Sexisme !

Le mot « sexisme » est un mot que j’emploie avec parcimonie, la preuve en est qu’en sept ans de blog et en 4.822 billets (je viens d’aller voir !), je ne l’ai jamais utilisé.

Il existe entre les êtres humains des rapports de force, des abus de pouvoir, des chantages, des harcèlements et des viols. Le fort les exerce sur le faible. Ma propre carrière dans la recherche scientifique (je ne dis pas dans l’enseignement supérieur, ce qui est une autre histoire) s’est interrompue parce que j’ai refusé un chantage sexuel à la titularisation de mon poste. Pourquoi je ne l’ai jamais mentionné jusqu’ici, préférant laisser un blanc bizarre dans mon curieux parcours de carrière ? Pour la même raison que toutes celles et tous ceux qui ont préféré se taire après avoir été victime d’un tel abus : parce qu’alors que l’on sort en réalité grandie ou grandi d’avoir fait prévaloir son refus d’être un objet pour un détenteur de pouvoir, on n’en sort pas moins « sale » et « crasseux » : « sale » et « crasseux », comme je l’ai dit l’autre jour, de devoir porter soi-même la honte du puissant ou de la puissante, à sa place, parce que lui ou elle, tout à sa morgue et à son ivresse, n’en a pas.

Le sexisme, c’est la justification, à ses propres yeux, d’une légitimité du rapport de force, de l’abus de pouvoir, du chantage, du harcèlement, du viol, exercé sur une autre ou sur un autre parce qu’elle ou lui est d’un autre sexe, considéré comme inférieur et à ce titre, objet naturel et légitime de l’abus.

Pourquoi parler de cela aujourd’hui ? Parce que l’on me reproche dans des courriers de parler en bien (et ce n’est pas fini, je vous l’assure !) des livres de Cécile Duflot : De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion et de Valérie Trierweiler : Merci pour ce moment et que dans les propos qui sont tenus, sous un très mince vernis de « respect pour la vie privée » et de « respect pour la fonction présidentielle », c’est en réalité le visage hideux du sexisme qui grimace.

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83 réflexions sur « Sexisme ! »

  1. Le primatologue Frans de Waal raconte dans son livre ‘Le singe en nous’, une observation faite chez un groupe de chimpanzés en captivité : un mâle dominé, empiète sur les prorogatifs du dominant lors d’une distribution de nourriture. Le dominant grogne pour rappeler l’empêtrant à la réalité de la hiérarchie sociale. Fin de la séquence ? Non ! Alors que le dominé s’éloigne, il pousse soudain un cri d’alarme et se précipite vers le mâle alpha vers lequel il tourne aussitôt son postérieur. Et le dominant, avec une expression profonde d’ennui sur le visage, dixit de Waal, de faire semblant de pénétrer le dominé…
    Je ne suis pas qualifié pour faire un parallèle avec l’utilisation du sexe comme outil de domination dans notre propre espèce, mais à la lumière de cette anecdote, les insultes si courantes (universelles ?) comme ‘va te faire f.….’ Ou ‘je t’en….’ prennent un éclairage nouveau. Le plus troublant dans la scène observée, étant que c’est le dominé qui a ressenti le besoin d’agir ainsi pour recréer une harmonie sociale un instant rompue !

    1. @ Roberto

      Dans notre espèce aussi les dominés s’offrent sexuellement aux dominants. Pas toujours. Souvent.
      Sachant cela il ne faudrait pas condamner ceux qui le font mais admirer ceux qui le refusent.

      1. @Noblejoué
        Ce qui me laisse songeur et je ne suis pas là sur le terrain du jugement moral, ça n’est pas que quelqu’un puisse se soumettre par la contrainte à un chantage sexuel. Ce qui me laisse songeur, c’est le fait que le pouvoir puisse rendre sexuellement attirant celui ou celle qui le détient.
        Je ne sais plus où je l’ai entendu, mais je me souviens de l’interview d’une personne qui parlait d’un oligarque quelconque et qui disait en résumé (et de mémoire) : « il est petit, il est gros, il est moche, il transpire sans cesse et il ne fait absolument aucun effort pour améliorer son apparence physique. Mais je suis sûr que la plupart de ses collaboratrices (teurs) seraient prêt à payer pour être dans son lit ! Ça c’est le vrai pouvoir: que les autres se bousculent pour s’offrir à vous gratuitement, alors que vous savez pertinemment que vous êtes physiquement repoussant ! ».
        Et c’était exprimé avec admiration.
        What else ?

  2. vous en parlez souvent, vous faîtes ou vous avez fait une analyse. C’est vraisemblablement cette pratique qui vous fait supporter le nombrilisme. On devrait tous écrire ses malheurs en espérant alimenter la rotation rapide des stocks en rayon librairie de nos hypermarchés.
    le livre de Cécile Duflot, pourquoi pas, elle a été ministre en fonction, elle est une écolo avertie, l’exercice du pouvoir oblige parfois à des compromis qui deviennent insoutenables. Elle fait de la politique.
    Mais pour l’autre affaire, on ne devrait même pas en parler. Quelle résistance vous habite sur ce point pour vous obliger d’en faire l’apologie ?

    1. Vous insistez donc ? Parce que vous savez que vos mails font partie de ceux qui m’ont obligé – je ne l’ai pas fait de gaieté de coeur – à rédiger ce billet.

    2. Des raisonnement pour accabler la souffrance, l’emphatie n’est pas en open bar.
      Quel resistance vous habite pour oublier la liberte de defendre son cas!
      Valerie and co peuvent ecrire de livres et on peut en parler.

  3. Le visage hideux du sexisme ordinaire dirais-je, en clin d’œil à Hannah Arendt.
    Toutes ces déclarations du style « c’est une vengeance de femme bafouée », … m’écœurent profondément.
    Et puisque vous soulignez très justement l’importance des mots, je partage ici un excellent site : Les mots sont importants

  4. Pour ma part, je ne comprends pas, en dehors du débat sur le sexisme, pourquoi une personne, comme Cécile Duflot est autant peu aimée par la population française.
    De mon point de vue, une personne comme elle, c’est à dire, capable de faire passer l’intérêt général, avant son intérêt particulier, capable de démissionner, car considérant ses valeurs, comme contraire à ceux de son gouvernement devrait être admirée.
    Au contraire, les gens l’insultent et considèrent qu’elle crache dans la soupe.
    Elle est traité d’opportuniste, alors que dans notre régime actuel, s’attaquer comme elles aux puissances d’argent, aux lobbies, et aux institutions, c’est évidemment rendre plus difficile son futur personnel.
    Pour moi, elle est remarquable.Et le fait que la population la rejette, en dit long, sur les individus qui composent notre société(ce n’est pas un jugement de valeur, c’est un point de vue)

    1. capable de faire passer l’intérêt général, avant son intérêt particulier, capable de démissionner, car considérant ses valeurs, comme contraire à ceux de son gouvernement devrait être admirée

      Si vous l’interprétez comme cela, c’est sûr qu’il n’y a rien à dire.
      Si on la voit comme une carriériste ayant vendu à l’avance au PS le soutient de son parti aux dépends de la ligne plus indépendante d’Eva Joly, et qui aurait du être très au courant de ce que ne ferait pas Hollande, c’est très différent.
      Partir quand ce dernier est au plus bas dans les sondages…
      Ah si seulement Jean-Vincent Placé avait été directement à sa place il n’y aurait pas eu de problème de « sexisme » (peut-être sur ses origines ceci-dit, mauvais exemple).

    2. Je partage votre opinion sur Cécile Duflot,on ne peut pas lui reprocher d’avoir cru qu’une politique progressiste était possible dans un gouvernement socialiste,je dirai qu’ une majorité de français l’ont cru également en votant pour Hollande. Elle a démontré que non,ce n’était pas possible,pour les raisons qu’elle donne dans son livre.

  5. Les libraires qui reprochent à Valérie Trierweiler d’avoir pourri la rentrée littéraire n’ont pas tort, elle aurait pu se contenter d’un tweet, voire d’un article dans Paris Match. On est déjà spectateur d’un show politique assez décevant, l’intérêt médiatique pour ce livre se limite à la désacralisation de la fonction présidentielle, alors que c’est déjà le cas pour d’autres raisons bien plus sérieuses. Le principal défaut de ce président est en fait de ne pas être un vrai monarque, cela frustre pas mal de courtisans. Mais un mufle dégonflé peut-il rester encore près de trois ans à l’Elysée? Le débat est relancé.

    1. Oui, mais le tweet n’aurait pas rapporté des millions d’euros.
      Prenons une hypothèse basse de 500.000 livres vendus sur lesquels, elle prend 6 euros, rapportant 3 millions d’euros, placés, hypothèse basse la encore, à 5%, cela rapporte, une rente à vie, sans toucher au capital, de près de 15.000 euros/mois.

      Je ne connais, certes, pas la répartition des dividendes dans ce secteur.Alors, on peut même imaginer. 600.000 livres à 10 euros, pour elle.
      Ce qui aboutit, à 5%, à près de 30.000 euros/mois, à vie, sans taper dans le capital issu du livre.
      C’est colossale.

      1. C’est donc plus que la rémunération de notre président. Elle a suivi les recommandations d’Attali en créant son propre job, et elle répond à ceux qui réclament un statut de première dame.

      2. Merlin, j’suis pas devin mais pour ce qui est du passé proche le Cac 40 depuis qu’il existe, soit 1987, avec les dividendes réinvestis, ça a fait du 8% annuel de moyenne, brut certes, mais kamême…

  6. En écho à cet émouvant billet sur le sexisme j’ai repensé à ce mot finnois que Pourquery m’avait fait découvrir (et un jour je l’avais utilisé dans un échange sur ton blog…) : myötähäpeä : « avoir honte pour quelqu’un d’autre »
    voici le lien de l’article :

    http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=0CCUQFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Fle-magazine%2Farticle%2F2013%2F12%2F06%2Fmyotahapea_3525721_1616923.html&ei=36wOVPGzLc_mar3kgRg&usg=AFQjCNFW-7_nbMjBJzKagIpFLACVcrUezw&bvm=bv.74649129,d.d2s

    Oui ça correspond bien à ce que tu décris et il est au fond pas surprenant qu’au moins une langue ait créé ce concept — est-ce que ça dit quelque chose sur ce peuple? Sur mon petit dico je lis que myötä est utilisé aussi en préfixe pour sympathie dans le sens « avec » et häpeä signifie ‘vergogne’ honte’…Je vais demander à des amis finlandais plus de détails…

      1. @ Zert

        J’adore cohonte.

        M’autorisez-vous a utiliser le mot cohonte (je préfére cette orthographe qui rappele compassion) ?

  7. La recommandation du livre de Valérie Trierweiler, me semblait liée à la compassion ainsi qu’à l’illustration de notre psychologie humaine, dans le cas du président. Mais celà me semblait des motifs faibles, en regard de la calomnie potentielle et de la difficulté de répondre pour François Hollande, pour justifier la lecture.
    Ce n’est qu’apres avoir lu l’article de José Fort dont lvous avez tweeté la référence hier, que j’ai compris l’autre (et le seul?) intérêt de ce livre. un témoignage de  » l’intérieur des pratiques du pouvoir et de ses serviteurs ».
    Reste malheureusement le déchaînement haineux contre les deux protagonistes de l’histoire, mais qui préexistait à ce livre. Prétendre le contraire est une tartufferie.

  8. La profonde souffrance qu’éprouve notre président, suite aux propos calomniateurs d’une célèbre journaliste, semble émouvoir une large part de ses électeurs égarés. Peut-être assisterons-nous bientôt à une forte mobilisation populaire masculine en sa faveur…

    1. « Peut-être » assisterons-nous à cela en effet. Personnellement, ça m’étonnerait, étant donné qu’il n’y a pas que des femmes qui sont pauvres, et que le coup que Monsieur François vient de prendre dans les dents (qu’il a la chance d’avoir) ressemble plutôt à un K.O. qu’à quoi que ce soit d’autre.

      A part ça, je ne vois pas ce qui vous permet de parler de propos calomniateurs. Pour rappel, la calomnie est une « critique injustifiée et mensongère, inventée avec le dessein de nuire à la réputation ou à l’honneur ». Dans ce cas-ci, le mot « injustifié », ainsi que le dessein de nuire, peuvent prêter à débat, mais pas le mot « mensonger » ni « inventé », il me semble.

      1. Pour réponse, je me permets humblement de vous signaler qu’il s’agit sans doute d’une simple affaire d’aiguillages défectueux comme on en rencontre souvent sur les réseaux humoristiques Franco-Belges.

  9. Je pense que « pour comprendre les temps qui sont les nôtres » , lire ou parcourir les livres d’une ex ministre (qui plus est de bonne volonté) et ex femme de président ne peut en aucun cas être une mauvaise chose.

    1. Pas mieux, sinon que je n’envisage pas d’en faire l’investissement.
      Y’a bien mieux qui sort le 10. Je ne peux pas tout acheter et j’ai des tas de bouquins trop lourds pour une seule lecture; à relire. Actuellement c’est Bruno Latour dont les analyses me semblent nécessaires pour comprendre le laxisme ambiant, source de dérive pathologique de plus en plus grave.

      1. Pour ce qui concerne le livre de Valérie Trierweiler, je ne doute pas que je le trouverai sur une des brocantes du prochain printemps, pour un ou deux euros. Un peu de patience, que diable ! 😉

  10. C’est curieux… Je suis une femme et j’adhère en partie à votre propos, mais en partie seulement.
    Bien sûr le machisme, l’égocentrisme, le sexisme, tout cela est rebutant, le logiciel en est, ou devrait en être, largement dépassé.
    Mais cette femme Valérie Trierweiler me met mal à l’aise. J’avais aimé son (presque) silence, que je trouvais élégant face aux coulées de boue médiatique, lorsque l’autre femme avait été révélée.
    Quand déballer tous ses états d’âme devient une norme d’un monde qui s’affole pour des détails alors qu’il occulte les drames essentiels de notre temps, se taire est un langage qui me parle, de noblesse, de respect de soi-même, de prise de recul sur l’événement livré en pâture publique.
    Je retrouve dans cette sortie journalistique le même besoin de se faire entendre sur la place publique que le besoin de twitte,r mal à propos, lors de l’éviction à La Rochelle de son autre rivale, ce qu’elle a reconnu ensuite.
    Tout un livre pour régler ses comptes, cela me semble beaucoup. Je suis mal à l’aise également avec ce succès de vente, qui me semble disproportionné dans « l’affaire ».
    Mais j’apprécie qu’un homme s’indigne du traitement de cette dite affaire!

    1. Bien vu.
      Même malaise. L’ intuition de possiblement participer à un mauvais film, pas un navet, un film mauvais, une mauvaise action.
      Il ne faut pas regarder plus avant dans ce cas, sauf à se corrompre en faisant corps avec les contours de la cause finale en vue de quoi ce geste a été fait (eux seuls savent pourquoi)
      Compassion, c’ est tout.
      Je leur souhaite tout le courage possible pour se relever de cela et avancer dignement dans leur vie.

    2. Chère Sophie, avez-vous lu son livre ? Je vous dis tout de go, moi je ne l’ai pas (encore) lu, nous sommes donc, au mieux, sur ce point, sur pied d’égalité. Je n’en ai lu qu’une (toute) petite partie de ce qui en a déjà été dit. Et sur cette base, je ne pense pas qu’il s’agisse de « déballer tous ses états d’âme », ni de « détails », ni de « régler ses comptes ».

      Il y a chez cette dame quelque chose qui me déplaît a priori (a priori puisque je n’ai pas encore lu son livre), c’est ce qui semble (j’écris bien « semble ») être une jalousie maladive. En particulier lorsqu’il s’agit de Ségolène Royal, en pleine campagne électorale. Madame Trierweiler semble (j’écris bien « semble ») ne pas comprendre quels sont les impératifs politiques qui poussent François Hollande et Ségolène Royal à s’afficher en public, devant les militants et les (possibles) futurs électeurs. Je pense qu’elle confond ça avec une espèce de « retour vers le passé »… et qu’elle oublie réellement qu’il s’agit de deux personnages publics. Et qu’en outre, elle ne comprend pas non plus qu’une relation qui a été aussi loin (quatre enfants, quand même !) ne se termine jamais totalement, qu’il en reste toujours quelque chose et que c’est normal. A ce compte-là, je trouve également ce fameux tweet complètement mal à propos comme vous dites, mais comme vous dites aussi, elle l’a reconnu ensuite (de manière spontanée ou contrainte, je ne sais pas, peut-être est-ce dans le livre).

      Ceci étant dit, je trouve compréhensible ce « besoin de se faire entendre sur la place publique », et surtout, je trouve bien courageuse cette manière de se montrer telle qu’elle est, jalouse, oui, jalouse, cette manière de vouloir, d’une certaine manière, se foutre en l’air, lorsqu’elle apprend qu’elle est trompée, non pas avec Ségolène (sa rivale de toujours, pourrait-on dire), mais avec une autre, une gamine super mignonne. Valérie Trierweiler est une femme qui souffre et qui ose se montrer dans la vérité de ce qu’elle est. En cela, elle ressemble à Jérôme Kerviel, cet autre personnage d’extraction modeste qui par le hasard du destin se trouve, lui aussi, plongé sous le feu des projecteurs, dans un jeu de fausseté dont il ne comprend, lui non plus, pas les règles très spéciales. Je dirais qu’il fallait être né dans ce jeu-là, tomber dedans quand on était petit, pour en comprendre les règles tordues. Valérie Trierweiler, pas plus que Jérôme Kerviel, ne les a comprises, ces règles tordues, et c’est pourquoi elle souffre, elle souffre épouvantablement, et elle a en plus la candeur de penser que si elle écrit un bouquin, on va finir par comprendre sa souffrance, ou au moins essayer.

      C’est sincèrement ce que je pense. Ni vous ni moi, à mon avis, ne pouvons savoir comment nous nous serions comportés dans les mêmes circonstances.

      1. « Je dirais qu’il fallait être né dans ce jeu-là, tomber dedans quand on était petit, pour en comprendre les règles tordues ». Un milieu social se sert de ses règles pour faire respecter sa cohésion et sa fermeture. Quand un ‘parvenu’ dans le milieu se trouve en situation d’échec (par sa faute ou par la faute d’un autre aussi bien !), le milieu retourne les règles contre lui : il est éjecté, mis en faute ou « en honte ». (‘porter la honte de l’autre’ s’applique peut-être à ces deux protagonistes que vous citez. Aucun geste en défense de sa part n’est ‘juste’. Ce n’est pas qu’il méconnait les règles. Un autre, natif du sérail, aurait été protégé… et aurait eu donc bénéfice à garder le silence.

  11. C’est quand même fou :

    On attends toujours avec impatience qu’un élément de la machincratie politico-business-journaleu-showbiz pète un plomb et balance tout ce qu’il sait…

    Et quand cela arrive : « Oui mais il est mouillé dans telle histoire », « Oui mais elle a fait ça par jalousie », « Oui mais il est vieux, il bloblotte », « C’est un traitre, quelle ingratitude »….

    Y a pas à dire, le système sait se défendre (et agiter en nous, tous les leviers).

      1. ils ne sont grands que pour ceux qui se mettent à genoux ! Lire un tel ouvrage, c’est quelque part s’agenouiller un peu…

  12. Détail amusant : les 2 auteurs et l’éditeur du livre intitulé « la frondeuse » avaient été attaqués en justice par Valérie Trierweiler pour le motif suivant :atteinte à la vie privée….Elle avait demandé et obtenu 10.000 euros de dommages et intérêts ! J’avais lu « la frondeuse » suite de courts tableaux ,qui mettaient en scène VT dans des épisodes connus de tous , l’arrivée à la mairie de Paris, par ex.Aucune malveillance ,peu de révélations, un sens de l’obsevation très fin et une belle plume …..Le livre « merci » pour ce moment » par le moment choisi pour sa publication , par des formules assassines reprises comme une litanie par les medias , a l’intention visible de nuire.
    Que les Français se l’arrachent et prennent pour argent comptant ce qui y est rapporté et y cherchent des détails « croustillants » en dit long sur leur manque de réflexion; on peut leur faire prendre des vessies pour des lanternes , si facilement….. Dans le cercle d’amis , on s’est passé le livre et on s’est ennuyé et on a bien ri . Qui sont les 2 « héros » du livre , bien malin qui le dira !

    1. …Elle avait demandé et obtenu 10.000 euros de dommages et intérêts !

      10 000 euros c’est petit joueur.
      Un certain Bernard Tapie a obtenu 45 millions pour préjudice moral

      Puisque tout est marchandise, pourquoi se gêner !!

      C’est peut-être ça le malaise. V.T., elle, peut marchandiser ses états d’âmes. Je pense aux millions de gens ordinaires (pas comme F.H.) qui subissent divorces, chômage, violences, nuisances, précarité, injustices, fins de mois difficiles dès le 15 du mois, brimades, harcèlement…et qui ne peuvent même pas se payer un psychanalyste, qui d’ailleurs ne leur serait d’aucun secours.

  13. Bonjour,
    Parler dans le même espace et dans le même temps de ces deux livres me semble être du sexisme, car la seule « raison » c’est qu’ils sont écrits par deux femmes.

    1. Il me semble au contraire que le fait qu’ils aient été écrits par deux femmes est juste une coïncidence. Auriez-vous dit quelque chose de semblable si deux livres avaient été écrits par deux hommes ? La chose est tellement plus courante !

      Et de plus, ce sur quoi Paul Jorion met ici l’accent avec courage et pudeur (je trouve), c’est que le sexisme, ce n’est pas forcément initié par des hommes à l’encontre des femmes !

      On peut retrouver ceci dans le film Disclosure, qui n’est pas forcément un film excellent, mais qui a le mérite de poser ces questions-là.

  14. Si, comme le dit Kundera, la politique n’est que l’écume noire à la surface d’une rivière où l’essentiel se passe en profondeur, alors le tout est de savoir si les remontées de quelques bourbes profondes initiées par une ex passablement graphomane apportent autre chose qu’un peu plus d’épaisseur à la mousse surnageante.
    Jorion prétend que oui.
    Soit.
    Je préfère relire Kundera.

    1. Kundera, en mode sexiste (misogyne en fait). Dans le cas qui occupe Paul, essayez la citation avec « public » quand il est écrit « amant ».

      S’il est une chose qui interdit à une femme de raconter son mari à son amant, c’est rarement la noblesse, la délicatesse ou l’authentique pudeur, mais la simple crainte d’agacer l’amant. Quant celui-ci dissipera cette appréhension, sa maîtresse lui en saura gré, elle se sentira plus à l’aise, mais surtout : ça lui fera de quoi causer, car la somme des sujets possibles de conversation n’est pas illimitée et, pour la femme mariée, l’époux fournit le thème rêvé, le seul où elle se sente sûre d’elle, le seul qu’elle traite en experte, et chaque être humain, après tout, est heureux de se manifester comme expert et de s’en vanter.

      (La plaisanterie)

  15. Kundera : « Le plus grand malheur de l’homme, c’est un mariage heureux. Aucun espoir de divorce. »
    🙂 Ils lui ont fait honneur!

  16. Il faut revenir au principal sujet de Paul JORION : le sexisme qui se traduit par des abus de pouvoir, de harcèlements sexuels, de viols et de la honte de celui qui a été sali humilié et s’est senti l’objet du puissant ou de la puissante.
    Une amie directrice d’une administration départementale d’Etat a été amenée à instruire il y
    a quelques mois un dossier de harcèlements sexuels. S’appuyant sur la loi du 6 aout 2012 et un dossier complet, elle pensait à juste titre obtenir justice pour les deux personnes de son administration qui s’étaient plaintes auprès d’elle. Il a fallu toute la pugnacité de mon amie pour qu’elle obtienne enfin un blâme contre l’intéressé en question.
    Alors tant que l’on aura pas extirpé ce fléau de la société, il y aura toujours une femme ou un homme pour en parler ou pour l’écrire.

  17. Sans rentrer dans le débat sur le sexisme, je viens de finir le bouquin de Trierweiler et je l’ai trouvé très instructif sur le milieu politique. Beaucoup plus qu’un bouquin d’un spécialiste de sciences politiques.
    Il n’a en réalité confirmé que ce que je pensais déjà mais il était très intéressant. Surtout par les non-dits, en fait. A la fin, on se demande: « mais qui pense les vraies décisions alors? (Celles qui comptent vraiment dans l’établissement du cadre) ». Pas le président en tous cas, il est trop occupé avec ses partenaires sexuels, les réceptions publiques officielles et officieuses et à chercher les caméras de télévision. Lui, il met juste son cachet. C’était déjà pour l’essentiel comme ça à l’époque du Roi Soleil, faut dire… 🙂

  18. Je crois que le sexisme s’est surtout manifesté par la manière dont le parti sociaiiste a « soutenu » Royal.
    Ce fut un mauvais exemple pour le reste de la population.
    A favorisé l’election de Sarkosy, lequel fut si détesté par le PS qu’il en a oublié d’avoir des idées. Pire, il a beaucoup imité la droite, laquelle imite l’extrême droite.

    Il y a des uchronies qui m’interessent plus, mais on peut penser que si le PS avait été moins sexiste envers Ségolène, nous n’en serions pas là.
    Une des choses les pires dans le sexisme et autres oppressions est le ralliement des opprimés aux oppresseurs.
    Ainsi Marcela Iacub avait critiqué Ségolène pour être trop bien habillée. Puis Marcela a piégé DSK, encore un livre « témoignage » des plus indécents et surtout traitres.
    Dommage car Iacub était interressante, sa manière de lier droit, politique et autre et de défendre la liberté avant, bien malheureusement, de tenter de relativiser le viol.
    Dans la « fouléee », Pisotrius tuait sa femme.
    Deux déceptions.

    VT a été humiliée face à la planète entière, et je comprends son désir de vengeance.
    Mais elle a encore pourri la vie politique et tué la rentrée littéraire.
    Eté sans presque d’incendie de forêt.
    Rentrée avec remontée d’égout.

    Tiens je défends le Gouvernement.
    Il a pris des mesures en faveur des femmes.
    Au niveau de la pilule et de l’avortement pour les mineures, de la pension alimentaire pour les divorcées.

    Pour rendre le blog plus constructif, je propose que chacun apporte ses idées en faveur des femmes ( et à vrai dire aussi des hommes comme le dit notre hôte) concernant le harcellement sexuel.
    Et autres questions liées, bien sûr.

  19. Je ne suis pas sur que Mme Duflot aimerait que l’on mette ainsi en parallèle son livre et ce lui de Mme Trierweiler…

  20. Quelqu’un a t il un exemple d’un cas inverse ? Je veux dire comme par exemple le livre d’un ex de Mme Merkel qui « raconte »…., il doit bien y en avoir ! quand bien même dussions nous nous résoudre à lire le livre d’un ex garde du corps de Stephanie de Monaco ? Ou alors c’est que les mâles ne pratiquent pas ce genre de racontage et qu’il sont plus du style : je te fais sauter la cervelle et la mienne ensuite et le problème est réglé (attention messieurs, si vous vous flinguez tout seul c’est de la depression mais si vous commencez par votre compagne comme la galanterie vous l’impose c’est de la violence machiste). Peut être n’y a t il pas assez de femmes en politique pour que des exemples de pleurnichages de leurs ex nous viennent spontanément à l’esprit mais peut être que c’est déjà sexiste rien que poser cette affirmation? Enfin, reste que les Hommes les vrais, ne pleurnichent pas en public ; en tout cas ça reste encore ce que l’on met dans la tête des petits garçons dans bien des endroits du monde; Et puis c’est bien connu c’est toujours les filles qui caftent… 😉

    Allez Viens Jef ! Il me reste trois sous on vas aller s’les boire chez la mère Françoise!

    1. Je viens de me relire et d’imaginer le tirage du livre d’un ex de Merkel!!!!! la forèt Brésilienne n’y suffirait pas !

    2. @ dup

      Les hommes se plaindront aussi de leurs femmes politiques, soyez-en sûr. Positif : ils ont de plus en plus le droit d’être vulnérable. Négatif : tout le monde s’étale de plus en plus.

      Conseil aux politiciens, mâle ou femelle : partager sa vie avec quelqu’un de non médiatique mais qui ait néanmoins, si j’ose dire, des crocs, car il n’y a rien de pire que mouton enragé.
      Un cerveau discret comme le mari de Merkel me semble le bon choix.
      Surtout pas de journaliste ! La délation se pare certainement du mérite de « révéler » des vérités dans leur esprit.

  21. Le sexisme est une forme particulière de violence de dominants sur des dominés.
    Et il y a 36 manières de dominer pour en tirer un profit.
    Tout est bon dans le cochon.

  22. preuve qu’il y a du sexisme, c’est que si ces deux livres avaient été écrits par des hommes, Paul Jorion n’aurait sans doute pas reçu autant de mails.

    On aurait aimé avoir le livre écrit par le mari ou le compagnon de la Présidente, mais, en France, on est loin d’y être.

    le sexisme quand on est femme : c’est tous les jours depuis toujours (depuis la naissance), il suffit de s’intéresser sérieusement au sujet pour le savoir. Et les effets de notre « culture de domination masculine » a ses effets sur les hommes qui ne se retrouvent pas dans LE modèle etc etc… allez un peu de sérieux : https://lejournal.cnrs.fr/billets/une-ville-faite-pour-les-garcons ; https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-filles-grandes-oubliees-des-loisirs-publics
    les études comme ça se ramassent à la pelle

    Cependant, je suis ravie de voir ce billet : il y a tellement de billets écrits par des hommes sur le blog et si peu écrits par des femmes, que (mille pardons d’avance), il m’est arrivée d’avoir certains vilains soupçons … (parano quand tu nous guettes :))

    c’est donc un grand jour. Merci à tous (cécile, valérie, les sexistes etc…) !

    1. Évidemment. Presque toutes les réactions masculines ci-dessus ont pu aborder le sexisme sans parler de domination masculine… et sont anecdotiques pour la plupart.
      Et un travers masculin fréquent est la mec-splication (‘man-splaining) qui sait mieux qu’elles ce que les femmes auraient du faire. Ici, Valérie T. Les mails transmis à Paul Jorion ne disent-ils pas indirectement un ‘il faut la faire taire’, par solidarité masculine ?

      La parole de Paul Jorion est effectivement doublement pudique. Et saine et nette en même temps.
      Le thème sera difficile à garder à l’agenda du blog…

  23. Je viens de tomber sur ça :
    Sécurité sociale et émancipation du travail – BERNARD FRIOT.
    partie 1/3 etc…

    J’ai trouvé cette conférence absolument admirable et veux la faire partager. Un Bernard Friot en très grande forme. Discours clair et cinglant.
    Il y est question de rapports de force, violence faite aux femmes et aux hommes, servitude volontaire, intériorisation et bien-sûr capitalisme, etc…

  24. @ Paul Jorion

    Pardonnez-moi de ne pas approuver VT (par contre l’écologiste, si, il ne s’agit pas là de vie privée).
    Je comprends que vous ayez fait preuve de retenue sur un sujet vous touchant de près et vous remercie d’y avoir fait allusion.

    Avez-vous des idées pour lutter contre le harcellement sexuel et d’autres formes de sexisme ?

  25. Dans le sexisme il y’a aussi et toujours le « réflexe de classe » : Dans le cas du viol on emploiera le vocabulaire des voyous si la victime vit dans les cités, on dira « tournante » plutôt que « viol en réunion ». C’est ce sexisme de classe qui invitait l’ignoble Cahuzac à traiter Duflot de « crasseuse », parce que c’est un beauf fortuné.

  26. Paul, je suis très émue par ce que tu ( permets-moi de te tutoyer) as écrit sur le sexisme et encore davantage parce que tu es un homme parlant du sexisme de cette manière-là. C’est très rare de la part d’un homme de ta génération. Merci d’avoir partagé ce que tu as vécu.

    Moi aussi j’ai porté moi-même, sur moi, cette honte du puissant sûr de lui, indifférent totalement à ce que je pouvais ressentir devant son désir de me dominer. Lui dire non m’a aussi obligée à changer de chemin de vie. La honte ressentie m’a souvent mise en colère.

    Combien de femmes portent cette honte sur elle ? Un grand nombre. Elles se taisent souvent. Peu ont le courage de Mme Duflot ou de Mme Trierweiler pour décrire le cloaque qu’est le monde politique ou le monde des entreprises dirigé par les hommes. La plupart des femmes supportent pour ne pas faire de vagues, pour justement ne pas supporter les réactions méprisantes de ces messieurs très sûrs de leur prétendue supériorité masculine. Encore aujourd’hui, on ne naît pas femme, on le devient de soumission en soumission.

    Dire NON à la servitude, c’est assurément la seule voie à suivre pour préserver, sauver sa dignité d’être humain, comme cherchent sans doute à le faire ces deux femmes courageuses.

  27. Bonsoir monsieur Jorion, bonsoir à toutes et tous,

    Sur un point au moins, Valérie Trierweiler s’est littéralement trompée lorsqu’elle écrit, je cite : « Seuls les liront [les pages de son livre] ceux qui veulent comprendre. Les autres passeront leur chemin, et c’est mieux ainsi. »… Le seul souci c’est que la plupart de ceux qui passent leur chemin ne le font pas en silence tant ils entretiennent le bruit médiatique autour de sa sortie. Et lorsque des libraires eux-mêmes participent activement à ce mouvement collectif (Dieu sait s’ils sont si nombreux), cela ne s’appelle plus du dénigrement mais de la censure !

    Nous avons lu en couple les deux livres mentionnés par monsieur Jorion et nous ne comprenons pas l’acharnement dont ils font l’objet, notamment celui écrit par Valérie Trierweiler.

    Monsieur Jorion a amplement raison d’être à contre sens du courant.

    Nous sommes donc choqués et nous ne comprenons pas tout cet acharnement.

    Ou peut-être que si nous comprenons tant il s’agit finalement, chacun à sa manière, de témoignages puissants sur les réalités honteuses, voire odieuses, de la vie politique en ce début de XXI ième siècle.

    Car la quête du pouvoir est telle qu’elle ne permet pas, apparemment et depuis trop longtemps, de se passer d’indignité…

    Pour approfondir cette question, je me permettrais simplement de rappeler ici comment le psychanalyste Jean-Charles Bouchoux conclue son livre « Les pervers narcissiques », aux éditions Eyrolles, 2009-2011, ISBN 978-2-212-54865-5, en redonnant un écho « [aux paroles] de Nelson Mandela, qui [passa] 35 ans en prison et [subit] le harcèlement d’une société qui [prônait] le racisme et qui [utilisait] des mécanismes pervers narcissiques pour se maintenir et justifier ses actes. »

    Nelson Mandela, « Discours d’investiture à la présidence », Pretoria, le 10 mai 1994 :

    « Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur, notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite. C’est notre propre lumière, et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus. Nous nous posons la question : qui suis-je, moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux ? En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ? […] Vous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde. L’illumination n’est pas de vous rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres. […] Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus, elle est en chacun de nous, et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même. En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres. »

      1. Voilà une bien nécessaire mais regrettable illustration de ce sur quoi nous débattons…

        Afin d’oublier ce triste constat et pour compléter notre propos, je reprendrais aussi trois autres citations utilisées dans le livre du psychanalyste Jean-Charles Bouchoux, « Les pervers narcissiques », aux éditions Eyrolles, 2009-2011 :

        Paul-Claude Racamier, « De la perversion narcissique », Revue Gruppo n°3, 1987 :

        « Le terrain de prédilection, l’instrument majeur de la perversion narcissique… c’est la parole. »

        Simone Korff-Sausse, « La femme du pervers narcissique » in  » La perversion narcissique », Revue française de psychanalyse, PUF, 2003 :

        « Le langage est son arme, plus redoutable peut-être que les violences physiques. Il s’en sert pour obtenir l’assujettissement de son partenaire. »

        Alain Ksensée, « Hystérie et perversion » in « La perversion narcissique », Revue française de psychanalyse, op. cit. :

        « Il se rabattra sur les mots pour détruire toute personne susceptible de réveiller en lui sa faille identificatoire. »

  28. Le mot sexisme est un mot que j’ignore en Bretagne dite matriarcale par les anthropologues (?).
    La réaction de ma vieille Tante de 85 ans, Maryvonne – comme beaucoup de filles dans la famille depuis plusieurs siècles – à laquelle j’avais offert le livre « Sous la plume ; petite exploration du pouvoir politique » de Marie de Gandt – (encore un livre politique ET féminin) avec lequel on a même le droit de ne pas être d’accord mais qui décrit bien la cour politicienne de l’intérieur.
    « Ton livre,il est un peu embêtant mais, Ma Doué, avec tous ces conseillers partout, ils sont pas prêts d’augmenter ma retraite » (d’agricultrice)
    Chacun aura compris que cette dame a toute sa tête et qu’elle nous donne un résumé percutant d’un vide politique de communication que peu de politiciens ont perçu. N’est ce pas ce que dit J. Attali quand il souligne que l’Etat entretient un niveau de dépenses extravagant par rapport à ses rentrées ? C’est une forme de corruption qui entretient les moins capables et les plus bavards en payant des communicants aux dépens de la compétence et des retraites: silence on coule!

  29. On me demande si j’ai des idées pour dissuader le harcèlement….. c’est à dire changer l’homme
    j’aimerais bien avoir ce pouvoir.
    Par contre je peux me battre pour faire appliquer les textes de loi qui existe maintenant
    En prenant pour exemple celui de monsieur JORION avec la loi de 2012 et son application immédiate dans la circulaire du 7 aout 2012 la personne qui a harcelé monsieur JORION puis l’a licencié aurait été doublement condamnée et lourdement. Connaisant M. JORION ou non s’il était venu me parler de ce qui lui arrivait, en étant au ministèrede la santé et des affaires sociales j’aurais immédiatement contacté le ministère du travail pour qu’un inspecteur s’occupe immédiatement de l’affaire. J’ai toujours agit ainsi en tant que fonctionnaire d’Etat de plus j’aurais fait tout mon possible pour aider M. JORION a passer ce mauvais cap. Je suis d’une famille d’anciens résistants. Ils m’ont appris qu’il faut toujours se battre et encore se battre….. Certains y ont perdu la vie. Ce n’est pas le cas aujourd’hui du moins du l’instant….

    1. @ CHAPONIK

      Merci pour votre action, qui arrête des abus, qui en dissuade d’autres et qui est un exemple de résistance pour les personnes de bonne volonté.

  30. j’aimerais recommander « les mémoires de la marquise dePompadour » qu’on peut lire sur le net
    sur le site Gallica (c’est gratuit) ainsi que « les mémoires de la princesse palatine » (en poche) Deux textes d’un haut intérêt, loin,il est vrai de notre actualité brûlante et consternante .

  31. @ Roberto

    « Ce qui me laisse songeur, c’est le fait que le pouvoir puisse rendre sexuellement attirant celui ou celle qui le détient. »
    Mais c’est normal. Les animaux alpa ont plus de chances de survivre donc attirent plus, gage de survie pour la descendance;
    Et il et en va de même chez les humains… Heureusement, l’amour pour la personne qu’on aime déjà, l’orgueil de réussir sans le sexe, la soif d’aimer quelqu’un dans un monde à la Daphnis et Chloé plutôt que Rastignac, le sens esthétique et autres choses semblables font contrepoids.

    Ce qu’on peut trouver abusif est qu’une personne accablée de soupirants aille précisément chercher la seule qui ne lui demande rien, démarche qui peut aussi s’expliquer parce que certains redoublent de désir quand on ne les désire pas et que d’autres font une chose parce qu’elle est interdite sans parler de ceux qui cumulent.

    Il faudrait ne plus glorifier les hommes de « chasser » les femmes.
    Ne plus glorifier les conquérants territoriaux ou de place ou de sexe, ce qui ne veut pas dire promouvoir le puritanisme.
    Tant qu’on ne fera pas ça, on critiquera certes certains abus mais pas tous, et la réprobation, erratique, arbitraire, ne sera pas prise au sérieux pour la bonne raison qu’elle ne l’est pas.

    Je pense qu’il y a aussi d’autres choses, plus concrètes, à faire, que changer la culture sur le long terme si c’est le plus important.
    Tiens, le territoire, des villes et des entreprises, plus adaptés aux hommes qu’aux femmes.
    Au lieu de critiquer les méchants entrepreneurs et urbanistes, savoir que les maladies de femmes ou les maladies dans leur spécificités féminines sont moins étudiées que celles de l’autre sexe.
    Donc, il faudrait que les spécialistes de tout « féminisent » leur approche.

    Mais il ne faut pas oublier de lutter contre tous les harcèlements, donc aussi femmes sur les hommes et homosexuel.

    1. @ Noblejoué
      Vous avez raison, j’aurais du préciser : « ce qui me laisse songeur, c’est le fait que le pouvoir puisse rendre sexuellement attirant celui ou celle qui le détient, que malgré les connaissances acquises, nous soyons toujours incapables de faire évoluer le hardware que nous avons entre les oreilles. Bref, que nous sommes tous plus ou moins prisonniers de la même palette comportementale que celle de nos ancêtres du paléolithique… alors que nous avons un tantinet modifié notre environnement. »
      Il y a une part d’immaturité certaine dans ce raisonnement. Une difficulté à accepter l’évidence que notre belle intelligence rationnelle n’est pas la seule aux commandes dans notre encéphale, que des comportements innés ayant permis à nos ancêtres de survivre et de se reproduire sont toujours à l’œuvre. Bref, une tentation aussi enfantine que dangereuse, de nier notre part d’animalité (sans même parler de la théorie de Paul Jorion disant que notre conscience ne saurait qu’une réécriture subjective de processus qui seraient en partie ou totalement inaccessibles … !)
      Quoi qu’il en soit, nous sommes une espèce intéressante. J’ignore si nous nous survivrons, mais je pense que nous méritons au moins le bénéfice du doute.

      1. @ Roberto

         » Une difficulté à accepter l’évidence que notre belle intelligence rationnelle n’est pas la seule aux commandes  »
        L’idéalisme n’est pas un crime, au contraire…. Disons qu’on a une première impulsion idéaliste, et puis qu’on se rappele du réel.
        Et quand le réel fatigue, on s’en évade de différentes manières, y compris l’idéalisme et la douceur. Ca me rappele dans les Call girl de Koesler, il y a une conférence sur comment sauver le monde et un des chercheurs propose des solutions particulièrement choquantes. Polémiques, tout ça….
        Le soir, il relit les trois mousquettaires en mangeant du chocolat.
        Bref, nous avons tous besoin de passer de la réalité au rêve, de l’idéal à la réalité et vice versa.

         » Quoi qu’il en soit, nous sommes une espèce intéressante. J’ignore si nous nous survivrons, mais je pense que nous méritons au moins le bénéfice du doute. »
        Parfaitement, mais il y a certaines conditions pour cela, à mon avis, mais je ne vais pas vous les infliger.

  32. Cécile Duflot a démissionné du gouvernement puis a relaté son expérience dans son livre. Pour Valérie Trierweiler il en est tout autrement. Elle a été écartée. Et la question qui se pose à moi est la suivante : si elle était restée avec Le Président aurait-elle écrit le même livre ? Cette question posée, il faut se battre pour qu’elle ait le droit de s’exprimer. Pour ce qui est du sexisme je dirai qu’il n’est qu’un aspect particulier du mécanisme de domination masculine qui a été mis à mal par l’industrialisation, les guerres et la robotisation. Même si la mixité souffre encore des soubresauts défensifs de quelques cerveaux reptiliens.

    1. Je ne dirais pas « Quelques cerveaux reptiliens » : Chacun de nous est équipé d’un modèle en parfait état, prêt à écouter ce qui s’adresse directement à lui (neuro marketing chéri) et à bondir….

      C’est à chacun de nous de jouer…

      1. Pareil!
        Et en plus, cela fait la seconde fois que je me retrouve à défendre Valérie Trierweiler pour le même motif. La première fois, c’était pour l’affaire du tweet et là aussi, les arguments et les mots choisis étaient tous uniquement du registre sexiste.
        Pourtant, je n’ai pas de sympathie particulière pour elle et je pense que l’on peut parfaitement attaquer sa démarche, mais pas de cette manière-là!

  33. Suite à la recommandation de Paul, et parce qu’il est tombé dans ma boîte mail, j’ai lu le livre de Valérie Trierweiler, pas encore celui de Cécile Duflot.

    Ecrit simplement, par petites phrases; je l’ai ressenti comme le besoin de vider son sac et surtout d’être comprise ; besoin de se justifier devant l’opinion publique. Belle illustration d’une situation de dépendance amoureuse. Pas vu de désir de vengeance.

    Et à propos de vengeance : http://www.garance.be/cms/?La-vengeance-d-une-femme

    En résumé donc : une femme qui porte un coup de couteau (symbolique) dans le dos de son ex partenaire, c’est une « basse vengeance ». Un homme qui porte un coup de couteau (réel) dans le ventre de son ex, c’est un drame de la passion…

    Je pensais en apprendre beaucoup sur les coulisses du pouvoir, sur la façon dont se prennent les décisions en haut lieu ; il n’y a finalement que quelques phrases qui y font allusion, et peu de surprises. On s’en doute un peu, non, de comment ça se passe « là-haut » ?

    Quelques passages touchants quand elle parle de ses origines modestes et de son sentiment d’illégitimité, du décalage social entre elle et l’élite politico-médiatique.

    Pas beaucoup de réflexion politique, par exemple sur le rôle humanitaire de la « première dame » : charité plutôt que solidarité et justice redistributive…

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