

      Permettre à de « nouveaux profils » d’être parlementaires en élargissant les garenties des fonctionnaires à d’autres.

      Sinon, je ne crois pas trop au dépassement des clivages.
      Quand les hommes ne se disputent pas sur l’économie, c’est sur les moeurs.
      Quand ils ne se font pas de guerre de religion, ce sont des guerres économiques.
      Quand ils ne se disputent pas pour des idées, c’est pour des clans.

      En vérité, c’est encore plus compliqué, mais bref, et ça c’est simple, il n’y a jamais d’unanimité sauf sur le dos de victimes.

      1. « Une propossition (lapsus informatique)interressante par Protagoras dans le blog Attali, qui devrait rapprocher les gens entre eux et des hommes politiques ».
        Je viens de son blog, son influence n’est pas si large vu son audience.

        « Démocratie à taille informatique, car les nouvelles technologie changent l’espace et le temps. »
        Donc la démocratie pour vous, c’est plus de bonjour plus de bonsoir sur internet on s’en fout.

        « Donc, imaginons un candidat à la députation qui mettrait en place dans sa circonscription, via un code envoyé par mail, un serveur où il placerait les textes de loi sur les quels il délibère. Ses administrés pourraient alors voter pour ou contre de chez eux, si ils le désirent »
        Et sur quel réseau vous allez voter, penser à l’élection de Bush avec leur machine à vote! Et au passage regardez sa video où il fait le ice bucket challenge, le soliton est là.

        « La personne qui vient aux législatives en disant : « c’est vous qui voterez les lois » gagne »
        Attention la démagogie (oui au populisme).

        La démocratie n’est viable que dans un territoire bien défini et par consentement d’une population elle aussi définie (en chair et en os) qui en est le principe fondateur. L’anticapitalisme est le point d’accord d’une bonne partie de la population sur lequel s’appuyer pour établir un dialogue et confronter les opinions avec apaisement, en cherchant la paix sociale, non pas sur le dos d’un bouc émissaire mais bien sur la cause de nos déboires les plus basiques, c’est à dire le capitaliste, qui nous met en l’air le « vivre-,ensemble » en nous mettant en confrontation avec l’autre pour son seul profit. « Souvent enrichis à l’ombre de sa faveur des dépouilles d’autrui, ils l’ont à la fin enrichi eux-mêmes de leurs propres dépouilles », cette citation de La Boétie dénonce comme une évidence ce capitalisme, il en saisit la vocation intrinsèque de son essence, il parle d’un vampire qui vit sur la force des individus qu’il maintient sous son joug pour s’en nourrir.
        La Boétie rappelle aussi que lorsque les puissants(« méchants » dit-il) s’accordent, c’est un complot et non plus une société.Je pense que si les plus modestes se mettent d’accord et parviennent à un accord, c’est une démocratie.

  7. Hum…Certes les partis se servent du FN comme repoussoir mais j’ose ? Ils comprennent quand même un truc qu’on oublie ici.

    La politique c’est le moindre mal. Eh oui, il faut faire des compromis avec le réel, avec le monde extrerrieur, avec ceux qui ne pensent pas comme vous.
    Alors il n’y a aucun progrès sans utopie mais on court à la catastrophe en oubliant ce qu’est la politique.

    Tenez, un exemple de recherche de compromis sans compromission.
    Ici.
    On a essayé de faire une plate forme rassembleuse, donc sans diviser.

    Ca implique de ne pas chercher une perfection théorique, mais de trouver des compromis.
    Bien.
    Il faut imaginer le même processus au niveau de machines partisanes et de millions de personnes pour voir ce que ça peut donner en démocratie.

    Ceci dit, on peut certainement améliorer le système.

  8. La différence entre les partis de gauche ou de droite ne se situe qu’à la marge et la population ne perçoit pas de véritable changement lorsqu’il y a alternance d’où la tentation pour le corps électoral de voter pour un parti prônant la rupture dans tous les champs de la vie en société.
    Ce parti prônant actuellement cette rupture se situe à l’extrême droite, mais il est tellement diabolisé par les partis traditionnels qu’il n’a pu jusqu’ici accéder au pouvoir au niveau national.
    Il pourrait en être autrement car, les partis traditionnels, en dépit des promesses, ne s’intéressant qu’aux préoccupations secondaires des gens, en négligeant de s’attaquer aux problèmes réels, créent les conditions d’arrivée au pouvoir d’un parti d’extrême droite.
    Certes, à supposer cela, se mettre en rupture avec la façon traditionnelle de gérer la chose politique, ne va pas aller sans mal, il faut se souvenir que l’arrivée au pouvoir de François Mitterand en mai 1981 et l’application du programme commun de la gauche avait suscité beaucoup d’espoir, mais très vite la France a été « punie » par les possédants: évasion massive des capitaux, désinvestissement, dévaluation du franc, etc..
    Il fallu céder en 1983 et appliquer une politique de rigueur qui a conduit l’électorat déçu à porter la droite au pouvoir en 1986 et introduire la cohabitation.
    C’est ce cas de figure qui risque d’arriver s’il y a dissolution et élections législatives, c’est pour cela que les gens au pouvoir actuellement se cramponnent au pouvoir et à leurs certitudes, implorant la sainte croissance de revenir pour leur sauver la mise. Ils se conforment pour cela aux « decretales » et « bulle pontificales » de la religion mondiale tenant le pouvoir de l’argent, cela est vain mais ils persistent, attendant le miracle!
    La démocratie est malheureusement inopérante quand il s’agit de régler un gros problème lié au pouvoir de l’argent: la déliquescence économique dans laquelle se trouvait l’Allemagne dans les années 1930 a porté au pouvoir (démocratiquement!) un homme qui s’est présenté comme le sauveur et a obtenu le support des puissances d’argent pour son programme de folie, ont sait ce qu’il est advenu…
    Seul aspect positif: au sortir de la guerre, de grandes avancées sociales ont eu lieu dans les pays d’Europe ayant souffert, avancées sociales qui sont petit à petit grignotées actuellement par les diverses « réformes » misent en place pour plaire aux thuriféraires de la religion financière.
    Aujourd’hui, le changement brutal dans un seul pays ne peut réellement changer l’ordre des choses, c’est au minimum au niveau de l’Europe que cela pourrait éventuellement se faire et par répercussion, au niveau mondial.
    Certains partis extrêmes veulent bousculer l’Europe, de Gaulle avait déjà exercé une pression par la politique de la chaise vide pour arriver à ce qu’il désirait, est-ce la voie?

    1. « Aujourd’hui, le changement brutal dans un seul pays ne peut réellement changer l’ordre des choses, c’est au minimum au niveau de l’Europe que cela pourrait éventuellement se faire et par répercussion, au niveau mondial. ».
      Effectivement. Si les peuples refusent le repli national à la Le Pen ou à la Mélenchon, une condition nécessaire pour améliorer les choses sera remplie.
      Les marxistes ont raison sur un (seul ?) point :
      « Groupons-nous, et demain,
      L’Internationale,
      Sera le genre humain »

  9. Remarque sur la question à Protagoas à propos de la sécurisation et de l’utilisabilité du système de vote via le net : bien qu’évidemment un tel système ne puisse être sécurisé complètement (de même que les systèmes de vote papier ne le sont pas complètement) on peut les sécuriser bien plus que ce qui est fait actuellement. Il faut éviter de sous-estimer la conception et la rigueur nécessaires. Et accepter de ne pas sous-estimer ces facteurs nécessite d’admettre d’y mettre plus qu’un stagiaire en design web :-).

    1. @ Fabien Villard

      Je pense que pour que son sytème marche il faut :
      – 1 Qu’il soit bien pensé
      – Y mettre les moyens.

      Les deux sont une gageure à notre époque.
      Mais il faut faire cette réforme et/ou d’autres.
      Changer une équipe qui perd.

  10. Trois lois pour une plate-forme ?, par Patrice Brient

    1 septembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés .
    Si il y a bien une chose par laquelle je commencerais ce serais bien celle là. Citée plus haut.
    Ouais, ouais .Pourquoi ne pas y ouvrir les commentaires ou les renvoyés ici. Je ne sais pas, je ne sais plus , je plaussois non conforme à mon joriodisme.

  11. @ Corbeau

    « Démocratie à taille informatique, car les nouvelles technologie changent l’espace et le temps. »
    Donc la démocratie pour vous, c’est plus de bonjour plus de bonsoir sur internet on s’en fout.

    Non.
    Mais il faut considérer plusieurs choses.
    Autrefois, on considérait que seule la démocratie directe était démocratique. Puis on a admis la démocratie représentative.
    Dans la démocratie représentative, seul le système parlementaire était considéré. Puis cela aussi a évolué.
    On parlait des trois pouvoirs. Mais les médias, le quatrième, est apparu, et Internet, le si j’ose dire, quatrième et demi.

    Et donc où veux-je en venir ?
    La démocratie directe est toujours impossible vu la taille de notre pays ( et a fortiori dans l’Union européene).
    Mais la démocratie représentative perd en légitimité.
    Un système d’aller-retour entre les deux semble possible par le système de Protagoras.

    Est-ce que je suis si bête que je ne me rends pas compte des risques de fraudes ?
    Pas tout a fait puisque j’attire son attention là-dessus.
    Et dont je demande qu’il corrige un peu sa copie.

    A la vôtre !
    « La démocratie n’est viable que dans un territoire bien défini et par consentement d’une population elle aussi définie (en chair et en os) qui en est le principe fondateur. L’anticapitalisme est le point d’accord d’une bonne partie de la population sur lequel s’appuyer pour établir un dialogue et confronter les opinions avec apaisement, en cherchant la paix sociale, non pas sur le dos d’un bouc émissaire ».

    Ce n’est pas parce que les gens ne sortent pas de chez eux pour voter qu’ils ne vivent pas sur leur territoire.
    Nous ne ne sommes pas dans le même local mais nous communiquons. Des gens donnent déjà des délégations pour aller voter (gens qui partent durant les élections, handicapés) faut-il l’interdire ?
    On vit sur son territoire et à son époque d’où Internet pour bien des gens si je faisais remarquer à Protagoras les éventuels problèmes d’adaptation de certains.

    On ne change pas une équipe qui gagne.
    Oui mais elle perd !
    Vous parliez de démagogie… C’est ce qu’on dit toujours quand on veut donner quelque pouvoir au peuple.

    Or non. Protagoras ne dit pas salauds de politiciens, ou autre, il ne désigne pas de bouc émissaire…
    Il n’abaisse personne, il élève le peuple.

    Il y a toujours un risque a donner du pouvoir a quiconque, pouvoir ou non. Mais en démocratie, il me semble que du moment qu’on respecte les droits de l’Homme, on doit donner le plus de pouvoir au peuple.
    Quand on ne désigne pas de bouc émissaire, où est le mal ?

    A moins que vous ne pensiez que le « système Protagoras » ne favorise la désignation de bouc émissaire ?
    Pas moi.
    Le ressentiment contre les politiciens éloignés du peuple, le désir de se différencier des autres politiciens, UMPS selon les le FN, partis capitalistes selon d’autres….
    C’est cela qui augmente la soif de faire des victimes du peuple.

    Donner du pouvoir, de la dignité aux gens, ils font moins de victimes.
    Ainsi les gens désignés jurés, qui ont les éléments d’un dossier, sont moins portés à la repression et plus à la reflexion.

    Tant qu’à l’anticapitalisme.
    Vous ne pourrez pas combattre les abus des capitalistes en étant anticapitaliste.
    Quand on est contre, quand on réagit, quand on est en retard, on est…
    Mort.
    En retard. En risque de tomber dans la rivalité avec les capitalistes. En risque de tomber dans le ressentiment. En risque de penser mieux savoir que le peuple que vous voulez sauver donc de tomber dans l’autoritarisme.

    Et donc ?
    Il faut être contre tous les abus, capitalistes et autres, présent et possibles, ou du moins qu’on peut avoir à l’esprit.
    On peut donc :
    1 Proposer divers moyens de combattre diverses injustices.
    2 Proposer divers objectifs, par exemple économiques, sociaux, sociétaux, écologistes et autres.

    Tant qu’à mon « lapsus ».
    J’ai bien peur qu’il ne s’agisse simplement de maladresse.
    Je préfère ce genre de maladresse, cependant, à chercher des lapsus et
     » le blog Attali, qui devrait rapprocher les gens entre eux et des hommes politiques ».
    Je viens de son blog, son influence n’est pas si large vu son audience. »
    critiquer un blog pour crime de manque d’audience.

    Psychologiser. Traquer faute d’othographe et vraie ou faux lapsus. Ecarter ce qui n’est pas connu.
    Tout cela est bien hors de propos.
    Et d’autant plus qu’ici on dit qu’il faut « tout seuls, tout seuls, ouais ! ouais ! « , ne pas craindre une certaine traversée du désert pour faire ce qu’on estime juste.

    1. « Psychologiser. Traquer faute d’othographe et vraie ou faux lapsus. Ecarter ce qui n’est pas connu.
      Tout cela est bien hors de propos. »
      « une propossition qui devrait rapprocher les gens entre eux », c’est un peu le concept de votre démocratie informatique.
      Oublions cette frénésie du gadjet, ce besoin de s’appuyer sur un support qui détourne l’enjeu du débat, ce n’est pas le propos de cliquer sur voter pour améliorer le quotidien des gens. Pensez-vous, avec le climat actuel, que tout le monde est en mesure d’éplucher un texte de loi après sa journée de boulot, d’en prendre sa pleine mesure, d’avoir la hauteur nécessaire pour déterminer les conséquences de ces choix sur des sujets complexes, après avoir été matraqué de propagande capitaliste et charmé par les plaisirs consuméristes?
      Vous voulez vous servir du vote pour déresponsabiliser l’électeur, le rendre impuissant devant son destin par cette illusion qu’il entretient en se croyant libre et informé alors que tout cela échappe à sa compréhension, absorbé qu’il est par la cadence du productivisme, du management obsessionnel compulsif, devant l’effroi des désastres écologiques ( et je ne suis pas psy mais j’ose supposer que la malfouffe est source de dégénérescence mentale).
      Vous allez créer un conflit, car en plus des doutes sur l’honnêteté d’une telle démarche dans un pays où la corruption n’est pas une vue de l’esprit, cette volonté de faire voter les gens sur un mobile, entre deux likes, est une sérieuse négligence de la mission d’information de l’élu qui prend ses électeurs pour des collaborateurs qui lui donneront la consigne : c’est l’inverse de l’idée de démocratie représentative, l’élu suit la foule, il ne la guide plus. D’ailleurs pourquoi des élus à ce moment là, mais sans élections est-ce une démocratie?
      Pourtant nous devons chacun de nous penser à ce qui se trame dans les centres de décisions, être en mesure d’opposer des arguments à des politiciens pilotés par le secteur financier, pour refuser l’alternance stérile et l’abandon de l’idée de nation. Les moyens d’information existent déjà, ce blog par exemple permet de mettre en relation les enjeux économique, sociaux et environnementaux, et quiconque se pose des questions en venant sur ce blog repart avec d’autres questions qui en appellent d’autres… Le temps de la réflexion n’est pas le même que celui de la frénésie du gadjet,
      Pensez à la révolution technologique, des personnalités publiques reconnues ne vous semblent-elles pas mieux dévolues à ce genre d’avis et ne devraient-elles pas être en mesure de calmer les aspirations d’un peuple poussé à la guerre par des pressions internationales bien floues et mal relatées dans les médias? Une fois le peuple averti, pourquoi ne vote t-il pas pour des représentants plus loyaux envers lui? Parce qu’il est dupé, floué, hypnotisé par un totalitarisme ultralibéral qui concentre son attention sur son bien-être jamais assuré, et l’oppresse par un message de pulsion de mort pour le rendre craintif et méfiant.
      C’est en fait une propossition de fracture sociale que vous promenez dans votre agenda, vous allez bien vite en besogne, niant cette folie qui règne déjà sur ce continent, portant les régimes fascistes au devant de la scène, alors que la démagogie électoraliste bat son plein à chaque appel au vote, vous dites: »La personne qui vient aux législatives en disant : « c’est vous qui voterez les lois » gagne. Et les autres seront forcées de s’y mettre ». Le processus de soumission au plus-offrant atteint ses limites, la récompense se faisant de plus en plus attendre. C’est le peuple lui-même qui doit récupérer la clé du destin, guidé par les conseils de savants reconnus, et prendre en main directement ses moyens de production et d’expression. Cet élu dont vous nous parlez pour 2017, des électeurs lui ont-ils réclamé une machine à vote???
      Le tirage au sort permet de désigner des citoyens pour le vote des lois, cette idée implique bien sûr une mise en condition de cette pratique juridique, un accompagnement tout au long et même avant la prise de fonction. Alors 2017, voyez cette folie, cette frénésie. Pourquoi ne pas proposer au Sénat de se dissoudre dans ce nouvel espace temps que vous annoncez?

      1. @ Corbeau

         » Oublions cette frénésie du gadjet, ce besoin de s’appuyer sur un support qui détourne l’enjeu du débat, ce n’est pas le propos de cliquer sur voter pour améliorer le quotidien des gens. Pensez-vous, avec le climat actuel, que tout le monde est en mesure d’éplucher un texte de loi après sa journée de boulot, d’en prendre sa pleine mesure, d’avoir la hauteur nécessaire pour déterminer les conséquences de ces choix sur des sujets complexes, après avoir été matraqué de propagande capitaliste et charmé par les plaisirs consuméristes? »

         » Pensez-vous, avec le climat actuel, que tout le monde est en mesure d’éplucher un texte de loi après sa journée de boulot »
        La plupart des gens n’ont jamais été des juristes. Mais comme on se plaint à juste titre d’être mal servi par les hommes poliltiques, il faudra bien essayer de contrôler leurs lois.
        Le climat actuel… Est-ce qu’une époque a jamais été favorable aux travailleurs ?
        Il me semble d’ailleurs que plus une catégorie est attaquée, plus elle a besoin d’armes, entre autre institututionnelles, pour se défendre.

         » Vous voulez vous servir du vote pour déresponsabiliser l’électeur, le rendre impuissant devant son destin par cette illusion qu’il entretient en se croyant libre et informé alors que tout cela échappe à sa compréhension, absorbé qu’il est par la cadence du productivisme, du management obsessionnel compulsif, devant l’effroi des désastres écologiques ( et je ne suis pas psy mais j’ose supposer que la malfouffe est source de dégénérescence mentale). »
        Non.
        Le pouvoir, et le vote est un pouvoir, responsabilise.
        Et l’oppression du travailleur est un vrai problème. Justement, c’est par des lois qu’on a interdit certaines pratiques. Etdonc donner du pouvoir politique est un levier pour donner du pouvoir économique.
        De même que le pouvoir économique donne du pouvoir politique, entre autre par la corruption. La monnaie universelle est le pouvoir, convertible en tout pouvoir, offrant toute satisfaction du désir.
        C’est un levier. Interdire un levier a des gens qu’on veut aider ?

        Il faut les considérer comme des abrutis.
        Comme ils n’ont rien, je crois, fais de spécialement abrutis, je crois, ni été enthousiasmés par les partis les moins mauvais ni mis les pires partis au pouvoir, pourquoi les croire abrutis ?
        Bon sang mais c’est bien sûr !
         » ( et je ne suis pas psy mais j’ose supposer que la malfouffe est source de dégénérescence mentale). »

        Au fait : ce n’est même pas parce qu’on est abruti qu’on fait des boucs émissaires.
        C’est la nature humaine plus certains facteurs déclancheurs.
        Tout le monde, moi compris, peut finir bouc émissaire ou lyncheur. L’autre, le mauvais, l’abruti, et moi la blanche colombe à l’intelligence qu’auront sans doute un jour les intelligences artificielles ?
        Je n’y crois pas.

        Donnez, donnez, donnez.
        Que ce soit de l’argent, du pouvoir politique, des libertés, vous augmenterez la liberté donc les capacités et la responsabilité des gens.
        Instantanément ?
        Non, mais le temps éduque. Mais c’est la voie : il ne faut ni freiner ni accélérer les gens mais les accompagner.

         » C’est le peuple lui-même qui doit récupérer la clé du destin, guidé par les conseils de savants reconnus, et prendre en main directement ses moyens de production et d’expression »
        Le peuple lui-même ?
        Justement, la proposition de Protagoras lui donne plus de pouvoir.
        Vos savants, reconnus ou non, guideraient le peuple ?
        D’abord personne n’interdit aux savants (de nos jours on dit chercheur, le savoir n’est pas figé, il va se chercher ) d’essayer de guider le peuple.
        Ensuite que veut dire prendre en main « directement ses moyens de production et d’expression » ?
        Directement… sans vote ?
        Inquiétant, une auto-proclamée avant-garde décidant à la place du peuple ce qui est bon pour lui, s’appropriant tout cela.
        Tyrranie en perceptive. On ne contourne pas la loi pour y revenir, on ne concentre pas un pouvoir énorme pour le rendre si je ne conteste pas que l’intention de le faire puisse exister.

        Un des inconvénients de se focaliser sur un ennemi.
        L’ennemi est mauvais. Je ne suis pas l’ennemi. Je ne suis pas mauvais, et même bon, si bon, que je ne saurais commettre d’abus. Institutions, règles, équilibre des pouvoirs ? Mon excellence et l’urgence de la situation l’impose, je prends le pouvoir.

        Vous me faites penser à Boromir.

      2. @Boro mire

        Amusant.
        Dans le seigneur des Anneaux, Boromir refuse de détruire l’ Anneau-Magique-Machine-de-Pouvoir
        car il veut l’ utiliser. Frodon se méfie de cet Anneau qui corromp inévitablement même les meilleurs hommes et les vide de leur être. Il veut détruire cet Anneau, non l’ utiliser, pas même pour combattre Sauron.
        Contresens ou mire dans le miroir du commentaire, car Boromir dans le spectacle que vous décrivez, c’est plutôt vous me semble t’ il.
        http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Boromir

      3. Avec un taux d’abstention record, et soucieux du bien-être de vos concitoyens dans cette société où tout est à vendre, vous avez une idée géniale, celle de faire participer le peuple au débat démocratique. Avec un code envoyé par mail, je vais m’exprimer sur tout, je serais enfin écouté, mon avis intéressera les professionnels de la politique. Mieux qu’en 2005 avec ce référendum sur le traité européen où là notre avis n’a guère pesé sur la politique économique, alors que nous étions informé qu’il n’y avait pas de plan B nous n’avions pas dit oui. Avec le TINA ambiant, le vote des électeurs n’est qu’une validation dont on peut très bien se passer, les élus tiennent à leurs fauteuils dans l’assemblée, certes, mais de là à considérer cela comme la représentation de l’intérêt général, on est loin d’une sortie de crise.
        L’intérêt général, n’est-ce que la somme d’intérêts particuliers?
        Chacun sa vision du monde, sa propre représentation de la réalité, vous n’avez peut-être pas senti le ras-le-bol et l’inquiétude de beaucoup de gens, mais cette idée assombrit davantage l’idéal démocratique qu’il ne propose de voie de changement. Ce qui est inquiétant, c’est cette démagogie qui sert ‘à vous sentir aimé par ceux que vous méprisez. Car c’est du mépris, de la négligence, de ne pas proposer en amont la libération du temps de travail marchand pour avoir du temps à consacrer à des questions essentielles pour que vive le débat démocratique. L’anticapitalisme ( la forme négative ne me gène nullement, révolution et contre-révolution selon les époques…) permet de rejoindre plusieurs combats, il est le point d’impact de nombreuses colères, et si vous dites que le capitaliste est un bouc-émissaire, c’est le monde à l’envers.
        Êtes-vous, ainsi que ce député, pour le travail le dimanche??? En effet, ce serait un comble.
        Pour ce qui est de cette machine à voter, dont l’élection de Bush n’était donc qu’un aperçu, cela permettra de recevoir de la pub en fonction de ce que nous votons, belle idée.

  12. Temps de parole et scores électoraux : une corrélation effrayante

    Peut-être faut-il jeter un coup d’œil à ça:
    http://notre-epoque.fr/2014/08/les-medias-votent-pour-nous-1-leffrayante-correlation-entre-temps-de-parole-et-resultats-aux-elections/

    « Les médias jouent un rôle par la sélection même de l’information, l’importance qu’ils décident d’accorder ou de refuser à tel événement : ce dont ils ne parlent pas n’existe pas. Il leur est possible en quelque sorte de refuser l’existence à un homme, un parti, une institution, ou un événement ; or, l’électeur n’entre en rapport avec la politique que par leur intermédiaire et en particulier par le truchement de la télévision. »

    Tout est dit, et tout est joué à propos des élections

  13. Ces personnes vivent quelque part dans la préhistoire. Et le capitalisme est devenu une monstruosité que Marx lui-même n’aurait pu imaginer. Ils finiront par bouffer leur chapeau et leur fric plutôt que partager le moindre centime. Les autres de crever la bouche ouverte.

    « Aimer, boire et chanter » c’est une autre histoire, celle des vivants, ici et maintenant, quoi qu’en dise les gens blasés et les cyniques.

  14. @ Tigue

    Boromir, ce n’est pas moi.
    Puisque je suis contre tout pouvoir absolu, donc pour les institutions, les contre-pouvoirs.
    Il faut équilibrer.
    La démocratie représentative elle-même (équilibre des pouvoirs) et cette dernière avec des éléments de démocratie directe.

    Tout pouvoir absolu corrompt absolument.
    D’où l’importance de donner du pouvoir à tous (ce qui responsabilise chacun et évite que quiconque en ait trop).

    Je sais donc qui’il faut détruire l’anneau (pouvoir absolu : politique économique religieux ou tout cela et d’autre)
    Et comment détruit-on tout ça dans notre monde ?

    Quand ca existe ca s’appele une dictature, et c’est, pardon les révolutionnaires, les gens de l’extérieur qui renversent la chose.
    Débarquement et Stalingrad pour le nazisme.
    Course aux armements, fascination de la société libérale et un certain rôle de l’Eglise pour le comunisme.
    Les précédents marquants.

    Quand il n’y a pas de dictature, on essaie de l’empêcher d’advernir en s’appliquant à diviser le pouvoir.
    En adaptant les institutions.
    En choisissant le moindre mal car notre monde n’est pas celui de Tolkien, bien et mal, mais mal et moindre mal.
    Il faudrait sans doute écrire une épopée du moindre mal pour que les gens comprennent mieux.

    L’épopé du moindre mal.
    Bon titre.
    Mais la suite;

    Franchement, quand les gens ne comprennent même pas l’importance des institutions, qu’on ne doit toucher que d’une main tremblante vu leur importance et leur délicatesse, mais quand même pour les adapter à l’évolution d’une personne toujours en risque de tomber malade c’est-à-dire hors démocratie, comme notre pays, assez souvent, on se dit que ce n’est pas gagné.
    Preque perdu, même.

    Alors à quoi bon ?

    1. « Boromir, ce n’est pas moi.
      Puisque je suis contre tout pouvoir absolu, donc pour les institutions, les contre-pouvoirs.
      Il faut équilibrer. »
      Je ne sais pas qui est ce Boromir, si ce n’est pas vous, mais dans votre esprit ce mot rime avec robot, le posthumanisme semble être votre lumière. Contentons-nous simplement de changer ce qui ne va pas dans ce pays avant de faire intervenir la technologie, qui n’appartient pas au peuple, mais au capital. C’est ça l’anticapitalisme, c’est dire non à l’argent roi, faire front contre les oligarchies.
      Ne redoutez-vous pas la corruption du pauvre: « tu votes mon budget et je paye la cantine des mômes », avec un intéressement conséquent pour l’élu soutenu par le lobbying financier? Balkany est-il un cas isolé? Gouverner c’est prévoir seulement pour quelques-uns. Tout est prévu non?

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