Archives par mot-clé : élections européennes de 2014

Élections européennes : qui doute encore de l’extraordinaire stabilité de l’euro ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

S’il reste interdit de faire la différence entre la réalité du discours et le discours sur la réalité, alors c’est sûr, le rêve de l’Europe est mort aux dernières élections. La diversité des idées représentées dans le nouveau parlement ne paraît plus compatible avec une ligne politique européenne claire dans le chaos économique et financier actuel. L’avenir de l’Union Européenne et de la zone euro dépend désormais d’un choix d’interprétation : s’il n’existe pas d’intérêt général européen qui puisse être commun à tous les intérêts rassemblés dans l’Union, alors les rapports de force particuliers achèveront l’anéantissement du vivre ensemble européen.

Les europhobes et eurosceptiques arrivent en tête des élections dans beaucoup de pays. Ces députés étiquetés anti-européens et nationaux populistes, ne pourront pas peser au Parlement Européen s’ils cherchent à imposer des intérêts nationaux particuliers. Les « pro-européens » gardent la majorité ; mais comme ils sont maintenant contrariés par une forte minorité d’intérêts nationaux lésés, le Parlement Européen ne pourra de fait plus rien dire, ni plus rien faire, s’il ne fait pas émerger un intérêt spécifiquement européen à faire coexister la diversité des natures d’intérêt. Sans un vrai cadre politique, le marché unique disparaitra.

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Et l’Europe dans tout cela ? par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

S’agissait-il vraiment d’élections européennes ? On pouvait en douter à l’écoute des débats qui en ont suivi l’annonce des premiers résultats sur France 2.

En effet, ce qui est remarquable est qu’il n’a pratiquement pas été question de l’Europe ! Il a été question de la réponse que pourraient – ou plutôt ne pourraient pas – apporter l’actuel Président de la France et sa majorité au désaveu des électeurs, un peu de ce que ferait le Front National – mais peu car il s’agissait avant tout de prendre la dimension du signal qu’il donnait –  et des problèmes de l’UMP. Mais de l’Europe, il n’était point question. Comme s’il s’agissait d’une élection « nationale » de plus. L’Europe, une fois de plus, n’existait pas.

Ceci est significatif de la façon dont on traite, depuis maintenant plusieurs années en France – plus précisément, après le NON au référendum sur le « Traité Constitutionnel » -, la question européenne. De peur de réactiver les clivages redoutés, on préfère faire comme si l’Europe n’existait pas. Et ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne l’équipe actuelle au pouvoir. En témoigne ce que l’on peut qualifier d’absence de préparation véritable de cette élection européenne  avec, en particulier, l’absence de retransmission sur une chaîne de grande écoute du seul vrai débat à l’échelle européenne entre les prétendants à la Présidence de la Commission de Bruxelles, même si les pouvoirs publics ont tenté de rattraper leur retard dans l’information du public – comment expliquer que les documents présentant les listes des candidats à la députation européenne soient, pour certains d’entre eux, arrivés seulement l’avant-veille du scrutin ? –  par l’accumulation des messages et des annonces sur les organes d’information au cours des deux dernières semaines.

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Les sept raisons européennes d’un cri de colère, par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Également ici.

Le résultat des élections européennes promettait d’être sévère pour les partis traditionnels dans l’ensemble de l’Europe. Il est au-delà de tout ce qui avait été anticipé. C’est un vrai cri de colère qu’ont exprimé les peuples européens. Ici même, ce vote protestataire n’est pas celui d’une France peureuse et conservatrice, il est celui de la France des ouvriers, des agriculteurs, des artisans, des jeunes de moins de trente-cinq ans, de la France qui veut travailler et qui souffre. La campagne qui vient de se dérouler a mis en évidence au moins sept raisons pour lesquelles les dirigeants européens doivent de toute urgence corriger la trajectoire de leur politique :

1/ L’austérité pour seul horizon. Depuis le printemps 2010, les dirigeants européens ont décrété que la zone euro faisait face à une crise de la dette publique de grande ampleur alors même que dans tous les pays en difficulté, sauf en Grèce, la crise est venue d’un excès de dette privée. En faisant une erreur de diagnostic et donc de thérapie, les dirigeants européens conduisent l’Europe dans une impasse, celle de la croissance zéro et d’un chômage des jeunes absolument indigne.

2/ Le corset de l’euro. La campagne électorale a permis de sortir du débat stérile autour de l’affirmation traditionnelle « être contre l’euro, c’est être contre l’Europe ». Le débat est enfin venu sur le terrain économique. Il va se poursuivre. Si l’on veut que l’euro cesse d’attiser les divisions, il faudra réformer son système monétaire, introduire de la flexibilité, autoriser une révision des parités nationales tout en maintenant l’euro comme monnaie d’échange à l’extérieur.

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L’allocution de M. Hollande, président de la République française, le lundi 26 mai à 20h

J’écrivais hier soir au moment où les résultats en France des élections européennes ont été connus :

La question que tout le monde se pose : les 14,3 % des suffrages exprimés obtenus par le Parti Socialiste / Radicaux de Gauche, vont-ils être interprétés par M. Hollande comme un désaveu de sa politique, ou comme la confirmation qu’il est engagé dans la bonne direction ?

M. Hollande vient de s’adresser aux Français. Son verdict est clair et ma seconde hypothèse s’avère être la bonne : il considère être engagé dans la bonne direction.

Bien sûr il est réaliste et est conscient qu’il lui faudra sortir un joker. Il nous en a révélé l’identité ce soir : « L’amour de la France ».

J’ai rappelé dans une chronique du journal Le Monde les propos d’Arnold Toynbee selon qui « Les civilisations ne meurent pas assassinées, elles se suicident ». Mais, très prudent, Toynbee n’avait pas spécifié qu’elles seules succombent à l’apoptose, encore appelée « mort cellulaire programmée », quand la cellule entame son autodestruction parce qu’elle reçoit des messages chimiques signalant la mort inévitable de l’organe auquel elle appartient.

Une telle évolution vaut en effet parfois mieux pour tout le monde. Le seul désagrément c’est que, dans les expérimentations sans lendemain, ce sont toujours les plus démunis qui sont réquisitionnés pour jouer le rôle de bouclier humain. Mais comme, par définition, ils comptent moins que les autres, qui voudra s’en soucier ? Un pape idéaliste peut-être ? Qui n’a pas encore compris « comment les choses marchent vraiment » ?

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LA PROPAGATION DE L’ONDE DE CHOC, par François Leclerc

Une discussion à ce sujet aura lieu cet après-midi. Les commentaires seront ouverts entre 16h et 18h sur la page Les débats du blog de Paul Jorion, précisément ici.

Billet invité.

Dans toute l’Europe, un fort rejet des partis de gouvernement et de leur politique s’est traduit dans les urnes, illustré au mieux par le recul conjoint du PSOE et du PPD espagnols. Fait seule exception le Parti démocrate italien, sans doute en raison de la politique offensive de Matteo Renzi qui réclame son assouplissement.

Du côté des formations qui en bénéficient, la progression du FN en France et de l’UKIP éclipse les scores de Syriza – devenu premier parti et emportant au passage la région Athènes – d’un Mouvement des 5 étoiles malgré tout installé à la seconde place en Italie, et de la nouvelle formation Podémos (Nous pouvons) issue du mouvement des indignés, qui recueille 8% des suffrages espagnols. La grille d’analyse opposant défenseurs de l’Europe et populistes eurosceptiques est réductrice, accréditant une opposition entre défenseurs et destructeurs de l’Europe qui évite d’aborder le sujet de la politique préconisée par les premiers et rejetée par les seconds. Une esquive rendue possible par l’absence d’une alternative. Faute d’une issue alternative claire et crédible au désastre engagé, le repli national et la sortie de l’euro qui le symbolise sont au cœur des tentations.

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RÉSULTATS DES ÉLECTIONS EUROPÉENNES : FINALEMENT CE N’EST PAS TRÈS DIFFICILE À INTERPRÉTER !

Une discussion à ce sujet aura lieu cet après-midi. Les commentaires seront ouverts entre 16h et 18h sur la page Les débats du blog de Paul Jorion, précisément ici.

Ben non, ce n’est pas très compliqué parce que voyez vous-même : les Italiens sont devenus socialistes et populistes, les Grecs sont devenus communistes, les Britanniques populisto-isolationnistes, et les Français, tout comme les Danois d’ailleurs, sont devenus fascistes.

Quant au parlement européen lui-même, là aussi les choses sont claires : belle victoire pour la droite puisque les socialistes et les libéraux reculent, et belle victoire pour la gauche puisque la droite et les libéraux reculent !

Faut-il continuer le raisonnement pour prouver qu’une interprétation des élections européennes en termes de partis politique n’a aucun sens ?

Alors que s’est-il passé en Europe ? Il y a eu un vote massif (y compris de ceux qui ont voté en restant chez eux) contre l’austérité, contre les gouvernements mondiaux non-élus (Fonds monétaire international, Commission européenne, TAFTA, NSA, transnationales et tutti quanti) et en fait contre l’ultralibéralisme sous toutes ses formes, que celui-ci soit représenté par des libéraux fiers de l’être, par des conservateurs de tout poil ou par des partis socialistes de droite.

Les Européens n’ont pas voté pour des partis : ils ont voté pour des personnalités. Quelles personnalités ? C’est très simple : celles les plus susceptibles dans leur propre pays d’aller taper du poing sur la table et d’aller expliquer pourquoi elles tapent sur la table dans un discours cohérent (les adeptes de la colère pour la colère ont également pris une raclée). Et dans tel pays cette personnalité est d’extrême-droite et dans tel autre d’extrême-gauche, apolitique au sens « gauche / droite », ou que sais-je encore, cela n’a aucune importance : ceux qui sont allés voter sont allés voter pour la capacité à taper du poing sur la table et à dire clairement pourquoi.

Mon influence personnelle dans ce qui s’est passé hier se situe à un endroit difficile à préciser entre le nul et l’insignifiant. Faut-il pour autant que je cache ma satisfaction que les électeurs européens ont fait ce que je leur suggérais de faire ? À savoir envoyer à Strasbourg et à Bruxelles le maximum de parlementaires qui répéteront inlassablement et avec force : « Non et non, et encore non ! » aux prêtres de la religion féroce qui nous gouverne et dont nous ne voulons pas, et ceci, jusqu’à ce que le message passe ! Les électeurs de toute l’Europe l’ont fait, et à leur manière aussi, les abstentionnistes. Bravo !

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 16 MAI 2014

Sur Dailymotion, c’est ici.

Bloomberg : Lagarde Cancels Smith College Address After Anti-IMF Petition

Blog de PJ : Les contaminés de la pensée unique

Blog de PJ : Parlement européen, Comité pour les affaires économiques et monétaires, le mardi 5 novembre 2013

Blog de PJ : Les prêtres d’une religion féroce

Le Monde : Natalie Nougayrède démissionne de son poste de directrice du « Monde »

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LE YÉTI : « Je ne participerai pas aux prochaines élections européennes, sauf si… »

Le Yéti, dans son « Je ne participerai pas aux prochaines élections européennes, sauf si… » sur Rue89, salue au passage mon initiative « Le Grand Œuvre : une autre Europe, vite ! »

Cela commence ainsi :

Nous voici donc partis pour la huitième campagne des élections européennes. Comme les précédentes, celles-ci sont totalement dépourvues d’intérêt. Le Parlement européen n’a strictement aucun autre rôle que de fournir une vague façade démocratique à une organisation qui ne l’est en rien.

La suite peut se lire ici, ou bien .

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 6 SEPTEMBRE 2013

Sur YouTube, c’est ici.

« Le Grand Œuvre : une autre Europe, vite ! »

La zone euro a été créée grâce à des pratiques mafieuses
Les élections européennes de 2014

La question de la représentation

Les élus sont obsédés par leur réélection
La nomination par tirage au sort ajoute un problème supplémentaire : celui de la compétence
Le mandat non-renouvelable comme solution ?
Des gouvernements de « techniciens » ?
Les « techniciens » sont des femmes ou des hommes d’affaires dont l’obsession est de devenir la personne la plus riche du monde
– John Maynard Keynes, The Economic Consequences of the Peace (1919)
Autre obsession des politiques : changer les règles pour être élus à vie

Comprendre comment les décisions sont véritablement prises

– Le Blog de PJ : À nouveau au seuil d’une guerre mondiale, le 28 août 2013
La volonté et l’intention sont des reconstructions a posteriori
– Paul Jorion, Principes des systèmes intelligents (1989 ; 2012)

Géopolitique

L’indécision relative à une réforme de la finance et à la situation en Syrie révèle peut-être une prise de conscience de la manière dont nous fonctionnons vraiment

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« Le Grand Œuvre : une autre Europe, vite ! »

Je lance aujourd’hui sur le blog une nouvelle rubrique intitulée comme vous venez de le voir : « Le Grand Œuvre : une autre Europe, vite ! »

L’Europe qui est aujourd’hui la nôtre est un mauvais rêve : le cauchemar né de l’imagination d’une embarrassante coterie de marchands de soupe.

Au début de cette année j’ai été invité au château du Val Duchesse à Bruxelles. Assis dans un énorme fauteuil Louis XIII dans la salle où est née en 1957 la CEE (*), il m’était demandé dans le cadre d’une série télé intitulée « Le chagrin de l’Europe », ce qui avait mal tourné, vraiment très mal tourné.

Ce n’est pas aujourd’hui au sein des parlements que s’opère le Grand Tournant, et jusqu’ici en tout cas, encore moins au sein du Parlement européen. Des élections européennes auront lieu en mai 2014, et l’on parlera d’ici-là de l’Europe. Le blog participera au débat, pour l’infléchir dans le bon sens, pour œuvrer à la naissance d’une autre Europe, vite ! Celle que nous avons maintenant nous fait honte.

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(*) Sous, en particulier, l’œil sceptique de mon propre père à qui j’emprunte – et pas seulement par piété filiale – la caractérisation des pères de l’Europe comme « marchands de soupe ».

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