Archives par mot-clé : Dubai

Le temps qu’il fait, le 11 décembre 2009

Copenhague
Relativité et mécanique quantique
Grèce, Grande-Bretagne, États-Unis
Les amis de Mr. Obama
John Maynard Keynes

L’article que je commente : Obama’s Big Sellout par Matt Taibbi. Ça a paru hier. On peut voir aussi sa vidéo.

Dans “A Short View of Russia”, un texte de 1925, Keynes fait allusion au fait qu’on avait envisagé pendant quelques mois en URSS de supprimer l’argent. Je n’ai pas trouvé grand-chose à ce sujet sur la toile. Si vous en savez plus, faites le nous savoir.

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France Inter, « Rue des Entrepreneurs », samedi 5 décembre de 9h10 à 10h

J’étais l’invité de Didier Adès et Dominique Dambert.

Le podcast est ici.

Mon souvenir des sommes payées en impôts par Goldman Sachs en 2008 et le bonus de son patron Lloyd Blankfein, était très mauvais : ce n’était pas respectivement 1 million de dollars et 17 millions de dollars, mais 14 et 42,9 millions de dollars.

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L’actualité de la crise: atteint en plein coeur, par François Leclerc

Billet invité.

ATTEINT EN PLEIN COEUR

Les projecteurs s’éteignent progressivement sur Dubai, mais l’alerte aura été chaude. C’est ce qui en sera retenu en attendant la prochaine, les candidatures ne manquant pas pour la susciter. De nouvelles plaies financières, s’ajoutant aux précédentes, vont devoir être pansées à l’abri des regards. Les banques britanniques, qui n’en avaient pas besoin, s’avérant les plus exposées du monde occidental. Le Royaume-Uni figurant de plus en plus sur la liste qui s’allonge des pays particulièrement à problème.

Avec fracas, le Japon vient de se manifester à son tour, ayant replongé dans la déflation, subissant de plein fouet la faiblesse renouvelée d’un dollar surenchérissant le yen et faisant obstacle aux exportations. Le pays a du recourir massivement et dans l’urgence à la création monétaire via sa banque centrale (l’équivalent de 77 milliards d’euros). Afin de financer un nouveau plan de relance gouvernemental, ainsi que soulager un système bancaire déjà gorgé d’obligations publiques, notoirement caractérisé par une énorme carence en fonds propres. En résumé : la BoJ (Bank of Japan) sauve les banques qui financent l’Etat. Mais rien n’y fait jusque là.

Hier c’était l’Allemagne, première puissance économique européenne, qui envoyait ses signaux inquiétants. Aujourd’hui, c’est le Japon, deuxième puissance mondiale. Il n’y a donc pas que les petits pays, plus vulnérables, qui connaissent d’inextricables situations. C’est au coeur de ses mécanismes que le système est atteint. S’il en fallait une illustration de plus, il suffirait de se référer aux conclusions d’une étude d’impact du Comité de Bâle (cette émanation de la Banque des règlements internationaux), selon laquelle les banques vont devoir, en moyenne, tripler leurs fonds propres afin de faire face à leurs risques, en application des nouvelles normes prudentielles du Comité, dont les recommandations ont été dans leurs grandes lignes formulées en juillet dernier. C’est gigantesque, à la mesure des problèmes qui doivent être résolus, et va créer aux banques de très sérieuses difficultés afin d’y parvenir. Avec le risque qu’il soit fait appel aux petits génies de la finance afin de remplir formellement ces nouvelles obligations, expliquant aussi l’acharnement des banques sur ce dossier pour s’y dérober.

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BFM Radio, le lundi 30 novembre à 10h46

La « reprise sans emploi » et les nombreux Dubaï à venir

L’expression paradoxale « reprise sans emploi » est apparue au début de l’année pour convaincre le public qu’une reprise était parfaitement possible alors même que le taux de chômage n’arrête pas de progresser. Si reprise il y a, les chiffres de l’emploi ne sont en effet pas très bons : + 2 % en France en Octobre, ainsi qu’une perte d’emplois se montant « seulement » à 466 000 emplois perdus aux États-Unis, chiffre qui serait de 544 000 si n’était pas intervenu un très salutaire « ajustement en fonction des variations saisonnières ». Et cet « ajustement en fonction des variations saisonnières » attire notre attention sur le côté très « statistique » de la reprise actuelle – qui se lit dans les chiffres et les indices, bien davantage que dans le monde que nous observons autour de nous.

De quoi s’agit-il avant tout ? On le sait : des retombées des plans de relance, les « primes à la casse » en particulier, suivi de restockage, essentiellement. Pour le reste, la faible remontée du trafic maritime constatée ces dernières semaines, préluderait selon les prévisions à une retombée au plus bas au second semestre de l’année prochaine.

La notion de « reprise sans emploi » voudrait suggérer qu’il ne s’agirait que d’une question de patience : que les emplois sont en route, handicapés seulement par un délai qui s’explique aisément. Comment s’expliquerait ce retard ? Par le fait que quand l’emploi repart, il faut d’abord résorber les réserves de main d’œuvre qui se sont constituées quand – plutôt que de les licencier au plus fort de la crise, certains salariés furent mis en temps partiel, et que la première chose à faire sera d’abord de les réemployer à temps plein, avant de réembaucher toute main d’œuvre nouvelle.

Le défaut de la dette d’un fonds souverain de Dubaï la semaine dernière nous rappelle brutalement qu’une « reprise sans emploi » – pour autant qu’elle puisse en être une – ne constitue en tout cas qu’une reprise extrêmement fragile. Nos sociétés sont en effet des sociétés « de consommation », et pour qu’une économie reprenne, elle ne peut se passer de consommateurs.

Nous nous sommes habitués au cours des vingt dernières années à ce que les salaires puissent être complétés – si nécessaire – par du crédit. Les faits se sont chargés de nous rappeler – depuis l’assèchement du crédit de l’été 2007 – que les banques ne prêtent volontiers qu’aux « bons risques » et ni les chômeurs, ni les travailleurs menacés de licenciement ne tombent malheureusement dans cette catégorie.

La bonne santé des presqu’îles en fronde de palmier de Dubaï dépend essentiellement de ceux qui viennent y passer leur temps libre. Sans eux, elles ne sont rien d’autre que des monceaux de dettes. De même pour les hôtels qui couvrent la surface du monde : seuls peuvent les faire vivre les touristes ou les hommes d’affaires qui viennent y passer la nuit. L’immobilier commercial américain attend – on le sait – sa vague de refinancement en 2011 et 2012. Si d’ici-là les consommateurs ne sont pas réapparus dans les centres commerciaux, de nombreux nouveaux Dubaï viendront hanter les nuits de leurs bailleurs de fonds.

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Deux ou trois choses que je n’ai plus de mal à faire comprendre

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le fait de parler en public me permet de tester quelques idées que j’ai lancées dans mes billets et dans mes livres et de constater ce à quoi mes auditeurs accrochent sans difficulté ces jours-ci, ce qui les convainc, ce à propos de quoi ils ont envie d’en entendre davantage, en un mot, ce qu’ils comprennent très bien sans qu’il faille leur faire un grand dessin.

* Une reconnaissance de dette n’est pas de l’argent : sa valeur se situe quelque part entre le montant qui est dû et, dans le pire des cas : zéro. D’après ce que j’observe des résumés que je lis dans la presse de mon livre « L’argent, mode d’emploi » (Fayard 2009), cette différence essentielle semble être le principal enseignement que les lecteurs retiennent. On en tire aussi facilement la conclusion que compenser la baisse des salaires en rendant le crédit plus aisé, ce n’est pas vraiment « permettre aux gens d’avoir plus d’argent ».

* Dans le même ordre d’idée : le fait qu’il est beaucoup plus facile de comprendre ce que c’est que le capital quand on se place du point de vue de celui qui a de l’argent en « pas assez » – qui sait fort bien qu’il faudra non seulement le rembourser un jour mais aussi que son utilisation se fait payer très cher en intérêts qu’il faudra verser –, que quand on se place du point de vue de celui qui a de l’argent en « beaucoup trop » et pour qui le capital c’est quelque chose qui grossit miraculeusement quand on le « place » (les économistes se sont spontanément identifiés avec ce camp-là à partir du milieu du XIXe siècle – un ralliement qui explique probablement beaucoup de choses).

* Les gens à qui je m’adresse comprennent toujours très bien de quoi je parle quand j’évoque la spéculation (aucune voix ne s’est encore élevée d’une salle pour me dire qu’« Après tout, tout le monde spécule, puisque « spéculer », ça veut simplement dire « rêvasser à l’avenir » »). Et quand je parle d’interdire les paris sur les fluctuations de prix, en ajoutant que c’est essentiel, je ne souffre plus du handicap de devoir ajouter aussitôt : « C’est assez compliqué à expliquer… », puisque je peux maintenant dire : « Les Chinois ont très bien compris de quoi il s’agit puisqu’ils appliquent désormais cette mesure et, vu le rapport de force actuel dans le monde, ils sont en passe d’imposer cette interdiction à tous ceux qui voudraient traiter avec eux ».

* Ceux de mes auditeurs qui ont eu l’occasion de voir mon passage à Parlons net sur France Info le 5 juin, se souviennent que j’avais provoqué la perplexité générale quand j’avait dit : « Ne riez pas de la Chine ! C’est elle qui nous sauvera tous dans dix ans ! » Cette perplexité ne se verrait plus aujourd’hui. Ceux qui ont vu cette émission se souviendront aussi de mon geste de la main dessinant dans l’air un « W », avec la seconde branche tombant très bas : j’évoquais ce que serait le profil de l’économie à partir de 2007. Il suffit depuis quelques jours de prononcer le mot « Dubaï » pour que la silhouette de ce « W » vienne hanter les mémoires.

* Enfin, mes auditeurs comprennent très bien que la « crise des subprimes » ce n’est ni le « peak oil », ni la décroissance, ni un tas d’autre choses, mais ils comprennent également que ce n’est pas une crise « de type classique » précisément parce que ces autres éléments constituent un nouveau contexte qui n’est pas près de disparaître de lui-même. Ils comprennent du coup que cette crise-ci est gravissime parce que c’est l’avenir de notre espèce qui se joue cette fois à une échéance de cent ans. Après ces débats publics, nous prenons en général un repas ou un pot ensemble et la question que j’entends alors, c’est celle-ci : « Est-ce que ce serait une telle perte si l’homme disparaissait ? » Que la réponse soit « oui » ou « non » à cette question, le fait qu’on se la pose maintenant en dit long.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise: Dubai, piqûre de rappel, par François Leclerc

Billet invité.

DUBAI, PIQÛRE DE RAPPEL

Dans l’attente de l’ouverture demain lundi de Wall Street, l’incertitude demeure en raison du défaut de Dubai, tant que le sinistre n’est pas clairement circonscrit et que la liste de ses victimes et de leurs pertes n’est pas clairement établie. Mais il est d’ores et déjà frappant de constater l’ampleur de l’inquiétude qu’il a suscité, et d’anticiper sur ses conséquences plus globales.

En premier lieu pour les pays très endettés, montrés du doigt comme autant de foyers potentiels de nouvelles crises de la dette souveraine. Leur accès aux marchés financiers risquant fort de devenir plus difficile et onéreux dans la période à venir, ne faisant qu’accentuer en retour le risque qu’ils représentent pour la communauté financière. Non seulement l’instabilité demeure, mais elle pourrait ainsi s’accroitre.

En second, à propos du phénomène de désendettement des établissements financiers, car celui-ci pourrait se ralentir si le repli déjà enregistré vers le dollar et les obligations d’Etat – valeurs refuge – se confirmait, les bourses venant de témoigner de leur très forte sensibilité aux chocs et accidents de parcours, alors que de nouveaux défauts sont redoutés dans le secteur de la dette souveraine. Dans ces conditions, les mirifiques affaires de la crise devenant plus problématiques, le désendettement serait encore plus long à s’opérer qu’espéré, et la crise économique à se résorber. Le danger étant que les autres formes de spéculation, plus hasardeuses et imprévisibles, reprennent de plus belle, à la recherche d’un effet de levier perdu. Cela n’irait pas non plus dans le sens de la sortie de la crise.

En troisième, à propos du renforcement des fonds propres des banques. Il apparaît en effet qu’au fur et à mesure que l’on avance, la nécessité de nouvelles dépréciations s’impose aux banques, impliquant un coussin protecteur de plus en plus volumineux, rendant sa constitution de plus en plus lourde. Sauf à recourir au génie financier, dont on connaît désormais la fiabilité, ce qui est en cours.

Accessoirement, trois remarques s’imposent également, qui peuvent à nouveau faire réfléchir certains à propos des mesures de régulation financière futures. L’une, est qu’il semble être tout juste découvert que le système financier de la région n’est pas ce que l’on peut véritablement appeler transparent (comme si cela lui était propre, d’ailleurs!), une préoccupation totalement absente lorsque tout allait bien, bien entendu. La suivante, que les banques sont à nouveau à la recherche, dans l’urgence, de la réalité de leur exposition, qu’elles ne maîtrisent toujours pas. La dernière, que la fragilité de l’édifice financier de Dubai n’avait d’égal que la hauteur des tours qui y étaient construites, et que les banques semblent le découvrir le nez sur l’évènement. A moins, pour expliquer leur attitude, que l’exception soit en réalité la règle, auquel cas on comprendrait mieux leur attitude.

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L’actualité de la crise : Sinistre craquement, par François Leclerc

Billet Invité.

SINISTRE CRAQUEMENT

Fébrilement, la journée d’hier a été consacrée à la recherche des expositions à la dette de Dubai, et cela va continuer ainsi jusqu’à la fin du mois, car c’est la fête de l’Aïd au Moyen Orient. Ainsi qu’au risque d’un effet domino, le sinistre de l’un pouvant vite entrainer celui de l’autre, dans le monde bancaire. Puis va progressivement monter une sourde inquiétude: quel est le prochain ? Des listes sont déjà dressées: Hongrie, Pays Baltes, Grèce, Ukraine… Recommencera ensuite, si un nouveau défaut devait survenir, la même ronde : recherche d’exposition – danger d’effet domino, etc…

L’économie de Dubai, fondée sur l’endettement et l’immobilier, était particulièrement fragile. Celle des pays de l’Est l’est tout autant, les capitaux privés ouest-européens en ayant été brutalement rapatriés, laissant les pays et les particuliers faire face à leur dette libellée en devises étrangères.

Les deux bulles, privée et publique, vont-elles être tenables longtemps ? (Pour ne pas parler de la bulle chinoise).

La BCE devrait annoncer mardi prochain des mesures de retrait partiel de ses facilités (prêts à un an et peut-être reprise des enchères pour les prêts à 6 et 3 mois), en dépit de la constatation que le crédit aux entreprises continue de se resserrer en zone euro. Elle reconnait ainsi que les injections de liquidités dont elle abreuve les banques ne jouent pas le rôle qui leur est assigné, et qu’elles contribuent à l’accroissement d’une bulle menaçante. Mais le mal n’est-il pas fait ? Une décision à l’échelle de la seule zone euro règle-t-elle quoi que ce soit ? C’est en tout cas entériner que la BCE n’est pas en mesure de contribuer à la relance du crédit.

Le FMI a annoncé cette semaine avoir réuni 13 nouveaux pays contributeurs à Washington afin de leur emprunter 100 milliards de dollars supplémentaires (des NAE, Nouveaux accords d’emprunts), qui viennent s’ajouter aux 500 milliards déjà réunis et aux ventes d’or. Dans son rôle de pompier, le FMI amasse les fonds afin de continuer à répondre dans l’urgence aux besoins des Etats. Seront-ils suffisants ? Sera-t-il nécessaire d’en venir à la création de droits de tirage spéciaux (DTS), cette monnaie destinée aux Etats que le FMI peut créer ? C’est par ce biais que pourrait s’amorcer une réforme non avouée du système monétaire international.

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