ET SI ON ESSAYAIT PLUTÔT LA DÉMOCRATIE ?, par Olivier Berruyer

Article presslib’ invité*

« La droite a gagné les élections. La gauche a gagné les élections. Quand est-ce que ce sera la France qui gagnera les élections ? » [Coluche]

Lors des dernières élections, Paul a souligné dans un billet le problème posé par le manque de représentativité des institutions, ce qui participe à la survenue probable d’un nouveau 1789.

Analysons ainsi plus en détail le vote moyen des Français aux 3 dernières élections nationales (Européennes 2009, Régionales 2010, Cantonales 2011) :

On constate ainsi que sur 100 Français adultes :
• 15 ne se sont pas inscrits sur les listes électorales ;
• 37 sont allés voter ;
• 8 ont voté pour l’UMP, “LE parti majoritaire” ;
• 9 ont voté PS, “LE parti d’opposition”.

Ces résultats devraient suffire à engager une profonde réforme de nos institutions, clé de voute de la démocratie. En fait, bien au contraire, rien ne change, grâce à la magie du scrutin majoritaire, véritable “rouleau compresseur” de la volonté populaire, dont les résultats sont atterrants :

Où comment les représentants de moins de 10 % des Français s’arrogent à eux-seuls la majorité…

Pire encore. On pourrait imaginer qu’avec la pléthore de députés issus de partis finalement très minoritaires, l’Assemblée pourrait être un minimum représentative. Mais là encore, le scrutin majoritaire empêche des rééquilibrages aisés. C’est vrai pour la représentativité des femmes (18 % de femmes, 58e rang mondial entre le Venezuela et le Nicaragua), des religions (1 seul député musulman, et encore c’est celui de Mayotte – alors que le niveau représentatif serait d’une quarantaine de députés), des origines (on cherche les députés d’origine africaine ou maghrébine…), des professions (aucun député ouvrier ou artisan, faible représentation du secteur privé salarié et à contrario 120 représentants des professions libérales, 100 fonctionnaires et 80 enseignants).

Le manque de représentativité par âge est aussi de plus en plus marqué, en raison du vieillissement de l’Assemblée :

On constate ainsi que l’Assemblée ne cesse de vieillir. Celle élue en 2007 est la plus vieille, les 55-64 ans étant pratiquement majoritaires. L’écart avec la population représentée est très important. Les grand perdants sont en fait les moins de 40 ans, dont la présence relève du symbolique, alors que ce sont les forces vives de la nation. Comment ensuite s’étonner que nos élus analysent la crise actuelle avec le mode d’emploi des années 1970 ?

On observe ici la progressivité du vieillissement, la génération arrivée en 1981 ayant laissé fort peu de place aux suivantes, qui resteront des générations politiques sacrifiées…

Ainsi :
• les valeurs et convictions de la vaste majorité des français ne sont pas représentées à l’Assemblée ;
• les élus ne sont même pas représentatifs de la diversité de la population ;
• la grande majorité des députés sont des cumulards (503 sur 577), qui ne consacrent qu’une partie de leur temps à l’assemblée (où leur pouvoir réel est certes notablement réduit) ;
• une partie des élus veille plus à la défense d’intérêts individuels que du bien être général de la société.

Pour le dernier point, les exemples abondent. Je n’en citerai qu’un : on se souviendra que, en pleine crise de la dette grecque, alors que les nuages s’amoncelaient quant à une rechute de l’économie liée aux mêmes phénomènes qu’en 2008 (aucune réforme sérieuse n’ayant été entreprise), la seule « révolte » des députés de la majorité actuelle contre le gouvernement en 5 ans aura été… à propos de panneaux de radars… Ainsi, nous sommes bien défendus pour entrer dans la décennie des crises économiques structurelles et des conséquences du pic pétrolier – dont François Fillon a reconnu le mois dernier qu’il avait probablement déjà été dépassé, mais rassurez-vous, les élus n’en ont fort heureusement pas tiré la moindre conséquence…

Enfin, le diagnostic ayant été posé, concluons sur une note constructive, en proposant 12 idées de réformes…

1/ Imposer le principe d’un mandat politique national unique, dont la reconduction sera limitée à une fois en tout et pour tout. Veiller à leur assiduité sous peine d’exclusion ;
Les meilleurs leaders politiques pourront ainsi rester10 ans à l’assemblée puis 10 ans au Sénat, ce qui est plus que suffisant…

2/ Mettre en place un scrutin électoral visant à permettre la juste représentation de toutes les sensibilités politiques à l’Assemblée Nationale (mais également les âges, professions…) – tout en facilitant l’organisation d’une majorité. « Une dose de proportionnelle » serait insuffisant, la proportionnelle intégrale dégagerait très difficilement une majorité vu notre éparpillement actuel. Nous proposons un scrutin de liste national (de 577 noms), à deux tours, avec prime majoritaire de 52 % des sièges à la liste fusionnée arrivée en tête du second tour (les autres se partageant les 48 % restants à la proportionnelle).
Ce mode d’élection s’inspire du mode de scrutin actuel des régionales ; il permet de bénéficier des avantages des scrutins majoritaires et proportionnels sans les inconvénients. Rappelons que le scrutin majoritaire est finalement antidémocratique, et que le scrutin proportionnel, qu’on présente souvent comme un épouvantail, fonctionne dans 25 pays de l’Union Européen sur 27… Ces arguments fallacieux visent simplement à renforcer le monopole des deux grands partis sur le pays. Soulignons enfin que nous vivons depuis 10 ans une grande instabilité gouvernementale…

3/ Expérimentation du vote de valeur, permettant de classer les candidats (et listes), plutôt que d’en choisir un seul. Cliquez ici pour une présentation.
Ceci résout le problème des seconds tours rejetés par une large majorité de français, et permet à chacun de s’exprimer sans devoir mettre en place une stratégie compliquée…

4/ Remplacement du Sénat par le Conseil Économique et Social, avec un quart des élus tirés au sort sur les listes électorales ;

5/ Création d’un statut de l’élu, permettant aux salariés du privé de s’engager, et renforcement de ses moyens (en particulier du nombre de ses collaborateurs pour un contrôle efficace).

6/ Renforcement notable des pouvoirs des parlementaires, désormais de plein exercice.

7/ Renforcement des élus régionaux (qui reprendraient le rôle local du député), après regroupement des régions (8 à 10 au total) et suppressions des conseils généraux.

8/ Introduire un fonctionnement et un contrôle démocratique des partis politiques, en particulier pour leurs élections internes.

9/ Modifier les modalités d’attribution du financement public. Elles ne doivent plus être basées sur les seules élections législatives, et encore moins sur le nombre d’élus. Prévoir :
• des sanctions financières en cas de déséquilibre flagrant de parité chez les élus, en redistribuant l’argent économisé aux partis respectant les règles ;
• des sanctions financières en cas d’abstention trop forte, ce qui motivera les partis à lutter contre elle ;
• l’attribution du financement par exemple ainsi : choix par chaque citoyen au moment de sa déclaration d’impôts, en choisissant s’il le souhaite tous les ans l’attribution par l’État d’une subvention de 5 € à un des partis ayant obtenu plus de 1% des voix aux élections ;
• l’interdiction de tout don de personnes physiques supérieur à 200 €, limité à un seul parti.

10/ Prendre correctement en compte le vote blanc. Par exemple, tirer au sort des élus sur les listes des jurés de cours d’assisse à due proportion.

11/ Mettre en place un référendum d’initiative populaire efficace. Inciter au recours régulier au référendum, en prévoyant par exemple 4 ou 5 questions à chaque fois pour dédramatiser le vote.

12/ Enfin, point très important, interdire toute forme de sondage d’opinion (ou de côte de popularité), favorisant la démagogie et participant grandement à ce que Noam Chomsky a si bien nommé « la fabrication du consentement ». Ceci va de pair avec l’organisation de l’indépendance des médias des pouvoirs politiques et économiques.

Bien entendu, tout ceci n’a rien d’un programme clés en mains, et de nombreux points pourraient être rajoutés. Vos remarques sont les bienvenues, n’hésitez pas à réagir !

Ainsi, ensemble, nous ferons peut être mentir Coluche qui disait également :

« Si les élections pouvaient changer quoi que ce soit, il y a longtemps qu’elles auraient été supprimées. » [Coluche]

*Olivier Berruyer est actuaire, et créateur du site internet www.les-crises.fr.

Cet « article presslib’ » a été rédigé pour le blog de Paul Jorion. Il est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa et le précédent soient reproduits à sa suite.

Partager :

233 réflexions sur « ET SI ON ESSAYAIT PLUTÔT LA DÉMOCRATIE ?, par Olivier Berruyer »

  1. Vos solutions ne sont pas susceptibles de résoudre la problématique posée, à savoir que les représentants élus le sont avec moins d’un quart des inscrits.
    A mon avis, seule la prise en compte des votes blancs et nuls dans les suffrages exprimés tout comme simultanément l’obligation légale de voter sont de nature à donner un sens démocratique donc réellement représentatif aux élections.
    En effet, que le scrutin soit majoritaire ou proportionnel , n’est pas déterminant dans la mesure ou seuls les suffrages exprimés sont actuellement pris en compte et qu’ils ne représentent que moins de 50% des inscrits.
    Il ne faut donc pas de mesurettes mais de vraies réformes comme l’obligation de participer aux votes assorties d’amendes (existe en Belgique et ailleurs) laquelle ne sera jamais acceptée par nos députés et sénateurs cumulards qui se complaisent dans le système actuel.

    1. Nous sommes donc en désaccord sur ce point, j’ai répondu plus haut, commentaires 2 et 57 , en expliquant pourquoi je ne soutenais pas le vote obligatoire.

      Les gens n’acceptent pas le système actuel, donc ne votent pas. Tordez leur le bras sans réformer le système, et vous transformerez les abstentionnistes en électeurs du FN, qui deviendra donc majoritaire…

      Je préfère ne pas essayer, même « pour voir »…

      1. Ce qui en dit long sur votre conception de la démocratie…
        pour le reste, je suis également contre: l’abstention délivre un message différent du cote blanc et a sa place. Du reste, le vote n’est pas l’alpha et l’oméga de la démocratie:l’égalité de traitement devant la loi, l’absence de corruption, compréhension du système politique et des questions sur lesquelles on émet un avis sont des piliers autrement plus importants.

        Au delà de l’opposition démocratie participative/représentative, le problème politique actuel est surtout que les palais sont vides, et que le pouvoir réel n’est plus dans les mains des élus. Changer le mode de désignation des « représentants » ne changerait rien au problème.
        Peut être le référendum d’initiative populaire… en sachant que c’est risqué (si les lobbyistes font bien leur travail, ce peut être pire encore).

      2. Certes, ce ne serait pas 100 %, mais probablement une part importante – à mon bien humble avis.

        Je me permets de rappeler que le FN a déjà obtenu 2 élus au scrutin majoritaire cette année – certes c’est peu, mais bon, c’est un signe…

    2. Le vote obligatoire ne changerait rien. On le voit en Belgique. Les abstentionnistes voteraient sans doute comme ceux qui votent. C’est encore l’illusion que le libre choix de l’électeur détermine la composition du corps des représentants. Les déterminismes structurels ont alors beau jeu d’agir pour faire en sorte que les élites dirigeantes restent entre elles.

  2. La prise en compte des bulletins blancs et le vote obligatoire ne solutionneront pas non plus le manque de représentativité de nos « élus ». Il faudrait peut-être instaurer un quorum de représentativtié (sic) genre 2/3 de votes exprimés (dont blancs et nuls) pour valider une élection, sinon retour à la case départ. De plus l’inscription sur liste électorale devrait être automatique à la majorité et la radiation au décès de l’intéressé (ça éviterait le bourrage d’urnes corses lol).
    Je suis favorable pour une proportionnelle car cela obligera les partis à trouver des consensus pour faire des alliances . Votre système bigarré ne fera que perpétuer l’alternance umps.
    De plus en ce qui concerne les débats, le système actuel donnant 1/3 au gvt, 1/3 à la majorité du temps de parole (donc 2/3 au même camp godillot) et des miettes pour les partis alternatifs est la CAUSE du problème. Tous les partis devraient bénéficier du même temps de parole et d’un droit de réponse égalitaire au gvt, ce qui éleverait peut-être le débat (la carricature ayant été donnée lors des européennes chez Chabot où l’umps a eu droit à un temps infiniment supérieur aux « petits » cantonnés autour d’une autre table et sans droit de réponse aux arguments de l’umps). Quant à renverser le système actuel : seules des manifs immenses avec casseroles devant l’Assemblée durant plusieurs mois pourront peut-être aboutir à une constituante et mettre fin au bipartisme. mais là je rêve…

    1. Le problème de la proportionnelle intégrale est assez simple, vous l’avez sur la second camembert de mon étude : la gauche de gouvernement n’est pas majoritaire, le droite de gouvernement non plus.

      Donc un gouvernement ne peut que s’appuyer que sur un consensus UMP+PS.

      Le citoyen qui veut changer de politique risque de n’avoir alors qu’une alternative : voter aux extrêmes…

      1. D’où l’intérêt d’un scrutin majoritaire pour l’exécutif et d’un scrutin proportionnel au législatif.

      2. Non, c’est le scrutin majoritaire a deux tours qui a créé le système binaire umps, dans les autres pays il y a plusieurs partis de poids variables mais pas deux gros et des accessoires. Ailleurs, en Allemagne par exemple, le premier parti s’allie avec un autre, ou deux autres, qui ont leur mot à dire, et si une décision ne convient pas à une partie de la majorité le gouvernement tombe et on vote. Il se forme une autre coalition et puis ça marche aussi.

      3. En France, lorsque l’on vote dans une association, dans une copropriété,
        lors de la première assemblée générale, il y a un quorum
        si le quorum n’est pas atteint, s’en suit une deuxième assemblée …

        En politique, pourtant toujours dans notre même pays, jamais personne ne suggère cette idée d’un quorum à atteindre, alors que s’il s’agit de votation, de manifestation, l’idée du quorum quelque part revient dans le soufle des massmédias, avec des chiffres de et des tant de signatures, et des tant de grévistes, et des tant de manifestants …

        Pourquoi pas un quorum ???

  3. Tirage au sort des représentants
    Controle d’évaluation des politiques mise en place, tous les deux ans
    Possibilité de récuser tous représentant à chaque évaluation.

  4. J’ai lu la plateforme et les principes des Indignés espagnols, qui s’approchent des cahiers de doléance et d’un premier pas vers une assemblée constituante (source : acrimed). La façon qu’ils ont de gérer les assemblées est assez fascinante (source : Owni). En les lisant, je ne pouvais m’empêcher de penser que le parti n’avait plus d’avenir, que le parti politique, s’il pouvait être utile en tant que force de réflexion et de proposition, de déclencheur (ce qui n’est pas le cas actuellement pour les grands partis), n’était finalement plus destiné à gouverner. Pourquoi ? Parce qu’au vu des demandes qui émergent du peuple espagnol (ou français si son avis lui était demandé), AUCUNE ne sera appliquée par les partis au pouvoir. La corruption ? Le chômage ? Le social ? Pourtant, la lutte contre la corruption et le chômage, la défense et la conquête des acquis sociaux sont des mots que l’on trouve dans la bouche de tous ces politiques. Tous sont d’accord, même si les moyens diffèrent. Une bonne éducation ? Bien sûr : tous d’accord. Mais en supprimant des postes pour être plus efficace. Non, en embauchant davantage de personnels, etc. Tous sont d’accord, même si les priorités diffèrent. La lutte contre la corruption ? Mais oui, bien sûr. Mais le chômage est plus important, vous repasserez après (et évidemment, comme le chômage n’est pas prêt d’être résorbé, la lutte contre la corruption, ce sera aux calendes grecques).

    Du centre droit à l’extrême gauche, il y a sur nombre de points le même discours, ce qui n’est guère étonnant, puisqu’il s’agit du bien public. En revanche, tout est fait pour éviter soigneusement de mettre en œuvre un seul but plébiscité par tous les partis. Tout le système est organisé pour faire croire aux citoyens que les politiques luttent pour leur bien tout en en empêchant l’avènement.

    Par ailleurs, la délimitation gauche-droite contribue à introduire dans la population des conflits, à monter les gens les uns contre les autres, alors qu’une plateforme très large peut être trouvée entre les différents partis (pas les moyens, les buts). Et c’est précisément cette séparation gauche-droite qui rend caduque la possibilité même de réaliser les buts communs. On dirait presque que ce pivot gauche-droite est conçu pour empêcher la réalisation de mesures demandées d’un seul cri par toute la population (et par tous les partis politiques dans leurs discours), mais gênantes pour les puissances économico-financières (par exemple la réduction du chômage : il est quand même étonnant que TOUS les partis politiques soient d’accord pour faire baisser le chômage, mais que jusqu’à présent ce dernier n’ait fait que monter. Cela en dit long sur la puissance du politique… ou sur sa volonté de résoudre le problème.).

    Qu’est-ce que la démocratie de parti politique actuelle ? Un système basé sur le principe de la majorité qui se retrouve en fait à pratiquer une politique que réclament seulement 10% de la population, ce que montre excellemment l’article.

    Au contraire, ce principe de la majorité devrait dépasser le clivage gauche-droite et s’attaquer en priorité à ce qui fait consensus dans la population, pour ne traiter qu’en dernier les sujets qui fâchent (sauf urgence), afin de trouver un compromis satisfaisant toutes les parties, ce qui prend du temps, parce qu’il faut expliquer, discuter, convaincre, souvent sur des sujets extrêmement complexes – alors que c’est tout le contraire qui se passe.

    Du coup, je me demande si le parti majoritaire élu pour tant d’années est la meilleure solution pour appliquer la volonté du peuple. Le peuple n’est presque jamais sollicité pour donner son avis (et quand il l’est, on s’assoit dessus) : du coup, comment nos politiques savent-ils ce que veut le peuple ? Quand on vote pour un parti, on vote pour un homme, un programme, mais on peut voter en n’étant pas d’accord sur tel ou tel point. On nous vend un package, et le citoyen prend le tout, parce qu’il n’a pas le choix (il considère que c’est un moindre mal par rapport au parti opposé). Mais là où nous pourrions être d’accord avec l’autre camp, le camp que nous avons choisi joue contre notre volonté (par exemple : l’entrée de la France dans l’OTAN pour nombre de gens de droite qui n’étaient pas d’accord ; l’adoption du traité de Lisbonne, etc.).

    Et si le seul rôle de l’exécutif était d’avoir reçu mandat du peuple pour mettre en œuvre des propositions émanant du peuple lui-même ? Ce ne seraient plus des politiques partisans représentant au maximum 10% de la population, mais ce seraient des gens se mettant au service du peuple, qui auraient accepté ses décisions souveraines, des gens qui seraient d’accord avec cette idée de la démocratie (les autres se feraient éjecter).

  5. A la lecture de cet article, je pose un autre question : quel est le sens d’avoir un président ET un premier ministre ?
    Déjà montré dans d’autres gouvernements d’une seule majorité, montré par les cohabitations et démontré par Sarkozy, le président à un pouvoir plus élevé que son premier ministre, au point où se pose une question de sens du titre de premier ministre, en effet, dans d’autres pays européens (Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne (?), …) le premier ministre cumul les pouvoirs du président français et de son premier ministre, de ce point de vu là les deux fonctions n’ont pas vraiment de sens, l’un marchant sur les pieds de l’autre et entrainant un flou sur l’identification des responsabilités.
    Dans beaucoup d’états européens, le chef de l’état (roi, reine, président) a une fonction honorifique sans grand pouvoir réel, est ce que dans cet optique là la 5e république n’est pas aberrante ?

    1. Sur ce sujet, qui connait le nom du président de la confédération helvétique ???
      (juste pour dire que le nom de nos têtes de coqs ,à la fonction suprême de chef de l’état ou celle de premier ministre, finalement, à bien y regarder, on pourrait tout aussi bien s’en passer, …

    2. Le sens d’avoir un président ET un premier ministre ?…
      Le fusible mon cher, le fusible…
      Je suis sous l’empire de la boisson et je quitte la classe.

  6. J’ai bien pris connaissance de votre constat, parfois partial (toutes les élections ne se »valent » pas).
    Comme je suis idiot, je n’ai pas vu en quoi l’une quelconque de vos douze propositions serait en mesure de remédier à votre constat initial.
    Encore un p’tit effort Hercule !

  7. Les français sont loin d’être des imbéciles: ils font très bien (et même subtilement) avec le système… quel que soit le système. Les bons politologues vous indiquent très précisément quelques heures après n’importe quel scrutin ce que les français, votant ou non, ont voulu signifier très précisément. Pour moi les messages sont toujours forts et clairs.
    Conclusion: aucun besoin de substituer vos tripatouillages à ceux qui existent.

    1. Je me permettrais tout de même d’oser dire que franchement je trouve notre actuel président particulièrement mauvais dans son rôle, et même de confirmer en osant penser que si nous pouvions en être débarassé ce serait à priori une fort heureuse nouvelle, bien que, bien que certainement encore possible de trouver pire, …

  8. +1

    C’est effectivement le seul sujet qui compte. Nous ne sommes pas dans une crise économique, mais politique.

    Et la seule solution est une certaine forme de tirage au sort.

    1. il y a les députés, les sénateurs, conseillers régionnaux, conseillers généraux, maires, adjoints … soit beaucoup plus que 577 élus mais la France c’est quelque chose autour de 60 millions d’habitants ..

  9. Les commentaires ne semblent s’en tenir qu’à la forme: combien? quand? comment?
    Ils semblent éluder les deux questions de fond:
    1) La démocratie peut-elle être représentative?
    2) La démocratie peut-elle être autre chose qu’une idéologie qu’aucun système ne parvient à incarner (à l’exemple du communisme)?

    1. La démocratie ne me semble pas une idéologie, mais un choix pour les citoyens de gérer eux-même leurs affaires, sans déus ex machina ou autres Dieux omniscients pour les conduire
      par contre elle n’est pas facile à mettre en oeuvre, la voie représentative est visiblement très carencée, la démocratie directe n’est pas ici abordée, mais serait-elle la panacée ???
      (les hommes ne sont pas omniscients, ils ne savent pas tout,: c’est peut-être la le problème, mais cela nous laisse aussi de toujours avoir du fait de cette affreuse imperfection, la certitude espoir ou désespoir, illusion ou désillusion de quelque chose à chercher …)

  10. A mon avis , les sociétés humaines ont suffisamment évolués pour re-introduire le tirage au sort comme au bon vieux temps des débuts de la démocratie

    première étape :
    une constituante tirée au sort pour définir les règles…

    puis un bi-camérisme avec une assemblée nationale par tirage au sort et un sénat élu au suffrage universel ..

    1. +1 pour le tirage au sort.
      Ca n’est pas parfait, seulement ca n’est pas manipulable.
      Bien sur comme ecrit deja plus haut, une dose de tirage au sort est suffisante.
      J’aime egalement beaucoup la proposition de Vigneron de donner une voix par tete de pipe quel que soit l’age. Apres un rejet epidermique immediat j’avoue ne voir presque que des avantages a cela (peut-on imaginer une classe sociale entiere choisissant d’augmenter de concert sa natalite pour s’octroyer un poids supplementaire? j’ai du mal mais si quelu’un a des reflexions la dessus je suis preneur)

      Sinon desole pour les accents, et bonjour a tous du Vietnam

      P.S. Il y a plusieurs Mathieu sur ce blog

  11. Bonjour,

    Ayant parcouru l’article, je m’étonne de voir que vous vous étonnez de voir la non représentation des députés d’origines diverses et variées ou appartenant à des religions X ou Y mais non de la non représentation de certains partis. C’est aberrant.

    Cordialement.

    1. Les partis politiques ont été strictement encadrés sous prétexte, notamment, de transparence dans leur financement : seuls les partis historiques et quelques miettes d’autres ont droit à être financés par l’Etat – il en va des partis comme des syndicats, les « syndicats représentatifs » : tout un programme de contrôle et d’empêchement d’éventuels nouveaux arrivants.

  12. Cela fonctionne très bien en Suisse. Pourquoi pas chez nous ?

    1°) référendum et votations d’initiative populaire
    2°) élection de la chambre des députés à la proportionnelle sans cumul de mandat aucun.
    3°) sénat élu au suffrage universel direct par circonscription pour représenter les terroirs.

    1. Ca me fait mal de le dire mais plus je me renseigne sur la démocratie suisse plus je trouve leur démocratie amplement supérieure à la notre.

      Les suisses ont en effet bien plus de contrôle sur leurs politiques, même si ce n’est pas de manière parfaite.

      Là encore ça me fait mal de le dire vu à quel point je n’aime pas les armes mais le fait qu’ils soient très armés n’est peut-être pas étranger à ça.

  13. Il faut faire évoluer les outils démocratiques:

    – le vote vers le vote de valeur qui semble une bonne idée

    – simplifier les représentations du peuple du maire au président et de l’Europe
    1) pour l’efficacité assemblée nationale constituée d’élus de circonscription au suffrage universel majoritaire ( oblige les alliances et les synthèses ) comme maintenant
    2) sénat suffrage universel entièrement proportionnel un seul tour avec requalification de la fonction du sénat ( en finir avec ce sénat fondamentalement anti démocratique et conservateur et place à une assemblée la plus représentative possible de la population )
    3) président : faire enfin vers un vrai régime présidentiel ou parlementaire

    – contrôler :
    les durées des mandats et la gestion des conflits d’intérêts
    le népotisme et les dynasties d’élus

    Bref mettre en place des règles simples, comprises par tous qui permettraient de déléguer la gestion du bien commun. Ceci afin d’offrir à tous la tranquillité pour s’occuper honnêtement de son bien privé.

Les commentaires sont fermés.