Parrhèsia, par Panagiotis Grigoriou

Billet invité. Le blog de Panagiotis Grigoriou est greek crisis

Pour Cornélius Castoriadis, notre société n’est pas une démocratie, mais une oligarchie dominée par la bureaucratie des partis, et suivant ce même motif, les élections sont une illusion de choix, car nous sommes tellement loin de la parrhèsia, cette obligation de dire franchement ce que l’on pense à propos des affaires publiques. Mais en 2012, nous sommes plutôt dominés par la bureaucratie des « guichets automatiques ». Est-ce un vrai changement déjà ?

Les élections relèveraient de la mascarade, sauf que pour une (dernière ?) fois, le personnel politique des pays de l’Union Européenne, finira par faire preuve de parrhèsia, car il n’aura guère le choix, et c’est pour bientôt. Et nous tous désormais, sachant que « nos » élections auront enfin un ultime sens avant leur probable suppression, une fois n’est pas coutume, agissons aussi en votant. Je ne commenterai pas directement le dernier scrutin en France, ce n’est pas de mon ressort je pense, publiquement en tout cas. J’ai lu avec la plus grande attention les analyses de la presse française, ainsi que les contributions sur le blog de Paul Jorion, et ainsi je peux me permettre une petite réflexion sur l’air du temps européen, ressenti, depuis les collines d’Attique. À travers les rencontres dans les cafés, les retrouvailles lors des manifestations politiques, les nouvelles depuis les îles de l’archipel Égéen, celles aussi tout autant contrastées, nous voilà enfin témoins des plus belles incertitudes jamais pressenties en Grèce, depuis la fin de la Guerre Civile. Elles courent déjà sur les plages, ou dans le métro, elles sont partout si on prend soin d’observer et surtout d’écouter les gens. Ainsi, le contraste devient saisissant, lorsqu’on passe d’un milieu social à un autre, et cette « baignade sociale » fait alors subir bien des écarts dans les températures. Comment par exemple, faire comprendre à certaines personnes au parti de gauche SYRIZA rencontrées samedi soir lors d’un diner politique (voir le billet du 23 avril sur mon blog), que leur perception du syllogisme (par définition) commun, ne risque pas de rencontrer celui des jeunes gens, à l’assaut des plages et des guinguettes dimanche midi, sous une « musique » d’ailleurs assez abrutissante, à mon goût, y compris pour le sens politique.

Pourtant, ces écarts dans les « températures », vont se croiser dans les urnes le 6 mai prochain lors des législatives. Et il en sortira du « chaud », du « froid » ou du « tiède », et de toute manière, il y aura parousie des sables mouvants et autres démons et merveilles, vents et marées (pour paraphraser le poète), balayant sans doute un certain constructivisme du fait politique. Les analystes sur ce blog, (de Paul Jorion) ont pu comprendre, ce que de nombreux « politiques » font encore semblant d’ignorer. À savoir, le questionnement sur l’Union Européenne désormais posé, celui concernant les nations européennes aussi, par la même occasion. Comme l’extrême droite occupe ce terrain pratiquement seule (sur cette question), elle suit ainsi le sens dans l’opportunité créatrice du moment historique. Si de surcroit, elle demeurera encore longtemps seule sur ce « modernisme », elle finira par saisir cette opportunité totalement, car je ne pense pas que le vide structurel de ce que je nomme « la bancocratie » (pour aller vite) va tenir encore trop longtemps, à moins que ce ne soit sous une forme de dictature « ouverte », celle des technocrates des banques, ce qui ne me paraît pas impossible non plus, nous y sommes presque en Grèce.

Bien que brouillée depuis Athènes, nous avons désormais une assez belle vue sur les matériaux du passé, à défaut d’en avoir une autre, plus claire sur ceux de notre avenir. C’est ainsi que nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir nous détacher complétement de l’Union Européenne, et pas seulement de l’Euro. Je sais que pour le moment cette idée rencontre, outre la propagande ambiante, les vraies peurs chez les gens, mais après tout, on préfère croire au chaos, plutôt qu’à Bruxelles. Alors, après avoir consommé un café sous le temple de Poséidon au Cap Sounion, et avec le recul généré par le « chronotopisme » de l’endroit, nous nous disons entre nous, Grecs en âge de voter depuis un moment déjà, que la question du jour d’après (pas encore celle des élections du 6 mai), sera en somme pratiquement « simple » (en apparence en tout cas) : qui organisera ce chaos en premier, l’extrême méta-droite, ou une forme de méta-gauche ? En attendant, nous avons la « dette totale » qui nous… occupe.

 

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48 réflexions sur « Parrhèsia, par Panagiotis Grigoriou »

  1. Voilà, c’est tout à fait juste.
    Merci pour votre blog, et bon courage. Vous allez encore en avoir besoin, je le crains.

  2. Intéressant.
    Qui profiterait d’une balkanisation à grande échelle de l’Europe ?
    Microcosme et macrocosme : voici venu le temps des Nations-SDF.
    Voir aussi (pardon pour la redite) :

    Eurovégas, future zone de non-droit… Pour réaliser en Espagne son projet d’EuroVegas – un gigantesque complexe dédié au jeu – le milliardaire américain Sheldon Adelson a transmis aux autorités espagnoles sa liste d’exigences : exemption de la TVA, des impôts sur le jeu, des cotisations sociales, réforme du code du travail, régime légal dérogatoire durant 30 ans, subventions européennes, don des terrains, autorisation de jeu pour les mineurs, autorisation de fumer dans les bâtiments, etc … http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3232

    1. Near the end of a society or civilization, they typically become very corrupt. Either the government runs the businesses or the businesses run the government.

      Marc Faber/ Avril 2012

  3. Bien vu, belle analyse, et encore, qu’aurait pensé C. Castoriadis de la situation actuelle.
    Oui, il me semble que le vrai clivage (déjà en 2005) n’est plus droite – gauche, mais souveraineté populaire ou technostructures des prédateurs sous couvert d’Union Européenne.
    Laquelle technostructure s’accommoderait très bien d’une régression massive des acquis sociaux du XXé siècle. (cf la Chine ou l’Inde)
    Au fond il semblerait que l’Europe n’intéresse plus vraiment les investisseurs mondialisés. Renault par exemple est fier d’avoir obtenu une perspective d’investissement pour sa voiture électrique en Chine, en se donnant au passage un vernis écolo.
    Sauf que les chinois ont de bonnes raisons de développer ce mode transport car ils anticipent la raréfaction du pétrole et ils investissent donc dans la voiture à charbon.
    Hé oui, car du charbon il y en a pour 4 ou 5 siècles (dont pas mal en Chine), et l’énergie primaire pour la voiture électrique – en Chine – c’est le charbon. Pour le réchauffement climatique, on verra plus tard.
    Mais, est-ce qu’un débat démocratique sur ce type de sujet est encore possible ? En Chine certainement pas, mais chez nous, en Europe ? Pas davantage ?
    La technostructure oriente et commande nos choix pour l’avenir, lequel est obéré par la nécessité du profit à court terme.
    Pour la Grèce, l’avenir, c’est le tourisme bétonné apparemment.
    Il n’y a qu’a demander aux espagnols; il paraît qu’ils sont fort dans le béton.

    1. @ MerlinII

      Vous écrivez :
      Hé oui, car du charbon il y en a pour 4 ou 5 siècles (dont pas mal en Chine)

      Je suis désolé de vous le faire remarquer, mais vos informations sont beaucoup trop optimistes. Si vous vous renseignez sur Internet, vous trouverez des estimations inférieures d’un ordre de grandeur :

      Jancovici (http://www.manicore.com/documentation/petrole/pic_passe_charbon.html)
      Mais la zone inclut aussi la Chine (qui produit à elle seule quasiment la moitié du charbon mondial) et donc la production y est en croissance très forte.

      Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Houille)
      En 2007, la Chine possède 13 % des réserves mondiales de charbon soit 118 milliards de tonnes7. Les plus importantes entreprises charbonnières sont Shenhua Group et Yankuang. En 2008, avec 25 000 mines, le pays est le premier producteur (2,5 milliards de tonnes par an), consommateur et exportateur mondial.

      Donc, pour le charbon aussi, le pic de production est également proche, peut-être dans une génération, vu le rythme d’extraction actuel.

      Ouille !

  4. Voilà qui est clair, et pour la première fois suggéré sur ce blog. A ma connaissance, car je ne le connais que depuis quelques mois.

    Reconnaître ceux qui ont compris les premiers comment se positionner politiquement… Plutôt qu’emberlificoter les réseaux avec de longues démonstrations.

    Reste une couardise invraisemblable des uns et des autres quand à nommer clairement les responsables de ce binz.

  5. La crise grecque fera figure d’anecdote après l’effondrement de l’Italie et de l’Espagne…
    On se demande si les dirigeants de l’Europe (Merkosy+FMI) ne sont pas toqués…
    Fadas si vous voulez…
    En France, ils déclarent que ce sont eux les intelligents et les responsables pour se faire reélire!
    On hallucine!

    1. Je dirais plutôt que l’on se souviendra de la Grèce comme la première scène d’une terrible tragédie sans vouloir sombrer dans un pessimisme idiot.
      La vraie crise, comme il est suggéré dans maints articles de cet excellent blog (je ne me lasserais pas de le dire!), n’est pas derrière mais devant nous.
      N’est-il pas nécessaire parfois de renoncer à un projet qui ne fonctionne pas pour en initier un second plus civilisateur (car il s’agit de ça en définitive, le progrès oui mais comment et pour qui?)?
      Après je vous rejoints, cher Izarn, la chute de l’Italie et de l’Espagne aura des conséquences nettement plus sérieuses pour l’ensemble européen.
      Je perçois, comme beaucoup d’amis avec qui je discute, une tension de plus en plus vive en France mais apparemment ce serait le cas un peu partout en Europe, allons-nous vers une explosion (révoltes, révolutions?) ou un retour du totalitarisme (Etats « d’union nationale » avec l’ordre comme seul programme)? Personnellement, je trouve le fond de l’air très frais mais j’espère encore que nous parviendrons à sortir du « chacun pour soi et Dieu pour tous » en tout cas je lutte et n’attend pas l’homme providentiel comme les bons chiffres du Loto.

      Bien à vous et je suis de tout coeur avec nos frères et soeurs Grecs,

  6. Je viens d’entendre en ce 24 avril 2012 la chronique hallucinante d ‘ Alain-Gérard Slama sur France Culture ! Ce type est vraiment incroyablement fat & si pédant et si autiste qu’il s’imagine être dans  » le vrai  » et vivre au pays de  » plus-que-parfait  » – A vomir cet olibrius !

    Encore un pauvre hère néolibéral qui ne lit pas le blog de Panagiotis Grigoriou !
    Qui ne comprend rien à rien !

    Franchement, M.Slama est typiquement le genre de type qui insulte 24 / 24 par voie radiophonique des millions de salariés dans la galère et qui s’étonnera demain de  » la violence du peuple  » ! Un comble non ?

    Oh !  » Papi Slama  » , tu la vois la réalité ou t’es aveugle ?

    Attention ! Avertissement à certains animaux médiatiques irresponsables, la classe « exposée » maintenant ce n’est plus les millions de pauvres que vous avez fabriqué avec vos riches copains, C’EST VOUS MAINTENANT LA CLASSE EXPOSÉE !

    1. Eh oui, il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, ou comme dirait JP Dupuy : » on ne croit pas ce que l’on voit parce que cela remet trop de choses en cause »

    2. Tout pareil. Il faut débrancher Alain Gérard Slameur car ses chroniques sont de véritables appels au crime.

    3. Mieux, Elisabeth Levy hier matin sur France Culture, j’ai du couper sinon j’aurais fait un malheur, pauvre poste.
      Le FN veut changer de nom, et France CULTURE ?

  7. « Et nous tous désormais, sachant que « nos » élections auront enfin un ultime sens avant leur probable suppression, une fois n’est pas coutume, agissons aussi en votant. »

    Vous n’êtes pas gai. Mais, à mon avis, vous êtes hélas réaliste.

  8. Merci Panagiotis Grigoriou.
    C’est toujours un plaisir de vous lire.
    C’est important de pouvoir s’encourager mutuellement, de part et d’autre de la Méditerranée.
    Les échos du discours du sieur Mélenchon à Marseille, face à la mer, sont-ils parvenus jusqu’à vos oreilles ? 😉

  9. « Pour Cornélius Castoriadis, notre société n’est pas une démocratie, mais une oligarchie dominée par la bureaucratie des partis, et suivant ce même motif, les élections sont une illusion de choix… »

    « L’adulte ne croit pas au père Noël. Il vote. »
    (Pierre Desproges)

  10. Voici, entre autres, ce qui nous attend :
    Les salaires du privé ont baissé de 22 % à 28 % à la suite de la dérégulation du marché en Grèce, dans le cadre du plan d’austérité du gouvernement, selon un décompte de l’inspection du travail qui a étudié 33 133 contrats individuels dans 7 800 entreprises et 171 conventions d’entreprises qui ont conduit à des baisses de salaires de 22 % à 40 %. Le délai de signature des nouvelles conventions d’entreprises, qui l’emportent sur les accords de branche, expire le 14 mai.
    (Le même processus est en cours en Espagne, en Italie, au Portugal, etc etc…)

  11. Oui, merci pour votre blog et ses billets qui nous font parvenir des instantanés de la situation réelle en Grèce auxquels vous ajoutez votre réflexion si édifiante…. Je vous lis régulièrement, même si je n’ai pas souvent le coeur de laisser un commentaire tant ce que vous endurez paraît effrayant.
    Oui dites nous si les propos de Marseille (les seuls que j’ai entendu en lien avec votre vécu concret – je parle pas des autres allusions techno-bancocratiques) vous sont parvenus.
    Par exemple ici : http://www.dailymotion.com/video/xq5bso_j-l-melenchon-discours-de-marseille_news

  12. Milton friedmann dans toute la « splendeur » , de son dogme , de sa doxa !
    « JEFF
    24 avril 2012 à 18:15  »
    « Attention ! Avertissement à certains animaux médiatiques irresponsables, la classe « exposée » maintenant ce n’est plus les millions de pauvres que vous avez fabriqué avec vos riches copains, C’EST VOUS MAINTENANT LA CLASSE EXPOSÉE !  »
    Je suis d’accord , le jour où les cerveaux les plus « embrumés  » vont (enfin ) comprendre , alors là ça risque de faire mal pour eux .
    A moins , que comme en grèce , « ils » mettent l’armée (les armées) ,  » en face  »
    Finalement , bis répétita de Pinochet au Chili !……
    Europe , rise up !!!!!!

  13. -« Mein Kampf » va être publié en Allemagne pour la première fois depuis la guerre !!

    Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le livre d’Adolf Hitler, Mein Kampf, va être publié en Allemagne. L’Etat régional de Bavière, qui en détient les droits, va en diffuser une version commentée prévue pour 2015, a-t-il annoncé mardi 24 avril à l’agence allemande DPA….

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/04/24/mein-kampf-va-etre-publie-en-allemagne-pour-la-premiere-fois-depuis-la-guerre_1690681_3214.html

    -L’extrême droite allemande félicite Marine Le Pen

    le peuple grec attend toujours les « dédommagements » pour les frais de guerre des gouvernements allemands !

    Extrait : …Ce courrier n’est pas anodin alors que Marine Le Pen tente toujours de dédiaboliser le FN. Le NPD allemand affiche, lui, assez ouvertement ses sympathies néonazies. Une partie de ses membres sont d’ailleurs impliqués dans la mouvance néonazie du pays. Et deux de ses responsables régionaux sont mis en cause depuis quelques mois pour avoir aidé le groupe terroriste NSU (« clandestinité national-socialiste »), un groupuscule qui a assassiné neuf hommes d’origines turque et grecque dans le pays entre 2000 et 2006. La découverte de ces crimes, fin 2011, a d’ailleurs relancé le débat sur une interdiction possible du NPD….

    http://www.bastamag.net/article2335.html

  14. Mais là ce qu’il faudrait faire c’est pas un commencement d’acceptation du replis dans les esprits, mais organiser une journée d’action populaire par les biais les plus efficients en fonction des particularités de chaque pays européen. Le même jour à la même heure sur tout le continent autour d’un mot d’ordre le plus rassembleur possible (ou le moins clivant) du type « journée populaire européene anti-bancocratique » par exemple (je suis pas doué pour les slogans).
    Combien se sentent eurpoéen ? Je pense que nous somme nombreux. Je fais un peu un appel à ceux passant ici et pensant avoir accès à des structures suscepibles de lancer ce type de journée d’action. Il me semble que le premier mai, la fête des travailleurs, est largement suivie sur le continent. Il faudrait cette année remettre une couche mais sans l’historique et sa portée partisane (à laquelle j’adhère par ailleurs).
    En gros tenter de faire ressurgire un sentiment commun, envoyer un signal réciproque de soutient entre peuples, tout en foutant un petit frisson dans les bureaux de la comission européene, les salles de marchés, et j’en passe…

    1. C’eût été le rôle des syndicats.
      D’ailleurs le syndicalisme européen ne fait pas si mauvaise mine comparé aux syndicalismes nationaux qui auraient pu le niveler par le bas.
      Un syndicat intéressant pour tous pourrait d’ailleurs avoir un nom assez simple :

      BANQUE EUROPEENNE DES TRAVAILLEURS SOLIDAIRES (BETS).

      Et se chargerait de redistribuer dans un esprit de justice quand les Etats ne savent plus le faire.
      N’oublions pas que dans syn dicat il y a syn (ensemble) et diké (justice).

      Si ce qui compte, pauvre numéros à pattes que nous sommes, ce n’est pas la personne humaine que nous sommes mais seulement le nombre de €€ écrits sur notre front ou dans notre compte en banque, alors faisons passer la justice dans le dos des euros. Cela fait plus de 3000 ans qu’on asservi pour dettes, et que le principe s’en reconstitue après chaque « reset » (1945 le dernier) des asservissements pour dette.

      Et faisons que cette nouvelle institution réponde point par point à quelques unes des suggestions de Paul Jorion.

      Par exemple éviter la survenue d’un suffrage censitaire en permettant à des départements de cette banque d’appuyer des partis politiques qui se soumettraient à un programme donné comprenant les points importants de la « constitution économique » dont on a parlé dans ce blog…

      1. C’est pour ça qu’il me semblait important de distinguer les moyens d’y parvenir en fonction des particularités de chaques pays de l’union. Une telle journée organisée par les syndicats en Allemagne n’aurait pas du tout le même sens qu’en France par exemple.

        Et je suis désolé mais ce qui compte c’est qu’on trouve un moyen entre Peuples qui vivont la même pression de recréer un lien européen des Peuples. Quand me demande-t-on mon avis sur les politiques infligées aux grèques ? Pourtant se sont mes impôts en partie qui financent, et pas seulement, on me demande d’acquiescer par le silence l’amenuisement de leurs libertés par la désinformation et la promesse d’un avenir commun si je ne concède pas à renier mes droits !

        Moi j’en ai ras-le-cul du cynisme ! Enfin c’est dingue, c’est sur que là moi tout seul sur un blog entre gens convaincus je vais rien changer, mais que personne qui en ait les moyens pour au moins tenter, ne voit l’utilité de fédérer les peuples européens contre les institutions débiles qui nous ont été vendues pour de bonnes raisons mais que l’épreuve du réel rendent absurdes, ça me rend dingue.
        Moi le premier dimanche j’étais au fond du trou dimanche soir, mais tout ce qu’il y a a en penser je crois, c’est que le clivage gauche/droite n’est pas dépassé mais qu’il faut y adjoindre désormais la notion souverainiste. Bien sur instrumentalisée par l’extrême droite, mais clairement la souveraineté c’est la démocratie. Et au final l’Europe actuelle est le monstre résultant de l’incapacité de concensus politique compensée toujours plus, pour maintenir son existence et sa dynamique, par la mise en place de réglements sur tout et n’importe quoi et si possible libérale car répondant parfaitement à l’absence de vivion politique.

        Le comble c’est que ce compromis trouvé au nom du « plus jamais la guerre » sera probablement la prochaine source à laquelle les haines futurs des européens s’abreuveront pour se refaire la guerre sous une forme ou une autre.

        Il faut court-circuiter ou au moins émettre un électrochoque populaire et pacifique et coordonné à l’oligarchie aux commandes elle-même dépassée par les évènements. Nous les peuples les travailleurs, les chômeurs, les retraités, les exclus, les tout juste « riches », nous n’avons qu’un intérêt : faire entendre qu’on est tout sauf insensibles à nos souffrances réciproques, et que la solution n’est pas dans le replis dans pays qui finalement reviens à celui de sa région de sa ville de lui-même et ça ne suffit jamais tant qu’on a pas trouvé « d’ennemi » fédérateur.

        Alors prenons le vrai ennemi en cible, rassemblons-nous sur une journée partout en europe de manière pacifique en rappelant que le pouvoir n’est pas étranger à notre existence !

    2. « organiser une journée d’action populaire »

      Blockupy Francfort : 16-19 mai

      * Appel à une action transnationale à Francfort, du 16 au 19 mai * Solidarité internationale pour notre lutte commune *

      Nous appelons à des manifestations massives en mai à Francfort pour protester contre le régime de crise de l’Union Européenne. Nous sommes des activistes représentant un grand nombre de mouvements et de luttes qui se sont soulevés, en Europe ou ailleurs, ces derniers mois et ces dernières années afin de protester contre les attaques envers notre liberté, nos emplois et nos moyens de subsistances, attaques qui se sont férocement intensifiées au cours de la crise mondiale. Nous nous sommes réunis, avons partagé nos luttes et nos expériences et ainsi réalisé qu’aux niveaux locaux et régionaux, nous menons le même combat. Comme jamais auparavant, nos différents mouvements commencent à se renforcer les uns les autres: Une vraie opposition transnationale commence à voir le jour.
      Directement après les journées mondiales d’actions des 13 et 15 mai, lors desquelles nous manifesterons dans nos propres villes ou régions, nos mouvements internationaux se réunirons à Francfort, centre européen du capitalisme mondial et lieu d’origine de la détresse et de la misère subies par des millions de personnes et engendrées par la dictatures des marchés.

  15. Parrhèsia /parésie , j’ai bon ?

    parésie La parésie est un déficit moteur défini par une perte partielle des capacités motrices d’une partie du corps (limitation de mouvement, diminution de la force musculaire), parfois transitoire d’un ou de plusieurs muscles par opposition à la paralysie ou plégie, qui est elle caractérisée par la perte totale de motricité d’une partie du corps.

    Si la parésie se manifeste sur un hémicorps, on parle d’hémiparésie. Si elle concerne les quatre membres, il s’agit d’une tétraparésie.

    wiki

    une partie de corps est donc dénervée , dévitalisée comme l’europe ..

    1. Tss tss tss wikits wikits wikits
      La parrhésie (substantif féminin), du grec pan (« tout ») et rhema (« ce qui est dit ») est une figure de style consistant en une adjonction qui consiste à dire ce qu’on a de plus intime en cherchant ses mots1; elle est proche de la licence et du « franc parler ».

  16. Au cap Sounion c’est le coucher de soleil que l’on va habituellemen contempler, je me trompe ?
    La Grèce annonciatrice du crépuscule européen, c’est trop facile.

    L’erreur est de faire accroire qu’un individu ou une société peut retrouver sa situation, son équilibre antérieurs après une crise (résilience), les partis populistes focalisent la résilience, c’est intellectuellement malhonnête de berner le bon peuple en en se basant sur la nostalgie du passé.,
    Après ou pendant une crise un autre équilibre se crée et le changement survient avec ses cicatrices, ses manques et ses blessures mais un nouveau soleil se lève sur les somptueuses ruines et on bâtit d’autres temples en pierre ou en progrès ( hou, le vilain mot) d’ humanité (ah, que celui-ci est beau).

    1. C’est ça, j’adore personnellement visiter les vieilles ruines mais celles-ci je pense qu’on peut les raser. Vous aurez sans doute comme moi en tête les images de ces populations vivant dans le plus extrême dénuement, celle vivant sous des régimes de terreur et de dictature, celle encore plus proche de gens âgés faisant les poubelles à l’affut d’un morceau de pain!
      Ce système n’a rien à envier au stalinisme ou au fascisme, c’est juste que la main est gantée et que nous pauvres idiots on a longtemps regardé la fausse lune dans la fausse nuit sans voir le majeur plié.
      Mais les temps changent.

      Bien à vous

  17. vu la montée de l’extrême droite nationaliste en France et en Europe, en connaissant l’histoire des années 30, il faut relire Castoriadis, Arendt, Canetti : il n’y a rien de si facile à manipuler que les masses. Autour de moi, chacun s’accroche à son petit privilège (paye, RSA, propriété…) et la révolte, ce n’est pas pour demain. Il faut espérer que le système s’effondre, comme le dit PJ, mais après, il faudra reconstruire, comment?

    quelques pistes de discussion :
    – le système des partis et la professionnalisation de la politique ne fait que créer des élites qui tendent à se reproduire
    – les médias deviennent trop facilement un moyen de manipulation de la pensée (politiquement correct)
    – la souveraineté déléguée par le peuple ne lui appartient plus
    – la démocratie athénienne est née dans une société ou tous les « citoyens » pouvaient s’exprimer
    – tout le monde ne s’intéresse pas à la politique : ils votent par « devoir »(ça m’horrifie!), ou ce que leur a conseillé un proche (beau mouton), ou pour celui qui passe mieux à la télé (voir plus haut)

    Il faudrait repenser la démocratie directe et peut-être remettre en question le suffrage universel, penser à un système qui favorise l’auto-exclusion de ceux qui ne sont pas vraiment intéressés, ceux qui sont plus faciles à conditionner.

    Le peuple n’a pas forcément raison, comme le savaient déjà Aristote, Rousseau, Montesquieu, Tocqueville, c’est même souvent le contraire, c’est pourquoi le grandes démocraties (sauf les 2 qui se disent, elles mêmes, les plus grandes) évitent l’élection par le peuple d’un président avec de réels pouvoirs (surtout quand la séparation des pouvoirs est peu garantie).

    Ainsi le président plébiscité assume tous les pouvoirs, joue le tyranneaux, et quand le « peuple » pourrait le sanctionner, il obtient encore 27 %, et le reste, 18%, va à pire que lui = la meute cherche son chef

    1. Je te recommande le Là-bas si j’y suis de ce jour (tous les jours à 15h sur France Inter). Cette émission recoupe ce qu’a pu écrire Paul Jorion. Je crois que la situation actuelle est singulière et que se référencer à l’histoire comme guide de comportement à adopter est une erreur.
      Nous ne somme pas dans la situation des années 1930. Tout a changé : les paradigmes, la complexité, la vitesse, la technologie, les idéologies, la géopolitique, nos procesus d’individuation.

      Bien sur cela ne réduit pas l’importance d’avoir pleinement conscience de l’histoire, mais il nous incombe d’être inventif, de mettre au profit de nos constants (eux) désirs de justice et de dignité les outils de consentement à l’état de fait actuel concus contre nous.

      On a été élevés dans le culte de « l’achat plaisir » et nous nous retrouvons face à l’histoire bien incapables d’y agir car incapables de prendre au sérieux le poid que notre incrédulité a sur la concrétisation de cette histoire. Le pire est à prendre d’autant plus au sérieux qu’il s’est toujours produit.
      Mais je veux être concret, ça passe par une seule chose qui a plus ou moins un coût suivant d’où l’on vient socialement, se cultiver, lire, se battre contre son éducation, soi même, son égo, le temps que l’on consacre à son divertissement… En gros on est pas dans la merde.

      Mais bon Camus. Il ne s’agit pas de vaincre mais de combattre pour maintenir une certaine idée de qui nous sommes aussi.

      1. depuis les sophistes jusqu’à Sarko, peu de choses ont changé dans la psychologie des masses: elles se contrôlent par l’émotion, le désir, la peur, l’identification…
        derrière la crise économique, il y a une crise de civilisation, anthropologique

        et si l’on pouvait établir une loi du type:
        pour avoir la carte d’électeur il faut avoir assisté à un débat entre candidats (ou leurs représentants), organisé dans chaque commune, de la durée de 3 h

        combien de moutons ou d’indifférents, faciles à contrôler, cela nous éviterait-il?

      2. Il n’y a pas de contradictions entre les constantes humaines et les révolutions diverses qui ont modifié son rapport à lui-même et au monde.
        J’admets que je suis bien incapable de le formuler clairement, mais entre un ouvrier des années 30 qui était dans un tout autre rapport au monde par l’absence de télévision dans son environnement, par une société bien plus dans un rapport de proximité et de tradition, un rapport à la maladie et à la mort différent, etc. et nous il y a beaucoup d’éléments qui transfigurent insidieusement la donne.
        Je ne sais pas comment l’exprimer précisément mais nous sommes indissociables de notre environnement, de l’influence que nous avons sur lui tout comme de l’influence qu’il a sur nous et la manière dont ces influences les modifient elles-mêmes et l’idée que nous en faisons.

        Mais je pourrais tenter de l’illustrer de manière simple, une façon d’approcher ce que je tente de dire.
        Bien sur on peut toujours voir aujourd’hui avec bonheur un Charlie Chaplin, en faire à raison l’apologie de l’intelligence de l’inventivité du génie du courage qu’il nous aura fait parvenir à travers la pellicule.
        Mais il me semble tout aussi important d’avoir conscience que pour y avoir accès cela demande une certaine posture mentale. Pour accéder « à ce qui ne changera jamais dans l’homme » il nous faut resituer l’oeuvre dans son contexte historique et ne pas la juger dans l’absolu.
        Une féministe qui ne ferait pas cette démarche et te dirait « les films de Chaplin sont un scandale, il n’y a que des potiches amoureuses » n’aurait pas tort. Un jeune te disant « c’est quoi c’délire ils parlent même pas y’a pas d’couleurs et v’la les blagues à deux balles on dirait un clown ! » n’aurait pas tort non plus. Un type t’expliquant que c’est ringard qu’il n’y a aucune lecture sur le média et l’industrie qui est derrière en argumentant par la nouvelle vague pourrait avoir raison aussi.

        Quand à la légitimité du vote des « moutons »… Tu ferais un bon dictateur éclairé.

  18. La main invisible à plusieurs adresses :

    Goldman Sachs 200 west street NYC
    Commision Européenne 200 rue de La Loi Bruxelles
    Sciences Po 27 rue St Guillaume Paris ( tiens d’ailleurs on en est où de l’enquête? )

  19. « qui organisera ce chaos en premier, l’extrême méta-droite, ou une forme de méta-gauche » : je suis bien d’accord avec cette question. Le populisme est aussi dangereux à droite qu’à gauche.

  20. @ Panagiotis Grigoriou,

    Bonjour,

    Merci – encore – pour votre blog.

    Y a-t-il des coopératives municipales vivrières qui s’organisent en Grèce ?

    Belle journée.

  21. Ce billet rejoint ce aue dit le Pôle de Renaissance Communiste en France depuis des années.
    Il faut sortir de l’UE et de l’euro pour retrouver la souveraineté populaire

  22. Bonsoir,

    Je vous remercie toutes et tous pour vos commentaires et évidemment du débat. Je vous rejoins sur de nombreux points. Si j’utilise certains néologismes (« méta-gauche ou méta-extrême droite »), d’ailleurs potentiellement critiquables, c’est justement pour indiquer, comme certains d’entre vous l’ont ainsi fait, que finalement le paradigme de notre « court  21ème siècle» (ou sinon long, comment le savoir ?), est tout à fait nouveau, voire novateur. La technostructure n’est pas comparable à ce que les voyageurs de l’historicité ont connu durant les années 1930, même les voyagistes des temps nouveaux ont changé. Nous portons et nous porterons encore les « Épitaphes » et autres discours du passé, mais plus autre chose déjà. Ainsi se composera le « prochain temps » avec tous les risques potentiels, mais l’histoire c’est aussi du risque. Sauf que pour une fois, on risque gros, très gros même je dirais. Pour ce qui est de l’idée d’une certaine Europe commune, à travers certaines idées et pratiques, nous pouvons en être tous d’accord qu’elle existe, mais voilà en même temps le grand piège. Pourquoi faudrait-il accepter la finalisation, la poursuite, voire l’existence des institutions de l’actuelle U.E. (de toutes ses institutions), si nous avons une autre idée du cadre national, de la souveraineté, et de la reconstruction d’autres espaces communs entre les peuples et les nations du continent qui le souhaitent ? « Les gauches » en Europe (occidentale surtout) n’ont pas voulu jusque là sortir de ce piège, elle n’osent même pas (se) poser la question. Ouvrons enfin les yeux et le débat. Le cadre dit « de l’Union Européenne » (car sa réalité et sa géopolitique sont plus complexes) n’est pas un espace sacré, révélé d’office par je ne sais plus quel chamanisme extra-historique, mais une option politique, bien parmi d’autres. En admettant déjà cette vérité, en somme « simple », tout devient possible. Y compris la souveraineté, si on y arrive, et peut-être mieux encore, une certaine forme de démocratie. Sinon, il y a aussi et déjà, la « gouvernance » du « guichet automatique », comme chez nous ou en Italie. Je viens d’apprendre que deux Italiens se sont suicidés ces derniers jours pour de « motifs » politiques. C’est aussi une manière… pour (se) sortir du cadre….

  23. Déjà dans les cités françaises et quartiers populaires, les militants qui sont allés « tracter » pour les présidentielles, rapportaient que déjà maintenant le PS, les verts, l’UMP et le Modem ont disparu. Ca se passe déjà « Front » contre « Front » : national contre celui de gauche.Et maintenant on parle déjà de « Front du peuple » car les enjeux dépassent de loin ceux de la Gauche.On voit bien que si vous avez une longueur d’avance pour aller vers le « chaos », nous allons dans le même sens de l’histoire que vous. Juste, un peu décallés dans le rapport au temps. Et, puis, ce qui vient de se passer en Hollande, va dans votre sens.

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