L’actualité de la crise: atteint en plein coeur, par François Leclerc

Billet invité.

ATTEINT EN PLEIN COEUR

Les projecteurs s’éteignent progressivement sur Dubai, mais l’alerte aura été chaude. C’est ce qui en sera retenu en attendant la prochaine, les candidatures ne manquant pas pour la susciter. De nouvelles plaies financières, s’ajoutant aux précédentes, vont devoir être pansées à l’abri des regards. Les banques britanniques, qui n’en avaient pas besoin, s’avérant les plus exposées du monde occidental. Le Royaume-Uni figurant de plus en plus sur la liste qui s’allonge des pays particulièrement à problème.

Avec fracas, le Japon vient de se manifester à son tour, ayant replongé dans la déflation, subissant de plein fouet la faiblesse renouvelée d’un dollar surenchérissant le yen et faisant obstacle aux exportations. Le pays a du recourir massivement et dans l’urgence à la création monétaire via sa banque centrale (l’équivalent de 77 milliards d’euros). Afin de financer un nouveau plan de relance gouvernemental, ainsi que soulager un système bancaire déjà gorgé d’obligations publiques, notoirement caractérisé par une énorme carence en fonds propres. En résumé : la BoJ (Bank of Japan) sauve les banques qui financent l’Etat. Mais rien n’y fait jusque là.

Hier c’était l’Allemagne, première puissance économique européenne, qui envoyait ses signaux inquiétants. Aujourd’hui, c’est le Japon, deuxième puissance mondiale. Il n’y a donc pas que les petits pays, plus vulnérables, qui connaissent d’inextricables situations. C’est au coeur de ses mécanismes que le système est atteint. S’il en fallait une illustration de plus, il suffirait de se référer aux conclusions d’une étude d’impact du Comité de Bâle (cette émanation de la Banque des règlements internationaux), selon laquelle les banques vont devoir, en moyenne, tripler leurs fonds propres afin de faire face à leurs risques, en application des nouvelles normes prudentielles du Comité, dont les recommandations ont été dans leurs grandes lignes formulées en juillet dernier. C’est gigantesque, à la mesure des problèmes qui doivent être résolus, et va créer aux banques de très sérieuses difficultés afin d’y parvenir. Avec le risque qu’il soit fait appel aux petits génies de la finance afin de remplir formellement ces nouvelles obligations, expliquant aussi l’acharnement des banques sur ce dossier pour s’y dérober.

Aux Etats-Unis, le Trésor a demandé la semaine dernière aux banques ayant fait l’objet des célèbres stress tests, et n’ayant pas déjà remboursé les fonds du TARP dont elles ont bénéficié, d’y procéder. Pouvant faire croire que l’administration raclait les fonds de tiroir, en raison du déficit public. En réalité, il s’agit d’obliger les banques en question à se recapitaliser, car elles y renâclent, alors qu’elles vont rencontrer de nouvelles épreuves. Il semblerait en effet, d’après les analystes, que le Tier One (la catégorie des fonds propres servant à calculer le ratio de solvabilité des banques) deviendrait totalement insuffisant, ces fonds remboursés, alors que le Trésor voudrait que le ratio monte à 12%. Pour mémoire, 8% était jusqu’alors la norme considérée comme acceptable.

Jon Greenlee, directeur adjoint du service de la supervision et de la régulation bancaires de la Fed, vient de déclarer que « Les pertes liées aux activités de prêt des établissements bancaires continuent d’augmenter et les banques font face à un risque important d’augmentation des créances non recouvrables étant donné les perspectives pour la production et l’emploi ». Par ailleurs, le taux de défaut sur les crédit hypothécaires commerciaux monte inexorablement. Selon Real Estate Econometrics, celui-ci est passé au troisième trimestre de 2,88 à 3,40 %. Doublant en l’espace d’un an, alors que 80 % des prêts arrivent à maturité dans les deux prochaines années. Durant le trimestre écoulé, les incidents de payement et de défaut correspondaient à une enveloppe de crédits de 50,3 milliards de dollars. Du côté des prêts immobiliers résidentiels, la situation n’est pas plus brillante. Le programme public de soutien financier à la renégociation des termes des emprunts, de 27,4 milliards de dollars, est loin d’avoir obtenu les résultats attendus, pour un faisceau de raisons dues à la complexité du marché hypothécaire immobilier, ainsi qu’à l’inadéquation des mesures elles-mêmes. Les banques et les organismes prêteurs sont montrés du doigt par le Trésor, mais l’ensemble des nouvelles mesures annoncées afin d’accroître fortement le nombre de ménages bénéficiant de ce programme devra faire ses preuves, les résultats déjà obtenus n’incitant pas à l’optimisme.

Alors que montent partout en puissance les pressions en faveur de l’adoption de plans de résorption des déficits publics, la BCE s’apprête à annoncer un premier ménage au sein du catalogue des aides financières dont les banques bénéficient. Avec beaucoup de publicité, mais également avec de grandes précautions. Car elle chemine sur une étroite ligne de crête, souhaitant réduire sa contribution au gonflement de la bulle financière qui résulte de l’activité des banques, sans avoir le moyen de tirer de sous les pieds de celles-ci le tapis leur permettant de rester debout. Avec, au bout du chemin, un autre danger. Celui que les banques diminuent leurs achats d’obligations d’Etat, ce qui aurait pour immédiate conséquence d’en augmenter les taux sur le marché. Car, si les deux bulles d’actifs privés et publics sont distinctes de par l’origine de leurs émetteurs, les acheteurs sont les mêmes. Les Etats considérés comme à risque pourraient alors en faire les premiers les frais, créant les conditions de nouveaux retentissants défauts, aux conséquences en chaîne cette fois-ci nettement plus imprévisibles.

Le cas de la Grèce revient à ce propos souvent dans les commentaires, l’interrogation portant alors sur l’attitude qu’adopteraient les pays de la zone euro en cas de défaillance. Le temps des déclarations du précédent ministre des finances allemand, affirmant qu’aucun pays de la zone euro ne serait abandonné à son propre sort, semble bien révolu. Mais le chacun pour soi est-il tenable, au-delà de certaines limites ?

On voit que tous les aspects de la crise financière se combinent pour en rendre le dénouement particulièrement problématique. Spectre des dépréciations à venir dans le système financier, poursuite réaffirmée du credit crunch, obstacle grandissant de l’accroissement des besoins en fonds propres des banques, déséquilibre profond et durable du système monétaire international, gonflement impétueux de deux nouvelles dangereuses bulles financières…

A défaut de connaître le début du commencement d’une solution, cette situation contribue à faire évoluer les esprits, mais d’une manière que l’on ne pourra s’empêcher de considérer comme dérisoire, malgré tout. Car les réactions portent bien d’avantage sur la manière d’éviter ou de gérer au mieux la prochaine crise que sur celle qui permettrait de sortir de l’actuelle. Comme si les dés étaient jetés et qu’il n’y avait plus rien à faire (ou, pour la version optimiste de moins en moins souvent rencontrée, que les choses allaient rentrer dans l’ordre).

Si, aux Etats-Unis, le débat se cristallise sur la meilleure manière de résoudre dans l’avenir le cas des établissement TBTF (trop gros pour ne pas être sauvés), ou bien à propos du rôle que la Fed pourrait être ou non amenée à jouer dans le futur dispositif de régulation, en Europe, c’est la taxe financière qui tient la corde. Adair Turner, président de la FSA, l’autorité des marchés britannique, vient de réaffirmer à Paris que « ce ne sont pas les institutions qui ont failli, mais la théorie d’auto-régulation des marchés », estimant en conséquence que « Nous ne devons pas exclure l’éventualité d’une taxe sur les transactions financières ». A ses côtés, le Français Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des Marchés Financiers a appuyé cette idée, considérant que cette taxe n’évitera pas « la spéculation ni les mouvements à court terme, mais procurera des réserves utiles en cas de nouvelles faillites – aussi bien privées que publiques – et des nouvelles ressources utiles de financement ». Le FMI vient de réaffirmer, par la bouche de John Lipsky, son directeur général adjoint, qu’il y réfléchissait.

Christine Lagarde, ministre de l’économie et des finances, et Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères viennent de donner, dans une contribution au Monde, la nette impression de chercher à allumer un contre-feu (ce qui vaut reconnaissance de l’existence du feu !). La taxe qu’ils proposent a pour objectif de financer une cause noble, ne pouvant donc être mise en question : le développement des pays qui ne le sont pas. Elle serait indolore, ce qui est précisément ce qu’il faut éviter. A hauteur de 0,005 %, qui ne perturberait pas les transactions financières, est-il bien précisé, alors que l’objet d’une taxe de ce type est de les restreindre. Cette proposition s’inscrit en droite ligne avec les campagnes de diversions précédentes, à propos des paradis fiscaux et des bonus des banquiers. Elle n’exprime pas une politique, mais une stratégie de communication.

Cette crise aura décidément au moins le mérite de faire sortir de terre la réalité des mécanismes du capitalisme financier. A la faveur de la discussion à l’Assemblée d’un amendement au projet de loi de finances rectificative pour 2009, un autre mécanisme de routine émerge de la discrétion qui l’entoure habituellement. Il s’agit des prix de transfert que pratiquent dans la quasi impunité les sociétés transnationales, afin d’optimiser leurs charges fiscales (lire : d’échapper à l’impôt sur les sociétés). Cette pratique a des incidences financières sur le budget de l’Etat nettement plus importantes que l’évasion fiscale des particuliers, stigmatisée pour mieux masquer cette zone d’ombre de la finance fantôme autrement importante. Où l’on s’aperçoit que les déficits publics pourraient ne pas être ce qu’ils sont, de même manière que l’on comprend, avec une taxe sur les transactions financières, comment les flux financiers spéculatifs pourraient être réduits, alimentant un fonds à la disposition des pouvoirs publics.

Le capitalisme financier additionne décidément les paradoxes. La répartition inégale de la richesse qu’il accélère entre en contradiction avec le rôle majeur que joue la consommation des particuliers dans l’activité économique. L’atteinte aux recettes fiscales des Etats et les déficits accrus qui en découlent restreignent leur rôle de prêteur de dernier ressort. Reste comme clé de voûte à ce fragile édifice les banques centrales, de plus en plus inopérantes en raison de la masse toujours grandissante des capitaux qui circulent de places financières en paradis fiscaux.

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61 réflexions sur « L’actualité de la crise: atteint en plein coeur, par François Leclerc »

  1. Monsieur Finckh, curieuse pensée que la votre, si j’ai bien compris la crise est produite car les gens thésaurisent la monnaie, ils l’épargnent dites vous.

    Juste prendre deux exemples, les chinois épargnent car pas de retraite et un seul enfant, il leur faut donc mettre de côté pour leur vieux jours…..la peur de l’avenir.
    En Afrique, la natalité est importante, la raison inconsciente, lorsque les parents seront vieux, ce sont les enfants qui les nourriront, il faut donc avec la forte mortalité faire beaucoup d’enfants…
    On retrouve ce phénomène en france, la dénatalité des immigrés est importante la 2ème génération, Retraite et qualité des soins, on a moins besoin de faire des enfants…

    Ce faisant, puisque l’on parle de retraite, on oublie que les fonds de pensions US ont débuté pour permettre aux américains de préparer leur retraite devant le déficit du système américain, vous me direz notre système Boule de Neige des retraites par répartition nous prépare de beaux jours, surtout si le chômage important devient récurrent…

    Comme les américains se sont rendus compte tard de l’impréparation de leur retraite, ils ont demandé de fort taux de rentabilité pour en quelques années se construire une retraite correcte, on semble oublier que ces fameux capitalistes US sont en fait de simples salariés, ironie de l’économie ou le travailleur devient capitaliste…

    Deuxième élément, quid des pays émergents qui compte tenu de leur balance des paiements exédentaires conservent les devises dans leur coffre, allez vous aussi leur faire disparaitre ces sommes avec votre monnaie fondante….que peuvent ils faire, même si ils se mettent à consommer, ils consommeront ce qu’ils produisent car c’est moins cher et parce qu’ils sont les derniers à avoir les usines, leurs balances exédentaires le sont pour longtemps, votre monnaie fondante est une idée bien curieuse pour le moins, mais je reconnais que c’est la seule solution, annuler les dettes des états, à l’évidence nous nous retrouverons immédiatement avec l’argent qui sert à régler l’intérêt de la dette, pour le coup et ne vous en déplaise, à ce moment, à ce moment précis plus personne ne se prêtera d’argent, plus personne….

    En fait si quelqu’un a peur, si quelqu’un a tout ce qu’il faut, pourquoi voulez vous qu’il surconsomme, c’est vrai que ce grand écran plat prend moins de place que le bon vieux tube cathodique d’avant, c’est vrai que ce nouveau portable prend de bien belles photos, c’est vrai que c’est beau et dépaysant d’aller de l’autre côté de la terre voir en direct live le vrai paysage….tout est vrai, mais est ce cela vivre, est ce cela

    1. Pour répondre à Bourdon, voilà comment il faut distinguer thésaurisation et épargne!

      1)Je crois que je n’ai pas été assez clair! J’appelle « thésaurisation » précisément les sommes de monnaie liquide en caisse et en poche, voire en coffre fort! Ce sont des sommes éminemment variables selon des critères largement de ce que les individus préfèrent et selon leur confiance dans le système bancaire! Il s’agit, pour moi, de sommes qui ne retournent pas à la banque pendant des moments parfois longs!
      Ces sommes sont ainsi soustraites à la circulation monétaire; elles diminuent donc M0 circulante, et ce en dehors des décisisions de la BC.
      Si la thésaurisation était stable dans le temps, même importante, elle n’aurait guère d’impact sur l’économie. Mais elle n’est absolument pas stable!
      Elle constitue une menace pour le système, et cette menace est bien à la racine de l’intérêt d’épargne que proposent les banques!
      La thésaurisation en elle-même ne rapporte aucun intérêt. Son efficacité est ailleurs, notamment celle d’être une menace déflationniste et systémique.
      Un climat de baisse des prix revient à une valorisation de la monnaie, et les « thésauriseurs » sont gagnants en spéculant à la baisse des prix. J’avoue que c’est un peu « théorique », car la BC, depuis l’abandon de l’étalon or, a les moyens de remettre autant de monnaie qu’il faut par en haut.

      2)J’appelle « épargne » ce que les particuliers ramènent à la banque, et là, je dis que les particuliers ramènent leur monnaie à la banque parce que les banques les rémunèrent et parce qu’il ont confiance en la sécurité du sytème bancaire. Si l’intérêt, avec la monnaie anticrise, devait sensiblement baisser, l’incitation d’épargner se déplacerait, car en régime de monnaie anticrise, les thésaurisations (cf1)) deviendraient vite coûteuses, ce qui est la raison même de de l’introduction de la monnaie anticrise que je souhaite! Rendre la monnaie pleinement disponible et efficace via un retour impeccable vers les banques, sans delai inutile!
      Actuellement, c’est bien à cause de la rémunération que les particuliers ne thésaurisent PAS davantage! Par contre, ils épargnent (en banque) ce qui est différent, totalement différent dans les effets!

      3) la justification et la « philosophie » de l’intérêt sont sans doutes vieilles comme le capitalisme lui-même!
      Vous ne serez pas surpris que je vous dise à quel point il est, pour moi, fondamentalement ILLEGITIME, car il est bien la rente capitaliste pour l’essentiel!
      Pour expliquer cela, il faut que je revienne sur la théorie de la monnaie à partir du moment où l’on distingue la monnaie comme échangeur universel de la fonction RESERVE DE VALEUR que la monnaie traditionnelle a aussi! Abusivement, à mon sens!
      En effet, en travaillant en échange de monnaie, j’obtiens donc le droit d’acheter en valeur autant que j’ai avancé de par mon travail.
      Or, mon travail a une valeur qui a tendance à diminuer avac le temps qui passe. Par exemple, je produis des fraises, si je ne les vends pas au prix de ma production dans un delai rapide, mon travail subit des pertes importantes! Même chose en produisant des automobiles. On peut étendre ces considérations à tous les biens et services.
      Par contre, en recevant de l’argent, je deviens, avec la monnaie actuelle, pas avec la monnaie anticrise, le MAITRE DU TEMPS! Car le fait d’avoir de la monnaie en poche, ou même en banque, me permet d’attendre, de choisir et différer l’achat assez librement!
      Etant maître du temps (time is money!), je perçois alors, en toute rigueur, un « dédommagement » quand j’utilise ou prête la monnaie, et ce dédommagement s’appelle « intérêt », la rente du temps, une fonction stricte du temps! C’est comme si mon travail éphémère était devenu, par le passage par la monnaie, une valeur éternelle!
      Une monnaie qui permet ce tour de passe-passe, notre monnaie actuelle, est bien la racine du capitalisme! Au nom de quoi est-il justifiable qu’un avantage acquis une fois (j’ai bien travaillé et bien vendu!) devienne un avantage structurel et définitif?
      Il me semble que Proudhon, un des inspirateurs de Gesell, était très opposé au système à intérêts, tout comme l’église, avant…
      Si Proudhon avait pu proposer et expérimenter les banques d’échange, c’est qu’il voulait justement « élever la marchandise au rang de la monnaie », ce qui était, évidemment un échec! Gesell, au contraire, en gardait l’idée, mais proposait le contraire: parce que l’on ne peut élever la marchandise au rang de la monnaie, il faut proposer le contraire: « ravaler la monnaie au rang des marchandises! »
      Tout ce qu’il proposait comme monnaie (franche =Freigeld en allemand) et que j’appelle monnaie anticrise, ne veut que ça! Rendre l’échange enfin équitable sur un plan formel!
      Dans le détail, cela n’implique pas un changement des rapports de prix, car ceux-là, au contraire, deviendront très stables avec la monnaie anticrise, mais cela implique une circulation constante et impeccable de la monnaie.
      Je rappelle que la monnaie n’est monnaie que circulante!
      Dès que la monnaie quitte la circulation (thésaurisations), elle n’est plus, en toute rigueur (gesellienne), « monnaie », mais devient une chose!

  2. A NINGUNOTRO
    relisez le texte que j’ai traduit d’Helmut Creutz, il vous l’explique!
    Que l’on cesse de vouloir nier les faits qu’Helmut et moi-même ne cessons de rappeler!
    François Leclerc et Paul Jorion les énumèrent tout aussi bien , mais ils ne sont pas (encore) tombés suffisamment dans le « bain gesellien », mais ça viendra nécessairement!

    1. Vous n’arrivez pas à me convaincre, Johannes. Il est inutile de savoir ce qu’est l’argent si on ne le relationne pas avec la connaissance de ce que sont les hommes. L’argent est un instrument, et c’est la volonté des hommes qui en define l’usage. Il n’est point utile de changer d’instrument tant qu’il ne change pas de volonté, il utilisera n’importe quel substitut pour vouloir arriver au même but.

  3. Après ma question sur le point de vue de JC Werrebrouck, et comprenant l’origine de sa remarque comme de celle
    de Francois Leclerc,i.e la prise en garanties d’obligations d’Etat japonaises, rappeler que la dette japonaise est détenue seulement à hauteur de 10% par des non-Japonais, 50% est détenue par des entités du secteur public, le reste par les banques et les particuliers.Par contre,plus inquiétant, le montant d’obligations émises en 2009 selon les intentions du nouveau gouvernement, sera supérieur au montant des recettes fiscales 2009…
    Par ailleurs on apprend aujourd’hui que des 517 mds d’euros mis à disposition des banques par la BCE à ce jour en 2009, en parralèle du ‘garage’ dans les coffres de la BCE à Francfort d’une partie des fonds empruntées, selon un analyste de Fortis, les sommes empruntées par les banques par ce biais et ‘utilisées’ auraient été pour l’essentiel consacrées à l’acquisition d’obligations d’Etat-sic. Répudiation ?

  4. Lisez cet article hilarant :

     » Contre toute attente, l’activité dans le secteur des services aux Etats-Unis s’est contractée en novembre, d’après l’Institute for Supply Management (ISM).

    Celui-ci a dévoilé un indice ISM non manufacturier de 48,7, contre 50,6 en octobre, alors que les analystes anticipaient plutôt une légère progression de l’indice.

    Un indicateur ISM à moins de 50 indique une contraction du secteur tertiaire : plus il est bas en dessous de ce seuil, plus cette baisse est forte.

    Par composante, celles de la production a chuté de 5,6 points à 49,6 et celle des nouvelles commandes, de 0,5 point à 55,1, alors que celle de l’emploi s’est améliorée de 0,5 point à 41,6.  »

    http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=5516cdaad3fbc5adf67bf2551de15d10

    Contre toute attente, voici encore un mauvais chiffre pour les Etats-Unis.

    Contre toute attente, les analystes ont encore tout faux.

    Contre toute attente, la crise n’est pas finie.

    Contre toute attente, etc.

  5. Une seule image me vient à l’esprit, celle du vélo, voilà à quoi se résume notre système actuel, si le vélo s’arrête, il tombe. Et on peut nommer la personne qui pédale : cavalerie car ce n’est pas l’économie réelle qui fait rouler le vélo mais bien l’imagination financière qui déplace de A à Z en passant par M en revenant à A pour repartir à S les mêmes sommes qui chaque fois augmentent sans que la valeur des biens réels ou les revenus d’activités réelles ne soient pour autant en rapport…

    Aligner la finance sur l’économie réelle c’est détruire la valeur virtuelle que celle ci a délibérément fabriqué, qui aura le courage de le faire pour repartir sur des bases saines et sortir de cette impasse de trilliards et misère ?

  6. ningunotro écrit ceci:
    « Vous n’arrivez pas à me convaincre, Johannes. Il est inutile de savoir ce qu’est l’argent si on ne le relationne pas avec la connaissance de ce que sont les hommes. L’argent est un instrument, et c’est la volonté des hommes qui en define l’usage. Il n’est point utile de changer d’instrument tant qu’il ne change pas de volonté, il utilisera n’importe quel substitut pour vouloir arriver au même but. »

    Réponse jf:
    Que peut la « volonté » face la volonté de ne rien vouloir savoir ni comprendre qui semble être la vôtre?
    Justement, penser la monnaie comme une création et une conception humaine permet de la concevoir autrement, de telle façon que’elle puisse réellement fonctionner!
    Car, quelle que soit la « volonté » des hommes, la monnaie actuelle que la BC « veut » voir circuler sans problèmes circule très mal!
    Mais pour en convenir, il faut avoir sans doute un peu plus d’imagination que votre moralisme!

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