Archives par mot-clé : déflation

Europe : DES PARIS STUPIDES ET DES MESURES CONSERVATOIRES QUI NE LE SONT PAS, par François Leclerc

Billet invité.

Une nouvelle belle histoire nous est racontée, avec comme épisodes annoncés deux sommets européens successifs, en octobre et novembre prochains, qui devraient traiter successivement de la relance économique via l’investissement, et de l’assouplissement de la rigueur fiscale. Entre temps, la nouvelle Commission aura été constituée et les principaux postes de responsabilités européens pourvus.

Elle ne débute pas sous les meilleures auspices, à considérer ces nominations. Que ce soit celle du Polonais Donald Tusk à la présidence du Conseil européen, ou bien celle de l’Espagnol Luis de Guindos à la tête de l’Eurogroupe, qui pourrait intervenir à la fin du mandat de Jeroen Dijsselbloem. Ces deux candidatures à des poste-clé ont le soutien d’Angela Merkel, mettant du plomb dans l’aile à la stratégie d’influence. La désignation de Pierre Moscovici au poste de commissaire à l’économie chère à François Hollande ne semblant acquise qu’à condition qu’il soit flanqué d’un adjoint finlandais, Jyrki Katainen, destiné à le serrer de près. La chancelière a bien verrouillé !

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Europe : ILS CONTINUENT DE JOUER PETIT… par François Leclerc

Billet invité.

Laborieusement, comme en toute chose, les dirigeants européens s’efforcent de surmonter leurs contradictions et d’amorcer un tournant qui s’annonce par avance inconséquent. Devant les faits, ils doivent une fois de plus s’incliner, sans en tirer les conséquences et remettre en question leur orientation. L’Italie s’apprête à dépasser la ligne jaune des 3% du PIB de déficit que la France est loin de pouvoir rejoindre. La sanction ne peut être minorée : ce ne sont plus des pays européens périphériques qui se révèlent rebelles à l’application d’une politique qui fait loi, mais deux des trois principales puissances économiques de la zone euro (la première ne se portant pas si bien).

Que croyez-vous que cela va déclencher ? Non pas une remise en cause de cette politique, mais une tentative dérisoire, qui se cherche, de continuer à tenter de faire entrer des ronds dans des carrés. Tous les indicateurs économiques en berne prononcée, les marges de manœuvre des gouvernements se réduisent encore, aboutissant à ce que fleurissent à nouveau les appels plus ou moins explicites à l’Allemagne afin qu’elle réagisse et devienne la locomotive de l’Europe. Le dernier en date de Christine Lagarde, au nom du FMI. Mais l’on se paye de mots une fois de plus. Croire que l’introduction, non généralisée et progressive, d’un salaire minimum de 8,5 euros brut va dynamiser la consommation intérieure allemande et favoriser les exportations des autres pays de la zone euro, c’est prendre des vessies pour des lanternes. Penser qu’un programme d’investissement allemand en serait également susceptible est une vue de l’esprit. Il ne reste plus que la crainte non avouée que l’Allemagne prenne du champ et joue solo.

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Le symposium de Jackson Hole : LES BANQUIERS CENTRAUX AUX CHAMPS, par François Leclerc

Billet invité.

Demain va s’ouvrir le symposium annuel des banques centrales de Jackson Hole (Wyoming), permettant de faire le point sur leurs visions de la situation, la diversité de leurs approches et l’évolution de leurs politiques. Car ce qui ressort en premier lieu des compte-rendus de leurs dernières réunions, ce sont les interrogations persistantes de leurs dirigeants, les banquiers centraux, et des divisions quand elles sont reconnues.

Toutes sont confrontées, de manière plus ou moins prononcée, au même phénomène déflationniste généralisé. Le Japon ne parvient toujours pas à sortir de deux décennies de déflation, la zone euro subit sa forte pression et pourrait prendre le même chemin, tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni ne retrouvent pas un taux d’inflation considéré comme normal. Le retour à la normalité, c’est la grande question posée, sans qu’il puisse y être apporté une réponse.

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Zone euro : LA FATALITÉ N’EXISTE PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

Les dirigeants européens seraient bienvenus à s’interroger à propos de la politique qu’ils ont eux-mêmes décidée, ou à défaut suivie par peur de s’y opposer, par conformisme plus que par conviction. Non pas seulement pour en constater les effets qui contredisent leurs prédictions, mais aussi pour s’interroger sur leurs causes. Car les bricolages qui s’annoncent ne régleront rien.

Leur obstination à ne pas se résoudre à une telle clarification, qui renvoie à leur discours obsessionnel à propos de la dette et des réformes d’inspiration libérale destinées à relancer la croissance, fait à la longue problème. Parce qu’elle pourrait laisser penser qu’ils se sont résignés à précipiter l’Europe dans une période récessive et déflationniste durable, prix à payer selon eux pour réduire un endettement excessif, en affirmant qu’il n’y a pas d’autre solution. En évitant de se poser une délicate question : la désastreuse situation actuelle a-t-elle pour origine la crise financière, ou est-elle le résultat de leur politique ?

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Zone euro : NOUS Y ARRIVONS !, par François Leclerc

Billet invité.

La zone euro est à nouveau au bord de la récession et la pression déflationniste s’amplifie, accentuant le risque d’entrer dans une déflation à la japonaise dont on ne sort pas. L’Allemagne, la France et l’Italie – ses trois premières puissances économiques – sont désormais touchées, chacune à sa manière. Sans que cela influe sur le discours de la BCE et de la Commission, qui préconisent comme si de rien n’était la poursuite des réformes structurelles en prenant comme exemple la mirifique croissance dont bénéficient l’Espagne et le Portugal (0,6% au second trimestre dans les deux cas) après avoir été poussés au fond du trou.

Le discours sur la croissance est épuisé, mais il n’y en a pas de rechange, d’où la crispation de la part de ceux qui n’ont pas d’alternative à proposer à leur politique reposant sur la résorption accélérée et prioritaire de la dette publique. Pourtant, elle ne fonctionne pas, comme le montre notamment la progression de la dette de l’État espagnol : celle-ci a dépassé fin juin les 1.000 milliards d’euros et continue à grimper, prévue pour dépasser le seuil symbolique de 100% du PIB en 2015. D’un point de vue économique, inscrire dans un traité des normes de déficit est tout aussi absurde que d’avoir mené la politique d’austérité, et cela ne garantit en rien qu’elles seront respectées…

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Ce n’est pas une simple question de bons et de mauvais élèves. Réponse à Jens Weidmann, par Paul Jorion et Bruno Colmant

Bruno Colmant et moi avons rédigé ce texte aujourd’hui. J’ai tenté de le faire publier dans la presse écrite mais un 13 août vous avez surtout à faire à des téléphones dont personne ne soulève le combiné. Cela se fera peut-être encore, on verra. Le voici de toute manière en attendant.

Dans l’entretien qu’il accorde à Marie Charrel dans Le Monde d’aujourd’hui, Jens Weidmann, Président de la Bundesbank réaffirme la doxa allemande selon laquelle la structure bâtarde de la zone euro, ni fédérale, ni confédérale, ne constitue pas en soi un problème : il n’y a que de bons et de mauvais élèves, l’Allemagne est un bon élève et c’est aux autres pays d’améliorer leur performance.

Dans le cadre de la zone euro, telle qu’elle est aujourd’hui,où toute dévaluation externe est impossible pour un pays membre, en raison de la dépendance de tous par rapport à la monnaie commune, la seule dévaluation possible est celle, interne, du coût du travail, qui passe par des réformes structurelles dans une perspective de compétitivité accrue.

Interrogé sur la hausse récente des salaires en Allemagne, qui semblerait paradoxale dans un contexte où cette nation prêche à ses voisines le moins-disant salarial, M. Weidmann répète la doxa : il faut améliorer la compétitivité par des baisses salariales jusqu’à ce que l’emploi reparte, ce qui donnera le signal autorisant à nouveau des salaires à la hausse.

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FAUX DÉBAT A PROPOS DE LA POLITIQUE DE LA BCE, par François Leclerc

Billet invité.

Le débat à propos de l’achat de titres obligataires par la BCE se poursuit, sans que celle-ci ne donne actuellement signe de s’y engager, en dépit de rumeurs persistantes l’annonçant pour plus tard. Il s’inscrit dans le contexte d’avis opposés délivrés par le FMI et la Banque des règlements internationaux (BRI) sur les dangers comparés de la déflation et de la création de bulles d’actifs, et sur la politique que les banques centrales doivent en conséquence mener. Le premier, comme vient de le rappeler Christine Lagarde à propos de l’Europe, met en garde car « une inflation obstinément basse peut gravement nuire à la croissance » et « alourdir le poids de la dette. » La seconde minore les conséquences de la déflation et développe un point de vue restrictif sur la poursuite des opérations d’assouplissement quantitatif (achats de titres obligataires) en cours de la Fed, sur laquelle celle-ci laisse prévoir son arrêt à l’automne, ainsi que sur sa politique de taux proche de zéro.

Toujours inspiré par la crainte d’une bulle immobilière en Allemagne, Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, a sur cette question une opinion arrêtée dont il ne démord pas : appelant la BCE a intervenir, il a déclaré « Nous ne pouvons pas abandonner aux seuls régulateurs des États la tâche d’éviter les bulles. Les banques centrales doivent avoir cela en tête dans leurs décisions sur la masse monétaire ». Pour répliquer à ceux qui demandent une intervention destinée à affaiblir l’euro par rapport au dollar, il rétorque : « Je ne fais aucun cas des discussions politiques sur le taux de change, il est fixé par le marché. Quand la politique s’en mêle, cela ne donne jamais de bons résultats. »

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RÉFLEXIONS TROP CONFUSES D’UN CHEF D’ENTREPRISE U.S., par PlastoMan

Billet invité.

Entre 2 langues et trois pays, et un esprit « weird » as they say, je me pose quand même beaucoup de questions sur la logique de l’argent. Mes idées sont de loin trop confuses pour être partagées et mon français bien trop mauvais [P.J. : j’ai corrigé le pire !]. Pour moi ça doit péter ou « faire une bonne guerre » comme on dit, pour devoir reconstruire Russie vs Europe pour l’Ukraine et ses gazoducs, Iran-USA vs Irak-Yémen pour détruire le Quincy agreement et dégager les Wahhabites, Chine vs Japon-Vietnam for the oil.

Si on accepte qu’un entrepreneur essaie de fabriquer un produit le moins cher possible et le vendre le plus cher possible, cet homme sera confronté à la logique de la concurrence et donc devra faire preuve d’ingéniosité pour diminuer ses prix de fabrication ou augmenter ses prix de vente.

Le prix de la nourriture a baissé au cours des siècles, et le coût des voitures, des computers et même des maisons suivent la même trajectoire. D’un point de vue économique, on appellera cela de la déflation.

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PUISSANTS OU MISÉRABLES… par François Leclerc

Billet invité

La Commission a enjoint le gouvernement portugais de « présenter dans les plus brefs délais des mesures alternatives » à celles qui ont été retoquées par le Conseil constitutionnel du pays, afin que le Portugal « puisse respecter les objectifs auxquels il s’est engagé ». À l’occasion de sa distribution de bons et mauvais points d’hier, le gouvernement français a par contre bénéficié d’un tout autre traitement : « la stratégie budgétaire présentée dans le programme n’est que partiellement conforme aux exigences du pacte de stabilité et de croissance », mais ses mesures « vont clairement dans la bonne direction ».

Venant confirmer que devant les faits il n’y avait pas d’autre solution que de finalement s’incliner, Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, s’est résolu à déclarer dans la presse allemande « Il est possible que la Grèce ait à nouveau besoin d’aide, d’un montant limité », oubliant les promesses de restructuration et ne faisant encore qu’effleurer le sujet. Ce qui augure de nouvelles contraintes pour le gouvernement grec qui cherche à les éviter. La brillante approche des autorités européennes n’a pas changé, frappant les faibles et épargnant les puissants, n’agissant qu’à la dernière minute dans l’improvisation pour gagner du temps.

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LA POUDRE AUX YEUX SE DISSIPE, par François Leclerc

Billet invité.

Combien de temps cela va-t-il pouvoir encore tenir sur le même mode ? Les derniers chiffres d’Eurostat sonnent le glas d’une politique dont l’argument se voulant décisif est qu’elle est la seule possible. La croissance de la zone euro a été de 0,2 % au premier trimestre 2014, à l’identique du précédent. Et ce résultat est dû aux 0,8 % de croissance allemande, car la liste des pays passés en territoire négatif s’allonge : l’Italie d’abord, mais aussi Chypre, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la Grèce, les Pays-Bas et le Portugal. Quant à la croissance française, elle est nulle. Les temps à venir ne se présentent pas mieux.

C’est le résultat prévisible de la politique de dévaluation interne. Il s’accompagne depuis octobre dernier de la persistance d’une inflation nettement inférieure à 1 %. Selon Eurostat, le taux d’inflation annuel est de 0,7 % en avril. Chypre, la Grèce, le Portugal et la Slovaquie sont en territoire négatif. La BCE a reconnu qu’une telle situation ne pouvait pas durer, mais elle a sorti de son chapeau des anticipations d’inflation de 1,6 % en 2016 sujettes à caution pour justifier son inaction. La combinaison d’une très faible croissance et du maintien de fortes pressions déflationnistes signe la période dans laquelle la zone euro est entrée et fait obstacle à la réussite de la stratégie de désendettement.

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CRISPATION DANS LES HAUTES SPHÈRES, par François Leclerc

Billet invité

Ambiance, ambiance ! Ce jeudi 3 avril, Mario Draghi a vertement répliqué au jugement exprimé la veille par Christine Lagarde qui avait estimé « nécessaire » que la BCE recourre à des « mesures non conventionnelles » afin d’éloigner le risque de déflation. En référence à son conseil, il a déclaré : « j’aimerais que le FMI soit aussi généreux qu’il l’a été avec nous avec d’autres institutions de politique monétaire, en publiant par exemple des communiqués juste le jour précédent une réunion du comité de politique monétaire de la Fed ». Un tel agacement n’est pas dans les habitudes des banquiers centraux et illustre l’impasse dans laquelle la BCE se trouve, avec comme conséquence la décision de ne rien faire, tout en alimentant les interrogations sur ce qu’elle pourrait engager afin d’occuper la galerie…

Le président de la BCE n’a pas pu relever un autre conseil dérangeant de l’OCDE qui préconise dans un nouveau rapport « un ralentissement du rythme de la consolidation monétaire », sa publication intervenant après sa conférence de presse. Mais il ne s’est pas privé d’asséner que « saper les règles établies sape la confiance » pour commenter comme il lui était demandé l’intention de Michel Sapin, le nouveau ministre français des finances, de discuter à Bruxelles du rythme de réduction du déficit public de la France.

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Le monde de la finance : DERRIÈRE LE RIDEAU, par François Leclerc

Billet invité.

En matière financière, il n’est pas spécialement conseillé de prendre pour argent comptant ce qui est livré sur la place publique. Comme si l’opacité était consubstantielle à cette activité et que c’est sous le comptoir que se réalisaient les vraies affaires et que les intentions réelles n’étaient pas toujours celles qui sont proclamées. Allons-y voir un peu.

Eurostat vient de révéler que le taux d’inflation en zone euro continue de baisser, établi à 0,5% en mars contre 0,7% le mois précédent et 1,7% il y a un an. Que va bien pouvoir décider jeudi prochain le Conseil des gouverneurs de la BCE ? En fin de semaine dernière, le ministère allemand des finances a préconisé une hausse de son principal taux directeur, selon une note interne qui a fuité dans l’intention de faire obstacle à sa baisse. Luis Maria Linde, gouverneur de la banque d’Espagne et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, demandait mercredi dernier précisément une telle baisse, afin que soient prises des mesures anticipant le risque de déflation, « même s’il n’est pas très élevé ».

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LA DÉSINFLATION SE POURSUIT ET S’INSTALLE, par François Leclerc

Billet invité

La désinflation se poursuit en Europe, selon l’Office fédéral des statistiques allemand. En Allemagne, le taux d’inflation diminue de mois en mois, passé de 1,4 % en décembre à 1,3 % en janvier, et désormais à 1,2 % en février. Pour la zone euro, il était selon Eurostat de 0,8 % en janvier en valeur annuelle, et en première estimation identique en février.

La Commission européenne table sur une inflation de 1 % en 2014 et de 1,3 % en 2015, et estime que le danger de déflation est marginal, en raison du « renforcement progressif de la reprise et du regain de la confiance ». Mais ses annonces s’inscrivent dans une longue tradition de prévisions erronées et biaisées pour le besoin de ses démonstrations. L’INSEE en France et l’Office fédéral des statistiques en Allemagne ont par contre annoncé de quoi s’interroger : l’inflation sous-jacente (excluant les prix volatiles de l’énergie et des produits agricoles) a été mesurée à 0,1 % en valeur annuelle en France, et les salaires diminuent en valeur réelle (hors inflation) en Allemagne.

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Déflation, shadow banking… : DORMEZ TRANQUILLES, BRAVES GENS ! par François Leclerc

Billet invité

Les débats entre économistes patentés sont parfois déroutants ! Par exemple celui qui porte sur la déflation en Europe, certains mettant en avant ce risque, comme Christine Lagarde (FMI), et d’autres le croyant limité, comme Jens Weidmann (Bundesbank). La baisse de l’inflation en dessous du taux cible de 2 % se poursuivant au sein de la zone euro – on en était à 0,8 % en décembre dernier – ce dernier fait état, pour justifier sa position, du réalisme sur lequel repose l’anticipation à long terme d’un taux de 2 %, le justifiant par la reprise économique en cours. Bien que celle-ci soit anémique et fragile, comme en témoignent tout particulièrement les derniers chiffres en provenance… d’Allemagne. Le PIB allemand a cru de 0,4 % en 2013, plus faible progression depuis quatre ans.

En tout état de cause, ce n’est que l’épaisseur du trait qui, à ce rythme, va séparer la tendance déflationniste qui s’accentue de la déflation proprement dite. Une simple question de seuil. Avec les mêmes effets : certes, les prix montent peu ou même pas du tout, mais le poids de la dette à réduire ne s’en trouve pas soulagé pour autant, ne contribuant pas spécialement au succès de la politique de dévaluation interne.

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LA LIVRE STERLING ET L’ÉTALON-OR (II) LE CHARYBDE DE L’INFLATION ET LE SCYLLA DE LA DÉFLATION

En décembre 1923 paraît A Tract on Monetary Reform, le brûlot où Keynes justifie la croisade qu’il mène contre une restauration de la parité or de la livre sterling. C’est l’état catastrophique du budget de la Grande-Bretagne à la fin de la Première guerre mondiale qui l’a forcée en 1919 à cet abandon mais, pour une question de prestige essentiellement, elle entend y revenir aussitôt que possible. Il lui faudra six ans pour y parvenir : en avril 1925 ce sera chose faite.

L’opinion radicale de Keynes sur la question est fort bien résumée par la formule à laquelle il recourt au chapitre 4 du Tract, quand il écrit que « l’étalon-or est […] une relique barbare », survivance d’une époque où l’on ne comprenait pas ce qu’est une monnaie (Keynes [1923] 1931 : 179).

Principal argument utilisé par Keynes contre une monnaie adossée à l’or : une réserve métallique détruit la stabilité des prix, parce qu’il n’existe aucun moyen pour une nation de s’assurer qu’elle pourra constituer des réserves d’or en quantités représentant fidèlement la richesse de son économie.

Il y a dans cette thèse deux propositions qu’il faut analyser séparément. La première, c’est que l’instabilité des prix est en soi une mauvaise chose. La seconde, c’est que l’étalon-or cause bien une telle instabilité.

Commençons par la première.

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