Archives par mot-clé : développement durable

Quelques considérations pour l’organisation d’une transition raisonnée vers des modes de fonctionnement plus durables, par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

Ce texte est une synthèse actualisée de plusieurs documents rédigés depuis 2002. Son propos est d’amorcer une discussion ouverte sur les enjeux, les objectifs et les modalités éventuelles d’une transition réussie des modèles de fonctionnement pilleurs et pollueurs actuels vers des modèles plus respectueux des hommes et de la biosphère dont ils dépendent pour leur survie harmonieuse.

Par convention, et parce que ce terme est universellement connu et admis, ce texte fait référence  au « developpement durable » plutôt qu’au « fonctionnement durable » bien qu’il soit préférable de parler de fonctionnement, le developpement ne pouvant par nature être indéfiniment durable dans un environnement fini.

Le Constat : un modèle de développement dépassé?

L’accélération mal maîtrisée de l’accumulation des connaissances

L’aptitude à imaginer et à concevoir des solutions nouvelles est une des caractéristiques qui différencie le mieux l’être humain dans le monde du vivant. Ses capacités mentales lui donnent la capacité de modifier son environnement pour le rendre plus conforme à ce qu’il estime être son intérêt. Le passage du concept à l’action se fait, de façon formelle ou informelle, à travers ce qu’il est convenu d’appeler la planification, qui, depuis la mise au point des premières techniques collectives de chasse et de cueillette, constitue à ce titre un aspect essentiel des interactions entre individus et vis à vis du milieu environnant. La maîtrise de cette « ardente obligation » est donc de toute évidence une des activités indispensables à notre survie à long terme en tant qu’espèce.

La suite se trouve ici.

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CHEDD, Les chemins de la transition, « La transition… », Rennes, le 3 juillet à 14h15

C’est un colloque, qui a lieu à Rennes, le 3 juillet, mon exposé « La transition… un état, une dynamique, un processus », en fait l’ouverture à 14h15. À 17h40, je ferai l’analyse de ce qui aura été dit.

Le CHEDD, c’est le Collège des Hautes Études de Développement Durable. Et ça se tient aux Champs libres, 10 cours des Alliés, 35000 Rennes, 02 23 40 66 00 Métro : Charles de Gaulle

C’est gratuit mais il faut s’inscrire ici.

 

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Pour un PIB Equitable et Durable, par Michel Martin

Billet invité.

L’économie durable est souvent présentée comme la conjonction de trois aspects de l’activité, un aspect économique, un aspect écologique et un aspect social.

PIBED 1

Le PIB, outre qu’il agrège des activités qui ne nous enrichissent pas, comme les déraillements de trains et qu’il serait sans doute plus efficace de mesurer la richesse d’un pays et son évolution sur la base de données comparables au capital propre et au résultat d’exploitation employées pour les entreprises, le PIB ne prend pas en compte la dette environnementale que nous contractons et il ne nous dit rien de la répartition des richesses produites.

A partir de données statistiques existantes, bien qu’encore insuffisantes, je propose de contourner les inconvénients du PIB, dans une optique de recherche d’indicateur d’économie durable, en le pondérant par des critères écologiques et sociétaux. J’ai appelé l’indicateur résultant le PIBED (PIB Equitable et Durable) qui serait le PIB divisé par un coefficient d’empreinte écologique sans dimension Ce (Empreinte écologique par habitant divisée par la biocapacité pour 8.5 milliards d’habitants, soit environ 1.33ha/personne) et divisé par un coefficient d’inégalité Ci aussi sans dimension (GINI de revenus disponibles/GINI optimum soit environ 0.22). Il est probable que l’indice GINI d’équité sociale optimum soit réalisé par les pays nordiques, il se situe vers 0.22 (l’indice GINI est compris entre 0 et 1. La valeur 1 correspond au cas ou toutes les richesses d’un pays sont concentrées dans les mains d’une personne; 0 correspond au cas d’une égalité parfaite).

PIBED 2

PIBED 3

PIBED 4

On obtiendrait un PIBED=PIB dans le cas d’un indice d’empreinte écologique de 1, c’est à dire sans dépassement de la biocapacité de la terre, couplé à des revenus disponibles pas plus dispersés que ceux des pays nordiques. Un PIBED supérieur au PIB indique qu’il reste des marges de biocapacité (ou théoriquement que l’indice d’inégalité GINI des revenus disponibles est inférieur à 0.22, ce qui n’existe nulle part).

Un PIBED inférieur au PIB indique qu’on surexploite les ressources (et/ou dans une moindre mesure que l’indice d’inégalité est élevé), donc en général qu’on contracte une dette écologique (c’est le cas, et très largement, de tous les pays dits développés ou en développement). Dans le graphe ci-dessous , le PIB par habitant en dollars est celui de l’année 2003 (source OCDE); l’empreinte écologique en ha est celle de l’année 2003 (source Global Footprint Network) l’indice GINI des revenus disponibles est celui de l’année 2000 (source OCDE, je n’ai pas trouvé l’équivalent pour 2003, mais cet indice évolue assez lentement et l’utilisation des chiffres de l’année 2000 pour le GINI est acceptable). La mesure n’est pas tout, mais un indicateur de mesure comme le PIBED pourrait valoriser les efforts écologiques et sociétaux et redonner sens à la notion de progrès.

PIBED 5

Un des avantages du PIBED sur un indice, c’est qu’il est en continuité du PIB, comme lui en unité monétaire et qu’il est facilement et directement compréhensible par les acteurs économiques. D’autre part, il ne dicte pas comment faire, à chaque population d’imaginer la façon de s’y prendre pour être à la fois compatible avec les ressources disponibles et que les richesses créées soient réparties assez équitablement pour que les personnes adhèrent à ce projet social.

Globalement, le développement n’a pas, jusqu’ici, été contraint sur le plan énergétique et sur le plan matériaux, ce qui fait qu’on a actuellement une très forte corrélation PIB et empreinte écologique. Toute la question est de savoir si nous sommes capables d’une révolution culturelle et d’une révolution technologique qui nous permettraient de faire converger PIB et PIBED.

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