Archives par mot-clé : dérèglementation

Jackson Hole : AVERTISSEMENTS SANS FRAIS A DONALD TRUMP, par François Leclerc

Billet invité.

Janet Yellen de la Fed et Mario Draghi de la BCE se seraient donné le mot que cela ne serait pas surprenant ! Lors de leurs interventions d’hier à la conférence annuelle de Jackson Hole, les deux compères ont soigneusement évité le sujet de la politique monétaire où ils étaient pourtant très attendus, signe qu’ils continuent de s’interroger sur la marche à suivre.

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Ami du conseil municipal : tu as un grand service à nous rendre, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Pour le meilleur et pour le pire, notre ville n’est pas politisée. Comme dans la plupart des communes françaises, les électeurs n’ont pas la moindre idée de ce qui peut opposer la droite et la gauche sur la politique locale. Il n’y a que quelques initiés qui savent pourquoi tu as démissionné de ton rôle d’adjoint dans l’équipe actuelle. Les gens supposent que vous vous êtes disputés entre vous mais n’ont pas l’idée du pourquoi et encore moins des positions de droite ou de gauche que les uns ou les autres ont.

Si aux prochaines élections, ta liste se présente plutôt à droite pour suggérer que les autres sont plutôt à gauche, les gens n’y comprendront rien et accorderont leur vote à la liste qui paraîtra héritière de la gestion actuelle sans même savoir ce qui a réussi ou échoué dans la présente mandature

La prochaine campagne municipale intervient dans un nouvel univers politique et économique où tous les critères traditionnels de compréhension et d’appréciation du vivre ensemble sont explicitement périmés. Les gens savent intuitivement que notre système politique a perdu pied avec la réalité ; l’argent manque pour tous les services publics et fuit dans les poches privées. La politique est devenue une activité de gangster : délibérément ou par nécessité le bien commun est ignoré.

Techniquement, la crise des dettes privées et publiques a rendu toutes les comptabilités imbéciles. Les budgets publics et les bilans comptables sont falsifiés pour que les services essentiels puissent continuer à fonctionner malgré l’accumulation de dettes. Théoriquement si les lois étaient respectées, il faudrait, comme expérimenté dans la zone euro, consacrer tous les revenus de l’activité économique au remboursement des dettes même s’il y a des gens qui ne sont plus ni nourris, ni soignés, ni logés.

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TRANSFORMER LE CAPITALISME AVEC L’ACCORD DE TOUS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur. On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs. On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d’assurance à inscrire leurs actifs dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation. On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu d’amortir le choc. C’était une folie dont le prix se paie aujourd’hui ! […]

L’idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle. L’idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. […]

Et qui pourrait admettre que tant d’opérateurs financiers s’en tirent à bon compte alors que pendant des années ils se sont enrichis en menant tout le système financier dans la situation dont il se trouve aujourd’hui ? Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés au moins financièrement. L’impunité serait immorale. […]

… ne rien faire, ne rien changer, se contenter de mettre toutes les pertes à la charge du contribuable et faire comme s’il ne s’était rien passé serait également une erreur historique. […]

En ces circonstances exceptionnelles où la nécessité d’agir s’impose à tous, j’appelle l’Europe à réfléchir sur sa capacité à faire face à l’urgence, à repenser ses règles, ses principes, en tirant les leçons de ce qui se passe dans le monde. L’Europe doit se donner les moyens d’agir quand la situation l’exige et non se condamner à subir. […]

Nicolas Sarkozy, Président de la République française, Discours de Toulon, le 25 septembre 2008.

Ce qui m’a rappelé le Discours de Toulon, c’est l’information hier dans un sondage d’opinion de l’agence de presse américaine Bloomberg, que 71 % des répondants pensent que les bonus importants devraient être interdits dans les entreprises qui ont bénéficié de l’aide publique durant la crise, et 17 % pensent que les bonus d’un montant supérieur à 400 000 $ devraient être imposés à 50 %.

Quelles sont les mesures qui ont été prises dans ce domaine-là aux États-Unis ? Le Président Obama a nommé M. Feinberg pour qu’il examine la paie des dirigeants des cent compagnies les plus importantes ayant reçu une aide de l’État. Les bonus ont été réduits à Bank of America, Citigroup, AIG, General Motors et Chrysler ; les trois dernières étaient en faillite et continuaient d’attribuer des bonus avec l’aide généreuse du contribuable américain. L’imposition à 50 % des bonus élevés avait été proposée par deux sénateurs américains, la proposition fut rejetée sans même avoir été soumise à un vote.

Il existe donc aux États-Unis comme en Europe (en France en tout cas), des mesures proposées par des personnalités politiques (parfois dans une position suprême d’autorité dans leur pays) et soutenues par une vaste majorité de la population, qui ne reçoivent même pas un début d’application.

Je me propose de faire la chose suivante dans les jours qui viennent : extraire des différents discours de Mr. Sarkozy (en sus du Discours de Toulon, il y a aussi Colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme » 2009 et Colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme » 2010) appartenant tous à ce que Le Figaro a appelé « une croisade pour en finir avec les ‘spéculateurs’ et tourner la page des ‘dérives du capitalisme financier’ », les propositions radicales qui, si l’on en croit les sondages, bénéficient aujourd’hui d’une approbation d’au moins 80 % de la population française.

Je soumettrai cela à votre lecture dans un prochain billet. Nous en discuterons alors et tenterons de mettre au point à partir de là, un texte court mais percutant. Une possibilité alors, sachant que l’UMP souscrira pour des raisons évidentes à ces mesures, serait de proposer à l’ensemble des autres partis de les mettre également à leur programme (si j’en crois leurs déclarations respectives, il semblerait bien que tous en réalité puissent le faire). D’autres types d’actions sont également envisageables.

(… à suivre)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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SORTIR LA FINANCE DE LA NUIT CONCEPTUELLE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Zebu a témoigné de son adoption du concept d’option comme matrice du prix juste. Cedric Mas lui a emboité le pas en définissant le nominal de l’option d’économie juste. Pour parfaire cet édifice de la valeur réelle de la démocratie, il faut poser la règle d’évaluation de la prime d’option d’économie juste. Cette règle est le produit de la démocratie à la condition de différencier par la discussion la réalité conceptuelle de la réalité physique. La discussion de la réalité est un choix moral, c’est à dire une option, et non un fait donné indiscutable en soi.

L’effondrement en cours du système financier mondialisé est la conséquence d’une commode illusion conceptuelle construite sur les insuffisances de la démocratie. La finance hors la loi nationale convainc la démocratie de sa dépendance à une loi qui ne lui appartient pas. Or la réalité physique d’une nation souveraine est bien reliée et distincte de sa réalité conceptuelle à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. La démocratie nationale peut être conservée dans une réalité financière internationale par la prime d’une option de change en monnaie internationale commune aux démocraties.

Il n’est qu’une seule possibilité de rendre la finance compatible avec la démocratie : instaurer un marché international transparent d’options pour calculer le prix variable de traduction incertaine de la réalité physique par les réalités conceptuelles nationales. A défaut d’unité de compte mondiale, la démocratie disparaîtra dans la spéculation financière et l’homme sera devenu esclave pauvre des propriétaires du calcul financier.

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Récupéré ! La vache et la finance folles, par Jean Fosseprez (4/9/09)

Billet invité.

LA VACHE ET LA FINANCE FOLLES

Vétérinaire de mon état, néo-urbain depuis 2 ans, j’ai exercé pendant 15 ans en milieu rural. Durant cette période, j’ai été confronté de très près à la trop fameuse crise dite de la vache folle. Pour tout dire, j’ai été le bras armé d’une législation incohérente qui me conduisit à euthanasier – par injection létale – un troupeau de 70 vaches même pas folles. C’est, entre autre, cette pathétique corrida qui m’a amené à être exhaustif sur le sujet. Par contre, mes connaissances en économie sont beaucoup plus lacunaires. Je ne sais donc si c’est une ânerie ou une lapalissade, mais il me semble que la crise actuelle ressemble d’avantage à une crise sanitaire type vache folle qu’à une crise économique classique. Nous verrons que si cette intuition de profane est correcte, ça peut expliquer pourquoi on est loin d’être sorti du pétrin.

Ce qu’on peut dire d’emblée, c’est qu’avec la vache folle la (dé)raison économique l’a emporté sur la raison sanitaire. Le même processus morbide est à l’œuvre dans la crise actuelle, sauf qu’il s’exprime à un niveau supérieur : c’est la (dé)raison financière qui s’essuie les pieds sur la raison économique.

La Vache Folle, une histoire de la déraison économique.

Au risque de surprendre, je dirais que la crise de la VF trouve son origine dans les accords de Bretton Woods en 1944. En effet, les USA, non contents de se tailler la part du lion dans le système financier mondial, vont aussi s’octroyer un quasi monopole de la culture du soja. Je signale qu’en matière d’alimentation animale le soja est la source de protéines de référence. C’est ainsi que les européens n’auront de cesse de se défaire de cette dépendance phyto-protéique. Leur stratégie en la matière tiendra hélas le plus souvent du système D. Système au sein duquel les – très controversées – farines animales, du fait de leur évidente valeur protidique, trouveront toute leur place.

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L’actualité de la crise : Installés dans la crise et la déflation rampante, par François Leclerc

Billet invité.

INSTALLES DANS LA CRISE ET LA DEFLATION RAMPANTE

Nous sommes désormais installés dans la crise sans savoir comment en sortir, c’est la seule constatation solide possible dans l’état actuel des choses. La plus optimiste également. Le leadership mondial des Etats-Unis et de l’Europe, menacé par la puissance chinoise, continue bien de s’exercer, mais d’une manière toute particulière, comme premier de la classe dans la crise !

Non pas que la Chine ne rencontre pas ses propres difficultés ; elles sont principalement de quatre natures. Une baisse très importante des exportations, due à la récession mondiale et en particulier américaine (en réalité désormais partiellement structurelle). Un chômage d’ampleur montant, facteur d’instabilité sociale préoccupante pour le régime. Une bulle financière et immobilière résultant des efforts de relance provenant de l’ouverture des vannes du crédit bancaire, qui n’a que très partiellement atteint l’appareil productif. Et, enfin, une grande difficulté à trouver rapidement le chemin d’une croissance « saine » de rechange s’appuyant sur le développement du marché intérieur.

Confrontée à un arrêt brutal de ses exportations et à une lente progression de son marché intérieur, la Chine ne va pas pouvoir renouer de sitôt avec ses taux de croissance fulgurants. Et encore moins « tirer » la croissance mondiale. En prenant la toute récente décision de lancer le crédit à la consommation en Chine, où il n’existait pas, le gouvernement Chinois tente bien d’accélérer le mouvement. Mais c’est s’appuyer sur les couches sociales qui ont bénéficié de l’essor économique de la dernière décennie, et laisser encore une fois le reste du pays dans une situation d’arriération. C’est appliquer le modèle social inégalitaire et déséquilibré qui prévaut déjà dans les autres pays émergents et recèle de nouveaux problèmes, les premiers étant non résolus.

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