Archives par mot-clé : élections départementales en France

Un répit de neuf mois : le temps d’accoucher d’un monstre ou d’espérances, par Zébu

Billet invité.

« Finalement, cela aurait pu être pire … Accélérons les réformes (quitte à lâcher un peu de lest) ! »

La tentation de l’exécutif pourrait se voir résumée entièrement en cette phrase fictive, car si défaite il y a, une défaite sévère, la débâcle fut évitée : en lieu et place de ne conserver ‘que’ 20 départements, le PS et ses alliés en conservent quand même une trentaine (en attendant le ‘troisième tour’).

Mieux, certains ‘frondeurs’ comme M. Guedj ont été mis sur la touche dans le département de l’Essonne et le pouvoir tout virtuel de Martine Aubry a été remis dans sa perspective locale-localiste, avec la perte du département du Nord par le PS.

C’est avec ces éléments que l’exécutif se présentera au congrès de juin du PS, arguant avoir pesé dans la bataille de tout son poids (c’est le credo de M. Valls) pour freiner un mouvement qui ne pouvait être évité ‘les élections intermédiaires sont toujours néfastes au pouvoir en place’), arguant aussi que les ‘frondeurs’ et les contestataires de tous poils, au sein du PS comme sur sa gauche, n’ont pas su démontrer qu’ils incarnaient une alternative non seulement crédible mais aussi existante au plan électoral. Et comme un remaniement gouvernemental interviendra entre-temps, intégrant des écologistes qui ne veulent rien tant qu’un maroquin avant la grande débandade et sans que leur parti EELV ne puisse s’y opposer, l’exécutif pourra alors y présenter le visage fané de l’exercice du pouvoir national mais élargi en façade pour y apposer un plus grand sourire de circonstance.

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DÉSAVEU ! (Non, je plaisante bien entendu !)

Ouvert aux commentaires.

Dans la période de consensus mou qu’ouvrit la chute du mur de Berlin, les enjeux de société devinrent obsolètes et les partis dits « de gouvernement » se mirent à appliquer à quelques nuances près, une politique unique.

Les jeunes énarques et autres personnes fraîchement émoulues des grandes écoles se mirent, en toute logique, à jouer à pile ou face le choix devenu pratiquement indifférent de faire carrière à droite ou à gauche.

Les plates-formes des partis se muèrent en jeux de langage sans conséquences, ressassant par habitude une rhétorique issue de la tradition, recyclant de manière inoffensive des mots qui avaient autrefois eu un sens.

Ceux qui défendaient ces plates-formes en période électorale n’y accordaient plus la moindre attention une fois élus : les problèmes étaient qualifiés de « techniques » et leur solution ne relevait plus d’hommes ou de femmes d’État, mais d’« experts » émargeant directement ou indirectement au budget d’un établissement financier.

Dans la représentation que s’en faisaient les élus, les élections n’étaient plus qu’un rituel visant à les reconduire périodiquement aux mêmes postes. Ne pas être réélu était un accident dû à « pas de chance » car, comme le dit la chanson : « Ce n’est pas ma faute mais celle du public qui n’a rien compris ! ».

Dans un contexte où n’existait plus qu’une seule manière de diriger les affaires du pays, la notion même que des élections perdues pouvaient signifier le désaveu d’une politique, fut rangée au magasin des accessoires.

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C’est en klaxonnant qu’on devient klaxonneur, par Zébu

Billet invité.

Manuel Valls nous l’avait pourtant bien dit : il avait peur.

Peur pour la France, peur du FN, peur du fracas de l’une sur l’autre (comme quoi, la France, hein, c’est plus ce que c’était …, ou alors le FN, c’est vraiment du costaud). Et le Premier Ministre de klaxonner partout où il passait, des fois qu’on ne l’aurait pas entendu dans nos campagnes (électorales).

De sorte que le soir du 22 mars, il pouvait tout à la fois déclamer son ‘je vous l’avais bien dit !’ et dans le même temps susurrer combien ce n’était pas si pire que ce qu’on avait bien voulu laisser entendre, le ‘on’ l’excluant bien évidemment.

Il nous avait pourtant bien semblé avoir entendu M. Valls s’écraser pesamment sur le même klaxon …

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