PRIX POLITIQUE DE LA MONNAIE ET DU CRÉDIT, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La monnaie mondialement indéfinie

Les négociations internationales en cours au sein du G20 et de l’Union Européenne pour trouver une solution à la crise des dettes publiques et bancaires sont revenues à la racine du problème de la finance : le rôle de l’État de droit. La standardisation des normes comptables de l’économie non marchande rendue nécessaire par la monnaie unique des euro-Européens expose clairement le fossé conceptuel demeurant entre la vision saxonne et la vision latine. La crise de liquidité publique et bancaire de la zone euro trouve son origine dans ce dissensus sur les déterminants du vrai prix.

Dans la situation actuelle d’équilibre des échanges financiers extérieurs, la crise de l’euro est engendrée par la divergence des comptes publics entre les États de la zone monétaire uniciste. Depuis le choc des subprimes, les budgets et comptes publics de la zone euro sont comme partout ailleurs l’assurance financière en dernier ressort du système bancaire et monétaire. Dans les zones monétaires dominées par un système étatique mono-national, le coût des dysfonctionnements du système financier se répercute sur la parité de change.

Le Royaume-Uni n’est pas en faillite malgré un déficit public de près de 10% de son PIB grâce à la forte dévaluation de la livre par rapport à l’euro depuis les premiers incidents bancaires. Le Royaume-Uni comme tout le monde non-euro compense la faillite des banques dans les subprimes par un prélèvement de liquidité sur la zone euro qui est la seule grande zone monétaire de réserve à afficher globalement une balance des paiements équilibrée.

L’exfiltration de la liquidité se fait par la convertibilité bancaire des parités de change contre euro. La monnaie unique a de fait une fonction d’étalon international de l’équilibre des balance des paiements. Les systèmes financiers déséquilibrés en dollar ou en monnaie nationale drainent la liquidité de la zone euro dont la parité est calée sur l’équilibre extérieur des échanges financiers et non sur l’équilibre des biens et services réels.

Siphonnage financier de la liquidité du droit

Concrètement, le « quantitative easing » de la Fed et de la Bank of England finance les dettes publiques étatsuniennes et britanniques par la dévaluation du dollar et de la livre par rapport à l’euro. Ce drainage de la liquidité globale de l’économie européenne hors de la zone euro est possible par les doutes financiers que les Européens nourrissent eux-mêmes sur la pérennité politique de la monnaie unique. Les États de l’euro n’ont pas de normes communes d’évaluation de leurs engagements réciproques et de leurs obligations réglementaires économiques par la régulation des banques.

En dépit de la spécificité de la monnaie unique créant un mécanisme unique de mesure de la liquidité publique et financière, Il n’existe pas dans la zone euro de comptes publics homogènes, consolidés et justifiés pour :

  1. vérifier indépendamment de la parité de change de l’euro l’équilibre de la solvabilité publique inter-étatique avec la masse des crédits en euro,
  2. calculer la proportionnalité de la liquidité publique avec les risques portés par chaque État sur les banques agissant sous son ressort juridique,
  3. répartir les pertes du système financier selon l’efficacité passée de la régulation assumée par les États et selon leur potentiel mesurable de croissance réelle à terme,
  4. garantir les créanciers extérieurs en monnaie unique de la solidarité effective des débiteurs et créanciers en euro sur la solvabilité inter-étatique de l’économie commune.

La guerre des normes comptables entre Anglo-saxons et Européens latins est le cœur de l’impasse systémique qui précipite l’économie mondiale dans la dépression. Les Anglo-saxons pour lesquels la liquidité publique est mécaniquement ajustée à la liquidité financière par le change national voient les normes comptables uniquement sous l’angle des investisseurs privés. Les latins de culture romaine placent les normes du droit au-dessus de la confrontation des intérêts privés dont l’équilibre est régulé par un pouvoir politique en position d’arbitrage financier.

Guerre mondiale des normes monétaires

La finance latine n’attribue pas à l’intérêt public la même nature financière qu’à l’intérêt privé. Les actifs publics nets des passifs publics déterminent un capital systémique qui théoriquement absorbent les erreurs d’anticipation financière publiques et privées. Schématiquement, les latins jugent que la stabilité financière et monétaire provient de l’actif net public alors que les anglo-saxons la voient dans les parités flexibles de change monétaire.

La crise actuelle cristallise l’opposition inconciliable des deux visions dans un même système de monnaies. Jusqu’en 1971, les parités de change se mesuraient en poids d’or ; depuis 1971, les parités de change résultent de la balance des paiements des zones monétaires. Les parités de change sont anticipées par les banques selon leur appréciation de la solvabilité globale publique et privée des zones monétaires.

Le système monétaire international construit sur la primauté du dollar a imposé la norme comptable anglo-saxonne dans la mesure de la liquidité des capitaux internationaux y compris le prix des actifs et passifs publics. De fait, il n’y a dans les échanges internationaux aucune primauté financière d’un quelconque intérêt général articulant les intérêts privés. Le choc des subprimes est venu de la liberté laissée aux intérêts privés de normer l’appréciation d’actifs en dehors de toute considération pour l’intérêt général. Les modèles de prix des titres comptabilisés par le système financier ont été construit pour masquer l’incertitude de la réalité. Les banques puis les États ont accumulé des pertes non mesurables afin de distribuer des dividendes fictifs aux actionnaires du système financier.

Bien que la zone euro ait affiché des règles et une volonté explicites de régulation financière, la norme comptable privée des IFRS a été mise en défaut par la concurrence privée entre les États ; laquelle s’est trouvée exacerbée par l’impossibilité d’une politique de change européenne. Les prix en euro dans un ensemble économique non coordonné n’ont pas traduit les pertes différentiées de valeur de la monnaie inscrite dans les bilans bancaires des différents États européens.

Système européen d’irresponsabilité politique

Les pertes en euro sont restées non comptabilisées dans les budgets publics des pays créanciers nets de la zone euro afin de ne pas apparaître comme ressource assurantielle systémique dans le budget des pays débiteurs nets. Ainsi le solde créditeur de 700 milliards d’euro de la Bundesbank dans la compensation interbancaire européenne ainsi que la perte latente de la BCE sur le prix nominal des actifs bancaires prêtés contre la liquidité émise en euro n’ont aucune contrepartie légale dans l’économie réelle européenne. Ces pertes sont actuellement masquées par la mise en pension des actifs publics et des revenus fiscaux de l’Europe du sud en garantie des découverts de liquidité consentis par l’Europe du nord.

En l’absence d’institutions politiques de solidarité des responsabilités publiques nationales dans la stabilité de la liquidité monétaire commune, la zone euro s’est construite sur la norme comptable anglo-saxonne. L’intérêt général est réduit à l’intérêt des investisseurs. Le prix réel des obligations exclusivement publiques de stabilité politique, sociale et financière n’entre pas dans les comptabilités publiques et privées alors même que les dépenses afférentes sont incontournables et se retrouvent immanquablement dans les soldes de réalisation budgétaire.

La norme comptable déterminée exclusivement par la position de l’investisseur sans valorisation de la prime publique d’assurance de stabilité économique engendre la valorisation artificieuse des actifs financiers par rapport aux actifs publics et aux actifs réels. Une fraction croissante de la monnaie comptabilisée dans les banques repose sur des contreparties réelles totalement improbables. Si la zone euro ne met pas en œuvre une norme comptable systémique commune de valorisation de la stabilité financière, la désagrégation de l’euro est imparable à brève échéance.

Fondements oubliés de la stabilité du crédit en monnaie

L’histoire de la comptabilité du droit des deux derniers siècles laisse apparaitre trois principes juridiques de stabilité financière du crédit successivement appliqués et abandonnés. Le premier principe abandonné depuis 1971 est la responsabilité universelle des États de droit sur la légalité et le remboursement de toute dette. L’abandon de la convertibilité du dollar en or le 15 aout 1971 a supprimé cette obligation dans les échanges internationaux. Les banques centrales détenues par les États peuvent emprunter les dépôts bancaires sans prouver que leurs créances sur les systèmes bancaires et financiers sont de prix équivalent. L’équilibre des bilans monétaires centraux est purement déclaratif par le cours légal forcé des monnaies dans le périmètre des souverainetés nationales.

L’actuelle crise des monnaies est la remise en cause dans l’espace international des cours forcés des monnaies imposés par les États. La fixité de la parité de change entre la Grèce et l’Allemagne et la quasi-fixité entre la Chine et les États-Unis sont catégoriquement incompatibles avec un remboursement à terme des dettes publiques et donc des dettes privées internationales qui en résultent. Le deuxième principe découlant du premier est le contrôle effectif de l’État de droit sur le prix réel des dettes de tout emprunteur y compris de la puissance publique.

Le contrôle public universel du prix des dettes a été abandonné depuis la deuxième moitié du XIXème siècle au profit des États et des grandes entreprises. La responsabilité limitée des porteurs de titres au prix nominal du capital et des dettes sous-jacentes reporte sur la collectivité le coût des erreurs d’anticipation de l’émetteur. Ainsi les États ont-ils pu financer leurs dépenses hors du contrôle du parlement par l’emprunt direct ou indirect des liquidités et réserves de change de leur banque centrale.

Le troisième principe verrouillant les deux premiers est l’arbitrage public de l’équilibre entre offre et demande de tout actif financier. La régulation publique de l’équilibre des prix à terme a été abandonnée par la libéralisation des marchés financiers dans les années 1980. L’interdiction faite aux États de prendre position sur les marchés à terme au titre d’un intérêt général distinct de l’intérêt débiteur public a placé le financement de l’intérêt général au même niveau que le financement des intérêts privés des gros investisseurs et émetteurs de titres.

Dissolution financière de l’intérêt général à l’équité

Dans le système financier globalisé actuel, l’intérêt général à l’égalité devant le prix, à la solvabilité équivalente de tout emprunteur et à la répartition équitable des risques financiers selon la réalité des bénéfices à terme est arrêté à la pétition de principe. Les intérêts privés internationaux priment sur tout intérêt public à l’équité. De fait, les banques centrales sont otages des intérêts financiers privés propriétaires des parités de change par le crédit interbancaire invisible aux autorités de régulation.

L’émission de liquidité centrale est totalement déterminée par les mouvements financiers de capitaux internationaux que les grandes banques maîtresses du marché des changes opèrent pour gérer leur liquidité et générer des plus-values sur les couvertures de change. Dans la zone euro, l’absence de parités de change négociables est remplacée par le marché privé des garanties de crédit public. Les primes de change réelles sont captées par le biais des primes de crédit sur les titres publics (credit default swaps).

La conséquence concrète de la disparition financière de l’intérêt général est la captation de la liquidité de l’impôt par les opérateurs financiers internationaux. Les États ayant perdu tout contrôle sur l’équité des prix du capital mis en garantie de la liquidité monétaire du crédit sont obligés de gager leur propre liquidité sur la vente aux banques de leur recette fiscales futures : les dépenses publiques s’effondrent dans les pays les plus endettés à cause de la surévaluation de la parité monétaire au regard de leur compétitivité internationale.

La mise en faillite financière des États entraîne mécaniquement celle des banques. Les banques centrales n’ont plus de fonds propres à cause de la dépréciation évidente de leurs collatéraux par rapport à leur émission monétaire nominale. Par contrecoup, les banques privées sont obligées de dévoiler l’insuffisance de leurs fonds propres quand les banques centrales priorisent leurs allocations de liquidité sur les établissements les plus dotés en actifs collatéralisables. Les investissements et le commerce international sont sur le point de s’effondrer faute de mesurabilité de la liquidité réelle des banques.

A l’heure d’aujourd’hui, l’euro et le dollar n’ont plus de base de crédit réelle. Le système monétaire international ne tient plus que par consensus tacite sur le non-calcul et la non-répartition des pertes de change réelles des acteurs internationaux sur leurs dépôts dans les différentes monnaies. Toutes les pertes de crédit sont nominalement reportées sur les acteurs nationaux non protégés par un statut fiscal de non-résident. L’effondrement des revenus salariaux et des petites entreprises va entraîner toute l’économie mondiale dans la dépression.

Principes de cohérence réelle du prix à terme avec la réalité

La confiance dans le pouvoir d’achat réel des monnaies ne peut pas être rétablie sans un ajustement du prix nominal des collatéraux de l’émission monétaire à une mesure non biaisée de la solvabilité réelle des émetteurs de titre. Le rétablissement des trois principes de responsabilité universelle publique de la solvabilité monétaire, de l’arbitrage public de l’équilibre général des prix et de la garantie de tout emprunt par la solidarité financière publique de marché est la condition sine qua non d’une restauration du crédit public et privé.

La simultanéité des trois principes signifie la ré-indexation des monnaies sur l’équilibre public de marchés délimités par les États qui les contrôlent. La confiance dans le crédit de la monnaie repose alors sur la garantie apportée par un État de droit actif à faire calculer tout prix sur des droits réels matériellement vérifiables. Le prix vérifiable est prouvé par un marché public du crédit constatant la livraison des biens promis en contrepartie des emprunts de monnaie.

Le prix vérifiable du crédit est nécessairement garanti par un marché public du capital. Les immobilisations de liquidité nécessaires à la couverture du prix réel à terme sont contradictoirement estimées sur les incertitudes objectives de production des objets livrables à terme. Les acheteurs primaires garantissent le prix à terme contre les vendeurs primaires qui couvrent ce qu’ils produisent et contre les vendeurs primaires qui couvrent le crédit consenti aux acheteurs primaires. La vente du crédit redevient l’achat de la réalité incertaine mais engagée à terme.

La norme comptable publique de stabilité de la monnaie en crédit garanti par le capital de marché est en réalité la synthèse de la vision anglo-saxonne et de la vision latine.

  1. Le prix réel n’existe pas en dehors d’un marché confrontant offres et demandes des investisseurs.
  2. Mais le marché n’existe pas non plus en lieu d’offre et de demande véritables sans la garantie publique de la règle de droit non négociable par des intérêts privés.
  3. Et la garantie publique du droit n’existe pas sans financement des dépenses publiques par des ressources exclusivement collectées hors des intérêts de marché.

Réaligner l’économie et le droit par la souveraineté monétaire

L’autonomie financière de l’État de droit implique l’indexation de la monnaie sur les effets de la Loi délibérée par les citoyens ; effets mesurés par la liquidité du marché délimitée par la souveraineté. La souveraineté redevient le pouvoir politique d’une collectivité humaine solidaire dans l’application des droits qu’elle se reconnaît à elle-même. La solidarité politique d’une société nationale est réelle à condition de l’émission monétaire dans les limites du marché régi par une même source de légalité. L’émission monétaire limitée par le marché régi par l’obligation de garantie en capital de toute transaction indexe les prix sur l’interprétation de la loi dans la réalité économique.

L’alignement réel de la monnaie sur la Loi exige l’alignement de l’économie du droit sur la souveraineté. Ainsi la parité de change des unités monétaires entre elles devient le prix de la souveraineté par le prix d’échange des biens réels négociables. Les marchés sont délimités par les lois que l’autorité publique y applique. Et la variabilité des changes exprime le prix à terme négociable des biens différents produits sous des souverainetés distinctes.

La redéfinition de la monnaie comme prix de la souveraineté est la clé de la restauration financière des États ; lesquels sont les seuls dépositaires possibles de la stabilité des monnaies et du crédit. L’Union Européenne n’est pas un empire financier mais une société souveraine de souverainetés nationales. La ré-indexation économique de l’euro sur les degrés nationaux et confédéral de souveraineté solidaire implique sa décomposition en autant d’unités de compte qu’il demeure d’autorités publiques souveraines. Mais tous les démembrements nationaux ou locaux de l’euro sont exclusivement convertibles dans l’unité de compte commune matérialisant la solidarité financière.

Compensation monétaire des prix par la réalité du droit

Le rétablissement de la monnaie en outil de comptabilité de la responsabilité publique du droit signifie une chambre de compensation européenne centrale. Le marché unique européen devient la réunion négociable de marché nationaux et locaux disposant chacun de leur unité de compte titrisant l’économie politique publique. Toute parité décomposée de l’euro est négociable dans la compensation centrale sous la responsabilité d’un État de solidarité confédérale distincts des États nationaux. Tout État national ou confédéral est responsable de son crédit exclusivement dans son unité monétaire propre.

Dans le nouveau système monétaire en euro, tout emprunteur de la liquidité commune émise par la BCE est responsable des droits qu’il engage :

  1. par les biens qu’il produit,
  2. par leur négociation sur un marché régulé sous une autorité publique identifiée
  3. et par le prix de change en euro de l’unité monétaire titrisant l’engagement effectif de la responsabilité politique.

La compensation pluri-monétaire en euro réévalue toute créance selon le droit, le bien et la réalité présente négociable dans le temps.

La technique financière de la compensation organisée sur un marché central arbitré par une autorité politique exprime l’existence des droits humains primant les prix qui les réalisent. Les modèles financiers articulant les prix du crédit aux prix du capital sont alors explicités dans des transactions financières dont le prix d’équilibre exprime la vérification publique par le marché de l’application effective des droits engagés dans la livraison de biens réels. La compensation encadre la finance comptabilisée en monnaie par la réalité du temps asservie au droit.

L’effondrement présent du système financier trouve son origine dans l’abandon progressif des lois du crédit depuis la révolution industrielle. Cet abandon a provoqué la concentration du capital entre les mains du pouvoir politique et financier. Puis la globalisation financière et numérique a finalement privé les États de leur fonction d’indexation de la monnaie sur l’économie des droits humains. Si la primauté de l’intérêt général à l’équilibre des prix en droit n’est pas restaurée par un changement de paradigme monétaire, alors le développement humain est perdu pour longtemps et pour tout le monde.

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81 réflexions sur « PRIX POLITIQUE DE LA MONNAIE ET DU CRÉDIT, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1.  » la limite des droits de la propriété privée est l’intérêt général  »
    Maximilien Robespierre

  2. Coucou,

    Pour resumer, (non je deconne)

    Une question: Si on passait de la monnaie unique à la monnaie commune, ne serait ce pas une solution pour capter la liquidite de l’impot , entre autre ?

    Peut-etre est ce trop tard maintenant.

    Bonne jorunée

    Stéphane

  3. Je me limite à la dernière phrase du billet(les 3 dernières lignes).Je ne les comprends pas davantage que les lignes précédentes,et le regrette.Mais posons une question car l’auteur vaut
    sans doute plus et mieux que l’incompréhension qu’il rencontre éventuellement:s’il faut UN CHANGEMENT ,souligne-t-il en définitive,
    DE « PARADIGME » MONETAIRE,que suggère-t-il?La réponse est peut-être fournie,mais j’avoue
    que soit elle est passée sans que je la remarque,,soit je ne la comprends pas,et,de ce fait,il ne m’en reste rien,et cela revient au même.Bref:merci pour l’effort de clarté!

    1. @Devillebichot Guy,
      La théorie d’un paradigme monétaire alternatif se trouve là : http://www.pauljorion.com/blog/?p=37604. L’idée est de cesser de réduire la monnaie à un phénomène physique réel piloté par une science d’initié non expérimentable. La monnaie a été inventée en même temps que la numération pour répondre aux besoins de quantification et de hiérarchisation des phénomènes sensibles inspectés, représentés et décidés par l’esprit humain. Rendre la monnaie à sa finalité originelle consiste à rétablir l’unité de numération du prix comme outil de négociation de la rareté issue de tous les besoins humains et non de la rareté décidée par quelques privilégiés fussent-ils plus éclairés que les autres. La monnaie instrument d’économie réelle à l’intérieur de l’imaginaire politique discutable plutôt qu’instrument de possession des consciences individuelles par l’économisme.

      1. Merci.C’est promis.J’irai sur « http…etc… ».En attendant,je voudrais dire ceci.Pour moi,la théorie
        monétaire « moderne » que je connais est celle de Bernard Schmitt.Elle repose sur quelques idées
        simples.Le fait par exemple qu’aucune dette ne saurait servir de moyens de paiement entre les
        mains de quiconque.(cf. »l’or,le dollar et la monnaie supranationale »,1977,Paris,Bernard Schmitt,
        et le compte rendu que j’ai rédigé à ce propos dans la Revue d’Economie Politique,1979).Ce
        principe logique essentiel ne saurait être contourné(selon Bernard Schmitt,le droit ne saurait
        se détourner de la logique en matière monétaire).Il convient,pour que l’argent soit un moyen de paiement qu’il soit fondamentalement un actif-passif,c’est-à-dire un actif nul.(ce qu’est pour la banque un « dépôt »,ou simplement le salaire que tel ou tel reçoit chaque mois:ce n’est pas un actif pour la banque,car c’est pareillement un passif du même montant,et c’est parce qu’il ne s’agit pas d’une dette de la banque que cet actif-passif de la banque peut effectivement servir de paiement,c’est-à-dire LIBERER D’UNE DETTE.Mais aucune dette ne peut être payée par
        autre chose qu’un actif-passif càd.d’un ACTIF NUL,strictement.Voilà
        une idée simple qu’il convient d’assimiler pour accéder aux analyses du Professeur Schmitt,
        mais il y en a un bon nombre d’autres.Question:sur ce point précis la MMT est-elle OK ou pas?

      2. J’ajoute un point essentiel:toute monnaie « nationale » ne peut être qu’une FAUSSE MONNAIE quand elle « sort » de son espace de validité.Jacques Rueff l’avait déjà compris de manière
        disons intuitive;Bernard Schmitt l’a démontré.Et,bien-entendu,AUCUNE MONNAIE NATIONALE
        NE SAURAIT SERVIR DE MONNAIE INTERNATIONALE.Enfin:une monnaie « internationale » a-t-elle déjà existé? LA REPONSE EST NON.(l’or par exemple n’en était nullement une)Cf.Schmitt,1977.

      3. @Devillebichot Guy,
        Ce récapitulatif de principes monétaires fondamentaux prend toute sa signification si l’on précise ce qu’est un actif-passif nul. L’adossement d’un actif à un passif de même prix est nul si les propriétaires des causes du passif sont d’accord avec l’anticipation du prix à terme des propriétaires de l’usage de l’actif. Autrement dit un actif-passif est liquide si la nullité du différentiel de prix potentiel futur est intégralement achetée par un garant irrévocablement engagé à renoncer à la réalité du différentiel si elle lui était défavorable. La nullité bilancielle du différentiel actif-passif à l’échelle d’un marché est l’objectif et la finalité de la compensation monétaire en droit, du crédit, du capital et de la réalité livrable.

  4. hé oui ! un retour aux fondamentaux est « fondamental »:
    1- Dans une même zone monétaire, l’équilibre entre la masse monétaire et la masse des biens/services doit être une constante. La première étant « physiquement » représentative de la seconde. Celà suppose que la zone monétaire en question dispose de règles identiques, donc soit politiquement homogène.
    2- Les zones monétaires où la masse monétaire se dilate au gré de CDS ou autres paris stupides sans que celle-ci soit collationnée par des biens/services sont à ostraciser du monde intelligible
    3- Le marché de signes monétaire n’a de sens que si l’offre est exempte de vice. Ce n’est pas la loi du marché (universelle) qui est contestable, c’est la « pureté » de l’offre qui est sujette à caution.

    1. Duncon.
      Les « fonda-mentaux » sont juste bons pour les scientifiques et … ceux qui n’ont pas le pouvoir de l’argent. (pas de Machiavel)
      (notes : fortement d’inspiration de Machiavel)

  5. @ PSDJ
    Vous semblez ne pas voir (comprendre?) que c’est l’Etat de Droit qui n’a plus cours aujourd’hui parce que la relation « Etat de Droit » « Territoire d’Etat » n’est plus vérifiée.
    Le droit ne sait s’appliquer que dans un espace défini sur lequel s’exerce une autorité (politique et ou religieuse, les deux pouvant être confondus [Islam, Royaume-Uni, etc.]).
    Les frontières économiques et financières n’existent plus alors que les frontières monétaires subsistent. Vous ne pouvez plus appliquer un droit d’Etat à des transactions financières et économiques et ceci rend facile la spéculation sur les monnaies tenues, elles, à ce même droit.
    C’est parce qu’il n’y a pas d’Etat mondial en dépit de la mondialisation des échanges que notre monde est devenu celui du non-droit.

      1. @ Y vanne
        Exactement le même commentaire. Le droit du plus fort avec un maximum de fraudes dans une apparence de liberté (libéralisme?).

      2. Pardon, Eole..??
        Si le net était régit par la loi du plus fort, penses-tu que Jorion aurait ce blog ainsi que cette fréquentation..??
        Pourquoi crois-tu que la propagande gouvernementale n’arrête pas de nous rabâcher que le net est une zone de « non-droit »..???
        Pourquoi les gouvernements n’arrêtent pas de pister voire CENSURER le net..??

      3. @ Yvan
        Exactement pour le même motif: l’Etat, les états, ne contrôle(nt) ni le net ni la finance internationale. Il est curieux de vouloir le glaive du contrôle d’une main et le bouclier de la liberté (voire le libéralisme) de l’autre. Deux poids, deux mesures.
        Même si mes petites économies me rapportent à moi qui suis un minus habens sur les marchés financiers, je ne les considèrent pas moins comme soumis à la loi du plus fort et du non-droit. Ce blog est de même fragile stature par rapport à internet. Désolé Paul, continuez quand même…

    1. @EOLE,
      Ce que vous dites n’est pas contestable si l’on s’en tient à ce qui existe actuellement. La question est donc de juger si nous sommes dans le TINA (there is no alternative) ou dans une crise systémique appelant une autre manière de penser l’État de droit, la monnaie, la finance et l’économie. Dans ce billet, vous avez bien vu et compris que je pose le problème des frontières. Les États de droit nationaux ne sont plus effectivement le cadre efficace d’application du droit dans un monde économiquement et financièrement unifié. A la disparition des États-nations n’a pas succédé un État mondial pour garantir l’application des droits humains universels ; de droits qui ne puissent pas être contestés ou contournés par la différence des cultures, des nationalités ou des degrés distincts de développement économique. Mon propos est bien de montrer que la monnaie est un outil de formatage, de délimitation et d’intermédiation des différences humaines dans un monde en voix d’unification économique et de différenciation politique. La monnaie de compensation médiatise toutes les différences politiques entre des sociétés instituées mais économiquement solidaires au minimum par un milieu terrestre commun.

      1. Votre idée de monnaie de compensation présuppose une autorité réelle pour l’assoir et la contrôler autant que pour la mettre en oeuvre sur l’ensemble du globe terrestre. Cette autorité ne peut être que supra nationale. Les expériences SDN, ONU ne sont guère concluantes. Reste la négociation à 200 états d’un traité international ayant pas sur chacun de leur droit national… bon courage!

      2. @EOLE,
        Les conditions d’existence de monnaies internationales de compensation ont radicalement changé avec le web mondial. La numérisation des échanges financiers humains crée une parole objective indépendante des postures politiques, économiques et financières des acteurs du prix. Cette base objective permet de priser (pricer en anglais) tout discours et de mesurer objectivement le risque de tout engagement financier public ou privé. Il convient juste que quelques pays, par exemple les membres de l’euro, assoient une banque centrale commune sur un marché monétaire commun fonctionnant sur la compensation numérique génératrice de l’étalon de prix. La supranationalité est donc exclusivement limitée à la numération qui est déjà universelle puisque le nombre est ce qu’il y a de commun à toute intelligence humaine.

  6. L’autonomie financière de l’État de droit implique l’indexation de la monnaie sur les effets de la Loi délibérée par les citoyens ; effets mesurés par la liquidité du marché délimitée par la souveraineté. La souveraineté redevient le pouvoir politique d’une collectivité humaine solidaire dans l’application des droits qu’elle se reconnaît à elle-même.

    Bravo !

    La redéfinition de la monnaie comme prix de la souveraineté est la clé de la restauration financière des États ; lesquels sont les seuls dépositaires possibles de la stabilité des monnaies et du crédit. L’Union Européenne n’est pas un empire financier mais une société souveraine de souverainetés nationales.

    Cela fait plaisir de vous lire !

    Le rétablissement de la monnaie en outil de comptabilité de la responsabilité publique du droit signifie une chambre de compensation européenne centrale. Le marché unique européen devient la réunion négociable de marché nationaux et locaux disposant chacun de leur unité de compte titrisant l’économie politique publique. Toute parité décomposée de l’euro est négociable dans la compensation centrale sous la responsabilité d’un État de solidarité confédérale distincts des États nationaux. Tout État national ou confédéral est responsable de son crédit exclusivement dans son unité monétaire propre.

    Dans le nouveau système monétaire en euro, tout emprunteur de la liquidité commune émise par la BCE est responsable des droits qu’il engage :

    1.par les biens qu’il produit,
    2.par leur négociation sur un marché régulé sous une autorité publique identifiée
    3.et par le prix de change en euro de l’unité monétaire titrisant l’engagement effectif de la responsabilité politique.
    La compensation pluri-monétaire en euro réévalue toute créance selon le droit, le bien et la réalité présente négociable dans le temps.

    Que ne vous écoute t-on à Bruxelles… Les intérêts des lobbys financiers semblent malheureusement nous condamner à la catastrophe…

    1. Ivan. Camarade tavariche.
      N’as-tu l’impression d’une certaine étrangeté entre :
      « une société souveraine de souverainetés nationales » et :
      « Les intérêts des lobbys financiers semblent malheureusement nous condamner à la catastrophe… »
      …?

      1. Je crois qu’il s’agit d’un problème de terminologie. Je l’ai lu ainsi :

        L’Union Européenne NE DOIT PAS ETRE un empire financier mais une société souveraine de souverainetés nationales.

        Ce qui cadre logiquement avec la suite :

        Les intérêts des lobbys financiers semblent malheureusement nous condamner à la catastrophe…

        Mais Pierre Sarton du Jonchay pourra peut-être rectifier (ou non ?).
        Du reste l’idée principale est bien résumée dans le commentaire en réponse à moneyistime :

        L’euro devient un bancor européen démembrable en unités de compte confédérale, nationale et locale dont les parités de change sont fixées par la compensation pour assurer la solvabilité des États les uns par rapport aux autres au sein d’une union intégrant les cultures et nationalités spécifiques. Chaque pays peut alors contempler son nombril ou accuser les autres de nombrilisme sans nuire à l’économie politique des autres.

  7. Bonjour Guy.
    Pierrot fait assez souvent cet effet à pas mal de personnes. Il a par contre l’avantage de globaliser, oups.., systémiquer, les « mouvements de fonds » économiques de façon tout à fait logique et cartésienne.
    De ton coté, j’apprécie à juste titre le fait d’avoir pas compris les 3 dernières phrases … puis, ni les autres. 😉

    En fait, il faut distinguer les « comments » (règles comptables anglo-saxonnes/latines) puis l’explication du mélange des deux en Zone Euro.
    Et il te donne ensuite la solution qui permettrait de ramener la monnaie en général vers une utilisation commune (dans le sens bénéfique à tous) plutôt que privée (dans le sens bénéfique à certains).
    J’espère être clair aussi…

  8. @Eole

    Les frontières économiques et financières n’existent plus alors que les frontières monétaires subsistent.

    ?
    Ah bon ? et depuis quand ?
    En matière monétaire, économique et financière « frontière » signifie comptabilisation particulière. Or, en ces 3 domaines, chaque entité politique dispose bien d’indicateurs qui lui sont propres (PIB, M1…)

    1. Non, aujourd’hui la monnaie est une dette d’état inscrite à l’actif du bilan de l’institut d’émission et soumise a un droit d’état. Les échanges (économiques et financiers) sont libres et « garantis » par l’OMC même si chaque état cherche à les « comptabiliser » (plus ou moins statistiquement) dans le but d’ajuster sa masse monétaire et ne représente ni une dette ni une créance pour l’état, sauf s’il est lui même acteur dans la transaction.

  9. La problématique qui sous-tend ce billet est extrémement interressante mais périlleuse parce
    qu’elle taquine la frontiére entre droit économie politique et éthique .
    Elle joue sur les oppositions droit public/droit privé , intéret public/intéret Privé . Il y a un hic là :
    le droit international , si on suppose que quelque chose existe pouvant porter ce nom .
    Et l’éthique qui le sous-tend . Sur ce point la différence entre le monde Anglo-Saxon et celui du
    continent n’est pas celle entre deux opposés symétriques .
    Coté Anglo-Saxons on exerce un leadership , et pas seulement Occidental . Ce qui n’est pas le cas du Continent . On ne peut dés lors pas les renvoyer dos à dos comme si il s’agissait de deux possibles . Quelque critiques qu’on puisse faire du monde Anglo-Saxon , justifiée actuellement du fait que si le leadership appelle des priviléges , quelque chose ne va plus dés lors que les priviléges deviennent injustifiés , il n’en reste pas moins d’émminentes réussites à son actif ,le plan Marshall et la reconstruction de l’Europe , le développement de l’Extréme et du Moyen-Orient et maintenant de la Chine et de l’Inde . Toutes choses qu’on aurait eu du mal à imaginer venant du Continent . Et dont les préoccupations actuelles sont incroyablement nombrilistes . Nous sommes , l’Europe , le premier centre commercial mondial ,récession chez nous c’est donc aussi au Moyen-Orient , en Chine , aux US , etc ….çà çà ne peut pas tenir dans une simple opposition public/privé , ce n’est pas interne .

    1. @moneyistime,
      Vous rappelez des points d’histoire et d’analyse de la situation présente que je ne saurais contester. Pour être précis, l’intérêt privé et l’intérêt public, qu’anglo-saxons et latins définissent chacun à leur manière, ne sauraient être opposés dans aucun système économique stable. Ce qui fait problème dans la crise systémique en cours c’est la question de l’intérêt général que nous ne distinguons plus dans le processus de la globalisation tel qu’il s’est déroulé jusqu’à présent. Plus encore, un changement de paradigme monétaire instaurant le bancor de l’anglo-saxon Keynes comme unité monétaire internationale de compensation des intérêts privés et publics par l’intérêt général est de nature à restaurer un équilibre économique mondial. Si le principe de la représentation comptable de l’intérêt général est concrètement adopté dans le bancor de Keynes, alors l’Union Européenne qui synthétise les deux cultures latine et anglo-saxonne peut en faire l’expérimentation. L’euro devient un bancor européen démembrable en unités de compte confédérale, nationale et locale dont les parités de change sont fixées par la compensation pour assurer la solvabilité des États les uns par rapport aux autres au sein d’une union intégrant les cultures et nationalités spécifiques. Chaque pays peut alors contempler son nombril ou accuser les autres de nombrilisme sans nuire à l’économie politique des autres.

      1. Ce qui me fait un peu peur dans votre démarche de fonder une monnaie sur le droit , c’est qu’elle
        m’évoque un certain Knapp . Comme il s’agit d’une maniére qui est inverse par rapport à la mienne , çà me fait l’effet du Tennis où les gestes sont anti-naturels .
        Cette approche implique un état démocratique , pour étre soutenable ,à mon sens , quelque chose de plus que la souveraineté . Au xix e siécle la monnaie l’était , j’estime , grace au pouvoir libératoire de l’or et de l’argent (ou méme du cuivre ) , aujourd’hui cela me semble difficilement réalisable , sauf recours à une mise en concurrence de monnaies privées (ou méme publiques )fàçon Hayek .
        Mais , une procédure , nécessairement savante , donc déléguée selon des régles démocratiques formelles (et quelque soit le degré de ‘démocratisme’ ) me laisse perplexe , si déjà un indice des prix est susceptible d’étre arrangé …
        D’autant qu’une monnaie surtout dans ce contexte de mondialisation dépend de son appréciation à l’étranger , où quelque soit la politique de change elle peut étre exposée à fortes parties .
        Ou alors , vous vous placez délibéremment dans le contexte d’une monnaie mondiale , L’>Europe imposera cette monnaie ?
        Il lui faut alors le bras armé de la justice , je veux dire une solide flotte et aviation pour faire respecter ses engagements à un
        récalcitrant , fort et malintentionné à régler ses dettes .

      2. Ah oui, ce bon Georg Friedrich et ces descendants chartalistes/MMT’istes dont nous avons quelques exemplaires sur ce blog même (mais qui ayant beaucoup de mal à comprendre et accepter la critique de leurs vues sans basculer dans l’insulte se voient régulièrement retoquer dans leurs commentaires).

        Je ne crois pas que ce soit ce que Pierre ait en tête, bien que le souverainisme monétaire soit une condition sine qua none en théorie chartaliste.

    2. moneyistime,
      ON EST MORT ! Ce que je craignais en qualité de majeur de promo en monnaies et théories monétaires est en train de se concrétiser !
      J’arrête toutes correspondances….(cf post sur « manipulation sur le libor » et « tout fout ou fous le camp » malheureusement c…..).
      L’élite mondiale et système intelligent…

  10. « La guerre des normes comptables entre Anglo-saxons et Européens latins est le cœur de l’impasse systémique qui précipite l’économie mondiale dans la dépression. »

    Ah bon ? Et les dizaines d’articles et les centaines de commentaires sur ce site même qui disent clairement que le problème est la politique néo-libérale (y compris allemande) et l’activité financière démentielle sont à l’origine de cette impasse, ils ont tout faux ?

    1. Très bien mal vu, Pignol the first.
      Qu’est-ce qu’une politique « néo-libérale » si ce n’est un unilatéralisme américain alors que Pierrot propose un multilatéralisme..??
      Pierrot aurait des origines asiatiques que cela ne m’étonnerait pas. 😉

      1. @ yvan:

        Qu’est-ce qu’une politique « néo-libérale » si ce n’est un unilatéralisme américain alors que Pierrot propose un multilatéralisme.

        Tiens le contresens habituel que produit couramment un bon story-telling. Ceux qui ont lu Thesmar et Landier (« le Grand méchant marché ») savent que le système financier actuel est au contraire le résultat d’une volonté européenne (et française!) d’imposer des règles pour tous, contre la volonté discrétionnaire des grandes places financières de l’époque (USA-GB). Rappelons que Bâle (où ont été signé les accords entérinant la nouvelle organisation financière) est en Europe, quand les subprimes viennent des USA.
        2008, c’était la crise de l’unilatéralisme anglo-saxon, le système financier actuel ne s’en portera que mieux.

        @ PSJ:
        Rappelons l’époque pas si lointaine du Mark, où la souveraineté monétaire française se mesurait alors en minutes (celles qui suivaient la décision de la Bundesbank d’augmenter ou de baisser ses taux), ça permet de relativiser…

    2. @Pignouf 1er,
      Le néo-libéralisme dont l’ordo-libéralisme allemand est une expression est précisément un état d’anomie comptable des échanges financiers. L’absence de norme d’équilibre des prix financiers engageant les Etats, les banques et l’économie réelle produit un chaos conceptuel extériorisé dans la guerre des normes comptables. Il est concrètement impossible d’attribuer un prix au capital réellement engagé par les acteurs économiques publics et privés dans l’équilibre du crédit à l’économie réelle. Pour le moment, l’Allemagne tente d’imposer ses propres normes à ses partenaires européens pour ne pas comptabiliser la vacuité des fausses créances accumulées par les banques en euro sur l’économie réelle et les Etats. Quand l’Europe de doctrine néo-libérale aura éclatée, le fait néo-libéral anglo-saxon pourra alors s’imposer pour achever la destruction de toute économie. A moins qu’un traité de paix européen voire mondial soit conclu sur la primauté du droit dans la négociation libre des prix internationaux.

  11. Chapeau monsieur Sarton du Jonchay. J’adhère à beaucoup de vos analyses mais découvre surtout matière à réfléchir pour d’autres.
    Impossible de poster un simple commentaire, il conviendrait d’échanger sur pleins de points sans pouvoir les hiérarchiser. Si vous me passez l’expression : c’est du très lourd votre texte.

  12. Il me semble que le rééquilibrage général par un retour aux États nations et à la parité des monnaies comme celui qui résiderait dans un système de compensation centralisé est très aléatoire. Les déséquilibres financiers sont la caisse de résonnance des déséquilibres de l’économie réelle (mais on sait depuis le pont de Takoma que la résonnance multiplie les mouvements et peut détruire un édifice).
    Je pense que les caractéristiques de l’économie réelle ont engendré un déséquilibre structurel à plusieurs facettes. La chaîne de valeur de l’économie réelle est aujourd’hui l’enjeu d’une féroce bataille pour accaparer le profit. Cette bataille recouvre et dépasse en même temps des limites géographiques. L’Allemagne a une balance commerciale positive par le positionnement particulier de son industrie au cœur de la chaîne de valeur. La France est structurellement déficitaire, car une grande partie de son économie est construite sur un positionnement fort dans la distribution et les services associés. Progressivement, une typologie mondiale s’établit :
    – Pays riches structurellement en excédent (production dominante comme l’Allemagne et le Japon),
    – Pays riches structurellement en déficits (services et commerces dominants, France, Etats Unis)
    – Pays en croissance rapide (excédents fondés sur la compétitivité prix)
    – Pays en excédent par les matières premières
    – Pays en déficit chronique par manque de tout.
    Cette typologie pose plusieurs questions, l’une d’entre elles est, bien sûr, la soutenabilité d’une telle stratification. À plus court terme, les pays du second groupe conjuguent trois handicaps majeurs : la richesse produite par les sociétés nationales ne bénéficie plus aux États, ce qui ne facilite pas l’équilibrage des budgets, il y a déficit chronique de la balance commerciale et ils subissent des coûts induits importants.
    Le rééquilibrage par le prix du crédit et le cours de la monnaie me semble dans ces conditions relever de l’utopie. De même, la grande faiblesse de la zone Euro est qu’elle s’est construite avec des pays appartenant à des groupes très différents (1, 2 & 5).

    1. Pont de Tacoma.

      Sinon, j’aime bien vos analyses et ai commandé votre livre.

      Mais pourquoi un déficit permanent de la balance commerciale n’est-il pas soutenable par une dévaluation idoine ?

      1. @timiota
        Tout d’abord merci pour le livre, j’espère qu’il vous intéressera.
        Concernant les dévaluations, il y a deux hypothèses classiques concernant leurs effets sur la balance commerciale
        – La baisse du cout relatif sur les marchés internationaux permet de retrouver de la compétitivité
        – La hausse du coût des produits importés renchérit le cout des importations et rend les produits locaux plus compétitifs, ou au pire ralentit la consommation intérieure de produits importés
        Quand un pays a ses principaux acteurs économiques en position de force en aval de la chaine de valeur (distribution, services…), la baisse de la devise ne renforce pas la compétitivité locale puisqu’il y a moins d’industrie. De plus, dans les pays riches, la puissance de la norme de consommation est telle qu’il faut une hausse importante des prix pour que la consommation se ralentisse (je simplifie). Au mieux :
        – Vous accroissez les profits des acteurs économiques implantés a l’international (mais encore faut-il que la compétitivité fiscale du pays incite les entreprises à remonter les profits plutôt qu’à faire de l’optimisation fiscale)
        – Ces mêmes entreprises peuvent être incitées à assurer une partie des fonctions centrales dans le pays d’origine mais il faudrait un ajustement très violent pour réindustrialiser le pays…
        Pour compléter, un nouveau modèle économique se fait jour dont l’exemple parfait est une célèbre marque avec un logo en forme de pomme. Dans ce modèle, vous assurez les deux extrémités de la chaine de valeur (R&D et Marketing) et vous produisez à l’extérieur. Une baisse accélérée du dollar vis-à-vis du Yuan ne changerait pas grand-chose au modèle économique parce que le cout de production ne représente probablement que peanuts dans le prix de vente et que l’appétence des consommateurs est élevée. De plus, vous avez tout intérêt dans cette configuration à faire facturer les produits par les usines aux filiales commerciales dans les autres pays, ce qui génère les bénéfices directement dans les filiales (sur le coup, je ne connais pas l’organisation détaillée de cette célèbre marque et c’est peut être déjà le cas). Reste alors la question centrale de la remontée des bénéfices…

    2. Problématique trés interressante , j’aime l’image du pont et de la résonnance . On la perçoit bien
      la résonnance . Imaginons un pont élastique , quelque chose comme un trempoline , ou un cheval de rodéo sous le cow-boy , il se peut qu’à ce jeu ce soit le pertubateur du dessus qui alors
      éjecte plutot que le pont qui s’écroule …

  13. Savez-vous pourquoi la MMT (Modern Monetary Theory) qui maîtrise bien la question de la souveraineté monétaire et de sa régulation est si peu souvent mis à contribution pour nous éclairer?

      1. @Julien,
        Coup bas. Quand même avec un point d’interrogation qui laisse une ouverture. Profites en pour aller y voir d’un peu plus près ou de dire pourquoi … que tout le monde profite de tes lumières sur le sujet.

        J’espère que PSDJ nous fera une réponse un peu plus argumentée.

      2. Les surhommes du troisième millénaire. Tout s’éclaircit chez moi maintenant……Après avoir rompu la sphère réelle de la sphère monétaire (accords de jamaique), on nous parle de déséquilibres sans pouvoir revenir en arrière. Alors imaginez l’avenir avec les mêmes idées en pire…. La nature vous rattrapera : humaine ou pas ! Ici gît « Fidus ».
        Economie d’énergie, je ferme la lumière !

      3. @Julien,
        Merci pour ce billet de PSDJ sur le MMT qui m’avait échappé.
        En effet une très longue discussion. Mais en aucune façon un refus de discuter de la part d’Aliena ou de JBB. La seule explication qui m’apparaît à ton antagonisme vis à vis du néochartalisme, ce serait du côté de la lutte des places dans le champ économique. L’approche régula

      4. …suite @Julien,
        …l’approche régulatrice du néochartalisme devrait très facilement en convaincre plus d’un sur ce blog qui est très largement du côté de la régulation de l’économie. De ce point de vue, la MMT est très bien placée. Elle est cohérente avec la conduite d’une économie et lui donne les outils pour réagir aux perturbations. Elle est en bon accord avec les théories de régulation des systèmes qui ont largement fait leur preuves pratiques. Alors je ne comprends pas du tout ton positionnement anti-MMT.

      5. Ivan, évoquer un propos « profondément erroné » et adjoindre l’exemple d’Aliena pour contre-argumenter a quelque-chose de délicieusement ironique.
        Faites une petite recherche des échanges que nous avons pu Paul, François et moi avoir avec elle pour comprendre.

      6. la monnaie ne pose aucun problème

        Sauf quand même qu’elle manque à beaucoup d’endroits où on en aurait besoin, bloquant l’accès à la contribution active de nombreuses personnes. C’est une question politique plus que technique, si c’est ce que tu veux dire?

      7. Ce n’est pas la monnaie qui manque Michel, c’est le capital. La monnaie n’est que le vecteur, c’est pourquoi elle ne pose pas de problème et n’appelle pas de solution particulière autre que le bancor, mais dont la finalité ne revient pas à corriger le fonctionnement de la monnaie mais les soldes compensatoires.

      8. Ce n’est pas la monnaie qui manque , c’est le capital

        Oui pour les activités qui demandent des investissements, mais la monnaie manque pour toutes les activités sociales qui demandent essentiellement d’échanger du temps. Mais c’est un autre débat.

        D’accord avec le bancor et la correction des soldes compensatoires comme moyen de redonner du sens à la souveraineté monétaire. Ce sujet a très largement été traité ici. Le seul point qui m’échappe concerne les diverses possibilités (inattendues?) de contourner ce principe qui semble limpide. C’est qu’on ne l’a jamais testé.

      9. @Julien
        Mais comment exprimez-vous (transférez-vous; investissez-vous, compabilisez-vous, etc.) le capital, autrement qu’en monnaie? En d’autres termes qu’est-ce que la monnaie sinon l’unité de compte du capital?

      10. @ Julien Alexandre

        Je en suis pas sûr de vous comprendre, alors rectifiez-moi si je me trompe :

        je te l’expliqué d’un mot, c’est très simple : la monnaie ne pose aucun problème. Voilà.

        Voulez-vous dire que la monnaie suit toujours les décisions des hommes ? Que les vrais problèmes sont donc ailleurs ? Si c’est le cas, alors vous avez largement raison, à condition de ne pas dédaigner les nécessités techniques pour que la monnaie suive effectivement nos desideratas. C’est pourtant ce que font tous ceux qui veulent une économie prospère à faible endettement et avec un budget public équilibré (au sens de déficit zéro). Si vous pensez cela, et c’est malheureusement ce que pense Jorion, alors vous aussi, vous avez tort.

        Si c’est le cas, alors c’est l’archi-traditionnelle erreur libérale de confusion entre marché et troc par dénoncée par Paul Jorion lui-même :

        On en devine la conséquence : la distinction entre monnaie et marchandises ayant disparu, celle entre troc et paiement disparaît elle aussi automatiquement. Et c’est l’ensemble des échanges économiques qui se transforme alors une masse indistincte où le fait que de l’argent circule ou non est devenu indifférent.

        On la trouve dénoncée par tous les auteurs qui essaient de se sortir des apories libérales : Marx avec son fameux M > A > M (A l’argent et M la marchandise) perverti en A > M > A’ avec A’ supérieur à A ; c’est Keynes avec ses subtils distinction quant à la demande globale effective (et qui cite Marx, Douglas, Gesell et Malthus parmi les penseurs du problème), ou c’est Jacques Sapir aujourd’hui avec Les trous noirs de la pensée économique, dont la monnaie occupe une bonne place.

      11. @ Jean-Baptiste B

        Comme je l’ai expliquée, pour moi la MMT ou le néochartalisme n’est même pas une théorie, c’est une grille de lecture qui se veut empirique et quasi-tautologique. A ce titre, elle n’arrive même pas à être fausse.

        En quoi le néochartalisme favorise-t-il la circulation de la monnaie, son allocation au bon endroit (à part de façon très temporaire en embauchant des fonctionnaires en cas de chômage de masse dans l’espoir que le secteur privé reprenne le flambeau lorsqu’il est dans de meilleures dispositions… bref, toutes choses parfaitement faisable en l’état actuel du fonctionnement monétaire) ? En quoi prévient-il le parasitisme spéculatif, le pillage des ressources naturelles, les abus de la propriété privée ?

        Comme la réponse à ces questions est « en rien », j’avoue ne pas saisir l’intérêt de la lecture néochartaliste.

      12. @ Julien Alexandre

        Comme la réponse à ces questions est « en rien », j’avoue ne pas saisir l’intérêt de la lecture néochartaliste.

        C’est bien de rêver résoudre tous les problèmes d’un coup (je vous souhaite le succès, que nous soyons clairs entre nous), de rêver un grand plan architectural d’ensemble, mais en pratique, ça se construit brique par brique, avec des fondations, des murs porteurs etc.

        Et si vous faites de l’austérité budgétaire, alors vous détruisez les fondations (ou ne les posez pas, comme vous voulez), cf le commentaire auquel vous répondiez.

        Tant que vous désirez maintenir, voire parachever, le système du tout-crédit, alors votre économie dépérira, même une économie socialement responsable, écologiquement durable, etc. D’accord, les questions monétaires ne sont qu’un aspect des problèmes humains – rassurez-vous les néochartalistes sont au courant – mais cet aspect a pris de telles proportions qu’il hypothèque tout le reste, donc je continue à porter un grand intérêt à cela, ne vous en déplaise.

        Le côté tautologique du néochartalisme, c’est pour forcer les lecteurs à considérer des vérités qu’on leur apprend à rejeter d’emblée et sans discussion en permanence, comme « Le déficit public est nécessaire au bon fonctionnement du secteur privé et de l’économie. », « Un pays en surplus commercial s’appauvrit à travailler pour l’étranger. », ou encore « Les dépenses de l’État financent ses taxes. ». Avouez que sans une solide argumentation – tautologique comme vous dites – le quidam s’écrie « N’importe quoi ! »

        PS : S’il-vous-plait, ne censurez pas une de mes réponses simplement parce qu’elle approuve et développe le point de vue de Ivan qui est d’accord avec moi, contre vous, sur un point argumentatif précis.

      13. @ Jean-Baptiste B

        C’est bien de rêver résoudre tous les problèmes d’un coup

        Qui parle de tout résoudre « d’un coup » ? Vous devriez lire ou relire l’étendue des changements convoqués par le blog pour reconstruire le système. A chacun des enjeux que j’évoque correspond un changement majeur, une « brique » pour reprendre votre expression.

        Et si vous faites de l’austérité budgétaire, alors vous détruisez les fondations (ou ne les posez pas, comme vous voulez), cf le commentaire auquel vous répondiez.

        Je ne vois pas à quoi vous faites référence puisque ni Paul, ni François, ni moi ne proposons d’austérité budgétaire…

        Tant que vous désirez maintenir, voire parachever, le système du tout-crédit,

        Il y a visiblement une incompréhension majeure, puisque le changement auquel nous aspirons consiste à précisément restaurer l’augmentation des salaires qui ont été remplacés par des crédits.

        D’accord, les questions monétaires ne sont qu’un aspect des problèmes humains – rassurez-vous les néochartalistes sont au courant – mais cet aspect a pris de telles proportions qu’il hypothèque tout le reste, donc je continue à porter un grand intérêt à cela, ne vous en déplaise.

        Rassurez-vous, personne ne vous empêche de vous y intéresser. Mais personne ne nous empêche de penser que la monnaie est le cadet des soucis du monde actuel, et les objectifs que je pointe le rappellent.

        PS : S’il-vous-plait, ne censurez pas une de mes réponses simplement parce qu’elle approuve et développe le point de vue de Ivan qui est d’accord avec moi, contre vous, sur un point argumentatif précis.

        Continuez à vous exprimer courtoisement sans tomber dans la vindicte de votre acolyte Aliena qui traite son monde de « débiles qui ne comprennent rien » au moindre contre-argument, et il n’y a strictement aucune raison de modérer vos posts pour ce qui me concerne.

      14. @ Yann
        Mais exactement pour les mêmes motifs: l’Etat(s) ne contrôle(nt) pas plus le net que la finance internationale. Votre position est, à mon sens, illogique: on ne peut vouloir tout contrôler de la main droite et tout permettre de la main gauche… (si cela vous gêne, vous pouvez inverser le sens des mains!)

      15. @Julien Alexandre
        Votre argument me parait spécieux: pour moi, le capital c’est comme l’électricité; aucun usage possible s’il n’y a pas un vecteur pour la transmettre. C’est bien l’ensemble tuyau+énergie immatérielle qu’il faut considérer.

      16. @ Eole

        Même réponse qu’à Michel http://www.pauljorion.com/blog/?p=38931#comment-339274

        Votre argument me parait spécieux: pour moi, le capital c’est comme l’électricité; aucun usage possible s’il n’y a pas un vecteur pour la transmettre. C’est bien l’ensemble tuyau+énergie immatérielle qu’il faut considérer.

        Une fois que vous avez acheté une machine avec la monnaie, ce n’est pas la monnaie qui vous sert à faire fonctionner la machine. Mais encore une fois, rien ne sert d’épiloguer sur vecteurs/tuyaux/etc., la monnaie est le dernier des sujets à aborder pour refonder le système.

      17. @ Ivan

        Réduire le néo-chartalisme (ou MMT) au monétarisme me semble profondément erroné

        Absolument. Le néochartalisme (ou MMT) fut construit en cherchant à comprendre ce que ne comprenait manifestement pas le monétarisme, et aussi en cherchant des alternatives. Cf l’histoire succincte du néochartalisme (seconde moitié de cette partie)

        Au chapitre suivant, j’explique comment peut-on dire ou non qu’un pays est néochartaliste, pourquoi il est délicat de parler de pays néochartaliste ou non.

        @ Yvan

        Non, il y a les stabilisateurs automatiques pour empêcher des assignats : le gouvernement décide ce qu’il dépense et comment, les stabilisateurs automatiques se chargent de faire en sorte que l’économie suive.

      18. @ Julien Alexandre

        Effectivement, et à ma grande surprise, je dois le reconnaître, je n’ai pas pu retrouver Paul Jorion affirmant qu’il fallait réduire les déficits. Mais comme il adhère par ailleurs à quantité de thèses associées : les Chinois ne financeront pas toujours la dette des États-Unis, l’assouplissement quantitatif de Bernanke est « de la planche à billet », un « court-circuit » qui permet un temps de faire fonctionner la machine mais qui n’est pas viable, etc. J’en avais conclu que Jorion, trop rapidement peut-être, est favorable au déficit zéro. Il semble plutôt qu’il ne se soit jamais prononcé sur la question : Ne serait-ce qu’à terme, le budget du Trésor d’un État émetteur de sa monnaie doit-il équilibrer ses budgets ? Dans son fonctionnement idéal de la monnaie, comment est-elle émise, à qui, à quelles conditions etc. ? Jorion parle de relever les salaires, mais il semble simplement penser que c’est par la redistribution et l’impôt que ça se fera.

        Tu connais probablement sa réelle opinion. Quelle est-elle ? Et la tienne ?

        PS : je suis sincèrement désolé que ça se soit mal passé entre vous et Aliena. Moi-même, je lui avais fait la remarque de rester polie. Maintenant je n’ose imaginer ce que vous avez dû censurer pour être aujourd’hui aussi à cran. En tout cas, si vous vouliez bien ne pas m’assimiler à Aliena, ce serait gentil. Les néochartalistes sont comme tout le monde : la plupart sont polis, mais certains ne le sont malheureusement pas. Pas de quoi censurer toue une école de pensée ;).

      19. @ Jean-Baptiste B

        Effectivement, et à ma grande surprise, je dois le reconnaître, je n’ai pas pu retrouver Paul Jorion affirmant qu’il fallait réduire les déficits.

        Je ne vois pas ce qu’il y a de surprenant.

        Jorion parle de relever les salaires, mais il semble simplement penser que c’est par la redistribution et l’impôt que ça se fera.

        Jean-Baptiste, pour t’éviter les surprises, il te faut lire ce qui s’écrit ici attentivement. Relever les salaires passe avant tout par un rapport de forces plus équilibré entre les 3/4 classes sociales et la fin du parasitisme spéculatif qui pompe la valeur ajoutée créée par le travail. La progressivité de l’impôt est quasiment un détail. Quant à la redistribution, c’est un curseur ayant vocation à être manié par les politiques (plus ou moins de justice sociale), mais pas un mécanisme fondamental.

        Tu connais probablement sa réelle opinion. Quelle est-elle ? Et la tienne ?

        Paul s’exprime en son nom, je ne suis pas son porte-parole mais un simple collaborateur (pun intended). Pour moi les choses sont simples : en période de crise, on desserre la ceinture. En vitesse de croisière, on rembourse la dette. Aujourd’hui, c’est l’inverse qui est fait, en dépit du bon sens.

        Merci pour le lien vers votre blog concernant Aliena. Sans cela, je n’aurais pas relever cette perle :

        Jorion est loin d’être un con. Mais effectivement il a une tendance gauchiste, heureusement fortement tempérée par sa nature d’intellectuel critique.

        Elle est de toi celle-là, juste avant les liens d’Aliena vers la fachosphère. Evidement lorsque l’on utilise facilement le terme de « gauchiste », on a la tolérance à droite assez souple 😉

      1. Effectivement : capital, crédit et salaires sont les scalaires du vecteur monétaire. Et la différence entre capital crédit et salaires repose sur la temporalité et le langage. Un crédit monétaire est un salaire différé. Un capital monétaire est le prix incertain à terme d’un salaire.

      2. çà je souscrit . Je dirais méme plus du capital productif , c’est à dire qui crée une valeur supplémentaire , donc de la puissance de travail , qu’elle soit employée ou non .
        En conséquence lorsque cette condition est réalisée la monnaie n’est pas un pb . Et le bancor
        suffit à régler les soldes . Ok .
        A ce moment là on est aussi dans le droit , dans l’esprit du droit . Reste à savoir d’où vient
        l’impuls ?

    1. Je vous trouve assez fumeux.

      Le capital et/ou les salaires

      On ne peut pas poser une telle équation. Le capital est posé dans l’équation A>M>A’. Il existe à travers le processus d’accumulation. Le salaire c’est simplement la rémunération de la force de travail de laquelle on ôte la plus value. Le capital se renouvelle forcément au détriment du salaire.

      Et la différence entre capital crédit et salaires repose sur la temporalité et le langage.

      Tout repose sur le langage. Cela dit, dans le processus d’accumulation capitalistique on ne peut tout simplement pas mettre sur le même plan capital, crédit et salaire.
      Une dette n’est pas un capital, de même qu’un salaire qui est la rémunération de la force de travail moins la plus value. L’accumulation capitalistique se fait au détriment du salaire, par l’expropriation de la plus value. Par conséquent un salaire n’est pas un capital, c’est le prix du renouvellement de la force de travail.
      Je ne comprends pas comment vous pouvez dire que la différence entre un capital et un crédit est temporelle. Un capital vous procure une rente, un crédit à l’inverse est un mécanisme d’extorsion par le jeu de l’intérêt. Il s’agit des deux faces de la même pièce, certes, mais qui concernent par définition des acteurs différents et antagonistes. En ce sens un crédit monétaire n’est pas un salaire différé puisque une extorsion supplémentaire via l’intérêt, vient s’ajouter à l’extorsion initiale. A l’inverse, un capital monétaire, par les intérêts de la rente tirés de la plus value, s’oppose au salaire.
      Une crise de surproduction, comme c’est le cas actuellement, matérialise la suraccumulation du capital au détriment du salaire. Le volume des dettes/crédits destiné à la rémunération du capital/rente, pèse sur les salaires et la demande au niveau des états comme des particuliers.
      Cela signifie qu’il n’y a pas assez de monnaie en circulation pour permettre la consommation de toute la production car il y a trop de monnaie affectée au capital. On peut donc monétiser la dette par création monétaire (et les QE ou LTRO, ce n’est pas de la création monétaire !), ou faire défaut, au niveau des états. Au niveau des particuliers, seule une hausse des salaires peut diminuer la charge de l’intérêt.

      1. Pas fumeux , A est du capital , M , aussi . A M A’ c’est le capital marchand . Si vous visez le capital
        au sens commun ,A comme capital productif achéte M (mat prem + machines en gros) et une
        autre M , spéciale la force de travail .
        Si A est noté C+V (pour distinguer les deux M) , il comprend les salaires (v) . D’ailleurs les salaires ne se payent pas aprés la vente des marchandises produites , ni en droit ni en fait , ils se payent pendant la production , en principe . Le capitaliste avance les fonds , qu’il se rattrape à la vente du produit ou non , c’est son pb .

  14. c’est quoi les tuyaux ?
    le troc monétaire passe par cela ? quand on file un billet à quelqu’un on l’enfile dans son tuyau ?
    non, je ne plaisante pas , c’est , comment dire, la relation sympathique du don de l’argent , au moment de l’achat , et de celui qui reçoit et reconnait sa valeur .
    l’argent n’est pas un objet . c’est un lien symbolique « humain » . ( l’argent comptable, c’est inhumain )
    ce qui est au niveau de deux personnes est identique au niveau des « états » (?)

  15. Ceci est un bel exercice d’argumentation pour établir les relations de causes à effets entre les pratiques financières, les aveuglements politiques et les conséquences constatées dans l’économie réelle, causées par le tarissement des crédits. C’est un plaidoyer pour des mesures qui consistent à remettre en selle le fonctionnement financier en le déresponsabilisant encore plus par un contrôle politique renforcé. Le fonctionnement politique est lui-même sous le contrôle de la démocratie et il est déjà lui-même déresponsabilisé de ce fait. Ce serait donc à l’électeur moyen de cautionner lui-même par ses choix électoraux, entre autres, tout ce qui est écrit dans ce billet. Cette démarche, somme toute d’une logique imparable, demanderait aussi de gros efforts de pédagogie mais ils ne sont pas cotés.
    L’accent est mis sur la gestion monétaire puisque c’est à ce niveau que le flottement politique est le plus manifeste actuellement.
    Une question est esquivée alors qu’elle est centrale : celle des mécanismes de fixation du prix des richesses de toutes natures et, dans son élaboration, la part revenant aux financements par rapport à celle attribuée à la rétribution des ressources tangibles consommées, travail et matières premières.

    Le politique a déjà, en théorie, le contrôle du financier. Il a à sa disposition tous les conseillers financiers et économiques qu’il peut souhaiter. Les concertations internationales existent, le pouvoir législatif ou exécutif aussi. Le principe de bon sens est déjà connu comme quoi c’est le prêteur qui doit assumer les risques qu’il prend, être couvert en conséquence et les subir le cas échéant. Or les poursuites pour escroquerie en bande organisée ne sont guère mises en œuvre à l’initiative des pouvoirs publics des différents pays.
    En fait, le politique est beaucoup plus attentif aux réactions de l’électorat qu’à un intérêt général virtuel que l’on évoque en cas de catastrophe pour faire preuve d’intérêt envers les victimes.
    W. Churchill a défini la démocratie comme le plus mauvais système de gouvernance, après tous les autres. Le même type d’appréciation peut être porté sur le libéralisme. Ils nécessitent tous deux des acteurs à la fois parfaitement lucides, informés et soucieux de l’intérêt collectif. Encore faut-il définir si cet intérêt collectif doit être clanique, national ou international.

    Une question préalable devrait déjà être tranchée : l’économie financière doit-elle être au service de l’économie réelle, celle des productions et des consommations tangibles, en faisant circuler les liquidités indispensables de la manière la plus efficiente à terme, ou l’économie réelle doit-elle être au service de l’économie financière en lui fournissant des supports spéculatifs efficaces pour faire gonfler le plus vite possible des actifs comptables en monnaie scripturale grâce à un recours massif au crédit ?
    Visiblement, les financiers ont choisi la seconde hypothèse, au nom de certains intérêts claniques internationaux et au détriment de l’intérêt collectif mondial. Ils ont la partie facile car ils se sont rendus incontournables en ayant le pouvoir factuel de bloquer tous les échanges autres que le troc.
    Les dégâts des pratiques spéculatives, n’apportant que des renchérissements à l’économie réelle, sont connus. La spéculation à haute fréquence, en particulier sur les monnaies, en est un exemple emblématique or il n’y a même pas un consensus politique international pour l’interdire strictement.

    Le système socioéconomique mondial en général et les interactions monétaires sont tellement complexes et évolutives qu’aucune autorité politique n’est capable de bien les réguler dans l’intérêt général pour une raison très simple : l’ingéniosité pour contourner les contraintes du droit est quasi instantanée et se diffuse à grande vitesse. Les pratiques perverses mettent des années pour se révéler et les atermoiements politiques durent bien plus encore.

    Le droit, pourtant, doit effectivement être reconsidéré au vu de toutes les dérives qui ne vont qu’en s’accélérant. Cependant il ne doit pas l’être seulement en reportant sur l’électeur la responsabilité factuelle d’arbitrages qui le dépassent mais en introduisant aussi dans le droit financier et dans le droit des entreprises des verrous systémiques pour bloquer à la base tous les fonctionnements pervers déjà connus à l’égard de l’économie réelle, maintenant mondialisée. La liste est déjà bien fournie et elle doit intégrer la réflexion à l’égard de l’économie durable. Il serait encore facile de l’allonger en détectant systématiquement toutes les pratiques qui permettent de profiter des richesses produites par la collectivité sans rien fournir de réellement utile en contrepartie.
    Si l’on a en tête l’intérêt collectif international, il faut sortir du virtuel financier pour revenir au réel des consommateurs et des producteurs de richesses tangibles.

  16. @Pignouf 1er,
    Le néo-libéralisme dont l’ordo-libéralisme allemand est une expression est précisément un état d’anomie comptable des échanges financiers. L’absence de norme d’équilibre des prix financiers engageant les États, les banques et l’économie réelle produit un chaos conceptuel extériorisé dans la guerre des normes comptables. Il est concrètement impossible d’attribuer un prix au capital réellement engagé par les acteurs économiques publics et privés dans l’équilibre du crédit à l’économie réelle. Pour le moment, l’Allemagne tente d’imposer ses propres normes à ses partenaires européens pour ne pas comptabiliser la vacuité des fausses créances accumulées par les banques en euro sur l’économie réelle et les États. Quand l’Europe de doctrine néo-libérale aura éclatée, le fait néo-libéral anglo-saxon pourra alors s’imposer pour achever la destruction de toute économie. A moins qu’un traité de paix européen voire mondial soit conclu sur la primauté concrète du droit dans la négociation libre des prix internationaux. Le problème du néo-libéralisme est de confondre la liberté et l’anarchie ; l’anarchie néo-libérale est la négation de toute responsabilité politique et économique sur l’humanité des arbitrages de prix, spécialement ceux qui concernent le crédit et l’assurance publique des droits sociaux personnels.

  17. Vous situez ou la responsabilité des banques ?
    Je rappelle que c’est le fait politique qui a dérégulé. Un lien étroit et étrange existe entre politique et financier (financement de campagne par ex ou encore nos politiques travaillaient parfois pour des banquiers comme Pompidou). La disparition financière de l’intérêt général vient du fait que les institutions financières sont devenues des marchands, des commerçants.
    Ensuite c’est l’abandon des garanties et non « l’équité des prix du capital de la liquidité monétaire du crédit » qui contribue à gager les recettes futures fiscales.
    Je dirai que c’est la mise en faillite des banques qui mécaniquement entraîne celle des états.
    Ce n’est pas de l’insuffisance, c’est de l’inexistence de fonds propres des acteurs privés.
    Alors je rappelle que ce sont nos élus au suffrage universel qui ont permis les dérives. Rien de neuf….
    Vous croyez que l’on ne peut pas faire différemment: nationalisation et procédures judiciaires à l’encontre des fraudeurs.
    Vous pensez que l’on a perdu la souveraineté. Attention, monsieur, vous sous-estimez la colère d’un peuple (cf histoire de France).
    « L’effondrement présent du système financier trouve son origine dans l’abandon progressif des lois du crédit depuis la révolution industrielle. ». Non, elle trouve son origine depuis les accords de Jamaique. Les guerres mondiales n’ont pas suffit ! (cf Rothchild et Hitler).
    Rappel : les crédits sont des collatéraux (actifs) qui permettent d’obtenir de la liquidité aux banques. Elles n’ont plus besoin de garanties pour créer de la monnaie mais uniquement pour obtenir des liquidités. Elles-mêmes qui vous proposent des actifs financiers toxiques (du cds au warrants). Ce n’est donc pas un problème de liquidités, ni de crédits mais de contrôle par des multinationales et des banques. Expliquez-nous pourquoi nous ne pouvons pas acheter des bons du trésor français ?
    Attention, les normes financières ne sont pas responsables de notre situation ! Les financiers qui fixent les normes sont responsables. Le problème ne vient pas de l’inadéquation de celle-ci géographiquement.
    D’ailleurs que deviennent les paradis fiscaux ?
    Que deviennent les teneurs de marché et les places boursières : ventes et achats à découvert ? Qui fabriquera les produits financiers ?
    La séparation des activités monétaires et financières ? Les produits financiers sont-ils de la monnaie ? Qui a le pouvoir de création ?
    Comment limitez-vous vous la puissance des multinationales ? Les clés de la monnaie aux oligopoles et spéculateurs ? Les dépenses publiques comme garantie d’implantation ?
    Comment traitez-vous la substituabilité des capitaux ?
    Comment traitez-vous le problème de la mobilité des capitaux ?
    Où placez-vous la monnaie électronique ?
    La répartition des richesses est-elle traitée ? NON…..
    Au revoir à tous !

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