Archives par mot-clé : chambre de compensation

Brexit : L’ENJEU DES CHAMBRES DE COMPENSATION, par François Leclerc

Billet invité.

La négociation du Brexit est officiellement engagée, destinée à durer deux ans, à moins que des prolongations ne soient comme il est vraisemblable accordées afin de repousser le moment fatidique d’un divorce qui en tout état de cause ne sera pas une franche séparation. Pour meubler, les commentateurs opposent les partisans du Brexit dur ou doux, cette énième resucée des faucons et des colombes qui a déjà tant servi.

Continuer la lecture de Brexit : L’ENJEU DES CHAMBRES DE COMPENSATION, par François Leclerc

Partager :

La résolution de la crise des dettes que la cupidité politico-financière fait semblant de ne pas comprendre, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Répétons encore une fois que la mécanique infernale de notre pseudo système monétaire international réside dans l’asymétrie de crédit entre les acteurs « off shore » et « in shore ». L’iniquité systémique internationale du crédit et de la dette est l’anéantissement mécanique délibéré de l’économie réelle par le privilège de la mafia politico-financière internationale d’emprunter librement sans limite.

Le « in shore » réunit toutes les transactions financières à l’intérieur d’une zone monétaire. Une zone monétaire est un territoire économique placé sous l’autorité d’une même banque centrale et d’un même système de régulation du crédit. A l’intérieur d’une zone monétaire, s’appliquent des règles de publicité des transactions financières. La publicité du crédit dans une zone monétaire donne aux autorités monétaires et bancaires la faculté de réaliser un équilibre général entre la masse monétaire et la liquidité de l’économie réelle ; équilibre général au comptant et à toutes les échéances futures des crédits consentis à la production de biens et de services réels.

Continuer la lecture de La résolution de la crise des dettes que la cupidité politico-financière fait semblant de ne pas comprendre, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager :

L’actualité de demain : SANS GARANTIE DU GOUVERNEMENT, par François Leclerc

Billet invité

On ne revient pas les mains vides chaque fois que l’on s’aventure dans les sous-sols du système financier ! L’occasion en a cette fois-ci été donnée par l’adoption, vendredi dernier, d’une nouvelle réglementation par les membres de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), l’un des principaux régulateurs américains. Celle-ci a pour objectif de renforcer les chambres de compensation intervenant sur l’énorme marché des swaps et des futures.

En application de la loi Dodd-Frank de régulation financière américaine, seule une partie de ces transactions doit emprunter ces chambres, l’autre continuant de faire l’objet de transactions de gré à gré, au prétexte que les produits correspondants ne sont pas standards et ne peuvent donc pas être compensés. Avec un effet pervers : destinées à consolider le marché, ces structures en viennent à concentrer les risques, à tel point qu’il avait même un moment été envisagé de leur donner accès aux guichets de la Fed, tout comme les banques.

Continuer la lecture de L’actualité de demain : SANS GARANTIE DU GOUVERNEMENT, par François Leclerc

Partager :

LA LIVRE STERLING ET L’ÉTALON-OR (III) LE MÉTAL JAUNE

Le feuilleton Keynes jusqu’ici :

4-août L’HOMME QUI S’AVÉRA TOUJOURS AVOIR EU RAISON ET NE FUT JAMAIS ÉCOUTÉ
5-août UN OBJECTEUR DE CONSCIENCE INTENDANT DES TROUPES (I) LE DÉNI
6-août UN OBJECTEUR DE CONSCIENCE INTENDANT DES TROUPES (II) LA RÉSISTANCE PASSIVE
6-août UN OBJECTEUR DE CONSCIENCE INTENDANT DES TROUPES (III) LA REVANCHE DE L’INTELLECTUEL
12-août EN 1919, JOHN MAYNARD KEYNES A TRENTE-SIX ANS, ET IL N’A ENCORE RIEN À REPROCHER À LA THÉORIE ÉCONOMIQUE
14-août LES ENFANTS « BONS EN MATHS » QUI RESTERONT CEPENDANT SCEPTIQUES QUANT AUX MÉRITES DE CETTE BRANCHE DU SAVOIR
15-août KEYNES ET LES ÉCONOMISTES : DEUX CONCEPTIONS DU MONDE INCONCILIABLES
16-août LE HASARD SIMPLIFIÉ POUR RENDRE LA FINANCE SOLUBLE
17-août EXPRESSION SPONTANÉE ET STRATÉGIE EN FINANCE ET EN ÉCONOMIE
19-août LA LIVRE STERLING ET L’ÉTALON-OR (I) LES MISES EN GARDE DE KEYNES
21-août LA LIVRE STERLING ET L’ÉTALON-OR (II) LE CHARYBDE DE L’INFLATION ET LE SCYLLA DE LA DÉFLATION

 

Pourquoi l’or a-t-il pu si longtemps servir de monnaie ? D’abord parce qu’il présente bien : parce que, comme l’écrit Keynes dans A Tract on Monetary Reform (1923), le livre où il mène croisade contre le retour de la Grande-Bretagne à l’étalon-or : « il bénéficie toujours du prestige que lui donnent son parfum et sa couleur » (Keynes [1923] 1931 : 174). Ensuite parce qu’il est imputrescible et n’est pas non plus l’un de ces métaux qui s’oxydent ; il résiste donc bien aux manipulations multiples et s’accommode des intempéries et du temps qui passe. Mais surtout parce qu’étant richesse en soi (échangeable en tant que tel lorsque l’État, garant d’une monnaie fiduciaire, fondée sur la confiance, s’effondre), il a toujours pu apparaître comme la « doublure » naturelle de la nouvelle richesse créée au sein d’une nation, faisant en sorte qu’une monnaie fondée sur l’étalon-or semble présenter une disposition « naturelle » à assurer la stabilité des prix.

Pourquoi est-ce ainsi ? Parce qu’une société qui s’enrichit en produisant des marchandises, trouve dans l’ensemble de l’or en même proportion. Keynes explique cela :

« … il s’est fait que le progrès dans la découverte de mines d’or avançait en gros du même pas que le progrès qui intervenait dans d’autres domaines – une correspondance qui n’était pas une pure affaire de chance, parce que le progrès en ce temps là, du fait qu’il était caractérisé par une ouverture graduelle de la surface du globe et son exploitation, impliquait assez logiquement qu’étaient découverts pari passu, des dépôts d’or dont l’accès était de plus en plus malaisé » (ibid. 174).

Continuer la lecture de LA LIVRE STERLING ET L’ÉTALON-OR (III) LE MÉTAL JAUNE

Partager :

La réforme du système bancaire de la zone euro est facile à faire, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Chers amis de Finance Watch,

Comme vous pouvez le lire sur le Blog de Paul Jorion, nous décrivons sous l’angle politique, scientifique et technique les décisions que l’Union Européenne doit prendre pour transformer l’euro en système monétaire international de la démocratie. Nous achevons un prototype informatique de chambre de compensation appliquant les règles du bancor. Nous pouvons montrer que la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie est applicable dans l’espace numérique mondial moyennant la transformation de l’Union Européenne en confédération d’États subsidiaires de la démocratie des Européens.

La création d’un État confédéral européen consiste à doter la zone euro d’un Trésor Public confédératif présidé par un gouverneur élu par le Parlement Européen. Le Conseil Européen devient le sénat de l’État confédéral : il défend et représente les intérêts nationaux dans la politique monétaire et bancaire de la zone euro. La mission fondamentale de l’État confédéral est la régulation d’un espace économique européen conforme aux droits nationaux et aux solidarités sociales de la démocratie européenne.

Continuer la lecture de La réforme du système bancaire de la zone euro est facile à faire, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager :

LE « SYSTÈME MONÉTAIRE INTERNATIONAL » VA-T-IL S’EFFONDRER ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Au stade actuel de la crise économique mondiale, le diagnostic officiel se limite au constat de déficits et de dettes publics excessifs dans certains pays. Parallèlement certains pays accumulent des réserves de change par leurs excédents commerciaux. D’autres pays enfin ont un endettement extérieur et intérieur qui les obligent selon les rapports de force politiques à sacrifier les créanciers, les débiteurs ou les citoyens.

Sur le plan strict de l’analyse économique, il n’est pas difficile de découper les problèmes pour conclure que chaque situation est particulière et peut retrouver un équilibre propre par une logique autonome. Il suffit de poser que le politique dérive des réalités économiques : les peuples qui s’appauvrissent se sont montrés rétifs au réel ; les peuples qui s’enrichissent ont su se soumettre au réel.

Continuer la lecture de LE « SYSTÈME MONÉTAIRE INTERNATIONAL » VA-T-IL S’EFFONDRER ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager :

L’actualité de demain : OÙ CELA VA-T-IL CÉDER LA PROCHAINE FOIS ?, par François Leclerc

Billet invité.

La bourse est en plein boom sur toutes les grandes places financières, ce qui ne va pas sans naturellement susciter quelques inquiétudes, en raison d’une situation économique nettement moins florissante. Certes, il y a toujours des analystes pour parler de rebond et de rattrapage, en raison des importantes baisses enregistrées sur les marchés d’action, et d’autres qui veulent croire que les marchés, toujours aussi clairvoyants, voient poindre une reprise que les statistiques ne laissent pas présager. Mais d’autres conviennent que la masse des liquidités présentes sur le marché n’y est pas pour rien. Ce qui a d’ailleurs suscité une alerte, passée inaperçue, de l’Institute of International Finance, qui s’est inquiété d’une absence d’anticipation… par rapport à un resserrement de la politique monétaire des banques centrales qui fait l’objet de rumeurs de marché.

Continuer la lecture de L’actualité de demain : OÙ CELA VA-T-IL CÉDER LA PROCHAINE FOIS ?, par François Leclerc

Partager :

De la république impériale à la démocratie financée par la compensation, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Distraction financière

Paul Jorion a bien raison de parler de la distraction des commentateurs financiers à propos de la falaise fiscale aux États-Unis. Personne ne peut dire ce que c’est que tomber du haut d’une falaise. Quand on tombe, personne ne peut entendre ce que celui qui tombe voudrait dire ! Sauf à tomber ensemble au mépris de la conclusion que seul celui qui ne tombe pas peut réellement prévoir.

Dans la situation de désintégration critique où se trouve actuellement le système financier mondial, la réalité est impossible à dire. Les mots n’ont plus de sens dans un contexte si nouveau que les acteurs eux-mêmes ne savent pas de quoi ils parlent. Les physiciens de la matière parlent de décohérence quantique.

Dans le modèle de causalité aristotélo-thomiste du donné humain, il est possible de construire une connaissance de l’indicible en posant un cadre de compensation. Face à une réalité non observable en soi comme Dieu, ou aujourd’hui la monnaie et la finance, il est possible de dire quelque chose de vrai par l’hypothèse commune et assurément partagée que la chose existe pour tous ceux qui essaient d’en parler. L’exercice de la vérité commune de l’invisible est aujourd’hui radicalement renouvelé par le témoignage de la réalité numérisée sur la Toile.
Continuer la lecture de De la république impériale à la démocratie financée par la compensation, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager :

ASSURER L’EXISTENCE PAR LE NOMBRE, LA MONNAIE NUMÉRIQUE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Un projet de mise en application pratique d’une monnaie pacifique.

Le crédit non régulable

Cinq ans après l’accident des subprimes, la crédibilité du système financier mondial se révèle irrécupérable. Les banques et les États s’entraînent réciproquement dans le défaut de crédit. Ce défaut a son origine dans le système en vigueur accordant la liberté à quelques emprunteurs internationaux souverains et aux banques d’émettre des titres sans régler l’intégralité de leur prime de crédit. L’obligation de faire évaluer son crédit par ses créanciers véritables n’est pas la même pour tout le monde. Il en résulte que la masse mondiale des dettes est explicitement déconnectée de la mesure réelle de la solvabilité financière de l’économie. Tous les emprunteurs ne peuvent pas rembourser leurs dettes et il est impossible d’identifier les débiteurs publics et bancaires véritablement en défaut.

La monnaie virtualisée

L’émission monétaire des banques centrales ne peut plus restaurer objectivement le crédit bancaire : les pertes indéfinies des épargnants sur les États et les banques sont mutualisées par le bilan des banques centrales qui font la propriété commune de la monnaie. Les banques centrales se protègent juridiquement en absorbant tout le collatéral crédible issu de l’économie réelle. Les créances théoriquement les plus sûres de l’économie réelle sont déposées dans les comptes centraux afin de certifier le pouvoir d’achat de la monnaie centrale. Par contrecoup les créances de l’économie réelle sur lesquelles les banques adossent leurs propres crédits et leur propre liquidité sont de plus en plus douteuses. Au lieu de prêter à l’économie réelle, les banques doivent prêter aux banques centrales afin de conserver une liquidité qui prouve qu’elles ne sont pas en défaut. L’économie réelle ne dispose plus pour se financer que d’une fraction toujours plus minime de la valeur ajoutée qu’elle produit. La masse monétaire est stérilisée dans les bilans bancaires où le prix réel des actifs de crédit et d’investissement est explicitement inférieur à la masse des passifs dus à l’économie réelle.
Continuer la lecture de ASSURER L’EXISTENCE PAR LE NOMBRE, LA MONNAIE NUMÉRIQUE, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager :

MESSIEURS QU’ON NOMME GRANDS, SIMPLIFIEZ !

La panique et la paralysie au sommet
Les impasses
La « rationalité » de l’agent économique
* Le crédit
* La complexité des instruments financiers
* * Un ordre monétaire international : demain !
* La variabilité des prix, et les paris qu’elle autorise

The moral decay of our society is as bad at the top as the bottom, par Peter Oborne

L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009)

Partager :

D’UN SYSTÈME À L’AUTRE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Le lecteur notera qu’en dépit de références généreuses à mes ouvrages, Pierre Sarton du Jonchay propose ici une théorie de la monnaie qui les contredit en justifiant l’usage du concept de valeur qui – il me l’accorde – est inutile, voire trompeur, lorsque l’on parle du prix, mais serait nécessaire si l’on veut parler, en sus, de la monnaie. Je demeure sceptique, mais supporter enthousiaste du choc des idées. Voyons ce que vous en pensez.

Le non-système n’existe pas

Les États-Unis sont en défaut sur leur dette publique par le seul fait d’exprimer leurs désaccords sur le relèvement légal de la limite autorisée d’endettement fédéral. La dissolution en cours du noyau du système financier mondial est l’événement prémisse du changement de système qu’il nous est impossible de ne pas penser.

Le monde continue d’exister même si la principale monnaie de réserve des échanges internationaux est de valeur indéterminée pour tout emprunteur ou créancier en dollar. Si le Trésor des États-Unis fait défaut en tant que premier emprunteur de la planète en dollar, les non-Étasuniens débiteurs ou créanciers en dollar vont devoir se prononcer au moins entre eux sur le prix de leurs engagements.

Dans Comment la vérité et la réalité furent inventées, L’argent, mode d’emploi et Le prix, Paul Jorion fournit l’appareil logique et conceptuel qui permet de ré-élaborer le système qui va succéder à celui qui s’effondre dans ses contradictions. Le chemin d’élaboration d’une connaissance scientifique pertinente et possiblement juste et efficace est balisé. Observation du réel, hypothèse théorique, élaboration du modèle de théorie, expérimentation dans le réel, appréciation du résultat par rapport à la prévision théorique.

Un système est une théorie appliquée à un champ délimité du réel. Pour le nouveau système financier et monétaire qui va émerger, Paul Jorion a posé des observations et des hypothèses. Les éléments du nouveau modèle sont là mais ne sont pas rassemblés dans la théorie véritable de l’économie efficiente.

Continuer la lecture de D’UN SYSTÈME À L’AUTRE, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager :