Archives par mot-clé : chambres de compensation

L’ÉTROITESSE DES MARGES DE MANŒUVRE, par François Leclerc

Billet invité.

La Commission et le nouveau président français sont désormais en mesure de mieux évaluer leurs marges de manœuvre vis-à-vis des autorités allemandes, le ministre espagnol Luis de Guindos venant de s’aligner sur les propositions de celles-ci. La Bundesbank a rejeté sans appel la proposition bruxelloise d’émission des European Safe Bonds – paquets de titres de dettes de plusieurs pays – car elle « pourrait être interprétée comme un pas vers des Eurobonds, c’est à dire un instrument de mutualisation de la dette ». La proposition française d’indexer l’allégement de la dette grecque à la croissance économique du pays n’a pas suscité l’adhésion de Berlin qui fait toujours obstacle à un accord, Wolfgang Schäuble refusant au sein de l’Eurogroupe où il a ses aises l’arbitrage des chefs d’État et de gouvernement lors du sommet de la semaine prochaine, dernière issue pour Alexis Tsipras. Un déclic de dernière instance va-t-il intervenir ?

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LES CHAMBRES DE COMPENSATION, JOLI CASSE-TÊTE, par François Leclerc

Billet invité.

Les amateurs de casse-tête disposaient déjà d’un magnifique terrain de jeu avec la réglementation bancaire. Détailler à quelle catégorie de fonds propres appartient telle ou telle classe d’actifs bancaires demande une science qui impose le respect quand on prétend épuiser le sujet. En venir à bout est pourtant essentiel, si l’on veut juger des ratios de fonds propres établis par le Comité de Bâle, ou par le Conseil de stabilité financière (FSB) en ce qui concerne les établissements déclarés systémiques, ou bien pour apprécier l’épaisseur du coussin de liquidités dont les banques doivent disposer. Mais ceci n’était qu’une mise en jambe.

Un nouveau casse-tête est disponible. L’utilisation de chambres de compensation (CCP) a été instaurée pour sécuriser les transactions de produits dérivés, jusqu’à maintenant opérées de gré à gré, à condition toutefois qu’ils soient standard (les autres échappant à cette obligation). Mais à bien y regarder, les CCP ne sont-elles pas des bombes en puissance ? En tant que fonds de garantie, elles concentrent en effet le risque qu’elles ont pour mission de supprimer sans avoir nécessairement les moyens financiers de l’assumer. C’est en tout cas la question qui doit être posée si l’on considère le volume des transactions sur les produits dérivés qu’elles vont accueillir.

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UN PILOTAGE FINANCIER À VUE, par François Leclerc

Billet invité

On n’en finirait pas d’énumérer les facteurs de déstabilisation du système financier qui sont à l’œuvre ! Voulant bien faire, les banques centrales portent à ce sujet une grande responsabilité, leurs injections massives de liquidités et leurs taux proches de zéro ayant des effets qu’elles ne maîtrisent pas. Les régulateurs ne sont pas en reste, à l’origine d’une pénurie de collatéral résultant de leurs tentatives de renforcer le système et conduisant à de nouvelles acrobaties pour y remédier.

Il y a déjà l’embarras du choix, mais il va aussi falloir compter avec les chambres de compensation qui fleurissent dans le but d’accueillir le commerce des produits dérivés, avec pour mission réglementaire de garantir contre d’éventuels défauts occasionnés lors des transactions. À l’épisode précédent, le risque inhérent à ses produits financiers était censé être dilué par les bienfaits de la titrisation, il est maintenant concentré dans des structures ad hoc ! La question se pose uniment : est-ce un progrès ?

Comment désamorcer les bombes en puissance que sont les chambres de compensation ? Les meilleurs experts se penchent sur la question, appartenant à la Banque des règlements internationaux (BRI), à l’Organisation internationale des commissions de valeur (connue sous son acronyme anglais IOSCO) qui regroupe les régulateurs, ou à l’International swaps and derivatives association (ISDA) qui rassemble les acteurs du marché des produits structurés.

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Réalité mondiale du complot financier libertarien, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Le Wall Street Journal nous informe le 6 janvier de l’exonération pénale des dirigeants de JP Morgan dans la résolution du scandale Madoff. La banque américaine est mise en accusation par les régulateurs financiers étatsuniens pour n’avoir pas correctement conseillé et protégé ses clients sur les placements financiers confiés à Bernard Madoff. JP Morgan a agi comme intermédiaire entre ses clients et les fonds de gestion de Madoff.

La réglementation financière en vigueur aux Etats-Unis ainsi qu’en Europe, oblige le courtier bancaire à informer clairement ses clients des risques contenus dans les placements qu’il vend. Un courtier tire une rémunération de son intermédiation. La rémunération de l’intermédiaire financier représente le travail qu’il doit accomplir pour le compte de ses déposants directs ou non, à contrôler et surveiller les professionnels de la gestion qu’il fait travailler.

Un gestionnaire de fonds achète des actifs financiers sur les marchés et en garantit la liquidité conformément aux engagements contractuels vendus à l’épargnant. L’intermédiaire bancaire qui commercialise un gestionnaire spécialisé, a réglementairement une fonction d’assureur de l’exacte application aux fonds gérés du profil de risque acheté par les épargnants. Si un gestionnaire de fonds est défaillant en une quelconque manière, il incombe à l’intermédiaire assureur de courtage de dédommager son client final.

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PRIX POLITIQUE DE LA MONNAIE ET DU CRÉDIT, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La monnaie mondialement indéfinie

Les négociations internationales en cours au sein du G20 et de l’Union Européenne pour trouver une solution à la crise des dettes publiques et bancaires sont revenues à la racine du problème de la finance : le rôle de l’État de droit. La standardisation des normes comptables de l’économie non marchande rendue nécessaire par la monnaie unique des euro-Européens expose clairement le fossé conceptuel demeurant entre la vision saxonne et la vision latine. La crise de liquidité publique et bancaire de la zone euro trouve son origine dans ce dissensus sur les déterminants du vrai prix.

Dans la situation actuelle d’équilibre des échanges financiers extérieurs, la crise de l’euro est engendrée par la divergence des comptes publics entre les États de la zone monétaire uniciste. Depuis le choc des subprimes, les budgets et comptes publics de la zone euro sont comme partout ailleurs l’assurance financière en dernier ressort du système bancaire et monétaire. Dans les zones monétaires dominées par un système étatique mono-national, le coût des dysfonctionnements du système financier se répercute sur la parité de change.

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L’actualité de la crise : LE PROCHAIN ÉPISODE CRITIQUE, par François Leclerc

Billet invité

L’argument est ces temps-ci fréquemment invoqué. A Davos, les représentants des mégabanques n’ont pas manqué de s’appuyer sur l’idée qu’une nouvelle crise était de toute façon inévitable, afin de faire pièce à toute velléité de régulation supplémentaire.

On pourrait assurément les suivre, mais pour en tirer des conclusions diamétralement opposées. A ceci près qu’il ne s’agira pas d’une nouvelle crise, mais d’un nouvel épisode de l’actuelle, loin d’être terminée. Si son calendrier n’est pas établi, ses ferments peuvent être identifiés et ses contours discernés…

Plus l’on s’approche de la conclusion des travaux du Comité de Bâle et du FSB (Financial Stability Board), plus les conciliabules avec les mégabanques se tendent. Ils portent sur ce qui pourrait parfois apparaître comme des détails, dans un monde financier qui joue de leur complexité. Il s’agit de l’ajustement des ratios de fonds propres et des normes de liquidité, dont l’augmentation ou le durcissement visent à accroître la résistance des banques. Ou bien encore, plus subtilement, de la définition détaillée des actifs admis au rang de ces fonds propres, dits core tier one – pardon d’entrer dans les entrailles bancaires ! Car les régulateurs ont pour toute stratégie de constituer une sorte de ligne Maginot, qu’ils cherchent à renforcer, ce que précisément les mégabanques veulent éviter.

Tout ce manège n’en finit pas, les régulateurs essayant de mieux ériger des obstacles à la prochaine crise, les financiers cherchant les failles permettant de se faufiler. En raison de sa sophistication, la machinerie financière réclame des réglementations qui ne la lui cèdent en rien. Elles se complexifient mais laissent encore et toujours des trous qu’il faudrait boucher. A ce jeu du chat et de la souris, la finance l’emporte toujours avec un coup d’avance !

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