TRANSFORMER LE CAPITALISME AVEC L’ACCORD DE TOUS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur. On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs. On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d’assurance à inscrire leurs actifs dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation. On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu d’amortir le choc. C’était une folie dont le prix se paie aujourd’hui ! […]

L’idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle. L’idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. […]

Et qui pourrait admettre que tant d’opérateurs financiers s’en tirent à bon compte alors que pendant des années ils se sont enrichis en menant tout le système financier dans la situation dont il se trouve aujourd’hui ? Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés au moins financièrement. L’impunité serait immorale. […]

… ne rien faire, ne rien changer, se contenter de mettre toutes les pertes à la charge du contribuable et faire comme s’il ne s’était rien passé serait également une erreur historique. […]

En ces circonstances exceptionnelles où la nécessité d’agir s’impose à tous, j’appelle l’Europe à réfléchir sur sa capacité à faire face à l’urgence, à repenser ses règles, ses principes, en tirant les leçons de ce qui se passe dans le monde. L’Europe doit se donner les moyens d’agir quand la situation l’exige et non se condamner à subir. […]

Nicolas Sarkozy, Président de la République française, Discours de Toulon, le 25 septembre 2008.

Ce qui m’a rappelé le Discours de Toulon, c’est l’information hier dans un sondage d’opinion de l’agence de presse américaine Bloomberg, que 71 % des répondants pensent que les bonus importants devraient être interdits dans les entreprises qui ont bénéficié de l’aide publique durant la crise, et 17 % pensent que les bonus d’un montant supérieur à 400 000 $ devraient être imposés à 50 %.

Quelles sont les mesures qui ont été prises dans ce domaine-là aux États-Unis ? Le Président Obama a nommé M. Feinberg pour qu’il examine la paie des dirigeants des cent compagnies les plus importantes ayant reçu une aide de l’État. Les bonus ont été réduits à Bank of America, Citigroup, AIG, General Motors et Chrysler ; les trois dernières étaient en faillite et continuaient d’attribuer des bonus avec l’aide généreuse du contribuable américain. L’imposition à 50 % des bonus élevés avait été proposée par deux sénateurs américains, la proposition fut rejetée sans même avoir été soumise à un vote.

Il existe donc aux États-Unis comme en Europe (en France en tout cas), des mesures proposées par des personnalités politiques (parfois dans une position suprême d’autorité dans leur pays) et soutenues par une vaste majorité de la population, qui ne reçoivent même pas un début d’application.

Je me propose de faire la chose suivante dans les jours qui viennent : extraire des différents discours de Mr. Sarkozy (en sus du Discours de Toulon, il y a aussi Colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme » 2009 et Colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme » 2010) appartenant tous à ce que Le Figaro a appelé « une croisade pour en finir avec les ‘spéculateurs’ et tourner la page des ‘dérives du capitalisme financier’ », les propositions radicales qui, si l’on en croit les sondages, bénéficient aujourd’hui d’une approbation d’au moins 80 % de la population française.

Je soumettrai cela à votre lecture dans un prochain billet. Nous en discuterons alors et tenterons de mettre au point à partir de là, un texte court mais percutant. Une possibilité alors, sachant que l’UMP souscrira pour des raisons évidentes à ces mesures, serait de proposer à l’ensemble des autres partis de les mettre également à leur programme (si j’en crois leurs déclarations respectives, il semblerait bien que tous en réalité puissent le faire). D’autres types d’actions sont également envisageables.

(… à suivre)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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368 réflexions sur « TRANSFORMER LE CAPITALISME AVEC L’ACCORD DE TOUS »

    1. le concret, si tous les partis sont d’accord serait d’en demander la mise en œuvre immédiate (dans leur programme aucun ne refusera !!

    2. le seul intérêt que je vois à cet exercice , c’est de faire la collection des propos de Sarkozi jamais suivi d’effets.

      pour le reste je rappelerai que Sarkozi avait promis de ne pas privatiser GDF, de ne pas toucher à la retraite à 60 ans, …… au point que le site de sa campagne 2007 a été effacé d’internet ( comme quoi, le droit à l’oubli est possible )

      d’ailleur on remarquera que le droit à l’oubli s’applique aux riches et aux puissants pas pour la piétaille .

      surtout on s’aperceverai que les promesses aux riches sont toujours tenus alors que pour le peuple c’est restriction et mise en coup réglée.

      pour finir, toujours cette illusion que le spectacle électoral avec ses très bons acteurs que sont les partis est la solution alors qu’il est le problème ; il pousse à la passivité et de toutes façàns le peuple ne maitrise alors RIEN ( cf les promesses de campagne )

  1. Bonjour Mr JORION,

    Excellente initiative,rappelons toutes ces propositions demeurées lettre morte et mettons les partis politiques au pied du mur.

    Rafraichir les mémoires ne peut que faire du bien.

    Cordialemenr

    1. Moi aussi, je suis pour plus de concret …
      Et toi, tu es dans quel parti ?
      Qu’est-ce qu’il a fait ton parti ?
      Intéressant, l’en dedans et l’en dehors, l’ailleurs, le jadis, le plus tard …

  2. Cela me rappelle un autre discours sur un thème différent mais la différence entre le discours et la réalité de l’action politique reste la même : « La maison brule et nous regardons ailleurs. »

    1. Et, pourtant : « L’Etat ne pèsera pas sur notre ligne éditoriale  » …!!

      http://eco.rue89.com/2009/10/22/nouveau-venu-chez-dailymotion-letat-investit-7-millons-deuros-122864
      … »Jusqu’ici, le fonds souverain créé par Nicolas Sarkozy s’intéressait surtout à l’industrie. Surprise : il va investir 7,5 millions d’euros dans Dailymotion. Après avoir réduit ses effectifs, le site affirme qu’il est rentable. Son PDG explique à Eco89 ce que l’arrivée de l’Etat va changer, et il annonce le lancement de services payants…. »

  3. Mr. Sarkosy nous a habitué à faire des discours et à appliquer son contraire. Que pourrait on faire pour qu’il n’en soit pas de mème cette foi ci?

    1. @Philippe MEONI
      Je m’associerais volontiers à votre remarque si M. Sarkozy était un nouveau venu dans le monde politique… Bref, si il en était à sa première déclaration d’intention non suivie d’actes et même de tentatives d’actes.

      Il n’est pas le seul dans ce cas. C’est même en France, plus qu’ailleurs, un exercice de style de toute personne exerçant un pouvoir… politique ou entrepreneurial.

      Je ne pense pas qu’après 35 ans de brassage d’air, il soit encore nécessaire de prouver que ce Monsieur et bien d’autres ont un double discours.

      Rappelons que toutes ces « folies » ont été réalisées à la demande d’acteurs de son parti politique. M. Sarkozy alors faisait parti des partisans pour aller plus loin. Il est bon aussi de noter que certaines des réformes ont cependant été votées par la majorité socialiste de l’époque…

    2. Oui, Olivier, vous avez raison, mais de votre réflexion ne révèle qu’une seule issue par le rapport de force entre la classe dirigeante et le peuple… Et sur ce point, je suis totalement pessimiste, trop peu sauront « mouiller la chemise » pour entrer en résistance…
      C’est pourquoi, la solution « diplomatique », à laquelle une plus grande part de français pourraient adhérer, me semble essentielle et à défendre avant de penser à toute autre chose… non ?
      Bien à vous – Philippe

    3. @ Philippe MEONI
      Je me trompe peut-être mais pour moi cela fait longtemps que la très grande majorité des français ont compris à qui ils ont affaire avec leur classe politique.

      Notre problème n’est donc pas une prise de conscience de la situation, même si certains continuent à se mentir, mais l’absence d’alternative politique crédible!

      Rien de sérieux ne pourra se faire avec la classe politique que nous avons aujourd’hui. Ce qui ne veut nullement dire qu’en la renversant ce que l’on obtiendra sera mieux. En termes probabilistes, l’histoire prouve plutôt que généralement lorsque de tels renversement ont lieu, les remplaçants sont pires.

      Notre situation se résume donc à l’absence totale d’espoir de changement… En tout cas dans l’état des lieux actuel mais la roue tourne… Nous verrons bien si les événements financiers pourront être se qui fera évoluer les choses. En tout cas, pour l’instant c’est loin d’être le cas. Ce sont toujours les mêmes qui tirent profit du système et se pavanent et ils ont même tendance à le faire encore plus qu’avant.

      En d’autres termes, le capitalisme est loin d’être mort, il est même plus vivant que jamais. Il faut simplement le voir comme un système d’asservissement capable d’évoluer et non comme un système basé sur des préceptes fondamentaux que l’ont peut considérer comme caduque une fois que l’histoire a prouvé que ces mêmes principes avaient leurs propres limites.

  4. ca me rappelle le pacte de hulot et risque de finir pareil, ceci dit ce n’est pas une raison pour ne pas le faire.
    Du concret, surtout du concret et du contraignant, car affirmer les principes est le moyen le plus connu pour un politique pour se dispenser de les appliquer.
    rémunération max, imposition sur la fiscalité afin de planter la spéculation et de préserver l’intermédiation, définition plus stricte de l’usure appliquée aux banques (en particulier sur les pauvres), imposition tres lourde sur les escroqueries style prix de transfert et flux financiers à destination des paradis fiscaux pour détruire ce parasitisme fiscal. Fiscalité luttant contre le dumping monétaire, social, environnemental…

  5. Il existe donc aux États-Unis comme en Europe (en France en tout cas), des mesures proposées par des personnalités politiques (parfois dans une position suprême d’autorité dans leur pays) et soutenues par une vaste majorité de la population, qui ne reçoivent même pas un début d’application.

    Ne soyons pas naïfs : ces mesures ne sont pas « proposées » par Sarkozy, qui raconte de belles histoires dans ses discours, mais se garde bien de les mettre en actes.

    1. Le fait est que c’est le story-telling auquel nous a habitué le sous-vers-rien …

      … »C’est le projet de ce livre, oublier l’instant qui efface l’autre, les stratégies de communication et les péripéties de la saga sarkozyste, pour en revenir, tout simplement, au réel.
      Car le réel frappe aujourd’hui à la porte de l’hyperprésidence…. » .. »D’où l’urgence d’un inventaire et d’une autopsie des politiques menées durant les trente premiers mois de cette présidence. D’où l’urgence de ne pas oublier… »
      http://www.mediapart.fr/club/blog/la-redaction-de-mediapart/130110/mediapart-cest-aussi-un-livre

  6. « sachant que l’UMP souscrira pour des raisons évidentes à ces mesures »

    Excellent.

    Sinon, concernant ce passage de Sarko: « L’idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle. L’idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. » Il ne s’agissait pas d’une idée si folle que cela. A détruire cette idée sans comprendre pourquoi on a mis le marché à la place de Dieu, on risque des retours de bâton douloureux. Enfin, je dis ça, je dis rien.

    1. Ta démarche est un peu manichéenne, en même temps c’est vrai que nos élites le sont, mais si la démarche de Paul Jorion attire, ce référer à ce blog répond à ta question.

    2. En même temps sur l’idée folle, tu peux me dire si j’ai bien compris les CDC, mettons c’est une assurance chômage lié à ton emprunt sur ta maison (un emprunt à taux variables), au lieux que ce soit un assureur qui planifie le risque, c’est le nombre d’assureur qui vienne te vendre ou non l’assurance qui détermine le risque (en ce disant que s’il y en a beaucoup, c’est que c’est risqué mais ce n’est plus un calcul, c’est la démarche commerciale qui fait office de calcul et tu n’as rien à dire sur le choix des commerciaux qui viennent ou non le marché est libre), maintenant grâce à l’ouverture des marchés au non assureur (c’est top plus libre) ton boulanger (en même temps que tu achètes du pain) peut te proposer de l’assurance sans que ne puisse l’empêcher et grâce à la cotation à la seconde (enfin presque) et au position à nu (donc il te propose une assurance pour ta maison sans démontrer qu’il peut te la payer si tu tombes au chômage) influence le prix de ton assurance et au final de ton emprunt (puisque que le taux tien compte de ton assurance.
      Bref l’usine d’à coté coule, tu n’es pas encore au chômage mais ton travail est lié à l’usine en sous-traitance (mais peut-être trouveras tu d’autres clients), ton boulanger en profite et te propose plus d’assurance (tu ne peux pas refuser), faut grimper ton assurance, ton banquier s’affole, ton boulanger arrête de te proposer une assurance et touche une commission (de toute façon il gagne plus qu’en te vendant du pain), tu n’as même pas le temps de digérer une baisse partielle de ton revenu que tu dois vendre tes meubles pour rembourser une dette (banque et assurance) qui c’est démultiplié.
      Quand le marché détermine le risque, oui on peut parler d’idée folle, car l’achat et la vente de titre ne sont pas les outils logiques. On peut même dire qu’une cotation au semestre serait plus logique, car elle correspondrait à des résultats comptables d’une entreprise et non à une conjoncture (le passif d’un bilan d’une entreprise n’a pas à bouger toutes les secondes c’est ridicule).

    3. pour mon exemple il faut rajouté qu’en cas de défaut de paiement, l’assureur (donc ton boulanger ou n’importe qui d’autres) n’a aucun risque, car tout le monde sait que bien que ton grand oncle (la BCE) n’est pas directement cautionner tes emprunts, ne laissera pas un membre de la famille en défaut de paiement de peur que ne l’associe avec, mais il sera du côté de l’huissier (insistera pour qu’on te prenne tout tes meubles) pour qu’aucun autre membre de la famille Europe ne ce croit à l’abri.
      Entre temps le banquier que te prête pour ta maison (et gonfle ces bénéfices depuis la fermeture de l’usine à coté) va chercher l’argent chez ton oncle, qui laxiste (et un peu masochiste envers la famille), lui prête à des taux quatre à cinq fois plus bas que les tiens.

    4. = description d’une arnaque …

      question : les arnaqueurs – arnaque-coeur – ont-ils du coeur ?

      Non, mais ils ont à coeur de t’arnaquer ; et pour cela, ils ont le coeur à l’ouvrage ! …coeur ne veut pas dire courage, non plus :
      ex.  » Rodrigue, as-tu du coeur ? » , car les arnaque-coeurs, ne courant aucun risque pour eux-même , sont des couards !

      Point.

  7. [mode type= »ironie »] On pourrait même demander à M. Nicolas Hulot de faire signer ces propositions (leurs propositions?) aux prochains candidats des présidentielles. Et plus tard, on verra un beau Grenelle de la finance avec l’ouverture d’un nouveau ministère de l’économie de marché pour tous, de la lutte contre les pauv… euh… contre la pauvreté et les abus. [/mode]

    D’accord pour dire que c’est une bonne initiative. Je trouve que votre discours est toujours plus percutant et précis. Merci pour votre refus du découragement !

  8. Bonjour Paul,

    Votre idée me rappelle le texte sur l’environnement qu’avait fait signer Nicolas Hulot à tous les candidats aux dernières élections présidentielles. Nous avions eu le droit ensuite à un Grenellle de l’environnement, une taxe carbone avortée et tout cela c’était terminé par : « L’environnement, ça commence à bien faire ! » du petit Nicolas. Je crains que votre initiative ne soit une perte de temps et d’énergie.
    Si je vous ai bien lu et compris, il me semble que nous sommes un peu comme en 1788, à la veille de la Révolution française. Le « système » ne peut se réformer. Alors pourquoi réfléchir à comment réformer ou changer un système qui va s’effondrer ? Ne serait-il pas plus judicieux de réfléchir à un système qui remplacerait ce système ?

    1. Il est évident qu’il est trop tard pour « transformer » le capitalisme.
      Il embrasse le monde entier, donc aucun gouvernement de droite ou « gauche »
      ne peut se permettre de faire baisser le taux de profit sans en payer les conséquences,
      à savoir la sanction économique du capital.
      Puis la sanction politique.
      Si Sarko appliquait ses propositions, d’abord la production et l’emploi s’effondreraient,
      un nombre croissant de français entreraient en résistance,
      avec risque d’aller jusqu’à la grève générale, que les pros du système,
      de Thibaud à Mélanchon, ont réussi à détourner un temps.
      La bourgeoisie tenterait bien sûr de casser la grève par des élections anticipées,
      comme en Juin 68.
      Elle virerait Sarko et UMP, se servant désormais d’une nouvelle mouture
      de la gauche plus rien, et évidemment, si le peuple ne se couche pas,
      aurait recours, comme toujours et partout, à un régime fasciste.
      Les candidats, là aussi, ne manquent pas parmi les politiciens professionnels,
      de droite comme de « gauche ».
      On les a vu déjà se rallier en masse à Pétain…

      Mais Sarko sait que « transformer » est un risque majeur, donc impossible.

      Malgré ou à cause de tout cela, l’initiative de Paul est EXCELLENTE.
      Le capitalisme s’est transformé dans le passé, et la majorité des gens
      ne comprennent pas la dimension de l’impasse dans la grande crise en cours.
      Ils croient que l’on peut sortir de la crise sans se débarrasser du capital.
      Il est utile qu’ils tirent la conclusion: tous ces politiciens sont des menteurs, des voleurs.
      Et tant qu’ils y croient encore, en mettent d’autres en selle,
      PC-PG-PS-Verts qui promettent justement de « transformer »,
      de peser à gauche, de faire bouger les lignes, ou même, démagogie suprême,
      l’oxymore parfait de la « révolution par les urnes ».

      A ce propos, c’était déjà la manoeuvre de Mitterrand, inaugurée au Congrès d’Epinay,
      dont ici un extrait pour mesurer la démagogie de tous ceux qui se réclament encore du fourbe:
      http://www.ina.fr/politique/partis-politiques/video/CAF89019626/mitterrand.fr.html

    2. Un système en remplaçant un autre (lequel ?) privant la classe dirigeante des acquis qu’elle s’est octroyée n’offre aucun intérêt…
      Il faut jouer dans le sens où ces décideurs politiques peuvent encore avoir à y gagner en adoptant une autre attitude, ou du moins, leur suggérer qu’ils pourraient perdre beaucoup plus en continuant de la sorte…

    3. Par quoi remplacer le système capitaliste ?
      La démocratie.
      Les capitalistes ont exproprié les travailleurs de leurs outils,
      et contribué ainsi à une explosion de la productivité
      (les luddistes me pardonneront…).
      Il faut maintenant les remercier, doublement.
      Exproprier les expropriateurs devient une nécessité à tout point de vue:
      économique, sociale, politique, écologique.
      Quelle forme nouvelle de propriété ?
      Forcément sociale, car on ne peut démonter les outils pour les remettre aux artisans d’antan.
      Après, puisque ce n’est plus la logique de l’accumulation privée,
      mais celle de la satisfaction des besoins durables (écologiquement),
      il faut se mettre d’accord. C’est enfin la démocratie.

      Ca semble simple ?
      Non, pas du tout, car c’est seulement en prototype.
      Et les premiers prototypes, dits socialistes, ont explosé en vol…
      C’est comme cela qu’on avance.

    4. @ Charles A.

      Quand je demande par « lequel », il faut entendre « lequel qui soit acceptable par la toute puissance politico-financière qui a tout pouvoir de décider ou non ce qui est bon pour nous autres, pauvres hères » – D’où le reste de mon commentaire…
      Bien à vous – Philippe

  9. « sachant que l’UMP souscrira pour des raisons évidentes à ces mesures »

    Mr Jorion, vous semblez supposer que puisque le président a dit ( dans ses discours) , l’Ump souscrira.
    Sauf que le président a prouvé maintes fois qu’il est capable de dire tout et son contraire .

    Si vous voulez passer par les partis politiques pour faire avancer vos idées, il faudra comprendre les rapports de force au sein de leurs hiérarchies ainsi que l’état d’esprit des militants de base.

    1. Sauf que sarkozy n’est plus l’UMP, à ce jour… Et certains de ses détracteurs, de la même famille politiques, pourraient profiter du tacle Jorion pour s’affirmer des ambitions…
      Quoi qu’il en soit, ça vaut vraiment le coup de le tenter…

  10. C’est finalement incroyable que le quasi consensus qui existe dans la classe politique et la population sur le constat et les causes de cette crise ne débouchent sur aucunes mesures concrètes.

    Grande idée que d’interpeller civilement nos gouvernants sur leurs manques à répondre à ce qui fait pourtant l’unanimité dans la population.

    Faudrait il créér une structure apolitique pour que cela ait un réél écho ?
    Une sorte de Pacte de régulation économique, dans l’esprit du pacte écologique d’Hulot en 2007 ?

    Mais ne rêvons pas trop, il faudra ôt ou tard terminer ce combat dans la rue…

    1. Avant de penser à terminer dans la rue, il faut soumettre une doléance légitime, ce qui jusqu’à présent n’a pas été réellement fait…
      Ensuite, avant la rue, à laquelle je ne crois plus, il y a certainement d’autres moyens de pression pour ramener les dirigeants à leur vraies responsabilités…

    2. D’autres moyens que la légitimité du nombre et la raison de la force ?
      Dites-nous vite, grand archange noir.
      Les peuples de la terre entière attendent.
      C’est mille fois plus important que la recette de la transformation du sable en or.

    3. Oui charles A.,
      sans faire fi de l’effet du nombre, la force physique n’est plus nécessaire dès lors que ce même nombre refuse à un moment de continuer à filer sa contribution à un état incapable de le gérer dans l’intérêt général…
      Verser toutes les contributions, ensemble, en masse, dans une caisse de dépôt et consignations à l’étranger pour ne pas risquer leur confiscation ou leur saisie…
      Octroyer à une espèce de « cour des comptes », sous contrôle populaire, le pouvoir d’établir les rémunération des fonctionnaires…
      Très long à expliquer la solution dans le détail, mais un état débiteur d’une banque n’aurait plus aucune crédibilité aux yeux des faux monnayeurs banquiers…
      Mais de toutes façons, pour mettre en pratique cette solution ou celle de l’insurrection, il faudrait que les français en aient entre les jambes…
      Ils peuvent dormir tranquilles, là haut… !

    4. C’est finalement incroyable que le quasi consensus qui existe dans la classe politique et la population sur le constat et les causes de cette crise ne débouchent sur aucunes mesures concrètes.

      Incroyable ?
      Geoffroy, votre remarque me semble fondamentale !
      Lorsqu’on regarde l’histoire récente sans angélisme (cf. par exemple la Stratégie du choc de Naomie klein) on voit bien que les choses se déroulent selon un plan organisé (d’où l’idée de discréditer l’idée même d’un plan en inventant la notion de « théorie du complot », produit d’un think tank néolibéral !).
      OK, il n’y a pas un « complot », mais il y a bien une doctrine (le néolibéralisme), des techniques pour l’imposer (la politique vaudou, le storytelling, …), des théories tactiques (choc et effroi, la page blanche, …), des lieux du pouvoir et de la coordination … et des exécutants (les « responsables » politiques de toutes les couleurs du spectre, de Pinochet à, mettons, Strauss-khan).
      Il faut bien évidement se garder de délirer en allant trop loin dans le sens du plan et du complot, mais il ne me parait pas intellectuellement infondé de chercher l’anguille sous la roche …
      Jusqu’où sommes nous manipulés ?
      Deux des moteurs des grandes révoltes me semblent être la colère et le courage. La colère produit des insurrections, le courage la résistance.
      Les insurrections sont spectaculaires, violentes, radicales et … se terminent dans le sang (des insurgés) et par le renforcement – in fine – des systèmes contre lesquels elles ont lutté. La colère est mauvaise conseillère.
      Je ne suis pas entièrement convaincu que le but poursuivi par l’oligarchie ne serait pas de pousser les feux de la colère en espérant une insurrection …
      Est aussi incroyable que cela ? Quand on regarde le cynisme de GW Bush ? Quand on regarde la théorie officielle du pentagone (choc et effroi) ? Quand on regarde l’histoire des dictatures d’Amérique du Sud (mises en place par la CIA pour les intérêts privés US) ? Quand on regarde un peu plus loin : le fascisme et le nazisme, l’utilisation de la bombe atomique … Le mythe de la préoccupation de nos « élites » pour l’intérêt général et la démocratie me semble quelque peu écorné. La réalité de leur cynisme éclate partout.
      Il n’y a aucune certitude, mais il y a un risque que le piège soit tendu.
      Alors faut-il s’y précipiter ?
      Si l’on veut que ce combat contre le néolibéralisme réussisse (et évidement je le souhaite), il me semble qu’il faille envisager plus que le courage et éviter les pièges de la colère.
      Plus que le courage ?
      Qu’est-ce qui empêche les révolutions d’éclater ?
      C’est que nos sociétés (depuis 10 000 ans ?) promettent aux braves gens que nous sommes de leur permettre de vivre en paix et dans un relatif confort, de les protéger contre l’ennemi (il en faut toujours un) et l’incertitude (le chef sait).
      L’aventure insurrectionnelle parait toujours plus incertaine que la sécurité du pouvoir en place, qui au moins est respectable et propre sur lui.
      Le retour à des solutions dites « archaïques » (la dictature communiste, pour ne pas la nommer, ou le keynésianisme dont on nous dit un peu vite qu’il a partout échoué et que de toute façon il ne serait pus applicable pour moult raisons) sont d’autres repoussoirs pour les « bien-pensants ».
      Ce qu’il faut, donc, et qui manque encore en réalité, c’est une alternative crédible, raisonnable, rationnelle à proposer …
      Dés lors, on voit bien l’intérêt du discours de Sarko : en portant l’attention sur les solutions les plus radicales, il nous aveugle, il effraye le bourgeois et le brave type, il confisque la réflexion et voile la lucidité.
      Il pousse soit au crime (la colère et l’insurrection) soit à la passivité (la résignation à subir encore et toujours le joug protecteur de l’homme providentiel). Ceux qui se révoltent, une minorité, il saura les mater et encore mieux les discréditer, ceux qui se soumettent, la majorité, voterons pour lui ou pour son dauphin (mettons Strauss-Khan).
      Mais il faut garder espoir, se méfier des pièges ne signifie pas renoncer à se battre.
      Une voie intéressante (et dont, tiens donc, les médias ne parlent pas !) me semble être celle de l’Islande : une assemblé constituante issue du peuple et élue par le peuple !!!
      Incroyable non ? En Europe, aujourd’hui !!!!
      Voilà une forme de révolution pacifique, éclairée et rationnelle à promouvoir et à réclamer.
      Il y en a d’autres, en Amérique du Sud, dont on ne parle pas non plus sauf à en dénoncer les quelques ratés. Mais l’Amérique du sud est en train d’émerger du cauchemar néolibéral imposé par les dictatures de la CIA : ils sont en avance sur nous. Ils ne sombrent pas pour autant dans le chaos, bien au contraire.
      Ouvrons les yeux sur cette partie là du monde, aussi, sans arrogance, ni préjugés.

    5. De la servitude volontaire
      je vous conseille la lecture de la préface de Miguel Bensayag de la ré-édition du classique « De la servitude volontaire » de La Boetie

      en règle générale, nous fuyons la liberté et la servitude a bien des avantages .

      cette préface est en fait une interview intitulé :  » Résister dans une époque obscure « 

      http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Resister-dans-une-epoque-obscure.html

      bonne lecture

      socialisme ou barbarie

    6. @ Philippe Meoni

      Certains on déjà tenté la grève de l’impôt.
      Malheureusement, tant que l’Etat est sur pied, il a ses moyens de coercition et les utilise.
      Déposer l’argent à l’étranger n’empêchera pas le dit Etat d’agir.

      Cependant, pas de raison de désespérer des français.
      La crise a été retardée par l’endettement des ménages, puis par celui des Etats.
      La bourgeoisie a juste entamé son plan de régression au capitalisme pur,
      le contraire même de sa « transformation », assurément impossible.
      Les résistances ne font que commencer à se heurter à l’Etat
      qui prépare les formes, là aussi, les plus barbares de répression.
      Les illusions sur cette bourgeoisie et son Etat tomberont.
      De chaque lutte surgiront des leçons.
      Jusqu’au tous ensemble, par tous les moyens nécessaires.

    7. Charles A., lorsque vous mentionnez que certains aient déjà tenté la grève de l’impôt, ce ne furent que de petits mouvements sporadiques, dont un qui me revient en mémoire en aquitaine, années 80, lancé par des patrons de PME qui refusèrent de payer la taxe professionnelle… Là, on parlait de quelques entreprises qui on tenté la désobéissance civile qui s’est soldé par un cuisant échec…
      Je pense quant à moi à un mouvement beaucoup plus global, instantané et sur la TVA que reversent les entreprises ; Sachant que c’est la taxe qui ramène le cash flow dans les caisses de l’état, vu les délais de réaction nécessaires pour qu’ils réagissent en haut lieu, je pense que le coup serait jouable…
      D’autant que convaincre les TPEM, qui sont les premier à souffrir de la carence de crédits bancaires et la baisse du pouvoir d’achat, ne semblerait pas chose impossible…
      Maintenant, je propose cette solution palliative mais, à savoir que si le sang doit couler un jour, je serai en première ligne pour défendre le bout de gras…
      Cordialement – Philippe

  11. Bonne initiative.
    On pourrait aussi rédiger un projet de lois et le soumettre à tous les parlementaires, députés et sénateurs. Je ne suis pas persuadé qu’il y aurait « l’accord de tous », il ne faut pas perdre de vue que l’UMP doit rendre des comptes à ses commanditaires (la ploutocratie et l’oligarchie), mais ce serait l’heure de vérité et une bonne méthode pour y voir plus clair avant 2012.

  12. Fournir un argumentaire commercial à l’adversaire, pourquoi pas.
    Demandons-nous pourquoi les conclusions d’un avocat sont toujours transmises en dernières minutes…

  13. Certains sur ce blog se demandent souvent si les « responsables » politiques sont des incapables, des inconscients… Les discours d’un Sarkozy démontrent qu’ils sont très conscients de ce qu’il en est et de ce qui devrait être fait. Pourquoi ne le font-ils pas? Parce que ce sont des salauds ? Oui mais alors ils ne devraient pas faire de tels discours car ils savent qu’ils leur seront ressortis un jour ou l’autre (la preuve par Jorion).
    Je pense donc que ce sont des faibles, des girouettes qui s’alignent sur le vent le plus fort du moment et sur les vents dominants en fin de compte (quand il faut passer aux actes).
    Raison de plus pour souffler tous ensemble dans le bon sens pour que l’initiative de Paul se concrétise. Chiche, M. le Président lui dirons-nous… Comment va-t-il se tortiller pour se sortir de ce mauvais pas au vents contraires?

    1. @Alain A. : « Oui mais alors ils ne devraient pas faire de tels discours car ils savent qu’ils leur seront ressortis un jour ou l’autre »

      Les discours ça les fait élire et aimer du bon peuple qui regarde TF1. Qu’on les leur ressorte plus tard, ça leur en remue une sans toucher l’autre.

    2. @Moi
      Justement, il faut que Paul se fasse inviter à TF1 et y prononce un discours!
      J’ai regardé le JT de 20h encore hier soir. Non, je n’ai pas honte: ça me permet de comprendre pourquoi pratiquement personne dans mon entourage n’a conscience de la gravité de la crise. Ce n’était qu’une suite de sujets secondaires et lénifiants.
      Les 3 plus gros titres:
      1) 7 Millions de contrats de téléphonie mobile résiliables dans quelques semaines
      2) en Espagne, des femmes provoquent leur accouchement pour bénéficier de la prime à la naissance qui s’arrête le 1er janvier
      3) Bobby Farrell, du groupe Boney M, est décédé (repose en paix « Daddy Cool »!)
      Le journal se termine toujours par une suite de belles images réconfortantes, d’autant plus en cette période de fêtes. On est très loin de « la vérité pour restaurer la confiance »! (Le temps qu’il fait du 31-12)
      MAIS, de temps en temps, une information dissonnante parvient à se glisser dans le journal, comme cette fois où Tf1 a diffusé un reportage sur le livre de Stéphane Hessel, intitulé « Indignez-vous! ». Ils ont été obligés d’en parler, je présume, parce qu’il s’est très bien vendu. Et s’il s’est très bien vendu, c’est en partie parce qu’il est très court et peu cher (32 pages, 3 euros sur Amazon).
      Alors ce que je suggère:
      – Ecrire un ouvrage de ce genre, court et peu cher, en forme d’appel au président, pourquoi pas avec le titre qu’Alain a proposé « Chiche, M le Président! » et comme sous-titre « Appel de Paul Jorion au président pour qu’il réalise etc etc ». Ce peut être le texte que Paul se propose de rédiger à la suite de ce billet, simplement il serait publié en librairie, à côté de ses autres livres.
      – Nous en faisons un maximum de publicité autour de nous.
      – Paul se fait inviter à Tf1 pour parler du succès de son livre et en profite pour faire passer son message.

    3. oui, des petits livres où l’essentiel est proposé, pas chers, de bonne tenue, humanistes, venant de toutes sortes de personnes qualifiées dans leur domaine, éducation, santé, des éminentes personnes (style appel des appels …), et tous les réseaux ayant fait preuve de créativité : économie solidaires…banques réellement coopératives et sorties des circuits pourris ….culture populaire et théâtre de rue …[ utiliser les éditeurs indépendants ]

      pour montrer et ainsi démontrer, et aussi démonter les mécanismes pervers dans lesquels nous sommes englués ….=)
      réseau des libraires indépendants , cadeaux ô combien utiles ( de vraies nourritures ) et un champ de mise en réflexion, pour ceux qui ne sont pas des grands « liseurs », et qui sont trop désabusés pour chercher l’info ….

      possibilité de mailler tout le territoire …=) débats ….accessibles à tous .

      personnes mouillées jusqu’au cou, dans ces politiques délétères depuis 30 ans : s’abstenir !
      Merci ! On vous a assez vus !

  14. Toute initiative est effectivement bonne à prendre. Tout comme Step, cela m’a immédiatement fait penser au pacte écologique de Nicolas Hulot. Bien que l’histoire nous ait montré en l’espèce les limites d’un tel exercice, les promesses n’engageant finalement que ceux qui les font (et en période électorale, comme chacun sait, on rase gratis…) l’idée a néanmoins du bon, car si l’initiative d’Hulot n’a pas été à la hauteur de ses promesses, elle a marqué les esprits et probablement contribué a arrimer l’idée de l’urgence écologique dans ceux de nos contemporains.

    Ne fondons toutefois pas d’espoirs démesurés, la force gravitationnelle des pouvoirs étant ce qu’elle est, les bonnes volontés viendront encore longtemps s’y engloutir. Mais il est permis d’espérer qu’à un seuil que je ne saurais quantifier, une masse critique de citoyens éclairés sauront obliger nos dirigeants à agir.

    Ce temps n’est peut-être pas si loin…

    VM

    1. @ Vincent Migeat
      « Les promesses n’engagent finalement que ceux qui les font »
      Ou plutôt
      « Les promesses n’engagent finalement que ceux qui y croient » ?
      😉

  15. Ce qui serait encore plus rigolo , c’est que le texte mis au point à partir des déclarations de Nicolas Sarkozy et à l’évidence reconnues comme dignes d’être transformées en volonté d’action par la totalité des partis en place , débouche sur une pétition telle que prévue dans le récent projet de création de RIP ( enfin pseudo RIP sous fourches caudines des parlementaires ) .

    Avec 10 % du corps électoral signataire ( même pas besoin de 80%) , on arrive automatiquement à un texte à soummettre par referendum au peuple français , car on voit mal comment la succession d’obstacles institutionnels prévus , pourrait ne pas être très vite franchie , dans la mesure où le texte s’alimente des volontés déjà exprimées des représentants de ces mêmes institutions .

    Pour le coup , ça offrirait pour 2012 ou même fin 2011 , une raison de voter plus efficace que d’élire un président ou une présidente empétrée de luttes et programmes imbitables de campagne électorale .

    A moins qu’on ne vous oppose que les « extractions  » faites ne tiennent pas compte du  » contexte » de l’époque et de le  » nouvelle donne  » à ce moment là .

    A quoi on pourrait répondre que gouverner , c’est à coup sur avoir compris le passé et le présent et que , même si ça n’est pas prévoir trop loin , ç’est quand même prévoir à horizon de quelques années . Ou alors à quoi serre un gouvernant ?

    D’autant qu’au présent cas , c’est le peuple qui appuierait ses gouvernants pour voir loin , fort et haut .

    1. Correction : Le gouvernant nous serre la vis , mais respectons l’orthographe et donnons lui l’occasion de montrer qu’il sert la vie .

    2. Pour information :

      http://www.liberation.fr/politiques/01012309531-le-referendum-d-initiative-populaire-deverrouille-le-debat-democratique

      Restera à vérifier si le texte proposé est dans les clous des domaines autorisés au RIP ( il me semble nettement que c’est le cas ) , et s’il n’est pas frappé d’anticonstitutionnalité ( j’ai pas résisté ! ) , car les seules mines destructrices possibles pourraient être planquées au Conseil Constitutionnel .

    3. bonjour juan :
      les échos « « Un outil d’usage restreint »

      Il faut dire que dès l’origine, cette initiative ne faisait pas partie des mesures phares de la révision constitutionnelle, la priorité ayant davantage été donnée aux nouvelles règles régissant le Parlement et à l’introduction de la question prioritaire de constitutionnalité. De plus, l’encadrement de ce référendum d’initiative partagée est tel qu’il ne risque pas d’être souvent utilisé. Contrairement à l’Italie (voir ci-dessous), le nombre de signataires à réunir est important (4,5 millions d’électeurs, sans compter les 184 parlementaires qui doivent au préalable s’être réunis). Et l’article 11 de la Constitution limite les sujets pouvant être soumis à référendum à trois domaines : l’organisation des pouvoirs publics, la politique sociale et économique du pays, la ratification de traités internationaux. « C’est un outil d’usage restreint, mais qui peut tout de même être utile », estime François de Rugy, député Verts de Loire-A-tlantique, rapporteur de la proposition de loi organique du 2 décembre.

      La loi réformant les retraites aurait-elle pu donner lieu à référendum ? Oui. Mais le texte précise qu’il n’est pas possible d’envisager un tel dispositif pour abroger une loi qui aurait été adoptée moins d’un an auparavant. De même, un tel référendum n’est pas envisageable dans l’année qui précède une élection présidentielle. Il n’y a donc presque aucune chance, vu l’encombrement parlementaire, qu’un référendum d’initiative populaire puisse voir le jour avant la fin du quinquennat.  »

      RIP, c’est un jeu de mots? 😉

      bien à vous

    4. Ou alors à quoi serre un gouvernant ?

      Le gouvernement c’est l’art de vendre à la majorité ce qui ne sert qu’à une poignée.

      Autrement dit le « programme » (= la communication)

    5. @Sylla :

      Si vous faîtes allusion à l’autre trancription de RIP , vous devriez être  » Mithridatisé » , contre ces associations faciles qui décoinsidèrent plus leur auteur que l’idée moquée .

      Quant au referendum , comme la pile Wonder et la liberté de la presse , il ne périt ( ou ne nait pas ) que si l’on rechigne à s’en servir .

      Je me demande bien qui pourrait , sans e faire écraser , refuser de prendre en considération un texte signé par quelques millions de personnes , en particulier si d’autres peuples européens accompagnent la manoeuvre .

    6. @ juan nessy
      « A moins qu’on ne vous oppose que les « extractions » faites ne tiennent pas compte du « contexte » de l’époque et de la « nouvelle donne »

      … effectivement. Il est à craindre que ce soit l’argument (alibi ; le seul ?) en guise de réponse.

      Sinon, lapsus amusant 😉 à défaut d’un gouvernement nous serrant sans ses bras.

    7. @Bernard :

      Vous avez raison de rappeler cette forfaiture ( dont les gouvernants s’exonèrent généralement en affirmant sans sourciller que Sarkozy ayant annoncé avant le vote pour l’élection présidentielle qu’il y reviendrait par voie parlementaire , les français lui auraient donné un blancseing à 53 % de 85 % pour les déjuger ).

      Moi je crois que ceux qui l’ont élu avaient voté pour NS pour leur fins de mois ( le fameux travailler plus pour gagner plus ) et la frousse de l’explosion des banlieues . J’aurais bien aimé un sondage ( quant à faire des sondages …) parmi ces électeurs pour savoir combien avaient le TCE en tête en votant ….

      Je reste convaincu que le referendum est un repère fort et incontournable sur la distance , des lignes de forces fondamentales d’un peuple . On peut tricher , le fond remontera toujours et les politiques  » durables » le savent bien .

      Au cas présent et aujourd’hui , votre rappel pousse par contre à imaginer une démarche européenne de préférence , quitte à ce que se soit un peu moins rapide , et même si ça ne répond pas strictement aux critères de recevabilité .

      Labourer ce sillon là est d’ailleurs une bonne façon de construire vraiment l’Europe de ceux qui , comme moi , avait voté non au TCE ( après beaucoup de prise de tête ) , pour dire oui à une Europe des citoyens .

    8. Ce texte, bien que ses initiales soient peu engageantes (RIP: Requiescat In Pace), est une preuve que la pression populaire et d’une opposition déterminée peut forcer les puissants à lâcher un peu de lest. Mais le diable est dans le détails: depuis 4 ou 5 ans la Commission européenne travaille sur un même principe. Les détails viennent de sortir: un million de signatures seulement pour une initiative populaire mais provenant de 7 pays avec un minima par pays. Il ne suffira pas de mettre sa signature et son nom sur une feuille ou de faire 3 clics d’ordinateur. Il faudra des copies de documents d’identité (variables selon les pays) et autres conditions astreignantes.

      Malgré les difficultés amassées sur le parcours, des réseaux d’associations se préparent déjà à tenter le coup (je participe à celui qui veut demander au PE de modifier la Directive Cadre sur l’Eau et de la déclarer « bien commun patrimoine de l’Humanité » et plus un bien marchand presque comme les autres).

      Cela prend du temps de forcer les pouvoirs en place d’écouter les peuples, mais on va les y contraindre.

    9. @ bernard

      Oui, et alors ? Pour une fois, on avait demandé leur avis aux Français qui ont eu l’outrecuidance de se mêler de ce qui les regarde. Reconnaissez au moins que ça a eu le mérite de mettre le débat sur la place publique, de faire réfléchir sur des questions de fond, de conscientiser…

      Dans le cas présent, faudrait rédiger une proposition de loi qui soit claire et nette sur les principes (et non sur des détails techniques), qui soit incontournable, inattaquable vis-à-vis de la Constitution (et donc des Traités européens)…

  16. Mesdames et Messieurs les candidats aux présidentielles 2012, veuillez répondre à ce questionnaire :

    – s’endetter est-il vraiment faire confiance en l’avenir? oui – non
    – la création monétaire doit-elle rester privée sachant que la vraie création de richesse est faite par le peuple? oui – non
    – l’impunité de tout acte financier entraine une dérive de comportement préjudiciable à la planète (dont les humains)? oui – non.

    Rien que ces trois questions, fermées pour éviter la langue de bois, résument, je pense, jusqu’où peut aller l’emprise de l’argent sur le pouvoir des dirigeants.

  17. Bonjour à tous,
    Je souscris à cette initiative de Paul même si je suis réservé sur la véritable capacité des Politiques à agir … Certains d’entre vous trouveront peut-être ma suggestion provocatrice mais je vous renvoie à un petit ouvrage de G. Soros: 5 leçons tirées de la crise qui me semble aller dans le même sens. Ce petit livre dénonce le fondamentalisme de marché et les biais structurels qui selon lui conduisent aux crises dont nous souffrons ! Soros a résumé dans ce petit ouvrage 5 conférences données par lui à la Central European University de Budapest.
    Avec un tel allié, spécialiste des marchés et hongrois d’origine de surcroît, N. Sarkosy devrait écouter !
    Bien à vous

    1. @ Philippe

      Si j’ai bien compris en lisant les rapports sur le climat (mais n’ai pas les compétences critiques), il ne faut parler que de réchauffement global, ou de dérèglement climatique, dans lequel l’Europe risque en effet de se refroidir…histoire de fonte des glaces polaires modifiant le Gulf Stream.

  18. Je suis pour,même si je pense que cela n’aboutira pas tout comme l’a été le pacte de Nicolas Hulot car ce sera une preuve que l’on pourra agiter devant leurs nez de pinochio …

    1. Les enjeux actuels, en terme économiques, sont d’un autre ordre que ceux de N. Hulot à l’époque…
      Sensibiliser la population quant aux conséquences d’un réchauffement climatique supposé dont on ne sait d’ailleurs toujours pas si c’est une réalité, c’est une chose…
      Sensibiliser la population qui ne peut que constater la montée du chômage, de la pauvreté, la baisse du pouvoir d’achat, la hausse des prix à la consommation, ce sera beaucoup plus aisé, à mon sens…

    2. réchauffement climatique supposé dont on ne sait d’ailleurs toujours pas si c’est une réalité,

      Jusqu’au dernier moment, le Vatican a aussi douté…
      Mais c’est pas lui qui empêchait la terre de tourner
      Là, c’est nous qui sommes responsables….

    3. Ok, Charles, en attendant, les saisons hivernales ont quand même tendance à reprendre du poil de la bête, ces derniers temps, et en terme de réchauffement climatiques, quand l’Espagne enregistre de nouveaux records de froid cette année, dont l’hiver se fait plus précoce, je me pose bien des questions…
      Mais bon… je sais que pour ma part, je n’ai pas de bagnole, me déplace en vélo ou transport en commun, ne voyage qu’en cas de stricte nécessité, suis un total réfractaire au consumérisme, donc, quelle que soit la théorie à laquelle je puisse croire, je ne contribue que très peu au dit réchauffement en regard de tant d’autres…
      Cordialement – Philippe

  19. * AFP le 29/12/2010 à 16:27

    Besson réorganise un colloque sur le « nouveau capitalisme », avec Papandréou :

    Pour la troisième année consécutive, le ministre de l’Industrie Eric Besson organise les 6 et 7 janvier un colloque sur le thème du « nouveau capitalisme », avec plusieurs invités dont le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a-t-il annoncé mercredi à l’AFP.

    Ambitionnant de trouver « les nouveaux chemins, inédits ou inexplorés » pour « éviter de retraverser les turbulences des dernières années et renouer avec une croissance durable », ce colloque « désormais bien installé », selon son promoteur, se tiendra à Bercy.

    Parmi les autres intervenants figurent de nombreux ministres français et étrangers, dont ceux en charge de l’Economie et des finances George Osborne (Grande-Bretagne), Guilio Tremonti (Italie) et Christine Lagarde (France), ainsi que plusieurs économistes et grands patron

  20. Ce genre de proposition non suivie d’effet est d’une telle banalité chez les politiques que je ne me fais aucune illusion sur la démarche que vous proposez.

    Vous faites preuve d’une douce naïveté – I’m afraid. Un peu comme si Gandhi avait usé de mitrailleuses contre les anglais.

    La toute puissance des marchés n’est pas prête d’être battue en brèche. Ce qui peut les faire bouger : 1) La peur 2) Que le système touche le fond.

    Essayons d’abord de leur faire peur

    Digression. Je viens de passer un moment avec un banquier influent, portugais, qui revient des US. Il travaille dans le privé, sans lien avec les « to big to fail », un gestionnaire de fortune à l’ancienne quoi… Il m’a annoncé que la situation devenait insuportable pour tous les petits banquiers aux US, même ceux qui ne sont pas mêlés aux histoires de CDS etc…
    Je tenais à le rapporter parce que le tissu des banque de service reste nécessaire. Plus on attend, plus il sera difficile, en cassant les oeufs, de ne pas briser la poèle.

    1. Hello, Mike.

      Au contraire, ce qu’à fait Gandhi est comme tout le monde le fait ici : une révolution en douceur en INFORMANT.
      (Wikipedia et Wikileaks en sont des exemples flagrants)(et sans vouloir nous mettre ne serait-ce qu’à la hauteur de leurs chevilles)(mais tout de même)(à moindre échelle mais c’est déjà ça)(fin des parenthèses)

      En effet, les banques US voient leur situation se dégrader à vitesse grand V. MAIS, seulement 156 d’entre elles ont déposé le bilan en 2010, grâce à leur sponsor préféré : FDIC.
      Ainsi, c’est l’ensemble du système qui est porté à bout de bras.

    2. La peur pourrait venir du fait que les contribuables décident, après le refus de solutions raisonnables, de ne plus alimenter les caisses des états par leurs contributions…
      Qu’est qui peut plus effrayer un to big to fail, qu’un débiteur qui n’aurait plus le sou ?

    3. @argeles
      Tarte à la crème. Avec un raisonnement pareil on peut tout justifier. Avec pareil argumentation on finit par coucher avec sa soeur. La réflexion avant l’action n’est jamais superflue. Ne pas prévoir c’est déjà gémir disait notre brave Leonard.
      @juan nessy
      Bonne Année`!
      @Yvan
      C’était une inversion vous l’avez compris. Ce que je voulais dire, on ne va pas niquer les banksters avec leurs armes, je ne crois pas, c’est à dire : juristes, arguties, etc… Ces gens nous tuent avec des mots et du papier. Il faut les attraper autrement. L’information aussi, bien sûr. Cheers

    4. Nas drovié, Mike 😉

      Mais éduquer un peuple en ne serait-ce que 2 ou 3 ans est en effet utopique.
      Eduquer ceux qui peuvent craindre le peuple comme les politiques, les banquiers et les milliardaires est tout de même utile.
      Au moins, ils ne seront pas surpris quand ça va tomber.

    5. @ mike
      Tarte à la crème. Avec un raisonnement pareil on peut tout justifier.

      Avec le défaitisme aussi……….. En lisant votre réaction je pense à René CHAR et à tant d’autres.

      Tout ce qui nous aidera, plus tard, à nous dégager de nos déconvenues s’assemble autour de nos premiers pas [ René CHAR]

    6.  » …Pour obtenir un résultat valable de quelque action que ce soit, il est nécessaire de la dépouiller
      de ses inquiétantes apparences, des sortilèges et des légendes que l’imagination lui accorde déjà avant de l’avoir menée, de concert avec l’esprit et les circonstances, à bonne fin; de distinguer la vraie de la fausse ouverture par laquelle on va filer vers le futur. L’observer nue et la proue face au temps.L’évidence, qui n’est pas sensation mais regard que nous croisons au passage, s’offre souvent à nous, à demi dissimulée.Nous désignerons la beauté partout où elle aura une chance de survivre à l’espèce d’intérim qu’elle paraît assurer au milieu de nos soucis. Faire longuement rêver ceux qui ordinairement n’ont pas de songes, et plonger dans l’actualité ceux dans l’esprit desquels prévalent les jeux perdus du sommeil. »

      « Note sur le maquis »1944, publiée dans »Recherche de la base et du sommet »1955 / René Char.

  21. Il y a définitivement de la « bonne » matière dans les discours du Président de la République :

    Si l’on a réussi à éviter le pire, ce n’est pas pour recommencer comme avant. Nous ne voulons pas que cela reparte comme avant. Qu’est-ce que cela veut dire ? Nous ne voulons plus de parachutes en or. J’accepte les gros salaires, cela ne me gêne pas, mais en échange d’un gros salaire, il faut une grosse responsabilité. Si on est garanti par un parachute, que l’on réussisse ou que l’on échoue, alors ce n’est pas une grosse responsabilité. Des bonus exorbitants ! Mettez-vous à notre place··· Il y a un an, on nous demande d’intervenir pour sauver des banques (et je ne parle pas spécialement des banques françaises, qui se sont plutôt mieux comportées que les autres). Il y a un an, on nous demande d’intervenir pour sauver des banques, des banques que nous sauvons avec l’argent du contribuable ; nous devions le faire. Un an après, on nous explique, de l’autre côté de l’Atlantique, qu’il faut verser des bonus de plusieurs milliards de dollars ? Qui peut le comprendre et qui peut l’accepter ? En tout cas nous, nous ne l’accepterons pas. Et je salue l’initiative du Premier ministre socialiste anglais de taxer les bonus avec nous. Mais qui peut accepter cela ? Quand on fait des bénéfices avec l’argent public, il est normal que ces bénéfices soient réinvestis en fonds propres et non pas distribués en bonus. D’ailleurs, il y a encore un an, on m’expliquait : « Mais enfin, Nicolas, il est impossible de taxer ceux qui sont responsables de la crise. » Mais je ne comprends pas : on trouve facilement la liste pour les bonus et on trouve difficilement la liste pour les malus, cela devrait être les mêmes… Et nous avons fait en France un système de bonus et de malus ; j’en remercie Christine LAGARDE. Le bonus sera payé sur trois ans. Comme cela, si après une année de bénéfices il y a des problèmes, on coupe dans les bonus qui ont été versés.

    Les paradis fiscaux : réfléchissons, à quoi sert-il, dans nos pays, au Portugal, en France, ailleurs, de faire des règles dites « prudentielles », des règles d’organisation du bilan, si dans le même temps les sociétés que l’on contrôle en France ou au Portugal peuvent s’exonérer de toute règle en ouvrant des filiales dans les paradis fiscaux ? C’est inacceptable.

  22. Pirouette, girouette, cacahuète, que se passera t’il alors, zorro va arriver.
    C’est au pied du mur que l’on reconnaît le maçon.
    Où en est t’on des paradis fiscaux et autres cachettes ?
    Je n’ai aucune illusion et propose plutôt de soumettre ce challenge au parlement européen et surtout à un référendum ….. européen si c’était possible.
    Quelles mesures mettre en place ? De nombreuses propositions existent dont celle de la France :
    http://www.minefe.gouv.fr/actus/10/101025loi-de-regulation-financiere.html
    Demander l’avis d’Ofxam par exemple :
    http://www.oxfamfrance.org/Nouvelle-legislation-aux-Etats,787

    1. Si je partage la piste RIP ( voir ci dessus ) , je note aussi que c’est tout à fait possible au niveau européen ( les critères de quota me semblent d’ailleurs moins durs que les quotas proposés en France ) .

      Et l’un n’empêche pas l’autre .

      Par contre , il faut trouver des relais européens pour multi-nationaliser les signatures .

  23. Si Sarko & C° venaient à tenir les engagements repris ci-dessus alors sûr qu’il faudra brûler un cierge à Ben coït XVI car le verbe se sera vraiment fait cher.

  24. Bonsoir Monsieur Jorion,
    je suis de celles et ceux, nombreux j’espère, qui attendaient désespérément ce moment où vous décideriez de passer à une autre forme d’action… 😉
    Merci de m’ (nous) exhausser aujourd’hui et tout à coup, je ressens un peu pus d’optimisme pour la nouvelle année qui arrive…
    Avec mes salutations les plus cordiales, bien à vous – Philippe

    1. Il est des fautes d’orthographe qui sont des actes manqués des plus réussis: comme Philippe, le fait de pouvoir agir plutôt que gémir me fait toujours sentir plus haut, plus haut, plus haut…

    2. Mille excuses, Messeigneurs, pour ce crime lèse-majesté…
      D’une faute de frappe sur un clavier qwerty, une mauvaise correction automatique proposée et validée trop rapidement, un commentaire envoyé, sans relecture, dans l’enthousiasme de la bonne nouvelle du jour et l’empressement de prendre connaissance des autres interventions déjà présentes…mea culpa…
      Oui, oui, mauvaises excuses me direz vous… de telles bourdes sont inacceptables et avez parfaitement raison de sacrifier le fond pour condamner une forme inadmissible qui pourrait provoquer tant de conséquences supplémentaires au chaos que vit notre société…
      Mais par pitié, ne me bannissez point, Messeigneurs, je vous promet de faire tout mon possible, corps et âme, pour que telle affront à votre sens aigu de la langue française bien écrite ne vienne de nouveau perturber votre conception et vos règles de tolérance et d’indulgence…
      Avec mes salutations les plus respectueuses… Votre serviteur…

    3. @ Philippe MEONI

      Ne vous excusez pas, c’était juste pour faire un bon mot !

      Et si vous creusez un peu vous verrez que j’ ai écrit un pléonasme !

      Mais pourquoi votre nom me dit quelque chose ?

    4. Bonjour Louise,
      Tout d’abord, je ne pouvais pas laisser votre commentaire sans y rajouter mon petit zeste d’ironie, merci d’ailleurs d’y avoir répondu.
      Ceci dit, j’avoue avoir le grand tort de ne pas toujours bien relire mes commentaires avant de les valider et c’est bien souvent après, alors qu’il est trop tard, que je m’aperçois des coquilles…
      Quant au fait que mon patronyme ne vous soit pas inconnu, il est possible que vous ayez pu lire d’autres de mes commentaires sur les nombreux sites web sur lesquels je me promène, sachant que je signe toujours avec mon identité réelle de sorte à ce que mes éventuels détracteurs ne puissent jamais contredire que j’ai le courage de mes opinions… 😉
      Mais peut être avons nous pu nous croiser, à une certaine époque, dans l’une des nombreuses régions où j’ai pu résider et surtout, où chaque fois j’ai pu militer publiquement laissant parfois des traces de mes turpitudes dans certaines presses locales ?
      Je ne peux guère faire plus pour vous aider, pour peu que, de vous rappeler où quand comment, vous soit réellement important, dans ce cas, je ne sais si le webmaster de ce blog pourrait, si vous le souhaitiez, se charger de vous transmettre mes coordonnées eMail ?
      A bientôt – Bien à vous – Philippe

  25. L’espoir fait vivre. Et je pars du principe que rien ne change si personne ne réagis.

    J’attends avec impatience votre prochain billet.

    Soyons les maçons de ce « texte court mais percutant ». L’optimisme doit être de rigueur.

  26. Désolé, mais je n’y crois pas un seul instant. Ce sera comme pour le pacte de Hulot.
    Ils vont récupérer le texte et le vider de sa substance. Je ne leur fais absolument plus confiance.
    Qu’ils s’en aillent tous !
    Cordialement

    1. « Ce sera comme pour le pacte de Hulot. » : au mieux ! Car il était allé très loin, Hulot, à deux doigts de la candidature, laquelle aurait fichu le boxon comme celle de Coluche. Et Paul, en dépit de son charme d’intellectuel « blanchi sous le harnais », n’a pas son charisme ni ses émissions de télé. Or, à court terme, il ne peut rien se passer si ça ne se passe pas sur TF1. Donc…

    2. Crapaud,
      Franchement là vous divaguez un peu 😉

      Vous l’auriez vu comment le Hulot face à Woerth chez Taddeï ?

      Paul a les arguments mais c’est aussi un acteur né.
      Non, pour moi, « ya pas photo ! ».

    3. Tout à fait PYD. Sans rire, Sarko avait moins peur de monsieur Hulot que de Gaulle de Pierre Dac… Et vous connaissez pas mon tonton Lulu, mais je suis sûr que « le gris du Gabon à Guaino« , ben il aurait plus peur de Mon Oncle ! Pourtant y casserait pas trois pattes à un canard, Lulu.

    4. @Pierre-Yves D. : pas de panique, je ne prétends pas que sa candidature eût été crédible. Le fait est que, sauf erreur de mémoire, elle était venue sur le tapis. La preuve en est cette longue conférence de presse, où l’intéressé explique, à la minute 21, les 3 raisons qui l’ont fait renoncer. Ensuite, je ne crois pas du tout que Paul soit un « acteur né ». Avec un stylo à la main, peut-être, mais avec un micro…

    5. Un extrait de « V pour Vendetta« , le film réalisé par James McTeigue (sorti en 2006) et adapté du comic « V pour Vendetta » d’Alan Moore et David Lloyd par les « frères » Wachowski (les réalisateurs de la trilogie Matrix) :

      http://www.youtube.com/watch?v=GEjTpKETOrw

      Or, à court terme, il ne peut rien se passer si ça ne se passe pas sur TF1.
      Donc…
      (Crapaud Rouge)

      Bien au contraire cher « batracien malgache », grâce aux « nouvelles technologies de l’information et de la communication » (NTIC), TOUT est désormais possible…

  27. Plutôt que d’exprimer de la même manière que d’autres avant moi des réserves quant à la viabilité de cette initiative – qui me paraît néanmoins tout à fait pertinente – je vous propose de réfléchir selon l’axe suivant:

    En cas de refus de cette proposition, quelles conclusions devrons-nous en tirer et quelles seront les conséquences à envisager?

    1. Tout comme pour bernard, ne mettons pas la charrue avant les bœufs… On pourrait imaginer que, selon le contenu du texte, les politiques nous offrent d’autres alternatives que celles qui ont été proposée au texte de Hulot…
      Si ce n’est pas le cas, on ne pourra pas dire que nous aurions essayé les solution soft… Il faudra peut être alors penser au hard…

    2. ça n’est pas  » retenez moi ou je fais un malheur !  » , ce serait plutôt :  » poussez moi fort ou je ne fais rien !  » ….

    3. Voilà, passer de suite au plan B. On en est à pas à A qu’on pense à B. Faudrait voir à pas oublier Z »… on sait jamais.

    4. Pourquoi cette remarque juan nessy ?

      Combien d’entre tous les français possèdent les armes, le courage et la volonté d’aller au casse-pipe face aux forces policières et militaires sur-armées que sarko est prêt a lâcher en cas de débordement ?

      Maintenant, dis moi quand et comment, pour ma part, je suis prêt, sauf que pour se retrouver à quatre pelés et trois tondus à se faire casser la tête, est ce que ça en vaut la peine ?

      Il faut des solutions adaptées aux couards, si on veut peut être les bouger un peu, c’est ça, sinon, rien…

      Bienvenue dans la réalité, juan… Hasta luego…

    5. @Philippe Meoni :

      Ma remarque s’adressait à Dissonance dans l’esprit où Vigneron l’a comprise .

      (A) d’après sa définition n’était donc pas l’action dans la rue , mais la proposition de Paul Jorion . Je n’imaginais pas que (Z )puisse être l’action violente . J’ai un peu tendance à penser que lorsqu’on rechigne à (A) , on a peu de chance d’être prêt à (Z) .

      Pour la réalité ,en vérité je vous le dis ( avec Paul Jorion ) , il y a longtemps qu’elle m’a souhaité la bienvenue toute seule .

      Adioucha ! ( c’est de l’auvergnat ) .

    6. @tous

      Vous semblez vous méprendre sur mes intentions vis-à-vis de cette proposition. C’est très clair dans la remarque de juan nessy notamment. Ou pour généraliser – sans doute de manière caricaturale – vous confondez intentions du peuple et intentions du personnel politique.

      Plusieurs cas de figure:

      – Soit la majorité présidentielle prend le contre-pied du petit timonier (alias Sarkosy) sur le sujet; contrairement à la vision très simpliste qu’on a pu légitimement avoir en début de mandature d’une majorité entièrement dévouée à son « patron », les choses se décantent progressivement et le soutien au président n’est plus aussi massif qu’il a pu être. Quelles conséquences donc si cette majorité renie la parole du président. Cas 1.

      – Soit l’opposition prend la posture on-ne-peut-plus classique du clivage partisan, la gauche choisit alors de ne pas adhérer à ces déclarations par principe, par un récusation ad hominem. Cas 2.

      – Soit le peuple comprend cet œcuménisme nouvellement apparu comme la n-ième démonstration que majorité et opposition ne se distinguent d’aucune manière, qu’elles se confondent pour défendre leurs propres intérêts plutôt que l’intérêt général – Cas 3.

      Je schématise volontairement beaucoup, notamment pour le cas 3 car le peuple est lui-même traversé par les mêmes clivages observables au sein du personnel politique. Ce qui induit par ailleurs une idée tout à fait curieuse qui me paraît néanmoins pertinente, que si le personnel politique ne sait pas – ou plus – identifier l’intérêt général, le peuple qu’on qualifie ainsi comme entité homogène d’une part ne connait pas en réalité cette homogénéité, et par conséquent est d’autre part aussi incapable de distinguer l’intérêt général des intérêts particuliers.

      Les cas 1 et 2 font pour leur part un résumé assez schématique des affres de la politique politicienne, celle précisément que juan nessy semble vouloir ignorer à tout prix. Attitude similaire mais un peu plus étrange chez vigneron à mon sens…

      En bref, cet proposition à l’objectif on ne peut plus consensuel peut se voir contestée de par sa nature même, le consensus étant à mon sens la chose la moins facile à obtenir, notamment dans un pays qui sort à peine de 30 ans de mystifications politiques de tous ordres.

      A titre personnel, je prétends que cette initiative est pertinente et qu’il faut la mettre en œuvre, mais ce n’est pas pour ça que je vais perdre de vue les réalités de la politique du pays. Je suis d’autant plus surpris de voir contester ces réalités alors qu’on a pu me railler par le passé pour n’avoir pas voulu en tenir suffisamment compte…

    7. Lors du référendum du TCE en 2005, il y avait consensus UMP, Modem, PS,… au point que Hollande et Sarkozy ont fait la une ensemble de Paris Match pour le oui. Lorsqu’ils sont bien travaillés par les lobbys financiers, pharmaceutiques, pétroliers,… nos politiques retrouvent le sens de »l’intérêt général » (disent-ils) comme si le pays était attaqué et qu’il fallait fonder un gouvernement d’union national.

  28. Ne rien faire n’aboutit à rien, non plus. c’est une initiative, d’autres doivent naître, en sachant très bien qu’un discours politique c’est du court terme. Peut-être devrions-nous proposer l’entrée en bourse du Blog, là… nous serions visible. Y’a pas de petites idées, mais beaucoup de chemins.

  29. bonjour,
    faire peur au marché, c’est : arrêter de remplir vos caddies en gdes surfaces et faites l’effort du petit commerçant, n’achetez plus d’électronique et gardez vos ordis actuels 5 bonnes années ainsi que vos portables, tV et autres gadgets
    utopie ? oui, car 90% de la population est accroc au bonheur falsifié du consumérisme, mettez en un autre à la place de sarko et ce sera pareil, ce n’est pas des lois qu’il nous faut, c’est reprendre la base à partir de l’éducation et attendre que les générations de l’ultra-libéralisme qui sont aux commandes meurrent pour que naisse, éventuellement, des générations + responsables (ce qui arrivera par nécessité, l’Etat providence est en train de crever)
    à part ça, bravo à Mr jorion, qui a le mérite de proposer des choses, mais à mon sens, c’est avec trop de respect pour les ionstitutions qui nous sucent la moelle depuis 30 bonnes années, il leur faut du concret et du puissant, un truc à la Cantona …
    bonne fin d’année à tout le monde et merci encore pour ce blog, parfois un peu trop intello, heureusement que les « patrons » paul et françois se mettent au niveau des lecteurs dans leurs articles, une vulgarisation en or que j’essaie de diffuser au mieux au travers de mon propre blog

    1. Le petit commerçant est hors de prix. Et ce n’est pas parce qu’il le vaut bien.
      Sinon, coté CONsumérisme, le portable en face de moi a 8 ans de bons et loyaux services. Mais paramétré au scalpel, bien sûr.

      Huneau, dont le nom de jeune fille de votre femme doit être dosse et votre fille doit avoir des tresses.
      L’état n’a pas a être une « providence ». Mais une entité qui est censée éviter les dérives de quelques uns face à la majorité qui l’a élu pour la représenter.

      Mais le pouvoir au peuple fait « communiste ». Et le libéralisme-freedom s’est servi de leur chute pour exploiter la Démocratie.

      Ils l’ont tellement bien fait que ça va leur retomber dessus, d’ailleurs.

    2. Je vous reçois 5/5, bravo.
      Education, culture, sobriété, amour et respect de la nature et de ses beautés, simplicité, plus de spirituel et moins de matériel, le coeur d’abord, avancer de concert/ensemble, …..
      Stop au néo-libéralisme débridé et destructeur, au néo-conservatisme obscurantiste.
      Un truc à la Cantona peut être mais quand on analyse les réactions de l’homme de la rue j’ai des sacrés doutes (rien compris).

    3. cher Olivier
      les puissants, les nantis n’en ont rien a faire que vous consommiez, ou pas, PC portables et ecrans plats. L’essentiel, c’est que vous acceptiez de vous lever le matin pour aller bosser et construire leur villa avec piscine, leur BMW X6 et leur servir le petit dejeuner au lit (avec du caviar bien sur).

    4. A court terme, peut-être.
      A plus long terme, quand les membres du club du Fouquet’s viendront se plaindre que les manants ne consomment plus assez…

    5. @yvan & olivier huneau

      Pas mieux que le camarade yvan 🙂

      Si je dois passer de la grande surface au petit commerçant, je dois diviser mon nombre de repas quotidiens par deux voir trois, ce qui serait en soi assez désappointant puisque je n’en fait déjà qu’un par jour. En conséquence de quoi, vous pouvez peut-être revoir votre mode de consommation à la baisse, moi pas.

      C’est l’un des soucis posé par la spéculation: Le système économique en est arrivé à un point où il peut à la fois admettre que les populations soient sous-approvisionnées – ce qui revient à dire que ces dernières alimentent de moins en moins le moteur historique du capitalisme, la consommation – mais par ailleurs continuer à dégager des bénéfices.

      Dit autrement, le capitalisme fait comme s’il n’avait plus besoin de la consommation pour fonctionner. C’est d’ailleurs en grande partie pour cela qu’il est déjà mort, même s’il n’a pas l’air d’en être encore conscient.

  30. Ok, Olivier, ça, c’était bon avant 2007, mais nous n’en sommes plus là…

    La sphère financière internationale a découvert qu’il était moins risqué de prêter beaucoup de fric avec de gros intérêts à quelques pays, qui auront toujours le recours à l’impôt et aux taxes sur le peuple pour rester solvables, plutôt qu’à des particuliers qui ne peuvent plus payer leurs crédits à la consommation et hypothécaires pour cause de chômage…

    Les gros pôles industriels côtés en bourse ne risquent rien, eux… quoi qu’il advienne, les cours seront toujours manipulables…

    Les premiers pénalisés par votre solutions seraient les TPME qui bossent honnêtement pour leur survie…

  31. Un conseil Jorion : vous occupez pas de nous ni du bon peuple de France, débrouillez vous pour faire adhérer BHL plus Monsieur Hulot et c’est marre ! Le Sarko-TartuTroll de Conférences, y va s’aligner et les godillots vont suivre. Pensez donc ! Obligés, pas moyen de moyenner… 🙂

    (ps) : ça a d’la gueule cette idée et le moment semble le bon.

    1. Vigneron : Y a de l’idée. Bon votre style vous appartient bien sûr.
      M. Jorion : Donc j’attends avec impatience votre mouture.

    2. Oh oh, c’est Vigneron le saltimbanque jongleur de mots un peu nihiliste qui propose le premier la tactique des alliances. Bonne idée mais j’ai peur qu’avec BHL on ne soit à l’autre bout du spectre (ouh, ouh) politique. je veux bien faire des alliances mais pas avec n’importe qui…

    3. Vigneron !
      Je vous sentais comme pouvant être plus inspiré dans le choix des hommes devant être au cœur de la bataille pour former la Garde de notre Champion.
      Mais il est vrai que toutes les bonnes volontés seront les bienvenues dès l’instant que c’est pour un réel changement.
      Au fait ! Vous parliez bien de Mr Hulot de Tati, n’est ce pas ?

  32. Dans la série « il est bon de proposer , mais pour convaincre, il faut comprendre . »
    Sans jugement de valeur d’aucune sorte :

    Rapports de force à l’Ump ?
    Quelques influences manifestes au sein de ce parti : liens avec le Medef ( syndicat de patrons) , liens avec particuliers ou lobbies capables de le financer, liens avec cette partie majoritaire de la presse financer par des grandes fortunes françaises.

    Foi du militant de base ?
    – le capitalisme mieux que le communisme ou le socialisme
    – crainte de l’étranger en tant que concurrent
    – croyance en des valeurs telles que la propriété, le travail, l’argent , l’ascension sociale par le mérite
    – préjugés négatifs vis à vis des fonctionnaires
    – estime qu’il coûte plus cher à la société de nourrir des fonctionnaires que des actionnaires
    – goût prononcé pour l’ordre, horreur de la « chienlit »
    – addiction aux journaux télévisés informant le plus nombre

  33. http://www.youtube.com/watch?v=Ortghxl-7wI
    Croyez-vous qu’il ait bien compris le problème ?
    Il fait beaucoup de discours lissés, dans le sens du poil. C’est sa façon de faire de la politique doublé du style camelot dont il n’arrive pas à se départir. Une autre forme de conviction sans doute, celle qu’il faut avoir pour parler au pays…instructif.
    http://www.dailymotion.com/video/x8v6q5_les-parachutes-dores-de-sarkozy-bes_news#from=embed
    Cette compilation ancienne dévoile bien le mécanisme du vendeur qui d’estrade en estrade aligne des discours jamais suivis des faits mais que d’effets ! Toutefois, en retour quelle image dévastatrice pour les électeurs de ce qu’est devenu le politique, l’exercice politique, la parole politique. Si la parole c’est le mensonge organisé et que le mensonge organisé est le principal outil de la gouvernance, votre idée cher Paul a peu d’espoir d’être entendu sur ce flanc là… Je reste dubitatif en regardant de l’autre côté, dubitatif sur l’effet d’entraînement du civil sur le politique. Mais si nous pensons être plus nombreux que ce que nous représentons… (:-)

    1. discours jamais suivis des faits

      c’est oublié un peu vite tout le boulot fait par la bande à sarkozi

      bouclier fiscal, suppression de l’impot sur l’héritage, exonération de plus-values sur la vente de filiailes, dédommagement de Mr Tapi ( 400 millions quand même ) pour bon et loyaux services avec le vote des radicaux de « gauche » pour la nouvelle constitution, création de l’auto-entrepreneur ( un premier pas pour l’Institut montaigne ), ………..

      mais il est vrai que pour le peuple, la réalisations des promesses se fait attendre ……

    2. mais il est vrai que pour le peuple

      ….

      – peuple : quésako ? …

      – eh bien, il y a les gueux; vous savez, ceux que vous éloignez loin derrière un cordon de policiers, lors de vos déplacements …

      – vous voulez dire que j’ai peur, mon vieux ?…

      – Euh, non, sous-vers-rien …là, laissez moi vous épousseter le costard !

      – Bon, alors, que disiez-vous sur le peuple ? jamais entendu parler .

      – mais si ô sous-vers-rien, c’est la partie des gueux-qui-vous-ont-cru et des peureux-qui-avaient-peur-pour-leurs-sous-amassés …

      – les gueux-qui-m’ont-crus : ah,ah, j’ai bien berné ces sots ! faudra m’y faire repenser aux prochaines élections ! les autres, je les ai bien utilisés, ils pourront encore servir; sinon, ils serviront à DSK : soyons fair play !

      – ô sous-vers-rien, pardonnez mon outrecuidance …

      – outre-quoi ?

      – pardonnez mon … audace ! mais le peuple, c’est aussi ceux qui ne sont d’accord en rien avec vous, qui ont manifesté, qui ont honte des décisions politiques prises . Ils disent même qu’elles sont anti-démocratiques .

      – Bon, je dois partir ; je n’ai pas que ça à faire, mon vieux !

  34. Il est vrai qu’en relisant le discours de N.S. à Toulon en 2008…C’est tellement grandiose sur le moment …que j’ai immédiatement regardé la date du discours…Effectivement…Rétrospectivement…ça donne sérieusement envi de lui téléphoner avant la fin de la lecture de l’article, pour lui demander, si il n’a pas changer de programme entre temps…2010 est assez révélateur de la fourberie…D’ailleurs au début de ma lecture, je me demandais s’il n’avait pas piqué toutes ses idées à Paul…Et puis je me suis rendu compte de la date du papier…et alors là, j’ai cesser ma lecture pour vous en parler…et vous écrire, qu’il était temps d’en découdre…Mais comment?…J’adhère à l’idée de Paul…Et j’attends la suite avec impatience…
    Bonne soirée à Tous.

  35. « extraire des différents discours de Mr. Sarkozy (…) les propositions radicales » : excellente idée bien sûr, mais à tendre ce miroir à Sarokzy et l’UMP il est peu probable que vous obteniez l’effet escompté. Les belles paroles « passées à la machine » apparaîtront pour ce qu’elles étaient, puis perdront très vite leurs couleurs. Et je vous fiche mon billet que le PS sera le dernier à les inscrire à son programme, faute de personnalité à la hauteur pour leur donner du souffle.

    1. C’est ce que l’ancien chancelier Helmut Schmidt faisait remarquer cette année. Il n’y a aucune personnalité, aucun leader potentiel qui pourrait s’imposer pour sortir l’Europe de l’ornière.

    2. @fujisan : à visionner ces savoureux petits extraits, on peut se demander si Sarko a vraiment retourné sa veste. Il est toujours pour les vainqueurs et contre les perdants, quelque soient leurs bords.

  36. C’est agaçant… J’ai pas du tout envie d’ironiser, mais bon… J’avoue une (toujours plus) grande perplexité… Tout cela me semble tellement éloigné des réalités de la politique, du pouvoir, de la vie et du réel finalement etc. Nous avons beau savoir que la lune n’a pas les dimensions que lui prête notre regard, nous n’en continuons pas moins à la voir/croire telle… Tout ce qui est de l’ordre du savoir ou de l’information sur cette crise est dorénavant (= vertu de ce blog) archi-connu, même de ma concierge!! Le problème n’est donc plus savoir et faire-savoir, mais faire, agir, ou plutôt le faire efficacement étant donné le but. Agissez micro-politiquement ou macro-politiquement, mais agissez bon dieu! Ou allez au diable dans les enfers de la belle âme et de la bonne conscience. On me disait il y a déjà longtemps que ce n’était pas d’idées de gauche dont nous manquions, mais de pratique de gauche (en espérant que ce dernier mot n’effraie pas les étourneaux…). La pratique, c’est-à-dire : passer à l’acte. Premier commencement, et tout est déjà-là, ne serait-ce que le point effectif (et non de vue), le point d’effectivité à partir de quoi le politique s’aborde d’en bas -du réel, et non d’en haut . J’ai l’impression Mr Jorion que vous en rester à une conception représentative de la politique ou de la démocratie. Que vous acceptez l’idée que l’alternative démocratie représentative ou / barbarie du tyran ou des masses épuise le politique. Là c’est une insuffisance et je suis prêt à vous recontacter dans quinze ans pour constater avec vous que rien n’a changé (sinon en pire, sous la contrainte des contraintes éco-geo-politiques). Sortir du verbe (1) et de la critique (2), et donc aussi des illusions de la représentations(3) (1, 2, et 3 = régime de l’impuissance, im-puissance : ni capacité ni pouvoir), même un tout petit peu, commencer à faire mouvement, pas forcément de troupes, c’est l’actualité du moment, malheureusement pas ces appels à nos dirigeants et autres projets pétionnaires. Mais je saisis peut-être mal votre idée?

  37. Il faudrait la complicité d’un média télévisuel puissant pour obtenir des résultats concrets…Je pense à un jeu télévisuel…genre grand public à l’échelle européenne, dans laquelle on incorporait des questions et réponses aux joueurs ,et lesquels devraient choisir de dire, si oui ou non, le gouvernement à rempli sa mission…une sorte d’émission de notation sur les politiques, mais cette fois ci, avec comme invités des gens du peuple…et bien sûr, un jeux aussi populaire et que le loto ou le tiercé…Puisque la vie est un grand théâtre…n’ayons pas peur d’endosser une dernière fois nos habits d’acteurs…

    1. Redite : s’inspirer de l’émission de la RAI3 avec Roberto Saviano, + de 10 millions de téléspectateurs à sa 3° diffusion et on est en Italie où le bourrage de crane façon berlu avait sévit un max.

  38. En parlant « d’accord de tous » :
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/12/29/40-000-personnes-privees-d-eau-en-irlande-du-nord_1458979_3214.html
    « Environ 40 000 personnes, sur une population de 1,8 million d’habitants, sont privées d’eau depuis plusieurs jours en Irlande du Nord. Une situation qui affecte la ville de Belfast notamment, où de nombreuses canalisations ont éclaté avec le dégel qui a suivi une période de températures négatives. »

    L’accord de la privatisation a encore frappé tous.
    Et dire que les parisiens sont en dérive avec 2 cms de neige…

  39. « Voici donc notre réponse. Quand vous allongerez ces mains dont vous vantez la force pour saisir nos palais et notre aisance dorée, nous vous montrerons ce que c’est que la force. Nous broierons vos révolutionnaires sous notre talon et nous vous marcherons sur la face. Le monde est à nous, nous en sommes les maîtres, et il restera à nous. Quant à l’armée du travail, elle a été dans la boue depuis le commencement de l’histoire, et j’interprète l’histoire comme il faut. Dans la boue elle restera tant que moi et les miens et ceux qui viendront après nous demeureront au pouvoir. Voilà le grand mot, le roi des mots, le Pouvoir ! Ni Dieu, ni Mammon, le Pouvoir ! Ce mot-là, retournez-le sur votre langue jusqu’à ce qu’elle vous cuise.
    Le Pouvoir ! »
    JACK LONDON, Le Talon de fer

      1. Très intéressante aussi, la préface d’Anatole France à la première édition en français :

        Le TALON DE FER, c’est le terme énergique par lequel Jack London désigne la ploutocratie. Le livre qui, dans son œuvre, porte ce titre, fut publié en 1907. Il retrace la lutte qui éclatera un jour entre la ploutocratie et le peuple, si les destins, dans leur colère, le permettent. Hélas ! Jack London avait le génie qui voit ce qui est caché à la foule des hommes et possédait une science qui lui permettait d’anticiper sur les temps. Il a prévu l’ensemble des événements qui se déroulent à notre époque. L’épouvantable drame auquel il nous fait assister en esprit dans le Talon de fer n’est pas encore devenu une réalité, et nous ne savons pas où et quand s’accomplira la prophétie de l’Américain disciple de Marx.

        Jack London était socialiste et même socialiste révolutionnaire. L’homme qui, dans son livre, distingue la vérité et prévoit l’avenir, le sage, le fort, le bon, se nomme Ernest Everhard. Comme l’auteur, il fut ouvrier et travailla de ses mains. Car, vous savez que celui qui fit cinquante volumes prodigieux de vie et d’intelligence et mourut jeune, était le fils d’un ouvrier et commença son illustre existence dans une usine. Ernest Everhard est plein de courage et de sagesse, plein de force et de douceur, tous traits qui sont communs à lui et à l’écrivain qui l’a créé. Et pour achever la ressemblance qui existe entre eux, l’auteur suppose, à celui qu’il réalisa, une femme d’une grande âme et d’un esprit fort, dont son mari fait une socialiste. Et nous savons d’autre part que Mme Charmian London quitta, avec son mari Jack, le Labour Party dès que cette association donna des signes de modérantisme.

        Les deux insurrections qui font la matière du livre que je présente au lecteur français sont si sanguinaires, elles présentent dans le plan de ceux qui les provoquent une telle perfidie et dans l’exécution tant de férocité, qu’on se demande si elles seraient possibles en Amérique, en Europe, si elles seraient possibles en France. Je ne le croirais pas si je n’avais l’exemple des journées de Juin et la répression de la Commune de 1870, qui me rappellent que tout est permis contre les pauvres. Tous les prolétaires d’Europe ont senti, comme ceux d’Amérique, le Talon de fer.

        Pour le moment le socialisme en France, de même qu’en Italie et en Espagne, est trop faible pour avoir rien à craindre du Talon de fer, car l’extrême faiblesse est l’unique salut des faibles. Nul Talon de fer ne marchera sur cette poussière de parti. Quelle est la cause de sa diminution ? Il faut peu de chose pour l’abattre en France où le chiffre des prolétaires est faible. Pour diverses raisons, la guerre qui se montra cruelle au petit bourgeois qu’elle dépouilla sans le faire crier, car c’est un animal muet, la guerre ne fut pas trop inclémente à l’ouvrier de la grande industrie qui trouva à vivre en tournant des obus et dont le salaire, assez maigre après la guerre, ne tomba pourtant jamais trop bas. Les maîtres de l’heure y veillaient et ce salaire n’était après tout que du papier que les gros patrons, voisins du pouvoir, n’avaient pas trop de peine à se procurer. Tant bien que mal l’ouvrier vécut. Il avait entendu tant de mensonges qu’il ne s’étonnait plus de rien. C’est ce temps-là que les socialistes choisirent pour s’émietter et se réduire en poussière. Cela aussi est, sans morts ou blessés, une belle défaite du socialisme. Comment arriva-t-elle ? Et comment toutes les forces d’un grand parti tombèrent-elles en sommeil ? Les raisons que je viens de donner ne sont pas suffisantes pour l’expliquer. La guerre y doit être pour quelque chose, la guerre qui tue les esprits comme les corps.

        Mais un jour la lutte du Travail et du Capital recommencera. Alors verra-t-on des jours semblables aux révoltes de San-Francisco et de Chicago dont Jack London nous montre, par anticipation, l’horreur indicible. ll n’y a aucune raison pourtant de croire que ce jour-là (ou proche ou lointain), le socialisme sera encore broyé sous le Talon de fer et noyé dans le sang.

        On avait crié en 1907, à Jack London : «Vous êtes un affreux pessimiste ». Des socialistes sincères l’accusaient de jeter l’épouvante dans le parti. Ils avaient tort. ll faut que ceux qui ont le don précieux et rare de prévoir, publient les dangers qu’ils pressentent. Je me souviens d’avoir entendu dire plusieurs fois au grand Jaurès : «On ne connaît pas assez parmi nous la force des classes contre lesquelles nous avons à lutter. Elles ont la force et on leur prête la vertu ; les prêtres ont quitté la morale de l’église pour prendre celle de l’usine ; et la société tout entière, dès qu’ils seront menacés, accourra pour les défendre. » Il avait raison, comme London a raison de nous tendre le miroir prophétique de nos fautes et de nos imprudences.

        Ne compromettons pas l’avenir ; il est à nous. La ploutocratie périra. Dans sa puissance on distingue déjà les signes de sa ruine. Elle périra parce que tout régime de castes est voué à la mort ; le salariat périra parce qu’il est injuste. Il périra gonflé d’orgueil en pleine puissance, comme ont péri l’esclavage et le servage.

        Et déjà, en l’observant attentivement, on s’aperçoit qu’il est caduc. Cette guerre, que la grande industrie de tous les pays du monde a voulue, cette guerre qui était sa guerre, cette guerre en qui elle mettait une espérance de richesses nouvelles, a causé tant de destructions et si profondes, que l’oligarchie internationale en est elle-même ébranlée et que le jour approche où elle s’écroulera sur une Europe ruinée.

        Je ne puis vous annoncer qu’elle périra d’un coup, et sans luttes. Elle luttera. Sa dernière guerre sera peut-être longue et aura des fortunes diverses. Ô vous, héritiers des prolétaires, ô générations futures, enfants des nouveaux jours, vous lutterez, et quand de cruels revers vous feront douter du succès de votre cause, vous reprendrez confiance et vous direz avec le noble Everhard : «Perdue pour cette fois, mais pas pour toujours. Nous avons appris bien des choses. Demain la cause se relèvera, plus forte en sagesse et en discipline. »

        Anatole France. (Paris, 1923.)

    1. On ne connaît pas assez parmi nous la force des classes contre lesquelles nous avons à lutter. Elles ont la force et on leur prête la vertu ; les prêtres ont quitté la morale de l’église pour prendre celle de l’usine ; et la société tout entière, dès qu’ils seront menacés, accourra pour les défendre.

      Discours à la jeunesse [Albi, 1903]
      (…)D’abord, envers une idée audacieuse qui doit ébranler tant d’intérêts et tant d’habitudes et qui prétend renouveler le fond même de la vie, vous avez le droit d’être exigeants. Vous avez le droit de lui demander de faire ses preuves, c’est-à-dire d’établir avec précision comment elle se rattache à toute l’évolution politique et sociale, et comment elle peut s’y insérer. Vous avez le droit de lui demander par quelle série de formes juridiques et économiques elle assurera le passage de l’ordre existant à l’ordre nouveau. Vous avez le droit d’exiger d’elle que les premières applications qui en peuvent être faites ajoutent à la vitalité économique et morale de la nation. Et il faut qu’elle prouve, en se montrant capable de défendre ce qu’il y a déjà de noble et de bon dans le patrimoine humain, qu’elle ne vient pas le gaspiller, mais l’agrandir. Elle aurait bien peu de foi en elle-même si elle n’acceptait pas ces conditions.

      En revanche, vous, vous lui devez de l’étudier d’un esprit libre, qui ne se laisse troubler par aucun intérêt de classe. Vous lui devez de ne pas lui opposer ces railleries frivoles, ces affolements aveugles ou prémédités et ce parti pris de négation ironique ou brutale que si souvent, depuis un siècle même, les sages opposèrent à la République, maintenant acceptée de tous, au moins en sa forme. Et si vous êtes tentés de dire encore qu’il ne faut pas s’attarder à examiner ou à discuter des songes, regardez en un de vos faubourgs[note: la Verrerie Ouvrière d’Albi] ? Que de railleries, que de prophéties sinistres sur l’œuvre qui est là ! Que de lugubres pronostics opposés aux ouvriers qui prétendaient se diriger eux-mêmes, essayer dans une grande industrie la forme de la propriété collective et la vertu de la libre discipline ! L’œuvre a duré pourtant ; elle a grandi : elle permet d’entrevoir ce que peut donner la coopération collectiviste. Humble bourgeon à coup sûr, mais qui atteste le travail de la sève, la lente montée des idées nouvelles, la puissance de transformation de la vie. Rien n’est plus menteur que le vieil adage pessimiste et réactionnaire de l’Ecclésiaste désabusé : “ Il n’y rien de nouveau sous le soleil ”. Le soleil lui-même a été jadis une nouveauté, et la terre fut une nouveauté, et l’homme fut une nouveauté. L’histoire humaine n’est qu’un effort incessant d’invention, et la perpétuelle évolution est une perpétuelle création.(…)

      Jean Jaures (Fils d’un petit négociant failli devenu paysan, 1903)

      Ne compromettons pas l’avenir ; il est à nous. La ploutocratie périra. Dans sa puissance on distingue déjà les signes de sa ruine. Elle périra parce que tout régime de castes est voué à la mort ; le salariat périra parce qu’il est injuste. Il périra gonflé d’orgueil en pleine puissance, comme ont péri l’esclavage et le servage.

      Anatole France. ( fils d’un libraire, Paris, 1923.)

      La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter

      Warren Buffet. (Fils d’un courtier en bourse membre du Congrès, New-York, 2009)

    2. Jack London et Anatole France nous disent très bien et très clairement que derrière le capitalisme, il y a des capitalistes. Et que c’est autrement plus difficile et douloureux de les faire chuter que d’attendre la fin d’un système qui doit s’écrouler mathématiquement ou de le dire dans un commentaire d’un blog (je me vise, cherchez pas plus loin).
      La liberté ne tombe pas du ciel.

  40. Vous avez mon ferme soutien, Paul.
    Bien des commentaires qui suivent votre texte se résument ainsi, je pense : les mots sont impuissants.
    Commentaire apparemment vrai pour le moment.
    Mais ils doivent exister.
    Chaque mot, chaque idée a son chemin à faire.
    Dans les conditions actuelles de dégradation physiques (ressources), morales et mentales (éducation), tout ce qui n’est pas explicité pourrait nous manquer si , ou plutôt quand, l’occasion de changement se présentera.
    Allez-y.

    1. Si il ne s’agit que des mots (entendons : la circulation des informations, la communication) alors oui les mots ne servent à rien, parce qu’il ne sont pas les idées! Les mots de la communication ou les formes verbales de l’information ne sont que des représentations qui n’ont par elles-mêmes aucune efficience (elles n’induisent aucun changement d’attitude, n’enveloppe rien de pratiquement nécessaire : qui ici pour ignorer ici l’état du monde? qui ici qui ne continue dans le quotidien de ses petites habitudes?) Les idées c’est autre choses! Les idées sont efficaces, (ou alors elles ne sont que des mots : débat tous les soirs à la télé, et puis petit dodo; pétitions à foison sur le net, dans votre boite mel, and so what?), c’est à cela qu’on la reconnaît : l’idée produit un effet, ou plutôt continue en l’infléchissant un mouvement réel : c’est parce que vous avez déjà commencé quelque chose dans votre vie que vous pouvez entendre ce qui se dit sur ce blog : comment expliquer sinon la surdité de tous les autres ? (vous les savez sans doute plus nombreux que nous, auditeurs de Jorion?); donc les idées n’ont de force (la force des idées) que parce qu’elles expriment les relations entre les choses (la force des choses). Il y a généralement bien trop de mot et trop peu d’idées, il faudrait au contraire n’avoir que des idées, donc que ce qui exprime (nous vient de) nos actes; ou inversement n’avoir que les mots qui poussent à agir, des mots d’ordre en un sens (celui qui se moque de la propagande est un âne intellecutalisant ou verbalisant qui se trompe de beaucoup sur la res humana et les conditions de l’action politique). Dans le cas contraire cela se nomme « verbalisme », »intellectualisme » « pain béni pour journaliste en mal de papier », ça permet de faire les frais de la conversation entre le gigot et la pièce montée avant la sieste réparatrice. Ayons la force de commencer (oui oui, la force).

  41. oui ça finira comme le pacte de hulot, sauf si melenchon est élu ou sauf si vous vous présentez à la présidentielle avec ce programme

  42. Evidemment, il y a le Président et ses Challenger pour 2012.
    Il y a aussi les Députés qui commencent déjà à « soigner » l’électorat car la place est bonne et ils veulent la conserver. Ils sont bien plus au terrain que l’hôte de l’Elysée et c’est déjà vers eux qu’il faut se montrer et leur demander comment ils envisagent de faire passer le sujet – concrètement-.
    La situation politique va tellement être chaude dans quelques mois qu’ils vont faire remonter l’info très rapidement.
    Vraiment, une très bonne idée que vous avez là, Mr Jorion !

  43. bonsoir

    je propose de faire suivre ce texte à venir aux médias avec prière d’insérer en première page- à tous, presse écrite et sites internet les plus vus
    (gratuité ou prix à négocier, nous saurons être persuasifs)
    français puis européens
    il doit bien sûr être bref
    et il y sera joint nos signatures (?) (et celles d’autres)

    je propose également la mise en forme en petit paragraphes
    de quelques items
    avec des chiffres frappants ou un graphique,
    et un exposé de problème suivi de sa solution
    exemple: la dette souveraine, son origine, son coût, comment l’éliminer- et la citation du délégué du souverain

    les paradis fiscaux
    les paris sur la f d p
    le salaire dans la part du prix..
    ———

    au total, il peut en être fait un petit dépliant qui serait un outil pédagogique peu coûteux facile à à diffuser et reproduire
    un p’tit que faire? en somme!

    1. Il manque surtout (plutôt que d’ajouter et de complexifier un débat qui passe au dessus du quidam) une dimension trans-national, puisque des Belges suivent ce blog (et tous les autres évidement ainsi que sur le blog en Anglais), s’il pouvait en faire autant vis-à-vis de leurs partis, ce serait bien (et si ATTAC pouvait ce réveiller et développer une approche de vulgarisation ce serait mieux). Par contre c’est la limite de l’exercice que de partir d’un discours de Sarkozy, car notre président n’est pas plus fédérateur ailleurs

    2. Quoiqu’il y a une parade à partir de ce discours pour d’autres réactions dans d’autres pays, c’est y ajouté ceux des autres qui doivent être proche.

  44. Bonsoir à tous

    Louise, il me semble que cela fait un moment que ce blog essaye de faire bouger les choses.
    Paul et François font beaucoup dans ce sens et avec persévérence.

    Les politiques le consultent directement ou en ont un résumé. Si une des bonnes idées qui s’y trouvent avait attirée leure attention et bien entendu s’ils avaient l’intention de faire quelque chose, ils s’en serait déjà emparée. Sur le sujet, tout a déjà été dit, analysé et commenté.

    Le fond du problème n’est pas la crise financière, celle-ci n’est qu’un outil, une arme comme une autre. La mise au pas des populations européennes par la violence économique dont l’asservissement par la dette et nous n’avons pas encore tout vu.

    L’Islande pense qu’elle est tirée d’affaire, son cas sera étudié plus tard. Elle a tout à craindre, le FMI vient sournoisement de lui adresser des compliments.

    Une question, pourquoi la conscription a t’elle été abandonnée en Europe? En allemagne c’est en cours au prétexte d’un plan global d’économies de 80 MDS d’euros sur 4 ans et en Serbie ce le sera pour le 1er janvier. Pour les autres la conscription est réduite au service civil et sur la base du volontariat.

    Dans peu de temps, tous les peuples européens seront totalement désarmés et aucune révolution n’est possible sans l’appui des conscrits qui sont aussi le peuple. Ils ne faut pas compter sur les mercenaires.

    Quant à une révolution par les urnes, c’est une autre affaire et faute d’une nuit des longs couteaux, il ne restera que la résistance, pardon le » terrorisme ». L’arsenal des dispositions prises pour le combattre serait-il prémonitoire? Tout semble organisé!

    1. Bonjour Marc RIVA
      Permettez mois simplement de m’associer à votre commentaire d’une lucidité sans faille…
      Bien à vous – Philippe

  45. Les discours de Mr Sarkozy n’était qu’une posture qu’il se donnait. Histoire de donner l’impression à ses administrés qu’il maitrisait la situation.

    Il a pour habitude comme tout bon politique qui se respecte de nous abreuver de discours après chaque fait divers.

    Il a vite fait marche arrière sous la menace des agences de notation.
    Et que dire des fonds d’investissement. Pimco gère 1500 milliards de dollars !!!

  46. C’est marrant, déjà plus de 100 messages, la dénonciation continuelle des banques, des paradis fiscaux, des bonus et parachutes…

    Et finalement personne (et surtout pas le Président dans ses discours ) pour dénoncer l’évidence, la gigantesque bulle immobilière qui empoisonne la vie d’une grande partie de la population, scindant le pays là aussi en 2 groupes de possédants et possédés.

    L’impression de vivre dans une société malheureusement déjà trop pervertie par la propriété privée et la rente. Une impression gigantesque de non-retour sur le plus gros PONZI que nous ayons a vivre au quotidien.

    Remettre la problématique immobilière au centre de cette crise et des injustices qu’elle génère, cela devrait être au coeur d’un Referendum d’Initiative Populaire.

    1. C’est vrai, le logement ancien est cher à l’achat en France, du moins pour certaines localisations.
      Mais cette bulle parisienne et caractéristique de quelques métropoles provinciales, n’est pas générale. Elle correspond à une forte demande qui ne peut être satisfaite par la faiblesse numérique du parc immobiler convoité.
      D’autre part le coût de la construction est élevé en France et les normes de plus en plus contraignantes et écologiques y contribuent fortement. Avec une certaine décote cela constitue un filet qui retient toute baisse de l’ancien.
      L’autre facteur primordial est le coût du foncier. Il n’est pas trop élevé là où la demande ne se focalise pas. Cependant les politiques municipales, partout en France, de limitation des zones constructibles et de coefficient d’occupation contribuent fortement à l’augmentation du foncier. C’est une pénurie artificiellement gérée au nom de l’écologie et de la sauvegarde des sites. A vous de décider si c’est un bien ou un mal…

    2. C’est le coût du logement qui a explosé en général, pas uniquement à l’achat, du moins pour une bonne moitié de français, l’autre étant propriétaire (ou locataire de sa banque) , et l’immobilier reste le coeur du patrimoine constitué et transmis à la fin d’une vie…
      Les programmes de défiscalisation y ont forteement contribué ainsi que l’allongement des durées d’emprunt comme chacun sait.
      La rente et l’héritage sont au coeur de la transmission et l’aggravation des inégalités, mais c’est un sujet « tabou » et ringardisé dont on ne parle plus, et pourtant :

      Ce constat est tiré d’une excellente étude économique récente de Thomas Piketty intitulé « On the Long-Run Evolution of Inheritance:
      France 1820-2050″ http://piketty.pse.ens.fr/inheritance/Piketty2010WP.pdf

      Les rentiers : chronique d’un retour amorcé
      Observatoire des inégalités 3/12/2010
      http://www.inegalites.fr/spip.php?article1357&id_mot=30

      L’augmentation des inégalités de patrimoine constitue un ressort profond de l’injustice sociale, très souvent négligé. Assistons-nous au retour d’une société de rentiers ? Un point de vue de Patrick Savidan, président de l’Observatoire des inégalités.

      …..

      Nous savons bien que l’égalité des chances, dans les faits, dissimule mal les déterminants sociaux et culturels de la « réussite » sociale. Mais l’injustice ne s’arrête pas là. L’héritage et la rente n’ont nullement dit leur dernier mot ! On s’y intéresse peu et c’est pourtant à ce niveau aussi que se joueront les inégalités abyssales de demain, c’est au creuset de cette injustice que se forgera la société de rentiers qui renaît sous nos yeux aveuglés. Les chiffres sont éloquents, comme le montre une étude récente menée par Thomas Piketty [2]. La part de l’héritage, par donation ou au décès, représentait environ 20 à 25 % du produit intérieur brut au début du XXe siècle. Dans les années 1920-1930, s’est amorcée une baisse, portant celle-ci dans les 1950 à 5% du PIB. Depuis, cette part de l’héritage s’est réorientée à la hausse, lentement tout d’abord, puis de manière rapide depuis trente ans, atteignant 15 % en 2008, avec un horizon, en 2050, estimé à 20-25 %. Si l’on repart de plus loin dans le temps, l’augmentation est encore plus frappante. Et si l’on prend comme point de référence, non plus le PIB, mais le revenu disponible (voir le graphique ci-dessous), nous constatons que la part de l’héritage est aujourd’hui revenue à 20 % du total, soit le niveau qui caractérisait le fonctionnement du capitalisme au tout début du XXe siècle.

      L’affaire est grave, et pourtant rien ne bouge. On s’agite sur la question de l’insertion (importante), on promeut l’égalité hommes-femmes (et il faut le faire), on s’inquiète des discriminations (à juste titre), on veut promouvoir « l’égalité des chances », mais pourquoi cette cécité sur ces ressorts profonds de l’injustice sociale ? Il est en effet crucial que tous les individus d’une société donnée puissent, sur un pied d’égalité, entrer et évoluer sur le marché du travail, mais qu’est-ce que cela changera au fond si la société de ce marché du travail est profondément inégalitaire et injuste ? Comment ne pas prendre conscience que, si rien n’est fait au niveau le plus fondamental, les réussites en matière d’insertion, les progrès dans l’égalité salariale, la disparition des discriminations, la prise en compte des conditions de l’égalité des chances, resteront marginales dans les effets produits. On pourra affirmer qu’il y a une valeur éthique de l’accumulation (comme l’avait montré Max Weber dans son « Ethique protestante et esprit du capitalisme », voir encadré), qu’il y a aussi sans doute une moralité intrinsèque à l’acte de transmission, mais cela doit-il pour autant suspendre tout jugement critique sur les usages et la répartition de cette accumulation du capital et sur la portée et la destination de la transmission ?

  47. >Paul Jorion

    Le Talon de Fer est à lire dans l’édition Phébus: il y a notamment tout un système de notes en bas de pages qui le transforme en véritable roman de science-fiction, puisque il s’agirait d’un ouvrage d’histoire écrit en 2500 par des érudits d’une république socialiste mondiale…

    Par ailleurs, George Orwell qui appréciait peu le socialisme de London (qu’il estimait être un proto fasciste) en fait une critique intéressante dans Prophecies of Fascism

    http://orwell.ru/library/reviews/fascism/english/e_fasco

    1. Merci. Cet article est très intéressant en effet (il y est aussi question de Brave New World de Huxley, et de H.G. Wells).

      Notez que Orwell observe en réalité que ce sont précisément ce qu’il qualifie de certaines « tendances fascistes » dans la personnalité de London qui lui auraient permis justement de ne pas se leurrer quant à la nature même du fascisme (ce qu’auront été incapables de faire les socialistes orthodoxes de l’époque, ajoute Orwell, qui ne virent là d’abord qu’une variante absurde des démocraties libérales) :

      « With his love of violence and physical strength, his belief in ‘natural aristocracy’, his animal-worship and exaltation of the primitive, he had in him what some might fairly call a Fascist strain. This probably helped him to understand just how the possessing class would behave when once they were seriously menaced. » « Avec son amour de la violence et de la force physique, sa croyance en une ‘aristocratie naturelle’, sa dévotion animale et son exaltation de ce qui est primitif, il avait en lui ce que l’on pourrait à juste titre qualifier de tendance fasciste. Cela l’aida probablement à comprendre comment la classe possédante se conduirait en fait dès qu’ils commenceraient à être sérieusement menacés.

      « A year or more after Hitler had risen to power official Marxism was still proclaiming that Hitler was of no importance and ‘Social Fascism’ (i.e. democracy) was the real enemy. London would probably not have made this mistake. His instincts would have warned him that Hitler was dangerous. He knew that economic laws do not operate in the same way as the law of gravity, that they can be held up for long periods by people who, like Hitler, believe in their own destiny. » « Plus d’un an après que Hitler soit parvenu au pouvoir, le marxisme officiel proclamait toujours qu’Hitler était de peu d’importance et que le ‘social-fascime’ (c’est-à-dire la démocratie) était l’ennemi réel. London n’aurait probablement pas commis cette erreur. Son instinct l’aurait averti qu’Hitler était dangereux. Il savait que les lois économiques ne fonctionnent pas de la même manière que la loi de la gravité, qu’elles peuvent être abolies pour de longues périodes par ceux qui, comme Hitler, croient en leur propre destinée. »

      Orwell ne qualifie donc pas London (ni son socialisme) de proto-fasciste mais il pense reconnaître des traits communs entre le fascisme et l’anarchisme « vitaliste » de London. Cela pointe vers tout ce qui pouvait éloigner Orwell et son « anarchisme policé » (au sens de polis, voir de J.-C. Michéa: Orwell anarchist tory dans toutes les bonnes librairies) de « l’anarchisme naturel » de London, comme ce qui oppose l’ancienne civilisation britannique aux grands espaces « vierges » américains.

  48. @Paul, Jeudi 30 Décembre 1:09H

    Vous avez écrit un « transformer le capitalisme avec l’accord de tous, » à 15H23 !
    117 commentaires et autant de voix discordantes à 1H09, j’imagine votre travail de synthèse …

    Vous pêchez à un seul endroit à propos de Sarkozy : Vous avez omis en introduction au discours de Toulon, le fait que Nicolas Sarkozy était avocat d’affaire par formation. Toute votre citation tombe de ce fait à plat, quand on sait que chez cet homme là, le bras droit juge le bras gauche

  49. Je trouve cette initiative très intéressante.
    Elle doit être préparé au scalpel, réussir a tout les coups, au moins dans la pédagogie.
    Elle doit se combiner avec d’autre initiatives.

    – A qui ? candidat, élu actuel, institution.
    – Comment ? question ouverte ou fermer
    – Type de réponse attendu ? signature, engagement dans la semaine suivant l’élection, proposition parlementaire, …
    – prévoir Plan B, C, D.. en fonction des réponses et ajuster le plan A en fonction des suite probable.
    – Monter un groupe de suivi qui active les options au bon timing (B, Canto, D, préparer en amont) en fonction des évènements. outil a mettre en place (forum)

    — Initiative à mener en parallelle : —

    -1- La monnaie est un bien commun, fait pour circuler et servir l’économie.
    demander plus de traçabilité publique de l’euro par la BCE.
    Au travers d’information lisible par tous de façon schématique.
    qui représente les grand flux de monnaie et leur lieux de stockage .(7 fois le PIB mondial en circulation)
    qui a terme, permette de savoir qui a des euro et combien, en temps réel et historique..
    On doit pouvoir dissoudre a distance les euros qui passe en paradis fiscaux ou oubli de payer les taxes.
    voir norme qualité iso.

    -2- Publication et Traçabilité des informations de l’OMC pour tous, lisible, chiffré, historique…
    Mise à disposition des informations des échanges internationaux, règles, type de douanes..
    avec des indicateurs, comme le taux d’auto suffisance alimentaire…( a défaut de l’OMC commencer par notre ministère national puis européen de commerce).

    -3- idem avec le FMI, la banque mondiale, banque de France et autres institution communes.

    — Note —
    Même si l’on arrivait a mettre en place de nouvelle règles en un coup de baguette magique, il faudrait mettre en place ses outils de surveillances pour veillez a ce qu’elles ne dérivent pas de nouveau.
    Autant commencer pas ca !

    Bien a vous

    1. Des outils de surveillance ? L’arrêt du chèque en blanc donné à un président, jusque-là toujours issu du monde des riches qui a financé sa campagne .
      Dans chaque pays,l’élection d’une assemblée populaire constituante qui prendra les décisions et aussi un tribunal populaire devant lequel le gouvernement, sans aucun privilège, révocable et justiciable au moindre manquement à l’éthique de sa charge, devra rendre périodiquement des comptes et prouver que les mesures qu’ils prend servent l’intérêt général et non celui d’une minorité de puissants .
      Plus de princes arrogants et corrompus au-dessus des lois et qui ne pensent qu’à ripailler et à remplir leurs coffres pendant que le peuple dont ils sont censés défendre l’intérêt n’en finit pas de souffrir ..

    2. pour ceux qui veulent effrayer les capitalistes , deux propositions :

      – suppression du secret comercial

      – livre de compte accessible à tous ( on pourrait voir à quoi servent les prix de transferts par exemple , …… )

    3. @ Gorban:

      Très bien vu! Ajoutons y:
      – réquisition et gestion par les travailleurs des entreprises qui licencient
      – pas de salaire ou retraite de moins de 1600 € net
      – augmentation de 300 € pour tous
      – partage du temps de travail avec la semaine de 32 heures

      Autant de demandes de bon sens, facilement réalisables,
      avec les centaines de milliardsde dépenses de luxe des capitalistes,
      et d’accumulation financières de ces mêmes rentiers,
      au milieu de besoins essentiels insatisfaits.

      Ils ne voudront jamais, car c’est mettre par terre le capitalisme ?
      Raison de plus, allons-y!

  50. Abriter tout le monde est la première mesure qui s’impose aux gouvernements car chez nous même l’obtention du RMI/RSA exige d’avoir une adresse.
    Comment l’Etat français concilie-t-il ce droit au logement opposable et la présence de tous ces SDF qui dorment dehors , mourant en silence par ce grand froid ? Je ne comprends pas comment il se fait qu’aucune association humanitaire n’attaque l’Etat en justice sur ce point .
    Au lieu de cela, le gouvernement s’enfonce encore plus dans l’illégalité en aggravant son non respect du droit au logement opposable par la loi LOPPSI II qui autorise la destruction de tous les logements de fortune « insalubres », cabanes, tentes, yourtes, camions … ainsi que leur contenu, sans avoir fourni d’abord à leurs occupants un logement salubre. Cette démarche est une condamnation à mort de toutes ces familles pauvres qui devront demeurer sans abri sous la pluie et dans le froid, un crime contre l’humanité, contre l’ensemble de la catégorie sociale des très pauvres, discriminée et condamnée à mort. Et aucune puissante association humanitaire ne réagit en justice.

    Pendant ce temps, si les puissants continuent dans la même voie, on s’approche irrémédiablement de « the big one », c’est une évidence, pas nécessairement à la date du 21 décembre 2012 que nous offrent maintenant voyants et astrologues après l’oubli de leurs prédictions ratées pour l’an 2000. C’est curieux comme on oublie aussitôt toutes les prédictions qui ne se sont pas réalisées, on ne se souvient que des prédictions réussies , du pain béni pour les voyants .
    Pas besoin d’être voyant : avant ou après cette date, si le serpent du monde capitaliste continue de s’autodévorer, il n’en restera plus que la tête qui sera elle-même condamnée à mourir faute d’aliments.
    http://www.lenouveleconomiste.fr/a-la-une-the-big-one-4544/#more-7646
    Nous sommes les aliments de ce monstre, au fond les plus forts car les plus nombreux. Que devons-nous faire pour nous rendre impropres à la consommation du monstre,afin de reprendre notre destin en mains et recréer une organisation sociale du monde à la fois juste, intelligente et écologiquement économe en ressources naturelles ?
    Paul et ses amis, qui connaissent les rouages du système, sont bien placés pour trouver la faille . Le Bankrun à la Cantona en est une, mais ce n’est sans doute pas la seule .

    Je garde en mémoire la démarche de Gandhi qui a obtenu pacifiquement l’indépendance de l’Inde en incitant ses compatriotes, par des méthodes simples, à se rendre inutilisables et même à devenir une charge pour l’économie de la Grande-Bretagne impérialiste..

    1. Que devons-nous faire pour nous rendre impropres à la consommation du monstre?
      Pas exactement.
      Le monstre est en train de rendre de plus en plus de gens impropres à sa consommation : sdf, rsaistes, chomeurs………..
      Il peut très bien décider de ne plus les prendre en charge, tout simplement, cela ne lui fera ni chaud ni froid.
      Par contre il faudrait trouver le moyen de devenir « indigestes » !
      C’est à dire que tout en étant nécessaires à sa consommation, il ne puisse plus nous digérer!
      On lui resterait sur l’estomac quoi !

    2. Hélas, Louise a raison : les pauvres, les  » faibles », les démunis, ceux qui n’en peuvent plus, ceux qui tiennent encore le coup, mais vont lâcher la barre un jour ou l’autre : vous, moi , qui sait ! … …sont passés par pertes et profits .
      Ils n’ont aucune importance !

      Seul le dieu-gold est vénéré ! Hourrah pour les USA qui nous ont piégés dans leur système délétère : argent,argent,argent, encore, encore, consommer, consommer, se baffrer, encore, encore …accumuler, toujours plus …être le plus fort – parce que je le vaux bien – mépriser le plus faible, car il ne vaut rien …
      Bon sang, c’est à l’envers de toutes nos valeurs ! Liberté,Egalité,Fraternité ! Il faut tout reprendre à zero ! Le gouvernement est corrompu, soit ! et les autres ? que font-ils ?

      Ne pas mollir : s’indigner et le dire partout !

      http://www.mediapart.fr/ : Stéphane Hessel nous encourage, et nous donne des conseils de lecture !

    3. Comment devenir « indigestes », c’est à dire comment retourner contre leurs auteurs les pièges qui ont été mis en place pour nous exploiter ? Par exemple, si le petit épargnant en colère ne clôture pas totalement son compte d’épargne ridiculement rémunéré mais y laisse dormir 5 euros, le banquier ne dépensera-t-il pas davantage en frais de gestion de ce compte qu’il n’y gagnera ?

  51. Nul n’est parfait, bien évidemment, mais autant savoir en quoi. Sur le fond, le capitalisme se transforme très bien tout seul. Pourquoi y contribuer ? D’où cette adresse :

    Monsieur Jorion, cette initiative me contraint à répéter ce que j’avais déjà dit à un autre propos d’autre chose

    Comment pouvez-vous donc attendre quoi que ce soit du pouvoir ? Quelques phrases contre les usuriers vous suffisent-elles pour vous laisser abuser quant à la distribution des pouvoirs entre ledit « économique » et ledit « politique », ce dernier faisant mine de réparer l’immoralité de l’autre tout en dépendant ?
    Un tel degré de naïveté n’est plus de la naïveté. Et n’allez pas nous dire, monsieur Jorion, hypocritement, « c’est pour faire réagir ».

    Vous connaissant mieux, je ne change de ce paragraphe, aujourd’hui, que la dernière phrase par :

    « vous nous direz, « c’est pour faire réagir », comme si votre abyssale candeur politique vous persuadait que les consciences déterminaient les réalités des conditionnements sociaux plutôt que l’inverse. »

    Là où j’y voyais de la malice, j’y vois aujourd’hui de l’idiotie. Cette motivation est plus sympathique, certes, mais cela ne change rien à l’affaire. Peut-être même cela rend-il vos efforts plus récupérables encore, puisque vous montrez votre faiblesse… En matière de politique, voire d’économie politique, Milton était moins aveugle que Dostoïevski , et meilleur joueur.

    Je sais bien que le ton condescendant que je prends ici est déplaisant – j’ai aussi mes faiblesses –, mais je n’ai pas trouvé de meilleur moyen pour vous inviter à jouer au jeu où vous êtes le meilleur : celui qui consiste à pallier la division des savoirs, en tentant de faire dialoguer certaines sciences les unes avec les autres. Or ce dialogue est utile pour désacraliser la religion qui nous est contemporaine : l’économie, voire l’économie politique. Dommage de tout raturer en allant directement aux consciences passives – seulement morales et par là versatiles et possiblement hypocrites –, qui sont celles qui opinent ; plutôt que de travailler leur conditionnement philosophique de manière qualitativement critique en le creusant au détour de ses sources. Cette critique qualitative étant la condition langagière et vivante de leur autonomie, et ce par quoi ces consciences deviennent actives.

    1. pour ma part , je suis très étonné que Paul Jorion prenne une telle initiative ..mais , bon …

      @Schizosophie
      « ..Sur le fond, le capitalisme se transforme très bien tout seul.. »
      Certes ,mais là où il faudrait creuser un peu ( et c’est là que la jonction des champs de connaissance est particulièrement utile , et que le cloisonnement actuel de « l’hyper-spécialisation » est « instrumentalisée » (le règne des « experts ») pour « bloquer » la réflexion) , c’est de bien comprendre ce qui se cache derrière ce terme générique de « capitalisme »…terme qui devient tellement polysémique qu’il en devient a-sémique (si j’ose le néologisme).

      intuitivement , l’on perçoit tous que quelque chose de fondamental (dans la perception que nous avons tous de la façon dont doivent s’organiser les échanges humains (et leur économie,écologie,polis..)) est en train de changer….

      il s’agit , néanmoins,à mon avis ,de mettre en place une maïeutique qui puisse permettre un accouchement le moins « dystocique » (problématique) que possible…..
      je pense que c’est là que réside l’initiative de PJ. ?

      par contre , elle plonge dès le titre de l’article dans l’aporie (« ..avec l’accord de tous… »)

      cordialement à Tous

    2. @schizosophie: je ne serai pas aussi catégorique sur la stratégie de Paul. Je le crois très malin. Mais il faut bien avouer que j’ai un doute depuis quelque temps sur la radicalité de ses propositions (hormis l’interdiction des paris).
      D’un autre côté, il fait ce qu’il lui est possible de faire avec les moyens dont il dispose. Faire la révolution sur le papier, c’est facile. Essayer de changer les choses réellement en est une autre. Et agir naïvement (du moins apparemment) est sans doute plus efficace que de penser de manière réaliste.

    3. sentier198 30 décembre 2010 à 10:51

      mais là où il faudrait creuser un peu

      On ne peut pas tout dire en une formule, mais derrière ce que vous appelez « le terme générique » voila schématiquement ce qui se trouve :
      – enclosures, passage des métiers à la fabrique, de la fabrique à l’industrie, taylorisme, toyotisme (sophistication de l’appareil de production) ;
      – tendance universelle à la valorisation, celle des États tout récemment ;
      – contradiction monopolistique de la mondialisation ;
      – création progressive de nouveaux besoins tendanciellement moins dépendant de leurs usagers ou utilisateurs (révolution des choses plutôt que révolution des humains) ;
      – polarisation de l’humanité en deux classes dont l’une, constituant l’immense majorité, est socialement dépendante de celle qui s’est approprié les moyens de production via l’universalisation de la valeur.

      Rien de nouveau dans ces thèmes, mais plus ils apparaissent liés les uns aux autres et plus chacun apparaît précisément, plus il sera possible d’inverser le sens du changement. Au contraire, poser la critique comme derrière l’observation, et espérer ce changement, ou s’en désespérer, du point de vue de cet arrière-monde ; cela condamne la portée du discours aux fonctions limitées de l’exhortation. Il est nécessaire que la critique quitte cette position si elle veut être pourvue d’une certaine efficience. Lorsqu’elle n’est pas assez mûre, elle devrait s’abstenir, sauf à se donner pour proie aux sophistes et aux hypocrites.

      La théorie doit savoir attendre le moment où telle pratique lui est possible, et elle doit l’attendre d’elle-même.

    4. Écoutez donc Schyzosophie, Jorion ! Ne faites pas l’idiot, pas même dostoïevskien ! C’est déja trop. Stoppez là, SVP !
      Ne quittez pas votre perchoir, et notre promontoire bloguesque. Restez avec les oiseaux de haute volée et de bon aloi. Ne vous dessaisissez pas de vos semelles de vent pour quelques sabots crottés ! Continuez de vous hâter lentement dans votre œuvre rectifiante et édifiante de l’azur idéelidéal dominant les  »consciences passives, seulement morales et par là versatiles et possiblement hypocrites » des quelques homminicules qui nous tiennent lieu de  »concitoyens » ou, pire ! , de  »représentants ».
      Persistez dans votre effort réunificateur des nues éthérées de nos sciences disjointes, contentez vous de rimelliser sous un jour nouveau ces cieux en désordre. Quelques gouttes s’échappant de vos néo-cumulus recomposés comme les quelques rayons de lumière qu’ils laisseront filtrer suffiront au bonheur de l’humaine zoo-sphère qu’ils recouvriront alors. Nul besoin pour vous d’aller patauger si bas, dans cette fange. Votre place est ailleurs. Grand soleil et grand vent !

      Ressaisissez vous que diable ! Oubliez ce caprice enfantin, oublieux de vos mérites (et des nôtres), ingrat que vous êtes ! Nous oublierons alors quant à nous, magnanimes, cet écart, allons ! cette vétille, cette dérisoire et malheureuse velléité régressive.

      Ecoutez Schyzosophie, Jorion….

    5. @ vigneron 30 décembre 20010 à 13 h 25

      Entendu. Mais le rimmel ni le bonheur ne viennent d’aucune hauteur. Au contraire, il s’agirait de s’élever de l’abstrait au concret. Quant aux consciences, sachez que de mon point de vue, qui n’est pas perché, sinon gare aux houris, il arrive à toutes, à la mienne itou, d’opiner plutôt que de comprendre. Je voulais dire simplement qu’elles doivent se taire (en public sinon parmi ses propres cons) quand elles opinent, parce qu’alors elles ne disent rien et n’ont rien à dire.

      Votre chant tient plus du Milton que de la harangue. J’y boirai un coup ce soir, sous ces cieux trop ordonnés à mon goût.

  52.  » Quand on veut éviter d’être charlatan, il faut fuir les tréteaux; car, si l’on y monte, on est bien forcé d’être charlatant (…) » CHAMFORT, Maximes, Philosophie et morale, XIV.

    1. Charlatan : « Personne qui exploite la crédulité publique ou qui recherche la notoriété en se faisant valoir par des promesses, de grands discours. »
      Escroc, hâbleur, imposteur, menteur.
      Le Grand Robert.

    2. charlatan :  » économiste qui se gausse d’être un scientifique parce qu’il utilise des mathématiques pour calculer des prédictions qui jamais ne se réalise.  »
      source : moi lol

  53. Toute idée simple peut facilement être traduite en simpliste et donner cours à toutes sortes de moqueries. Ces comportements foisonnent et se multiplieront sur ce blog.

    Parfois les idées simples sont bonnes. Je trouve celle-ci excellente parce qu’elle « capitalise » sur le minimum consensuel qui n’est déjà pas mince.

    1. Une autre qualité de la proposition: elle est réalisable hinc et nunc (je trouve que ça fait moins banal qu’ici et maintenant). Pas besoin d’attendre une élection, la révolution, le grand soir ou les matins qui chantent. On (je veux dire Paul Jorion) propose ça à la prochaine apparition télé, si possible avec présence d’un(e) UMP et d’un(e) PS, et on relaie par un buzz…

      Qui va encore critiquer cela?

  54. Avec le respect que je vous dois Mr Jorion cette initiative me fait rire, surtout en y associant l’UMP et l’oligarchie de Mr Sarkozy.Je vous conseille simplement de lire « LE PRESIDENT DES RICHES »aux éditions Zones.Ce livre qui n’a rien d’un pamphlet, est très bien documenté par une bibliographie conséquente.Il commence comme ceci « il y a une guerre des classes,mais c’est ma classe,la classe des riches,qui mène cette guerre et nous sommes en train de la gagner » signé Warren Buffet.
    Le capitalisme n’a pas besoin de nous pour le sauver….mais c’est à nous de reprendre la main

    1. Traduction pour les non anglophones:
      Depuis l’été dernier, la nature de la crise des marchés financiers a changé. « Le problème est maintenant non plus la liquidité dans le système mais plutôt une question d’insolvabilité systémique » a indiqué Mervyn King, gouverneur de la banque d’Angleterre lors d’un repas avec le secrétaire adjoint au trésor Robert Kimmitt et l’ambassadeur Tuttle.

      King a parlé de deux impératifs.
      • Premièrement trouver une solution afin que les banques évitent le stigmate de vendre du [papier non voulu] à prix cassé ou soient obligées de demander l’assistance des banques centrales.
      • Secondement s’assurer d’un effort coordonne pour pouvoir recapitaliser le système bancaire global.
      Pour le premier impératif, King a suggéré la mise en place d’un processus de regroupement et d’enchères afin de débloquer l’important volume d’investissements financiers pour lesquels il n’y a pas de marché à l’heure actuelle. Pour le second point, King a suggéré que les États-Unis, le Royaume-Unis, la Suisse et peut-être le Japon forment un nouveau groupe temporaire afin de développer de manière conjointe un effort pour apporter ensemble les sources de capital pour recapitaliser les principales banques.

      Une bombe. « ils » savaient.

    2. « Since last summer, the nature of the crisis in financial markets has changed. The problem is now not liquidity in the system but rather a question of systemic solvency, Bank of England (BOE) Governor Mervyn King said at a lunch meeting with Treasury Deputy Secretary Robert Kimmitt and Ambassador Tuttle. »

      C’est daté 17 mars 2008, et ça renvoie à l’été 2007. Donc : pas de stupidité, simplement du mensonge, ils connaissent la gravité de la situation. On ne dira pas aux gosses que Grand-père est mort, on leur dira qu’il est parti pour un très long voyage en Chine.

      Encore quelques câbles comme celui-là rendus publics, mon cher Schizosophie, et vous allez voir que le Discours de Toulon va redevenir d’une actualité brûlante.

    3. Houlala, c’est du chaud ce câble. On le savait qu’ils nous entubaient avec préméditation, mais là, de voir une preuve noir sur blanc, ça me fait tout chose.

    4. Vincent dit :
      1 janvier 2011 à 18:19

      Que voulez-vous : il y a des Vieux – quel beau mot, en ce cas – qui sont jeunes jusqu’au bout de leur âge …

      Et des jeunes, qui auront beau se faire lifter dès la première atteinte de l’âge, qui sont vieux, petitement …

      La différence aussi, entre le fond et la forme .

      Pas homme providentiel, non ! Mais exemple, digne de respect !

    5. M dit :
      Votre commentaire est en attente de modération
      1 janvier 2011 à 19:42

      me suis trompée de place : en fait, fil billet 72

  55. Et c’est reparti pour un autre Yes, we can. On ne sait pas encore qui reprendra le flambeau des promesses enflammées, mais une chose est certaine, c’est que l’appareil qui l’amènera au pouvoir aura su inspirer la confiance requise du capitalisme financier. Notre système politique autorise les élus à mener une politique contraire à celle espérée par les électeurs, quitte à repasser la patate chaude aux menteurs suivants comme c’est devenu l’habitude.
    Nos concitoyens protestent mais s’en accommodent, parce que la remise en cause radicale du système impérial leur fait craindre la disparition de leur illusoire statut d’êtres supérieurs. Les galériens ne seront pas libérés par les garde-chiourmes. Les « occidentaux » ont eu leur chance de peser sur la destinée du monde, mais ce n’est plus ici que se prépare l’avenir.

    1. Occidentaux…bon, mais je ne confonds pas Europe et USA …

      Et, un monde multipolaire, ça vous irait ?

      Moi, je trouverais cela plus équilibré .

      Le gouvernement ( pardon, la gouvernance) mondiale, c’est pas mon « verre de vin » [ Pessac Leognan 1996 ] …

  56. Votre idée me semble excellente. Avant tout parce qu’elle ne vise pas à faire disparaître le capitalisme qui, selon moi, est à la base du développement de l’humanité. S’il devait disparaître, l’homme disparaîtrait avec lui.

    Le capital doit être vénéré et sauvegardé parce qu’il sert de base à la préparation du futur. Il permet aux humains de s’adapter aux conséquences de leur évolution et ce faisant d’assurer leur survie.
    Ce qui apparaît aujourd’hui nécessaire, c’est de réconcilier le capitalisme et l’anticapitalisme qui, l’un comme l’autre sont condamnables du fait de leurs excès.

    L’un, le capitalisme, par ses excès d’accumulations individuelles et ses dérives financières, se rend condamnable en donnant l’image d’égoïsmes exacerbés et ce faisant inhumains.
    Le fait d’accumuler au lieu de tout consommer dans l’instant présent est très louable en soi car il témoigne d’une prise en compte du futur et de la nécessité de disposer de ressources pour faire face aux besoins à venir, identifiés ou non.
    Mais l’excès de précautions finit par paralyser l’action en étouffant la marche en avant et l’exploration du futur. En période d’incertitude, les replis sur soi et sur leurs valeurs matérielles ou morales favorisent les divisons et les oppositions alors qu’il convient de rechercher les conjugaisons d’efforts.

    L’autre, l’anticapitalisme est également excessif car, au motif de vouloir satisfaire les envies du plus grand nombre, en le focalisant sur la consommation immédiate, sans se soucier du lendemain, il s’en prend à ce qui a permis à l’homme de se différentier de l’animal à savoir à son aptitude à capitaliser les expériences et les richesses et à accroître ses rendements de captage de ce qui alimente la vie, à savoir, l’énergie.
    C’est en prônant la lutte des classes que l’anticapitalisme voit une possibilité d’étancher la soif de consommation du plus grand nombre, sans en mesurer les conséquences sur le futur.

    C’est là une très grave erreur.

    D’une part, parce qu’au stade où nous en sommes de la consommation des énergies non renouvelables, il ne faut certainement pas laisser croire au plus grand nombre, qu’un maintien ou qu’un accroissement de la consommation nous placerait sur la voie d’une solution durable. Même si la consommation des grands capitalistes est importante, prise individuellement, elle ne représente qu’une très faible part de ce que consomment ou voudraient consommer le plus grand nombre de ceux qui aspirent à consommer davantage.

    D’autre part, parce que prôner la lutte des classes, c’est s’engager dans la voie des déperditions d’énergie qu’engendrent les frictions, les oppositions stériles, les destructions partisanes alors que les meilleurs rendements ne peuvent être obtenus que par la mise en accord d’efforts concertés et unis. Eviter les gaspillages est certainement aujourd’hui, le premier devoir de l’humanité, ce qui justifie de tout mettre en œuvre pour éviter les conflits nationaux, régionaux et mondiaux.

    Paul Jorion a un jour évoqué l’intérêt d’un gouvernement d’union nationale, peut-être est-ce sa première pierre pour construire l’édifice.

    Alors de grâce, les plus radicaux des intervenants sur le blog, mettez de l’eau dans votre vin, à l’image de ce que se propose de faire celui qui voyait la fin du capitalisme et que la raison et la sagesse me semblent amener à envisager de le faire vivre en le modifiant.

    Je salue son courage sans même connaître la proposition qu’il nous promet. Je crois en une démarche pragmatique à l’image de celles qu’ont pu adopter les dirigeants de très grands pays qui, après avoir conduits leurs peuples vers la lutte des classes, ont admis l’utilité d’une recherche d’équilibre, gage d’efficacité et de progrès.

    Il faut certainement de tout pour faire un monde, c’est pourquoi il me semble primordial d’exterminer d’abord et avant tout la haine des autres en favorisant la fraternité entre tous les hommes.
    Pour cela, il faut aussi s’employer à se constituer un capital unifié de morale universelle. Il faut fusionner ce que les différents courants philosophiques et religieux ont trop souvent développé en opposition les uns avec les autres. Voila un champ d’activité immense quand on pense qu’il devrait concerner 7 milliards d’individus.

    Il y a quelques décennies encore, il aurait fallu y consacrer beaucoup de temps et d’énergie, mais avec internet et les blogs, il est possible de progresser très vite. Mais il faut s’y employer sans relâche, comme cela se fait grâce au blog de Paul Jorion, à son équipe, et à tous ceux qui y interviennent, quelles que soient leurs opinions de base. Cela donne espoir d’atteindre l’équilibre, puis l’harmonie dans la diversité.

    1. Il faut certainement de tout pour faire un monde, c’est pourquoi il me semble primordial d’exterminer d’abord et avant tout la haine des autres en favorisant la fraternité entre tous les hommes

      ben justement je ne crois pas que l’on a besoin d’un tas de parasites ( bine utile actuellement ) tels la finance, le marketing, la propagande ( autrement nommée la publicité depuis les années 30 ), bref beaucoup de « professions » intermediaires entre le producteur et le consommateur.

      je ne pense pas que beaucoup d’anti-capitaliste souhaite leur extermination mais leur disparition économique oui !

      je remarque que, quand vous mettez dos à dos capitalistes et anti-capitaliste vous êtes nettement plus dur envers ces derniers ; en fait vous avez du mal à assumer votre soutien au système économique d’extorsion de richesses du peuple vers les possédants et leurs larbins ( enfin les miettes qu’on veut bien leur laisser ) : le système capitaliste.

      il est vrai que la crise venant, il devient plus difficile de défendre l’indéfendable ( quel dommage que l’URSS ne soit plus là pour servir d’épouventail )

      vous l’avez compris, je ne cherche aucune harmonie avec des gens qui , comme Séguela, pensent que si on ne possède pas de rolex à 50 ans , c’est qu’on a loupé sa vie !

      socialisme ou barbarie

    2. Jducac.
      Il y a un léger malaise…

      Car je vois mal des milliardaires ainsi que leurs bras armés financiers faire la moindre concession à la plèbe…

      N’oublions pas que nous sommes revenus au Moyen-Age…

    3. Il faut certainement de tout pour faire un monde, c’est pourquoi il me semble primordial d’exterminer d’abord et avant tout la haine des autres en favorisant la fraternité entre tous les hommes.
      Pour cela, il faut aussi s’employer à se constituer un capital unifié de morale universelle.

      Moi quand je vois « exterminer», «haine» et «fraternité» dans la même sentence définitive, j’ai mal aux yeux.
      Et quand derrière je lis une injonction à «s’employer à se constituer un capital (encore !) unifié (ah tiens !! ) de morale universelle» (ah bon, okayyyy…), l’ai mal au ventre. De rire.

      Dans le genre réac, j’préfère Cioran à Jducac, plus franc du collier et infiniment mieux dit, pour tout dire incomparable :

      Dès qu’on sort dans la rue, à la vue des gens, « extermination » est le premier mot qui vient à l’esprit .

      Ou bien, plus présentable :

      La tolérance n’est, en dernier ressort, qu’une coquetterie d’agonisants.

      Z’êtes pas rendu, comme on dit par chez moi… Hein !? Jducac…

    4. @jducac: « Alors de grâce, les plus radicaux des intervenants sur le blog, mettez de l’eau dans votre vin »

      Lorsque vous mettrez un peu de vin dans votre eau.

    5. Oui…
      En même temps, mettre de l’eau dans son vin est une provocation grave envers Vigneron.

      Le vin se respecte, lorsqu’il est bon. Mets-je un glaçon dans mon malt : NON! Ce serait détruire une partie de ses arômes. Sacrilège.

      Et plus sérieusement, le « business as usual » semble en fin de course et vous avez raison de vous affoler aussi.
      95% de la populace ne s’affole pas. Elle va juste se révolter.

    6. Merci Vigneron d’avoir relevé, quand je vois exterminer et fraternité dans un même phrasé , les bornes de la  »morale universelle » sont caduques du cac, le  »z’ête pas rendu » gentil de Vigneron, je le transformerai en z’ête pas parti. Fraternellement, ma bonté me perdra.

    7. L’autre, l’anticapitalisme est également excessif car, au motif de vouloir satisfaire les envies du plus grand nombre, en le focalisant sur la consommation immédiate, sans se soucier du lendemain, il s’en prend à ce qui a permis à l’homme de se différentier de l’animal à savoir à son aptitude à capitaliser les expériences et les richesses et à accroître ses rendements de captage de ce qui alimente la vie, à savoir, l’énergie.

      Non. Désolé. Me considérant anticapitaliste (tendance anarchiquécolobouddhiste) je ne me reconnais pas du tout dans votre description. Il y a anticapitalisme car il y a capitalisme, un système qui ne fonctionne pas.

      Quand au reste de votre communication, je ne commente pas plus car il y aurait tellement à contredire.

    8. @ Yvan
      « N’oublions pas que nous sommes revenus au Moyen-Age… »

      Diable… c’est bien ce que je pensais mais… y aurait-il un quelconque mode d’emploi ou guide de voyage pour me faciliter la tâche ? Je sais que, contrairement à ce que l’on pense d’ordinaire, le moyen-âge fut riche de beaucoup de choses mais je sais aussi que bien peu en profitèrent alors. Comprenez, j’ai peur de rester sur le carreau (d’arbalète).

    9. Kolagêne…
      Ce n’est pas la première fois que je vous engueule. Méfiez-vous que cela devienne une habitude.

      Faut évoluer, mon vieux.
      Le pire dans l’histoire est que j’ai radicalement évolué en écoutant des vieux qui avaient souffert largement plus que nous.
      Comme quoi, apprendre est une bonne ET une mauvaise chose : cela permet de moins se faire rêver.

    10. @ Yvan
      Je consulte ce blog quotidiennement avec un intérêt toujours grandissant. Je me réjouis de lire les interventions de tous et plus particulièrement de certains (dont les vôtres, j’avoue !). C’est grâce à P. Jorion et à vous tous que je me suis rendu compte dans quel merdier je m’étais fourré il n’y a pas si longtemps (endetté sur 30 ans pour un appart’ minuscule) même si je ne suis pas un des plus à plaindre (boulot stable et bien payé). Si je devais résumer mon sentiment ici, je dirai qu’il y a une chose que j’ai désapprise : c’est tirer des plans sur la comète. Comment, après toutes ces lectures dont je m’abreuve depuis une année désormais, pourrais-je utiliser le futur simple dans mes phrases sans douter au fond de moi-même de la réalisation de ce futur ? Le contraire ne serait pas raisonnable. Pour le reste, vous avez parfaitement raison, Yvan : c’est le retour au Moyen-âge qui s’annonce. Et pour moi, le Moyen-âge signifie vivre au jour le jour. Ce que je n’ai jamais appris à faire. D’où une irrépressible trouille montante.

    11. Les pauvres vivent au jour le jour …
      Les gens ayant vécu un traumatisme vivent au jour le jour …
      Ceux qui ont tout perdu (guerre, famine …) vivent au jour le jour.

      Nous sommes dans une période traumatisante, suivant nos critères, mais ….

      Vivre au jour le jour, hors misère, est souvent une chance. On y apprend à goûter chaque petit moment de petit bonheur .On sait que l’accumulation est absurde. La vie, même quand elle n’a l’air de rien sur un plan « social », est plus intense. Enfin, cela ne va pas de soi …c’est tout un chantier, et il faut y revenir souvent !

    12. @ J.Gorban dit : 30 décembre 2010 à 15:24

      je ne crois pas que l’on a besoin d’un tas de parasites

      Quand l’intolérance pointe son nez, quand on en arrive au 21ème siècle à voir des parasites chez nos semblables qui exercent des professions tout à fait autorisées, quand on n’est pas capable de prendre un peu plus de hauteur pour porter des jugements, alors oui la barbarie est proche.

      Que proposez-vous de faire avec ces parasites ? Les mettre au chômage ? Les envoyer au goulag ?

      Beaucoup de professions modernes existent parce que notre niveau de vie permet de les payer grâce à l’énergie bon marché qu’on transforme en travail et qui libère du temps pour une foule d’activités qui n’existait pas antérieurement. C’est ce qui fait notre niveau de vie, notre niveau de confort et d’agrément nous, pays développés qui, depuis 150 ans, puisons sans gêne dans le capital commun des terriens.

      Ces temps heureux seront bientôt révolus si nous ne savons pas développer une nouvelle énergie tant qu’il nous reste encore quelques ressources.

      C’est pour cela qu’il me semble sage de chercher à nous entendre intelligemment pour corriger notre trajectoire commune comme le propose Paul Jorion, au lieu de partir dans la désunion, les solutions radicales et violentes qui ne pourraient qu’accélérer notre marche vers le chaos, vers la barbarie.

      Pour cela il faut cultiver l’union et la fraternité, là où beaucoup ne cherchent que la division en armant des haines.

    13. @ jducac,

      Vous demandez à J. Gorban que faire avec ces « professions modernes tout à fait autorisées » qui sont devenues parasites.
      (j’ai aimé votre référence au « Goulag », comme une validation plaisante du texte amusant que LEROY avait trouvé, et que nous rappelait Charles A. plus haut)

      Que faire avec ces professions parasites ?
      Déjà ne plus les autoriser en l’état. Après tout, on a vu, dans nos systèmes économiques libéralisés, des professions autorisées sans contraintes à un moment donné, se retrouver encadrées à une autre époque. Comme la production du bouilleur de cru, celle du financier pourrait être à modérer, sous la contrainte de lourdes taxes.
      Ensuite, pour « corriger notre trajectoire commune, au lieu de partir dans la désunion », on pourrait, en cultivant « l’union et la fraternité » avec nos financiers, marketeurs et communicants, inventer d’autres professions honnêtes où ils pourraient déployer leurs talents. Ce n’est pas parce que ces derniers n’ont aucune pitié pour les autres professions (textile, sidérurgie, agriculture, pêche, sylviculture, etc. – voir aussi le sort actuel des familles d’ouvriers de chez Lipton-Unilever à Géménos, victimes de la finance sans âme) qu’il faut se comporter de façon aussi inhumaine avec eux. C’est bien la profession de financier qui est devenue parasite. Ceux qui l’exercent sont des hommes et des femmes comme les autres, qui cherchent un honnête gagne-pain. Aidons-les. Amen.
      Vous verrez, jducac, nous finirons bien par « atteindre l’équilibre, puis l’harmonie dans la diversité ».

    14. OK, Kolagêne, je comprends mieux. Mais il fallait m’expliquer.

      Déjà, je reconnais l’effort de lire mes commentaires, ça ne doit pas être évident 😉

      SI vous avez fait un prêt à taux constant et que vous avez un boulot, déjà, c’est votre banque qui payera votre logement (par l’inflation), puis, c’est votre employeur qui sera obligé de vous augmenter pour que vous PUISSIEZ continuer à vous nourrir pour bosser.
      Donc, bien d’autres que vous seront dans une situation critique bien avant vous.

      Ce qui n’empêche que votre entreprise pourra s’arrêter si l’économie nous refait un mégabug ou qu’une révolution éclate.
      Et là, votre trouille passera d’elle-même car, tout comme m’ont expliqué mes grand-parents de leur période d’occupation : « il a bien fallu se débrouiller ». Certes, ils en ont bavé, mais…

      Ce que je prône est que l’humain en général ignore ses capacités face à des situations extrêmes mais s’en sortira toujours mieux sans des banques prédatrices qu’avec elles.
      D’où le bénéfice énorme que nous aurons d’un écroulement du système.
      Que je ne souhaite ni ne redoute, il faudra bien faire quelque chose dans les deux cas.

    15. @ jean-luc

      voir aussi le sort actuel des familles d’ouvriers de chez Lipton-Unilever à Géménos

      En leader du blog de l’appel au boycott lancé par les ouvriers d’unilever, je verrais bien pablo. Pas sûr qu’il consomme du Black Ceylan BOP de chez Lipton à 7,50 euros les 200 g, mais bon…
      Moi je boycotte, d’office ! Pas dur, je bois jamais d’eau chaude autre que du café (beaucoup et pas de chez unilever…).

    16. @ yvan dit : 30 décembre 2010 à 15:25

      je vois mal des milliardaires ainsi que leurs bras armés financiers faire la moindre concession à la plèbe…

      C’est effectivement une difficulté.

      Mais à quoi ont servi les luttes fratricides menées jusqu’alors dans les grands pays qui ont misé, au siècle dernier, sur la lutte des classes pour renverser le cours des choses ?
      Aux massacres, aux totalitarismes, aux exterminations sommaires, aux remplacements d’anciennes oligarchies par de nouvelles, à la condamnation du capitalisme et son remplacement par le communisme et autres noms en ismes, pour, qu’en final, ceux-là mêmes qui le condamnaient réintroduisent ses mécanismes en reconnaissant ainsi implicitement son efficacité bien supérieure à celle du collectivisme ?

      N’est-il pas plus sage d’admettre qu’il y aura probablement toujours des forts et des faibles, des riches et des pauvres et que ce qu’il faut viser c’est la réduction des écarts bien plus que l’impossible égalité des situations.

      Pour y parvenir, n’est-il pas plus digne et humainement responsable de faire appel aux sentiments de respect mutuel des gens afin que chacun se sente reconnu pour ce qu’il apporte à la communauté, quelle que soit sa place dans la hiérarchie des situations ? Unissons donc nos efforts et partons du principe que les valeurs morales qui doivent nous unir n’ont aucune raison d’être l’apanage des uns plus que les autres. En conséquence il ne faut pas, à mon avis, stigmatiser les uns plus que les autres. D’où mon intervention ci-dessus, que j’ai voulu équilibrée.

      Il n’y a pas si longtemps encore, avant que l’influence religieuse se soit amoindrie, et que l’esprit du chacun pour soi qui touche toute les couches de la société depuis 40 ans ne se soit autant développé, la vie de notre communauté était bien plus harmonieuse sans pour autant être égalitaire. Etant probablement un des plus âgé à intervenir sur ce blog, j’en ai témoigné à plusieurs occasions et en particulier ici.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=3382#comment-29158 Etait-ce prémonitoire ?

      Non, nous ne sommes plus au 19ème siècle, ni au moyen âge, il nous appartient donc d’agir avec les moyens civilisés à notre disposition aujourd’hui !

    17. @ vigneron dit : 30 décembre 2010 à 15:35

      il me semble primordial d’exterminer d’abord et avant tout la haine des autres

      Tel est mon message.
      Vigneron, vous ne vous grandissez pas en voulant rabaisser votre interlocuteur. Tenter de dénaturer un message qui se comprend aisément quand on n’est pas mal attentionné est souvent tout ce que peuvent faire ceux qui n’ont pas d’arguments à opposer.

      ai mal au ventre. De rire.

      J’ai plutôt envie de pleurer. Surtout quand je constate qu’un tel billet émane d’une personne qui s’était spontanément déclarée être mon frère, sans préciser qu’elle se voulait avant tout ennemie, quoi qu’il advienne.

      Inutile de perdre son temps, laissons parler Victor Hugo. Il écrit presqu’aussi bien que vous.
      http://www.victor-hugo.info/poemes/407.html

      En cette période de vœux, je vous souhaite tout simplement d’être bon, ou au moins meilleur, pour vivre ainsi plus heureux. C’est une carence qui se soigne, si on a du cœur et du respect pour son prochain.

    18. Jducac.

      Je discute d’égal à égal avec des sociétés multinationales par le pouvoir qui m’a été conféré par une multinationale.
      Le respect est une des valeurs qui m’a toujours été le plus reconnu et qui me permet d’obtenir les accords les plus équilibrés que ma société n’ait jamais eu.

      Mais sans cette délégation, je ne serais RIEN.
      Allez à votre banque et essayez à titre personnel d’obtenir une réduction de ses frais… Vous m’en direz des nouvelles.

      Arrêtez votre baratin, il ne convainc personne.

    19. @Jducac

      pas mal attentionné

      Attention, Jduc ! Pas de procès d’intention à mon égard, SVP !
      J’suis pas mal attentionné vis à vis de vous, je me trouve, bien au contraire, plein d’une louable, patiente et tendre attention.
      Par contre je vous confirme être, aussi et nez en moins, plein des plus mauvaises intentions à l’égard de vos écartssans égaux mais pleins d’égo et sans échos bienveillants ici, nuance.

    20. @ Moi dit : 30 décembre 2010 à 15:39

      Merci ! J’accepte votre proposition très positive. Toutefois, pour que notre cocktail soit de qualité, je me permettrai d’utiliser de l’eau de vie.

      Mes vœux les plus cordiaux pour la nouvelle année et cette future collaboration.

      @ ric dit : 30 décembre 2010 à 16:36

      Il y a anticapitalisme car il y a capitalisme, un système qui ne fonctionne pas.

      En répondant à Yvan, j’ai en grande partie apporté un contre argument à votre déclaration.

      Mais si, le capitalisme est un système qui fonctionne.

      Il est aussi vieux que l’homme, c’est ce qui a permis à cet animal de se distinguer des autres. C’est à la base un mécanisme simple exposé ici :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=13534#comment-95198

      Expliquez-moi pourquoi l’URSS , la Chine et même Fidel Castro à Cuba, ont décidé d’abandonner le collectivisme (communisme) pour mettre en place les mécanismes du capitalisme ?

      C’est à mon avis par simple pragmatisme. Parce qu’ils ont constaté, expérience malheureuse à l’appui, que le capitalisme est plus performant au vu du retard qu’ils accumulé avec le communisme.

    21. @Jducac

      Expliquez-moi pourquoi l’URSS , la Chine et même Fidel Castro à Cuba, ont décidé d’abandonner le collectivisme (communisme) pour mettre en place les mécanismes du capitalisme ?

      Pt’êt ben parce qu’il est ardu et dangereux d’avoir raison trop tôt mais plus encore d’avoir tort trop tard, Jducac…

    22. Pas seulement une question de temps, Vigneron.

      Regardes les mesures de rétorsion dont Cuba a fait les frais. Les Ricains, dans leur domination, n’ont jamais accepté un état dont le système fonctionnerait mieux que le leur car cela construirait une idéologie inverse à leurs intérêts.
      La diabolisation du communisme ainsi que les attaques contre les états d’Amérique latine passés à gauche n’en sont que de multiples preuves.

      Ne pas résister contre les doctrines du capitalisme nous a donné la crise actuelle. Chouette, non?

    23. @ yvan

      Ne pas résister contre les doctrines du capitalisme nous a donné la crise actuelle. Chouette, non?

      Oui, Yvan, c’est bien ce que j’appelle « tort trop tard« …
      Et « rétorsion dont Cuba a fait les frais » = « dangereux d’avoir raison trop tôt »
      Et « résister contre les doctrines du capitalisme » = « ardu d’avoir raison trop tôt »

      Tout le monde sait bien, au plus profond de son être, qu’un collectivisme (sous quelque forme que ce soit) est inéluctable ici-bas, seule solution viable à terme, d’où ces résistances pathétiques et mortifères, comme celles d’une tique dont le le reste du corps dévitalisé, ou même arraché, séparé, autoriserait encore sa tête à poursuivre sa succion dans la chair, à susciter l’infection, dans un rêve absurde et vain de régénerescence. Quant elle ne tend, en fait, qu’à entrainer son hôte vers la mort avec elle…
      Et l’horloge fait : Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac…
      🙂

    24. @ Vigneron
      En vous lisant je pense tout de suite à un beau poème de Léon FELIPE.

      Vigneron : comme celles d’une tique dont le le reste du corps dévitalisé, ou même arraché, séparé, autoriserait encore sa tête à poursuivre sa succion dans la chair, à susciter l’infection, dans un rêve absurde et vain de régénerescence. Quant elle ne tend, en fait, qu’à entrainer son hôte vers la mort avec elle…

      Léon Felipe :
      el hombre es un insecto
      que vive en las partes pestilentes y rojas del mono y del camello?

      Vigneron : Et l’horloge fait : Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac, Tique Tac…

      Léon Felipe :
      ¡Qué bien marcha el reloj! ¡Qué bien marcha el cerebro!
      Este reloj …, este cerebro, tic-tac, tic-tac, tic-tac, es un reloj perfecto …,
      perfecto, ¡perfecto!

    25. @ Vigneron

      « En leader du blog de l’appel au boycott lancé par les ouvriers d’unilever, je verrais bien pablo. Pas sûr qu’il consomme du Black Ceylan BOP de chez Lipton à 7,50 euros les 200 g, mais bon… »

      Moi je paye les 500 gr d’excellent Black Ceylan BOP 3 € 95 dans les boutiques arabes de Belleville (et le Darjeeling FTGFOP dans les boutiques hindoues du Xe à 3,50 € les 125 gr. Et le très bon thé vert chinois Lung Ching à 5 € 50 les 200 gr chez les Chinois de Belleville ou du XIIIe).

      Ceux qui achètent de la poussière de thé en sachets de Lipton ou une autre grosse marque dans les supermarchés ne connaissent rien au thé. Et ceux qui payent cher les bons thés en feuilles de ces marques que parfois vendent les supermarchés, se font avoir de façon scandaleuse (au kg ils sont plus chers que les thés vendus chez Mariage ou le Palais des Thés).

      En bon lecteur de Que Choisir depuis 25 ans je boycotte depuis toujours tous les escrocs de la Grande Distribution en privilégiant les circuits parallèles. Et je trouve que l’une des actions les plus efficaces que chacun peut faire pour lutter contre le capitalisme c’est de regarder bien ce qu’on consomme et où on l’achète. Les révolutionnaires en pantoufles donneurs de leçons qui abondent sur ce blog (les Marlowe et autres Eninel) feraient mieux d’arrêter de faire n’importe quoi à ce niveau, comme 90 % des gens en Occident.

      Moi, qui ne donne pas de leçons de révolte à personne, je n’ai pas de voiture ni de tél. portable, je n’achète jamais les produits vantés dans les pubs, je ne vais jamais dans les super et hypermarchés, j’ai une carte bleue de la Poste uniquement pour les achats Internet, j’ai le moins de relations possibles avec ma banque dans laquelle je n’ai qu’un compte courant (je ne réponds jamais à ses offres, à ses demandes de rendez-vous et je les envoie balader systématiquement au tél), je ne suis propriétaire de rien (à part de mes 20 000 livres et mes milliers de disques), je ne regarde jamais les pubs de ma boîte à lettres, je suis presque végétarien, je n’achète jamais de la nourriture industrielle, je fais mon pain et mes pizzas moi-même en achetant de la farine complète dans les magasins des coopératives bio, j’ai une vieille TV d’il y a 17 ans que je ne regarde jamais, une machine à laver le linge qui a 25 ans et marche parfaitement, un frigo de marque allemande qui a 15 ans et ne m’a jamais posé de problèmes, une très bonne chaîne hi-fi qui a 12 ans et que j’utilise 13 h par jour sans avoir jamais eu la moindre panne (avant d’acheter les gros appareils je regarde bien les tests des revues de consommateurs, en privilégiant la qualité qui dure quitte à les payer bien plus cher au départ).

      Bref, je trempe le moins possible dans la société de consommation qui m’écoeure depuis longtemps.

      Et je trouve que si tout le monde faisait comme moi le Capitalisme ne serait pas ce qu’il est devenu.

    26. @ Vigneron

      « je bois jamais d’eau chaude autre que du café (beaucoup…) »

      Voilà l’origine de tous tes problèmes… 😉

      L’effet du café se produit très vite mais ne dure que 1h30-2 h. Celui du thé monte lentement mais dure plus de 5 h. D’où le fait que les grands buveurs de café en prennent beaucoup par jour alors que ceux de thé ne prennent que 3 ou 4.

      Le thé concentre de façon très efficace (moi j’aurais du mal à travailler sans thé), il rend lucide (et ce n’est pas une blague: travailler sur un texte difficile, par exemple, sous l’effet du thé est plus facile que sans avoir rien pris). Il défatigue aussi de façon étonnante (après avoir marché 3 ou 4h s’assoir 30 minutes en buvant un thé vert permet de continuer à marcher 2 ou 3 h encore).

      Évidemment je parle du bon thé (en feuilles), pur (les parfums et les mélanges sont utilisés pour masquer sa mauvaise qualité), pris sans y ajouter rien (c’est aussi aberrant d’y ajouter du lait, du sucre ou du citron – crime absolu – que de le faire avec le vin), et fait selon les règles (strictes). Parce qu’un très bon thé mal fait aura un mauvais goût et ne servira à rien. Le seul avantage du café par rapport au thé c’est la vitesse de préparation. Faire un bon thé, contrairement à ce que les gens croient, n’est pas facile du tout (ou plutôt faire sortir à chaque thé toute ses qualités): l’eau doit être peu minéralisée et surtout à la bonne température (donc on doit avoir un thermomètre ou une bouilloire à thermostat), la relation entre la quantité de thé et l’eau doit être exacte (donc on doit avoir une balance à thé – ou à bijoux, ou de précision utilisée dans l’industrie) et le temps d’infusion doit être très bien bien mesuré – sans parler des problèmes de théière, de refroidissement, de rappels… Pour couronner le tout toutes ces variables dépendent de chaque thé.

      Mais le résultat de tout ce rituel vaut vraiment la peine.

      (À propos de rituel: il y a quelques années, dans un Salon international du Thé, j’ai vu l’une des choses les plus « hors du monde » que j’ai jamais vu: la cérémonie coréenne du thé. Une heure pile pour faire un thé vert !! – et pas terrible du tout…).

      « On boit le thé pour oublier le bruit du monde. »
      (Proverbe chinois)

    27. @ Yvan

      Mais qui oserait ne pas te lire?

      Non, c’est une blague. À mon avis presque tout le monde te lit, pour une simple raison: tu n’es jamais trivial, chose très rare par ici (ni tordu ou bêtement méchant).

      Et je parie qu’il y a même des gens fans, comme moi, de certaines de tes sorties inimitables, genre: « Je t’explique, veau ».

    28. Coucou,

      J’ai du mal lire quand j’ai decouvert le blog, ou il evolue d’une certaine façon. De la culture qui s’etale comme de la confiture, des citations à la copier-coller, du wikipédia qui n’apporte rien, des « moi je » à la queue leu -leu, des saint-just poetes qui boivent de l’eau ou du pinard.

      Bon je suis largué. Je vais revenir aux billets invités qui me passionnent puis basta.

      Bonne et heureuse années aux hommes de bonne volonté.

      Stéphane

    29. Inutile de perdre son temps, laissons parler Victor Hugo. Il écrit presqu’aussi bien que vous.
      http://www.victor-hugo.info/poemes/407.html

      Quelle bonne idée ! laissons le parler ! laissons parler son oeuvre toute entière ! et sa vie !
      UN BON BOURGEOIS DANS SA MAISON ( ceux qui ont voté pour Badinguet )
      … » C’est le pire gredin qui soit sur cette terre;
      Mais puisque j’ai voté pour lui, l’ on doit se taire.
      Ecrire contre lui, c’est me blâmer au fond;
      C’est me dire : voilà comme les braves font;
      Et c’est une façon, à nous qui restons neutres,
      De nous faire sentir que nous sommes des pleutres.
      J’en conviens, nous avons une corde au poignet.
      Que voulez-vous? la bourse allait mal; on craignait
      La république rouge et même un peu la rose;
      Il fallait bien finir par faire quelque chose;
      On trouve ce coquin, on le fait empereur;
      C’est tout simple. — On voulait éviter la terreur,
      Le spectre de monsieur Romieu, la jacquerie;
      On s’est réfugié dans cette escroquerie.
      Or, quand on dit du mal de ce gouvernement,
      Je me sens chatouillé désagréablement.
      Qu’on fouaille avec raison cet homme, c’est possible;
      Mais c’est m’insinuer à moi, bourgeois paisible
      Qui fis ce scélérat empereur ou consul,
      Que j’ai dit oui par peur et vivat par calcul.
      Je trouve impertinent, parbleu, qu’on me le dise.
      M’étant enseveli dans cette couardise,
      Il me déplaît qu’on soit intrépide aujourd’hui,
      Et je tiens pour affront le courage d’autrui. — »
      Victor Hugo. » Les châtiments »

    30. @M

      T’as sorti l’arsenal nucléaire là… La bombe vH !

      Pour soutenir Jduc et paraphraser André Biduletrucmuche, il serait bien avisé de répondre « Hugo ! Hélas…« 

    31. @ Jean-Luc dit : 31 décembre 2010 à 11:33

      Bonjour et bonne année Jean-Luc, heureux de vous retrouver.

      C’est bien la profession de financier qui est devenue parasite. Ceux qui l’exercent sont des hommes et des femmes comme les autres, qui cherchent un honnête gagne-pain. Aidons-les

      En signalant le cas de l’entreprise Fralib/Unilever à Gémenos, vous nous donnez l’occasion d’aborder un sujet de première importance auquel l’occident est confronté. Il s’agit du manque de compétitivité de nos entreprises, et de l’ignorance dramatique dans laquelle se trouvent la plupart des gens en matière d’économie. Les deux aspects étant d’ailleurs étroitement liés.

      Sans rien connaître du cas Fralib, on a tout lieu de penser que les gestionnaires/financiers qui ont été amenés à provoquer la fermeture de cette entreprise, n’ont fait qu’exercer correctement leur profession. Laquelle n’est pas parasite puisque chacun de nous, dans la conduite de ses affaires personnelles est amené, en bon gestionnaire, à faire des choix conduisant à l’abandon d’une option ancienne au profit d’une nouvelle, plus performante.

      Ainsi, les agriculteurs de l’après guerre qui ont fait le choix d’abandonner la traction animale au profit de l’emploi de tracteurs se sont conduits de façon similaire. Pour survivre dans un monde en marche, ils ont misé sur des moyens plus performants en sacrifiant ceux qu’ils utilisaient précédemment. C’est ainsi que la profession de maréchal ferrant et d’élevage de chevaux de trait, par exemple, ont pratiquement disparu.

      Pour le propriétaire de cette entreprise, soumis comme les autres aux dures lois de la concurrence, il lui apparaît judicieux de devoir changer de « mode de traction » pour survivre. L’ensachage du thé peut probablement être réalisé de manière plus compétitive ailleurs, même s’il se faisait dans la région depuis 1896.

      Cette marche inexorable vers l’efficacité et la compétitivité, devrait certainement faire l’objet d’une sensibilisation dès l’enseignement primaire afin que, ultérieurement, les plus modestes des employés prennent conscience de la nécessité de progresser toujours, dès l’école, et durant toute la vie, car rien n’est jamais définitivement acquis.

      Malheureusement, les enseignants, les dirigeants syndicaux, et certains courants politiques, qui vivent en général dans des milieux qu’ils croient protégés, tiennent des discours qui vont à l’opposé de ceux qu’ils devraient tenir.

      S’ils sortaient de leurs visions idéalisées, pour regarder comment se fait concrètement l’évolution du monde, ils devraient se rendre à l’évidence, tirer profit de l’expérience des faits, et dégager les lois fondamentales qui règlent la marche des humains. La compétitivité devrait certainement se situer en bonne place.

      Globalement, plus un pays est compétitif, plus en conséquence il peut être en mesure d’aider ceux qui ont besoin de se reconvertir pour retrouver un emploi. Cela oblige à rechercher une grande efficacité dans tous les secteurs, y compris ceux ne sont pas directement en concurrence internationale, notamment les administrations nationales et locales.

    32. Jduac
      Imaginez que nous soyons en 2111, dans un siècle, ou le communisme et le capitalisme auraient disparus et ne seraient plus que souvenirs dans les bibliothèques numériques de l’humanité, ne me demandez pas par quoi ces systémes auraient été remplacés, imaginons simplement un autre monde.
      Je me pose la question suivante: que restera t’il de significatif à mettre au bilan de ces systèmes, que l’on pourrait encenser ou accrocher dans un musée ?
      Que restera t’il que nous puissions regretter d’un capitalisme disparu dans le vent de l’humanité ?
      Aidez moi a trouver un embryon de réponse s’il vous plait.

    33. @ jducac,

      Merci. Je vous adresse également très sincèrement mes meilleurs voeux pour l’année qui s’ouvre.

      Jducac, je tiens à vous faire part de mon amitié, sur la foi de certains commentaires que j’ai lu de vous, ou sur la base de certains de nos échanges passés, tout en affirmant directement que tout ce que vous venez d’écrire est à mille lieues de ma conception du monde tel que je l’espère plus juste à l’homme.

      Je n’ai hélas que peu de temps ce soir pour détailler la chose.
      Disons, pour faire au plus simple, que les termes de compétitivité, de performance, de dure loi de la concurrence, d’efficacité et de nécessité de progresser (je fais la liste des mots que vous venez d’écrire), ne définissent pas le cadre dans lequel je souhaite que l’humanité se développe.
      A vous lire régulièrement, j’ai compris que ce cadre est selon vous un creuset dont on ne peut pas s’extraire, une sorte de donnée de base que l’homme doit accepter, pour – libéré de cette angoisse idiote du cadre – s’occuper ensuite véritablement d’humanisme.

      Ce qui nous oppose ici est que, selon moi, ce cadre – de compétitivité, de performance, d’efficacité et de nécessaire progrès – n’est pas un environnement donné à l’homme (qu’il devrait alors, je vous l’accorde, accepter, comme il doit accepter de n’être pas poisson ou oiseau). C’est un cadre fabriqué par l’homme, peut-être par désir de ne pas être seulement le jouet d’un ordre naturel, et par l’angoisse qui le prend à l’idée de n’être pas plus utile à l’univers qu’un buisson de myrtille.

      Pardon de vous laisser avec si peu d’éléments (de plus, j’ai l’impression que je viens d’écrire quelques bons lieux communs, dignes d’une mauvaise dissertation de collégien). Je ne crois pas me tromper cependant en considérant que l’humanisme que appelons vous et moi de nos voeux, ne pourra jamais pousser dans ce cadre fabriqué. Ma conviction est même que ce cadre de compétitivité est la négation de l’idée d’humanisme, un leurre moderne pour l’ajourner encore. L’humanisme n’a rien a faire avec la compétitivité et la performance. Laissons cela aux gagne-petit. En 2011, cherchons enfin ailleurs jducac.

    34. @ Jean-Luc dit : 1 janvier 2011 à 23:52

      A vous lire régulièrement, j’ai compris que ce cadre est selon vous un creuset dont on ne peut pas s’extraire, une sorte de donnée de base que l’homme doit accepter, pour – libéré de cette angoisse idiote du cadre – s’occuper ensuite véritablement d’humanisme

      Oui, je pense que vous m’avez compris, et c’est très réconfortant.

      Devant un problème à résoudre, il est à mon avis primordial d’identifier les difficultés à surmonter, de les hiérarchiser et de les classer selon leur urgence.

      Je pense que vous reconnaîtrez comme moi que pour porter une idée et se donner les meilleures chances de la faire aboutir, il vaut mieux être fort et puissant que l’inverse. Une telle situation vous permet plus facilement de traiter d’égal à égal avec ceux qui ne partage pas les mêmes idées et qui de ce fait peuvent être tentés de s’opposer aux vôtres. Ils le font d’autant plus qu’ils se sentent forts et vous voient faibles. Bien sûr la force peut être acquise par le nombre de ceux qui partagent les mêmes idées à condition qu’ils ne soient pas éliminés physiquement et qu’ils survivent aux assauts des autres.

      La voie traditionnelle d’élimination a surtout été physique au moyen de la guerre, mais on voit bien aujourd’hui que l’arme économique est celle qui, pour être moins sanguinaire, n’en est pas moins efficace. On peut mettre un peuple à genoux et l’asphyxier par l’économie, même s’il porte les plus nobles idées humanistes. Parce qu’en fin de compte les besoins primordiaux de l’existence sont plus physiques, et physiologiques qu’idéologiques pour l’individu amené au dernier de ses retranchements, surtout s’il a été habitué à vivre dans le confort et la facilité.

      Atteindre un bon niveau de puissance économique est donc la première des difficultés à surmonter, qu’on soit un individu, un pays, une réunion ou une alliance de pays. Or, pour cela, surtout si l’on ne dispose pas de richesses initiales héritées du fait des hasards de l’existence, il n’y a qu’une solution pour y parvenir : travailler beaucoup et consommer peu. C’est ce que j’ai vu faire chez les gens de conditions modestes qui s’en sont sortis autour de moi ; c’est ce que je vois faire au niveau des pays émergents, notamment par la Chine.

      A quoi bon vous parer des plus belles idées humanistes, si vous n’êtes pas en mesure de prouver que vous avez été capable de vous imposer aux autres pour ce qui conditionne votre existence, votre subsistance, votre survie dans les difficultés. C’est pour cela que par expérience, il m’est apparu bon de se hisser d’abord au niveau de ceux qui vous dominent initialement afin qu’ils sentent l’intérêt de faire alliance avec vous. Puis, une fois l’alliance constituée et rendue plus forte, il devient alors possible de faire valoir ses idées comme étant celles qui émanent de l’alliance et ainsi d’arriver à ses fins en les faisant finalement adopter comme étant celles de l’alliance.

      C’est pour cela que je me range à votre idée de cadre. Mais ça n’est pas pour moi une idée idiote, c’est au contraire une condition essentielle d’accès à la finalité de l’action qui, espérons le sera humaniste, si le moment venu, les plus puissants au niveau global sont suffisamment humanistes pour en décider ainsi.

    35. @ jducac,

      Je ne sais plus qui, aujourd’hui, a cité Marc Bloch sur le blog de Paul Jorion.
      Le capitaine Marc Bloch, l’auteur de « L’étrange défaite ». Je suis allé immédiatement relire la partie du livre intitulée « Examen de conscience d’un français », écrite entre juillet et septembre 1940. J’ai découvert que j’avais, à l’époque de ma première lecture, bourré les pages d’annotations. Certaines pages de l’historien, supplicié par la Gestapo et fusillé le 16 juin 1944, ont une telle actualité qu’elles pourraient avoir été écrites de nos jours par un esprit libre.
      (entre parenthèse, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer – toutes choses égales par ailleurs – le livre-testament de Marc Bloch avec le petit livre « Indignez-vous ! », de Stéphane Hessel, que l’on m’a offert à Noël. Combien plus utile encore est le texte de Bloch !)

      Pourquoi je parle de cela ?
      En vous lisant ce soir, une connexion se fait dans mon esprit, et j’ai décidé de suivre cette correspondance.
      Oui, Marc Bloch évoque dans son livre la force qu’il faut toujours trouver à opposer à la force, lorsque celle-ci veut nous contraindre. Il y a des pages qui peuvent ressembler à vos appels répétés au courage personnel et national, et à une forme de positivisme économique qu’on vous connaît maintenant (notamment page 182, dans mon édition Folio – trop long à citer ici, mais où Bloch évoque la résignation française à n’être plus qu’un « musée d’antiquailles » face au train d’enfer mené par une Allemagne aux ruches bourdonnantes.). Comme vous le dites, jducac, il faut avoir le courage d’être fort pour se donner les meilleures chance d’aboutir. Mais le capitaine s’opposerait immédiatement à votre idée de la primauté de la puissance économique, ainsi qu’à celle selon laquelle on peut mettre un peuple à genou par l’économie. Avec Marc Bloch (si je l’ai bien lu), on a tout de suite envie de vous proposer de faire le compte de TOUTES les forces dont nous disposons, pour mieux découvrir que la force économique n’est plus sûrement qu’une chimère qui ne doit sa puissance qu’au culte bien rodé dont elle est la déesse. D’autres forces que celles du capital sont à réunir et à opposer à ceux, que j’ai appelé les gagne-petit, qui ont décidé de nous vaincre sur le terrain miné par leur soin qu’est l’économie (en nous faisant croire notamment – idée moderne – que l’économie fait partie des lois fondamentales qui règlent la marche des humains).
      Bloch termine, citant Montesquieu, sur le ressort que doit demeurer la vertu, et il ajoute : « qu’importe si la tâche est ainsi rendue plus difficile ! ». Le capitalisme me paraissant la cristallisation de bien des vices travestis en vertus économiques (ou une somme de vertus captées par le vice) il ne me comptera jamais, quant à moi, parmi ses serviteurs. A moins qu’un jour, le capitalisme, « transformé avec l’accord de tous » (comme le suggère le titre du billet qui entraîne ici nos commentaires), ne se mette à rémunérer la vertu ; mais nous sentons bien que ce jour-là, les poules auront enfin des rages de dents.

    36. @Jean-Luc: joli. J’approuve le moindre mot. Et même le style mesuré, de conciliation, qui me manque souvent.

    37. @ Bernard Laget dit : 1 janvier 2011 à 22:05

      Que restera t’il que nous puissions regretter d’un capitalisme disparu dans le vent de l’humanité ?

      Pardonnez-moi d’avoir autant tardé à vous répondre.

      En fait, j’ai donné ma réponse depuis longtemps sur ce blog. Pour moi, il ne s’agit pas de savoir si le capitalisme est juste ou non, cruel ou pas, regrettable ou pas. Comme l’homme, il est ce qu’il est et il faut faire avec, en veillant à réduire, autant qu’il est possible, ses effets indésirables sur les plus faibles d’entre nous.

      Selon moi, il est né avec l’homme car c’est en utilisant à l’infini son mécanisme de base, que l’animal dont nous sommes issus, s’est fait homme. Ainsi, plus que les autres êtres vivants, nous avons pu utiliser son effet de levier pour multiplier notre capacité à modifier nos conditions d’existence et notre environnement jusqu’aux limites de notre système terre, au sein duquel nous sommes actuellement confinés. C’est lui qui est à la base de notre évolution et qui nous permet donc de nous modifier pour nous adapter nous-mêmes aux modifications que nous provoquons autour de nous.

      Le capitalisme et l’homme me semblent consubstantiels. Si un jour il disparait, c’est que nous aurons disparu ou serons en voie de disparaître plus ou moins rapidement.

      Sa règle d’or est l’efficacité. Elle se mesure comparativement sur l’échelle de la compétitivité pour conduire à l’abandon des options devenues obsolètes du fait de l’évolution. La sélection, comme dans toutes les épreuves de compétition, s’opère par l’élimination des moins performants.

      Dans la compétition entre capitalisme et communisme, il me semble qu’à ce stade de notre évolution, le communisme a de lui-même reconnu la supériorité de son concurrent puisqu’il en est arrivé à adopter les modes de fonctionnement économique de son adversaire, pour combler les retards accumulés. L’ex URSS, la Chine, même Cuba et tous les autres émergeants ont adopté le système capitaliste et se confrontent au reste du monde en ayant choisi ce type d’arme.
      La compétition du siècle est donc maintenant lancée. Le vainqueur de l’étape sera nécessairement le capitalisme puisque c’est le jeu adopté par tous, hormis la Corée du nord.

      Mais, à l’issue de l’étape, s’il se sent suffisamment fort pour imposer sa loi aux autres, ou s’il le juge bon pour l’humanité, le pays ou le groupe de pays vainqueurs, pourrait décider de figer l’évolution du monde.

      Dans ce cas, il serait tout à fait possible d’étouffer la fertilité des idées, des motivations et des profits individuels, au sein d’un système anti capitaliste, d’inspiration communiste.
      Cela permettrait de répondre à l’aspiration du plus grand nombre de vivre à égalité de condition, quitte à ce qu’elle aille en régressant en termes de niveau de vie et surtout de liberté. Peu importe s’il y avait régression, puisque dans un monde unifié, il n’y aurait plus de différences pour comparer.

      Bien évidemment, les gouvernants et leur garde rapprochée auraient quand même un statut privilégié, quel que soit le mode de gouvernance affiché.

      Mais ce qu’on regretterait probablement le plus de la période capitaliste, c’est la liberté. C’est à cause d’elle, qu’il y a des différences sur lesquelles ont peut agir pour évoluer. Sans elle, il n’y a qu’à subir celles qu’on nous impose.

    38. @ Jean-Luc dit : 4 janvier 2011 à 21:51

      Le capitalisme me paraissant la cristallisation de bien des vices travestis en vertus économiques (ou une somme de vertus captées par le vice) il ne me comptera jamais, quant à moi, parmi ses serviteurs

      Vous m’aviez probablement mal compris, contrairement à ce que je croyais. Certainement parce que je ne me suis pas assez bien exprimé jusqu’alors, notamment dans mon post du 4 janvier 2011 à 17:25 .
      J’en arrive à cette conclusion quand je vous entends dire, comme ci-dessus, que vous ne voulez pas être « un serviteur du capitalisme »

      Quelle grave erreur de voir ainsi le capitalisme.

      Le capitalisme n’est pas un maître que l’on doit servir comme un larbin, comme un esclave volontaire ou non. Il faut le voir, tout au contraire, comme un moyen dont l’homme, ou un groupement d’hommes se sert depuis toujours pour progresser vers le futur. C’est un outil universel, voire même, une arme suprême à la disposition de ceux qui savent s’en servir pour passer d’un stade obsolète à un nouvel état plus performant, éliminateur du précédent.
      Certes, je sais qu’on peut aussi dire que l’utilisateur d’une arme en est le servant, mais j’ai toujours trouvé bon d’essayer de prendre de la hauteur, et ne pas craindre de se placer par la pensée au plus près du cap, de la tête, pour avoir de meilleures chances de voir comment évoluent les forces sur le champ de bataille.

      Or, il faut bien voir que nous sommes en guerre économique mondiale et que l’armement motorisé rapide, qui faisait tant défaut à la France en 1940, du temps de Marc Bloch, se trouve être l’équivalent aujourd’hui de l’outil économique capitalistique que chaque pays est en mesure d’aligner sur le champ de bataille mondial pour se défendre et survivre.

      Que vous souhaitiez ou non le servir, votre condition de demain dépend de lui.

      Suite à votre suggestion, j’ai lu cet historien ici : http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/etrange_defaite/bloch_defaite.pdf
      Je vous en remercie.

      Je me suis limité au chapitre que vos m’avez signalé et trouve, comme vous, que ce texte, très bien écrit, est tout à fait d’actualité. La situation de la France n’est pas changée. L’insuffisance de la préparation en termes de connaissances et d’état d’esprit me semble similaire. Le manque de confiance des uns envers les autres s’est peut-être même aggravé. Ce doit être un trait de notre identité. Peut-on encore dire nationale ?

      Encore une fois, l’Allemagne est mieux préparée que nous. Cette fois nous ne l’aurons pas comme ennemie.
      Encore que peut-être sera-telle d’un côté de la ligne de partage et nous de l’autre. Je suis personnellement troublé par les têtes de ponts de soutien économique (financier) que la Chine établit au sud de l’Europe et par le fait que Hu Jintao ait demandé à visiter la Côte d’Azur, lors de la visite d’Etat qu’il nous a faite.

      La guerre est là et nous ne la voyons pas. En transposant, nous en sommes peut-être au lendemain de la première défaite, en 1940. Si c’est le cas, les batailles les plus terribles resteraient à venir.

      En partant de cette hypothèse, si je comprends bien, vous ne vous joignez pas à la tentative de percée opportuniste proposée depuis Vannes par Paul Jorion et à laquelle j’apporte mon soutien.
      Attendez-vous juin, le temps des appels ? Quoi qu’il en soit, appel ou non, cela ne changera pas grand-chose.

      Dernier point, où pensez vous qu’il faille mettre à l’abri nos valeurs humanistes ? Dans une réserve à munition de la ligne Maginot ? Dans un coffre de la BCE ? Où ?

    39. jducac

      vous dites :

      Malheureusement, les enseignants, les dirigeants syndicaux, et certains courants politiques, qui vivent en général dans des milieux qu’ils croient protégés, tiennent des discours qui vont à l’opposé de ceux qu’ils devraient tenir.

      S’ils sortaient de leurs visions idéalisées, pour regarder comment se fait concrètement l’évolution du monde, ils devraient se rendre à l’évidence, tirer profit de l’expérience des faits, et dégager les lois fondamentales qui règlent la marche des humains. La compétitivité devrait certainement se situer en bonne place.

      Franchement, là, j’ai envie de faire du Vigneron, le talent en moins car n’est pas Vigneron qui veut. 😉

      Des syndicats qui tiendraient des discours opposés à ceux qu’ils tiennent ne seraient plus de vrais syndicats, mais des syndicats patronaux, des syndicats corporatistes de dictatures droitières ou des pseudo syndicats de dictatures communistes. Autant nous dire qu’un bon syndicat est un syndicat mort. Un syndicat qui renie la nature sociale de son existence, pour s’en remettre à la seule loi qui vaille, celle de l’économie, qui gratifie les plus forts, et devant laquelle tous nous devrions courber l’échine ! Non merci.

      Deuxièmement. Notre pays ne souffre pas de trop de syndicalisme, mais de pas assez de syndicalisme. Et je sais de quoi je parle. Il se trouve que je travaille dans un grand aéroport parisien avec ses 85 000 travailleurs. Ses 700 entreprises. Combien croyez-vous qu’il y a d’inspecteurs du travail ? Ils sont trois. Combien de fois ai-vu eu la visite d’un inspecteur dans la PME pour laquelle je travaille pour autre chose qu’une inspection relative à l’hygiène ? Zéro. Autant dire que sur le site les inspecteurs ne font pas particulièrement preuve de zèle.
      Un syndicalisme CGT avait résumé la situation : « Roissy est une zone sensible .. » autant dire une zone où le droit s’applique moins également qu’ailleurs. Inutile alors de vous faire un dessin pour vous dire que les patrons de PME se sentent pousser des ailes, ce qui nuit aux conditions de travail des salariés, et ne peut manquer aussi de rejaillir sur le bon fonctionnement de l’aéroport.
      Voilà ce qui peut être fait et est fait au nom de la compétitivité au nom d’une prétendue loi qui règle la marche des humains.

    40. @ jducac,

      Dites-moi, vous êtes dur en affaire, vous ! Ce que vous lâchez d’une main, vous le reprenez de l’autre. Vous avez décidé de nous user l’un après l’autre sur le blog de Paul Jorion ?!
      (je blague ; voyez ça comme un hommage à votre pugnacité ; cependant, il est vrai que votre position antithétique sur le blog est d’une fermeté rare, et – vous allez me trouver mauvais joueur, tant pis – je trouve que c’est parfois épuisant pour mes petites capacités de rhéteur d’occasion)

      Voilà donc que vous me proposez presque au final de m’engager dans cette guerre économique. Mais, comprenez-moi, jducac, cette guerre économique je souhaite la voir cesser faute de combattants volontaires. Ne lançons pas nos forces dans cette stupidité qui – selon moi – ne désignera jamais de vainqueur, mais qui multipliera à l’infini les vaincus.
      J’aime bien votre image : attendre juin, le temps des appels. Non, ce n’est pas non plus mon intention, ni de prendre un quelconque maquis.
      Les problèmes économiques n’ont pas pour moi vocation à se résoudre dans des guerres économiques. Le péril économique existe bien, tant que des apprentis sorciers resteront sans contrôle, mais ce péril ne justifie aucune guerre économique. Ce péril nécessite des personnes de sang froid prenant des décisions fermes au nom de la communauté des hommes (cela c’est fait par le passé). Une guerre économique ne fait qu’ajouter du péril au péril.

      Je crois que j’arrive à vous comprendre, jducac, si je fais l’effort de me maintenir dans votre champ de pensée. Dans ce cas, vos argumentations se tiennent.
      Pourtant, si je ne me range pas à votre avis cette fois-ci, c’est pour la simple raison que mon cadre de réflexion est, il me semble, différent du vôtre et que je ne trouve toujours pas les passerelles possibles, malgré mes tentatives, et les vôtres.
      Voilà que, pour me faire comprendre, je pense à un poème d’Aragon :
      « Celui qui croyait au ciel
      Celui qui n’y croyait pas
      Quand les blés sont sous la grêle
      Fou qui fait le délicat
      Fou qui songe à ses querelles
      Au coeur du commun combat »
      Vous rappelez souvent que nous avons choisi ici une forme de « commun combat », et vous avez raison (encore cette fois-ci, en évoquant la « percée opportuniste proposée par Paul Jorion » – que j’approuve comme vous, contrairement à ce que vous comprenez de ma position).
      Peut-être, pour avancer, devrions-nous mettre de côté nos croyances.

      Celui qui croyait au capitalisme
      Celui qui n’y croyait pas…

      (PS : Le lien vers le texte de « L’étrange défaite » de Marc Bloch me sera utile. Je ne savais pas qu’on pouvait le consulter « en ligne », et je suis content que vous me l’ayez transmis.)

    41. @ Pierre-Yves D. dit : 6 janvier 2011 à 23:14

      Des syndicats qui tiendraient des discours opposés à ceux qu’ils tiennent ne seraient plus de vrais syndicats, mais des syndicats patronaux, des syndicats corporatistes de dictatures droitières ou des pseudo syndicats de dictatures communistes

      Bonjour Pierre-Yves D . Heureux de vous retrouver, surtout si mes déclarations vous font réagir, sans que cela altère votre santé. Une fois reposé, Vigneron nous reviendra.

      Même si, dans toute ma carrière d’ouvrier et de cadre, je n’ai jamais été syndiqué, notamment parce qu’on ne m’a jamais sollicité pour adhérer, je considère que les syndicats sont nécessaires et utiles, à condition d’être bien plus positifs qu’ils ne le sont.

      Si je n’ai jamais été syndiqué, c’est probablement aussi parce que je me suis toujours senti en devoir de trouver par moi-même les moyens de faire apparaître l’intérêt de prendre en considération les unités opérationnelles qui m’ont été confiées et en premier les salariés y oeuvrant. Les revendications ne s’imposent que si les besoins n’ont pas été anticipés et si la situation générale de l’entreprise est mal expliquée, donc non prise en compte.

      Les syndicats seraient bien plus efficaces, s’ils étaient plus éclairés sur le fonctionnement de l’économie qui règle et conditionne la vie dans nos sociétés. Le plus gênant vient du fait qu’ils n’abordent bien souvent leurs relations avec leurs interlocuteurs, qu’en termes de rapport de force et de lutte des classes. C’est une attitude dépassée qui les rabaisse car elle témoigne d’un manque de hauteur de vue et d’un certain archaïsme. Cela ramène au milieu du 19ème siècle. Ce faisant, ils se placent souvent en situation de « gagne petit », d’adversaires bornés, incapables de comprendre les enjeux d’intérêt général qui priment nécessairement sur les intérêts particuliers de ceux qu’ils représentent.

      Ils ont beau être des « partenaires » sociaux , ils donnent souvent l’occasion d’être considérés d’abord comme des opposants sociaux alors qu’il serait préférable de les voir agir comme des coopérants, des associés, conscients de la nécessité de sauvegarder l’essentiel, ce qui est pour eux aussi capital que pour le capital, c’est à dire l’entreprise et sa clientèle sans lesquelles, même la raison d’être syndicale disparaît.

      Une bonne part du problème en France vient certainement aussi de la division syndicale qui affaiblit, pousse à la démagogie, à la surenchère, au radicalisme et contribue à une moindre efficacité économique nationale. En final, il n’y a pas autant de grain à moudre qu’il pourrait y en avoir car une importante quantité d’énergie est dissipée, gaspillée, perdue, autant pour l’actionnaire, le dirigeant, que pour le salarié du fait des frictions internes et des engagements à minima. Il est probable que la situation changerait de tout au tout si au lieu d’épouser les pensées de Marx et d’opposer systématiquement capital et travail on visait à faire se fusionner leurs intérêts. Le meilleur moyen serait peut-être de faire en sorte que le travailleur soit aussi détenteur de capital. Vincent Wallon y réfléchit et a ouvert une file à ce sujet.

      Depuis l’origine, c’est-à-dire depuis que j’ai eu un rapport avec le travail, en apprentissage et même avant, lors des travaux dans le potager familial, placé sous l’autorité de mon père, (Juan Nessy, c’est pour vous) j’ai fondé la prise en compte de mon existence sur les preuves. Apporter spontanément la preuve d’un engagement généreux dans une œuvre collective est très gratifiant moralement, et très payant au sens propre. En appliquant et en suscitant autour de moi l’application d’un tel procédé, je n’ai jamais eu besoin de revendiquer, ni pour moi, ni pour ceux que j’ai encadré, une augmentation ou une promotion. Soit que j’avais le pouvoir de le faire à mon niveau, soit que mes supérieurs se sentaient obligés ou le plus souvent avaient un intérêt moral ou économique à le faire spontanément. Mais, pour que cela fonctionne, il faut mentalement se mettre à la place de celui qui détient le pouvoir au plus haut qu’il vous est possible d’imaginer et ne pas manquer de mettre en valeur les résultats obtenus au regard des objectifs de l’entreprise et de ses clients.

      En disant cela, je ne fais que témoigner d’une expérience positive qui m’amène à recevoir encore, 20 ans après, les vœux de personnes qui me disent regretter le temps où nous travaillions ensemble sur les bases de ce que je viens de vous rapporter. Voyez, c’est encore une preuve.

      Il est évident que mon discours est en opposition avec la vision de ceux qui diffusent le pamphlet sur le larbin. Mais ils n’ont pas pour objectif de rendre les gens heureux et efficaces au travail, bien au contraire, ils visent plutôt à faire s’effondrer la société.

    42. @ Jean-Luc dit : 7 janvier 2011 à 01:18

      Mais, comprenez-moi, jducac, cette guerre économique je souhaite la voir cesser faute de combattants volontaires

      Décidément, c’est difficile de se faire comprendre, même de la part de ceux qui ne me semblent pas fermés, a priori.

      Refuser le combat, c’est refuser de travailler.

      Donc c’est accepter que d’autres travaillent pour vous permettre de disposer de ce dont vous avez besoin, pour vous alimenter, vous vêtir, vous abriter, vous chauffer, vous maintenir en bonne santé, vous permettre d’échanger sur internet, vous permettre tout simplement de vivre.

      Voyez-vous où une telle attitude peut conduire ? Expliquez-moi s’il vous plait comment vous voyez la suite des choses ?

      N’êtes –vous pas en train de refuser de voir la situation en face ?

    43. @ jducac,

      Je crois vous comprendre, jducac, et je voudrais que vous essayiez de faire de même pour moi.

      Je vous ai lu : le combat économique inhérent au capitalisme étant pour vous « un moyen pour l’homme de progresser vers le futur », vous considérez qu’il faut savoir prendre sa place dans ce rapport de force, et avoir le courage de ne pas refuser ce combat-là – qui vous semble non seulement inéluctable, mais consubstantiel à l’être humain.

      Je ne refuse pas de travailler. Je désire faire ma part pour obtenir les moyens de subvenir à mes besoins et aux besoins de ceux dont j’ai pris la charge, et payer la quote-part d’impôts qu’exige mon statut de citoyen. Je refuse par contre d’aller au delà. Je ne veux pas être un petit soldat de « l’économisme ». Je refuse que le Marché vienne me voler en prélevant une dîme injuste. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, d’un vol du produit de mon travail par un système économique dé-régulé. Un vol de ce que j’ai acquis en travaillant, de ces moyens que j’ai obtenu pour m’alimenter, me vêtir, m’abriter, me chauffer, me maintenir en bonne santé, me permettre d’échanger sur Internet. Je refuse que le Marché s’accapare mes moyens de vivre pour mieux me faire son fidèle obligé, attendant sa solde. Je ne suis pas un soldat du culte capitaliste, soldat naïf rêvant de prendre du galon.

      Je vous explique donc comment je vois la suite des choses.
      Il faut refuser d’être de la chair à capitalisme. Refuser les « réunions Tupperware » de tous les marchands de produits financiers. Ce sont toujours les marchands de canon qui gagnent les guerres, pas ceux à qui sont destinés les obus. Refuser le combat économique, c’est pour moi ne pas accepter de se voir coller une vareuse à galons pour être précipité dans une guerre économique inutile. Je redis inutile. Inutile cette guerre économique dont vous parlez, car elle est sans fin, et parce qu’elle affame les populations. Elle n’a jamais eu et n’aura jamais de vainqueur. Il faut la faire cesser.
      Le progrès pour le progrès avec le Bien en point de mire, en matière économique, est pour moi le chemin d’une impasse.
      La sagesse populaire dit bien qu’on a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard. Pour les civilisations, de la même manière, on peut constater qu’aucune richesses accumulées n’a jamais empêché aucune d’elles de disparaître.

      Je le répète, selon moi, les problèmes économiques n’ont pas vocation à se résoudre par la guerre économique, mais par des décisions sages d’hommes avisés et courageux.
      L’économie est un outil pour aider les hommes à gérer leurs échanges. Le reste n’est qu’entourloupe de boutiquier, baratin de marchand de produit financier, boniment de sergent recruteur. Voilà la situation qu’il faut regarder en face. Ne soyons pas dupes.
      Je suis d’ailleurs toujours surpris qu’un type comme vous, qui en a vu d’autres, puisse défendre à ce point le système moderne du capitalisme avancé, comme le premier bleu sortant tout frais d’une école de commerce. Vous êtes peut-être finalement le plus moderne d’entre nous.

    44. @ Jean-Luc dit : 7 janvier 2011 à 20:25

      Une bousculade, une provocation, un coup de pique et voila que l’armure bien lisse, bien brillante, bien polie, sans aspérité, se brise. L’homme qui l’habite, l’être qui la porte, apparait alors en vrai combattant. S’il expose ce qu’il a sur le cœur, c’est pour montrer qu’il est prêt à se battre avec ses tripes. Bravo Jean Luc !

      Subitement, l’image que je me faisais de vous a changé. Peut-être est-ce parce que votre texte comporte plus de 15 « je » et d’avantage encore de « moi, me ou ma ». (Si Vigneron nous surveille, il va m’inviter à me regarder dans la glace). Vous m’êtes apparu plus réel, moins virtuel, plus vrai, bien vivant.

      Alors, j’ai cherché sur le blog le premier post que vous m’avez adressé pour comparer les deux images, et je ne l’ai pas retrouvé. Par contre je suis tombé sur billet de Paul Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=5348
      Plus d’un an après, je maintiens toujours les propos tenus lors des deux interventions que j’y avais faites. Ils rejoignent en grande partie le sujet du présent échange.

      Je crois maintenant vous avoir bien compris.

      Même si vous n’envisagez pas d’entrer dans un maquis, vous êtes prêt à faire de la résistance passive à entrer en opposition, vous ne voulez pas collaborer, être un petit engrenage, ne serait-ce que très faiblement moteur dans un système économique qui vous indigne, vous révulse, vous révolte à cause de la trop grande disparité dans la redistribution des richesses qu’il contrôle.

      Tout comme vous, je désapprouve le très grand écart dans la redistribution des richesses crées. Je pense qu’il faut veiller à ce que les plus faibles disposent du minimum nécessaire pour vivre dignement en travaillant. Mais au lieu de me focaliser sur les hautes redistributions, pensant qu’il y en aura toujours comme il y en a toujours eu, et qu’une meilleure redistribution ne changerait pas grand-chose, répartie sur la très grosse masse des autres, je crois de mon devoir, de mon intérêt et de l’intérêt de mes successeurs de faire en sorte que le système auquel j’appartiens, (tous sont actuellement capitalistes) ne soit pas un de ceux qui génèrent globalement le moins de richesse, comparativement aux autres.

      Si vous avez entrevu la théorie qui se dessine progressivement quand on cherche à comprendre comment s’opère la sélection naturelle qui règle l’évolution de l’humanité, vous devriez me comprendre.

      Alors, cela doit vous amener à réfléchir au risque introduit par le rétropédalage de certains, et des conséquences sur la progression de notre bateau capitaliste commun, lui-même en compétition avec d’autres, au sein de plusieurs escadres qui, avant de n’en faire plus qu’une, seront amenées à se regrouper en plusieurs blocs qui entreront en compétition entre eux ect…

      Votre attitude pourrait à la limite se comprendre si, le processus de sélection-regroupement en était arrivé au dernier stade, et si pour tenter de faire durer un peu plus l’aventure dans notre boîte de Piétri, nous en arrivions à devoir imposer un ultime rationnement égalitaire, mais vain.

      Je ne crois pas que nous en soyons au stade d’un ultime regroupement égalitaire, tel qu’envisagé ci-dessus dans ma réponse à Bernard Laget.

      Alors, par expérience, je pense qu’il vaut mieux être positif et pédaler dans le bon sens avec un bon engagement. Cela vaut mieux pour le destin du bateau dans lequel nous sommes, même si ceux du carré des officiers en profiteront toujours plus que le mousse ou le simple matelot.

      C’est aussi la même loi naturelle qui a conduit à la hiérarchie que certains abhorrent. Pourtant elle est vielle comme le monde, elle s’est imposée parce qu’elle est la plus efficace, faute d’être égalitaire. Elle a donné capitaine et probablement capital et capitalisme.

    45. @ Fab,

      :-)) :-)) :-))

      —————

      @ jducac,

      😉
      Merci de votre réponse. Je crois avoir découvert depuis longtemps chez vous le goût du dialogue. Je devrais écrire le goût des duels oratoires. Je vous vois comme un esthète qui, plutôt qu’un duel au pistolet à vingt pas (beaucoup de bruit pour rien, une spécialité de certains de nos amis commentateurs), préfère l’élégant et patient travail de l’escrime, fait de feinte, de fente et de botte franche. Duel au premier sang, jamais à mort, et c’est ce qui me plaît chez vous. Un côté gentilhomme dont nous avons perdu l’habitude.
      Bien sûr, derrière l’élégance de la forme il y a le fond, votre part de vérité que vous ne comptez pas brader au premier venu. Nous voyons que vous n’avez cependant pas peur d’exposer vos arguments à tous les risques, sûr que vous êtes de leur validité. Vous tenez à votre credo. Il y a une part évidente de courage derrière cette attitude. Il y a aussi parfois de la raideur. Une raideur qui vous vaut toujours de nouveaux adversaires, désireux de l’assouplir, si ce n’est de la rompre.

      Impossible de se refaire, tâche infinie que de se changer ; je connais quelques uns de mes défauts. Ils sont évidents pour beaucoup de personnes qui me lisent. J’ai celui d’être plus spectateur qu’acteur. D’où votre étonnement à me voir fendre l’armure. Certains diront jésuite (ou pire) pour qualifier cette attitude, mais ce n’est pas ça. Il s’agit d’une excessive précaution, né d’un fond mal digéré de mauvaise timidité (beuah !). Il arrive que je vienne placer dans le fil des commentaires une contribution aux débats, mais c’est essentiellement pour relayer un texte que j’ai lu ou évoquer une expérience personnelle. Dans certains domaines, et notamment l’économie – par manque d’instruction – affirmer n’est pas mon fort. D’où la difficulté que j’ai à m’entretenir avec vous, qui n’avez pas de ces prudences.

      (Trêve d’introspection.)

      Suite à mon précédent commentaire, et en vous lisant aujourd’hui, je découvre mon erreur de jugement. Je vous voyais relayer le prêche que nos petits étudiants d’école de commerce apprennent à réciter ; je me suis trompé. Le missel de ces étudiants, futurs soldats de la Foi, n’a rien à voir avec votre vision des choses.

      Je vous ai lu attentivement. Je désire vous répondre de façon très générale.
      Voici l’idée qui me vient :
      Ne pensez-vous pas que la vision de l’économie dont vous nous faites part – une vision enrichie d’expériences personnelles – est mise à mal précisément par les tenants du capitalisme avancé ? Je veux dire que les pires opposants à l’organisation humaine que vous nous détaillez seraient peut-être à chercher, non pas chez les anticapitalistes, mais chez les capitalistes modernes ? Les entrepreneurs seraient devenu les idiots utiles d’un système fou qui se masque encore des valeurs d’un capitalisme « ancien » pour mieux se diffuser (ne discutons pas ces valeurs ici).
      Voilà d’où viendrait l’antagonisme irréductible avec certains de vos interlocuteurs. Certains d’entre nous veulent aider à stopper et à changer le système fou issu d’un capitalisme dévoyé (le fameux « La machine est cassée » de Paul Jorion). Face à ceux-là, vous opposez la nécessité de sauver une certaine idée du capitalisme d’avant le dévoiement.
      L’incompréhension viendrait de ce que vous ne voulez pas que l’on jette le bébé avec l’eau du bain. Vous voulez sauvez le bébé-capitalisme, alors que la plupart de vos opposants vous répètent que le bébé-capitalisme se noie dans son propre liquide amniotique, et qu’il faut en tout cas d’abord vider l’eau boueuse de la spéculation financière, avant même de savoir si le bébé est viable.
      J’espère n’être pas trop confus.

      Accordons-nous pour dire qu’il y a eu dévoiement, ou pourissement, et partons ensemble de ce constat (même si les anticapitalistes affirmeront toujours que le ver était depuis l’origine dans le fruit, et que vous leur répéterez jusqu’au bout que le fruit était sain à l’origine).
      Ni aurait-il pas quelque chose à creuser derrière cela, pour avancer ?

    46. @ Jean-Luc dit : 8 janvier 2011 à 18:08

      Accordons-nous pour dire qu’il y a eu dévoiement, ou pourrissement, et partons ensemble de ce constat (même si les anticapitalistes affirmeront toujours que le ver était depuis l’origine dans le fruit, et que vous leur répéterez jusqu’au bout que le fruit était sain à l’origine).
      Ni aurait-il pas quelque chose à creuser derrière cela, pour avancer ?

      Vous avez fourni un beau travail en décryptant ma pensée et en la synthétisant pour en arriver à cette conclusion. Cela récompense votre grande aptitude à l’empathie et témoigne d’une attitude positive que j’apprécie. Merci de l’avoir mis au service de nos échanges.

      Oui, le capitalisme de base est sain, selon moi, puisque c’est en appliquant son processus à l’infini, depuis toujours, que la civilisation humaine s’est développée.

      Malheureusement, pour conduire plus loin cette évolution, les hommes ont été conduits à créer le concept d’argent virtuel qui n’a pas d’existence et de valeur autre que l’idée que l’on s’en fait. Toutes les idées peuvent être trompeuses et ce d’autant plus qu’elles sont par essence, immatérielles, d’ordre métaphysique, insaisissables et partant, formidablement manipulables. Les grands manipulateurs jonglent avec leurs abstractions, leurs images virtuelles très parlantes, mais qui ne représentent que des chimères auxquelles tout le monde finit par croire, y compris ceux qui les ont fait naître peut-être pour mieux tromper les autres.

      Cette activité relève de l’industrie financière. Quoi de plus parlant et concret qu’une industrie avec des ateliers spécialisés transformant des matières, des richesses en d’autres richesses, en créant ainsi de la valeur ? Quoi de plus fumeux qu’un atelier d’alchimiste qui prétend transformer de l’argent métal, en argent papier, puis de l’argent papier, en argent numérique, lequel parcourt en tous sens la planète à la vitesse de la lumière et, par un processus de transformation inverse, vous présente à l’arrivée un papier, ou un nombre sur un compte, sensé représenter du métal, mais avec une différence de cours dans un sens favorable aux magiciens professionnels.

      C’est un travail de spécialiste à n’y rien comprendre. C’est ce que produit l’ingénierie financière au service des financiers qui gagnent de l’argent en brassant de l’illusion. C’est ce qu’on appelle, le capitalisme financier, le faut frère du vrai capitalisme qui lui, crée de l’évolution, de l’accroissement de niveau de vie.

      Bien évidemment, le commun des mortels, surtout s’il est à un niveau élevé de responsabilité dans les instances de gouvernances locales, ou nationales, ne va pas avouer qu’il n’y comprend rien ou pas grand chose. C’est comme cela que des municipalités, des régions, des pays se font berner et de ce fait se sont rendus complices de manipulations pénalisantes à l’égard de ceux qu’ils sont sensés servir.

      Alors, oui Jean-Luc, vous avez raison de vouloir vous battre en y mettant toutes vos tripes, pour que cesse cette sorte d’arnaque organisée, tolérée et mortifère. En partant des propositions de Nicolas Sarkosy, j’ai compris que c’était ce à quoi Paul Jorion voulait œuvrer. Je suis à ses côtés, et aux vôtres, car en faisant cela on ne porte pas atteinte au capitalisme de base qui me semble sain et bénéfique à l’humanité, lui.

      Qu’est-ce qui nous sépare encore ?

    47. Alors là , comme dans un western à la John Ford , le suspense est à son comble au terme provisoire de la plus longue file de commentaires sur un commentaire ( parti de Jducac et revenu à Jducac ) .

      Les herbes de la prairie roulent en boules épineuses sous la bourrasque d’une lointaine tornade . Seul le sifflement du vent trouble le silence et Paul Jorion , pull rouge et oeil triste , rejoint Jducac au mileu de la rue du village . Ils se regardent .

      Et Paul Jorion répond à la question de Jducac :

      qu’est ce qui sépare Jducac de Jean-Luc ?

    48. @ juan nessy,

      Non, juan, Paul Jorion est resté peinard au saloon ! (des duels de pieds-tendres, il en a trop vu pour que ça l’intéresse encore)
      C’est moi qui suis dans la rue face à jducac (gulp !). Je lui ai laissé le choix des armes, et il m’a imposé le fleuret (c’est pas très réglementaire mais, de toutes manières, je suis pas meilleur au six-coups). Déjà que j’en mène pas large et que j’ai le soleil dans les yeux, si en plus vous me faites rigoler j’ai plus aucune chance !!!

      —————

      @ jducac,

      (parlons plus bas, nous sommes observés !)
      On se comprend. Une chose nous sépare encore cependant. Je ne sais pas si je devrais dire qu’elle nous sépare, finalement.
      Je me demande si, ayant en commun le même souhait de voir l’ingénierie financière perdre définitivement son pouvoir de nuisance sur la vie des hommes, cette chose qui nous sépare n’est pas à tenir en l’état.

      (Vous vous souvenez sûrement que j’ai raconté en mars dernier – trop longuement, je m’en veux – combien les différences de points de vues me plaisent. J’ai une passion pour cette diversité, car elle rend plus précieux les points de convergence. Vous ne serez pas étonné d’apprendre que le roman Uranus de Marcel Aymé a été pour moi une belle découverte.)

      Cette différence entre nous vient de ce que j’ai pu appeler votre positivisme économique, un positivisme qui se confronte à mes doutes. Ce n’est peut-être pas chez vous un positivisme pur et dur, mais vous ne devez pas être ennemi des pensées de Comte et Renan. Vous avez cette foi dans le progrès que je n’ai pas.
      Quoi faire de ça ?
      C’est pour cela que je parlais plus haut de nos croyances. Celui qui croyait que le capitalisme peut faire progresser l’humanité ; Celui qui ne croyait pas au progrès de l’humanité, et bien moins par le capitalisme.
      On peut bien sûr étayer l’un et l’autre nos croyances, mais ne pensez-vous pas que si nous nous chiffonnions là-dessus, cela ressemblerait aux bagarres humoristiques entre Don Camillo et Peppone (en plus, comble de rigolade, j’aurais sûrement, moi l’agnostique, le rôle du curé fataliste, et vous le rôle du maire communiste 😉 ).

    49. @ Jean-Luc dit : 10 janvier 2011 à 00:29

      Merci d’avoir retrouvé le post que je recherchais. En le relisant, je me dis que vous aviez déjà discrètement fendu l’armure.

      @ juan nessy dit : 9 janvier 2011 à 22:13

      Et Paul Jorion répond à la question de Jducac

      Sa réponse est la suivante : « Sur la forme, tout les sépare. Pour le fond, c’est plus délicat. Mais Juan Nessy qui est un fin observateur devrait savoir répondre »

      Jducac à cet instant lui dit : «Si Juan Nessy est rapide pour flinguer, il est lent pour répondre. La preuve est là :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=19274#comment-133399 »

    50. @Jducac:

      Ce n’est pas sans raison que je demandais au shériff d’intervenir et tirer … un bilan , avant que ne s’inscrive  » The end  » sur l’écran . Mais Jean – Luc , en bon adjoint , l’a devancé en préjugeant de sa pensée (Il a trop le sens du sacrifice ).

      C’est une erreur que vous partagez avec lui , puisque vous faîtes parler Paul Jorion à sa place en étendant la réponse à une question qui n’était pas posée . Première erreur et premier aveu de faiblesse , qui consiste à viser la cible qui n’est pas la bonne et qui me fait penser à  » c’est à vous ma soeur que ce discours s’adresse » dans une comédie bien connue de Molière .

      Votre réponse par procuration abusive me donne un premier indice sur ce qui vous sépare de Jean Luc : vous avancez que ce n’est pas le fond mais la forme .

      Or , je suis profondément convaincu que selon la formule classique  » la forme , ( surtout quand elle est persistante ) , c’est le fond qui remonte à la surface « .

      Je ne sais donc pas si c’est « tout » qui vous sépare de Jean-Luc mais j’ai la certitude que vous ne venez pas de , et que vous n’allez pas au , même endroit .

      Pour ce qui serait de mes  » non réponses » , il n’y a pas de raison que vous ne vous y fassiez pas aussi bien que mon épouse .En quarante ans , elle a appris à les traduire .

      On en reparlera donc dans 40 ans , et d’ailleurs la réponse sera dans tous les journaux et esprits à ce moment là , sans que j’ai besoin de ressortir de .. ( de quoi ,au juste , car mon rêve personnel donne aux chiens errants les restes de mon cadavre à se partager sur les hauteurs basaltiques des Monts du Forez ) , pour donner cette foutue réponse .

      Mais tout le monde aura oublier la question . Enfin , j’espère ….

      PS : avouez que j’ai fait ce que j’ai pu pour garder un souffle épique et spectaculaire à cette fin de la première bobine du film .

    1. @Argeles 39

      Merci de ce lien, à propos de S.Hessel, il faut avoir à l’esprit dans une Europe dévastée, sortant de l’abomination totalitaire ; ce qu’a pu étre l’optimisme à construire un monde meilleur de justice et de partage. La charte du conseil de la résistance traite point par point les maux dont nous somment victimes aujourd’hui; et les dirigeants qui évoquent l’héritage de De Gaulle et de ses proches seraient bien inspirer de s’y ressourcer, car entre le Capitalisme et le collectivisme existent des alternatives, par exemple les organisations ou structures coopératives.

      Il en existe quelques traces dans notre Europe bouffée par l’ultra libéralisme financier. Je pense en Espagne, pour citer un exemple, à l’existence du groupe Mondragon crée dans les Asturies sous Franco par un prétre aux idées avancées. Il s’agit d’un groupe industriel qui appartient à tous ceux qui y travaillent, et géré sous une forme coopérative laquelle détient sa propre Banque et garanti à ses membres des emplois pérennes dans les unités de production Asturiennes. Ce groupe est plus connu du grand public par l’électroménager « Fagor » et les bus « Ibizcar »mais il a été fondé à l’origine sur de la fonderie lourde. L’idéologie créatrice de cette structure se fonde sur l’idée que l’outil de production peut appartenir à ceux qui y travaillent, sans étre kolkhosienne.ni patronnale..
      Il ne faut pas avoir beaucoup d’imagination pour penser que d’autres organisations puissent supplanter dans l’avenir celle d’un patronnat qui serait plus compétant pour diriger une entreprise (au regard des risques encourrus) que des directoires de cadres compétants.

    2. J’ajoute que les voeux de Stéphane Hesserl ont eux un accent Gaullien, dont on ne peut mettre en doute la sincérité.

    3. @Bernard Laget

      Attention à ne pas faire de Hessel une icône du gaullisme, ni du CNR une pure émanation du gaullisme. Le CNR dans ses revendications comme dans ses principes devait tout autant à l’influence de la résistance communiste qu’à de Gaulle, qui les a autorisés, tout au plus. Et c’est bien de Gaulle qui a appelé, ou en tout cas n’a pu éviter, Pompidou et la clique qu’il a apporté sous son aile à la France (Giscard, Balladur, Chirac, Delors, Frey, Juillet, …). Hessel était d’ailleurs proche de Mendès sous la IVème et a définitivement coupé les ponts avec les gaullistes ou de Gaulle après 58. Comme gaulliste pratiquant, vous avouerez qu’on fait mieux…
      Et après alors ? Wiki ! :

      En 1985, Michel Rocard choisit Stéphane Hessel, qu’il a rencontré quelques semaines auparavant alors que l’un et l’autre donnaient des conférences à Harvard, pour présider son réseau de soutien de sa candidature à l’élection présidentielle.

      En 1986, il prend sa carte au Parti Socialiste mais son engagement sans faille pour l’Europe l’en éloigne quand ce parti cherche une conciliation avec les anti-Maastricht : ainsi, en 2003, il signe, avec d’autres anciens résistants, la pétition « Pour un traité de l’Europe sociale

      Pas facile d’enfermer un homme libre -et vivant ! – dans un moule ad-hoc à ses opinions…

      PS : pour l’anecdote, assez merveilleuse, je trouve, merci Wiki encore :

      Sa mère(de Stéphane Hessel), Helen Grund-Hessel, qui dessine et peint, est l’héroïne (« Catherine ») de Jules et Jim, le fameux roman autobiographique d’Henri-Pierre Roché (qui est « Jim »), à la fois l’ami de Franz Hessel (qui est « Jules ») et son rival dans le coeur d’Helen. L’histoire du trio impossible voulant briser les conventions sociales a été popularisée par le film de François Truffaut, où le rôle féminin est interprété par l’actrice Jeanne Moreau

      Hessel comme le fils de la Jeanne Moreau de Jules et Jim ! Que demande le peuple ?
      25 ans de moins et qu’il se présente en 2012…

    4. @ Vigneron

      Attention à ne pas faire de Hessel une icône du gaullisme, ni du CNR une pure émanation du gaullisme. Le CNR dans ses revendications comme dans ses principes devait tout autant à l’influence de la résistance communiste qu’à de Gaulle, qui les a autorisés, tout au plus.

      On peut même penser que le programme du CNR doit plus aux communistes qu’à De Gaulle, car rédigé en très grande partie par jacques DUCLOS.
      Stéphane Hessel se réclame de la social-démocratie, curieusement il défend le bilan de DSK au FMI :
      http://www.rue89.com/entretien/2010/12/30/stephane-hessel-12-aubry-serait-ma-candidate-preferee-182841

      Mais je crois, eu égard à son âge, qu’on peut lui faire crédit de sa sincérité quand il dénonce la ploutocratie et qu’il fait référence au programme du CNR.

    5. Vigneron.

      Tu as presque raison, comme d’habitude de la part de pas mal de monde ici.
      Maintenant, j’ai une envie de te faire phosphorer et ne vais pas m’en priver. Ca me changera d’apostropher Jorion envers qui je suis exigent comme quelques-uns et unes ici.

      De Gaulle a été catalogué à droite en créant la participation. Ou l’intéressement, mais les deux sont du même tonneau.
      Crois-tu que ce soit de droite de redistribuer les bénéfices du fruit de son travail et penses-tu que le Général ne pensait pas AUSSI à son pays en envoyant balader les Ricains..???
      Nous étions à l’époque de l’après-guerre et le contexte était différent, D’ACCORD.

      MAIS.
      Cela me fait TOUJOURS drôle lorsque l’on critique un homme qui, ayant la DIRECTION d’un pays, se fait descendre sur des choses particulières SANS considérer l’ensemble des ACTIONS.
      D’autant plus lorsque chacun essaie politiquement de capter son héritage, preuve qu’il n’était pas si maigre que cela.

      Le jour où les humains se rendront compte que faire le bien de la communauté est AUSSI faire son propre bien, envoies-moi un fax, qu’on fête ça.
      (mais pas aujourd’hui, j’ai encore la tête lourde d’hier…)

    6. Donc, car jai oublié la conclusion : oui, je suis d’accord avec toi.

      Mais il faut bien que quelqu’un reprenne le flambeau de la Démocratie.
      Et si c’est pas Hessel, lances-toi.
      C’est pas interdit pour l’instant par le pouvoir en place.

    7. Oui, notes, conclusion 2 :
      C’est interdit par le système politique en place.

      Bon, on se fait une révolution et on en rediscute après.

    8. Sauf son respect on sort les presque momifiés de la IIWW maintenant voir les totalement cadavériques ?

      Je ne sais plus quand ici, Paul Jorion, celui qui travail sous sa douche, a écrit un billet ou une vidéo sur ce désir montant de l’homme providentiel ou un truc approchant. Bref, on sort ce brave Hessel du placard, on le dépoussière, on place le logo CNR et hop un tour de piste. Pauvre de nous j’ai envie de dire, réduit à réveiller les morts.

    9. @vigneron

      Je n’ai évoqué De Gaulle qu’à cause des voeux d’Hesserl et ceux de notre président qui fait référence au Gaullisme, et il y a loin de lui au Gaullisme; autrement dit si Hesserl est de Gauche, mendeciste pour faire court, De Gaulle un chrétien rebelle disons d’un centre Gauche, ou est notre actuel président ?
      Il est inaudible car populiste de droite, ça vous va ?

    10. Yvan. Sur de Gaulle juste une question. Qui a été le premier chef d’État au monde à mettre aux commandes de l’économie nationale (bien planqué derrière Pinay) un économiste ultra-libéral, Rueff, ami, en tout cas proche, de von Mises ou de Hayek, fondateur de la société du mont pèlerin en 47 avec ces deux rats d’Autriche, plus le brave Môôrice Allais (plus 33 autres dont Milton Friedman, Bertrand de Jouvenel, Karl Popper et Michael Polanyi – l’âme damnée de son frère Karl...) ?
      Qui était président du conseil en 1958 quand ce mec tellement glorifié, Rueff, auquel tant de tristes ou sombres abrutis vouent un véritable culte aujourd’hui – culte qu’il doit, pour les plus « innocents » de ses partisans, au prestige dont le dote dans les mémoires obscurcies son bienfaiteur politique idolâtré et, pour le moins, très conciliant avec ses thèses – pris les affaires en main en France ? Qui, Yvan ?

      Et , quand même – « détail » sans doute, quel Général se fit une joie, à peine délivré du pouvoir, d’où les français l’avaient enfin lourdé en 69, d’aller faire des mamours à un autre général de l’autre coté des Pyrénées, par pure « courtoisie » – pardine ! – déclarant regretter ne pas avoir pu le rencontrer plus tôt du fait des circonstances internationales ? Quel général, Yvan ?

    11. La france a eu les chefs d’état qu’elle ne mérite pas !
      Surtout pour ceux qui font un bilan de leur action pendant leur retraite, et qui de plus ont le droit de vote.

  57. http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/12/30/espagne-hausse-du-salaire-minimum-et-des-retraites_1459256_3214.html
    //Il a toutefois confirmé, lors d’une conférence de presse à l’issue du conseil des ministres, que la réforme des retraites « fixera l’âge légal [du départ] à 67 ans », mais « avec flexibilité ». « Toutes les pensions [de retraite] seront majorées en 2011 de 1,3% », a-t-il annoncé. Les pensions minimales seront elles augmentées de 2,3%.

    Quant au salaire minimum, « le gouvernement a décidé de l’augmenter de 1,3 % », a indiqué José Luis Rodriguez Zapatero. Il passera donc de 633,30 euros à 641,56 euros.//

    Quelle générosité.

    1. Pendant ce temps, la fourniture d’électricité prendra 9,68% d’augmentation le 1er janvier…
      Au total : augmentation de 48% depuis l’été 2007
      Ils veulent vraiment tous nous avoir la peau, les fumiers… Mais ils vont avoir du boulot !!
      Viva la revolución !!

  58. Excellente initiative sans doute mais qui me rappelle le pacte que Nicolas Hulot avait fait signer aux principaux candidats lors de la dernière élection présidentielle. Tous s’étaient alors empressés devant les caméras d’affirmer leur engagement à introduire la dimension écologique dans leurs analyses, leur réflexion et leur action. On a vu depuis le Grenelle de l’environnement et son abandon en rase campagne. Que cela serve dans la rédaction de votre texte c’est le vœu que je formule pour la nouvelle année !
    PS : Paul Jorion, vous aussi n’oubliez pas d’intégrer plus que vous ne le faites, dans vos analyses, cette idée que nous connaissons comme jamais hommes avant nous une prodigieuse crise écologique, une véritable crise de la vie. Cela ne se résume pas pour peu que l’on cherche un peu, aux bouleversements climatiques – incontestables – ni à la déplétion de quelques matières premières.

  59. Préparons nous au retour féodal. (Site de documents anciens historiques)

    Extrait concernant le servage et l’Affranchissement (1735)
    une personne est de « serve condition » c’est à dire corvéable, taillable et mainmortable, elle ne peut devenir de « franche condition » que si elle réunit deux éléments de base :
    1/ Il faut avoir une terre franche !
    2/ Il faut être riche ou pour le moins aisé.

    On trouve des cas de paysans qui préfèrent revenir à leur anciennent condition parce qu’ils ne trouvent pas de terres franches libres.

    Les condition de l’affranchissement sont draconniennes : Le mainmortable abandonne tout ce qu’il possède en immeuble et les deux tiers en meubles à son seigneur (Voie du désaveu). Cet abandon de biens pouvant se négocier sous forme d’une somme correspondante versée.

    http://olddoc.chez.com/pontar/historic/poinhi/poinhi1.htm
    Sélectionner « Affranchissement »

    1. …OUI…bien sûr …Mais c’était le temps des saigneurs de saigner…Aujourd’hui c’est devenu le temps des voleurs…Donc le procès est possible…Et les prévenues nous les connaissons…Que le tribunal de la république fasse son travail…Devenons le procureur général et mettont le paquet.

  60. @jducac

    Le capital doit être vénéré et sauvegardé parce qu’il sert de base à la préparation du futur. Il permet aux humains de s’adapter aux conséquences de leur évolution et ce faisant d’assurer leur survie.

    Vénéré? le mot n’est-il pas trop fort? Le capital n’est qu’un outil, pas un dieu!

    …le capitalisme, par ses excès d’accumulations individuelles et ses dérives financières, se rend condamnable en donnant l’image d’égoïsmes exacerbés…

    Juste une image? ou plutôt est-ce sa nature intrinsèque?

    L’autre, l’anticapitalisme est également excessif car, au motif de vouloir satisfaire les envies du plus grand nombre, en le focalisant sur la consommation immédiate, sans se soucier du lendemain…

    Ah! vous surabondez vous aussi sur la plèbe jouisseuse et parasite? Allez donc soutenir ce discours dans les banlieues ou dans les pays sous-développés et même les émergents….

    C’est en prônant la lutte des classes que l’anticapitalisme voit une possibilité d’étancher la soif de consommation du plus grand nombre, sans en mesurer les conséquences sur le futur.

    Comme si la lutte des classes était une idéologie… Plusieurs ont pourtant rappelé ici la célèbre phrase de Warren Buffett. Il faut y faire. C’est juste la réalité qui n’est pas une tactique de des anticapitalistes: juste un constat apparemment partagé dans les 2 camps.

    …il ne faut certainement pas laisser croire au plus grand nombre, qu’un maintien ou qu’un accroissement de la consommation nous placerait sur la voie d’une solution durable. Même si la consommation des grands capitalistes est importante, prise individuellement, elle ne représente qu’une très faible part …

    Comment pouvez-vous rester aussi aveugle? Etes-vous à ce point captif du discours officiel? Lisez:
    …(aux USA) en 1970, ces 1% les plus riches détenaient 8% de la richesse nationale, en 1980, 14%, en 1990 18% et en 2010 : 23.5% et le premier millième détient 12% de la richesse nationale. Autre façon de poser le problème, de 1980 à 2005, 80% des nouvelles richesses crées aux US ont été captées par ces 1% les plus riches.
    Faudrait-il taxer tellement les plus riches (qui ne savent même plus comment flamber leurs billets)- -mais bien sûr si on pouvait les localiser dans les paradis fiscaux, pour redistribuer un peu de bien-être à ceux qui produisent les richesses? et diminuer les impôts payés par les producteurs effectifs des richesses?

    Je suis cependant d’accord avec vous: vive la fraternité! Mais nier que le rapport de force auquel nous devons faire face relève de l’idéologie et non de la réalité humaine est une farce. Sinon, pourquoi aurions-nous besoin d’une constitution sur l’économie?

    1. @ François (tout court) dit : 30 décembre 2010 à 15:50

      Vénéré? le mot n’est-il pas trop fort? Le capital n’est qu’un outil, pas un dieu!

      Pas du tout. Je vénère aussi le travail et ne suis pas le seul. Demandez donc à ceux qui redoutent de perdre le leur ou qui souhaitent en trouver un.
      Voyez : http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/venerer/

      Ah! vous surabondez vous aussi sur la plèbe jouisseuse

      J’ai volontairement omis de reprendre le terme parasite que vous avez abusivement introduit en parasitant ainsi ma déclaration.
      Concernant la recherche de jouissance immédiate, je confirme et signe en tant que représentant de la plèbe. J’ ai pu m’en extraire en m’obligeant à travailler plus que certains de mes camarades, bien plus doués et plus intelligents que moi. Ils ont préféré profiter tout de suite de ce que leur offrait une paie d’ouvrier et conserver ce même statut toute leur vie. Sur une promotion de 40 apprentis ajusteurs ou tourneurs il y en avait au moins trois ou quatre qui auraient pu décrocher un diplôme d’ingénieur, tous frais d’études payés.
      Or, un seul l’a fait. Il a préféré travailler plus pour capitaliser des connaissances plutôt que de jouir immédiatement de ce qu’il avait acquis. C’est également vrai dans d’autres filières.

      comment pouvez-vous rester aussi aveugle?

      Vous parlez des différences de richesses, donc des gains accumulés. Si vous avez compris le mécanisme que j’ai exposé ci-dessus dans ma réponse à « ric » vous devez comparer la production d’un pêcheur avec un filet à celui qui n’en a pas alors que l’un et l’autre consomment (dépensent en énergie) à peu près la même chose. Il n’est pas anormal que celui qui s’est donné la peine d’épargner pour se « payer » un filet en ait les bénéfices y compris quand il le loue à un nouveau venu dans la pêche.

      Je suis cependant d’accord avec vous: vive la fraternité! Mais nier que le rapport de force auquel nous devons faire face relève de l’idéologie et non de la réalité humaine est une farce

      Heureux de nous savoir en phase sur la fraternité.
      Quant aux rapports de force, selon mon humble expérience, la première lutte qui me semble devoir être menée est la lutte contre soi-même. Elle impose de faire un effort sur soi pour se doter du meilleur potentiel d’action afin de surmonter les difficultés à venir. Pour ce qui est de la lutte que devrait mener « le travail contre le capital » je considère qu’il y a mieux à obtenir, pour chacune des parties, en recherchant la mise en commun des objectifs

    2. L’argent amassé par ces minorités ultra possédantes est t’il seulement une richesse redistribuable par la loi ?

      Je ne le crois pas, dans un cycle de vie humaine, il faut non seulement prendre en compte le temps, mais donner un sens au binome travail/rémunération et à la réinjection par la consommation de ce qui a été gagné. L’idée de Paul Jorion d’augmenter les salaires pour relancer la consommation par le pouvoir d’achat me parait une idée pertinente, c’est ce qui c’est produit pendant les 30 glorieuses; mais il y faut une condition. C’est la confiance du peuple dans ses dirigeants, ou plus encore dans l’avenir.
      Le fait que les Français aient une épargne importante me semble symptomatique d’une crainte dans leur avenir et participe d’une économie frileuse, cela ne signifie pas non plus que l’endettement outrancier soit une vertue, mais vivre un peu au dessus de ses moyens est un signe de bonne santé .

    3. @ jducac Oh là! J’ai eu tort de ne pas suivre ce fil de conversation!

      Vous vénérez le travail? Je vénère le plaisir au travail et son utilité à la communauté. Pas l’accumulation personnelle.

      Vous êtes heureux d’être sorti de la plèbe par vos propres moyens comparativement à d’autres jouisseurs plébéiens? Grâce vous en soit rendue. Mais ensuite:

      Vous achetez un filet dont vous n’avez rien à faire sauf le louer à d’autres qui savent pêcher (et pas vous!) sauf qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter ce filet: voir Marx et l’appropriation des moyens de production. Ici vous êtes déjà dans l’exploitation avec la fausse bonne conscience d’être utile à la société, bien sûr!

      Merci au représentant de la plèbe! Vous la représentez encore beaucoup moins que Staline, ma parole!

  61. @ JORION

    Partir des discours de Toulon de Sarko 1er, des discours des autres politiques pour les mettre devant leurs contradictions, et leur montrer leur inaction depuis 3 ans: d’accord.
    Mais ce serait si simple.

    J’ai un doute.

    Sachant que nos politiques n’écrivent plus leurs discours, y croient-ils vraiment?
    D’ailleurs sont-ils encore conscients de ce qu’ils racontent? Le cromprennent-ils?
    Pas sûr…

    Nous sommes entrés dans l’aire**(voir infra) des communicants, des discours entièrement écrits et pensés pour les politiques.
    C’est du pré-mâché avec cette invention subtile des « éléments de langage ».
    AH! Les cons! Pour ne pas dire « phrases toutes faites », on dit pompeusement « éléments de langage ».
    Vous verrez, ils nous sortiront bientôt « les fragments de vocabulaire » et les « pièces de grammaire ».

    Même sur le fond, ils se répètent. Il suffit de chercher un peu sur des sites comme le Post.fr ou d’autres pour voir par exemple l’équipe du petit journal de Canal+ , enfoncer Zébulon 1er lors d’un discours sur l’agriculture. A quelques mois d’intervalle, on peut faire du copier-coller! C’est du mot-à-mot ou presque et avec les mêmes intonations!

    Franchement l’idée est belle. Mais j’ai peur que les matériaux de départ ne soient pas déjà corrompus.
    Je vous souhaite bonne chance.

     » Le peuple! Le peuple! Ils ne savent pas ce que c’est. Ils n’entendront la voix du peuple que quand ils seront au pied de l’échafaud! » (DANTON)

    ** J’ai mis « aire » à dessein au lieu d’ère, mais en fait la communication, ce n’est rien d’autre que du traitement de surface.

    1. » Le peuple! Le peuple! Ils ne savent pas ce que c’est. Ils n’entendront la voix du peuple que quand ils seront au pied de l’échafaud! » (DANTON)

      ma fois, s’il faut le rappeler !

  62. Une autre alerte au feu…
    (une de plus, on est plus à un signe près)

    Le pape se désolidarise des magouilles habituelles :
    http://www.lepoint.fr/economie/finances-du-vatican-benoit-xvi-cree-une-autorite-de-lutte-contre-le-blanchiment-30-12-2010-125386_28.php
    « Pour le Vatican, il s’agit de faire preuve de « transparence », d' »honnêteté » et de « responsabilité », a expliqué à la presse son porte-parole, le père Federico Lombardi. »

    Honne… Pardon..???
    Déjà, rien que le mot transparence est risible.

    1. Yvan
      « tu seras honnête » n’est pas dans les dix commandements.
      « tu ne convoiteras pas le fils de ton ami » non plus alors hein?
      Il y a aussi la transparente alitée…alors.

    2. Et pourtant!
      Si les voies du Seigneur qui sont impénétrables, la construction mathématique des produits dérivés, des dérivés de dérivés, ETF, CDS et autres MBO l’est tout autant.

    3. Tartar, je n’ai pas compris le sens de tes deux dernières phrases…
      Excuses-moi mon esprit pas très agile dans l’humour…

      Tano.
      Tout est « compréhensible ». Mais tout est complexifié de façon volontaire.

      Pour ceux qui ont fait des petites simulations à base de SEUILS (le taux change à partir d’un élément parallèle), l’esprit humain est incapable d’obtenir le résultat d’une équation contenant DEUX niveaux et TROIS effets de seuil.
      Là, ne reste plus que les simulations sur un tableur en utilisant la dichotomie.
      D’où mon adresse mail.

      Et pour la partie « juridique », si une clause n’est pas écrite dans un langage compréhensible, on la raye en notant le nombre de mots supprimés en fin de contrat avant d’éventuellement signer.
      Beaucoup de commerciaux n’aiment pas ça…
      Bizarrement 🙂

    4. @ Yvan

      Pour les maths, c’est vrai qu’ils complexifient à plaisir et avec un but: que ceux qui sont chargés de les contrôler n’y comprennent rien. (enfin quand ils les contrôlent, donc tous les 200 ans! )

      Et puis les maths c’est pas mon truc.

  63. Initiative inutile voire contre-productive. « Extraire (des discours de Sarkozy) les propositions les plus radicales ». Si radicales que Nicolas Sarkozy s’est bien gardé de les appliquer. Cette démarche est optimiste: on pourrait attendre du pouvoir politico-financier une capacité-volonté à se réformer (« réforme »; « rupture »: ça ne vous rappelle rien?). « Savent pas, peuvent pas, veulent pas » énonçait Paul Jorion dans son « Le Temps qu’il fait » du 24 décembre. Tout cela en même temps, en effet, et c’est bien ce qui est grave. « Inconscients (comme moi!) de leurs déterminismes socio-culturels », aurait dit Henri Laborit. Qu’il ne faille pas « se fier au capitalisme pour réparer les dégâts dont il est responsable: il en est incapable. Il n’est pas équipé pour cela » (Isabelle Stengers) passe encore. « Assez pensé! » lançait Christine Lagarde-que-le-monde-entier-nous-envie devant un parterre du Medef quelques semaines après son accession au ministère de l’économie. Que la capitalisme « ne soit pas équipé pour penser » (Stengers, toujours), soit, donc. Mais, quand bien même le péril hyper-libéral serait éloigné, et un avatar social-démocrate ayant pris le relais, la question des limites resterait dans toute son ampleur: matière, énergie, vivant. Nous n’avons qu’une planète; cela va bien finir -aussi- par se voir. Un exemple, très récent: aux inquiétudes -fondées- sur l’accès aux ressources en métaux rares -97% en Chine-, essentiels à la prétendue « croissance verte », les indécrottables optimistes répondent en substance: « Ouvrons des mines en Australie, en Afrique! ». Ni le Pacte de Nicolas Hulot, (mauvais) clown de l’écologie, ni le Grenelle de l’environnement, n’ont fait avancer d’un iota dans ce domaine. Pour revenir à la crise financière objet de l’initiative de Paul Jorion:
    nous en sommes conscients (et ce blog y contribue grandement);
    « nous » (pas moi, ceux qui ont quelque compétence pour cela, dont Paul Jorion) proposons des solutions;
    nous ne savons pas comment faire pour qu’elles deviennent réalité (sinon elles le seraient déjà);
    elles sont d’une telle ampleur qu’elles changeront radicalement « le système »;
    nous ne savons pas ce qui le remplacera (par quoi le remplacer).
    La proposition de Paul Jorion s’inscrit dans la troisième étape. J’espère me tromper dans mon jugement énoncé au début. Tous les jours, les faits prouvent pourtant que l’oligarchie politico-financière -pardon, je caricature: c’est juste pour rappeler à quel point « ils » ne sont vraiment pas nombreux-, consciemment, volontairement ou non, maintient voire accroît sa domination. Je ne vois toujours pas ce qui pourrait l’ébranler. Le seul espoir que j’entrevois serait européen. Mais la Hongrie va prendre la présidence de l’Union au 1er janvier. Allez voir ce qui s’y passe actuellement en matière de libertés… Merci néanmoins, encore une fois, à Paul Jorion et à tous ceux qui font vivre ce blog, et à l’année prochaine!

    1. L’info (si info, car introuvable) vient de quelqu’un dont la seule solution consiste à baisser les prélèvements obligatoires – lesquels ne font que baisser depuis 20 ans, preuve qu’il lit visiblement les statistiques de l’INSEE dans le sens qui l’intéresse seulement.

    2. Je n’arrive pas à voir où il le dit. Ou bien voulez-vous simplement dire qu’il qualifierait sûrement mon approche d’« inspiration marxiste », si jamais il en parlait ?

      J’ai déjà expliqué de manière assez détaillée en quoi mon analyse se distingue sur ce plan-là de celle de Marx, dans mon billet intitulé : Où se situent les salariés ? ; tout cela sera d’ailleurs repris systémiquement dans Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011).

    3. Il le dit au tout début de l’article non pas directement en vous citant, mais plutôt en citant ceux qui emettent l’idée que la cause de la crise viendrait de la diminution de la part de revenu des salariés:
      « On entend depuis longtemps, et ce discours revient à la une à l’occasion de la crise, que le partage de la valeur ajoutée a évolué au détriment des salariés et en faveur des actionnaires. Le partage travail/capital se ferait de plus en plus en faveur du second. Et tous les discours d’inspiration marxiste, avouée ou non, de surenchérir sur l’exploitation des travailleurs par les méchants patrons qui s’en mettent plein les poches…  »

      ce n’est d’ailleurs pas une critique, Marx ayant écrit certaines vérités (toujours vraislongtemps après).
      Même ce monsieur dit des vérités : mes amis fonctionnaires sont désespérés du gachis des administrations (il faut utiliser tout le budget, sinon on nous le baissera l’année prochaine, etc…), même si ces situations se retrouvent dans le privé de façon moins vivace.
      Pour moi les économies à réaliser sont d’ordres organisationnelles & gain de productivité.

  64. Je soumettrai cela à votre lecture dans un prochain billet. Nous en discuterons alors et tenterons de mettre au point à partir de là, un texte court mais percutant.

    Paul, n’en démordez pas, votre théorie elle est au point, je dirais même « à point », votre initiative ne peut être comparée à celle de Nicolas Hulot comme l’ont fait certains commentateurs.
    Hulot a déçu, non pas parce que son combat n’était pas honorable, ni que les constats qu’ils établissaient étaient foncièrement faux, mais parce que son pacte proposait des objectifs quantitatifs. Il y manquait une théorie consistante, laquelle est justement votre point fort.
    Votre mesure phare, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, ce n’est pas plus ou moins de ceci ou cela. C’est une position tranchée, tranchante, qui répond d’une véritable analyse, analyse dont la conclusion logique est que le capitalisme est à l’agonie.

    Le pacte de Nicolas Hulot n’était portée par aucune analyse sociale et politique. Il s’agissait seulement dans un grand élan volontariste de repousser les forces du mal carbonique. Vous postulez à l’inverse l’agonie d’un monde, et non pas du monde, même si la fin de l’espèce est une éventualité que vous mentionnez. En pointillés dans vos divers billets et interventions il ressort que diverses options de sortie du capitalisme sont envisageables. De la reconstitution d’une nouvelle aristocratie selon un modèle qui ne serait plus à proprement parler du capitalisme, jusqu’à l’émergence d’un nouveau modèle, plus humain.
    Aussi, je ne dirais pas comme Schizosophie que le capitalisme se transformant tout seul, il suffirait au moment opportun de cueillir d’un coup, tel un fruit mûr, sa mutation, car en ce cas cela supposerait que sa mutation évoluerait dans un sens prédéterminé, comme si l’avenir était déjà tracé.
    De deux choses l’une. Soit votre théorie est pertinente, et alors dans ce cas tout doit être fait pour la diffuser autant qu’il soit possible, et le plus tôt est alors le mieux, en utilisant toutes les ressources dont nous disposons, sans craindre parfois les demi-échecs. Soit elle est incertaine et alors à quoi bon passer à l’action. Bref une théorie pertinente ne doit pas attendre pour son application pratique, aussi mince (apparemment) soit-elle dans un premier temps. Dans le cas contraire nous sommes reconduits au schéma révolutionnaire classique qui a déjà fait son temps.

    1. « Soit elle est incertaine et alors à quoi bon passer à l’action. »

      Pierre-Yves, si on ne passe à l’action qu’en étant sûr de son coup, on ne passe presque jamais à l’action. 🙂

    2. Moi,

      Il ne s’agit pas ici du résultat de l’action mais de sa motivation.
      Je voulais dire simplement qu’on est d’autant plus disposé à passer à l’action et d’y mettre toutes ses forces intellectuelles et morales que l’on est convaincu de la pertinence d’une théorie et de la justesse des mesures qui peuvent en découler.

    3. D’accord avec toi. Ceci dit et ce n’est pas en contradiction, parfois, lorsqu’on touche le fond, convaincu de la justesse d’une action ou pas, on passe à l’action pour l’action. Juste pour détendre la pression et pour pas continuer à rester passif à se faire prendre pour une bille. Ou encore parce qu’il n’y a de toutes façons rien d’autre de plus convaincant à suivre. L’action (et ce qui la motive) est un phénomène mystérieux je trouve.

    4. je ne dirais pas comme Schizosophie que le capitalisme se transformant tout seul, il suffirait au moment opportun de cueillir d’un coup, tel un fruit mûr, sa mutation,

      Pop, poppop ! Je n’ai pas dit ça du tout !

    1. Je la connaissais.. Et tellement réaliste que des pompiers, aux US, ont provoqué un scandale en laissant bruler la maison d’un gars qui n’avait pas payer la taxe pompier.
      Ils ont commencé à éteindre lorsque le feu a menacé les voisins qui… avaient payé.

  65. Si l’on considère qu’il y a guerre sociale , il serait honorable de livrer bataille ouvertement.
    Il existe des précédents tout à fait prestigieux.
    le Manifeste des 121 en 1960, affirmant le doit à la soumission, contre la ‘guerre’ en Algérie.
    La déclaration du MLAC en 1971 dans laquelle des femmes, célèbres ou non, affirmaient publiquement avoir pratiqué ou aidé à faire pratiquer l’avortement illégalement et avoir enfreint une loi datant de 1810.
    Dans ces deux cas, le risque pris par les signataires était autrement plus important que de faire son coming out en réclamé une transformation du capitalisme (transformation , pass abolition si j’ai bien compris). Une exigence éthique, minimale, qui consiste à réduire les opérations financières qui parasitent et amoindrissent l’économie réelle.
    Nous ne risquerons pas l’échafaud, à peine quelques euros (si cette monnaie a encore cours au moment voulu) chacun pour faire passer le manifeste le plus largement dans la presse.

    1. le doit à la soumission

      pardonnez- moi : le droit à l’insoumission ! tout le monde aura corrigé, mais c’est un si beau mot, dans certains cas !

  66. Un esprit sain dans un corps sain. Une société qui ne favorise pas l’esprit sain ne mérite pas le nom de démocratie. Ce n’est pas facile*, mais c’est là tout l’intérêt.

    *

    Les princes d’autrefois, qui connaissaient le Tao ne l’enseignaient pas au peuple. Car un peuple est difficile à gouverner s’il a trop de savoir. Celui qui utilise le savoir pour gouverner ruine son pays. C’est pour cela qu’il faut garder le peuple dans son heureuse ignorance. Celui qui le gouverne dans la simplicité le rend prospère et tranquille. Ces deux principes sont à la base de tout gouvernement. Les connaître, c’est posséder la vertu suprême, c’est avoir devant les yeux le modèle des modèles. La vertu suprême est illimitée, insondable, mystérieuse. Elle ramène tous les êtres à la sublime harmonie, vers où tout s’achemine.

    Extrait du TAO TÖ KING, LE LIVRE DE LA VOIE ET DE LA VERTU par LAO TSEU.

    1. ???!!!!
      Obscurantisme :
      Du latin obscurus, obscur, sombre.
      L’obscurantisme désigne une attitude, une opinion ou une doctrine opposée à la diffusion des connaissances et au progrès de la science et la raison.
      L’obscurantisme a été combattu par les Lumières, mouvement des penseurs et philosophes de XVIIIe siècle, qui prônaient le progrès général dans le comportement humain, y compris dans le domaine politique, par la diffusion la plus large possible de toutes les connaissances. Ils s’opposaient ainsi aux superstitions et aux croyances perpétuées par la domination de l’Eglise.
      Le terme obscurantisme sert par exemple à caractériser les idées des adversaires de l’esprit des Lumières qui, au XIXe siècle, s’opposaient à la diffusion de l’instruction parmi le peuple.

      Désolé, mais là j’appelle à l’aide quelques maîtres-nageurs, ça sent par trop la noyade l’affaire…

      « Les religions sont comme les vers luisants: pour briller, il leur faut de l’obscurité. »

      (Arthur Schopenhauer / 1788-1860 / Parerga)

      « Avec l’idole de la certitude (qui inclut celle de la certitude imparfaite ou probabilité) tombe l’une des défenses de l’obscurantisme, lequel met un obstacle sur la voie du progrès scientifique.
      Car l’hommage rendu à cette idole non seulement réprime l’audace de nos questions, mais en outre compromet la rigueur et l’honnêteté de nos tests. La conception erronée de la science se révèle dans la soif d’exactitude. Car ce qui fait l’homme de science, ce n’est pas la possession de connaissances, d’irréfutables vérités, mais la quête obstinée et audacieusement critique de la vérité. »

      (Karl Popper / 1902-1994 / Logique de la découverte scientifique)

      « En réalité, il n’existe pas ni parenté, ni amitié, ni même hostilité entre la religion et la vraie science : elles vivent sur des planètes différentes. Toute philosophie qui laisse une queue de comète religieuse s’allumer dans l’obscurité de ses perspectives ultimes donne à suspecter toute la part d’elle-même qu’elle présente comme science : tout cela aussi, on s’en doute, est de la religion, quoique parée des pompes de la science… »

      (Friedrich Nietzsche / 1844-1900 / Humain, trop humain)

      « […] la nuit faite dans les esprits par l’ombre des soutanes, et les génies matés par les bedeaux. »

      (Victor Hugo / 1802-1885 / Discours à l’Assemblée du 15 janvier 1850 / projet de loi Faloux)

      « Ce n’est pas la science qui se détourne de la métapsychie, mais la métapsychie qui fuit la science, comme elle fuit le grand jour. »

      (Jean Rostand / 1894-1977 / L’homme)

      « J’en ai ma part : veau d’or, sphinx, chimères, griffons,
      Les princes des démons et les princes des prêtres,
      Synodes, sanhédrins, vils muphtis, scribes traîtres,
      Ceux qui des empereurs bénissaient les soldats,
      Ceux que payait Tibère et qui payaient Judas,
      Ceux qui tendraient encore à Socrate le verre,
      Ceux qui redonneraient à Jésus le calvaire,
      Tous ces sadducéens, tous ces pharisiens,
      Ces anges, que Satan reconnaît pour les siens,
      Tout cela, c’est partout. C’est la puissance obscure. »

      (Victor Hugo / 1802-1885 / Religions et religion / 1880)

      Mais à scruter les lois de la nature humaine,
      à chercher la lumière et la réalité,
      ma foi s’est dissipée, ainsi que l’ombre vaine
      des fantômes des nuits, fils de l’obscurité. »

      (Paul Broca, chirurgien /1824-1880 / poème)

      « Les dieux, je ne puis dire qu’ils sont, ni qu’ils ne sont pas, ni de quelle nature ils sont. Beaucoup de choses empêchent qu’on le sache: et l’obscurité de la question et la brièveté de la vie humaine »

      (Protagoras / 485-410 avant JC / Platon, Théétète)

    2. Au fait…

      On a pas vu Jérémie depuis un bout de temps…

      Quoique.. j’imagine Fab et lui nous faire une guerre de religion sur le blog… On ne serait pas sorti de l’auberge.

      Bonne réincarnation, Fab 😉

    3. Vigneron,
      Il te faudra préparer quelques en-cas d’avance parce que la religion c’est increvable.
      Dès que j’entends ce mens sana in corpore sano, j’ai une double association : d’abord l’hésitation sur le « t » final ou pas, puis une pensée pour Daniel Gottlieb Moritz Schreber le papa du mieux connu Daniel Paul Schreber, que personne n’a oublié grâce à Freud qui en a fait un des ses cinq cas de psychanalyse à vrai dire il a « analysé » le bouquin de Daniel Paul « mémoires d’un névropathe ». Le papa Daniel Gottlieb Moritz était un fan de gymnastique auteur du Das Pangymnastikon réédité en avril 2010 toujours un best seller. Tu devrais aussi préparer quelques en-cas d’avance à propos de Jung, qui ne manque pas d’admirateurs sur ce blog voir l’autre fil, mais peine perdue le sentiment religieux est mutant Mutatis mutandis.

    4. peine perdue le sentiment religieux est mutant

      Z’inquiètez pas, Rosebud1664, depuis Pasteur on a appris à renouveler la Vaccine… Pas les terribles mutants type H1N1 qui vont nous abattre…

    5. Vigneron, Entre la Budweiser et la 1664 me vlà mis en bière. C’est bien vu par télépathie puisque je sirote une chimay bleue, et pour la raison funèbre merci de tes bons vœux.

    6. vigneron,

      Vous savez moi, les citations…elles sont là pour illustrer…si l’une ne convient pas j’en prends une autre…mais en aucun cas elles ne me dictent mes sentiments…et j’essaie de faire le plus attention possible pour qu’elles ne dirigent pas ma réflexion… Cela dit je trouve que vous accordez beaucoup de confiance soit aux grands textes (faites-vous de même avec les textes ésotériques ?), soit à votre jugement.

      Premier soit : c’est votre problème.

      Deuxième soit : une autre lecture :

      « Ces deux principes sont à la base de tout gouvernement. Les connaître, c’est posséder la vertu suprême, c’est avoir devant les yeux le modèle des modèles. La vertu suprême est illimitée, insondable, mystérieuse. Elle ramène tous les êtres à la sublime harmonie, vers où tout s’achemine. »

      Les connaître est-il écrit. Et pas les appliquer. La vertu suprême est de les connaître : pensez-y, ça sert pour aller vers « la sublime harmonie, vers où tout s’achemine ».

      Rosebud1871,

      Prenez la peine de lire en vous disant que l’autre cherche le bien, ça fait du bien aux deux : si vous voyez le lien avec la citation c’est que vous n’en êtes pas loin… Cela dit : pensez-vous que le corps et l’esprit de la société soient sains ? Ou saints ?

    7. @ Fab

      Sur les textes, j’ai pas d’état d’âme, juste des armes, plus ou moins dangereuses, plus ou moins adaptées, plus ou moins rouillées, point.
      Sur le tri, j’me prends pas le chou non plus, à la moindre odeur suspecte de prétention de Loi révélée et absolue, de chemin lumineux vers le Savoir ultime, de chemin de Lumières, patin couffin, je coupe court, je guillotine, au panier.

      (Je ne parle pas là bien sûr de textes purement littéraires.)

    8. @ Rosebud1871

      « la religion c’est increvable »

      Tu as raison, ça dure depuis 5 000 ans au moins. La connerie aussi, d’ailleurs (encore plus, même).

      « Jung, qui ne manque pas d’admirateurs sur ce blog voir l’autre fil, mais peine perdue le sentiment religieux est mutant Mutatis mutandis »

      Quant tu écris « religion » tu parles de quoi? Des religions? Des spiritualités? Des ésotérismes? De tout à la fois? Ou de rien de tout ça parce que tu ne sais pas très bien de quoi il s’agit?

      Mais peut-être tu parles de tout ce qui dépasse la hauteur de tes neurones et que tu n’arrives pas à comprendre quand tu es debout sur le tabouret auquel tu montes pour regarder le monde…

      Quant à Jung, tu en as lu quoi? La quatrième de couverture de son Que-sais-je? Et tu en as compris combien de lignes?

    9. @pablo

      Tu devrais lâcher un peu le morceau, Pablo, j’ai peur que sur le coup, avec Rosebud, ce soit mal engagé ton affaire. C’est plus que limite même. Moi, c’que j’en dis…

    10. Si l’on part du principe que tout système d’organisation sociale est l’aservissement du plus grand nombre pour que tout à chacun est un sentiment de liberté dans sa capacité d’action, et donc un sentiment d’épanouissement personnel, que la connaissance vienne lui montrer que c’est foutaise, ça n’a rien de bon pour l’ensemble.

      Il est hypocrite de penser que la connaissance, même si elle doit être de libre diffusion, est forcément la panacée pour tous. Puisqu’on en est au citation, Nietsche (encore lui…) aurait dit « Lorsque tu regardes l’abime, l’abime de regarde. » Et cet homme, selon la légende, aurait fini à genou devant un cheval pour lui demander pardon.
      La connaissance est multiforme, pas forcément tournée vers le sens commun (j’ai toujours été intrigué de la représentation du monde d’un autiste, qui doit bien valoir celui d’un Einstein) et force est de constater que celle qui donne le pouvoir est bien la plus dangereuse pour la stabilité de toute organisation sociale.
      En outre, l’intelligence peut servir à loger la bêtise. Moi, je travaille au quotidien avec quelqu’un de brillant, mais qui est pour le reste détestable et détesté.

      Obscurantisme, quand il s’agit de protéger, sans pour autant cacher, je n’ai rien contre.
      De toute façon, l’obscurantisme règne même en la maison du savoir, puisque par une « sélection » pratiquée savamment par les professeurs, seuls une minorité d’élus,les bienheureux qui ont eu une white card pour faire des étude générales et aller au delà du bac (pour y apprendre bien souvent des foutaises sans aucune utilité) savent toiser de haut le pauv plouc d’ouvrier,l’infirmière (qui passe déjà pour être moins bête), ou la technicienne… Rien de plus naturel pour eux de penser que certains sont fait pour les travaux pénibles, et la digne tâche des les organiser leur revient.

      Elitisme? Probablement, mais l’orgueil en moins, car conscience de n’être rien entre ses mains.

    11. @Antoine

      Si l’on part du principe que tout système d’organisation sociale est asservissement du plus grand nombre, (…)que la connaissance vienne lui montrer que c’est foutaise, ça n’a rien de bon pour l’ensemble .

      OK, alors vous le situez où le bon niveau de connaissance « minimum » et « maximum » du plus grand nombre, puisqu’évidemment vous considérez que les autres, du dessus du panier, ne sont pas limités, puisqu’il ont tout intérêt à savoir ce qui est « foutaise » ou pas, puisque de cela dépendraient leur privilège et, selon vous, le « bon » équilibre de l’ensemble ?
      Lire, écrire, compter, niveau certificat d’études primaires (du bon vieux comme on en fait pu mais ric-rac ka même), on va dire ? Ah ben non, c’est déjà trop, pensez donc ! nos bons p’tits autistes seraient capables de venir lire des choses dangereuses sur le blog Jorion ! écrites par des Antoine par exemple…Vont s’faire du mal à la cabeza les pôv choux ! Ça va être la fin des haricots et la mort du petit cheval, dans un grand éclair blanc ! Va pas faire un pli ! Non non, juste compter. Pour pas faire de découvertes malencontreuses… ni de découverts, malheureux !
      …Quoique, même compter…
      Bon beeeen yaka dire apprendre à travailler kômyfô tet pi c’est marre… Et pi à faire de beaux rêves et de beaux enfants aussi… Pasqui faut bien dormir kan t’y fait noir et pasque la famille, ka même ! c’est important, surtout les enfants.
      Bonne nuit… et faites de beaux rêves…

    12. Fab 31 décembre 2010 à 18:00

      Prenez la peine de lire en vous disant que l’autre cherche le bien, ça fait du bien aux deux

      Ben si vous avez un viatique sous le bras de ce qu’est le bien, le vôtre ou celui de l’autre, je vous trouve bien malin au sens de diabolique. Sur ce blog il y a consensus majoritaire pour une autre répartition des biens, c’est bien puisque que c’est pour le bien de presque tous plus et même ceux qui pétés de biens n’ont le souci de leur bien qu’à l’aune de leurs biens. Eh bien « croire » que le presque tous pourrait être un tous et leur expliquer pour leur bien que ce serait aussi pour leur bien bien compris, c’est déjà risquer de les persécuter puisque leurs biens, bien entendu et biens entendus, c’est une prothèse de leur corps personnifié. Je ne suis pas ici missionné pour faire le bien, juste pour causer de la répartition des biens, et ça l’histoire a montré que ça pouvait faire très mal et être mal pris.

    13. VIGNERON,

      Je ne le situe nul part, le niveau de connaissance, car ce n’est pas selon moi la source du bonheur, qui est certainement plus dans « la simplicité », vue par LAO TSEU.

      Comme j’essayais de l’indiquer précédemment, ce n’est pas parce qu’on est la plus grosse tête qu’on détient forcément les moyens d’être heureux et de transmettre ce bonheur.

      Après, préserver ce bonheur appartient à ceux qui ont « le privilège » de le discerner.

      Mais le discerner, ça ne rend pas plus heureux, au contraire, ou alors, selon moi, ils sont dans l’erreur. Le discerner, cela peut être même un abime dans lequel mieux vaut ne pas sombrer.

      Celui qui ne sait pas lire, l’autiste ou même celui qui apportera un grain supplémentaire à la théorie de la relativité goûte à la même joie de vivre, qui se nourrit de choses plus simple qu’un verre d’eau. Le reconnaître, ça ne me paraît pas seulement à la portée d’un grand penseur.

      Par contre préserver cette joie de vivre pour le bonheur de tous, c’est un devoir qui n’est pas forcément à la portée de tout le monde.
      Qu’on le veuille ou non, pour qu »il y ait organisation sociale, il faut des organisateurs.
      Qui,me direz vous? …Pourquoi pas vous?

      Je ne prétends pas qu’il faut renier le plaisir de raisonner, mais simplement le remettre à sa place, avec d’autres plaisirs tout aussi intense.

  67. Cher M. Jorion,

    Ne connaissez-vous pas déjà la réponse de nos « dirigeants » ?

    ILS SERONT D’ACCORD SUR TOUT ! Mais …

    ON NE PEUT PAS PRENDRE DE TELLES DECISIONS TOUS SEULS !

    Déjà utilisé pour stopper la taxe carbone : COM-PE-TI-TI-VI-TE, l’impératif implacable qui empêche de faire ce qu’on veut…

    La liberté ne s’arrête plus où commence celle des autres. Elle s’arrête où commence la baisse de la compétitivité !

    Une grosse bête dans le bestiaire des monstres aliénants, n’est-ce-pas ? Mériterait sûrement une étude zoologique serrée …

    Bonne santé pour vous et votre famille en 2011. Pour le boulot, pas de souci, vous ne saurez où donner de la souris.

  68. Reprendre et revenir sur les discours des gouvernants pour leur rappeler leurs dires ne me semble pas faisable. L’évitement est plus que probable et l’on peut être assuré de devoir courir longtemps pour avoir un début de réponse. Je ne vois pas comment les mettre en demeure d’y répondre. Cette question ne risque pas d’effrayer le bonimenteur et ses affidés. M’est avis que pour eux, l’affaire est déjà classée.
    Mais surtout, permettez de saisir ce jour pour tirer mon chapeau à Paul, François et les autres tout les autres, pour cet étendard que vous tenez à bout de bras et vous remercier de mettre à notre disposition ce lieu d’apprentissage et d’échanges. Grand Merci à vous.

  69. Bonjour et meilleurs voeux à tous.

    Pourquoi, au lieu de soumettre un texte aux partis politiques, ne pas écrire un « cahier de doléances populaire », soit une liste de voeux formulés par le peuple lui-même.
    Ce cahier serait alors remis aux députés de l’Assemblée Nationale avec le soutien physique et pacifique de tous ceux qui voudraient bien se rendre à ce rassemblement.

    La tâche est immense. Elle renvoie à la proposition de Paul Jorion dans ce billet et aux idées exprimées par Stéphane Hessel dans son petit ouvrage « Indignez-vous ! » : opposer une résistance pacifique et créer, imaginer, donc s’engager pour une autre société et pas uniquement tenter de se défendre contre les attaques de nos libertés fondamentales.

    La constitution française affirme encore la souveraineté du peuple dans le choix des orientations politiques et sociales du pays. Le Parlement est le lieu où s’exprime l’expression de la majorité populaire. Je ne suis pas naïf, l’Elysée et le parti politique majoritaire (plus les alliés objectifs, banques, Medef, etc.) mènent à leur guise les orientations économiques.

    Mais nous pourrions essayer de changer ce rapport de force grâce à l’action d’une partie de nos concitoyens.
    Des outils démocratiques existent (pétition, rassemblement, organisation) dès l’instant qu’ils sont utilisés dans le cadre de la loi.
    L’Internet permet à moindre coût de rassembler, trier et organiser les idées de toute sorte.

    J’insiste toutefois sur le fait que ce projet n’a de sens que s’il recueille l’adhésion d’une grande partie des électeurs. Autant pour la participation aux idées (soumissions modérées comme les commentaires de ce blog, toujours favorables à l’intérêt général) et au rassemblement devant l’Assemblée Nationale.

    Qu’en pensez-vous ?

    1. Ce cahier de doléances populaires présenterait l’avantage de rappeler à ces messieurs-dames qu’ils sont à notre service et pas l’inverse, dans un système républicain où le peuple est souverain .

      D’autre part, il faut imaginer des mesures légales de rétorsion se retournant directement contre les finances des membres du gouvernement si nos doléances ne sont pas prises en compte .

    2. @ Monsieur Jorion,

      L’initiative est en rapport avec la vôtre, je dirais même qu’elle est complémentaire. Elle n’a pas pour but de se substituer à votre proposition, mais tenter d’aller plus loin si c’est possible.
      Elle a toutefois l’avantage de se soustraire à un programme de promesses de parti, quel qu’il soit.
      Elle pourrait recueillir l’assentiment populaire car construite par les gens eux-mêmes.
      Vous avez très bien exprimé le ras-le-bol de la plupart des citoyens lors d’une émission télévisée il y a quelques semaines en défendant le sens de l’appel de l’ex-footballeur Cantona à retirer l’argent des banques.
      La méfiance envers les institutions n’a jamais été aussi forte.

  70. @jducac,
    Décider de repousser sa première paie pour faire des études d’ingénieur, c’est préférable . Mais tout le monde, dans l’urgence de la survie , n’a pas eu l’opportunité de pouvoir choisir un emploi évolutif et de se passer un certain temps d’une modeste paie . Pour repousser cette paie à l’époque de votre jeunesse, il ne fallait pas que l’existence d’autres personnes en dépende directement si la vie (ou la mort) avait fait de vous un soutien de famille, Au bout d’un certain temps, on pouvait reprendre des études par correspondance après la journée de travail,mais que de sacrifices pour un résultat incertain !

    1. @ Mianne dit : 1 janvier 2011 à 18:38

      C’est bien pire que cela Mianne, car ils n’avaient même pas à sacrifier une paie d’ouvrier, puisqu’ils l’auraient conservée pendant leurs études d’ingénieur. Cela exigeait seulement d’eux qu’ils souscrivent un engagement de 10 ans au service de l’Etat et surtout qu’ils ne ménagent pas leurs efforts.
      Le parcours était bien évidemment sélectif par concours successifs. Le processus à suivre est décrit ici :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=2486#comment-21164

      Mon meilleur camarade d’apprentissage, qui avait un grand potentiel, ne s’y est même pas essayé, parce qu’il a fait le choix de jouir au plus vite d’une vie moins contraignante que celle exigée par un cycle d’études nécessitant courage et persévérance. Cela ne l’a pas empêché de connaître une vie heureuse, mais de moindre ampleur.

      Oui, j’affirme et je confirme que la plèbe (pour reprendre la terminologie de François tout court) a tendance à vouloir jouir tout de suite du peu qu’elle a acquis plutôt que de capitaliser, ce qui lui permettrait d’aborder le reste de son existence dans des conditions à la fois moins fragiles et plus confortables. C’est ce qui me fait dire qu’à la base, le capitaliste est un homme (une femme) comme les autres, sauf qu’il a su cultiver une qualité essentielle qui le distingue de l’animal, consistant à savoir résister à ses désirs immédiats. Cela lui permet de capitaliser et de multiplier ses capacités initiales par une sorte d’effet de levier qui accroît son rendement.

      Bien évidemment, une bonne part de ceux qui n’ont pas su faire preuve de cette qualité première, de cette force de caractère qui fait triompher la volonté et la raison sur les pulsions, décrivent les capitalistes, comme des êtres abjects et méprisables, à ne surtout pas imiter.

      Certains vont même, j’en ai rencontré sur ce blog, jusqu’à prôner l’endettement pour consommer, comme moyen de lutte suprême contre le capitalisme, sans voir qu’ils accélèrent ainsi l’affaiblissement de leur pays, de leur culture, et au-delà, l’extinction de leur espèce.

      Condamner l’épargne, la capitalisation, la préparation du futur, au détriment de la jouissance présente, leur permet surtout de se donner bonne conscience, et de masquer leur propre faiblesse.
      Le penchant naturel de recherche du moindre effort et de recherche du plaisir immédiat a été d’autant plus stimulé que le message religieux qui condamnait le fait de ne pas savoir résister à ses désirs, s’est trouvé notablement affaibli et est devenu pratiquement inaudible face à ceux délivrés par les médias et la publicité depuis une quarantaine d’années.

      Cette faiblesse de base, loin d’être combattue et mise à l’indexe par les organes encore influents sur les gens de condition modeste, leur a été présentée au contraire comme un besoin fondamental à satisfaire. Les courants dits progressistes bien implantés dans les milieux artistiques, intellectuels, enseignants, syndicaux et politiques associés, n’ont eu de cesse de revendiquer davantage de pouvoir d’achat, donc de pouvoir consommer et ce, le plus tôt possible, quitte à faire éclore une jeunesse plus préparée à la rébellion, à la revendication, qu’à l’effort sur soi.

      Quelle grave erreur.

      Pas étonnant qu’on entende parler de revenu de base inconditionnel à octroyer depuis la naissance jusqu’à la mort, quoi qu’on fasse. C’est du délire à l’heure où l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables devrait au contraire inviter chacun à fournir les efforts nécessaires pour tenter de compenser ces richesses perdues. Il faudrait au contraire inciter tout le monde à travailler plus et à consommer moins afin de lui éviter les désillusions douloureuses, voire-même suicidaires.

      Mais cette faiblesse, qui nous ramène au pêché originel, a de tout temps été exploitée par des profiteurs de toute sorte.

      J’en veux pour preuve, le nombre faramineux de cafés et autres estaminets qui, dans ma jeunesse, lorsque les paies des ouvriers n’étaient pas encore virées en banque, s’implantaient aux portes des entreprisses employant beaucoup de personnel de petite condition. Ces établissements, parfois présentés comme des entreprises à caractère social, s’installaient au plus près de la source de leurs revenus en exploitant la faiblesse de leurs congénères.

      Ils exploitaient l’effet de tentation et vivaient de la faiblesse d’une clientèle pavlovienne d’autant moins capable de résister à ses désirs qu’une sorte de comportement de classe intégrait cette tendance pour en faire un mode de vie, un standard vers lequel les jeunes se trouvaient naturellement guidés.
      J’ai personnellement failli m’y laisser entraîner en suivant les camarades les plus influents de mon atelier, alors que j’étais un jeune ouvrier de 18 ans (la majorité était à 21) mais autonome financièrement. Je dois à mon père d’avoir su, par son intervention ferme et convaincante, me détourner de cette façon stupide de vivre. Je lui en ai toujours été très reconnaissant. En le signalant ici, je lui rends hommage et réponds aussi au souhait de Juan Nessy de mieux le connaître.

      Mais maintenant les paies sont virées en banque lesquelles n’ont pas manqué d’exploiter la faiblesse congénitale de leurs victimes, à savoir, la consommation plus que la capitalisation. C’est bien pour cela que la banque offre des autorisations de découvert pour mieux plumer les clients bien trop faibles pour refuser de se faire plaisir.

      La base de l’éducation devrait être d’apprendre à résister à la tentation. Il y a de gros progrès à réaliser chez la plupart des parents qui, aujourd’hui, ne savent plus rien refuser à leurs enfants.

    2. @ Jducac

      …le capitaliste est un homme (une femme) comme les autres, sauf qu’il a su cultiver une qualité essentielle qui le distingue de l’animal, consistant à savoir résister à ses désirs immédiats.

      Bravo, il fallait oser la faire celle là !

    3. @jducac,

      bien que je ne soit pas un anti-capitaliste et plutôt en accord avec votre ligne de pensée et l’importance d’éduquer les enfants a savoir résister aux tentations de dépenses inutiles et épargner pour les mauvais jours, je pense qu’il faudrait quand même emmètre deux bémols importants :

      . d’une part l’héritage est un problème moral fondamental du capitalisme puisqu’il permet à certains de disposer d’un capital sans avoir jamais travaillé ou, comme vous le dites, résisté à la tentation et épargné. Amha, le capitalisme ne peut fonctionner tant que l’on autorise l’héritage.

      . d’autre part, et d’autant plus important, ils sont quand même nombreux ceux qui dans le monde ne disposent même pas d’assez pour subvenir à leurs besoins de survie minimum et ne peuvent donc pas avoir le luxe de résister à la tentation et d’épargner.

    4. @ chris06 dit : 4 janvier 2011 à 18:14

      il faudrait quand même émettre deux bémols importants

      D’une part, concernant l’héritage. Au risque de vous décevoir, je suis favorable à son maintien. Selon moi, transmettre un héritage, même très petit, témoigne d’une prise en compte du futur et de la mission première qui devrait animer chaque être humain, à savoir, favoriser la survie de l’espèce. Laisser un héritage peut aider ses successeurs à assurer à leur tour cette même mission s’ils se trouvent confrontés à des conditions économiques plus difficiles, par exemple en cas d’épuisement et/ou du renchérissement des énergies. Cela semble à mon avis bien plus moral que de tout consommer de son vivant en faisant des dépenses de jouissance et de consommation, comme des voyages aux longs cours, prendre des vacances coûteuses, réaliser des achats de futilités pour se faire plaisir, consommer des mets, des boissons, des spectacles et des jeux coûteux etc… histoire de se dire « j’en profite tant que je peux, après moi le déluge, les autres qui me suivent (enfants, et petits enfants) n’auront qu’à se débrouiller ».
      Une telle attitude n’est ni morale ni responsable. Elle vise à une surconsommation égoïste et inutile de ressources car, une fois le plaisir de la consommation achevé, la destruction de valeur et des ressources qu’elles ont nécessité a eu lieu et il ne reste plus rien à transmettre aux suivants. On n’a fait que consommer les ressources sans restituer de capital. Il en est tout autrement lorsque l’on vise à préserver un capital matériel qui constitue une ressource pour le futur, disponible pour faire face aux besoins des vieux jours et, au-delà, être un témoignage concret d’une conduite vertueuse qu’il est toujours bon de transmettre à titre d’exemple.

      D’autre part, le fait qu’il y ait beaucoup de gens sur la planète qui manquent de l’essentiel ne doit pas, à mon avis, conduire à s’interdire de capitaliser, au contraire. C’est précisément parce que, dans certaines régions et certains milieux, on n’a pas su entrer dans le schéma multiplicateur de richesse en adoptant la démarche : travail plus que le strict nécessaireaccumulationconstruction d’outils performantsproduction compétitive, que les moyens manquent à beaucoup. Pour amorcer le processus, il convient de l’enseigner et cela demande des ressources pour le faire. A ceux qui sont jeunes et en mesure de travailler, il est impératif de leur apprendre à pêcher au lieu de leur donner du poisson. C’est un peu ce qu’a fait le Robinson dont j’ai raconté l’histoire ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=13534#comment-95198

      C’est ainsi que s’opère le développement, par imitation et mise en application des processus efficaces conçus et mis au point par des prédécesseurs imaginatifs et qui ont fait ainsi la preuve de leur réussite. Ces personnes, ces groupes de personnes, ces pays entiers, doivent être respectés. Ils font honneur à l’humanité et ne doivent pas être dénigrés comme tentent de le faire, dans cette file même, ceux qui aspirent manifestement à voir s’effondrer notre civilisation. Loin d’aider les plus faibles à améliorer leur condition, ils veulent les dissuader d’imiter ceux qui ont réussi, en leur faisant croire qu’ils en deviendraient les larbins.

      C’est une entreprise de destruction de l’humanité que je condamne. Elle vise à faire tendre notre société vers la médiocrité, le chaos, la barbarie. Elle s’apparente aux actions menées, au sein des écoles, par des groupes malintentionnés visant à discréditer les bons élèves, à dissuader les autres de devenir de bons élèves et à tout faire pour rendre les enseignants inefficaces. Diffuser cet état d’esprit, c’est diffuser une drogue destructrice de l’humanité.

      Malheureusement, ici comme ailleurs, je constate que peu osent le déplorer et s’y opposer.

    5. @jducac,

      a mon avis, léguer son capital a sa mort à la société ou des organisations caritatives non gouvernementales favoriserait beaucoup mieux la survie de l’espèce que le système particulièrement injuste de l’héritage actuel.

      Comme vous, je pense qu’il faut éduquer les enfants a cultiver le goût de l’épargne et leur expliquer la sécurité et l’affranchissement que cela leur procurera de leur vivant. Pourquoi voulez vous en plus que les parents leur procure ce matelas de sécurité sous forme d’héritage? C’est paradoxal.

      Je ne comprends pas votre lien entre surconsommation égoïste et suppression de l’héritage. Il me semble que notre société démontre que la surconsommation égoïste peut très bien coexister avec l’héritage.

      D’autre part, le fait qu’il y ait beaucoup de gens sur la planète qui manquent de l’essentiel ne doit pas, à mon avis, conduire à s’interdire de capitaliser, au contraire.

      Tout à fait d’accord, mais encore faut il donner à ceux qui manquent de l’essentiel l’éducation, les outils, l’infrastructure nécessaire et suffisante qui leur permettront de développer leur aspirations et la possibilité d’épargner.
      Je pense que le leg universel dont j’ai parlé auparavant peut jouer ce rôle. Et certainement de manière beaucoup plus efficace que les abérations et la misère qui résulte de notre système actuel.

      Je pense, comme vous, que le capitalisme a favorisé l’amélioration des conditions de vie et la réduction des inégalités pendant prés de 2 siècles. Mais depuis 30 ans, je constate que c’est l’inverse qui se produit, et à vitesse accélérée. D’une part il y a un problème grandissant de répartition et de concentration des richesses, et d’autre part il y a un problème grandissant de gaspillage des ressources essentielles dont les réserves s’amenuisent à une vitesse époustouflante.

      Ma conclusion est que si l’on veut, comme vous, sauver notre civilisation de la barbarie il faut mettre à plat cette version particulièrement abjecte du capitalisme qu’est le capitalisme financier neo liberal qui domine le monde économique depuis 30 ans et mettre en place les réformes structurelles profondes qui permettront à l’humanité de faire face aux grands défis du XXI e siècle. Et il n’y a pas de temps à perdre.

  71. a jducac…votre apostrophe m’inspite ces reflexions en me faisant penser à POLANYI

    Expliquez-moi pourquoi l’URSS , la Chine et même Fidel Castro à Cuba, ont décidé d’abandonner le collectivisme (communisme) pour mettre en place les mécanismes du capitalisme ?

    Pour les mêmes raisons que décrit Polanyi à propos de la loi de Speenhamland loi que certains decrivent comme l’ancêtre du « welfare state » sinon même d’un salaire universel. Cette loi a permit aux pauvres anglais expropriès de digérer l’établissement d’un marché libre et bien qu’elle ait eu des conséquences déplorables sur le moral des travailleurs anglais – beaucoup préfèraient gagner moins et se reposer – ses effets permirent à la société anglaise de supporter l’introduction du capitalisme.
    Il en est certainement de même pour les sociétés russes , chinoise ou cubaine qui décrétèrent pour réagir contre l’impérialisme capitaliste anglo saxon un système de protection des plus pauvres ou la plupart étaient assurés d’un minimun vital à condition qu’ils acceptent de voir leurs libertés drastiquement amputées.
    Les souffrances infligées au peuple russe pour supporter ce passage étaient motivées par le fait que ces pays résistaient ainsi pour défendre leur dignité nationale. Le peuple russe par exemple combattit avec acharnement , il ne faut pas l’oublier l’ agression fasciste – pour laquelle il avait de la sympathie – non pas pour défendre Roosevelt et Churchill mais essentiellement parce que les nazis en les envahissant remettaient en cause les avantages égalitaires acquis par leur révolution .
    Tout les peuples ne sont pas prêts à se faire acheter , les russes, les chinois et les cubains certainement apprivoisent dans la douleur et aux prix de mille injustices, mais d’égal à égal un ennemi redoutable qui a déjà soumis, comme on le voit ces derniers temps , l’occident.

    1. Speenhamland…

      Non seulement les causes et les effets des mesures concernant « les pauvres » décidées à Speenhamland (ainsi que celles qui ont précédé et suivi) ont donné lieu à des interprétations très différentes, mais les faits eux-mêmes (les mesures décidées dans chacune des paroisses étant différentes les une des autres, etc) ne sont pas clairement établis.

      Pendant au moins deux siècles les « non-pauvres » anglais ont procédé à des expérimentations en vraie grandeur concernant « les pauvres » et comme l’explique le texte (pdf) ci-dessous ces expériences ont servi et servent toujours de justification aux choix politiques actuels dans les pays anglo-saxon donc partout ailleurs dans le monde.

      Bien que peu connue, cette phase de l’histoire du monde occidental me semble indispensable pour comprendre ce qui se passe actuellement! et il ne faut pas hésiter à le dire même si ça provoque peu d’intérêt chez la plupart des interlocuteurs qui perçoivent qu’il y a à cette occasion de quoi remettre en cause pas mal de leurs croyances…

      http://bev.berkeley.edu/ipe/readings/Fred%20Block%20Shadow%20of%20Speenhamland.pdf

  72. Ce matin, cherchant un livre, je tombe sur l’édition de poche du livre de Guy Sorman « Les vrais penseurs de notre temps » (1989), livre d’interviews intéressantes (avec Karl Popper, Ernst Gombrich, René Girard, James Lovelock, Ilya Prigogine, René Thom, Stephen J. Gould, Lévi-Strauss ou Noam Chomsky entre autres) où je me rappelle d’avoir lu une interview avec Hayek dans laquelle il disait qu’il faudrait privatiser les rues. En réalité ce n’est pas lui, mais un autre économiste bien plus fou que lui qui s’appelle Murray Rothbard, dont l’interview s’intitule carrément: « L’État c’est le vol » et qui explique le plus sérieusement du monde que non seulement il faudrait privatiser les rues mais aussi… l’air !! : « C’est parce que l’air ou l’eau n’appartiennent à personne que chacun peut polluer sans conséquence. Si l’atmosphère était privatisée, ses propriétaires en préserveraient la propreté » (sic).

    En relisant l’interview avec Hayek je vois des propos qu’on a du mal à croire sortis du cerveau d’un Prix Nobel, tellement la crise actuelle les a rendu délirants. Quelques extraits:

    « Le libéralisme, me dit Hayek, est la seule philosophie politique véritablement moderne, et c’est la seule compatible avec les sciences exactes. Elle converge avec les théories physiques, chimiques et biologiques les plus récentes, en particulier la science du chaos formalisée par Ilya Prigogine. Dans l’économie de marché comme dans la Nature, l’ordre naît du chaos : l’agencement spontané de millions de décisions et d’informations conduit non au désordre, mais à un ordre supérieur. Le premier Adam Smith, avait su pressentir cela dans « La richesse des nations », il y a deux siècles.

    Nul ne peut savoir, précise Hayek, comment planifier la croissance économique parce que nous n’en connaissons pas véritablement les mécanismes; le marché met en jeu des décisions si nombreuses qu’aucun ordinateur, aussi puissant soit-il, ne pourrait les enregistrer. Par conséquent, croire que le pouvoir politique est capable de se substituer au marché est une absurdité. […] le dirigisme ne peut fonctionner que sans une société minuscule où toutes les informations sont directement contrôlables. Le socialisme, me dit Hayek, est avant tout une nostalgie de la société archaïque, de la solidarité tribale. […] Là où l’initiative est libre, le progrès économique, social, culturel, politique est toujours supérieur aux résultats obtenus par les sociétés planifiées et centralisées. Dans la société libérale, les individus sont plus libres, plus égaux, plus prospères que dans la société planifiée.

    Mais n’existe-t-il pas une solution moyenne, de type social-démocrate? « Entre la vérité et l’erreur, réplique Hayek, il n’y a pas de voie moyenne ! »
    Le libéralisme est donc scientifiquement supérieur au socialisme, et surtout au marxisme que Hayek qualifie de superstition. […] La supériorité historique et scientifique du libéralisme, cela s’appelle, dans une formule typiquement « hayekienne » « la supériorité de l’ordre spontané sur l’ordre décrété ». Exemples concrets de cette supériorité: les grandes institutions qui marchent bien, explique-t-il, n’ont été invenées par personne. La famille ou l’économie de marché sont des produits de l’ordre spontané.[…] Hayek ajoute que ces grandes institutions de la société moderne sont fondées sur une morale. Cette morale, me dit Hayek, n’est pas naturelle, parce que spontanément – par exemple – l’homme n’est pas tenté de respecter la propriété privée ou les contrats. C’est la sélection qui, en agissant sur le comportement moral, a fait apparaître, au cours des âges, que les peuples qui respectent la propriété et les contrats devenaient plus prospères! Voilà pourquoi, selon Hayek, la société occidentale est devenue morale, et sans cette moralité fondamentale, le capitalisme ne pourrait exister. […]

    « On ne m’a jamais lu qu’aux deux tiers, le derniers tiers est trop embarrassant. » Il s’agit d’un livre intitulé « L’Ordre politique d’un peuple libre », qu’il a publié à 80 ans. De quoi est-il question? D’une critique sévère de la démocratie ! »

    Suivent trois pages et demie d’une critique extravagante de la démocratie qui débouchent sur une proposition très claire: « C’est pour retrouver l’idéal démocratique qu’il faut désormais imaginer – selon Hayek – une organisation nouvelle qui limitera le pouvoir du gouvernement. C’est ce que Hayek appelle la Démarchie: du grec « demos », le peuple, et « archein », l’autorité. »

    Vers la fin de l’interview on lit des mots qui montrent le génie prophétique de notre « économiste et philosophe célèbre dans le monde entier » selon Sorman: « D’une manière générale, Hayek estime indispensable que les « libéraux cohérents » préparent des utopies de rechange: « En cas de catastrophe, celles-ci apparaîtront comme les seules solutions réalistes et raisonnables. »

    Les dernières lignes, lues aujourd’hui, sont tout simplement grandioses: « Ce que j’ai à vous dire est très important. Les intellectuels libéraux doivent être des agitateurs, pour renverser les courants d’opinion hostiles à l’économie capitaliste. La population mondiale est si nombreuse que seule l’économie capitaliste parviendra à la nourrir. Si le capitalisme s’effondre, le Tiers-Monde mourra de faim; c’est ce qui se passe déjà en Ethiopie ».

    Conclusion: Hayek prix Nobel d’économie c’est aussi délirant que Staline prix Nobel de la paix (et je ne dis pas Hitler pour éviter le point Godwin).

    1. Merci de nous ressortir ça!
      Il faudrait le mettre sous le nez de Guy Sorman un de ces jours. Dans un « Ce soir ou jamais », avec Paul Jorion, ce serait excitant! Frédéric Taddeï, si vous nous lisez….

  73. Quand on parle d’éducation et que ça dérive sur l’éducation parentale (économie, compétitivité, surpassement (surtout des autres, pas de soi), je décline toutes les offres.
    Pou moi, l’éducation c’est autre chose que le formatage aux fantasmes individualistes (même étendus à la famille).

  74. A Pablo, je re-cite la réponse du Chef Seattle en 1854 au gouvernement américain qui lui proposait d’abandonner sa terre aux blancs et promettait une  » réserve  » pour le peuple indien.

    Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ?
    L’idée nous paraît étrange.
    Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?
    Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte est sacré dans le souvenir et l’expérience de mon peuple.
    La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’homme rouge.
    Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l’homme rouge.
    Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous.
    Les fleurs parfumées sont nos soeurs; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères.
    Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l’homme – tous appartiennent à la même famille.
    Aussi lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu’il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu’il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérons, donc, votre offre d’acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.
    Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n’est pas seulement de l’eau mais le sang de nos ancêtres.
    Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu’elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l’eau claire des lacs parle d’événements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père.
    Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoés, et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère.
    Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos moeurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu’il l’a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.

    1. Un petit exercice pratique : d’où vient ce texte – souvent cité ici – qui, si j’en crois une recherche rapide sur l’internet, date en réalité de 1973. Un exemplaire dédicacé d’un de mes livres (au choix) au vainqueur (il y aura un vainqueur même si la question s’avère en fait insoluble).

    2. Lettre du Chef Seattle

      1854

      Seattle (1786 ?-1866) est avant tout le nom d’un grand chef indien des tribus Dumawish et Suquamish. Il est connu en particulier pour son discours de 1854 lors de négociations avec le gouvernement des États-Unis, dans lequel il exprimait son refus de vendre les territoires indiens. L’authenticité des mots est contestée, et il existe au moins trois versions du texte. Grâce aux notes prises par le docteur Henry Smith, négociateur du gouvernement, une première version fût publiée dans le Seattle Sunday Star en octobre 1887. Celle qui fait aujourd’hui figure de référence date des années 70.

    3. si j’en crois une recherche rapide sur l’internet, date en réalité de 1973

      ça expliquerait bien des choses.

    4. La version ci dessus du faux Chief Seattle Speech est la version abrégée, parue lors d’une exhibition a Spokane en 1974, d’un script écrit par le scénariste Ted Perry en 1971 pour un documentaire appelé « Home » produit pour la Southern Baptist Convention.

      C’est la version4 dans ce lien :
      http://www.synaptic.bc.ca/ejournal/wslibrry.htm

    5. Effectivement les arbres se parlent chimiquement pour échapper à leurs prédateurs.
      Dans l’un de ses bouquins, Jean Marie Pelt dit la même chose:

      Les acacias stressés émettent une forte quantité de ces gaz; ceux-ci, poussés par les vents, entrent en contact avec d’autres arbres à proximité, qui modifient alors également la teneur en tanin de leurs feuilles.

    6. @Paul

      Si c’est l’auteur de la version de 73 que vous cherchez, il faut peut être regarder par là mais je suppose que c’est ce que vous avez déjà fait.

      Si c’est la version originale qui vous intéresse, je vous renvoie aux premières lignes de la page sus-mentionnée:

      The most important fact to note is that there is NO VERBATIM TRANSCRIPT IN EXISTENCE. All known texts are second-hand.

    7. Ouais, ben la version « number one » du grand chef Seattle parue dans le « Seattle Sunday Star » on Oct. 29, 1887, œuvre apocryphe du bon Dr. Henry A. Smith et visible , elle est intéressante mais bien différente de la version de 73 qu’on a là, bien affadie à mon gout.

      Detailed research calling into question the very existence of the speech, based on the Bureau of Indian Affairs records at the National Archives, by Jerry L. Clark
      http://www.archives.gov/publications/prologue/1985/spring/chief-seattle.html

    8. Un extrait du rapport écrit par Jerry L. Clark, du bureau des affaires indiennes des archives nationales US, sur ce texte légendaire. Les seuls mots du chef Seattle noté sur le rapport officiel sont à mille lieues du texte pouplarisé par ce mystérieux docteur Henry Smith, qui n’est jamais cité parmi les personnes témoins de la scène, dont aucun n’a souvenir du discours du grand chef…

      The « Record of Proceedings » of this council is among the records of the Bureau of Indian Affairs in the National Archives. It contains the following statements by Chief Seattle:

      I look upon you as my father, I and the rest regard you as such. All of the Indians have the same good feeling toward you and will send it on paper to the Great Father. All of the men, old men, women and children rejoice that he has sent you to take care of them. My mind is like yours, I don’t want to say more. My heart is very good towards Dr. Maynard [a physician who was present]. I want always to get medicine from him.

      Now by this we make friends and put away all bad feelings if we ever had any. We are the friends of the Americans. All the Indians are of the same mind. We look upon you as our Father. We will never change our minds, but since you have been to see us we will be always the same. Now! Now, do you send this paper.

      These are the only words of Chief Seattle recorded in the official record.

      The name of Dr. Smith does not appear among those listed as witnessing the Point Elliott discussions. The widow of Dr. David S. Maynard [the doctor mentioned by Seattle] did not recall anything like Smith’s version when interviewed by a biographer of Chief Seattle in 1903.17 The official interpreter, Col. B. F. Shaw, also survived into the twentieth century and failed to mention the remarkable oration.18 Another witness was Hazard Stevens, son of the governor, but he was only twelve years old in 1855. In addition, an old Indian later recalled that during the preceding treaty council at Medicine Creek, he and Hazard Stevens « were having a good time eating black strap and playing Jews-harps while the men were talking. We didn’t know what they were talking about. »

    9. Comme quoi les enfumages à la mauvaise graine spiritualo-new-age ou à la mords-moi-l’nœud tout court, ça date pas d’hier… 1854 et ça fonctionne toujours, et en pire encore ! en 2011.

    10. La « première version » de 1887 (d’un discours prononcé en 1854 par le Chef Seattle), est évidemment peu fiable. Ceci dit, elle paraît plausible à l’anthropologue que je suis. C’est un très beau texte, axé sur le deuil (je le reproduis ci-dessous). Quel que soit le lien entre ce texte rédigé par Henry A. Smith et les paroles réellement prononcées par le Chef Seattle, vous noterez quand vous l’aurez lu qu’il n’y a rien de commun entre ce texte et celui que cite Martine et auquel j’ai réagi et qui est donc une œuvre de fiction datant de 1971, rédigée par Ted Perry comme un élément dans un scénario de film.

      Ce qui m’avait fait tiquer, c’est que si le texte qui circule aujourd’hui (celui de 1971) exprime à la perfection la pensée hippie de la fin des années 1960, il ne présente aucun des traits typiques de la pensée amérindienne.

      Version 1 (below) appeared in the Seattle Sunday Star on Oct. 29, 1887, in a column by Dr. Henry A. Smith.

      « CHIEF SEATTLE’S 1854 ORATION » – ver . 1
      AUTHENTIC TEXT OF CHIEF SEATTLE’S TREATY ORATION 1854

      Yonder sky that has wept tears of compassion upon my people for centuries untold, and which to us appears changeless and eternal, may change. Today is fair. Tomorrow it may be overcast with clouds. My words are like the stars that never change. Whatever Seattle says, the great chief at Washington can rely upon with as much certainty as he can upon the return of the sun or the seasons. The white chief says that Big Chief at Washington sends us greetings of friendship and goodwill. This is kind of him for we know he has little need of our friendship in return. His people are many. They are like the grass that covers vast prairies. My people are few. They resemble the scattering trees of a storm-swept plain. The great, and I presume — good, White Chief sends us word that he wishes to buy our land but is willing to allow us enough to live comfortably. This indeed appears just, even generous, for the Red Man no longer has rights that he need respect, and the offer may be wise, also, as we are no longer in need of an extensive country.

      There was a time when our people covered the land as the waves of a wind-ruffled sea cover its shell-paved floor, but that time long since passed away with the greatness of tribes that are now but a mournful memory. I will not dwell on, nor mourn over, our untimely decay, nor reproach my paleface brothers with hastening it, as we too may have been somewhat to blame.

      Youth is impulsive. When our young men grow angry at some real or imaginary wrong, and disfigure their faces with black paint, it denotes that their hearts are black, and that they are often cruel and relentless, and our old men and old women are unable to restrain them. Thus it has ever been. Thus it was when the white man began to push our forefathers ever westward. But let us hope that the hostilities between us may never return. We would have everything to lose and nothing to gain. Revenge by young men is considered gain, even at the cost of their own lives, but old men who stay at home in times of war, and mothers who have sons to lose, know better.

      Our good father in Washington–for I presume he is now our father as well as yours, since King George has moved his boundaries further north–our great and good father, I say, sends us word that if we do as he desires he will protect us. His brave warriors will be to us a bristling wall of strength, and his wonderful ships of war will fill our harbors, so that our ancient enemies far to the northward — the Haidas and Tsimshians — will cease to frighten our women, children, and old men. Then in reality he will be our father and we his children. But can that ever be? Your God is not our God! Your God loves your people and hates mine! He folds his strong protecting arms lovingly about the paleface and leads him by the hand as a father leads an infant son. But, He has forsaken His Red children, if they really are His. Our God, the Great Spirit, seems also to have forsaken us. Your God makes your people wax stronger every day. Soon they will fill all the land. Our people are ebbing away like a rapidly receding tide that will never return. The white man’s God cannot love our people or He would protect them. They seem to be orphans who can look nowhere for help. How then can we be brothers? How can your God become our God and renew our prosperity and awaken in us dreams of returning greatness? If we have a common Heavenly Father He must be partial, for He came to His paleface children. We never saw Him. He gave you laws but had no word for His red children whose teeming multitudes once filled this vast continent as stars fill the firmament. No; we are two distinct races with separate origins and separate destinies. There is little in common between us.

      To us the ashes of our ancestors are sacred and their resting place is hallowed ground. You wander far from the graves of your ancestors and seemingly without regret. Your religion was written upon tablets of stone by the iron finger of your God so that you could not forget. The Red Man could never comprehend or remember it. Our religion is the traditions of our ancestors — the dreams of our old men, given them in solemn hours of the night by the Great Spirit; and the visions of our sachems, and is written in the hearts of our people.

      Your dead cease to love you and the land of their nativity as soon as they pass the portals of the tomb and wander away beyond the stars. They are soon forgotten and never return. Our dead never forget this beautiful world that gave them being. They still love its verdant valleys, its murmuring rivers, its magnificent mountains, sequestered vales and verdant lined lakes and bays, and ever yearn in tender fond affection over the lonely hearted living, and often return from the happy hunting ground to visit, guide, console, and comfort them.

      Day and night cannot dwell together. The Red Man has ever fled the approach of the White Man, as the morning mist flees before the morning sun. However, your proposition seems fair and I think that my people will accept it and will retire to the reservation you offer them. Then we will dwell apart in peace, for the words of the Great White Chief seem to be the words of nature speaking to my people out of dense darkness.

      It matters little where we pass the remnant of our days. They will not be many. The Indian’s night promises to be dark. Not a single star of hope hovers above his horizon. Sad-voiced winds moan in the distance. Grim fate seems to be on the Red Man’s trail, and wherever he will hear the approaching footsteps of his fell destroyer and prepare stolidly to meet his doom, as does the wounded doe that hears the approaching footsteps of the hunter.

      A few more moons, a few more winters, and not one of the descendants of the mighty hosts that once moved over this broad land or lived in happy homes, protected by the Great Spirit, will remain to mourn over the graves of a people once more powerful and hopeful than yours. But why should I mourn at the untimely fate of my people? Tribe follows tribe, and nation follows nation, like the waves of the sea. It is the order of nature, and regret is useless. Your time of decay may be distant, but it will surely come, for even the White Man whose God walked and talked with him as friend to friend, cannot be exempt from the common destiny. We may be brothers after all. We will see.

      We will ponder your proposition and when we decide we will let you know. But should we accept it, I here and now make this condition that we will not be denied the privilege without molestation of visiting at any time the tombs of our ancestors, friends, and children. Every part of this soil is sacred in the estimation of my people. Every hillside, every valley, every plain and grove, has been hallowed by some sad or happy event in days long vanished. Even the rocks, which seem to be dumb and dead as the swelter in the sun along the silent shore, thrill with memories of stirring events connected with the lives of my people, and the very dust upon which you now stand responds more lovingly to their footsteps than yours, because it is rich with the blood of our ancestors, and our bare feet are conscious of the sympathetic touch. Our departed braves, fond mothers, glad, happy hearted maidens, and even the little children who lived here and rejoiced here for a brief season, will love these somber solitudes and at eventide they greet shadowy returning spirits. And when the last Red Man shall have perished, and the memory of my tribe shall have become a myth among the White Men, these shores will swarm with the invisible dead of my tribe, and when your children’s children think themselves alone in the field, the store, the shop, upon the highway, or in the silence of the pathless woods, they will not be alone. In all the earth there is no place dedicated to solitude. At night when the streets of your cities and villages are silent and you think them deserted, they will throng with the returning hosts that once filled them and still love this beautiful land. The White Man will never be alone.

      Let him be just and deal kindly with my people, for the dead are not powerless. Dead, did I say? There is no death, only a change of worlds.

    11. chris06, vigneron et Jean-Luc ont donc résolu ensemble le mystère du Chef Seattle prononçant en 1854 et en 1971 deux discours sans rapport aucun l’un avec l’autre… le Chef Seattle dans sa récente incarnation étant le scénariste Ted Perry.

      Il me reste des exemplaires de L’implosion (2008), La crise (2008), L’argent, mode d’emploi (2009) et Le prix (2010). Dites-moi lequel vous convient et communiquez-moi votre adresse.

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