Archives par mot-clé : Elections

L’ALLEMAGNE VIRE À DROITE ! par François Leclerc

Billet invité.

La crise politique européenne n’épargne pas l’Allemagne. Le SPD est en échec avec 21% des voix et annonce qu’il retourne dans l’opposition, l’AfD d’extrême-droite pavoise avec 13%. Angela Merkel n’a comme seule issue de bâtir une coalition avec le FDP (10%) et les Verts, annonçant de longues tractations, car la participation de ces deux derniers qui s’opposent régulièrement est indispensable pour constituer une majorité gouvernementale au Bundestag. Si elles n’aboutissaient pas, de nouvelles élections devraient intervenir.

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S’IL NE S’AGISSAIT QUE DE LA GRÈCE… par François Leclerc

Billet invité.

Au Royaume-Uni, les sondages prédisent une forte percée du SNP, le parti nationaliste de gauche écossais, lors des élections législatives du 7 mai prochain. Elle se fera au détriment des travaillistes et rendra nécessaire un accord politique entre les deux partis qui ne se dessine pas pour le moment, si le leader du Labour Ed Miliband veut devenir premier ministre. L’éclipse présente du bipartisme au Royaume-Uni pourrait donc se renforcer encore.

Ce phénomène ne lui est pas propre et va également atteindre l’Espagne, mais ce ne seront pas les Catalans qui joueront les trouble-fêtes lors des prochaines législatives de décembre prochain au plus tard. Deux nouveaux venus, Podemos et Cuidadanos, sont appelés à considérablement renouveler les Cortes. Le dernier sondage donne 24% des votes au Partido Popular et 19% au PSOE, tandis que Podemos est crédité de 20% et Cuidadanos de 18%. Le jeu se joue désormais à quatre et les préférences des Espagnols iraient vers une coalition PSOE-Podemos, un attelage peu vraisemblable à la tête duquel Pablo Iglesias serait le premier ministre… Les nouveaux venus qui font feu de tout bois contre la corruption font à eux deux jeu quasi égal avec les partis de gouvernement. Parallèlement, la crise avec la Catalogne se poursuit, en dépit d’un projet de référendum sur l’indépendance avorté.

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UN PAS EN ARRIÈRE, DES PAS EN AVANT, par François Leclerc

Billet invité.

Le commissaire européen Jyrki Katainen a cru bon de préciser que la décision finale de la Commission relative aux budgets français et italien 2015 n’était pas prise, suite aux soupirs de soulagement qu’avaient laissé échapper ceux qui pensaient être tirés d’affaire. Des ajustements devront encore être négociés, mais il semble néanmoins que la décision politique d’absoudre les gouvernements français et italien a été prise par la Commission sortante, laissant à la suivante le soin d’en gérer les conséquences ! Clé de voute d’une stratégie qui ne peut être appliquée, le pacte fiscal en sort émoussé, premier encouragement à s’y opposer en attendant la suite.

Ce sont sans doute moins les capacités de persuasion des responsables de ces deux pays qui sont à l’origine de cette mansuétude, distillée par petites doses pour en atténuer la portée, que la dégradation de la situation européenne sur tous les terrains, économique, social et politique. Avec une mention particulière à la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Un vent de révolte monte en effet dans ce dernier pays, que Matteo Renzi transpose en multipliant les incartades vis-à-vis de Bruxelles, et qui va se traduire par une grève générale. Comme en France, des protestations virent au drame en raison d’une violence policière qui n’est pas contenue, la dernière en date en face de l’ambassade d’Allemagne à Rome à la suite de licenciements dans une usine du groupe ThyssenKrupp.

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Un fléau qui ne nous affligerait que depuis vingt ans ?, par Zébu

Billet invité.

La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire, pendant cinq ans. Elle est action continuelle du citoyen, non seulement sur les affaires de l’État, mais sur celles de la région, de la commune, de la coopérative, de l’association, de la profession. Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernants (quels que soient les principes dont ils se recommandent), les corps organisés, les fonctionnaires, les élus, en butte aux pressions de toutes sortes de groupes, sont abandonnés à leurs propres faiblesses et cèdent bientôt soit aux tentations de l’arbitraire, soit aux routines et aux droits dits acquis. Le mouvement, le progrès ne sont possibles que si une démocratie généralisée dans tout le corps social imprime à la vie collective une jeunesse constamment renouvelée. La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps. Pierre Mendès France, La République moderne, 1962

Un fléau qui ne nous affligerait que depuis vingt ans ?

Plutôt depuis des centaines, des milliers d’années sans doute …

Ceux-ci ? Ils ont le même visage que ceux qui soutiennent telle autre faction dans la « lutte pour le pouvoir ».

J’ai eu la chance (je pense que c’est une chance) de voir ce phénomène à l’œuvre de l’intérieur, d’assister par erreur à des réunions auxquelles je n’aurais pas dû assister. Et si l’on saisit bien la chose, de comprendre que c’est ainsi partout et depuis toujours.

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FRONT RÉPUBLICAIN ET ALÉA MORAL

L’éditorial du Monde est intitulé Contre le FN, le front républicain s’impose et se conclut par ces quelques phrases emplies de raison apparente :

« Quoi qu’il en coûte aux uns ou aux autres, le front républicain reste donc la seule riposte contre ce parti rétrograde [le Front National], nationaliste et xénophobe. Sans quoi, droite comme gauche n’y perdront pas seulement des élections, mais aussi leur âme. »

Il a beaucoup été question récemment d’aléa moral : de l’incitation négative qu’il y aurait à assurer les pays en difficulté de la zone euro que les autres membres du club feront tout ce qu’il faut pour les sortir d’affaire quoi qu’il arrive. Ceci les encouragerait à se désintéresser des efforts qu’il leur faut consentir pour améliorer leur sort par leurs propres moyens. Dans le même ordre d’idées, les experts auto-proclamés en matière d’assurance ne manquent pas pour affirmer qu’un conducteur assuré conduira avec davantage de désinvolture, ou en matière d’emploi, pour expliquer doctement que les allocations de chômage découragent les chômeurs de tenter de retrouver du travail.

L’argument est spécieux dans la plupart des cas où il est invoqué. Il n’empêche qu’il n’est jamais entièrement dénué de validité et qu’il y a toujours dans l’invocation de l’aléa moral, un petit fonds de vérité. Voici ce qu’elle donne, appliquée au cas du front républicain : « Pas étonnant que les partis de la majorité et de l’opposition (à l’exception de celui explicitement visé) se comportent de la manière qu’on observe puisque l’option du front républicain permettra toujours à l’un d’entre eux de sauver la mise, quelle que soit la médiocrité de la performance qu’on leur voit aujourd’hui. »

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Parrhèsia, par Panagiotis Grigoriou

Billet invité. Le blog de Panagiotis Grigoriou est greek crisis

Pour Cornélius Castoriadis, notre société n’est pas une démocratie, mais une oligarchie dominée par la bureaucratie des partis, et suivant ce même motif, les élections sont une illusion de choix, car nous sommes tellement loin de la parrhèsia, cette obligation de dire franchement ce que l’on pense à propos des affaires publiques. Mais en 2012, nous sommes plutôt dominés par la bureaucratie des « guichets automatiques ». Est-ce un vrai changement déjà ?

Les élections relèveraient de la mascarade, sauf que pour une (dernière ?) fois, le personnel politique des pays de l’Union Européenne, finira par faire preuve de parrhèsia, car il n’aura guère le choix, et c’est pour bientôt. Et nous tous désormais, sachant que « nos » élections auront enfin un ultime sens avant leur probable suppression, une fois n’est pas coutume, agissons aussi en votant. Je ne commenterai pas directement le dernier scrutin en France, ce n’est pas de mon ressort je pense, publiquement en tout cas. J’ai lu avec la plus grande attention les analyses de la presse française, ainsi que les contributions sur le blog de Paul Jorion, et ainsi je peux me permettre une petite réflexion sur l’air du temps européen, ressenti, depuis les collines d’Attique. À travers les rencontres dans les cafés, les retrouvailles lors des manifestations politiques, les nouvelles depuis les îles de l’archipel Égéen, celles aussi tout autant contrastées, nous voilà enfin témoins des plus belles incertitudes jamais pressenties en Grèce, depuis la fin de la Guerre Civile. Elles courent déjà sur les plages, ou dans le métro, elles sont partout si on prend soin d’observer et surtout d’écouter les gens. Ainsi, le contraste devient saisissant, lorsqu’on passe d’un milieu social à un autre, et cette « baignade sociale » fait alors subir bien des écarts dans les températures. Comment par exemple, faire comprendre à certaines personnes au parti de gauche SYRIZA rencontrées samedi soir lors d’un diner politique (voir le billet du 23 avril sur mon blog), que leur perception du syllogisme (par définition) commun, ne risque pas de rencontrer celui des jeunes gens, à l’assaut des plages et des guinguettes dimanche midi, sous une « musique » d’ailleurs assez abrutissante, à mon goût, y compris pour le sens politique.

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ET SI ON ESSAYAIT PLUTÔT LA DÉMOCRATIE ?, par Olivier Berruyer

Article presslib’ invité*

« La droite a gagné les élections. La gauche a gagné les élections. Quand est-ce que ce sera la France qui gagnera les élections ? » [Coluche]

Lors des dernières élections, Paul a souligné dans un billet le problème posé par le manque de représentativité des institutions, ce qui participe à la survenue probable d’un nouveau 1789.

Analysons ainsi plus en détail le vote moyen des Français aux 3 dernières élections nationales (Européennes 2009, Régionales 2010, Cantonales 2011) :

On constate ainsi que sur 100 Français adultes :
• 15 ne se sont pas inscrits sur les listes électorales ;
• 37 sont allés voter ;
• 8 ont voté pour l’UMP, “LE parti majoritaire” ;
• 9 ont voté PS, “LE parti d’opposition”.

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